Encre Nocturne
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 Votes - Concours Halloween 2014

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AuteurMessage
BluePad
Le petit Schtroumpf Farceur
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Masculin Sagittaire Messages : 496
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MessageSujet: Votes - Concours Halloween 2014   Dim 16 Nov - 18:49:45

VOTES



Tant attendus, les voici enfin les sondages pour que vous choisissiez le meilleur texte d'Halloween. Les textes (nouvelles et creepypastas) seront présentés anonymement (sans le pseudo de l'auteur ni son forum : Encre Nocturne ou CFTC) ils seront seulement identifiés par un numéro, duquel vous devrez vous référer pour voter.

-> Voir ici pour plus d'informations concernant le concours passé.

Bien compris ? Alors c'est parti ! Vous pouvez lire tous les textes (8 textes répartis sur trois messages!) ci-dessous et choisir votre préféré :

Les votes seront clôturés le 26 novembre au plus tard. Le pseudo du gagnant et son texte seront alors publiés ici et sur CFTC (où la même procédure de vote a lieu).

Note : La présence de l'image dans le texte du participant était facultative.

TEXTE N°1
Titre : Bloody wedding


Je ne me souviens pas exactement des raisons qui m'avait mené jusque là. Une invitation probablement, une demande d'intervention, comme tout bon prêtre, pour unir deux âmes qui s'aiment. Deux âmes en peine dans ce monde, qui imploraient de les marier pour être acceptés aux yeux du dieu au détriment des yeux des autres. J'étais allé là-bas, au fin fond des marécages, ébahi de voir que la parole céleste avait réussi à percer aussi loin de la civilisation.
Je me souviens maintenant. Je m'extasiai devant les couleurs macabres des eaux stagnantes et des lierres pendus aux arbres morts. J’entendais les coassements lugubres des crapauds qui m'observaient de leurs petits yeux putrides, et l'envol hâtif des corbeaux sanguinaires. Je sentais l'odeur nauséabonde des chairs en décomposition qui jonchaient çà et là le chemin, et je pensai que le dieu avait su faire de grandes choses qu'après avoir commis les pires bassesses, et je m'attardais ébaubi devant le spectacle répugnant du vice céleste.
Je n'étais jamais entré dans un marécage, et je ne comptais pas y entré sans opportunité. Sauf que j'avais eu cette chance de recevoir une invitation, et je m'étais empressé d'y répondre, et plus j'avançai, plus j'admirais la bravoure morbide des habitants qui m'y avaient convié. Le froid s'était fait sentir d'un coup, et la brume pâle traçait des volutes de fumée sur le cheval noir qui était apprêté à l'entrée du bayou.
Au bout d'un moment qui me parut aussi court que l'éternité, le cheval noir renâcla avant de stopper net devant un portail tout aussi sombre que sa robe luisante. Je descendis prudemment et entrai dans la propriété. Lorsque je me retournai, le cheval me fixa une dernière fois de ses yeux rouges avant de disparaître. Je ne m'en inquiétai pas, les chevaux savent se débrouiller, même lorsqu'ils ont les yeux rouges.
Devant moi se dressait deux immenses tours grises qui semblaient se confondre avec les nuages. De l'eau croupie suintait des pierres, des herbes mourantes pendaient des fenêtres, le vent qui s'y engouffrait hurlait comme mille vierges décédées, et l'on distinguait au loin les contours des tombes des défunts, au milieu desquelles elle avançait.
J'avais peur. Pour la première fois de ma vie, la sueur vint rafraîchir mon dos de sa froide présence, mes poils se levèrent comme muni d'une seule volonté, ma bouche s'ouvrit pour laisser échapper un cri d'effroi qui ne vint jamais, car elle se retourna vers moi et je me mis à courir mécaniquement à l'abri dans le château puant.
J'étais entré, allumé toutes les bougies que j'avais pu trouvé, pleuré de tout mon soûl, prié le dieu, et une fois calmé, j'avais regardé à l'extérieur. Elle était là, immobile, entre les tombes. Le vent me ramenait ses douces lamentations, clamant mon aide, sanglotant pour des peines lointaines, chantant des vers d'autrefois.
J'entendis gratter derrière moi. Dans le fond de la pièce, une plume d'oie écrivait à l'encre rouge sur un parchemin moisi par le temps. Elle se mouvait seule, et traçait des mots d'une grâce sans égale, hypnotiques dans les bavures de l'encre coulant des lettres comme du sang coule d'une plaie.
Je la saisis et elle s'immobilisa sous mes doigts. Elle était si douce au toucher, cette plume rouge, c'en était beau. Sa pointe était acérée et avait transpercé le parchemin de part en part, là où la vérité cruelle avait été écrite pour être détruite par le temps.
Ainsi soit-il. Je descendis les marches que je n'avais pas monté et me dirigeai vers elle. « Je vous attendais » semblait-elle murmurer. « Je le sais maintenant. » avais-je sereinement prononcé. Sa robe immaculée tourna, illuminée par la beauté spectrale de la lune, et elle se dirigea vers un autel en ruines où ils l'attendaient tous dans leurs postures malades.
Ainsi soit-il. J’unissais deux âmes en peine, comme elles me l'avaient demandé, et je tenais mon office de manière exemplaire, devant les regards vides des non-vivants qui gémissaient la peine dépassée de leurs semblables.
Ainsi soit-il. Je prononçai les mots interdits, et le silence tomba comme une pierre lourde sur la terre. La mariée pleurait des larmes noirs, et sembla sourire.

« Docteur, elle souriait ! Je vous jure qu'elle souriait ! »
Le docteur hocha la tête et s'éloigna. Telle avait été la vérité cruelle du parchemin. Rien n'était réel, le marais, le marié, le château en ruine et le cheval noir luisant, tout était faux. Mais je sais que pour elle, je n'avais pas rêvé. Je le sais désormais. La mariée souriait.


TEXTE N°2
Titre : Le masque 

Aujourd’hui mon père est mort.
Je ne jamais vraiment été famille je ne le voyais quasiment jamais.. Ça mort va me permettre de lever le voile sur un de ces secrets, son masque.
Mon père avait un masque, je n’avais pas le droit de jouer avec quand j’étais petit, pas le droit de le voir quand j’étais adolescent et je n’avais pas le droit de poser des questions, aujourd’hui encore.
Mon père est mort dans sa petite maison douillette, une maison perdu en montagne, je déteste cette maison. Le cadavre est encore dans sa chambre, je ne vais pas avoir d’autre choix que de l’enterrer dans le jardin il n’y pas d’Hôpital par ici. 

J’étais partie prendre la pelle entreposer dans la cave, j’ai commencé à creusé le trou, tranquillement, le soleil ne bougeait pas, j’ai creusé, j’ai creusé, j’ai creusé, j’ai arrêté, on m’a appelé. Un cri, un simple cri, un cri ordinaire, mais si ce n’est pas moi qui l’ai poussé, qui est-ce ?
Je monte rapidement l’escalier, le masque est accroché à la porte de mon père. 
Un simple masque fait dans une sorte de plastique-céramique, blanc, il épouse complètement le visage humain, il n’y a que deux larges trous pour les yeux; je le dévisage une minute. Il me fixe, tel une Joconde irréel.

Je pousse la lourde porte en bois verni, la pièce était plongé dans l’obscurité. Je tapote le mur pour trouver l’interrupteur. Des poêles s’entrechoque en bas, je me retourne, la pièce s’allume, une angoisse aigus me brule l’abdomen. Je ferme la porte à clé en vitesse, les poêles s’arrêtent…

Je regarde mon père, il me fixait, un Joconde morte, ces yeux ne me lâchait pas. Mes yeux me brûlèrent, j’ai cligné, l’obscurité que je vis étais plus sombre que le noir lui même; quand je rouvris les yeux le cadavre était sagement assis. 
Je le fixais, une Joconde pétrifié, je voyais le masque dans sa main, mes nerfs craquaient, plus aucun membre de mon corps ne réagissaient à mes appels de détresse. 
Le masque me fixait, une Joconde omniprésente et invisible. Nouveau battement de cils, le masque est entre mes mains, la cadavre n’est plus. Une Joconde dans les ténèbres.
Dernier battement de cils. Le masque est sur mon visage.
Mon corps refusait de bouger pour l’enlever, je ne pouvais le retirer ça me paraissait aussi impossible que de s’enlever la peau du visage à mains nu. Mon corps dormait paisiblement alors que mon rythme cardiaque s’élevait à une vitesse abominable. Je cherchais du regard un moyen de faire disparaitre le masque, ou ne serais-ce que l’oublier. Une panique impensable déchirait ma raison, je devenais fou.

Le masque commençais à faire des bruits, une sorte craquement, un petit cris aigu; il tissait deux larges tige blanchâtre, doucement, longeant mon crâne d’une grande délicatesse puis s’enfoncèrent tendrement dans mes tympans, je sentait du sang couler du long de ces tiges. Une douleur sourde, un cris, mon cris. Et puis alors qu’il continuait à percé mon crâne, il y eu le silence et les ténèbres. 

Mes yeux s’ouvrir, je n’entendais rien, j’étais assis, je ne voyais rien, il y avait quelqu’un en face de moi, il se leva alluma la lumière. Il se rassit devant moi. Toujours ce même regards de Joconde, une Joconde réel. L’homme était une copie de moi-même, un frère, un jumeau, moi. Une peau blanchâtre, brillante comme la céramique. Une copie imparfaite, il lui manquait un bras et il lui restait ces deux trous vides à la place des yeux. 
Je suis attaché par une membrane blanche, une sorte de bras sans os. Il a un couteau à pain dans la mains, il le pose sur moi, et il hurle en le découpant. Je ne sens rien, je n’entend rien, je dis rien, les couleurs s’atténue; tout comme moi. Un froid glacial. Je ferme les yeux pour ne plus voir.

Quand je les rouvres j’ai l’impression que je ne suis rien d’autre qu’un bout de peau sanguinolente, et il est face a moi, mon parfait reflet avec ces bras, avec mon bras. Il avait percé une entaille dans son ventre qu’il remplissait avec mes organes, je suis sur une table, mon ventre était ouvert mais je ne sentais rien, je me mis à rire sans bruit, il s’arrêta pour fixer cette folie. Alors que je n’entendais plus, alors que ma vision était celle d’un vieux film en noir et blanc, je lui demandais en hurlant ou en murmurant « où sont mes jambes et ce qu’il y avait entre ? ». Il sourit et continua à me vider. 

J’ai eu un grand moment d’absence, il n’est plus là. Moi non plus je crois, je ne suis qu’un buste sans ouïe et sans organe qui arrive à pensé et a voir. Je ris. Il arrive avec un couteau et un moule de son visage ou bien le mien. Il plaça la pointe du couteau sous mon menton, il l’enfonça puis il fit tout le tour de mon visage, il fit un faux mouvement et transperça ma joue, il appuya un peu plus son tracé. Puis avec un grand savoir-faire, il passa la lame sous ma peau sans l’endommager, peau qu’il enleva délicatement et qu’il posa sur le moule. Pour fini il approcha sa main de mes orbites et les retira un à un. Une Joconde mutilée. Il enterra mon corps dans le trou que j’avais creusé pour mon père, il mit le feu à la maison et tout ce qu’il restait de moi soit un pauvre masque; il le déposa au pied de la maison en flamme. 
Il ne me reste que le silence et les ténèbres.
Le flamme chatouille mon visage et dans le ténèbres je ris et j'attend..




TEXTE N°3
Titre : De fil en aiguille


Elle s'appelle Claudia. Elle a trente-trois ans. Tous les matins de la semaine, elle se rend au lycée pour donner des cours d'anglais à des élèves de terminale littéraire. Son boulot la passionne et la dévorerait presque de son plein gré. En effet, elle s'investit de tout son être dans ce travail, pour une classe formidable, délaissant toute vie sociale. Ce fait n'est pas important, c'est pour elle une fatalité. Elle n'a jamais compris durant toute sa vie comment se comporter avec les autres. Dans sa jeunesse, elle sortit brièvement avec un homme mais tout capota. Elle passa vite à autre chose, de toute façon elle ne l'aimait pas. Aimer... elle ne sait pas comment faire. Si on lui demandait, elle rétorquerait peut-être qu'elle a besoin d'un mode d'emploi. Ne vous imaginez pas qu'elle vivait mal de la sorte. Elle lisait, écrivait, étudiait en autodidacte et suivait ses émissions préférées. Mais peu souvent cela dit ; la plupart du temps elle prépare ses cours d'anglais. Elle avait vécu une enfance et une adolescence que chacun d'entre nous aurait subies de tout leur poids. Mais elle n'en ressent rien de particulier. Elle se laisse voguer par le cours de la vie. Rien de spécial ne la rend heureuse. Elle avait un salaire pour manger, se loger, acheter des livres, et puis cela suffisait. J'oubliais... elle adore donner ses cours d'anglais, c'est le moment de joie dans sa vie.
Ses bien curieuses caractéristiques évoquées ci-dessus, tous ceux qui la connaissent le savent. Sa famille, ses voisins, ses collègues, qui la voient comme une personne simplement étrange, voire lunaire. D'aucuns disent éventuellement « qui n'a pas la lumière dans toutes les chambres ». Cependant elle parvient, quoique toujours plus difficilement, à cacher un secret plus lourd. Très fréquemment dans la journée, son emploi du temps semble se « trouer ». C'est quelque chose que j'aurais beaucoup de mal à expliquer. Elle vit un instant et sent le temps de celui-ci s'écouler puis subitement se retrouve autre part. Cela n'a rien d'une sensation d'endormissement puis de réveil. Elle se retrouve, debout, dans la position la plus normale possible, dans un rayon d'à peine quelques mètres de l'endroit précédent. Généralement, elle regarde sa montre, cet objet pour elle si précieux, qu'elle ne quitte jamais, ni même quand elle dort où qu'elle se douche, et elle calcule. Combien de temps s'est écoulé cette fois ? Vingt minutes. Parfois trente, quarante. Le pire fut une heure et quatre minutes. Cette fois-là elle fut choquée de la différence de luminosité soudaine à cause de la nuit qui tombait.
Ca lui arrive à peu près trois à quatre fois par jour. A n'importe quel moment, sauf pendant qu'elle donne un cours d'anglais. Parfois seule, parfois en présence d'autres personnes. Alors dans ce cas elle ne comprend pas comment cela se peut et elle demande ce qui est arrivé, si la personne est restée dans la même pièce le temps de ce « trou temporel » dont seule Claudia a conscience. Ou bien, si la personne est partie durant ce laps de temps, elle lui demande en la revoyant le lendemain. Toujours le même genre de réponse, insupportable tant elle est systématique : « Mais de quoi parles-tu donc ? ». Tu faisais ceci, tu faisais cela, répondent-ils sans cesse, en citant l'action qu'elle vient d'accomplir juste avant ce « trou », comme s'il n'existe pas. Pourtant, il existe sans aucun doute possible. Tout ce qui mesure le temps avance alors de plusieurs dizaines de minutes, les horaires changent effectivement. S'il lui restait trois quarts d'heure avant le prochain cours, après ce « trou », il ne commence plus que dans vingt ou dix minutes. Mais de manière curieusement constante, elle ne se retrouve jamais à l'heure où le cours d'anglais a effectivement commencé. Maintenant, Claudia ne demande plus rien à personne, comme si de toute façon quelqu'un daignerait lui répondre. Son cas est tranché, elle est folle. Comme on dit, elle n'a « pas la lumière dans toutes les chambres ».
Claudia a trente-cinq ans maintenant. Elle est encore et toujours une professeure d'anglais passionnée et investie. Mis à part cela, elle se laisse porter par la vie. Cependant, au bout d'un moment, cela commence à suffire : elle supporte moins bien qu'avant sa pathologie. Que s'est-il passé ? Claudia ne peut pas déprimer, elle n'a pas plus de sentiments qu'une marionnette, mis à part pour ses chers élèves. En principe, son cas est sans importance pour elle, les choses sont comme elles sont. Un soir d'hiver, Claudia rentre du lycée chez elle, conduisant en pleine nuit dans sa voiture, chose assez inhabituelle : deux ans auparavant, un « trou temporel » survint alors qu'elle se trouvait au volant. Elle se réveilla vingt minutes plus tard, la voiture complètement renfoncée qui s'était écrasée sur une grosse pierre au bord de la route. Le pare-choc tenait comme il pouvait, on pouvait en voir l'extrémité droite légèrement se décoller. Claudia s'était réveillée en train de suffoquer derrière l'airbag, deux ou trois gouttes de sang à peine séchées roulant sur son nez à partir de l'arcade sourcilière gauche. C'est sûr qu'il valait peut-être mieux cela plutôt que pendant un cours d'anglais, cela dit l'accident était regrettable et il valait mieux prendre ses précautions. Sauf ce soir où elle n'a pas le courage de marcher sous les trombes d'eau qui engloutissent la ville entière. Claudia prend telle rue puis une suivante à gauche, roulant plus ou moins vite selon la circulation, cherchant avec un manque d'aisance le chemin emprunté en raison du fait qu'elle est peu habituée à rentrer chez elle autrement que sur ses deux jambes. Au détour d'une petite ruelle, difficilement praticable, à seulement quelques mètres de chez elle, cette dernière jette un coup d'oeil dans son rétroviseur afin de voir si la manœuvre qu'elle s'apprête à réaliser pour entrer dans la rue étroite fera patienter beaucoup de monde. Personne derrière elle, par ailleurs l'endroit est curieusement désert pour une heure pleine.
Alors que Claudia commence à manoeuvrer son volant, un sentiment d'effroi la prend tout entière en regardant devant elle. Où sont les maisons sur trois étages disposés en blocs caractéristiques de ce quartier ? Où sont passées les rues, les trottoirs ? Plus rien d'autre que l'immensité d'un sablonneux terrain vague. Claudia lève sa main dont sa montre entoure le poignet avec une appréhension grandissante. Elle n'a aucunement vérifié l'heure avant de sortir, mais au vu de celle de la fin de son dernier cours, elle a du entrer dans sa voiture aux alentours de six heures dix. Son regard, complètement frappé par l'inclinaison si faible de la petite aiguille en bas à gauche, la parcourt de son long. Il est huit heures passées. Pour couronner le tout, la grande aiguille a elle aussi déjà fait beaucoup de chemin. Il est huit heures vingt. Presque deux heures sont passées ; Claudia réalise qu'elle a été victime d'un « trou temporel » d'une longueur jamais égalée auparavant. L'endroit est incongru et n'a rien à voir avec toute terre habitée. L'idée d'avoir roulé pendant presque deux heures inconsciemment et de s'être aventurée vers une destination aléatoire, torture son esprit au fur et à mesure qu'elle croît dans sa tête. Elle allume son GPS pour finalement constater qu'elle se trouve dans un trou paumé quasiment à mi-chemin entre deux agglomérations, où une nationale passait à un kilomètre sur sa droite. Elle n'a d'autre choix que de rentrer chez elle dans l'obscurité totale, la boule au ventre.
Il est vingt-deux heures lorsque Claudia franchit le seuil de sa maison, comme « picotée » par un sentiment insondable. Elle se sent « cassée », plus encore que ce que provoquerait naturellement comme peur ce qui venait d'arriver. C'est une sensation indescriptible, c'est en fait un sentiment que Claudia expérimente (car elle n'en ressentait aucun). Sa maladie l'empêche de vivre, ce n'est pas un « point de détail » comme elle pouvait se le répéter périodiquement du temps où elle fermait les yeux sur ce problème. Simultanément, dans un paradoxe insondable, la mélancolie et l'envie de partir la rongent, telle une personne coincée subissant tout ce qu'il lui arrive. C'est la volonté d'une force inconnue ne laissant aucun échappatoire. Claudia réfléchit encore et encore à cette idée qui s'installe au fur et à mesure de la soirée, à quoi tient la singularité de ce « trou temporel » ? C'était le plus long de tous, comme un triste record, se disait-elle. Il y a assurément un fait encore plus troublant par sa nouveauté : elle avait agi normalement pendant tout le « trou », elle avait conduit de sorte de n'avoir aucun accident, le seul problème fut qu'elle se soit déportée de la route à la fin. Dans tous les cas, elle n'avait pas continué en ligne droite, en état d'inconscience, comme deux ans auparavant, mais plutôt pris les chemins comme toute personne normale. « Non ! », hurle Claudia en tapant du poing sur le bureau de sa chambre. Effectivement, il y a autre chose. Dans les recoins les plus profonds de sa mémoire se sont glissés des bribes de ce « trou ».
- Une salle dans le style d'un hangar ou d'une usine désaffectée. Des fils reliant un point du mur en un autre du mur opposé. Ce en beaucoup de points. Une scène improbable, comme un millier d'araignées occupant toute une salle.
- Nous comprendrons ce qui vous arrive, Claudia, de fil en aiguille … réponds-je.
C'est ce qu'elle m'a dit exactement, quand, au bout du rouleau, elle est venue me consulter pour une séance. Comme un psychologue sérieux, je continue d'écouter avec la même attention son histoire, en prenant des notes. Quelque soit la crédibilité de ce qu'elle peut bien raconter, je la laisse poursuivre me dire tout ce qu'elle peut bien avoir envie de me conter. A partir du moment où Claudia se résigne à rassembler quelque autre instant lequel se rappeler, elle décide alors de prendre les devants ; une semaine plus tard, un système de surveillance composée de caméras, et également de micros - car rien n'est jamais trop prudent - est finalement installé dans toute la maison et à l'extérieur de celle-ci. La journée suivante, deux « trous temporels » seulement sont à déclarer. Elle me conte son histoire dans un présent de narration que je pourrais analyser de manière si riche.
Juste après le premier, survenu à l'entrée du couloir à partir de sa cuisine, Claudia se rue sur les enregistrements pour comprendre. Ne connaissant pas l'heure exacte, elle recule instantanément l'enregistrement d'une heure puis le met en avance rapide pour apercevoir le moment fatidique. Son regard se fixe à gauche de l'écran où semble se glisser une ficelle blanche. Ou alors bien plus long qu'une ficelle. En moins d'une dizaine de secondes, le fil, se mouvant inexplicablement sans intervention extérieure, atteint le milieu de l'écran. C'est alors que Claudia se voit elle-même apparaître à l'écran et faire deux pas avant de s'arrêter. Elle revient en arrière et s'aperçoit effectivement qu'une caméra voisine l'enregistrait dans sa marche arrière, entrant dans la cuisine, suivie par un fil. Ne pouvant se souvenir d'avoir réalisé ce mouvement, Claudia se persuade que le « trou temporel » a commencé. La peur grandit soudainement en elle. Un objet piquant semblant guider le fil vient se loger dans le cou de la femme, d'après le visionnage. Ce moment-là de l'histoire atteint, lorsqu'elle me le raconte, provoque chez elle un bégaiement et une perte de fluidité dans ses phrases, incontestablement. Surtout le moment où elle constate dans le miroir avoir une marque de piqûre au cou, proche de la nuque. Je tente alors de la rassurer.
- Ne vous découragez pas Claudia, ne vous arrêtez pas et continuez. Nous comprendrons, de fil en aiguille...
- Je n'ai rien d'autre à vous raconter, je vous ai déjà assez ennuyé. Maintenant je suis au point mort, me répond ma patiente avec un ton marqué par la fatigue.
- Aucun patient ne me fatigue, vous encore moins. Nous allons tester quelque chose pour vous souvenir, et sans doute tout se clarifiera. On précédera de fil en aiguille...
Claudia me regarde avec une expression de gêne involontaire, comme désolée encore de me déranger avec ses problèmes. Elle hausse les épaules et je lui réponds avec un regard bienveillant. Je lui prends la main et la conduis vers un lit blanc cassé au matelas très peu confortable, recouvert d'un papier bleu, comme ceux dont tous les professionnels de santé sont potentiellement dotés. Elle commence à s'allonger pendant que je l'enjoins à se détendre. Elle choisit de respirer profondément à intervalles réguliers puis, la jugeant installée depuis assez de temps, je commence à lui masser la tête. Je lui fais remarquer la lourdeur de ses paupières, à cet instant - ou même précédemment - elle considère peut-être que je ne suis qu'un vulgaire sorcier, plutôt charlatan que vraiment sorcier d'ailleurs, mais dans tous les cas elle se laisse faire. Je lui conte une histoire sur la profondeur de notre esprit et de notre mémoire, entrecoupé de rappels explicites selon lesquels ses « paupières sont lourdes ». Si depuis quelques minutes ses yeux étaient déjà fermés, je la sentais cette fois partir pour s'endormir, ou plutôt plonger dans un état de demi-sommeil. J'arrête alors de lui masser la tête et commence à utiliser son état pour plonger effectivement dans les lieux les plus périphériques de sa mémoire.
« Claudia, vous êtes atteinte d'un problème dont seul le souvenir peut vous sauver, commençai-je sur un ton de berceuse. A présent, vous avez les clefs pour recouvrer vos souvenirs. Vous reconstituerez la clé, de fil en aiguille. »
Les doigts de Claudia se mettent à pianoter avec une fréquence en accélération constante. Sa voix commence, quoique étouffée, à se faire entendre. Je lui demande ce qu'il se passe, elle me répond alors qu'elle roule sur une ruelle en maintenant difficilement le cap de part son étroitesse. Je comprends tout de suite à quoi cela fait référence dans son histoire. Elle commence sans doute à revivre le « trou temporel » le plus énigmatique de tous ceux qu'elle a vécu. A partir de là commence la narration d'abord elliptique puis de plus en plus détaillée d'un voyage en voiture de plus d'une heure. Le pire est que Claudia détaille de plus en plus toute l'action en temps réel. Chaque virage, chaque panneau important est signalé. Elle insiste plusieurs fois sur le fait qu'admirer les paysages des nationales est un spectacle te plongeant dans un océan de sérénité. Cette expression est répétée à foison, alors que quiconque trouverait cela banal. J'écoute patiemment le récit de ma patiente pendant presque deux heures moins le quart en interagissant avec elle le moins possible, de peur de tout faire capoter. C'est dans ses moments que mon assurance en prend un coup. Mon esprit a commencé malheureusement à divaguer quand une phrase prononcée par Claudia retient toute mon attention : elle sort de la voiture. A ce moment-là, le trou temporel est-il fini ? Sans doute pas. Car d'après son récit il se terminait sur un terrain vague, or au moment actuel de son histoire elle se gare sur le bas-côté donc longue route et s'avance vers une maison apparemment abandonnée se trouvant dans un endroit si incongru qu'elle se demande bien ce qu'elle fait là. Claudia avoue explicitement se demander pendant tout le trajet vers cette maison « ce qu'elle faisait là », la poussant à l'explorer. Je choisis alors la prudence en rétablissant le contact oral.
" Tout va bien, Claudia, cette maison est la clé et elle est probablement une étape de cette reconstitution, qu'on réalise... de fil en aiguille. "
Claudia ne prend aucunement acte de cette parole et entre dans un silence inquiétant. Loin de rester inactive, je vois ses jambes étalées sur le lit se mettre à remuer périodiquement de sorte d'imiter des pas, une marche lente et peu assurée... comme celle vers une maison mystérieuse par exemple. Elle s'arrête pour me dire qu'elle entre par une porte en tôle causant un grincement insupportable à entendre. Etonnamment, toute la façade intérieure est en bois, cadrant ainsi une atmosphère de vieille bâtisse abandonnée remplie de secrets cachés sous des tas de poussières et de toiles d'araignée, dans les bouquins rangés avec double rayonnage dans les armoires d'une sorte de vaste bibliothèque. Alors que Claudia formule son effroi au moment où elle entend la porte claquer, de légers spasmes commencent à gagner tout son corps. Mais on ne peut plus reculer, il faut aller jusqu'au bout. Peu de temps après, elle entend un bruit de pas la convaincant que cette maison n'est pas déserte. Elle se tient alors sur ses gardes. Une petite fille entre dans la pièce sans que Claudia ne voit d'où elle peut arriver. Je sens à ce moment ses membres, peu avant redevenus détendus sur le lit où elle était allongée pendant toute la séance, légèrement se crisper. Je me place alors sur le côté du lit pour lui prendre la main et lui insuffler une chaleur rassurante même si elle ne s'en rend pas compte. Sa nervosité ne retombe pourtant absolument pas, encore moins à l'évocation de cette jeune fille.
- Un fantôme ! S'écrit-elle avec une voix stridente d'une forte intensité.
- Claudia, je suis à côté de vous. Nous sommes en train de reconstituer les événements et, de fil en aiguille, nous aurons levé le voile sur votre maladie..., réponds-je sans voir aucune réaction de la part de mon interlocutrice.
Cette fillette est assurément de nature spectrale, Claudia assure ne pas pouvoir nier l'évidence. Elle s'apprête alors à partir en courant. Elle ne peut pas. Ce n'est pas la terreur, c'est juste physique. Elle semble prendre conscience que depuis qu'elle s'est engagée dans cette ruelle, elle n'a choisi aucun mouvement. On aime refouler ce qu'on ne contrôle pas, chez Claudia cela s'appelle un « trou temporel ». Le sentiment qu'elle éprouve à ce moment est une honte profonde et une perte de l'envie de vivre. A présent Claudia commence à formuler des propos incohérents. Ce qu'elle raconte n'a absolument rien de physique, de logique. Déjà précédemment ce n'était pas le cas, m'aurait rétorqué n'importe qui. Mais alors que ma patiente m'a auparavant détaillé tout ce qu'elle a vécu dans cet état de demi-sommeil, à présent elle m'affirme se trouver dans un bois lugubre, sans transition. Elle précise même que le décor autour d'eux s'est subitement transformé. Claudia en a perdu l'équilibre et se blesse même la main en tentant de se rattraper dans sa chute sur cet épais tapis de feuilles mortes. Autour il n'y a rien d'autre qu'elle, la petite fille fantôme restée immobile depuis le début, et une forêt d'arbres nus disposés aléatoirement. Le petit être exerce une force surnaturelle sur les feuilles mortes, qui se meuvent lentement autour d'elle comme une sorte de système stellaire, jusqu'à ce que leurs orbites s'inclinent toutes aléatoirement. Un amas de feuilles se constitue alors comme une sorte de mur de manière très bruyante et se rapproche de la jeune fille avant de remonter sur ses jambes. Soudain, la nuit tombe. Comme cela, le ciel vire du gris au noir total. Rien n'est normal dans ce que Claudia raconte et elle s'en rend compte au vu des tremblements entrecoupés de légers spasmes qui parcourent tout son corps, qui reste de moins en moins tranquille sur le lit.


- Claudia, tout va bien, je suis là. Vous êtes en sécurité, là où votre conscience se trouve, vous êtes invincible. On a procédé, de fil en aiguille, et finalement la vérité est proche de nous, lancé-je en insistant sur le « nous ».
- Comment pourrais-je être invincible quand je ne décide même pas de mes mouvements ?
- Et sans qu'elle y comprenne quelque chose en plus !
La dernière personne à être intervenue par la bouche de Claudia ne pouvait être elle. Une voix à la fois douce et brouillée ; Je reconnais celle d'un mort. La petite fille commence à infiltrer le corps de Claudia, ce qui complique fortement la situation. Cependant on ne peut arrêter si proche du but. Quelque chose frappe alors le regard de Claudia selon ses propres termes. L'espace a commencé, depuis le début de l'apparition de cette forêt, à se déformer avec une lenteur précautionneuse, avec la formation de spirales autour de certains points. Elle affirme sentir un étau se resserrer.
" Où es-tu Claudia ? Tu es double. "
L'autre voix continue à usurper le corps de sa victime. Je rencontre peu souvent ce genre de situation et lutte ardemment pour garder mon sang-froid.
" Tu sens le décor se resserrer autour de toi et tu t'inquiètes, continue-t-elle avec une lenteur caractéristique d'un fantôme et la douceur d'une petite fille. Mais ta conscience, aussi cassée soit-elle, ne le sera jamais définitivement si ton corps est sauf ! Mais où est-il, ton corps ? "
Claudia halète de plus en plus rapidement et fortement puis fait un pas en arrière. Ce n'est pas la peur. C'est contre sa volonté. Elle ne contrôle rien. Son pied arrive sur un obstacle inexplicable qui manque de la faire tomber en arrière. La fillette s'est transportée en arrière sans que la femme ne le remarque. Elle semble inexplicablement matérielle ; le pied de la femme n'a pas traversé celui de la fille. Claudia ouvre la bouche sans qu'aucun son n'y sorte et son cou semble se tortiller comme le signe d'une bataille violente.
- Qui est ton psychologue, jeune femme, continue la petite fille qui a pris le dessus sur les cordes vocales du corps de Claudia. Un psy pratiquant l'hypnose ? Es-tu si naïve ou plutôt désespérée, Claudia ?
- Ne sois pas si familière avec moi, sale gamine !
Je n'aime cette fille trop bavarde. Le petit jeu est maintenant terminé.
- Claudia, elle joue sur ta fatigue psychologique en manipulant le décor !
Claudia saisit la raison de son impuissance. Des fils qui la maintenaient prisonnière, présents depuis le départ, commençaient à apparaître autour d'elles comme entourant tout son corps jusqu'au niveau de la ceinture et également aux chevilles.
" Docteur ! Docteur ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Je ne comprends plus rien ! "
Je pousse Claudia en dehors du lit, considérant que tout cela a assez duré. Quoique que je me mets à prendre peur de la violence de la chute, un choc de cette taille était nécessaire pour la sortir des méandres de son inconscient, de ses recoins les plus profonds de sa mémoire. Je le regarde et lui dis quelques mots pour la rassurer. Claudia se demande ce qu'elle fait là.
" Je vous ai dit : « Aucun patient ne me fatigue, vous encore moins. Nous allons tester quelque chose pour vous souvenir, et sans doute tout se clarifiera. On procédera de fil en aiguille... ». Oui, je me souviens de ce que vous venez de me dire... C'était encore un trou temporel ? Par pitié, dites-moi ce qu'il s'est passé ! "
Il faut absolument que je retombe sur mes pieds.
" C'est exactement cela. C'est ce que je vous ai dit, et sachez bien que vous ne me dérangez aucunement. J'allais vous conduire sur le lit à l'instant. Nous allons tenter de vous faire retrouver le souvenir de ce qu'il s'est passé lors de votre « trou temporel » de deux heures. Voulez-vous vous installer ? "
Je lui prends la main, une aiguille glissée entre mon index et majeur, comme je fis il y a deux heures. Encore une fois, je vérifie qu'une goutte de sang coule au niveau de sa paume. Claudia s'installe alors naturellement sur le lit et commence à narrer son trajet à partir du moment où elle s'engage dans une ruelle étroite.
***


Un mois est passé depuis la toute première séance. Claudia, quelque peu sceptique au début, affirme commencer à retrouver des bribes de mémoire pendant ce fameux « trou temporel ». Elle n'hésite alors plus à revenir en consultation et on a convenu il y a quinze jours d'un rythme d'une séance par semaine. Si cela lui convient, je ne préfère pas la contrarier. Cela se passe alors comme d'habitude. Nous discutons un peu de sa vie. Les « trous temporels » surviennent globalement à la même fréquence que d'habitude, cependant aucun d'entre eux aussi long que celui de deux heures n'est jamais survenu. Ils durent rarement plus de trois-quarts d'heure. Mis à part cela, elle ne rencontre pas de problème particulier.
Cette femme subit sa vie en laissant tout couler, comme si elle ne ressentait aucun goût ni désespoir. Cette femme mérite-t-elle de vivre ? Sans doute, Claudia est un être humain qui mérite de vivre. Mais sa vie n'a pas de réelle valeur. Pas comme celle de ma fille. Ce sont mes regrets qui la rendent prisonnières de notre monde. Elle ne veut pas revivre, alors elle, où plutôt son âme errante, dirige sa colère contre moi en tentant d'informer Claudia de mes plans. Pourtant, je retombe toujours sur mes jambes. Elle veut partir peut-être, mais moi je veux tant qu'elle revive ! Quel désespoir pour un père de perdre sa fille de sept ans !
Il y a quelques années, je vivais dans une maison abandonnée et ma grande passion était la lecture de tout un tas de grimoires ésotériques. Puis j'ai connu Claudia, dans une association d'aide aux devoirs pour les collégiens en difficulté. Comme d'autres, elle m'interrogea si j'avais été témoin d'actes étranges de sa part aux horaires qu'elles m'indiquaient. Quelques jours plus tard, je me rappelai avoir eu vent d'un mal dont elle semblait vraisemblablement souffrir. Sa vie était parsemée de périodes de plusieurs dizaines de minutes dont elle n'avait aucun souvenir. Aucune page ne mentionnait de méthode de guérison. Mais moi, je m'en fichais de cette femme. Pourquoi me serais-je donc évertué à aider cette inconnue ? Le mois dernier, à cause du fait que j'avais énormément changé d'apparence, elle ne m'avait pas reconnu. Moi si. Et j'avais compris que c'était le sujet test idéal pour un des sorts que j'avais appris.
Après que Claudia a fini de parler, de bavarder et de digresser, ou je ne sais quoi encore, je lui prends la main avec la mienne piégée. Elle plonge dans un « trou temporel » et s'allonge naturellement sur le lit, incapable de faire autrement. Mon aiguille magique, quoique son extrémité piquante retirée de sa paume, l'a déjà recolonisée et l'enserre avec le fil qui lui est attaché. Je lui ai déjà pris des semaines entières d'espérance de vie. Assurément, elle ne « vit » pas pendant un « trou temporel », c'est un capital de vie pour ma fille. Quand j'en aurai assez amassé, je pourrai enfin revoir ma fille ! Dieu pourquoi cette dernière manifeste son refus ? Dans quelques temps, je pourrai enfin la serrer très fort dans mes bras, et sentir son cœur battre à nouveau...


Je rappelle qu'il est interdit d'inciter sur le chat, le vote d'un membre pour un texte en particulier.


Chaque participant s'est inspiré d'une image et d'un objet. A vous de retrouver ce dernier.
Nous les publierons tous, à la fin des votes.

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MessageSujet: Re: Votes - Concours Halloween 2014   Dim 16 Nov - 18:56:17

TEXTE N°4
Voici l'étrange histoire d'un village maintenant fantôme que peu de personnes connaissent. 


En 1914, un cirque basé dans un petit village de France connut un désastre : leur clown fétiche, Édouard, est mort suite à un accident terrible. Le pistolet bang de Édouard avait été remplacé par un vrai revolver. Et à la fin d'un spectacle normal, le clown sortit son pistolet et tira. Résultat, la tête à moitié explosée par la violence de la détonation. 


Mais laissez-moi raconter les énervements intéressants. 2 semaines après le tir, le patron du cirque se sentait bizarre, comme possédé, il entendait des murmures. Sa tête était devenue hideuse et ce n'est que quand un photographe prit le gérant en photo que le coupable fut découvert. 


http://img.xooimage.com/files99/e/c/f/1341805234007-4266368.jpg 

Un visage de clown se tenait à côté du patron. Était-ce vraiment Édouard le défunt ? Peu importe puisque le village était en panique, un esprit chez eux. Alors que tout le monde voulait partir, le gérant du cirque rapporta que Édouard communiquait avec lui et qu'il ne voulait pas faire de mal. Les possessions lui servait juste à « vivre » et il changerait d'hôte toute les semaines pour ne pas embêter. 


Le village apaisé par cette découverte, ils laissaient le clown prendre possessions d'eux : une fois le boulanger, l'autre fois l'enfant du boucher. Cela dura des décennies, de bouche en bouche, la « tradition » restait d'actualité. Mais en octobre 1942, la fille du maire disait que Édouard lui faisait des demandes « bizarres ». 


« Ne t'inquiète pas ! Édouard ne ferait pas de mal à une mouche ! » 


Finalement le corps de la fillette n'a jamais été retrouvé et le village prit peur et quitta le domaine. 


Encore aujourd'hui, des gens viennent au village avec leur caméras et autre espérant être possédés par le fantôme.



TEXTE N°5
26 février 2010 
Ces cendres, à côté de mes mains, ce sont celles de ma mère. Le reste de son corps. Je m’apprête à les disperser dans ce petit fleuve, comme elle l’a choisi. Seulement…j’ai l’impression que je ne peux pas. Que je ne peux pas lâcher ces poussières qui rejoindront peut-être la mer. 
C’est peut-être cette urne. Une urne funéraire de bronze, des motifs égyptiens gravés dessus. Je n’ai aucune idée de leur signification, et pourtant, en l’utilisant pour contenir ce qui reste de ma génitrice, j’ai l’impression de bafouer quelque chose. 
La nuit, je cachais l’urne sous mon lit. Et je pleurais. J’étais en proie à des colères difficilement maîtrisables envers mon père. 
J’ai mis ça sur le compte de la surcharge sentimentale que signifie la perte d’un proche. Pourtant, plus je m’éloigne de cette maison, meilleure est mon humeur. 
Maintenant que j’ai emmené cet objet symbolique, ça ne me calme plus. Les choses qui me viennent à l’esprit deviennent horribles. C’est toujours et encore envers mon père. Je me vois me délecter de sa souffrance, je le vois avec le même visage déformé que celui que celui qu’on a découvert quand on a trouvé ma mère dans la baignoire, ayant servie apparemment à amuser un sadique –ou en tout cas un malade-. 
Je veux croire que c’est juste par ce que je cherche un coupable à l’incident qui est arrivé. A cette morbide exposition du visage figé dans la douleur, déformé et à peine reconnaissable de ma mère. C’est ça non ? C’est humain de choisir un coupable, même si celui-ci n’y est pour rien ? 
Pourtant, j’ai du mal à y croire. Pourquoi mon père ? 
A l’heure où je publie ça, j’aimerais vos encouragements. J’aimerai que quelqu’un me réconforte. Papa ? C’est impossible. Qui sait ce que je pourrais lui faire. 
La seule chose que je veux, c’est que tout le monde soit en paix. Je repousse la date de la dispersion des cendres à plus tard. Pourquoi mon père ne le fait-il pas à ma place ?
J’ai vraiment besoin de quelqu’un pour m’aider. S’il vous plait. Je vous en prie. 




28 février 2010 
Merci pour vos messages de soutiens, je vois que je ne suis pas le seul à avoir été dans le cas J. C’est génial de votre part ! ^^’ 
Mon père est parti en voyage en Vendée. Et j’ai dispersé les cendres. Sans rancunes ! 






2 mars 2010 

Hier, la tempête Xynthia a eu lieu. Mon père fait partie des 59 victimes. Il a été tué par la montée des eaux.




TEXTE N°6
Compte-rendu de l'affaire des cendriers 

Constat de la disparition de Cindy ________fait le 2 novembre 2011. 

Disparition signalée par une personne de sexe féminin se présentant comme la sœur de la disparue vers 23H35-40, au commissariat de police de ________. Selon elle, une enfant de 14 ans aurait quittée son domicile la nuit même. Un schéma de fugue qui semblait classique selon la plainte. L’inconnue, ayant juste précisé son prénom et son âge, Ashley, 20ans, comportait des réactions normales face à la situation. Manque de sommeil, pleurs, prières, refus de s’alimenter etc. Les agents présents ont alors demandé à contacter la mère de la disparue. La femme a commencé à paniquer, les priant de ne pas prévenir celle-ci. Ils ont tout de même réussi à lui soutirer où ils pouvaient la contacter. Un domicile se situant à environ 6km du poste de police. Lançant une recherche dans la base de données, les agents ont également découvert que la femme en question était fichée, et avait été accusée du meurtre de son mari puis innocentée par manque de preuve. Elle avait subi 4 années de thérapie psychiatrique après cette affaire. Elle avait effectivement deux filles mais toutes deux étaient mortes à l’âge de 16 ans et 3 ans, l’une d’un trauma crânien et l’autre de raison inconnue. 

Celle de 19 ans s’appelait Ashley _______. Les agents furent stupéfaits, cette même Ashley s’était présentée en tant que tel en clamant la disparition d’une enfant morte. Ils ont d’abord cru à un mensonge, voire une blague de mauvais goût, avant que la femme ne présente ses papiers, confirmant son identité et a montré des photos d’une jeune enfant d’une dizaine d’années, dont elle disait être la sœur. Elle était bien Ashley _______ Selon les dires des agents, la jeune femme avait repris son calme et leur dit de commencer les recherches car la vie de sa jeune sœur était en jeu. Les agents ne cédèrent pas à la panique, ils savaient ce qu’était une fugue et avaient l’habitude de subir la pression des familles inquiètes dans ces situations. Malgré tout, leurs précédentes découvertes les laissèrent perplexes. Ils firent sortir la sœur, et prévinrent la mère. La conversation téléphonique, pour des raisons indépendantes de ma volonté, n’a pas été enregistrée. Selon les policiers, la mère répondait d’une voix éteinte, Elle disait que sa fille était probablement partie dans les bois, seule. Elle disait qu’il ne fallait pas s’inquiéter, qu’elle reviendrait et que les agents n’avaient pas à se déranger pour une chose tellement « stupide ». Elle confirmait donc que sa fille était vivante. Les agents insistèrent, et la prévinrent des lieux de recherches, et si elle n’en avait pas une idée. Elle a répondu que non. Dans les bois, mais ce fut vague. 

Le soir même, aux alentours de 00H50, une première équipe, de 2 agents est arrivée pour interroger la mère de la disparue, Isa ______, 45ans, dans le but qu’elle apporte quelques précisions au sujet de sa fille. Hors, les agents ont évoqué le fait qu’elle ne semblait pas la connaître. Pire, elle l’insultait, et en disait du mal. Une attitude étrange que les agents ont vite remarquée. De plus la femme semblait être en mauvaise santé pour son âge (quintes de toux répétitives, yeux rougis, tremblements, fatigue…). Les agents l’auraient laissée seule vers 01h45. 

En parallèle de la première équipe, une autre avait commencé à déterminer le périmètre de recherches, leurs équipements, des estimations… 

Le départ de la seconde équipe, composée de 6 membres, se fit du point B, commune de _____, 1250 habitants, lieu du commissariat, se fait à 13H30 le lendemain. 

Le fait de retrouver l’enfant, morte ou vive, avait été déterminé possible dans un rayon de 45.5km en partant du point A qui se trouvait chez elle. Il était clair que la disparue n’avait pas pu atteindre le sommet du mont ____, notamment à cause des conditions climatiques rudes, et du temps qu’il lui faudrait (plus de 12H pour une personne en conditions. Les recherches ayant commencées 2H après le signalement de la disparition de l’enfant, et deux agents, non membres de l’équipe 2, surveillaient ce sommet.) Ce sommet Fsdf était par conséquent le point C, là où s’achevaient les 45.5km. Les recherches consacrées au point B, la commune de ______ 6km au nord est et en aval du point A, n’ont pas abouti. A noter que la zone déterminée était composée à 60% de terrains difficiles, bois, sous-bois aux sols caillouteux, voire ravinés. L’équipe 2 prit la décision de se séparer en 3 binômes pour quadriller un maximum de terrain. Deux membres descendirent à environ 39.5km vers la vallée (D), deux autres vers A puis vers le sommet (45.5km depuis A), et les deux derniers auraient donc plus de km à parcourir, car ils parcourraient une ligne allant à l’Ouest du point A vers un point E, une rivière (40km de A) puis vers C, (60km de E) puis vers F, un gouffre (60km de C également.). Les progressions des binômes de l’équipe 2 étaient lentes, car ils avaient chacun plusieurs points à rallier.. Les deux agents envoyés pour parcourir le plus de km étaient les deux personnes les plus aptes pour ce genre de mission, en termes de conditions physiques et mentales, Amy ____ et Jeffrey ________ Il leur faudrait 4 jours, 5 accordés, pour quadriller leur zone. 

Schéma de l’agent _______résumant le plan de quadrillage : 
Spoiler


Les trois binômes restaient en contact permanent avec des talkies walkies. Il n’y malheureusement aucune trace des conversations, car les appareils ont été endommagés. Pour ce rapport, j’ai dû donc me fier aux témoignages des agents, sans savoir ce qu’ils valaient. 
Selon eux, les premières heures de recherches se déroulaient bien. Vers 18H le binôme 3 (Amy ____et Jeffrey _____) découvrit les premières traces de pas au milieu du trajet A-E. Ces traces menaient Jeffrey _______ et Amy _____vers le point E, ils maintinrent donc leur plan. Ils arrivèrent au point E aux alentours de 1H du matin. Ils auraient dit que la visibilité était réduite et celle-ci les aurait forcés à faire une pause à proximité de E. 

Mais Amy _____et Jeffrey ______ ont entendu un coup de feu. Pensant que c’était des chasseurs finissant leur battue, ils ont changé de cap et sont partis leur poser des questions au sujet de l’enfant disparue, voire juste leur signaler la disparition. 

Ils ont retrouvés l’enfant, Cindy ______, morte, une balle dans le ventre. Les chasseurs l’auraient prise pour une bête, de nuit. 

C’est là que tout a dégénéré. Amy _____ et Jeffrey ______ ont retrouvé les chasseurs morts et massacrés selon les dires d’Amy _____. C’est pourtant impossible. La totalité du groupe de chasseurs étaient morts, peu avant l’arrivée du binôme 3. Or Amy _____n’a pas stipulé l’heure précise de son arrivée. Il est très probable qu’Amy ____ ait commis ce massacre. C’est la seule solution, bien que peu vraisemblable. Selon les empreintes, les chasseurs se seraient entretués entre eux. Mais Amy White portait des gants ce qui peut fausser les analyses. 

Le rapport du médecin légiste constate que Jeffrey est décédé peu après les chasseurs. Pas exactement en même temps. Il est mort éventré, Amy l’a confirmé. Tout semble montrer que ce soit elle qui l’ait tué également. 

Vers 13H, Amy _____arrive au point A, chez Isa _____ armé d’un tuyau en fer. Elle lui frappa plusieurs fois la tête à l’aide de ce dernier, jusqu'à lui faire perdre conscience. Elle l’attacha ensuite et l’immola avec un bidon d’essence et une allumette, une fois que Isa _____eut repris conscience. Isa _____ était toujours vivante lorsqu’Amy _____ avait éteint le feu. Elle lui tira une balle dans la tête pour l’achever. J’ai pris connaissance de cet acte de barbarie car la psychologue chargée de suivre Isa Oldwood arrivait à 13H elle aussi, et avait assisté à la scène. D’après elle, Amy ____l’aurait vue, mais ne lui aurait porté aucuns sévices. Amy _____avait avec elle une arme à feu, la barre en fer, un carnet et une poupée. Elle les aurait jetés en s’éloignant du point A. Nous les avons retrouvés, et ces « preuves » me laissent perplexe. 

Voici un extrait du carnet qui semble appartenir à Cindy _____ : 

« Je m’appelle Cindy. Enfin, ma sœur m’appelle ainsi, moi je ne sais pas. Alors en attendant de me trouver un nom, je m’appelle Cindy. 

Ma sœur me disait que ça vient de Cendrillon, Cinderella. Elle me disait que c’était une femme blonde qui faisait le ménage puis qui devenait une princesse un jour. C’était un conte que ma sœur a lu lorsqu’elle était à l’école. Car, elle, elle a été à l’école. 
[…] 
Ma sœur est vieille, déjà. Non, elle fait vieille, plutôt. Elle n’a qu’une vingtaine d’années. Mais des cheveux gris, et des yeux délavés, bleus pâles, presque blancs. Elle est pâle, aussi. Le teint gris. Cela me fait mal de le dire, mais ma sœur ressemble à ma mère. Trop. Mon père l’avait prénommée Ashley à sa naissance. Ashley, ce nom s’est vite transformé en Ash. 

On peut dire que ma sœur a fait mon éducation. Après le suicide de mon père, elle est revenue, et m’a prise en charge. C’est grâce à elle si je sais écrire. Si je peux parler. 

J’ai des choses à dire, plein… Et un carnet. C’est elle qui me l’a apporté. Avec un stylo. C’était déjà il y a quelques années. J’ai appris à écrire sur ce carnet et avec ce bic. Oh, certes je savais parler avant, mais j’avais dix ans lorsque j’ai commencé à tenir un stylo. J’en ai aujourd’hui quatorze. Il me manque encore des mots, mais ma sœur est là. Elle me répond souvent, en riant, qu’elle n’est pas un « dictionnaire ambulant. » J’ai mis longtemps avant de comprendre cette blague. Mais elle m’aide toujours. 

Heureusement, car ce soir, j’ai beaucoup à dire. 

Alors, oui, par où commencer ? Le suicide de mon père. J’étais jeune, j’avais trois ou quatre ans. Oui, c’est juste après cette période de troubles que ma vie a changée. Avant ce suicide, je me rappelle comment était ma vie. Je me rappelle d’être heureuse, ou du moins je me persuade que j’ai été heureuse. Au moins une fois dans ma vie. Durant cette période, je jouais, je riais. Je n’avais pas froid, pas faim, pas peur. Je ne sentais pas cette odeur permanente de fumée. J’étais en bonne santé, je courais, j’avais les joues roses et les yeux vifs. J’avais deux parents aimants, comme dans toute famille. J’avais des amis de mon âge, et je me chamaillais avec ma sœur. Avant, je connaissais le monde extérieur, l’herbe verte et le chant des oiseaux. Ces choses avec des poils courant et riant. Des ombres souples qui passaient, de ci de là, avec une grâce et une vitesse impressionnantes. Ma sœur est partie un moment, je ne connais pas les noms de ces créatures. Alors je les décris, mais vous savez sans comment elles se nomment. Ces plantes, ces arbres. Je tente de m’en souvenir chaque jour, ou peut être je les imagine en suivant les descriptions de ma sœur ? 

Revenons-en au suicide. Suicide, un mot bien laid. Mon père, comme me l’a dit Ash, était un homme heureux, drôle, qui riait souvent. Il aimait ma mère et elle l’aimait aussi. […] il s’est suicidé un matin d’hiver je crois. Peu après m’avoir offert Grisaille. […] On l’a retrouvé une balle dans la tête, ma mère, Ash et moi. […] 

Après sa mort, ma mère a radicalement changé. Elle n’était plus comme avant. Elle avait des problèmes avec la justice, comme me le disait Ashley. Elle m’avait expliqué vaguement ce qu’était la justice, des gens, au-delà des bois, qui accusaient, jugeaient, condamnaient. Ma mère était accusée d’avoir tué mon père. Je ne le croyais pas. Je savais que c’était impossible. Mais ma sœur m’a dit un jour que si. Qu’elle l’avait vue faire. Elle avait saisi ce flingue, et elle avait tiré plusieurs fois même. Elle portait des gants. Quand elle avait fini de tirer, elle lui a mis le flingue dans la main. Mon père n’avait même pas eu le temps de crier. Elle a appelé l’hôpital, elle a pris des airs de femme apeurée, et a commencée à pleurer. Ashley me l’a dit. Elle m’a expliquée que j’étais trop petite pour m’en souvenir. Que, de plus, les multiples discours de ma mère n’étaient pas cohérents. Si elle a gagné son procès, c’est uniquement grâce à son avocat, qu’elle s’était payée avec les économies de notre père. Et croyez-moi, je me fie à Ash bien plus qu’à ma mère. Et j’ai raison. […] 

Ma mère, après cet « incident » semblait sombrer progressivement dans la folie. Elle devenait méchante, agressive, encore plus qu’avant. Elle fumait, cigarette sur cigarette, c’était encore pire qu’avant. Pire, elle devenait violente. Elle fumait ses cigarettes puis les écrasait sur mes bras. Cela faisait mal, et j’avais des brûlures partout sur les bras. Elle ne m’appelait plus Cindy, mais Cendrier. Elle m’utilisait comme outils pour éteindre ses cigarettes, sans même se soucier de mes cris, de la douleur de ma chair brûlée. Quand je criais, elle m’insultait et m’ordonnait de me taire. Alors, je le faisais, car j’avais peur d’elle. Il y avait des fois où je ne me taisais pas, et elle commençait à me frapper, fort. Puis à me jeter contre le mur. Après, elle s’éloignait de moi et allait prier un Dieu et lui disait à quel point sa fille Cendrier était idiote, ingrate, et n’en avait jamais voulu. Moi je retournais pleurer en prenant Grisaille dans mes bras, consolée par ma sœur. 

Et cette vie dura, depuis la mort de mon père jusqu’à maintenant, où j’écris dans ce carnet. Et là, ce n’est pas une histoire que j’invente, pas des mots pour apprendre. Là, c’est ma vie. Mais, ce soir, ma vie a changée. Oui, elle a changé. Ce soir, ma mère m’a dit d’aller vider le cendrier dehors, comme d’habitude. Je tenais Grisaille dans mes bras brulés, et j’avais mon carnet dans la poche de ma veste. Ce carnet était toujours avec moi car je ne voulais pas que ma mère tombe dessus. Ash n’était pas avec moi. Je suis sorti de la maison. Dehors, il faisait nuit, il faisait froid. C’était tellement calme, tellement reposant. Je ne voyais pas grand-chose…J’avais juste un sentiment de liberté nouvelle. D’un monde hors de cette maison. 

J’ai lâché le cendrier. 

Je me suis enfuie dans la nuit, dans les ténèbres, seule. 

J’ai couru aussi vite que je pouvais. Je n’avais peur que d’une chose, que ma mère me rattrape et me batte. Alors je courais, et plus je m’éloignais de cette maudite maison, plus je riais, plus j’étais heureuse. 

Finalement, ensommeillée, j’ai décidé de faire une halte près d’une rivière. Je suis loin de chez moi, j’ai froid et j’ai marché toute la nuit. Mais je me sens en sécurité. Pour la première fois de ma vie, j’ai 14 ans et je suis libre. Je vais dormir sur mes deux oreilles. 



J’ai eu froid. J’ai faim. Mais j’ai tellement bien dormi. L’air est pur, il n’y a pas d’odeur de fumée. J’ai bu à la rivière. Je suis bien ici. Je vais encore marcher un peu, j’espère trouver de quoi me nourrir. D’autres gens, aussi. En marchant je trouverai bien. 



C’est le soir, je n’ai rien trouvé de comestible. Mais j’ai vu des animaux, des bêtes que je n’avais jamais vues avant. C’était beau. Ce monde est tellement beau. Grisaille semble l’apprécier aussi. Ah, oui, vous vous demandez sûrement qui est Grisaille. Je ne l’ai pas encore dit, mais c’est une poupée, une poupée habillée d’un pyjama gris. C’est mon père qui me l’a offerte, avant d’être tué. Grisaille est toujours avec moi, je l’aime autant que ma sœur et ce carnet avec ce bic. 
Bref, je vais donc passer ma seconde nuit ici, seule. Il y a des arbres partout. Je suis montée sur l’un d’eux et me suis postée sur une branche assez haute. Je vois tout d’en haut, tel un oiseau. Il y en a, d’ailleurs. J’entends la rivière. Je peux m’allonger un peu. J’ai faim, mais je pourrai tout de même dormir. La nuit tombe. Je vais donc arrêter d’écrire. Je reprendrai demain. 

Il fait nuit mais…Il y a des gens…D’autres gens. Ils crient, bougent, et ne sont pas loin de moi. J’ai peur. Je voudrais bien aller les voir, mais ils font du bruit, il y a de la lumière partout. Il y a des choses avec eux, des choses qui crient, mais d’une façon différente, un cri rauque de bête. Ce sont des bêtes. 
Je peux écrire grâce à la lumière qu’ils ont créée. Une lumière orangée, dont je ressens la chaleur depuis mon arbre. 

Ces gens ont une autre chose qui m’effraie. C’est un long bâton qui crache du feu en faisant du bruit. Beaucoup de bruit. Ils tuent des animaux avec ça. Cela à l’air de les réjouir. Il y a du sang, beaucoup. 

Je pense que c’est mal. Ils me font peur. Je vais m’enfuir, et partir plus loin. » 

Je porte à conclusion qu’Amy _____a sûrement écrit elle-même ce carnet. Une fausse preuve, pour pas qu’on ne l’accuse. 

Amy ____ a été retrouvée le lendemain de son dernier meurtre, inconsciente, non loin du point B. Elle a été transférée à l’hôpital. A son réveil, j’ai été moi-même l’interroger. Voici l’enregistrement audio dans lequel elle se défend des accusations qui lui sont faites. : 
Rapport oral du 10 novembre 2011, mis à l’écrit deux jours après. Version orale détruite pour raisons confidentielles. 

« Interview » de l’agent Amy _____. En charge de l’affaire des Cendriers, 6 Novembre 2011, 05.36 du matin, Lieu confidentiel, hôpital. 
Présence de deux personnes ; Amy ____, agent (en convalescence après son accident), et l’autre agent en charge de l’affaire à la suite d’Amy _____, Daniel _______ (moi-même) 

Moi et Amy _____ travaillions ensembles, nous nous se fréquentions donc. 


« -Oh putain, oh putain. Qu’est-ce que je fous ici ? Vous êtes qui, déjà ? 
-Calme-toi, un peu. C’est moi, Daniel, tu me reconnais ? 
-Danny ! Ah, t’es là…Attends…Pourquoi t’es là ? 
-Je prends ta suite, et je suis censé conclure au plus vite l’affaire Cindy _______. Et pour conclure, va falloir que tu m’expliques ce qu’il s’est passé, il y a deux jours, si au moins tu t’en souviens. 
-Nan… [vagues murmures] 
-Amy ? Tu m’écoutes ? 
-[rire ironique] Ils t’ont pas refilé ce bordel, quand même ?! 
-Si. 

-Et…et tu as accepté ? Non, c’est pas possible… 
-Aussi, oui. 

[silence] 


-Sans rire, t’aurais jamais dû. 

-Il faut que tu m’expliques, Amy. T’as tué des gens, là. Y’a des familles qui veulent savoir pourquoi. Qu’est-ce qu’il s’est passé dans ta tête, bon sang ? 

-Non, non, non, j’ai pas fait ça ! Oublie cette affaire, c’est dangereux ! C’est… Ca ne peut pas exister, bon sang ! C’est pas moi. 

-Si. Il le faut. La presse, les gens veulent des explications logiques, et rationnelles. 

-Bon, comme tu voudras. A tes risques et périls, comme on dit. Si tu y tiens. Moi, je m’en fous, j’ai compris ce qu’il se passait, plus rien pourra me sauver. Il leur faut un coupable. Toi, je sais pas. On peut pas savoir ce qui va se passer. Bon. Des explications, j’en ai. C’est pas ça, le problème. C’est les mots rationnels et logiques. Je t’expliquerai, car, peut-être que toi, tu me croirais. Et encore, c’est pas dit. Mais les autres, les juges, les gens, les médias…Je vais leur dire quoi, au juste ? Que j’ai déliré, que c’est n’importe quoi, que c’est la drogue ? C’est à peine si je me rappelle de ce qui s’est passé y’a deux jours ? Comment je fais, moi ? Hein, comment je fais ? Je suis déjà condamnée… 

-Ok, on se calme. J’ai pas bien commencé. Oublie ce que je viens de te dire, on trouvera une solution pour que tu t’en sortes. Mais avant, et c’est ce pourquoi je suis là, faut que tu m’expliques, en détails ce qu’il s’est passé il y a deux jours. Même si je sais que ce sera difficile. 

-Je…je sais pas par où commencer…Alors…On a reçu les informations de la disparition vers…Le matin, avant midi, il me semble…Nan, hier soir…Je m’en souviens plus…On est partis, on était six, puis on s’est séparés, je me rappelle que nous, on devait partir vers une rivière… J’étais en binôme avec Jeffrey, je m’en souviens…Il est mort, il est mort… 

-Oh, Amy, reprends-toi ! Enfin, explique moi ça étape par étape. C’est après, qu’il est mort. 

-Oui, je sais. [soupir] Il…il faisait nuit quand on est arrivés. On est arrivés quand ? 12h après notre départ ? Je sais plus. Bref, il faisait nuit noire. On y voyait que dalle. On a changé de direction, vers C, le somment. Ca nous faisait donc une bonne cinquantaine de bornes à parcourir. Mais juste après, on a entendu un coup de feu. On a pensé que c’était des chasseurs, qui finissaient une battue. Ouais, on avait raison, c’était bien des chasseurs. Mais ce sur quoi ils avaient tiré était différent d’un simple renard…Bordel, c’est pas croyable… Jeffrey a dit que le tir était loin, mais il a proposé qu’on aille poser deux trois questions aux chasseurs, voir s’ils l’avaient pas vue, c’te gamine… C’était dur de se repérer, on voyait vraiment rien, même avec les lampes. On était tous les deux inquiets, ça nous stressait l’obscurité. Les deux autres groupes n’avaient rien trouvé et continuaient leurs trajets respectifs. On était les seuls à avoir changé de cap. Mais bon, on s’était justifiés. 
Après quelques minutes de marche, on a commencé à entendre des cris, des hurlements, carrément. On a commencé à courir, Jeffrey et moi. Puis on est arrivés, et la première chose qu’on ait vue, c’était le corps de la gamine…Elle gémissait et…Enfin elle était pas encore morte. Elle avait une balle dans le ventre. A côté d’elle, j’ai trouvé un carnet et une poupée. Je sais plus ce que j’en ai fait. J’avais vite pigé que les chasseurs avaient dû la prendre pour une bestiole et tout. Mais sur le coup c’était pas ça qui m’inquiétait le plus. Les chasseurs continuaient d’hurler. Lorsqu’on est arrivés…C’était…C’était un massacre…Il y avait du sang partout. Les corps des chasseurs étaient éventrés, poignardés, troués par les balles. 
[silence][pleurs] 

-Continue, s’il te plaît. 

-[soupir] Il…Il y avait une femme, qui marchait sur les corps. Elle était incroyablement blanche, et pâle. Elle pleurait, on pouvait l’entendre. Elle nous a vus. Enfin, elle a vu Jeffrey, elle a dû penser que c’était un chasseur. Et là… Après je n’ai pas bien compris. La fille a disparu, évanouie, comme ça. Du moins je la voyais plus. 
Ensuite, un des chasseurs s’est relevé. Jeffrey s’est précipité vers lui, croyant pourvoir l’aider. Le mec avait les yeux révulsés, du sang partout, et le ventre ouvert. Littéralement. Jeffrey a vu ça, il a tenté de reculer. Le chasseur a saisi son couteau. Un couteau à crans, un truc pour éviscérer les bêtes. Le type l’a attrapé à la gorge, il l’a regardé dans les yeux…Enfin avec des yeux blancs. Puis lui a ouvert le ventre. J’ai juste entendu son cri immonde. J’ai vu son visage tordu de douleur, la bouche grande ouverte, les yeux exorbités. Ses tripes sont tombées par terre. Le chasseur l’a lâché. 
J’ai cru que j’allais subir la même chose. Mais le chasseur est tombé, et la fille est revenue. Les yeux larmoyants. Elle m’a dit qu’elle était désolée, qu’elle pensait que c’était un chasseur. Un des chasseurs qui avaient tués sa sœur. Elle a désigné le cadavre de la petite de la main. J’ai pointé mon arme sur elle. J’avais peur, c’était un reflexe. Elle s’est avancée vers moi. J’ai visé. J’ai tiré. Trois fois. Les balles l’ont traversée. Elle m’a plaquée ses mains sur mes joues. Ca m’a fait comme une décharge électrique. Après je me souviens de rien. » 

-Amy…T’es pas sérieuse là ? T’as massacré des gens, des personnes innocentes, et le seul…la seule connerie que tu trouves à me sortir, c’est ça, que la sœur de la môme, morte y’a un an, t’a possédée ? Putain, t’arrêtes quand de me prendre pour un con ? Je veux des explications, tu m’entends ?! 

-[rire]Tu te fous de ma gueule ? Tu voulais des explications, t’en as eu, nan ? T’imagines même pas comment ça fait mal de dire ça. De se remémorer ça. Jeffrey je l’aimais bien, tu sais. J’avais rien contre les chasseurs. C’est pas moi qu’ai fait ça, C’EST PAS MOI ! 

-Arrête. Arrête de mentir. T’en rigoles, là. Alors, oui je crois que c’est toi qui as fait ça. Et c’est toi qui as tué la mère de la disparue. C’est toi qui l’as attachée et qui l’as brûlée après. En l’accusant de torturer la gamine, en lui disant que maintenant c’était elle le cendrier. Et le pire dans tout ça tu sais ce que c’est ? 

-Non… ? 


-C’est que tu souriais. » > 

Il est clair qu’ Amy ____ était soumise à de forts troubles psychologiques. Son procès aura lieu bientôt, et elle finira sûrement ses jours dans un asile. 

Personnellement, je ne sais guère quoi penser de tout ça. Les témoignages sont multiples, et les sources incertaines. J’ai dû oublier d’en mettre certaines en lien avec d’autres, mais tant pis. Le dossier est clos. 
Certains clament un cas de possession. Surtout la famille d’Amy ____ C’est aussi ce qu’elle a tenté de me faire croire. 
En conclusion : 
Amy ____ est coupable du meurtre de 6 civils (chasseurs) et de son coéquipier Jeffrey ____, ainsi que de la mère de Cindy _____, et de falsification de preuves. 

Voici une photo des objets appartenant à Cindy ______que les enquêteurs ont récupérés. 
Les restes de pages (abimées par la pluie) du carnet de Cindy _____,, la poupée et la barre en fer ayant servi au meurtre d’Isa _____ : 
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MessageSujet: Re: Votes - Concours Halloween 2014   Dim 16 Nov - 18:59:49

TEXTE N°7
La figurine maudite 


31 octobre 2013 
Un groupe d'adolescents en quête de sensations fortes avait décidé de passer Halloween ensemble. Vers 21 heures, les quatre lycéens partirent explorer une masure inhabitée depuis quelques décennies. Ils rentrèrent vers minuit et passèrent le reste de la soirée à se livrer à des jeux d'horreur dans le grenier. Alors que le plus âgé d'entre eux (ils avaient 17 ou 18 ans) racontait une histoire, un autre eut son regard absorbé vers une boîte. C'était une simple boîte en carton, de couleur blanche. Rongé par la curiosité, il l'ouvrit et en sortit une poupée à l'effigie d'un clown au teint blafard, vêtu de jaune avec une chevelure bleue. Ses yeux étaient envoûtants. Cette figurine ayant un air effrayant, le jeune adolescent la montra à ses amis. Tous admiraient la figurine de clown. Ils s'endormirent une heure plus tard. 


Le 17 novembre 2013, le journal présentait un article parlant d'un étrange suicide. Quatre lycéens pendus dans leur chambre après une douzaine de jours de démence. Une enquête fut ouverte. Après avoir inspecté les événements des trois semaines précédant le décès de chaque adolescent, ils enquêtèrent sur le lieu où les quatre élèves de terminale et de première étaient réunis pour la dernière fois : le grenier. 
Ils fouillèrent toute la pièce à la recherche d'éventuels indices. Tout était bon à prendre, comme ils virent la boîte blanche et le clown près des coussins qui avaient servis de siège aux quatre amis, ils décidèrent de prendre en photo la figurine. 


Quinze jours plus tard, tous les hommes qui travaillaient sur l'enquête étaient morts. Suicidés. 
Le cauchemar ne faisait que commencer. Un enquêteur trouvant la poupée amusante et étrange à la fois, il voulut montrer la photo à sa famille, et sa fille âgée de 15 ans la partagea sur les réseaux sociaux. Sa famille été défunte un jour après lui, et la photo était en circulation… 


C'est ainsi que mon frère, cadet de 3 ans, vit cette image. 

Deux jours après, il s'enferma dans sa chambre. Ma mère tenta d'amener mon frère chez le psychologue, mais il devenait agressif à chaque fois qu'on lui parlait. Il ne mangeait plus et ne parlait plus. 


Le cinquième jour, on pouvait entendre à travers sa porte des « Je veux plus voir cette photo » répétitifs. Il était en boule sur son lit quand il marmonnait ça. Durant les courtes secondes où je pus voir sa chambre avant de me faire frapper par mon frère, j'aperçus des inscriptions sur les murs. Je n'arrivai pas à les lire car elles étaient au fond de la pièce. 


A partir du septième jour, il commençait à vociférer des « Arrêtez ! Partez sales ombres ! ». Ces hurlements étaient le seul moyen de savoir ce qu'il lui arrivait. Parfois il parlait calmement… seul… 
Le dixième jour, il frappait les murs en criant. Il se faisait du mal lui-même, mais ne s'en rendait pas compte. Ma mère se morfondait à l'idée que son fils mourrait. Mon frère s'agitait et hurlait toute la journée, sans se fatiguer. 


Je pus voir furtivement les inscriptions en regardant par la fenêtre le treizième jour. C'était une sorte de comptine : 

Quatre adolescents 
Dans un grenier découvrant 
Une poupée d'enfant 
Ils ne sont plus maintenant 
Il n'en reste aucun 
Je suis le 123è défunt.  



Le quinzième jour, les cris s'arrêtèrent. Ma mère ouvrit la porte est vis un spectacle d'horreur. 
Mon frère était au sol, une paire de ciseaux près de sa main droite. Son poignet gauche était déchiré. Ils avait essayer de se couper les veines, mais les ciseaux étant émoussés, il avait du faire plusieurs entailles. Sur son corps gisant, une feuille de papier portait la comptine des quatre adolescents… 


Nous sommes le 9 novembre 2014, jour de mon anniversaire. Alors que je traînait sur un forum dédié aux textes et images horrifiques, un membre me conseilla d'aller voir ce site : http://wanclown.wordpress.com/ 


Je vous déconseille de faire l'erreur que j'ai faite.



TEXTE N°8
Balance mortelle 




Voilà cinq ans que j’habite dans cette vieille maison. Je l’ai eue pour une misère et elle m’a toujours plu, l’ambiance qui y règne constamment m’inspirait, cette sensation chaleureuse et glauque à la fois me transportait. Mais un meuble antique m’attirait bien plus que le reste. 


C’est étrange cette attirance que j’ai toujours eu pour cette horloge, son tic tac incessant qui avait dû résonner durant des décennies aux oreilles des anciens propriétaires me parvenait maintenant à chaque instant. 


Son balancier reflétait mon corps hypnotisé par son mouvement parfait et régulier. J’adorais ça. Cette horloge était ma seule et véritable amie, elle cachait le son assourdissant de ma solitude et me berçait dans mes pires nuits de cauchemar. 


Mais un jour, alors que je me regardais une énième fois dans ce magnifique balancier, mon regard fut attiré par quelque chose dans le reflet doré. Une ombre sans véritable forme se tenait derrière moi. Alors que mon image disparaissait à cause du mouvement, je jetais un vif coup d’œil au dessus de mon épaule. 


Rien, évidemment, je devais être fatigué, crevé au point d’imaginer des choses incroyables. Il était tard, j’éteignais les lumières et me rendit dans ma chambre. 


Je n’arrivais pas à dormir. Je me retournais sans cesse dans mon lit sans pouvoir fermer l’œil. Le tic tac de l’horloge ne parvenait pas à me calmer. J’étais en sueur, mon esprit s’embrouillait. Je décidais de descendre dans le salon et de m’occuper comme je pouvais. 


Je me regardais à nouveau dans le balancier, nerveux, je regardais partout dans ce miroir mobile en espérant revoir ce que je n’arrivais pas à décrire. Les heures passaient, je finis par m’endormir devant cette vue obsessionnelle. 


Quand je me réveillais, j’avais l’impression d’être dans un véritable cauchemar. La maison était dévastée, les meubles recouverts d’une épaisse poussière, les vitres des fenêtres toutes détruites et la tapisserie ainsi que la moquette violemment déchirées à divers endroits. Quand j’essayais de regarder à travers les fenêtres, tout n’était qu’un brouillard blanc épais. 


Je ne savais pas où j’étais réellement, tout ne semblait n’être qu’un rêve. Je commençais à paniquer et à chercher par tous les moyens de me réveiller. Mais après avoir essayé durant ce qui m’a semblé être des heures, je finis par abandonner et à me reposer devant ma seule amie. 


En continuant à regarder le balancier, je finis par revoir cette ombre, bien plus proche de moi cette fois-ci. En la regardant, impuissant, des larmes commencèrent à couler le long de mes joues, et je criais : 


« Laisse-moi tranquille ! Quoi que tu sois, laisse-moi reprendre ma vie normalement ! » 


Je me sentis idiot, parler à une ombre dans une horloge… 


Mais l’ombre restait dans le lobe doré. J’avais beau me persuader que ce n’était que le fruit de mon imagination, au fond de moi je savais qu’il y avait quelque chose d’anormal. 


La masse informe se déplaça et sortit du reflet. Mon regard était toujours figé sur l’horloge qui s’était arrêté dès lors que l’ombre avait disparue. Je me levais. Je ne savais pas quoi faire, j’étais perdu de toute façon. 


Mais je remarquais avec étonnement que mon reflet était toujours assis dans le lobe. Il ne bougeait pas, il… dormait. Je me rassis devant l’horloge et regardait plus en détail ce qui entourait mon corps reflété. A y regarder de plus près, mes autres meubles était parfaitement en état, ma maison en ordre et moi je dormais paisiblement. Comment était-ce possible ? 


La seule chose que je pouvais faire était de poursuivre l’ombre. Je partais dans la direction dans laquelle elle était partie. La porte de la cave s’offrait à moi, défoncée. J’appuyais sur l’interrupteur mais les ampoules sautèrent toutes en même temps dans un grand flash. L’instant où l’escalier de la cave fut illuminé, je crû voir l’ombre géante contre le mur, immobile, et me… fixant. 


Non. 


Comme je n’avais aucune lampe-torche, la seule source de lumière à disposition était celle de mon vieux portable. Je descendais avec précaution. Quand j’atteignais le fond de la cave, je mis les pieds dans une substance liquide dont je ne pouvais pas distinguer la couleur avec la pauvre qualité de mon écran. 
J’avançais à tâtons, tremblant de froid et de peur, faisant glisser ma main sur le mur gelé pour me repérer, n’entendant que mon souffle s’accélérant. 


Horrible sensation. 


J’entendis des bruits au fond de ce qui semblait la fin de la cave. Malheureusement la lumière de mon écran ne portait pas assez loin pour y voir quoi que ce soit. J’eus l’idée de déclencher le flash avec une photo. 


Dès l’instant où je là pris, un cri strident résonna et me glaça le sang. Je couru de toutes mes forces vers la sortie, en aveugle. Le liquide au sol amplifiait le son lourd de mes pas. Quand j’arrivais devant les escaliers, j’entendis un bruit sourd. 


« DONG » 


L’horloge, elle s’était remise en marche ! Mais la porte de la cave se ferma violemment, me laissant seul dans le noir. Seul avec cette chose. 


« DONG » 


Un deuxième coup. L’atmosphère se rafraîchit de plus en plus, mes jambes engourdies ne me supportent plus. Je vacille. 


« DONG » 


Je regarde mon portable. La photo ! Qu’est-ce qu’il y a dessus ? 


Je ne peux plus bouger, mes yeux ne parviennent pas à déchiffrer ce que je vois, c’est… 


« DONG » 




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MessageSujet: Re: Votes - Concours Halloween 2014   Dim 16 Nov - 20:57:25

Faisant partie du concours je ne voterais pas, bonne chance a tous et bonne lecture à tous.

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MessageSujet: Re: Votes - Concours Halloween 2014   Lun 17 Nov - 19:55:43

Oui, bonne chance à tous !
Quant à moi, j'ai déjà voté ; et je trouve que les textes en général sont très bons. :3
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MessageSujet: Re: Votes - Concours Halloween 2014   Lun 17 Nov - 19:58:08

Ya t-il moyen de suivre les votes sur CFTC ?

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MessageSujet: Re: Votes - Concours Halloween 2014   Lun 17 Nov - 21:37:04

Le lien hypertexte est présent dans le sujet pour voir le sondage côté CFTC.

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MessageSujet: Re: Votes - Concours Halloween 2014   Mar 18 Nov - 19:00:22

Quand s'arrêteront les votes ?

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MessageSujet: Re: Votes - Concours Halloween 2014   Mar 18 Nov - 20:07:13

C'est également précisé dans le sujet.

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MessageSujet: Re: Votes - Concours Halloween 2014   Mar 18 Nov - 20:12:29

Je suis désolé de mon inattention O_O

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MessageSujet: Re: Votes - Concours Halloween 2014   Mar 18 Nov - 21:31:16

Pas de souci t'inquiète Wink

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MessageSujet: Re: Votes - Concours Halloween 2014   Mer 19 Nov - 23:53:51

Bon les enfants déjà 5 votes et pas de commentaire sur un seul texte, vous prenez le temps de lire, vous n'êtes plus a quelque ligne près pour chaque texte ou celui pour lequel vous avez voté :aha:
Sourieusement 😄

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MessageSujet: Re: Votes - Concours Halloween 2014   Jeu 20 Nov - 0:01:03

Tiun et corne ont commenté sur la CB, par ailleurs un mec de CFTC a commenté tous les textes mais vu qu'ils sont pas dans le même ordre la flemme de tout réarranger Wink

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MessageSujet: Re: Votes - Concours Halloween 2014   Jeu 20 Nov - 6:19:04

Ah zut, je croyais qu'il ne fallait pas faire de critique avant la fin pour pas influencer les autres votants xD
Je m'y attelle plus tard, ce matin j'ai pas le temps :')
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MessageSujet: Re: Votes - Concours Halloween 2014   Jeu 20 Nov - 15:34:42

Je veux bien en faire, mais bon, comme l'a dit Earl ça va influencer les autres (m'étonnerait pas qu'il y en aient qui votent d'après les com' faits et pas d'après les vrais textes, longs à lire :niark:)

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Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

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