Encre Nocturne
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 Goule & Cie [by Moriath, le fou]

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Moriath

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Masculin Balance Messages : 17
Date d'inscription : 05/05/2013

MessageSujet: Goule & Cie [by Moriath, le fou]   Lun 6 Mai 2013 - 22:30

TADAM ! Deuxième nouvelle beaucoup plus récente qu'Arthanor ^^ Ce récit est court, certes, mais je l'aime comme il est. Le seul défaut que je pourrais lui trouver est un manque d'identification au personnage principal (lisez, vous saurez pourquoi^^) et j'aimerai des conseils pour pallier ce problème. Sinon, si vous avez des suggestions ou autre, n'hésitez pas !


Dans un caveau vivait une goule. C’était le genre habituel de sépulture, un trou ridiculement petit, sale et puant, dans lequel se trouvait des cercueils en bois décomposés, des insectes grouillants et se tortillants dans la terre meuble et noirâtre. C’était un caveau de goule et cela n’impliquait que la crasse et l’inconfort. Elle y vivait – où plutôt y survivait – comme son environnement le lui permettait, rongeant les ossements de cadavres enterrés en ce sinistre endroit depuis des lustres. De temps à autre, quand les macchabées ne suffisaient plus pour assouvir sa faim, elle sortait de son abris improvisé, s’aventurant dans le cimetière implanté au dessus de là, par un tunnel étroit qu’elle creusait elle même de ses longues griffes. Elle chassait alors de petits animaux aussi bien des rongeurs que des oiseaux, voir même quelques chats et parfois des chiens pas très en chair, avant de se trouver un autre endroit où s’abriter, un autre tombe où habiter.

Cette goule, comme toutes les goules, n’aimait pas la lumière, aussi ne sortait-elle que lors des nuits les plus sombres, ou lorsque d’épais nuages recouvraient le ciel. Cela se répercutait sur son teint d’un vert blafard et ses grands yeux jaunes injectés de rouge, brillant telles des braises et qui lui permettaient de voir dans l’obscurité. Petite et chétive, la non-morte ne semblait avoir que la peau sur les os. Elle n’avait pas de cheveux, sinon quelques longs poils blancs qui poussaient de manière éparse sur sa tête démesurément grande, une tête à en faire frémir un rat. Si ce monstre avait un jour été un être tel que vous et moi, il n’en restait plus rien excepté cette fielleuse apparence parfois si semblable à la notre . En effet, il était établis que ces rejetons de la nature étaient autrefois des Hommes s’étant un jour nourris de chair humaine et ces méfaits cannibales avaient alors jeté sur eux une malédiction qui les transformaient en des créatures ni mortes ni vivantes, mi-bêtes mi-démons mi-hommes.

Ah, les Hommes! Comme elle les détestait, cette goule. Ils étaient toujours là, à fouiner parmi les tombes, à faire fuir ses proies ou encore – pour une raison qui lui était inconnue – à se lamenter sur les drôles de pierre qui surplombaient ses cachettes. Parfois même, lorsqu’ils l’apercevaient, ils se rassemblaient en troupeaux pour la chasser, elle qui vivait là depuis toujours. Quel mal y avait-il à vouloir survivre ? Elle ne le savait pas et n’avait plus la capacité de réflexion suffisante pour répondre à cette question. Les Hommes étaient ses ennemis et, jusqu’à présent, elle avait toujours réussi à leur échapper, c’était tout ce qu’il lui importait.

C’était une aube d’hiver, une de ces matinées brumeuses et humides, où la rosée glacée donnait aux herbes une couleur blanchâtre. Une petite brise s’était levée sur le cimetière et les arbres morts qui parsemaient ce dernier se courbaient en des gémissements plaintifs. Le sol était recouvert en grande partie par un amas de feuilles rendues noires par le froid. Nulle vie émanait de ce lieu, lui qui était déjà bien assez morne quand de quelconques visiteurs tout de noir vêtus le parcouraient. Il n’y avait personne, pas même un chat qui errait à travers les pierres sépulcrales pour la plupart décorées de fleurs fanées. Aucune proie potentielle en vue, la nécropole était déserte et la goule avait faim. Très faim même. Les ossements dépourvus de toute chair ne lui suffisaient plus et elle avait déjà visité tous les caveaux, tous les charniers qu’elle avait pu trouver, jusqu’à ce que finalement, il ne lui reste rien. Voilà donc le mode de vie d’une goule, son estomac ordonnait et elle obéissait, sans même penser aux jours futurs, jusqu’à se retrouver vidée et sans rien à manger. Elle s’était alors instinctivement aventurée à l’extérieur, cherchant quelconque proie à capturer, se glissant à travers les ombres grisâtres du cimetière.

Elle n’en pouvait plus d’attendre, d’aller et venir frénétiquement à travers les tombes, sans trouver le moindre animal à déguster. Chose étrange pour une goule, elle s’inquiéta. Elle commençait déjà à sentir le poids terrible de la faim sur son corps, d’atroces douleurs la lançaient dans ses bras décharnés et ses jambes squelettiques tandis que d’affreuses plaies suppurantes apparaissaient mystérieusement sur sa peau tendue. Elle avait déjà connu cela, elle le sentait, mais ce n’était pas de la mémoire, c’était de l’instinct. Et elle savait, oui elle savait que c’était sa sous-nutrition qui lui causait toutes ces souffrances.

Comment la faim pouvait-elle provoquer de telles douleurs ? Vous n’êtes pas très bien renseigné sur les goules… Ne vous êtes vous jamais demandé pourquoi ces créatures se nourrissent-elle autant ? Pourquoi est-ce qu’elles étaient en permanence et spontanément poussées à se sustenter de cadavres comme d’être vivants ? La réponse est là : une goule qui ne se nourrit pas assez se décompose petit à petit, rentrant dans une phase de putréfaction avancée alors qu’elle est encore vivante, jusqu’à ce que, finalement, si elle n’arrive toujours pas à trouver une proie, elle ne soit plus que poussières.

C’était précisément ce qu’il lui arrivait, elle le sentait. La goule était prise de ce mal et ne pensait plus à cette heure qu’à trouver une proie. À peine eut-elle cette «pensée», qu’elle entendit une douce mélodie. Cette voix aiguë, celle d’un enfant, chantonnant un air enjoué, se déplaçait rapidement à travers les tombes. La non-morte se jeta sur l’occasion, elle devait se nourrir. Après quelques minutes de recherche, flairant l’odeur de son futur repas, elle l’aperçut. C’était un petit garçon, il portait ces drôles de choses en tissus que portaient tous les êtres humains. Il avait un visage d’ange, un de ces visages aux traits doux et légèrement rosé par le froid. Même si ses membres étaient fort peu pourvus de chair, la goule se lécha les babines. Elle tourna discrètement autour du garçonnet tandis qu’il sautillait toujours en chantonnant. La maudite le contourna et s’approcha peu à peu de lui, à pas de velours. Elle allait pouvoir l’attaquer par derrière. Quand soudain, sa proie se retourna. Elle fut surprise de ce mouvement brusque mais son instinct lui interdit de bouger. Ils restèrent planté là quelques secondes, les yeux haineux de la goule croisant le regard innocent de l’enfant. Celui-ci se mis à sa taille et lui adressa la parole.

- Bonjour toi…

La non-morte grogna et racla le sol de ses longs ongles noirâtres. Le jeune garçon éclata d’un rire franc puis continua.

- Tu es drôle, tu ressemble aux…

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. La goule lui sauta au cou, sortant crocs et griffes. L’enfant cria mais cela ne durât pas longtemps. L’animal commença à plonger ses dents acérées dans sa chair tendre tandis qu’elle le dépeçait de ses mains, arrachant chaque morceau de viande dans une frénésie rageuse. Depuis le temps qu’elle l’attendait, ce déjeuner, elle se régalait ! Elle continuait, mordant jambes, bras et cou sans relâche, secouant sa proie dans tous les sens. Bientôt, il ne resta plus du petit garçon qu’une marre de sang dans laquelle gisait des vêtements déchiquetés, des restes d’ossements et de la bile. C’est alors qu’apparut un autre être humain, pas un enfant cette fois, et la goule le perçut. Elle se retourna vivement et fit face à quelqu’un autrement plus musclé et qui était armé, sans doute avait-il entendu les cris d’agonie du garçonnet. Découvrant avec horreur le macabre spectacle de la goule en train de se nourrir, l’homme – apparemment d’âge mur – se rua vers l’animal en hurlant. La maudite esquiva , tenta de se sauver mais d’autres hommes accoururent, accompagnés de leurs femmes. Ces dernières, face à cet abjecte créature et au sort affreux qu’elle avait réservé à l’enfant, se mirent à hurler de terreur et de dégoût. La goule n’eut pas le temps de se demander ce qu’il se passait, elle était encerclée, encerclée et finie. Elle se risqua à attaquer ses agresseurs mais reçut un coup de bâtons dans les côtes qui l’envoya s’écraser contre l’une des pierres tombales. Les hommes armés se ruèrent vers elle et l’un deux plongea une longue arme en métal dans son corps squelettique. La maudite sentit l’acier glacé traverser sa poitrine et, sans qu’elle ne puisse rien faire, ses yeux se refermèrent d’eux même…

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Moriath

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MessageSujet: Re: Goule & Cie [by Moriath, le fou]   Sam 11 Mai 2013 - 13:20

Un petit UP ! N'hésitez pas à commenter ! merci !

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MessageSujet: Re: Goule & Cie [by Moriath, le fou]   Sam 11 Mai 2013 - 14:15

C'est très macabre. Bizarrement je suis un peu triste pour la goule. Sinon c'est bien écrit j'aime beaucoup ^^. C'est définitif, je suis ta première fan ^^.

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Moriath

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MessageSujet: Re: Goule & Cie [by Moriath, le fou]   Sam 11 Mai 2013 - 22:20

Merci beaucoup ! Je compte bientôt poster une série de nouvelle (ou un roman) dans le même genre puisque -normalement- cela devrait se dérouler dans le même monde, un monde qui n'est pas décrit ici mais qu'on imagine bien sombre... Ah ! Euphémisme ! Quand tu nous tiens, tu ne nous lâche plus...

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