Encre Nocturne
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 Bêtes Noires [-12]

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La Lapine Cornue
Divine cerfette et ses lapins multicolores
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Féminin Balance Messages : 4631
Date d'inscription : 17/05/2014
Localisation : Endormie dans un terrier de lapins.
Humeur : Lapinesque. (ça veut dire paisible et joyeuse)

MessageSujet: Bêtes Noires [-12]   Sam 23 Aoû - 16:59




Bonjour bonsoir ^^
Cette fois-ci, je voulais un truc à la fois noir, glauque, mais aussi coloré et chatoyant...
Cette nouvelle est le deuxième volet de ma série "Toi Adam et moi Ève" ; c'est à dire ma deuxième réécriture du mythe du jardin d'Eden, qui réinvente l'être humain. ça va très loin, comme vous allez vous en rendre compte... :niark:
Allez, j'arrête de blablater, et je largue la chose...


→ Ici le texte 1 : Celle en qui parle la lumière
; le texte 3 : Renaissances (le peuple de l'Aube) et le texte 4 : Conte du chat, de l'oiseau et de la Reine dragon

(non ce n'est pas le début et la suite, ce sont des histoires différentes...)






Bêtes Noires


L’Homme est un loup pour l’Homme, et il le restera éternellement. Car en lui, la Bête Noire hait ce qu’elle est devenue…




          J’ai faim.
          J’ai faim depuis que la guerre est terminée, si faim ! Je pourrais engloutir le monde, si seulement il me restait quelques forces.
          Nous nous sommes montrés trop gourmands. Nous couvions la Terre de nos ombres immenses ; les hommes tremblaient sous le poids de leurs cauchemars devenus réalité. Gonflés d’énergie, nous peinions le ciel d’éclaboussures rouges, de coulures violettes et de reflets mouvants. Les bombes explosaient, les cendres volaient, le sang ruisselait, le feu dévorait les êtres, et la peur consumait les cœurs.
          La peur.
          J’ai si faim…
          Que donnerais-je pour parcourir encore la guerre, m’immiscer en leurs corps mutilés, voler de cœur en cœur, d’âme en âme. Leur murmurer des horreurs à l’oreille et leur insuffler des cauchemars teintés de sang. Semer le vent et récolter la tempête… Goûter toutes les nuances de haine, et me gonfler de toutes les peurs. Et redevenir puissante, immense, ombre translucide étendant son pouvoir sur ces pauvres mortels.
          J’ai si faim.
          Aujourd’hui, il ne reste plus rien. C’était facile, c’était grisant. Il nous a suffi de souffler doucement sur les flammes haineuses qui habitaient les cœurs des hommes. Cela faisait des siècles que nous le faisions, que dis-je, des millénaires, en un cycle éternel. Nous allumions le brasier en eux, nous nous nourrissions de leurs peurs, nous devenions puissants, entités invisibles dont l’ombre planait sur les guerres. Puis le brasier s’affaiblissait, redevenait simple flamme, voire s’éteignait ; et alors c’était la paix, la disette, pendant quelques années. Nous redevenions simples lueurs, habitant un coin de l’esprit des hommes, attendant la prochaine flambée de peur et de haine.
          Mais tout est fini. Nous nous sommes montrés trop gourmands.
          Cette fois-ci, pris au piège de notre appétit dévorant, nous n’avons pas su nous arrêter à temps. Les hommes se sont entretués, nous faisant enfler, envahir le ciel au-dessus de leur tête ; mais nous autres, immortels et immuables, n’avions pas prévu les bombes, les armes nucléaires, les armes chimiques. Ce fut notre plus grande erreur, et la dernière.
          A présent, il ne reste plus rien. Plus d’hommes, plus de proies. Et nous, prédateurs divins, nous en sommes réduits à habiter les charognes, à grignoter les lambeaux d’émotions qui subsistent encore dans leurs carcasses.
          Je n’appelle même pas ça de la survie ; plutôt une sorte d’hibernation. Eternelle ?
          J’ai si faim…
          Non. Bientôt nous nous éteindrons nous aussi. Je n’ai pas la notion du temps, mais je sens que je m’affaiblis lentement, comme une flamme asphyxiée ; nous ne sommes plus que des lueurs, disséminées à la surface du monde, nichées dans les cadavres et les squelettes, teintant cet immonde charnier de notre sombre aura.
          Pour combien de temps encore ?



