Encre Nocturne
Bonjour !

Il est conseillé de s'inscrire ou se connecter afin d'avoir accès à l'intégralité des messages du forum.


Entrez dans une dimension littéraire dont le territoire est infini et partagez vos écrits avec les autres internautes !
 
AccueilAccueil  PublicationsPublications  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 [-12]Nous n'irons plus à la cabane

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: [-12]Nous n'irons plus à la cabane   Dim 27 Avr 2014 - 12:16

Une autre nouvelle (décidement je suis très prolifique ces derniers temps !) plus orientée horreur:

La petite municipalité de Lornandel dans les Pyrénées rayonnait ce matin. Les rayons du soleil frappaient les petites fenêtres des habitations. Les habitants de ce village étaient des provinciaux, calmes et attachés à la terre et à l'agriculture. Ces valeurs, ils les affichaient haut et fort même s'ils passaient pour des personnes peu intelligentes pour le reste de la France. La plupart de ceux-ci étaient les descendants des premiers habitants du village. Il ne comptait guère plus que cent habitants. A vrai dire, il n'y avait pas grand chose d'intéressant : une mairie pour le symbole républicain, une église et des maisons dispersées ça et là. Il y avait des forêts situées sur les pentes des montagnes voisines. Elles étaient vastes et sombres : de nombreux sapins formaient une vaste couronne allant de la vallée jusqu'aux cimes les plus élevées. Une petite rivière passait au milieu du petit bourg. Il n'y avait rien d'anormal dans cette petite vallée. Le climat était plutôt montagnard, l'hiver il faisait très froid, et il neigeait tout le temps. Ils étaient isolés de tout à cette période, et bien que les voies de communication n'étaient pas coupées, rares étaient ceux qui se déplaçaient par ces temps. Au loin on voyait de très hauts monts enneigés, ils découpaient  l'horizon de leurs crêtes affilées. Le soir, cet horizon prenait une couleur grisâtre et le soleil déclinait loin derrière eux. Le peu de gens qui travaillait faisait des grands trajets et rentrait le soir, accablé de fatigue. Les autres, des vieillards et des retraités, occupaient leur journée comme ils le pouvaient. Il n'y avait presque personne dans les rues à part quelques passants. Cela donnait presque un aspect surréaliste à l'atmosphère du lieu. Le maire, un ancien médecin, n'avait pas eu beaucoup de mal à récupérer les quelques votants qui effectuaient encore leur devoir de citoyen. Mais il n'y avait aucune fierté à diriger ce village ou plutôt ce hameau car il était dépourvu de vie. Aucun commerce ne s'était implanté ici excepté un petit bar et pire encore, aucune entreprise n'avait désiré s'installer dans cet endroit morne et sinistre. Ils avaient essayé un temps, de dynamiser la ville, mais ils n'y étaient pas arrivés et maintenant, elle se dépeuplait comme nombre d'espaces ruraux. Le bilan de ce maire était contestable mais on le réélisait tout le temps pour ne pas perdre de temps avec ces campagnes électorales et ces votations inutiles.
Cette situation désolait les vieux, qui avaient vu la ville sous son heure de gloire : dix-mille habitants, une économie et des industries attractives, des commerces... L'économie était basée principalement sur l'exploitation forestière et minière, mais après l'épuisement de ces ressources, la municipalité avait lentement sombré vers le déficit et le chômage. Tout le monde avait du boulot dans les usines, les ouvriers achetaient de nombreux biens de consommation et faisaient vivre la ville. Et maintenant elle était reléguée au rang de petit village de campagne. La prospérité ! Ils l'attendaient tous après cette grave crise ! Mais elle n'arriva jamais et les anciens ne pouvaient que se morfondre dans leur fauteuil en se rappelant le bon vieux temps. En fait le village avait été une seigneurie du Moyen-Age, un château aujourd'hui disparu, dominait la vallée et les alentours. Il prélevait les taxes des ponts et des routes, et des serfs. Situé à une position stratégique, il s'était enrichi considérablement : ainsi le seigneur agrandissait de plus en plus son château et son territoire également. Les siècles suivants avaient été troublés par la Révolution Française : le château fut incendié et le châtelain, chassé de sa demeure. Puis l'arrivée du charbon dans la vie quotidienne avait constitué une incroyable chance pour s'enrichir. La construction de cités-dortoirs à proximité des mines en était un exemple.
Marie était une fille de ces Lornandeliens, dès toute petite, le sang de ces braves personnes coulait en elle. Son enfance fut bercée par les légendes et mythes du coin, la tradition paysanne et la nature, omniprésente dans cet environnement magnifique. Sa mère et son père descendaient des premiers habitants du bourg. Ils vivaient dans une ancienne bâtisse un peu à l'écart des autres. Elle était assez grande et se divisait sur deux étages. Le premier, comprenait la cuisine, le salon et les toilettes, alors que le second abritait les chambres, sous les combles. Il avait bien fallut rénover le toit, qui s'écroulait par endroits et consolider les murs qui affichaient sans complexe leur vieillesse. Ils étaient gris, le revêtement extérieur commençait à se dégrader, ils étaient massifs et épais. Quand on entrait par la porte, à l'arrière, on voyait tout de suite qu'il s'agissait d'une ancienne grange à cause de la mezzanine qui constituait une partie du second étage. Ici, Marie avait passé la première partie de sa vie, à l'écart des autres enfants de son âge. Cette solitude ne l'avait jamais quittée, elle l'avait gardé au fond de son cœur, cachée. Sa jovialité et son humour lui permettaient de s'intégrer partout où elle allait. Elle faisait la serveuse dans un restaurant non loin de là, à une vingtaine de kilomètres. L'adolescence avait été une période difficile pour elle, son désir d'indépendance s'était accru. Doucement, elle s'était extirpée du cadre familial en se faisant des amis et en sortant souvent . Eux, n'avaient pas compris que leur fille changeait, et ils la réprimandaient souvent quand elle rentrait soir. A l'école, il y avait eu une baisse globale de ses notes dans toutes les matières. Elle n'était pas excellente à l'école, dans la moyenne, ni trop faible, ni trop forte. Cette baisse l'avait conduite à l'orientation dans un CAP serveur à la fin de la 3ème. Marie avait sauté de joie quand elle sut qu'elle était prise dans le centre de formation d'apprentis. Plus de cours, que du professionnel, une joie. Mais en y repensant bien, sa capacité de mémoire et de concentration étaient limitées ce qui l'aurait pénalisée pour la suite de sa scolarité. Sa mère et son père avaient soupiré quand ils furent obligés d'accepter son choix. De toute façon ce n'était pas eux qui décidaient.
Malgré toutes ces dissensions, elle habitait chez ses parents. Elle rentrait le soir, mangeait, fermait sa porte a clé et ne répondait à personne. Cette routine lui faisait regretter son orientation.  Faire ça toute sa vie, ne la réjouissait guère. Elle aurait préféré un métier plus intéressant: vétérinaire, journaliste ou institutrice...  Puis un jour, elle annonça qu'elle partirait du foyer familial. Ils ne réagirent pas. Cette nuit fut particulièrement agitée. Assise sur son lit, elle ne dormait pas. Elle était à la fois excitée et effrayée de ce départ. Où irait-elle ? Que ferait-elle ? Elle ne se trouva aucune réponse. Il faisait noir, très noir. On entendait une brise qui soufflait contre la toiture. Une musique moyenageuse s'élevait au loin, vers la forêt. On entendait les cors, les mandolines jouer. Intriguée, Marie sortit du lit, enfila ses baskets et se dirigea en direction de l'étendue verdâtre. Il faisait froid mais qu'importe, il fallait aller voir ce qui se tramait là bas. On voyait la lune, là au dessus d'elle, qui se reflétait dans l'eau et qui éclairait une lumière pâle. Le vent avait cessé de souffler. La maison n'était vraiment pas loin de l'orée de la forêt. Quelques minutes, et Marie, grimaçante de froid, s'enfonçait déjà dans les chênes placides, qui étaient là, tranquilles et menaçants. Elle vit une forme là-bas, dans les buissons. Elle courut et s'approcha du petit arbuste. La tension était à son paroxysme. La peur l'envahissait. Un chat noir sortit du buisson. Était-elle devenue folle ? se demandait-elle dans la tête. Partir comme ça sans prévenir personne pour une hallucination auditive... Ou alors c'était un rêve. Un rêve dont elle voulait sortir de toutes ses forces. Mais il ne se passa rien, et la végétation et le sentier étaient toujours présents. Alors elle comprit qu'elle devait aller jusqu'au bout, arrêter d'avoir peur et de fuir : regarder la vérité en face. Elle arriva à retrouver le sentier. La musique se fit entendre de nouveau. Elle se dirigea doucement en direction du son. Elle parvint à une cabane en bois. Cette cabane était délabrée: de vastes pans de murs en bois se détachaient, la toiture semblait venir d'un autre âge et sa couleur foncée lui donnait un aspect effrayant. Marie frissonna. Serait-ce la cabane de la Pécheresse dont on lui avait parlé quand elle était petite ? Cette personne malsaine  qui engloutissait les gens curieux dans son antre sombre. Mais elle resta immobile, ne pensant à rien. Il n'y avait aucun signe de vie. Alors ce son, ce son à l'écho si mystérieux, s’échappa de l'habitation. Comme hypnotisée, Marie ouvrit la porte. Une personne parla dans le noir, elle était vieille et dépravée, dépravée par ses crimes horribles :
"Viens avec moi, ma douce enfant"  
Elle fit un large sourire, ses yeux rouges scintillaient dans l'obscurité oppressante de la nuit. La porte se referma.

