Encre Nocturne
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 Celle en qui parle la lumière [-12]

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La Lapine Cornue
Divine cerfette et ses lapins multicolores
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Féminin Balance Messages : 4620
Date d'inscription : 17/05/2014
Localisation : Endormie dans un terrier de lapins.
Humeur : Lapinesque. (ça veut dire paisible et joyeuse)

MessageSujet: Celle en qui parle la lumière [-12]   Ven 26 Déc - 21:37

#Fantasy - #Romance



Bonjour bonsoir
Alors ce soir, je vous balance ma toute première nouvelle, écrite il y a maintenant six ou sept mois, quelque chose comme ça... Elle a été reçue avec adoration par mes amies IRL lorsque je leur ai fait lire (je crois que le romantisme noir les a séduites rire2) ; à vous de me dire ce que vous en pensez !

Il s'agit de ma première réécriture du mythe du Jardin d'Eden. C'est très spécial ; attention, si vous n'êtes pas attentifs aux détails, vous n'arriverez pas à faire le parallèle... :niark:


→ Ici le texte 2 :Bêtes Noires ; le texte 3 : Renaissances (le peuple de l'Aube) et le texte 4 : Conte du chat, de l'oiseau et de la Reine dragon
(ce n'est pas la suite, il s'agit d'histoires complètement différentes...)





Inspiré d'un rêve.


Celle en qui parle la lumière



" Alors l’être en qui parle la lumière accéda au trône démoniaque, désobéissant à la loi suprême. La dynastie des immortels fut engendrée, marquant la naissance d’une nouvelle ère pour notre peuple.
Mais lorsqu'enfin le sang des esclaves cessera de couler dans les veines des Hommes, le feu céleste reprendra sa couleur sanglante, et sa lumière rendra son véritable visage à l'humanité. Alors la faiblesse de l'esprit disparaîtra sous le masque de la cruauté, la faiblesse de la peau sera à nouveau couverte par le fer de l'armure, et notre noir royaume enfin pourra renaître."


***



        Le voici. Je le sens qui marche vers l'étang, vers ce qui fut mon corps. J'attends depuis si longtemps ses pas lourds, qui fissurent les roches les plus fragiles, et ses muscles durs qui ondulent dans l'air moite. Je ressens même la noirceur de ses émotions. Je glisse contre ses écailles de fer, lui effleure les narines et goûte la chaleur de son haleine de feu. Prise d'une inspiration subite, je me faufile dans ses pensées ; une haine sanglante me fait suffoquer tandis que des lambeaux d'appréhension et de désespoir s'entremêlent autour de moi. Il secoue la tête afin de faire disparaître cette sensation étrange de présence.
        Il est là parce qu'il a enfin atteint l'âge de poser des questions à ses parents, et de demander des comptes aux autres. Il est là parce qu'un Prince Noir doit mêler la rage du combat à la lumière de la flamme, mais que celle-ci, noyée depuis longtemps, ne se manifestera jamais en lui. Il est là parce que je suis celle qui lui a volé son feu intérieur… du moins, c'est ce qu'il croit, enfin ce qu'il faut qu'il croie. Un prince n'est jamais coupable de rien. Moi, en revanche, la gardienne, la domestique, l'esclave, je suis seule fautive, et surtout, seule condamnable.
        C'est pour cela qu'il est là, c'est pour cela qu'on l'a renseigné, falsifiant ses souvenirs pour leur donner le sens désiré. Le Palais entier attend la punition, qui devra être aussi sanglante que recherchée ; lui attend la confirmation de ma culpabilité, ou peut-être espère-t-il un autre récit de l'accident qui lui ôta la flamme. Et moi je ne vois en lui qu'un sauveur, qui malgré lui me ramènera à la vie.