          Quelque chose s’agite soudain. Perturbant mon énergie stagnante.
          Je sens une aura différente de la mienne, et pourtant si semblable… L’un des miens ?
          Le cadavre d’à côté, qui sourit de toutes ses dents de squelette, fourmille soudain d’énergie, une énergie chaude et crépitante. Les dernières étincelles d’une âme prédatrice.
          Cela fait longtemps que je n’ai pas croisé l’un des miens : lorsque l’ère de la chasse est passée, les meutes se désagrègent, laissant place à une lutte sans merci. Méfiante au plus haut point, je projette cependant mon énergie vers l’étranger.
          Qui est là ?
          Un ami.  
          Mon éclat noir se pare d’une lueur de miel, aussi jaune que mon rire intérieur.
          Les prédateurs n’ont pas d’amis.
          Un allié, alors.
          L’autre tend délicatement son aura vers moi, rampant sur la cage thoracique d’un squelette calciné.
          Reste où tu es !
          Je me rétracte dans mon cadavre, m’infiltrant dans la moindre cellule morte, nimbant le corps de ma lumière sombre. Je ne veux pas que l’autre me touche, mais je ne céderai pas un pouce de terrain.
          L’indésirable poursuit pourtant sa lente avancée, glissant sur les gravats calcinés. Il se pare d’éclats changeants, de lumières colorées, de pierres précieuses, de pourpre et d’or. L’idiot gaspille son énergie à faire le beau ! Je n’ai pas vu une telle débauche de couleurs depuis bien longtemps. Jadis nous nous habillions de lumière pour parcourir le ciel, lors du faste des grandes guerres. Aujourd’hui, il ne reste que des ombres.
          Je ne compte pas me laisser amadouer.
          Halte-là !  Tu profanes mon territoire. Tous ces cadavres m‘appartiennent !
          Il s’immobilise, sans rien perdre de son éclat chatoyant.
          Celui-là cache quelque chose. Je n’arrive pas à déterminer s’il est venu par faim. Pour quelle autre raison, sinon ? Je reste sur mes gardes ; pas question de le laisser venir à moi. J’ai établi mon territoire sur les ruines de cette ville, je m‘y suis installée et j‘en ai chassé les autres ; je l‘ai gagnée. Il reste encore quelques bribes de peur cachées dans les corps des défunts, je ne compte pas les partager avec quiconque.
          Il ne va pas rester planté là, tout de même ! Je me teinte d’un vert agacé. Déterminée à le chasser, pestant intérieurement contre cet imbécile qui m’oblige à puiser dans mes réserves d’énergie, je me couvre d’éclats émeraudes, parsème de perles saphir, et coule le tout dans une lumière éblouissante.
          Il se rétracte brièvement, aveuglé. La satisfaction dévie ma lumière blanche vers le bleu, et je rectifie immédiatement. Je ne fléchirai pas.
          Magnifique ! apprécie-t-il.
          Son éclat faiblit ; son énergie se consume sous les feux de la mienne. Satisfaite, je réduis légèrement l’intensité de mon aura. Il n’est tout de même pas venu jusqu’ici pour un concours de couleurs. J’attends la suite, vigilante.
          Tu as l’air bien portante… C’est certainement dû à l’intensité de la peur qui règne dans ces ruines.
          Son éclat vire brusquement au rouge de l‘envie ; il rectifie bien vite, mais c’est trop tard. Je le lui fais savoir.
          Voilà donc la véritable raison de ces avances…
          Nous pourrions partager.
