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 Moi, soldat dans les Marines [TP]

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MessageSujet: Moi, soldat dans les Marines [TP]   Sam 29 Mar 2014 - 16:27

Un texte qui parle de la seconde Guerre Mondiale, pas encore fini mais je posterais la suite (il faut que je m'y mette). Je l'ai posté dans la section nouvelles sans savoir si la section récits longs aurait été plus appropriée:

J'était soldat dans les Marines. Aujourd'hui je vais me conter mon récit de guerre, ce que j'ai vécu pendant cce terrible conflit qui arracha de nombreuses vies. Tout d'abord, je suis né dans l'Ohio, dans une petite ville agricole qui n'avait pas beaucoup d'habitants. Mes parents étaient de la classe moyenne, mon père travaillait dans une usine de chaussures en tant qu'ouvrier et ma mère était secrétaire dans une agence touristique. Mon enfance fut heureuse, jalonnée de bon moments et de belles rencontres. A vrai dire à l'école je n'étais pas très doué, je préférais plutôt lire les Comics avec Avengers, Captain America ou encore Lone Ranger. Ma véritable vocation commença à partir de la première année de collège. L'armée m'impressionait et je les admirait pour leur bravoure et leur courage. Se battre pour la patrie, voilà ce je ferais plus tard, je disais toujours à ma mère qui approuvait d'un sourire. Les professeurs que j'ai eu ne m'ont pas empeché ou mis en garde pour faire ce métier, je n'était pas bon à l'école alors ils ne s'occupaient pas de moi, pas par soucis de mépris mais juste car ils devaient aider les autres, ceux qui en avait besoin.
Il ne connaisait pas la guerre, la vraie, celle avec la mort et la maladie qui est présente tous le jours, misérables personnes... Après le collège, je m'engageai dans l'armée. Malheureusement ils me recalèrent car j'étais jeune, beaucoup trop jeune. Je me retrouvai à 16 ans, sans boulot, pas d'études et je vivais chez mes parents. C'est la période de ma vie que j'ai le plus mal vécu car j'étais seul, hormis mes parents, seul dans ma tristesse, seul dans mon désespoir. La journée je ne faisais rien: j'étais assis sur une chaise et je réfléchissais, je réfléchissais dans le vide. Je réfléchissais dans le vide à mon avenir, ce que je ferais quand je serais plus vieux, je ne voulait pas rester tout mon temps dans cette ville. Découvrir, voyager, rencontrer, ça c'était la vie que je rêvais mais malheureusement je n'en avais pas les moyens et je devais d'abord trouver du boulot, gagner ma vie dignement.

Un jour j'eu une discussion avec mon père:
"Alors maintenant que vas-tu faire ?
-Je sais pas, sûrement trouver du travail ou postuler encore à l'armée.
-S'en ai fini avec cette armée ! Elle t'as fait raté tes études et peut-être ta vie !
-Je fais ce que je veux de MA vie. Vous n'allez pas décider à ma place.
-Tu te rends compte que tu n'as aucun diplôme ! Comment vas-tu trouver un employeur ? Surement pas en révant à des rêves de gosses irréalisables;
-C'est parfaitement réalisable, juste à l'époque j'étais trop jeune, d'autant plus que l'armée recrute beaucoup et est ouverte à tout le monde.
-Tu n'en feras pas a ta tête !
- Personne ne m'arrêteras"
Les relations s'étaient aggravés ces derniers mois. Ma mère ne disait rien, elle ne comprenait pas pourquoi je devais lui faire autant de mal. Mes parents avaient évolué, avaient ils me soutenaient dans mon entreprise mais maintenant, ils me répudiaient, me regardaient d'une autre manière. Je n'ai jamais su ce qui les avait fait changé d'avis, sans doute ma situation à l'époque, ayant laché l'école à la fin du collège.
Finley, mon ami qui m'a toujours suivi et soutenu. Nous nous connaisions dès la deuxième année de collège. Lui était populaire et bon élève, moi solitaire et cancre. Tout nous opposaient et pourtant, nous sommes devenus amis. Ce fut lors d'une soirée, je discutais avec un camarade quand il s'approcha et me dit:
"On se connait non ?
-Euh je crois pas.
-Si, si tu est avec moi dans le club sportif !
-Ah oui tout compte fait je penses t'avoir déjà vu
-On se voit demain au gymnase !"
Il s'écarta de moi et se dirigea vers la sortie de la discothèque. Cette manière un peu brusque, presque maladroite de m'aborder ne me laissa pas indifférent. Le lendemain, je le vit et nous discûtames de beaucoup de choses: où on habitait, nos familles respectives... Je ne sais pas comment mais nous nous sommes rapprochés, chaque jour qui passait notre relation amicale s'intensifiait. On se voyait au club sportif et des fois, le soir pendant des soirées. Mon père n'était pas de cet avis, il considérait que Finley était juste un hypocrite, qu'il me lacherait au premier problème. Il avait tort car il était vraiment ami avec moi, pas juste copain ou camarade de classe. Un soir, je lui fit part du mon de vue de mes parents:
"Ils ne t'acceptent, ils te voient comme une mauvaise personne.
-On ne peut pas plaire à tout le monde.
-Ouais mais connaisant mes parents, ils vont tous faire pour t'éloigner de moi.
-Bah on trouvera toujours une solution pour se voir"
Une année passa, désormais j'avais l'âge de m'enroler dans l'armée, au grand dam de mon père et de ma mère. Je fis mes adieux à Finley, la guerre était un environnement hostile et je n'étais pas sûr que j'en reviendrais vivant, quand bien même j'aurais survécu, le retrouver aurait été cherher une aiguille dans une botte de foin.
C'était une journée d'été, chaude, torride et terriblement tranquille. Je pris un peu d'argent et je pris le train pour le Texas: le centre d'entrainement des Marines les plus proches. Le voyage était pénible, pour économiser le maximum j'avais pris la troisième classe. Beaucoup de monde était entassée, les couloirs étaient pleins de bagages et sacs en tout genre. J'allai dans un compartiment au fond du couloir. Il y avait 3 personnes qui étaient là, un vieillard, une jeune femme et un homme d'une quarantaine d'années. Je leur demandai:
"Et vous vous allez faire quoi au Texas ?
-Moi c'est pour des affaires,le pétrole, les actions, tu vois ce que je veux dire ? répliqua le quadragénaire
-Je dois aller trouver une vieille connaisance, répondit le vieillard d'une voix fatiguée
-Quant à moi je vais trouver du boulot dans les usines, affirma la jeune femme.
-Et toi que vient tu faire dans cet État désertique ?
-Ah moi je veux rentrer dans les Marines, je répondit d'une voix déterminée"
Traverser l'Amérique en train, que de beaux paysages, que de belles forets. Les canyons aux parois verticales, la couleur rouge ocre du désert, les fôrets et les monts enneigés des montagnes Rocheuses. C'était la première fois que je m'aventurait hors de mon petit État, hors de ma bulle familiale, désormais je ne devais compter que sur moi même, j'étais libre, libre de faire ce que je veux.
J'arrivai après 15h de voyage pénible mais passionant, je débarquai dans une petite ville au nordd-ouest du Texas. Les vieilles maisons semblaient être sorties de l'époque de la conquête vers l'ouest: construites en bois et dans un style classique. La route était à peine goudronnée, sur les trottoirs par çi par la couraient des mauvaises herbes. La majorité des commerces n'affichait plus qu'une pancarte: "Sold" indiquant qu'ils avaient fait faillite ou qu'ils avaient fermés. Une douce brise soufflait sur la ville, une brise chargée de l'odeur du désert. Le soleil commencait à décliner, ses rayons commencait à s'obscursir. L'hôtel de ville et le commisariat étaient les seuls bâtiments à ne plus rappeler le passé sûrement glorieux de cette cité mais révolu. Je devais me rendre à Fort Milwaukee, dans le Sud de cet immense État. Je demandit à un local de m'aiguiller:
"Comment je peux me rendre à Fort Milwaukee ?
-Jeune homme, Fort Milwaukee est inaccessible d'ici, aucune liaison de cette gare ne permet d'accéder à cette ville, il vas falloir vous trouver quelqu'un pour qu'il vous y emmènes en voiture.
-Merci pour le renseignement"
Comment allais-je faire ? Il me restais 200 dollars et il fallait que j'atteignes Fort Milwaukee, je commençait à paniquer: à qui demander ? Je m'assit sur un banc et je réfléchis:
"Je pourrais payer quelqu'un pour qu'il m'y emmènes. Ça me sembles une bonne idée, mais il faut que je me dépèches sinon la nuit va tomber. Peut-être un garagiste ou un mécanicien ? En tout cas il n'y a pas grand monde et si je ne veux pas rester coincé ici, il faut que je commences à chercher"
Je marchai dans toutes les directions, regardant frénétiquement tous les édifices pour y déceler la moindre trace d'activité humaine. Il n'y avait pas un chat dans les rues. Où sont-ils passés tous ? Je me demandais. Finalement la chance tourna et je tombait enfin sur un commerce ouvert, c'était une librairie. J'entrais, poussais la porte et me dirigeais vers la caisse. Il n'y avait personne. Je regardais les étagères, couvertes de vieux livres poussiéreux datant d'un autre âge. Quand tout à coup une personne me parla, elle était plutôt agée et m'affichait un large sourire:
"Bonjour, que voulez vous ?
-J'ai de l'argent, je voudrais aller à Fort Milwaukee.
-Jeune homme je peux vous y emmener gratuitement si vous voulez, ce n'est pas si loin d'ici.
-Merci !"
Je lui tendit un billet de 10 dollars pour le remercier mais il le refusa d'un signe de la main. Il faisait nuit, on entendait les coyotes hurler au loin, des cris rauques s'élevaient là-bas, vers la route, sans doute des vautours je pensait. La lune scintillait au dessus de nous, il ne faisait pas très froid; le vieil homme me regardait de temps en temps, d'un regard affable et attentionné. Il semblait bien connaitre la route car il avançait sans s'arrêter.
Pour faire passer le temps je scrutait les alentours: il n'y avait rien, le vide, ce même vide emplissait mon coeur d'une tristesse et d'un grand malheur.

-----------------
Sans que je le sache j'étais atteri tout juste devant le bâtiment appartenant à l'armée, c'était un grand immeuble, plutôt moderne, tout en acier et verre. La lumière du jour se reflétait dans cette immense tour. Je regardai les personnes qui entraient, la plupart étaient habillés en uniforme et portaient fièrement leur arme au dessus de l'épaule. J'entrai par la porte principale et allai vers l'accueil. Une jeune secrétaire, se tenait, en train de téléphoner et d'écrire sur un carnet. J'attendis qu'elle eu fini et je lui addressai la parole:
"Bonjour, je voudrais m'enrôler dans l'armée.
-Bureau 911 à l'étage 3, me répondit-elle d'un ton presque outrancier"
Je montai les escaliers et arrivai devant un interminable couloir parsemé de nombreux bureaux. La lumière aveuglante presque agressive des néons me faisait fermer les yeux. Quelques minutes, je restai ici, immobile. Je voulais me reposer un peu, reposer mon esprit du périple accompli et pourtant, et pourtant je savais que ceci n'était que le début d'un long voyage en enfer. Le préambule à ce que j'allais vivre. Le commencement de tout.
Ma mère et mon père, Finley... Tous ces gens n'étaient désormais plus que des souvenirs. Aurais-je un jour la chance de les revoir ? Me demandais-je. Il avait compté avant et maintenant ils n'étaient plus rien, je les avais sur la conscience: je les avais tout simplement abandonnés. Abandonnés, face à mon choix irréversible; abandonnés face à ma décision si lourde.
J'aperçus le panneau:"Recrutement des soldats". Il indiquait une porte, au fond du couloir à gauche. Je l'ouvris et j'entrai dans une grande salle d'attente où patientait de nombreuses personnes. Un grand lustre illuminait la salle. Elle semblait quelque peu exigue par rapport aux gens présents dans celle-çi. Je m'assit un banc, certes spartiate mais cela me permis de me reposer un peu. Je m'endormis. Je vit défiler les évènements des derniers mois dans ma tête. C'est comme si j'y étais sauf que je n'étais qu'un spectateur, je vis les disputes entre mes parents et moi, le voyage en train, le vieillard et enfin Fort Milwaukee. Quand je fus dans cette ville, je me réveillai subitement, appelé par une voix de stentor:
"Toi là, le blond, lève-toi et suis moi !"
Je me levai d'un coup, l'homme qui m'avait appelé était assez corpulent; il portait une casquette et portait des vêtements vert kaki. Je le suivis jusqu'à un petit bureau. Il s"asseya, dit de m'asseoir également et d'enlever ma veste. Puis il me pose plusieurs questions sur moi: mon nom et prénom, mon âge, ma taille et ma nationalité. Ensuite il me dit que je suivrais un entrainement pour que je devienne un Marines. Il me raccompagne et m'envoit avec un autre, un autre soldat.

"Alors bienvenue dans les Marines ! Tu est content ?
-Oui, très ! J'ai hâte de détruire les nazis.
-N'ai pas trop hâte de combattre, sur le front c'est très différent, tu entends le bruit des tanks et des bombardements chaque jour. Tu essaies de survivre tant bien que mal, des divisions SS patrouillent et surveillent constamment; j'ai vu de nombreux camarades mourir. La guerre ça n'est pas beau mais c'est nécessaire.
-Alors pourquoi as-tu fait soldat dans les Marines ?
-Dans un élan de patriotisme, tu sais Oncle Sam et tout ça. Donc je vais t'expliquer comment va se dérouler ton initiation. Pendant 2 semaines vous serez nourris et logés par l'armée, vous subirez des entrainements et des tests sportifs et militaires. Vous vous entrainerez à manier des armes, à élaborer un schéma tactique, à diriger un groupe... Ce que tu ne doit pas oublier c'est le respect du formateur, tu comprends ?
-Je comprends parfaitement.
-Donc après ces deux semaines tu seras affecté selon tes aptitudes dans une section."
Il m'emmena dans le dortoir des recrues. Il était assez grand, pouvant accueilir jusqu'à 80 personnes. Nos lits étaient de simples double-lits avec un cousin et une couverture. L'extinction des feux était fixée à 8h30, au delà de cette heure, il ne fallait plus se lever et rester dans son lit, sans quoi on s'exposait à des sanctions. Le lendemain nous commencâmes avec le premier test. C'était un test sportif. Nous vîmes notre formateur qui nous répondit:
"Bon les gars, aujourd'hui vous allez passer un test ! Il faudra parcourir un parcours qui vous mettra à l'épreuve dans de nombreuses disciplines: course, agilité, force et endurance ! Les 25 meilleurs seront retenus et continueront l'entrainement. Sur ce attendez le signal et partez !"
Le stress était à son paroxysme. Tout le monde n'attendait que de partir. Certains secouaint frénétiquement leurs mains, d'autres sautillaient pour évacuer la pression. Un bruit de pistolet retentit. Je commence à courir, il y a beaucoup de monde devant moi mais également derrière moi. Je dépasse quelques personnes et franchit un mur où est attachée une corde. Il y a une grande agitation, mais il ne faut pas se résigner, continuer coute que coute, continuer à se battre. Cette matinée fut particulièrement éprouvante. J'arrivai à me placer parmi les 10 premiers. C'était sans doute lié plus à la chance que à mes capacités physiques, me disai-je. Il n'était pas question d'abandonner après tout ce chemin parcouru: c'était ma seule chance d'intégrer les Marines et par extension de ne pas se retrouver à la rue.
Ces deux semaines passèrent extrêmement vite: le temps s'était acceléré là où à l'école il s'était ralenti. Je fut formé à tuer, tuer sans aucune pitié. Ils nous avaient endoctrinés, ils nous mentaient sur le vrai sort des soldats américains. Ils disaient que les Japonais étaient sous-armés, que nous étions intouchables et invincibles. A l'époque, personne n'osait contester l'autorité et le discours du pouvoir en place. Le monopole de l'information devait rester aux mains de l'État,les journaux atténuaient par de doux euphémismes la réalité du front.
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Orelian

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MessageSujet: Re: Moi, soldat dans les Marines [TP]   Mer 2 Avr 2014 - 20:18

Le texte, dans l'ensemble, est bien ~

Maintenant, j'ai quelques reproches à faire, il est vrai : d'abord, il y a pas mal de fautes d'orthographe (je suppose que tu n'as pas vraiment relu ~). Ensuite, au niveau du rythme, j'ai été assez perturbé, parce que les ellipses temporelles se ressentent à peu près comme les passages à vitesse réelle, probablement parce que tu mets des passages au discours direct là où il n'y en a pas forcément besoin.

Cependant, j'ai bien aimé les descriptions de lieux, personnages, etc., elles sont bien agencées permettent de bien s'imaginer les scènes ^^ Et le contexte historique est très présent, ce qui donne une bonne sensation de réalisme ~

Mais bon, comme dit, les deux seuls problèmes que j'ai repérés sont l'oubli de relecture ainsi que le surplus de discours direct, tu aurais dû, je pense, privilégier les passages descriptifs ~

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Tous mes textes sont sous copyright (me demander pour une utilisation quelconque).
Je demande à ce qu'ils ne soient pas modifiés directement par les chasseurs de fautes.
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MessageSujet: Re: Moi, soldat dans les Marines [TP]   Sam 5 Avr 2014 - 17:40

Bon une petite suite:

J'étais affecté au 56ème régiment d'infanterie faisant partie de la 7ème brigade blindée. Il y avait une assez bonne ambiance, nous étions quasiment tous de jeunes personnes, déterminées et impatientes de s'engager dans le conflit. Après une cérémonie où nous fûmes intronisés dans les Marines, le lendemain déjà, nous partions vers le Pacifique et son doux chant qui monte jusqu'au coeur. Dans notre régiment, ceux qui étaient issus du même centre de formation, formaient un petit groupe dont je faisais partie. Des camarades, des camarades dans la souffrance et le désespoir; des camarades avec qui je devrais affronter les plus lourds périls. Cette frénesie qui s'était autrefrois emparée de moi, s'était doucement estompée. La frénésie guerrière de mon enfance laissa la place à un terrible sentiment de doute et d'incertitude. Nous étions en route vers l'enfer de Guadalcanal.
Le porte-avion était un très grand bâtiment militaire de l'US Navy pouvant accueilir des milliers de marins et quelques dizaines d'avions. Son extremité était affilée, tel une lance qui transperce l'Océan vivement, et hâtivement. Sa couleur grise dénotait avec l'omniprésence du bleu dans les airs et dans les eaux. Les dortoirs n'étaient pas déplaisants, certes un peu petit mais pas spartiates non plus. Chaque jour nous entendions le bruit des avions de chasse et des tirs de canons qui devaient sûrement couler des navires ennemis. L'air du soir descendait lentement vers la mer, les reflets bleu azur de la mer se reflétaient au loin; le soleil commençait à décliner et sa couleur rouge s'étendait au loin, déjà.
Les premiers jours furent quelques peu difficiles car il fallait s'habituer à cet espace de vie restreint, à cet entassement de personnes. Les relations avec les compagnons du dortoir furent cordiales quoique froides, en effet, le petit groupe fut disloqué et nous étions disposés dans des quartiers d'équipage différents. Mon copain de dortoir s'appelait Tonio, une tête forte qui riait et parlait souvent:
"Alors ça va mec ? me demanda t-il
-Yep, alors t'aimes bien le bâteau
-Un peu grand pour moi, des fois on s'y perd... On va bientôt dézinguer ces saletés de chintoks !
-J'attend que ça, leur faire payer Pearl Harbor."
C'était un des seuls à qui je pouvais parler, à vrai dire pendant le voyage nous ne faisions rien, nous étions couchés dans nos dortoirs, à ne rien faire . Certains jouaient aux cartes d'autres lisaient des livres, moi je me reposais, je reposais mon esprit de cette fatigue psychique qui s'était accumulée ces derniers temps. L'atmosphère était humide, les jours de chaleur il faisait terriblement chaud. Une chaleur qui envahit tout le corps et qui le paralise. Quelques semaines passèrent ainsi, j'avais perdu toute notion du temps, et je ne savais pas également où nous nous dirigerions. Sûrement dans quelques mers asiatiques, me disais-je. Cependant un jour, un torpilleur essaya de nous couler. Sur le pont on entendait des cris qui exhortaient aux tireurs des canons de tirer en direction du navire ennemi. Plusieurs frappes se firent mais aucune n'atteignit son but. Il rapprochait rapidement, et par le côté gauche du porte-avion: il ne tarda pas à essayer de lancer une torpille contre le flanc du bâteau. Ce fut une grande explosion. Le bruit assourdissant de la détonation se propagea à travers les épais murs en acier. Une vaste fumée s'élevait dans le ciel et une odeur âcre s'en dégageait. Les sonneries d'alerte retentirent; le canon principal arriva à mettre hors d'état de nuire le torpilleur japonais. Après cet évènement, nous apprîmes que la torpille avait touchée la partie supérieure du navire, on avait évité le pire. Il y eu quelques morts dont les corps furent rapatriés et enterrés dignement au pays. Plus que jamais, tout le monde avait pris conscience que ça n'était plus de la rigolade. Fini les rêves, ici c'est la guerre.
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MessageSujet: Re: Moi, soldat dans les Marines [TP]   Sam 12 Avr 2014 - 13:13

Une nouvelle partie de texte. N'hésitez pas à poster des commentaires sur mon style d'écriture et l'histoire  pour que je m'améliore ! :
Le lendemain, nous arrivâmes à proximité d'une île. Elle était assez grande, ses grandes plages de sable jaune contrastaient avec la couleur verte de la jungle. C'était là, là où étaient tapis les Japonais. Quel bel endroit pour se battre et peut-être, mourir. Ils y avaient d'autres portes-avions et navires militaires de l'Us Navy, et également des avions qui survolaient sans arrêt les alentours. On entendait leur bruit loin, au delà de l'horizon bleuté de l'étendue marine. C'était le grand jour, cela se ressentait, inconsciemment. Le temps se ralentissait, chaque minute semblait passer des années; nous attendions en pensant à rien. Aujourd'hui il y aura du sang, des larmes et de l'espoir, aujourd'hui ce sera une journée de guerre.
La baie formait une vaste côte où s'étendait les plages. A l'extrémité nord-ouest de celle-ci, se trouvait un petit massif rocheux qui surplombait la mer. Selon des sous-officiers avec qui j'avais discuté, les Japonais se cachaient dans des grottes et dans de petites caches dans la jungle. L'opération était dangereuse car il possédait de nombreuses armes et avait l'avantage de la surprise. En outre, la tenacité des combattants nippons était légendaire. Ils se battraient jusqu'au dernier homme, jusqu'au dernier village incendié, jusqu'à la dernière femme tuée. Cette guerre devait bien commencer un jour ou l'autre. Les Japonais empiétaient sur les Américains avec leur Empire : celui qui gagnerais, aurais le monopole du Pacifique. Et le président Roosevelt avait sauté sur l'occasion de Pearl Harbor pour s'engager contre les Japonais tout en ménageant l'opinion publique franchement pacifiste.

Nous ne savions pas que ce qui aurait été une guerre "rapide" à la manière de la Blitzkrieg des Allemands aurait été en fait un bourbier. Un bourbier où il faut lutter de toutes ses forces pour survivre et se battre, se battre contre le laisser-aller; et les ennemis. J'envoyai alors une lettre à ma mère pour lui faire part de mes nouvelles et ne pas la faire inquiéter. Qu'il était loin mon petit village, le chant des oiseaux au loin, les tracteurs qui passaient quelquefois...

Toute la matinée je ne fis rien. Tonio lui, était couché sur son lit, pensif, divaguant son esprit entre deux respirations. Ce fut la première fois que je le vis dans un tel état. Lui ! Lui qui était si joyeux et drôle ! Nous nous posions tous des questions existentielles, pourquoi la vie ? pourquoi la mort ? Plus rien n'avait de signification, le sens même de cette guerre était perdu. Nous, la chair à canon; eux, la bureaucratie, au commandement. Cette guerre était absurde tout comme les ordres qu'ils nous donnaient. Ils nous disaient que si nous voulions avoir le maximum de chances de résister, il fallait que nous soyons organisés, organisés et méthodiques. De vraies machines à tuer. Mais nous n'étions pas ces machines mais des êtres humains avec leurs faiblesses. Tuer pour tuer, la logique des meilleurs soldats. Faire abstraction de tout. Executer les ordres à la lettre. Ne jamais douter de ses supérieurs.

On sentait une légère vibration de temps en temps, signe que quelque chose devait se passer à la surface: un atterrissage d'un avion ou le lancement d'une torpille par exemple. Quand le soleil fut à son zénith, à douze heures précises, un mégaphone cria:" Rassemblement des sections d'infanterie dans la salle n°8".  Tout le monde commençait à se diriger en direction de cette vaste salle. On se bousculait, à cause de la largeur très ténue des couloirs. Je marchais vers mon destin, chaque pas me rapprochais du dénouement. Certains déambulaient sans se presser, ils n'étaient pas pressés à vrai dire, ils savaient que le front ce n'était pas joli, joli. Après quelques minutes, j'arrivai enfin dans cette grande pièce, froide et profondément triste. Les murs étaient de larges plaques d'acier, grises, qui semblaient vouloir communiquer la gravité des évènements. De larges néons diffusaient une lumière glaciale, qui blessait ceux qui entraient par les diverses ouvertures. Elle était assez grande, pouvant accueillir quelques dizaines de personnes. Sur les côtés s'ammassaient les différents compagnies d'infanterie avec leur chef. Nous nous étions commandé par un vétéran, un vieux, qui connaissait par coeur son métier. Il s'appelait Dwight, il devait avoir 60 ans; Il était toujours habillé d'un uniforme marron sur laquelle étaient accrochés de nombreuses décorations et médailles pour ses services rendus à la nation. Il était plutôt sympa, mais quelque chose se cachait au plus profond de son être, quelque chose de sous-jacent. Ce quelque-chose était difficile à discerner: une sorte de regret mêlé à de la nostalgie. D'après ce qu'il nous avait dit, il avait fait la Grande Guerre il y a plus de 30 ans. Il en serais sorti sûrement changé; comme tous les soldats. Sa carrure, forte et imposante, imposait le respect à tous. Personne n'osait constester son autorité. Et il se trouvait là: à la tête du groupe, parlant avec d'autres officiers et s'asseyant pour se reposer.
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MessageSujet: Re: Moi, soldat dans les Marines [TP]   Ven 18 Avr 2014 - 21:18

Aller je continue! :

Le commandant entra dans la salle, d'une démarche sure et rapide. Son visage était parsemé de quelques rides et il portait fièrement un béret de marin et des insignes militaires qui attestaient son rang prestigieux. Peu de gens le remarquèrent mais quand il prit la parole tout le monde se tut. Il prononça un remarquable discours, bien qu'influencé en grande partie par le Haut-Commandement et les sphères de la politique. Il nous dit que quoiqu'il arrive, nous serions honorés pour ce que nous aurions fait et que nous serions des héros, des héros de la patrie. Il s'attacha à expliquer comment les Japonais se battaient et se cachaient dans les hautes broussailles de l'épaisse jungle. Son plaidoyer se conclut par un tonnerre d'applaudissements. Mais après cette ferveur, ce courage donné par ces mots, nous fûmes moins joyeux. La peur atteignait lentement son paroxysme car dans quelques dizaines de minutes, nous serions sur le terrain, à se battre pour les Etats-Unis et sa vie. Le soleil commençait à émerger du pâle horizon. Le chef de groupe, Dwight nous expliqua ce que nous devions faire:
"Bon vous êtes parmi les premiers à débarquer sur la plage. Vous devez essayer d'atteindre la jungle en vie, faites attention aux mitrailleuses, ne comptez que sur vous même. Ces sales nippons se cachent dans des sortes de blockaus, n'allez pas les attaquer sans le soutien de l'artillerie. Et rassemblez vous si vous avez survécu, ça feras moins de morts. Vous êtes affectés sur le bateau n°5, vous devez y aller dans quelques minutes. Ne ratez votre rendez-vous avec le destin. Adieu les gars." Il s'effaça avec une profonde révérence envers nous. Lui, il connaissait déjà ça, combien d'hommes avait-il vu mourir ? Et je me dépechais d'aller me préparer et de profiter des quelques derniers instants de vie normale qui me restais. Je m'habillai en tenue militaire, accrochai mon arme autour de ma taille et m'assis sur mon petit lit. Là j'attendis une minute, une minute où je ne pensais à rien. Mon regard se perdait dans la cabine. Ce son, le son de la mer au loin qui monte lentement vers le ciel, je l'entendais. Puis je'ouvris la porte, lentement, et je me dirigeais vers les débarcadères de bâteau. Il y avait de nombreux véhicules amphibies, qui pouvaient se déplacer aussi bien sur l'eau que sur la terre. Il y avait beaucoup de monde, tant de jeunes hommes, tant de vies qui seraient sacrifiées pour défendre la patrie. Je cherchais parmi les soldats, mon groupe. Après quelques minutes de recherche, je les retrouvai. Leurs visages étaient tristes, ils s'étaient assis sur un banc. La joie de vivre avait laissé place à la morosité. Une personne vint nous emmener vers notre bâteau, nous entrâmes dedans et attendirent, attendirent le grand moment, le tournant de notre vie. L'espace à l'intérieur était exigue: tout juste de quoi mettre 12 personnes, il y avait une petite cabine surelevée d'où on pouvait piloter le véhicule. Devant moi se trouvait Georges, un autre gars de notre groupe qui était plutôt réservé, je lui demandai:
"Ca va ?
- Ca pourrait aller mieux.
-Ce qu'on attendait depuis des mois est désormais à quelques centaines de mètres, la mort aussi.
-J'vais essayer de pas crever tout de suite pour faire plaisir à Dwight.
-Ce serais bien dommage qu'on te perde"
Il me sourit mais quelques secondes plus tard son visage fut empreint d'une forte mélancolie. Je ressentis de la peur ce jour là, une peur qui reste toute votre vie et qui vous transcende dans les moments les plus durs.
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MessageSujet: Re: Moi, soldat dans les Marines [TP]   Dim 20 Avr 2014 - 9:22

:arrow: La suite, n'oubliez pas de commenter ! :  

Il faisait chaud, le soleil tapait sur ces carapaces d'aciers qu'étaient les véhicules amphibies. Ils fendaient l'eau à vive vitesse, cela se ressentait à l'intérieur, il y avait de légères vibrations venant du sol. Ma position n'était pas désagréable malgré la petite taille du siège. Nous sentîmes un choc, le véhicule semblait percuter sur quelque chose. Tout le monde s'agita car personne ne savait ce qui se passait. Il s'avéra que nous avions touché le fond et que nous devions débarquer à pied. La grande porte centrale s'abaissa et nous sortîmes par deux. Dehors on entendait déjà le bruit des mitrailleuses qui couvraient et protégaient toute la plage. Il y avait un peu de fumée, là-bas au sud-est, les combats allaient être violents, violents et durs. Il ne fallait pas s'attendre à un geste de clémence si on était capturé par les Japonais. Généralement ils maltraitaient les prisonniers et ceux-ci vivaient un transport et une détention dans des conditions abominables. Je préférais mourir plutôt que d'être un fardeau pour les Etats-Unis. Nous avions un pistolet, quelques grenades, un fusil d'assaut et c'est tout. On était assez bien équipés par rapport aux Nippons. Mais ils avaient avec eux leur connaissance du terrain et l'effet de surprise. Des hélicoptères survolaient sans cesse la jungle, ils essayaient de déceler n'importe quelle trace d'occupation humaine pour découvrir les positions ennemies. Malheureusement les arbres formaient une étendue verte impénétrable, il n'y avait pas de clairière, ils ne pouvaient pas se poser. Quel beau endroit pour mourir.