Correction de Rimi:
 
Revenir en haut Aller en bas
lovelyrosella

avatar

Féminin Scorpion Messages : 202
Date d'inscription : 19/05/2014
Localisation : Quelque part entre la realite et mes reves

MessageSujet: Re: [-12]Nous n'irons plus à la cabane   Dim 8 Juin 2014 - 17:42

Quelques fautes de frappe : "réprimandaient souvent quand elle rentrait TARD" au lieu de soir non ? :3 Dans la phrase qui suit "acait => avait".

L'histoire est intéressante. Le cadre dans lequel cela se passe, j'aime bien au début cette description du village, qui m'a permit de bien le visionner et de m'y transporter.
Ensuite, des que tu commences à parler de Marie, tu accélères un peu le rythme alors que c'est à ce moment la du récit que tu dois t'attarder.
Le côté horreur donc je trouve qu'il est un peu bâclée. Il arrive trop soudainement voir par hasard, on sent pas le suspens, l'angoisse, la peur, ou une quelconque atmosphère du genre montait. Quand le narrateur parle d'une tension a son apogée, moi en tant que lectrice je n'y crois pas car je ne le ressens pas.

Je pense donc que tu devrais rajouter quelques éléments dans le recit (au final, l'intrigue de l'histoire se dessine qu'à la fin et ça représente 1/4 du texte à peu près donc..),comme en dire plus sur les bruits qui courent sur la Pécheresse...

Enfin ! J'espère que je t'aurai aidé. Bonne continuation ! :')

------------------------------------------------------------------------------------------------
"Libre est la race des poètes" Démosthène.





Revenir en haut Aller en bas
 
[-12]Nous n'irons plus à la cabane
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Encre Nocturne :: Écrits :: Écrits courts :: Nouvelles-
Sauter vers: