Encre Nocturne
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 Inspiration…[TP]

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Fantaisie

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Féminin Bélier Messages : 633
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MessageSujet: Inspiration…[TP]   Mer 24 Oct - 17:35

Voilà le premier texte que je poste. J'avoue ne pas en être pleinement satisfaite, mais il aura eu le mérite de me faire redécouvrir une de mes rédactions  :). J'espère qu'il vous plaira malgré le manque de finitions à mon goût. (Eh oui, je suis affreusement perfectionniste …) J'attend vos avis (n'hésitez pas à me dire ce qui ne va pas surtout !)

    Je suis sur son bureau. Là. Ça fait une heure qu'elle me tourne autour. Elle s'assoit, se lève, s'assoit, met de la musique, l'éteint, se lève, se couche, se lève, s'assoit. Face à moi. Enfin décidée, elle sort son stylo, se penche… S'arrête. Abandonne. Mais de quoi a-t-elle peur ?
    Nous revoilà en tête à tête. Moi, la tâche immaculée sur le désordre ambiant. Désespérément vierge de phrase. De mot. De lettre. Pourtant, des phrases, je suis sûre qu'elle en a à revendre : ça pense toujours à tort et à travers à cet âge là … Mais voilà, raconter sa vie sur une page, pour elle ça sonne toujours faux. Toujours. Enfin, c'est ce qu'elle me murmure.
    Pourtant, elle revient, chaque soir. D'abord, elle m'écrase sous ses cahiers, ses livres, elle s'oublie dans le travail. Mais pas longtemps : très vite, son besoin de s'exprimer la rattrape. Je la rattrape. Alors je la sens qui s'active, qui expédie ses exercices, qui penche à nouveau son visage anxieux vers moi. Mais rien ne vient. Il faut croire que mon blanc, pourtant strié de fines lignes , l'angoisse.
    Un soir, ce sont ses larmes qui coulent sur ses cahiers, mais elle m'épargne soigneusement, car elle tient à moi, malgré tout. Néanmoins, ce soir là, elle se dispense de notre duel quotidien. Elle sait qu'elle ne peut s'attendre qu'à une énième défaite.
    Le lendemain, en rentrant, elle chantonne. Elle fait ses leçons calmement. Elle me sourit et me néglige. Pour son cahier de brouillon. Dans lequel elle commence à écrire, jetant de temps à autre un regard à une photocopie, près d'elle. Écrire ! Des pages et des pages. C'est pas un exercice qu'elle est en train de faire, comme je l'avais cru, espéré même … Non, ce qu'elle écrit, elle le sort de sa tête, elle met ses idées au clair comme elle attend depuis des semaines de le faire sur moi. Moi, et moi seule. Moi qu'elle a choisi, ce mardi soir où elle avait l'air si triste, ce premier soir de tête à tête. Toutes ces soirées où elle n'avait trouvé ses mots pour m'en couvrir l'auraient donc amenée à choisir un autre support que moi ! Qu'y a t-il de plus sobre, de plus discret, de plus pur, de plus parfait, qu'une feuille blanche qui n'attend qu'un secret à garder , qu'une confidence partagée ? Et voilà que, sur l'appel de sa mère, elle me jette l'infâme cahier à la figure, et sort, sans même m'accorder un regard.
    Le lendemain, elle ne rentre dans sa chambre que très tard. Elle se couche directement. On doit être vendredi.
    Le samedi après midi, elle s'installe à son bureau et commence ses leçons. Au bout de deux heures, il ne lui reste « plus que le français », pour reprendre ses mots (oui, elle parle toute seule assez régulièrement). Elle se tourne vers moi.
-À nous deux ! me dit-elle.
-…, je lui réponds avec suspicion.
-En fait, raconter ma vie, c'est pas mon truc, m'explique-t-elle, j'aime mieux raconter celle des autres.
-… ?
-Tu vas voir.
Alors, elle prend son stylo et se penche vers moi. Enfin, elle pose sa mine sur moi, délicatement. Son cahier de brouillon est posé à côté de moi, ouvert à la bonne page. La première de celle qu'elle couvrait de mots l'autre soir. Et elle recopie soigneusement. En souriant… Une rédaction ! Un banal devoir ! Une réécriture pathétique ! Une humiliation !