Après que nous fûmes arrivés sur la plage, nous nous réfugiâmes derrière un vaste mur de protection, édifié à la hâte par les premiers, les premiers à s'être battus et avoir débarqué. Devant nous on voyait des blockaus à une centaine de mètre, ils étaient dissimulés sous la végétation, au début de la foret. Il y avait une large ouverture au milieu, sans doute pour y mettre les mitrailleuses et des tireurs. Derrière nous, nous vîmes d'autres groupes arriver. Je tirais en direction de l'abri. En réponse nous essuyâmes une rafale de balles qui ne blessa personne mais qui détruisit un peu cette protection de fortune. On allait pas rester là, à attendre un ennemi invisible qui resterait caché et qui ne bougerait pas. Mais la raison me ramena à moi, tenter un assaut dans cette situation c'était courir au suicide. Alors on continua, à tirer aveuglement sur les Japonais; on était livré à nous-même. Se débrouiller pour rentrer en morceaux à la maison. Je criai aux gars:
"On va pas rester là, à rien faire! Il faut trouver un autre moyen !
-Il faut attendre la nuit pour attaquer, répondit Mickael, un soldat assez expérimenté, son avis prédominait car lui avait l'expérience pour ne pas faire des bêtises irréversibles,
-Moi je serais d'avis d'attaquer tout de suite, déclara un autre
-Attaquer tout de suite, ce n'est pas possible, les Japonais nous verraient à 50 m ! affirma Mickael
-De toute façon tout de suite ou plus tard qu'est-ce que ça change ? répondit-il
-Il y aura moins de pertes si nous essayons d'être raisonnable.
-Vous parlez comme un politicien"
La majorité du groupe suivit l'avis de Mickael, et cet autre soldat se taisit et revint à son poste. Toute la journée nous attendîmes, nous tirions quelques balles par ci par là pour signifier à l'ennemi que nous étions bien présent mais rien de bien glorieux. Le soleil ensuite commençait à décliner: il prenait une teinte orange-rouge qui se dissipait au fur à mesure que nous nous approchions de la nuit. La nuit, reflet de nos vraies natures, reflet de la vérité humaine. Quand tout devint noir autour de nous, nous commencâmes à prévoir un plan d'attaque. Nous serions séparés en trois groupes: deux qui iraient sur les côtés des fortifications des Japonais et un qui irait devant, tout droit. Doucement, nous rampâmes en direction du blockaus. Chaque mètre parcouru était un épreuve terrible, une épreuve physique et morale. Dans ma tête, je me préparais à devoir mourir et mon corps se préparais à devoir souffrir. L'air lourd de la journée avait laissé place à une douce brise, fraiche et si légère. Elle embrasait tous les alentours. Nous étions désormais proches. Il fallait être coordonnés et s'écouter sinon on allais assister à une débâcle. Mickael était avec nous, il nous dit que nous allions nous introduire dans la fortification par derrière. Les autres groupes surveillaient les alentours et mettraient hors d'état de nuire les soldats ennemis qui patrouillaient. Nous atteignîmes l'arrière du baraquement, il y avait deux personnes qui gardaient l'entrée en uniforme. Ils portaient des uniformes verts et une casquette ornée du drapeau du Pays-Levant. Nous ne devions pas nous faire repérer, absolument pas. Sans quoi cette opération serait un échec. Mais si nous y arrivions, nous pouvions faciliter considérablement le débartquement des troupes et la prise de l'île. Dès que cet avant-poste serait pris, l'armée pourrait s'avancer dans l'épaisse végétation de la jungle. Deux hommes de notre groupe furent chargés de les incapaciter. Ils surgirent là, de l'ombre; vivement et rapidement, ils eurent le dessus. Ils ne les tuèrent pas mais les assommèrent. Il y avait quelques gardes endormis à l'intérieur mais aucune résistance ne se fit sentir. Nous avions pris cette place forte et nous envoyâmes deux personnes pour aller porter la bonne nouvelle auprès des autres groupes et du commandement. Maintenant il fallait ne pas faire de bruit et attendre, attendre jusqu'à l'aube pour éviter d'être pris par le sommeil. Mickael était le principal acteur de cette réussite même si j'avais en premier, posé la question qui avait tout déclenché. Nous étions fatigués après cette journée et cette nuit intense, malgré cette fatigue, nous tinmes, jusqu'à l'arrivée de renforts et l'aube.

Un bruit assourdissant nous réveilla. Un bruit de grenade combinée à celui des armes à feu. Les Japonais sont là ! Il faut se défendre ! En effet, notre petit plan n'avait pas survécu bien longtemps à la perspicacité des Japonais. Ils n'entendaient plus du bruit là ou n'étions, cela attira leur attention. Puis quand ils virent au loin, que l'entrée du baraquement n'était plus gardée, ils comprirent tout de suite. Ils nous assaillaient de toute part. Je protégeais l'entrée principale, derrière de nombreux arbres on entendait des détonations. C'était sûrement les autres petits groupes qui se battaient avec les ennemis. Le peu de courage que j'avais me servit dans cette épreuve intense. Je regardai en direction de la plage, il y avait du mouvement mais rien de bien particulier. On devait résister à la première vague de soldats qui se déferlerait sur notre frêle esquif. Ensuite, il y aurait sûrement des renforts à cause des bruits alentours. Mickael dirigeait les opérations d'une main de fer. Il avait pourvu le gros de la défense sur l'entrée car c'était le point le plus faible de cette forteresse. J'étais assis derrière quelques gars, tenant mon fusil à la main comme une mère tiendrait son enfant dans ses bras. J'avais glissé une grenade dans ma poche, au cas où. L'artillerie lourde était inutilisable car beaucoup trop encombrante excepté un mortier qui n'était pas très lourd.   Nous nous attendions à voir surgir des buissons de nombreux assaillants. Ils attendraient le moment le plus opportun, le moment où nous nous y attendrions le moins. Un tir effleura mon visage. Je pris mon arme, me penchai par l'ouverture et tirait de toute mes forces. Des Japonais mitraillaient , cachés dans la végétation; ils lançaient aussi des grenades: cherchant à faire sortir le rat de son trou. Il fallait faire attention à ne pas se faire tirer dessus.

Après une dizaine de minutes, les ennemis se retirèrent et nous pûmes constater l'étendue des dégats. Il y avait eu des morts des deux camps, principalement du côté des groupes qui devaient nous couvrir. Dans le blockaus, un gars était mort. Je l'avais vu mourir. Il avait penché sa tête en direction de l'entrée, il reçut une balle en pleine tête. Il succomba sur le coup. Il avait le visage couvert de sang. Des renforts arrivèrent, mais il était trop tard. L'assaut était passé et les Japonais s'étaient enfuis partant dans l'immensité de la jungle. Son corps fut emmené sur la plage puis sur le porte-avion. Désormais nous avions progressé grâce à notre action mais le bilan humain était lourd, beaucoup trop lourd pour juste un bunker. Ils s'étaient sacrifiés, les soldats américains, pour la défense des Etats-Unis et de la liberté. Cette guerre que nous menions était une guerre d'intérêts et vindicative. Après l'affront de Pearl Harbor, tout le monde voulait en découdre. Le gouvernement voulait également bloquer l'étendue de l'Empire Nippon qui s'étendait à vue d'oeil: du Japon à l'Indochine jusqu'aux îles asiatiques. Ils avaient peur de cette puissance émergente qui ne comptait guère avant.
Le commandant des opérations vint nous rencontrer, nous serra la main et nous félicita:
"Félicitations, grâce à vôtre action commune, vous avez évité que d'autres jeunes Marines meurent inutilement sous le feu de plomb de la plage. Nous disposons d'un poste d'avant-garde de la défense nippone. Tout cela est dû à vous, jeunes soldats. Vous pouvez vous en enorgueillir, quand vous reviendrez, vous serez reçus par le président".
Nous n'en avions rien à faire des médailles, autres distinctions honorifiques. A quoi cela servirait si nous serions morts ? Il y avait une réalité que les hautes sphères de l'Etat avait du mal à saisir. Pour eux l'important était de gagner, qu'importe les pertes, qu'importe la souffrance humaine. Je fit semblant d'approuver son discours et je le saluais d'un sourire avec une poignée de main.
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MessageSujet: Re: Moi, soldat dans les Marines [TP]   Mer 23 Avr 2014 - 18:34

Eh bien c'est presque plus une courte nouvelle là xD

En tout cas j'aime bien maintenant, il y a encore quelques tournures mal formulées (sûrement pour montrer que c'est le personnage le narrateur, mais ça casse un peu l'effet de narration, je trouve), mais sinon, les descriptions sont très belles, l'action se suit bien et le contexte historique ajoute vraiment un charme à l'histoire :)


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MessageSujet: Re: Moi, soldat dans les Marines [TP]   Mer 23 Avr 2014 - 19:03

Bon j'ai fait le dénouement :p :

Après cette opération, je continuai à me battre sur cette île, nous étions devenus les "héros", les héros de la patrie. De nombreux américains allaient mourir mais qu'importe, il fallait des personnes qui jouaient ce rôle. Rassemblez les soldats autour d'icônes vivantes, et vous verrez, ils iront beaucoup mieux. Nous étions les instruments de la propagande malgré nous. Les Japonais opposaient une résistance farouche et acharnée. Chaque bande de terre, chaque recoin de la jungle devait être gagné au prix du sang. Même si nous arrivâmes à récupérer l'île, les soldats tués furent nombreux, trop nombreux. Les ennemis bien qu'étant en infériorité numérique, avaient réussi à nous infliger de lourdes pertes. Le rêve du Japon de construire un empire dans le Pacifique s'effondrait peu à peu. Mais après notre action héroïque, nous fûmes ménagés et ce fut un déchirement de voir tout autour de vous, tout le monde mourir sans pouvoir intervenir. Nous devions féliciter et encourager les hommes, prononcer des discours et le soir, nous étions bien à l'abri dans le porte-avion. A la fin de la Guerre, je fus décoré de la médaille de Guerre de 1939-1945, j'avais trop reçu pour le peu que j'avais fait. Je décidai donc de continuer, continuer à servir dans l'armée pour honorer ceux qui sont morts et avoir la légitimité de porter tous les honneurs que l'ont m'attribuaient. Je fis ensuite le Blocus de Berlin-Ouest, la Guerre du Vietnam puis enfin la Guerre en Afghanistan en tant que commandant. La guerre ne m'a jamais quitté. La nuit je fait d'horribles cauchemars, je revois le visage de ceux qui sont morts, j'entends des tirs, des bruits d'obus...
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Moi, soldat dans les Marines [TP]
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