          Je ne partage pas ! La Terre n’est-elle pas assez grande ? Il y a des centaines de milliers de villes, va donc t’en trouver une, et cesse d’importuner les autres.
          Je vire au bleu glace scintillant ; lui opte pour un écarlate sombre, qui penche dangereusement vers le noir.
          J’ai besoin de manger.
          Un jaune ironique se mêle à mon bleu, me parant de reflets mouvants.
          Comme tous ceux de notre peuple. Te crois-tu supérieur pour vouloir ainsi parasiter ma survie ?
          Cela fait des mois que je rampe dans cette région, mais il ne reste rien. D’autres ont déjà absorbé toute la peur humaine. Je ne vais pas tarder à m’éteindre !
          Je ne peux pas m’apitoyer. Il faut que je conserve ce territoire, dont le charnier m’assure encore quelques années de survie. Je ne veux pas disparaître comme un mauvais rêve. C’est absurde, mais je m’agrippe à cette Terre en ruines comme une tique sur le dos d’un chien – l’image est juste.
          Tu te livres pourtant à un bel étalage de couleurs ! Commence par économiser ton énergie, tu survivras quelques temps encore.
          J’ai l’impression, un instant, que son éclat hésitant va adopter le gris de l’excuse, et qu’il va faire demi-tour. Mais bientôt il se gonfle à nouveau d’énergie, et je me rends compte de mon erreur lorsque qu’un noir visqueux se coule avec le rubis de son aura.
          J’aurais voulu éviter un tel gaspillage d’énergie… Mais j’ai besoin de ce territoire. Prépare-toi à disparaître !
          Avant que je puisse réagir, il projette son aura vers moi avec violence. Lorsque nos deux énergies se rencontrent, je me sens aspirée et me recroqueville sous la forme d’une petite ombre pour résister à son attraction. Manifestement, il n’attendait que cela ; il se mue aussitôt en un soleil crépitant, déversant une lumière éblouissante. J’évite de justesse d’être réduite à néant par ses rayons furieux, et me gonfle moi aussi d’énergie, déterminée à le chasser. Nous nous affrontons à coups de couleurs et de lumières, éclaboussant les cadavres de reflets multicolores, faisant rayonner la ville entière ; l’énergie ondule autour de nous, le moindre débris crépite, le sol se couvre d’étincelles.
          Il me submerge d'un bleu furieux ; je riposte par un jaune éclatant. Il se rétracte, puis s'étend en une marée rouge, essayant de me noyer dans cette flaque meurtrière ; aussitôt je me mue en vert émeraude, et des arômes du monde d'avant, d'herbe coupée, de prairie fleurie, se mêlent à ses relents de sang. Puis son noir se heurte à mon blanc, et nous devenons gris anthracite ; nous clignotons quelques instants avant de choisir une nouvelle couleur, et explosons lorsque nous nous rendons compte que nous avons opté pour le même orange agressif. Nous muons à nouveau, et encore, et encore ; son jade avale mon chocolat, qui déchiquette son myosotis ; je parviens à le faire reculer, mais il se rue à nouveau sur moi, et dans son sillage scintille un arc-en-ciel désespéré. Nos couleurs se mélangent, se fondent les unes dans les autres, éclatent en milliers d'éclats. L’un après l’autre nous manquons de nous éteindre, soufflés par la puissance adverse, mais nous refusons de lâcher prise et nous projetons vers l’autre à nouveau. Ni lui ni moi n’ébauchons un mouvement de fuite. Seul l’un des deux survivra…

          L’affrontement s’étire indéfiniment.
          Je ne pense plus à mon territoire ni à mes cadavres, seulement à cette explosion de lumière. J’ai l’impression que je suis apparue lors de ce duel et que je m’y éteindrai également, comme si j‘avais passé toute mon existence en cet unique combat.

          Alors que nous nous affaiblissons, il passe de nouveau à l’attaque avec une puissance lumineuse stupéfiante – mais où donc trouve-t-il toute cette énergie ? –, noyant la ville dans un océan scintillant. Je lance mes dernières forces dans la bataille ;  il est temps que cela finisse. Lorsque nos énergies brûlantes se mêlent jusqu’à ne faire plus qu’une, le monde explose autour de nous en une myriade d’éclats colorés. Comme s’il n’avait été qu’une vitre de verre, un simple vitrail, désormais brisé en mille et un fragments.
          Et soudain, c’est le noir total.  




          La vision me revient. C’est la première fois de mon existence – pourtant conséquente – que je deviens ainsi aveugle, que je perds toute relation avec l’extérieur.
          Le ciel me paraît immense, un océan orageux où roulent des éclats de bleu, comme des perles de verre au milieu d’un chaos de rocs anthracites. Et soudain, le regard fixé sur le ciel – depuis quand ai-je besoin d’yeux pour voir ? – je me rends compte que je suis incapable de percevoir le monde.
          L’énergie dure des squelettes autour de moi, celle, molle et organique, des cadavres en décomposition, et surtout, le voile de peur qui plane ici-bas, tout m‘échappe, tout fuit mon esprit ; comme si j’étais un rocher, une statue dépourvue d’aura.
          La réalité me frappe de plein fouet.
          Je n’ai plus d’aura…
          Un grand vide persiste, aucune énergie n’est présente en moi. Je n’ai plus ni couleurs, ni lumières, ni ombres. Je ne suis donc plus rien ?
          Si.
          Je sens quelque chose.
          Quelque chose de dur, quelque chose de… douloureux.
          Impossible ! La douleur n’existe pas.
          Et pourtant, en lieu et place de mes douces sensations nuancées, de mon camaïeu de sens habituel, seule existe cette petite explosion de douleur, derrière moi, sous moi.
          Il n’y a pas, il n’y a jamais eu de derrière moi, ni de devant. Je suis pur esprit, je suis partout, je perçois tout.
          Non.
          Je ne perçois plus rien… Je suis un bloc de pierre insensible, une mécanique étrange. Désormais, plus de douce lueur, ni d‘ondes énergétiques ; mais des nerfs, des tendons, des muscles, des os, tout un assemblage lourd et grinçant. Tout cela me cloue au sol, sur ce que je devine comme un squelette qui me meurtrit le dos.
          Un vide lourd et étrange, un désespoir sans nom m’envahit. Où sont passées mes couleurs ?
          La douleur pulsée à la base de mon dos me paraît soudain insoutenable, après la légèreté de mon existence d’esprit. Presque malgré moi, je prends les commandes, assure ma prise sur ces muscles idiots, bataille un instant avec ce corps, et me redresse dans un mouvement brutal, étourdissant, qui me laisse nauséeuse.
          Face à moi, un homme.
          Mon esprit étincelle, se tend, se projette vers lui, vers cette proie vivante percluse de peurs délicieuses…
          Je me sens pleurer lorsque je réalise que la faim a disparu.
          Seule reste la haine, et ce maudit corps qui refuse de suivre mon esprit. L’homme assis sur son squelette – l’absurdité de cette scène me ferait revêtir un jaune grinçant, si j’en étais encore capable –, les ruines qui s’étendent à perte de vue, le ciel de perles et de rocs, tout cela se noie, se fond en une masse indistincte, et ruisselle sur mes joues.
          Ces larmes, je voudrais les faire disparaître, les anéantir, ces joues, je voudrais les écorcher, les détruire. Je voudrais dévorer ce corps, le consumer sous la lumière brûlante de mon esprit, briser les os, faire fondre les muscles, percer la peau, laisser tomber au sol cet assemblage primaire comme une mue inutile, un déguisement grotesque.
          Retrouver cette maudite faim qui m’a tenaillée pendant des lustres, qui me pousse en avant depuis la nuit des temps.
          – Toi !
          Pour la première fois, le son, le véritable son, non les ondes énergétiques que mon esprit traduisait, me frappe les tympans, m’étourdit un instant ; les larmes en cessent de couler. Mon regard tourne, se fixe sur l’humain. Je sens mon visage se déformer sous l’effet de la haine, et l’homme se met aussi à grimacer étrangement, se faisant encore plus laid.
          – C’est moi, ajoute-t-il.
          Ses lèvres exagèrent la moindre consonne ; son visage se contracte à chaque nouveau son. Il a tant l’air d’un simple d’esprit qu’un rire grinçant sort de ma gorge. Ce son affreux hérisse le moindre poil sur ma peau, et pourtant, j’éprouve une satisfaction paradoxale en réalisant que mon jaune mordant et ironique a un équivalent que je peux utiliser.
          – Ecoute-moi, s’énerve l’humain, s’agitant ridiculement sur son squelette.
          Je reporte mon attention sur lui. D’où peut bien sortir ce gaillard ? Que s’est-il passé ? J’ai l’impression que le monde a été bouleversé, faisant naître la vie là où seule régnait la mort, changeant un pur esprit en un corps répugnant.
          – C’est moi, ton adversaire de tout à l’heure. Est-ce que tu comprends ?
          Mon cœur fait un bond – quelle sensation étrange, j’ai envie de m’arracher cette chose palpitante – lorsque je comprends enfin. Je parviens à articuler quelques mots avec effort, comme si j’avais jadis été humaine et que je venais de retrouver le mode d’emploi. Impression fort désagréable…
          – Mais… que s’est-il passé ?
          – Ah, enfin ! râle-t-il. Je n’en sais rien, on aurait dit que le monde avait explosé en mille morceaux, et je me suis réveillé dans ce corps.
          Nous restons silencieux quelques instants, consternés, l’esprit lourd.
          – C’est ta faute, dis-je enfin.
          Il prend un air blessé qui paraîtrait presque naturel ; j’ai du mal à voir autre chose en lui qu’une proie, je dois me faire violence pour superposer les couleurs spirituelles à ses expressions.
          – C’est toi qui a engagé ce combat, continue-je.
          – Qu’est-ce que…
          – Si on n’avait pas lutté pendant si longtemps à coups de couleurs et de lumières, on ne serait pas humains à l’heure qu’il est !
          – On ne sait même pas si c’est à cause de ça ! réplique-t-il enfin.
          – Et tout ça pour me voler mon territoire !
          Son visage se durcit. J’ai presque l’impression de le voir virer à l’écarlate sombre.
          – Tu…
          – Regarde-nous à présent !
          – Tais-toi ! rugit-il. Tout ce qui importe, c’est de nous sortir de là.
          Je lui jette un regard de pur mépris.
          – Tu n’as pas encore compris, imbécile ? On ne pourra jamais nous sortir de là, comme tu dis si bien ! Nous n’avons plus d’auras, nous n’avons plus de couleurs ni de lumières, plus rien. Nous sommes des proies !
          – Non ! proteste-t-il avec rage. Il doit y avoir un moyen ! Je ne me laisserai pas...
          – Je me sens devenir mortelle, davantage à chaque seconde. Ose me dire que tu peux influer sur ton aura, et mélanger tes couleurs, dis-je en détestant l’accent désespéré qui perce à travers mes mots.
          Il met sa tête entre ses mains, et nous observons un silence crispé.
          – Je voudrais me tuer, dit-il dans un souffle rauque. Si j'en avais la force... Si j'en avais la force, je m'écorcherais vif de mes propres dents, je réduirais cette chair répugnante en lambeaux. Je frapperais ce stupide crâne contre le sol, encore et encore, jusqu'à en faire exploser l'os.
          La colère me brûle les lèvres ; je sens ses paroles enflammées m'exalter le cœur, je partage ses pensées. Depuis que je suis dans ce corps, ma haine n’est plus dirigée contre lui, mais contre nos prisons de chairs, contre les humains et contre le monde en général. Je me détourne, laisse errer mon regard sur la ville en ruines. Paysage où la désolation la plus noire se mêle à la nostalgie la plus poignante. Ils ont vraiment tout détruit. Que faisons-nous là, esprits déchus perdus dans ces vestiges ? Que devons-nous faire ?
          – Que devons-nous faire ? murmure mon compagnon d’infortune, et cet écho à mes propres pensées me fait sursauter.
          Le sang battant à mes tempes, je considère la situation. Nous deux. Seuls êtres humains. Les nôtres dispersés sur Terre, désormais invisibles à nos yeux. Mon sang se glace dans mes veines. Vont-ils fondre sur nous, proies renaissantes, comme je l’aurais fait à leur place ? Oui, sans aucun doute. Nous ne sommes plus esprits, nous sommes humains.
          Ou plutôt, nous devrions l’être.
          Ce constat si simple et si complexe ravive la colère en moi, comme une vague dévastatrice, et j’explose :
          – Peu m’importent ces maudits hommes. Peu m’importent les nôtres. Peu m’importe cette mauvaise blague, ce coup du sort ! Je ne suis pas humaine, je ne le serais jamais, tu m’entends ?
          Il veut parler mais je ne lui en laisse pas le temps.
          – Ah, on nous a fourrés dans ces corps à la va-vite, ou on s’y est fourré tout seuls, pauvres idiots que nous sommes ! Mais je ne compte pas me laisser faire. Les nôtres vont rappliquer sec, ils vont se fixer à nous comme des sangsues avides, et nous, que devrions-nous faire ?
          – Nous tuer ? propose-t-il, un sourire carnassier aux lèvres.
          – Mourir ? reprends-je en écho. Devenir humains et fuir ? Supplier les nôtres de nous épargner, de nous venir en aide ?
          Il grince un rire désabusé.
          – Avons-nous d’autres choix ?
          – Tu peux choisir de crever là, si ça te chante ! Moi je suis en guerre, désormais.
          Cette fois, il rit vraiment, mais sa voix a des accents désespérés.
          – En guerre ! Tu es mignonne. Il n’y a plus rien, il n’y a plus personne ! Qui veux-tu donc combattre ?
          Je me hérisse.
          – Tous ! Nous sommes seuls, désormais. Nous ne devrions même pas exister, nous sommes des anomalies. Nous devrions être des proies, mais ose me dire que tu ne hais pas la moindre cellule humaine de ton corps !
          Je vois son regard s’enflammer à nouveau. Comme au temps jadis, lorsque nous soufflions sur les étincelles des âmes humaines, et que nous nourrissions le brasier. Jusqu’à la guerre.
          Semer le vent, récolter la tempête.
          Pourquoi cela devrait-il changer ?
          – Nous devrions être des proies, mais nous n’en sommes pas, nous ne le serons jamais. Nous sommes restés et nous resterons des prédateurs. Alors oui, je suis en guerre. Non, je ne me tuerai pas. Je ne me laisserai pas non plus consumer par les miens. Je ne vivrai pas une petite vie tranquille d’humaine bien dans sa peau. Je vais m'accrocher à la vie, et survivre comme je l’ai toujours fait, en me défiant de tout et de tous, parce que je suis seule et que je ne veux pas m’éteindre.
          – Survivre, envers et contre tous… dit-il avec un rictus noir. Ça me va. Mais si je puis me permettre… Comment comptes-tu survivre au beau milieu de ça ?
          Il étend les bras, désignant l’immensité de la ville en cendres.
          – Ça, comme tu dis, ce n’est pas le monde entier, réponds-je d’un ton sec. Il y a des zones où perdurent les espèces végétales et animales. J’en ai vues.
          – De quoi nourrir ces corps, complète-t-il dans un frisson de dégoût.
          Je retiens moi aussi une grimace à l’idée de me nourrir de matière organique. Je me sens déjà si sale. Que je hais cette prison de chair et d’os !
          – Fort bien. Refuserais-tu un compagnon de haine ?
          Je me drape dans ma dignité, comme je l’aurais fait dans un voile de lumière chatoyante.
          – Peu m’importe. La solitude est mon amie.
          – Et si tu croises – si nous croisons – des humains ?
          – Il n’en reste pas.
          – Et si jamais.
          – Eh bien, qu’ils ne me prennent pas pour l’une des leurs ! Je les combattrai. Je les haïrai, comme je me haïrai moi-même de leur ressembler, et comme je te haïrai car tu auras toujours cette affligeante expression humaine.
          – Oui, dit-il d'une voix sourde. Restons tels que nous sommes. Les Bêtes Noires de l'humanité. Après tout, quoi de mieux que la torture des autres pour oublier sa propre douleur ?
          Je me détourne, mon regard erre sur les décombres de la civilisation que nous avons détruite.
          – Tu fais le jeu des nôtres, ajoute-t-il derrière mon dos. Tu brûles déjà.
          Je comprends ce qu’il veut dire. Je suis habitée par la haine.
          – Toi aussi, réponds-je. Mais s’ils peuvent la faire enfler, écraser tout le reste en nous, en revanche seule la peur les nourrit. Or c’est la seule émotion qui nous est inconnue, et qui le restera.
          Il ne réplique pas, il sait que j’ai raison, que nous sommes condamnés à rester prédateurs dans des corps de proies.
          Je respire un grand coup, sent l’air gonfler mes poumons, faire battre mon cœur ; je me retiens de cracher tout ça, de rejeter toute cette matière qui m’encombre et m’alourdit, qui me cloue au sol comme un oiseau sans ailes. Les paroles hargneuses de l'autre me reviennent en tête. Je frapperais ce stupide crâne contre le sol, encore et encore, jusqu'à en faire exploser l'os.Les dents serrées, je me retourne vers lui, toujours assis sur son squelette, qui observe ses mains d’un air douloureux.
          Je le toise – je ne me souviens pas m’être mise debout, mais le fait est là.
          – Eh bien, qu’est-ce que tu attends ? Allons semer le vent. Et pas question de mourir avant d'avoir récolté la tempête... Lève-toi et marche !






Voir aussi le poème La Bête Noire






Correction :
 

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Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

→ Venez fouiller dans mes écrits... Y'en a pour tous les goûts ! :corn2:

.[/center]


Dernière édition par Cornedor le Dim 28 Fév - 13:00, édité 22 fois
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lovelyrosella

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MessageSujet: Re: Bêtes Noires [-12]   Dim 24 Aoû - 18:42

Tu as réussi pour le côté noir et coloré à la fois. J'ai aimé le texte. Je ne m'attendais pas aux événements, ni aux personnages qui sont sont très intéressant. J'attends toute fois une suite plus surprenante, car j'ai trouvé que tu as abordé ici un de tes thèmes préférés mais de façon similaire, donc il n'y avait pas de "surprise". Fin tu vois c'que je veux dire ? >W<' Genre le personnage de l'esprit/humaine me fait penser à la plupart de tes personnages féminins car elle est caractérisé de la même façon bien qu'elle soit très différente. Bon, après dans la suite, ce caractère de similarité va s'étouffer sans doute, surtout que là c'est un univers différent des autres (et tu es vraiment très forte pour créer des mondes  cute).

J'AI HATE de voir ce que ça va donner cette réecriture d'Adam et Eve qui commence de façon tout à fait inattendue pour une telle réecriture. Donc, je suppose que les deux personnages sont tes Adam et Eve. Mais leur eden est ce monde totalement noir et détruit ? Ou, ils ont été chassé de leur idéal, donc de leur eden en ayant déjà perdu leur pouvoir, et leur vrai identité ? :la: Bref, je veux vraiment voir comment tu vas amorcer la suite.

Sinon, par rapport au style, bah c'est comme d'habitude.   C'est superbe, y a de très belles phrases, des figures de styles (les comparaisons et métaphores, contrastes ou paradoxe, etc) géniales. :la:. J'ai A-D-O-R-E le combat. C'était magnifique, cette bataille de couleurs, de contraste avec tant de lumières et l'univers détruits par la guerre, les aura qui se déchaînent et se confondent. C'est un passage assez intense mais un peu court je trouve par rapport au reste. :O

Toutefois, je trouve que les personnages sont pas assez sombres que dans le poème. :'o  
"Bête noir j'ai été, bête noire je resterai" ==> j'imaginais plus sadiques  Twisted Evil.

Bref, j'ai hâte de lire la suite ! :3

------------------------------------------------------------------------------------------------
"Libre est la race des poètes" Démosthène.





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La Lapine Cornue
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MessageSujet: Re: Bêtes Noires [-12]   Lun 25 Aoû - 15:06

Merci Yo, de commenter mes textes :huh:

En fait "l'Eden" est cette existence d'esprits, dont ils sont "chassés" lorsqu'ils prennent forme humaine. Et la pomme interdite est bien sûr le territoire qu'ils se disputent, donc par extension, les cadavres humains Twisted Evil
Sous-entendu, chaque être humain héberge une Bête Noire et c'est pour ça qu'on est incapable de vivre en paix, parce qu'inconsciemment on hait les autres et on se hait soi-même. - Sadiiique !

Sinon : tes phrases sont plutôt incompréhensibles :-p mais j'ai réussi à comprendre l'idée générale. C'est vrai que comme Eko, elle a un caractère bien trempé ^^" Mais bon, compare à Eoline ou à Picta - ah non, t'as peut-être pas lu mon roman -, c'est pas la même. Je prends ta remarque en compte, je penserais à varier pour la prochaine fois :la:

Je vais étoffer un peu la bataille, si elle te paraît courte *^* Et rajouter encore plus de couleurs et de lumières !
T'as raison, peut-être aussi transformer le gars en sadique, si je peux Twisted Evil

Bref, merci pour tes conseils :huh:


PS. T'as mal compris, il n'y a pas de suite rire2 En fait "Toi Adam et moi Eve" est un thème, quoi, et cette nouvelle - qui est achevée, oui, désolée mais faut imaginer la suite :-p - est la première de cette série. Tu connais déjà la deuxième que je posterai, c'est celle d'Eoline et d'Orkeno cute

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Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
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Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

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lovelyrosella

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MessageSujet: Re: Bêtes Noires [-12]   Lun 25 Aoû - 23:42

Huuum, intéressant ! Twisted Evil

Quoi ? Incompréhensibles ? Pas du touuuuut. :P Non, j'ai pas encore lu ton roman, mais bientôt ! :la: (et j'ai jamais dis que c'était les même x)).

Oui, ce serait intéressant d'avoir un mec détestable ! *^* Parce que là il est trop bisounours pour une Bête noire, wsh. 8')

Oh nooooon ! C'est dégueulasse >W<. JE REFUUUUUSE. T'as intérêt à étouffer si y a pas de suite :'(. Putain, mais j'suis partie avec l'idée d'une suite et tout ! >__< Allez, quoi. La suite est le plus intéressant, comment vont-ils survivre ? Qu'est ce qu'ils vont devenir ? Steuplaiiiiiiiiiiiiiiiit ! cute

Oh, géniale ! :'D C'est celle que tu nous avais fais lire à toutes au lycée ? :la:

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MessageSujet: Re: Bêtes Noires [-12]   Mar 26 Aoû - 12:12

Oui, c'est celle-là :la:

ça y est, j'ai étoffé le combat et modifié un peu les dialogues... C'est pas grand-chose, mais bon, c'est mieux ? *trop dur de réécrire un texte*
Pour la suite, on verra si j'ai le temps et l'inspiration x)

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MessageSujet: Re: Bêtes Noires [-12]   Mar 26 Aoû - 16:14

Promis je corrige ce soir

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MessageSujet: Re: Bêtes Noires [-12]   Mar 26 Aoû - 23:46

N'hésite pas à vérifier le cadre de correction car j'ai eu des doutes sur certaines choses
En tout cas le seul commentaire que je ferai est que j'ai apprécié lire ça en écoutant Placebo, ça va bien ensemble !

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MessageSujet: Re: Bêtes Noires [-12]   Mer 27 Aoû - 16:04

Tiens tiens, j'irai écouter ça :la:
Merci pour la correction ! J'ai juste rétabli "les larmes en cessent de couler" car sous-entendu "à cause de..."... comme quand on dit : Les bras m'en tombent Wink

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MessageSujet: Re: Bêtes Noires [-12]   Mer 27 Aoû - 16:07

Ah j'avais failli ne pas corriger, c'est bien pour ça que je t'ai dit de vérifier. je suis peu à l'aise avec ce genre de formulation ❤

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MessageSujet: Re: Bêtes Noires [-12]   Lun 5 Jan - 21:01

Oooh !
Une nouvelle qui m'a échapper des yeux >_<
Comment j'ai fait !!!
Enfin pour dire que l'Adam et Eve, la pomme/territoire et le monde des esprits/éden j'ai fait le rapprochement direct sans surprise mais la bataille (réécrite) je l'ai imaginé  façon manga combat épique (j'ai même trouver la musique avec, je la posterai si je la retrouve :p ) et j'ai KIFFER !!!!!
Vivement la troisième version du couple biblique satanique Twisted Evil

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MessageSujet: Re: Bêtes Noires [-12]   Sam 10 Jan - 17:17

Haha, merci Sky :3
Oui, donne-moi donc la musique si tu la retrouves, ça m'intéresse :la:

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