Texte support : extrait de Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier »
Sujet : Robinson Crusoé raconte lui-même un épisode marquant de sa vie : il se retrouve seul sur une île déserte.

    Peu à peu, la brume qui envahissait mon esprit s'estompa, et je repris conscience de mon environnement. J'étais allongé, face contre terre. « Contre sable, plutôt » songeai-je en sentant ses grains crisser désagréablement entre mes dents. J'entendais la mer, toute proche. Tellement proche d'ailleurs qu'une vague vint me mouiller les orteils. Mais où étais-je donc ? Et comment y étais-je parvenu ? Surmontant l'engourdissement de mes membres, je me retournai sur le dos, tentant de me souvenir et de comprendre… Des mouettes survolaient la plage humide, leur plumage blanc et noir se détachait nettement sur le ciel bleu limpide. Tout était calme, comme après une tempête…
    « La tempête ! Mais oui, bien sûr ! ». Fébrilement, je tentai de reconstituer les événements, avec des bribes confuses de mémoire. J'étais tombé à l'eau dans une bourrasque, avais perdu connaissance, et les vague m'avaient échoué sur cette plage. Qui ne pouvait être que sur une île : le Chili était encore loin, et voilà bien longtemps que nous avions quitté nos côtes. « Bon, je suis rescapé d'une tempête, et je me trouve sur une île, a priori déserte et non répertoriée. Me voilà bien avancé, pensai-je ironiquement.
    Je m'assis lentement car mon épaule gauche me faisait souffrir. Je parcourus du regard le paysage désolé et étrangement figé qui s'offrait à moi. La plage, dont le sable humide était jonché de débris marins : de poissons morts, d'algues noirâtres, de coquillage cassés, comme autant de vestiges de la tempête, abandonnés par les flots. Puis je laissai mon regard dériver vers l'ouest et ses falaises déchiquetées finissant dans la mer en une chaîne de récifs.Une épave s'y balançait, prisonnière. Des mâts, il ne subsistait que la base, le reste avait été arraché. Quant aux cordages, ils flottaient librement dans le vent. Soudain, la silhouette du navire me parut familière, mais je mis quelques instants encore à reconnaître la Viginie.
    En voyant ce fier navire devenu épave, marquant la fin de ce voyage dont j'espérais tant, le découragement m'envahit. Si même la Virginie n'avait pu résister, je finirais brisé moi aussi. Comment pourrais-je survivre, sans ressources, sans abri, seul ? Seul ? Peut-être pas ! Si j'avais survécu, pourquoi pas d'autres ? Ils seraient alors descendus sur l'île. Reprenant espoir, je résolus de pénétrer dans la forêt se dressant derrière moi.
    Je me levai en veillant à ménager mon épaule douloureuse, et fis quelques pas pour vérifier mon état. Mis à part cette contusion, j'étais indemne. Je me réjouis de m'en sortir si bien après un tel naufrage. Tandis que je me dirigeais vers la forêt, le soleil, qui jusque ici avait dispensé une chaleur bienfaisante, commençait à me brûler la nuque et le visage. Cherchant à m'en protéger, je finis par arracher quelques grandes feuilles poussant en haut de la plage. Je m'en fis, en les roulant , un couvre-chef, une sorte de bonnet. Ce n'était pas merveilleux, mais déjà mieux que rien ! A la lisière de la forêt, je remarquai des branches arrachées par les vents violents qui accompagnaient la tempête. Je m'en choisis une, bien droite et pas trop lourde. Puis je me glissai entre les troncs, m'engageant résolument sur ce qui semblait être un sentier.
    Il m'apparut très vite que ce n'en était pas un ! Pris dans un enchevêtrement inextricable de végétation, il me fallait tantôt ramper sous les taillis, tantôt escalader les arbres abattus , tantôt éviter d'épaisses lianes tombantes… L'atmosphère était plus étrange encore que sur la plage : le silence n'était rompu que par mes jurons étouffés lorsque mon pied se coinçait sous un tronc ou que ma chemise se prenait dans les épines. Je n'apercevais aucun animal. J'étais seul.
    Soudain, je vis avec stupéfaction une bête apparaître, comme pour contredire ma pensée. C'était une sorte de bouc sauvage, au long pelage gris. Il restait immobile et semblait m'observer. Il ne paraissait pas belliqueux et se dressait assez loin de moi, cent pas peut-être. Néanmoins, je savais que ces bestiaux pouvait, au galop, atteindre une vitesse étonnante. Vaguement inquiet, je troquai ma fragile canne contre une grosse souche. Rien ne vaut une bonne massue …


    Je suis sûre que cette idiote est satisfaite d'elle-même. Me faire écrire un vulgaire devoir sur le dos est sans doute mon usage le plus approprié, n'est-ce pas ? D'ailleurs, que méritai-je de plus, pauvre amalgame de fibre de papier que je suis !

PS : Je suis un peu comme mon héroïne : l'inspiration me vient bien plus facilement avec un sujet, et le résultat est meilleur, dans l'ensemble … J'attend vos suggestions  Wink
PPS : J'arrive pas à trouver comment faire des alinéas, si qqn peut m'expliquer …  scratch



Correction:
 
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MessageSujet: Re: Inspiration…[TP]   Lun 10 Mar - 16:49

Mise en abîme très intéressante de l'écriture. Le "jeu" sur le narrateur n'en est que renforcé.
J'aime beaucoup.

Attention toutefois, il y a énormément de "elle". Il est peut-être possible de remplacer certaines tournures de phrases pour en faire disparaître quelques uns et alléger le texte. C'est une idée à creuser je pense.

A bientôt pour d'autres textes.
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Midnight
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MessageSujet: Re: Inspiration…[TP]   Lun 10 Mar - 18:15

J'aime beaucoup, et quel point de vu original que celui d'une feuille de papier !
Merci ARK d'avoir fait ressortir ce texte !
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Fantaisie

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MessageSujet: Re: Inspiration…[TP]   Mar 11 Mar - 14:08

Wow… Comme j'avais complètement oublié avoir posté ça. Shocked 
Merci pour vos commentaires ! Wink
C'est vrai qu'il y a un peu beaucoup de "elle". Mais bon… Je l'avais peut-être fait exprès, si ça se trouve. Peut-être que c'est mon côté féministe. Ou peut-être que c'est pour montrer que le pensées de la feuille ne sont tournées que vers celle dont dépend toute son existence… Ou peut-être que j'avais juste la flemme de trouver un prénom, qui sait… *sort*
Hum. Je vais arrêter de chercher des excuses et corriger ça… Quand j'aurais le temps… Peut-être… *re-sort*
Encore merci pour vos com', et pour m'avoir permis de retrouver un peu de mes début littéraires escrivailleurs sur EN ! 👽

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Meredith Epiolari

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MessageSujet: Re: Inspiration…[TP]   Mar 11 Mar - 14:38

J'ai corrigé quelques fautes d'orthographe pas bien méchantes Wink
Le "elle" ne m'a pas dérangée, je trouve que ça donne un côté mystérieux à la fille :)
Au début je pensais que le narrateur était l'Inspiration elle-même ^^ (ça pourrait être cool à exploiter ça :la:)
Par contre je trouve peut-être un peu bizarre que le "propre" ne comprenne pas que le brouillon est destiné à le rendre parfait... (c'est compréhensible ?)
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Fantaisie

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Féminin Bélier Messages : 633
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MessageSujet: Re: Inspiration…[TP]   Mer 12 Mar - 10:22

Merci pour les fautes, j'ai dû mal me relire… Wink
Je crois que je vais le laisser comme ça, alors, ça devait être le but…
Ah ouais ? (Ouais, faudrait essayer, ça peut être vachement sympa… :la:)
Mouais, mais la feuille elle s'est fait tout un film sur la fille qui va se confier à elle. Je crois même qu'elle en tire un genre de plaisir sadique. Alors tu comprends, servir à une rédaction même pas composée sur elle-même, ça la rabaisse d'un coup tu vois, alors qu'elle se pensait des lieues au-dessus de ça. Donc c'est pas vraiment la perfection pour elle, yunno. (bien que j'ai eu vingt à la rédaction en question… *sort*) Enfin voilà pour la psychanalyse de cette feuille. Après je me rappelle pas ce à quoi je pensais en inventant cette histoire… Alors bon. ^^

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MessageSujet: Re: Inspiration…[TP]   Mer 12 Mar - 10:30

Clap clap clap !
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Fantaisie

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MessageSujet: Re: Inspiration…[TP]   Mer 12 Mar - 10:47

*salue et sort* (la salade)

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MessageSujet: Re: Inspiration…[TP]   

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