        Ce matin-là, celui où ma vie bascula à jamais, ne s'effacera jamais de mes souvenirs. Le feu du ciel reposait encore sous la terre, faisant pulser les roches noires de sa lumière écarlate, comme si notre royaume de ténèbres avait été construit sur un cœur battant. La voûte céleste, attendant sa lumière quotidienne, était encore noyée de cette obscurité mouvante et  visqueuse qui chaque nuit veille notre royaume.
        L'aube n'avait pas encore ensanglanté l'horizon lorsqu'ils me réveillèrent. La jeune Ektara, dont le nom royal signifie « celle dont le cœur brûlant renferme une cruauté sans égale », me griffait le ventre avec sa délicatesse coutumière ;  Orkeno, « celui où les tentacules de l'ombre s'entremêlent à ceux de la lumière », attendait en silence que je m'extirpe de mon sommeil.
        Simple domestique comme il y en a des milliers dans le Palais, petite noirceur timide au service de la famille royale, j'étais depuis longtemps habituée aux escapades de ces deux-là. La première, de quelques années plus jeune que moi, ne cessait de m'entraîner dans des explorations aventureuses autour du Palais ; le second, son grand frère dont, en théorie, je n'avais pas la garde, avait pris la mauvaise habitude de se joindre à nous. A peine plus âgé que moi, il se débarrassait constamment de son propre gardien pour vagabonder loin de ses professeurs ennuyeux. Jamais il ne me serait venu à l'idée de protester, malgré la peur, celle de nous perdre et plus intense encore, celle de la punition qui m'attendait si on nous découvrait.
        Cette fois-ci, Ektara désirait aller jouer sur les nénuphars géants qui couvraient le bassin du parc. J'eus fugitivement la vision de l'eau noire et lourde, de sa surface aussi brillante qu'un miroir… Prédateur à l'affût, aussi dangereuse qu'un gouffre. L'eau est la hantise de nos seigneurs, dont les lourdes écailles ne permettent pas la nage. Quant à moi, dépourvue de cette armure naturelle, je ne savais tout simplement pas nager.
        Bien sûr, ma petite maîtresse ne voulut rien entendre, et un seul regard vers son frère, ombre puissante plus noire que la nuit elle-même, fit prendre peur à ma langue qui refusa de m'obéir, comme cela m'arrivait souvent. La mort dans l'âme, je les guidai à l'étang. Ils bondirent de feuille en feuille, inconscients de l'eau endormie tout autour d'eux, et je me traînai à leur suite, à petits pas prudents.
        Lorsqu' Orkeno glissa, je m'y attendais, mais me retrouvai paralysée par un débat intérieur. Je n'étais pas sa gardienne… L'eau l'avala avec un claquement de mâchoires que tout le Palais dut entendre. Ce n'était pas ma faute… Il réussit à se raccrocher au bord de la feuille gigantesque. De toute manière, il était trop lourd pour moi… J'entendis ses halètements et ses gémissements. Ektara se précipita et planta ses griffes dans les joues de son frère, tentant de le ramener vers elle. Enfin libérée de mes pensées affolées, je bondis à mon tour et me joignis à ma petite maîtresse. Le jeune prince se raccrocha à ma nuque et ses griffes cruelles me creusèrent la peau. Je me sentis basculer et du sang chaud et visqueux me coula sur les joues, me faisant croire un bref instant que je pleurais.
        Le coup de fouet de l'eau me brûla la peau, avant de laisser la place à une emprise glacée qui vida l'air de mes poumons ; je me sentis rétrécir. Lorsque je réussis à extraire la tête de cette eau noire et vorace, il me fallut quelques instants avant de percevoir mon prince, dont la silhouette tremblante était soulignée par la lumière de l'aube écarlate. Je m'agrippai à la feuille à mon tour et saisissais la corne droite d'Orkeno lorsqu'un petit cri perça le silence, accompagné du bruit de déglutition de l'eau. Je compris qu'Ektara venait à son tour de sombrer et affolée, je nous sentis couler. L'air nous manqua, et lorsqu'Orkeno m'écorcha le ventre de ses griffes battantes, je me trouvai en possession d'une force que je ne me connaissais pas ; tirant violemment mon prince vers le haut, je m'enfonçai dans l'obscurité. Il eut la présence d'esprit de se servir de moi comme d'un marchepied ; je coulai comme une pierre, et dans mon esprit la douleur de mon dos déchiré se mêla au soulagement de le savoir sain et sauf. Je m'enfonçais dans le fond vaseux de la mare lorsque la pensée d'Ektara m'effleura. Trop tard… pensais-je, torturée à l'idée d'avoir gaspillé mes forces à sauver son frère plutôt qu'elle. Incapable de me frayer un passage vers la surface, je me recroquevillai dans la boue et expulsai mes dernières bulles d'air.


        Le voilà qui surplombe l'eau immobile. Je pourrais presque sentir les bribes de souvenirs défiler dans sa mémoire. La peur, le manque d'air, le sang qui donnait un goût de fer à l'eau putride… Le terrible soulagement de se retrouver à nouveau sur la terre ferme, qu'Ektara et moi n'avions pas connu.
        Depuis l'accident, mon esprit a largement eu le temps de trouver le corps de ma petite maîtresse. Ses écailles ont rouillé, ses paupières métalliques entrouvertes ne protègent plus qu'un vide saisissant. Son corps de statue est presque intact malgré cette décennie aquatique, au contraire du mien, qui n'est plus qu'une loque. La nature est une étrange mère, qui offre la protection suprême à nos seigneurs, mais leur refuse l'immortalité…
        Les deux mètres d'eau ne sont plus un danger pour Orkeno, à présent ; il se laisse tomber dans le bassin et en explore les profondeurs. C'est Ektara qu'il trouve la première. Il sort le petit cadavre, qui désormais n'est plus qu'une coquille dépourvue d'âme ; il reste en arrêt quelques minutes, et je sens le vide qui envahit ses pensées. L'armure d'Ektara est délicatement posée parmi les herbes grasses du bord de la mare, tandis que lui recommence à fouiller la vase.
        Ça y est, il a trouvé mon cadavre. Malgré moi, le dégoût de son visage me blesse. Puis je ressens ce qui fut mon corps et voudrais verser quelques larmes. Cela fait plusieurs années que j'ai refusé de retourner au fond de l'eau noire, m'évitant une vision de plus en plus insoutenable. Je préférais m'évader d'esprit en esprit, passant du crâne des animaux à celui de mon prince. Lorsqu'il devint trop grand pour accepter mon invisible présence, je passai mon temps à glisser dans les vents chauds et humides, à observer la vie des créatures de notre noir royaume. Comme j'aurais aimé qu'Ektara m'accompagne ! Mais elle a succombé à la seule mort que ne pouvait lui éviter son armure, et son esprit n'a pas pu s'évader de cette prison de fer comme l'a fait le mien.
        Après l'avoir reniflé avec horreur, il l'a posé au côté de celui d'Ektara. Je suis prise de honte devant l'écart entre le métal encore rutilant et la peau molle et délavée. Il observe encore quelques instants d'immobilité, puis un soupir rauque remonte de sa gorge et il repart à grands pas vers le Palais, l'armure de sa sœur dans ses bras. Restée seule, je résiste à mon envie de le suivre, d'observer chacun de ses faits et gestes comme je le fais depuis presque dix ans. C'est un long travail qui m'attend.
        J'observe mon cadavre en détail. Une fois à l'intérieur, il me faudra vite en prendre soin avant que mon esprit ne s'y retrouve chevillé comme avant ; alors il sera trop tard, la douleur reprendra possession de moi et achèvera le long travail de l'eau vorace.
        Bien sûr, il me serait facile de prendre possession d'un autre corps, chaud et en bonne santé. Si les créatures intelligentes me repoussent, ma force spirituelle est suffisante pour me permettre d'emprunter celui d'un animal. Mais je m'y suis toujours refusée. Le plus important n'est pas qu'il ne s'agirait pas de mon propre corps ; cela me peinerait, mais je saurais m'en accommoder. Non, si cette idée me répugne, c'est parce qu'à l'inverse de mes habitudes qui font de moi une simple spectatrice, il me faudrait alors livrer bataille pour en expulser le possesseur ; et les animaux ayant bien sûr un esprit mortel ancré dans leur chair, cela signifierait leur disparition pure et simple. Seuls les seigneurs démons apportent la mort afin d'éviter la leur. Et leur cruauté naturelle n'est pas présente en moi.
        Une fois prête, je me faufile par l'une des orbites vides, et fais appel à mon pouvoir d'immortelle. Je commence par expulser les litres d'eau qui obstruent les poumons et l'estomac ; je débarrasse le corps des parasites, en prenant bien soin de rejeter les poissons dans le bassin, de peur de leur faire connaître la mort à eux aussi. Puis je soigne les nerfs et les organes abîmés, je reconstitue les muscles et retends la peau sur les os ; j'en profite pour solidifier ceux-ci. J'efface la plupart des marques sur ma peau, creusée par les poissons et les vers. Je parviens même à faire repousser ma chevelure. Mon esprit commence à réchauffer mon corps, il faut faire vite. Je redessine mes traits brouillés par la morsure de l'eau, je recrée mes yeux et vide mes muqueuses obstruées par la vase. Je commence à sentir le poids de mon corps, mais je n'en ai pas encore fini ; je rappelle mes neurones à la vie, en tisse les anciennes connexions.
        Lorsque la première goulée d'air parvient à mes poumons encore vaseux, j'ai un hoquet et m'émerveille de ce bruit, moi qui suis plongée dans le silence spirituel depuis près de dix ans. Je me remémore comment ouvrir les paupières et redécouvre avec un bonheur sans égal le vert humide de l'herbe, le noir rugueux des roches, l'écarlate du ciel et la perfection du Palais démoniaque, dont les tours peintes au sang luisent à droite de mon champ de vision. Mon esprit étincelle de vie, il tente de faire rattraper son retard à mon corps d'enfant ; je sens mes os s'allonger et ma peau s'étirer avant de s'endurcir. Le poids de la chair me cloue au sol ; je suffoque et dois me rappeler de respirer pour entretenir le battement de ce cœur si lourd. La faim, la soif  aussi se rappellent à mon bon souvenir, tandis que la douleur me paralyse ; depuis le temps que ces préoccupations matérielles m'avaient quittée, mon esprit se cabre et je tente instinctivement de m'échapper de ce corps. Mais heureusement, je n'ai plus assez de forces pour permettre à mon âme de s'enfuir à nouveau. Une douleur aigüe me transperce la poitrine depuis quelques secondes, et je me rends compte avec consternation que j'ai encore oublié de respirer. Combien de temps me faudra-t-il avant de retrouver les réflexes de la vie ?
        A cette question s'en ajoutent d'autres : combien de temps lui faudra-t-il pour revenir ? M'a-t-il crue réellement morte, ou bien veut-il juste me laisser le temps de réintégrer mon corps ?
        Epuisée par mes respirations lourdes et irrégulières et par la lente poussée de mon corps, je referme les paupières et imagine que le feu du ciel brûle afin de me redonner des forces.

        Ce sont les pas qui me réveillent. Je les reconnais, même plongée dans ce sommeil lourd ; j'ai passé trop d'années à épier leur possesseur. Je cligne des paupières et l'éclat rougeoyant de l'armure me brûle les pensées. Il y a un fracas métallique et soudain, la gorge prise dans un étau de fer, je m'envole et suis projetée contre un rocher. Moi qui regrettais de respirer il y a à peine une heure, je lutte pour déglutir et en désespoir de cause, je m'agrippe des deux mains à la poigne impérieuse d'Orkeno. Il tressaille et je me cogne le crâne contre la pierre.
        – Que s'est-il passé il y a dix ans ? souffle-t-il, et son haleine de sang me fait défaillir.
        Je veux répondre, vraiment. Pourquoi ne me souviens-je plus comment on forme des sons ? Je finis par trouver la réponse, atterrée. Toute à ma hâte de rafistoler mon corps, je n'ai même pas pensé à réparer mes cordes vocales ; cela fait bien longtemps qu'elles ont été détruites. Un instant distraite, je tente de me remémorer le son de ma voix, lorsque mon prince resserre son emprise sur ma gorge, me faisant hoqueter. Il n'y a plus d'issue ; je dois utiliser la force de mon esprit immortel. Mais vais-je y parvenir ?
        Vous le savez, mon prince. Ils vous... S'il te plaît, esprit, fais résonner mes pensées dans son crâne. Vous le…
        Vous le savez, mon prince. Ils vous l'ont dit. Pourquoi mettriez-vous en doute leur parole ?
        – Insolente. Réponds à ma question.
        Fut un temps, vous auriez bien aimé que je vous réponde sur ce ton, votre Noirceur.
        Je ne sais pas d'où je tiens cette certitude, mais à présent je sens que tous ces silences menaçants étaient en réalité un appel à l'amitié. Forte de cette idée, j'ose ouvrir les yeux, et le regard trouble d'Orkeno me cloue à mon rocher.
        – Voyons cela. Nous as-tu attiré, ma sœur et moi, vers le bassin, afin de nous noyer et d'échapper ainsi à tes maîtres ?
        Jamais je n'aurais trahi Ektara. Vous le savez. Je me suis noyée en regrettant votre survie, désirant de toutes mes forces l'avoir sauvée à votre place.
        – Oui, murmure-t-il. Sans doute.
        Une gardienne suit, surveille, protège mais jamais ne désobéit. J'étais si fière d'être gardienne, mon prince. Malgré la brutalité de votre sœur et ses idées plus folles les unes que les autres.
        – Arrête, arrête.
        Il se frotte le bras droit contre les cornes, et le chuintement du métal me fait courir un grand frisson le long du dos.
        – C'est trop loin, dit-il avec lassitude. Trop vieux. Toi seule peut m'apporter la vérité…
        Le souvenir de ce matin n'a jamais cessé de brûler ma mémoire.
        – Ne m'interromps pas ! rage-t-il, sa voix claquant comme le fouet dont on me punissait parfois jadis. Raconte-moi à ton tour comment j'ai pu perdre la flamme royale.
        Je lui fais le récit de l'accident. Il hoche la tête, et ses yeux brillent d'un éclat vermeil.
        Je voulais seulement vous sauver, mon prince.
        – Il est trop tard à présent ! rugit-il. Je n'ai plus la flamme. L'eau me l'a prise avant même qu'elle ne puisse embraser ma gorge.
        Il me lâche brutalement et je m'écroule à ses pieds, le cou meurtri. Levant les yeux, je le regarde faire les cent pas devant mon visage.
        – N'aurais-tu pas pu empêcher cette escapade ridicule ? N'en avais-tu pas le devoir ? gronde-t-il. Stupide servante !
        Mon cœur a un raté et un bref instant, je me sens devenir aussi froide que la glace.
        Je n'étais même pas votre gardienne ! Votre inconscience n'avait d'égale que votre insolence, pourquoi fallait-il que vous échappiez en permanence à votre propre gardien ? Ni vous ni cet incapable n'aviez à craindre la morsure du fouet ! Je craignais aussi la brûlure de votre regard, je craignais les griffes cruelles de votre sœur… Je craignais tant de choses qu'aujourd'hui je me demande encore comment j'ai pu survivre si longtemps.
        Immédiatement, je prends conscience de l'insolence de mes pensées, et me recroqueville, en l'attente du coup.
        – Ainsi, dit-t-il d'une voix étrange, tu me crains ?
        Je ne sais quoi répondre. Alors je choisis la vérité.
        Plus maintenant, sire. La mort m'a vidée de toute peur, même envers vous. Il est vrai que j'ai eu le temps de vous connaître…
        – Que veux-tu dire par là ?
        Il hausse les sourcils et son regard prend un éclat dangereux. Je prépare soigneusement mes mots.
        L'immortalité de mon âme m'a repoussée loin de mon corps, votre Altesse. Je vagabondais dans tout le Palais, me plaisant à vous suivre.
        Il a un sursaut, et je tente de camoufler ma satisfaction. Elevée avec Ektara, le silence était ma seule protection contre ses colères quotidiennes. Aussi, lorsque la mort m'offrit cette invisible liberté, je pris la décision de m'instruire, écoutant et observant les seigneurs du Palais aux côtés de mon prince. En apprenant leur langage poétique et leurs phrases détournées, je voulais être capable de m'exprimer, afin de ne plus jamais avoir à me taire. Aujourd'hui, mes mots sont ma seule défense.
        – Ainsi, c'était toi… la présence que je sentais dans ma tête, et que j'aurais voulu prendre pour l'esprit de ma sœur… C'était toi.
        Je sens sa déception et cela me blesse plus sûrement que le fer de ses griffes.
        – Il y a seulement quelques heures, j'ignorais tout de cette immortalité, dit-il, se reprenant. Pourquoi donc les servantes… alors qu'Ektara…
        Je le laisse à sa peine quelques secondes, puis enchaîne, prudente :
        Je souhaite seulement vous servir comme j'ai servi votre sœur, mon prince.
        Je me mords les lèvres en me rendant compte de l'absurdité de mes dires. J'ai laissé mourir Ektara, et de toute manière son frère est à présent adulte, dépourvu de gardien. Je n'ai plus aucun espoir.
        – Oui, murmure-t-il. Tu vas devenir ma gardienne. Il le faut.
        La surprise me laisse les mâchoires béantes.
        Mais… Orkeno, je veux dire mon prince… Je… C'est impossible !
        – Le voudrais-tu ? questionne-t-il, et une flamme étrange dévore son regard.
        Je vous l'ai dit. Mais une bonne gardienne se sacrifie pour éviter la disgrâce de son maître. Vous êtes obligé de me tuer, voire de me torturer pour me punir : à présent que vous n'avez plus la flamme, votre cruauté va devoir s'affûter. Tout le Palais attend cela. Si les démons ne peuvent suivre la flamme royale telle un phare, c'est votre sauvagerie qui devra les guider et vous établir comme roi démon.
        Mes mots font vibrer mon âme et une larme roule sur ma joue. Mais ils semblent avoir provoqué l’effet inverse pour mon prince ; son aboiement de rire rauque me fait sursauter.
        – Décidément, observe-t-il avec une bonne humeur lunatique, j’ai repêché une véritable perle rare ! Il est si étrange de pouvoir discuter de la sorte avec une servante. Ton esprit est aussi affûté que ton éloquence.
        Il est si étrange d’errer presque une décennie dans le monde spirituel, et de grandir, invisible, aux côtés de son seigneur, ajouté-je en essuyant d’une main furtive les traces salées sur ma joue.
        J’ai un hoquet lorsqu’il se penche vers moi et me saisit à bras-le-corps. Je m'élève, me cramponne de toutes mes griffes à ses poings solides, vacille lorsqu’il m’assoit brutalement sur son épaule plastronnée. Je me raccroche aux gemmes incrustées dans sa corne gauche, tente de contrôler mes tremblements frénétiques et finit par demander, balbutiante :
        Orkeno, qu’allez-vous faire de moi ?
        Il se met en marche vers l’enceinte du Palais, et les barbouillages de sang qui la décorent couvrent ma vision d’un voile écarlate et brouillent mes pensées.
        –  Patience, répond-il d'un ton satisfait. La flamme royale m’a quittée, la cruauté me fait défaut, mais il me reste la ruse, et j’ai appris à m’en servir. Il est vrai que ce problème paraît insoluble… mais ne sous-estimons pas le pouvoir de la persuasion.
        Nous cheminons quelques instants, dans un silence que seuls brisent les craquements des roches friables.
        –  Sais-tu que je vais me marier ? reprend-il.
        Je tente de camoufler ma peine sous un grincement de dents.
        Bien sûr, Sire. Tout le Palais ne parle que de cela.
        –  Et que penses-tu de la future reine ?
        Magnifique, votre Noirceur. Des écailles de diamant, la grâce d’une panthère et une cruauté d’un raffinement sans égal.
        Il me semble que mes mots s’arrachent les uns après les autres de ma gorge, comme si l’on m’écorchait vive.
        –  Elle me révulse, tranche-t-il. Sa laideur n’a d’égal que sa bêtise. Si encore elle avait ton regard…
        Il prend un air pensif  et lorsque son pas ralentit, je manque de tomber à la renverse ; il lève le poing à ma hauteur et je m'agrippe à ses écailles comme si j’étais à nouveau dans l’eau noire, amarrée à ma feuille de nénuphar.
        Mais elle a été choisie par le feu du ciel… Elle porte la marque royale.
        –  Ha ! lâche-t-il, et dans ce son s'affrontent l’amertume et l’ironie. Le feu du ciel. La volonté céleste. Un beau tissu de mensonges, dont l'origine remonte à des millénaires… La seule marque que porte cette créature est celle que ma mère lui a infligée.
        Avant que je puisse réagir, il enchaîne d’une voix rendue rauque par sa marche régulière :
        –  Mais imagine que l’on découvre que la marque céleste a quitté le front de la future reine. Et plus encore, imagine la réaction de la Cour lorsqu’on se rendra compte que celle-ci est désormais marquée par (il me fixe du coin de l’œil)… la triple cicatrice des esclaves.
        Je me hérisse tandis que mon sang se fige dans mes veines.
        C’est impossible ! Ce sont nos mères qui nous scarifient, dès notre venue au monde. La marque des esclaves n’apparaît pas ainsi !
        –  Voyons, ma chère, répond-il, le regard fixé sur le Palais. Toute la Cour sait que comme les rois, les esclaves sont eux aussi désignés par la volonté céleste !
        Cynique, il étire les lèvres et je vois luire ses canines incrustées d’or.
        La vie du royaume n’est donc fondée que sur une vaste tromperie. Tous les domestiques savent que leur infériorité remonte à l'aube des temps, et qu'elle est due à l'absence d'écailles ; nos seigneurs sont-ils aveugles à ce point ?
        – Je disais donc, continue-t-il en souriant de mon trouble, que cette découverte plongerait le Palais dans le chaos le plus complet. Nos bons sujets la dévoreraient plutôt que se soumettre à une esclave. Et soudain, coup de théâtre ! (J’ai un mouvement de recul lorsque l’étincelle de la joie apparaît dans ses prunelles, remplaçant la ruse.) Voilà qu’apparaît une nouvelle figure à la Cour. Cette créature porte la marque céleste qui la prédestine à régner à mes côtés. (Un clin d’œil.) Et bientôt, tout le royaume la connaîtra sous le nom de… Comment t’appelles-tu, à propos ?
        Les esclaves n’ont pas de nom, Sire.
        Je suis parvenue à répondre, mais je n’ai plus aucune prise sur la situation. Lorsqu’il me saisit le poignet, je me crispe, attendant la brutalité naturelle de nos seigneurs. Mais Orkeno ne fait qu’approcher ma main de ses yeux, et son souffle ardent brûle mon cœur en réchauffant ma paume. Alors il me frotte le poignet avec un bruit satisfait, et je réalise que les trois lignes entrecroisées, rongées par l’eau et les poissons, ont été effacées de ma peau. Saisie, je reprends possession de ma main et me compresse le bras, comme si je pouvais faire réapparaître ma marque d'esclave et redevenir la petite gardienne silencieuse d'il y a dix ans.
        Vous devez croire vos sujets bien crédules pour penser les tromper de la sorte.
        –  Oh, ils le sont, m'assure-t-il. Un démon digne de ce nom préférera se dévorer lui-même plutôt que de l'avouer, mais le feu céleste leur inspire une profonde terreur, et jamais ils n'oseraient se dresser contre Sa volonté. (Sa voix se durcit et devient aussi tranchante que l’acier.) En notre bas monde, un souverain doit savoir maîtriser ses sujets, ou finir dévoré par son propre peuple. Et quoi qu’il advienne, je ne me laisserai pas broyer.
        Vous tromperez peut-être le Palais, mais pour ce qui est de votre famille, il faudrait un miracle…
        Il m'interrompt avec un sifflement doux.
        – Tu devrais savoir que les mots ont un pouvoir. Fais donc attention à celui-ci, conseille-t-il d'une voix calme. Dans toute cette histoire, le seul miracle digne de ce nom est la petite esclave à la langue bien pendue qui a pu faire naître l'amour dans un cœur aussi dur que le mien.
        Avec pareil cyclone dans mon crâne qui déchire et entremêle toutes mes pensées, comment pourrais-je répondre ? Mais heureusement, ma langue bien entraînée remplit son office une fois encore.
        Votre cœur n'est pas d'acier comme votre armure, votre Altesse. Mais cela fait presque dix ans qu’il se couvre de givre ; il a suffit d'un petit feu pour le réchauffer.
        J’ai l’impression d’avoir déchaîné l’enfer en lui. Il me saisit violemment les hanches, je m’envole soudain de son épaule et me retrouve plaquée contre son torse large et dur. Il m’emprisonne de son bras droit tandis que sa main gauche me bloque la nuque. Une goutte de sueur me brûle le dos, mes poumons s’affolent jusqu’à-ce que je suffoque ; lorsque j’ose entrouvrir les yeux, je découvre Orkeno plus proche de moi qu’il ne l’a jamais été. Nos regards se rencontrent, s’entremêlent ; et hypnotisée par le scintillement des gemmes minuscules incrustées dans ses iris, je ne peux que sentir mon cœur galoper en moi.
        Il ouvre les griffes ; au creux de sa paume reposent trois perles irisées, réfractant l’éclat sanglant du feu céleste. Il murmure à mon oreille :
        –  Je lui les ai arrachées ce matin, et à cette douleur j’ai ajouté celle de la triple cicatrice. A présent je sais à qui ces perles sont destinées.
        Alors ses doigts enserrent mon crâne avec force, et il commence à graver mon front de ses griffes de fer, déchirant ma peau toute neuve, saccageant mon corps laborieusement ramené à la vie. Je voudrais hurler, et si je ne peux arracher des sons de ma gorge, au moins les faire résonner dans son crâne et le faire souffrir autant que je souffre ; mais ses yeux m’imposent le silence, et mon regard vide reste verrouillé dans le sien même lorsque des larmes de sang me voilent la vue.
        Quand il a achevé son œuvre, nous sommes tous deux tachés de pourpre, et je sanglote sans bruit en sentant les perles royales me meurtrir le front. Orkeno m’essuie le visage, embrasse mes paupières emperlées d’écarlate.
        –  Voici à quoi doit ressembler une créature choisie par le feu du ciel.
        Puis il se redresse, et malgré le martyre que je viens de subir je me cramponne à lui, la seule ancre assez puissante pour me maintenir en vie. Son regard perd son éclat trouble, reprenant sa lucidité d’acier.
        –  Tu sais, on ne le dirait pas mais les démons aiment les histoires extraordinaires. Lorsque tu te dresseras devant eux et qu’ils sauront que tu es celle qui éteignit la flamme royale en mon cœur, avant d’y allumer celle de l’amour, leur rage se muera en dévotion et l’esclave sera devenue une déesse.
        Je ne peux être votre égale. Je suis née pour vivre dans votre ombre…
        L’air échappe à ma gorge, comme la lumière fuit mes yeux ; mes griffes se crispent convulsivement sur mon ventre enflammé, où grouillent les serpents de la joie et la peur. Nous passons sous les premières arcades du Palais, et les colonnes visqueuses m’observent de leurs centaines d’yeux, jadis arrachés aux ennemis du roi.
        –  Courage, murmure-t-il. Ceci est ton royaume. Bientôt le moindre démon de la contrée te connaîtra sous le nom d’Eoline, « celle en qui parle la lumière ».
        Alors je ferme les paupières, et écoute le battement régulier du cœur princier tout contre moi. Et lorsque je rouvre les yeux, seule subsiste en moi la rage de vivre, vivre aux côtés d’Orkeno, quel qu’en soit le prix.


F i n.





Le prologue en BD (enfin, en brouillon de BD, c'est très moche) :
 

------------------------------------------------------------------------------------------------
Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

→ Venez fouiller dans mes écrits... Y'en a pour tous les goûts ! :corn2:

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Mister O

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MessageSujet: Re: Celle en qui parle la lumière [-12]   Dim 28 Déc - 20:31

Salut !

Plutôt bien écrit dans l'ensemble. Trois remarques.

Sur le fond : le "quel qu'en soit le prix" final m'a un peu perturbé. J'ai eu l'impression de passer d'un truc plutôt sombre à un truc "nunuche". Ce n'est néanmoins qu'un avis personnel. Ensuite, j'ai eu du mal à visualiser tes personnages (mais sans doutes n'est-ce dû qu'à l'absence de leur description ^^).

Ensuite rien que pour chipoter, un truc que j'ai remarqué sur la forme :
Citation :
du moins, c'est ce qu'il croit, enfin ce qu'il faut qu'il croie
J'aurais plutôt mis un " - ".

Voilà voilà mais sinon très bien écrit et assez impressionnant :3

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Petit, petit, petit ! Vient voir Tonton O fou


tonimage
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MessageSujet: Re: Celle en qui parle la lumière [-12]   Dim 28 Déc - 22:20

Wouah *^*
Un moment que je voulais libérer un peu de mon temps pour lire ta nouvelle, et je ne suis pas déçue du tout !

Je retrouve là le même style que pour la Tour de Verre, toutefois bien plus sombre et dantesque comme l'a souligné O. Bien qu'ayant analysé consciencieusement le texte, je n'ai pas pu établir de parallèle avec le mythe d'Eden car je n'y ai jamais porté attention X) Aussi n'ai-je pas compris tous les tenants et aboutissants de l'histoire, mais c'était quand même un très belle lecture ^^

Sur le fond et la forme, je ne sais que dire ; car pour moi, ça semble excellent, tout est bien agencé, les dialogues et pauses sont bien marqués et les alinéas aèrent un peu ton texte même s'il se lit d'une traite vu qu'il est très prenant ^^
Pas remarqué d'erreurs, normal venant de la part d'une CDF ; et toutes les métaphores et expressions qui ponctuent le texte m'ont semblé très adéquates et bien trouvées comme "Avec pareil cyclone dans mon crâne qui déchire et entremêle toutes mes pensées" :-p

Un vocabulaire riche et adapté, beaucoup d'imagination même si ma méconnaissance du mythe d'origine doit sans doute entacher sur ma compréhension du texte ; franchement je ne trouve rien à redire et je ne m'étonne pas que tes amies aient été subjuguées en lisant ton oeuvre ^^
Je vais lire sans attendre Bêtes Noires en espérant qu'il soit du même acabit :la:
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La Lapine Cornue
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MessageSujet: Re: Celle en qui parle la lumière [-12]   Lun 29 Déc - 22:17

Merci beaucoup à vous deux d'avoir pris le temps de lire et de commenter :3

O : merci pour le "plutôt impressionnant" Cute 2 (et pour le reste en général x)) Et sinon pour le truc nunuche, bah ton impression ne m'étonne pas trop ; après tout la narratrice est quand même profondément bisounours... :niark:




Pédoncule : aaaw, merci pour tous ces éloges :la: *s'évente*
Pour le mythe, y'avait pas de grandes connaissances à avoir ; allez, même si tu n'y connais rien (comme moi) tu sais le plus gros : Adam et Eve, la pomme interdite, et paf, virés d'Eden... :niark:

Bah c'est tout simple en fait : Orkeno = Adam, Eoline = Eve (sans blaaaague), et la pomme c'est la marque divine (les perles interdites aux esclaves, avec lesquelles Orkeno, inspiré par l'amûûr d'Eoline, déjoue la loi... :la:)
Et après - je ne sais pas si tu as fait gaffe au prologue, enfin le truc en italique là x)) il s'agit d'une prophétie, qui dit qu'en gros à partir du moment où Eoline est parvenue au trône, le peuple des esclaves et celui des seigneurs démons se sont enfin métissés, et ont fini par donner naissance... aux Hommes :ffmental: Voilà la sortie du Jardin d'Eden, et la naissance de l'humanité.
Bon, après, ça dit que lorsque le sang des esclaves ne coulera plus dans les veines des hommes, bah le soleil redeviendra pourpre (ce fameux "Feu céleste" dont ils parlent tout le temps), et les hommes redeviendront des démons... L'Apocalypse serait donc un retour à l'Eden originel ? :ffmental: //SBAFF

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MessageSujet: Re: Celle en qui parle la lumière [-12]   Mar 30 Déc - 23:08

Une histoire magnifique cute
Elle ne m'a pas trop inspiré Adam et Eve aussi mais j'ai passer un excellent moment et même une révélation lors de la "résurrection" d'Eoline ça m'a fait penser à un ange qui reviens a la vie dans le monde des enfers :p

Enfin je tiens a précisé que même si j'ai beaucoup de textes à rattraper j'ai pris mon temps à lire le tiens car il est tout simplement splendide :D

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MessageSujet: Re: Celle en qui parle la lumière [-12]   Mer 31 Déc - 14:36

Oh merci Sky :la:
Effectivement, concernant l'ange dans le monde des enfers, c'est un peu ça oui ^^

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MessageSujet: Re: Celle en qui parle la lumière [-12]   Mer 14 Jan - 13:24

Wouaw ! J'aurais du le lire avant, c'est tour simplement sublime !
Tout est tellement génial que je ne sais pas quoi dire, donc ça risque d'être un commentaire plutôt inutile juste pour dire que j'adore !
Je vais donc lire la suite de ce pas. :3
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La Lapine Cornue
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MessageSujet: Re: Celle en qui parle la lumière [-12]   Sam 17 Jan - 17:50

Merci beaucoup Tiun, contente que ça t'ai plu :3
(Par contre les autres textes ne sont pas la suite de celui-ci - je sais, tout le monde gueule pour que je l'écrive, mais je ne pense pas m'y mettre un jour :-p)

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