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 Amère solitude [TP]

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MessageSujet: Amère solitude [TP]   Sam 17 Jan - 1:23

Une nouvelle fiction, écrite avec la musique d'Erik Satie "Gymnopédie n°1" ainsi que "Gnosienne n°1":


La belle solitude, instant fugitif de notre vie. Elle passe par de-là la mer, traverse les plages et nous touche au plus profond du cœur. Le vent souffle sur mes pieds, je sens sa caresse et son chuchotement: ses paroles sont obscures et ne sont compréhensibles par personne. Ce son agréable chatouille mes oreilles comme une plume, soyeuse et voluptueuse. Je marche sur le sable, je vois mes traces qui s'éloignent et qui se confondent dans le lointain. Je me demande qu'est-ce qu'être seul ? La douleur d'une âme triste, l'agonie d'un violon soliste dont l’œuvre ne sera jamais écoutée, et qui sera oubliée. Le regard plongé vers la mer, qui apparait et disparaît, rapidement et lentement. L'écume est comme les jours passés, elle subsiste quelques secondes puis se fond dans l'air environnant. Je ne sais pas pourquoi je suis ici, mais je continue. Je suis happé par l'air du large qui gonfle mes poumons comme les voiles d'un bateau. D'ailleurs un voilier fait voile, au Nord, il est debout sur la mer épaisse, et continue tranquillement sa route avant de plonger derrière l'horizon. Il me fait penser à ces rencontres étranges, à ces coïncidences dont on ne sait jamais la raison. Celles-ci troublent l'esprit mais le cœur est toujours touché, il ressent toujours cette sensation d'avoir déjà vu la personne quelque part. C'est ce qui s'est passé avec mon amie Anne. Je l'avais prise, au détour d'un café, le soir. Elle était entrée discrètement, essayant de ne pas se faire remarquer, et j'avais tout de suite été touché par la beauté fascinante de la femme. Des petits cheveux blonds s'écoulaient sur son dos, des grand yeux bleus, limpides comme le ciel azur le matin et ses petites mains d'artisane. Ces petites mains allaient modeler mon bonheur, mon bonheur d'amitié, en malaxant mes plaisirs et en construisant notre relation. Son regard, subtil et intense, suivaient sans cesse le mouvement et l'expression de ma tête. Quelquefois le rire la prenait et c'était un cadeau de l'entendre.

Le grand bleu était si beau. Je me sentais seul face à cette immensité, j'étais un atome, un grain de poussière. Et ce grain de poussière n'en brillait pas moins. Je revivais dans ma tête les bon moments de ma vie, ils défilaient, c'était un manège enchanté où se mêlaient les paroles, les senteurs et les vues des endroits que je connaissais. Je faisais une halte au Havre, puis j'étais transporté dans le calme de Rome et ensuite je reconnaissais ma maison natale, à la campagne. De larges chênes enserraient cette petite maison avec de larges fenêtres. Par là entrait l'air pur de la campagne, qui flottait entre deux pièces. Nous le sentions, c'était un mélange de fleurs, de joie et de bonheur. Combien d'années avais-je passé là ? Je ne savais pas et pourtant elles m'apparaissaient si proches, si près de moi mais elles étaient envolées. Les souvenirs d'enfance s'égrenaient, s'égrenaient sur ma conscience. Mes sœurs, mes parents réapparaissaient, leur sourire imprimé dans mon esprit. C'étaient des esprits du passé et pourtant si vivants. Vivants dans mon imagination, je voulais les toucher, mais hélas déjà, la solitude revenait, comme un tourbillon qui vous emporte. Les nuages, clairs et étirés, filaient le ciel. Ils étaient beaux, ces géants d'air et de brume qui se dissipaient quand le Soleil revenait. Ils fuyaient alors vers le lointain, cherchant un abri, un refuge. Les herbes s'amusaient, elles se tordaient et se pliaient. Je continuai ma route machinalement, je trouvai un jeu de cerceau par terre. Il était en bois et présentait des signes d'usure, il avait sûrement été laissé là par un enfant, dans son entrain et sa joie de vivre.

Je le pris et je commençai à jouer, en courant de tous les côtés, en ne faisant guère plus attention à l'environnement qui m'entourait. Je faisais de grands gestes de bras, je les tendais afin de ne pas perdre le cerceau qui tournait à grande vitesse. Je ne le voyais presque plus car j'allais trop vite, il me semblait désormais comme un objet d'un rêve, insensé et pourtant présent. Je faillis perdre mon chapeau mais j'eus de la chance, ce jour-là. Le sable apportait des bosses qui rajoutaient de la difficulté. Quelquefois, la mer remontait comme une mère furieuse et inondait mes pieds, nus. J'avais joué avec envie et avidité, mon âme d'enfant s'était réveillée. Combien de temps avait-elle été enfouie sous les tonnes de responsabilités ? Elle était enfin sortie des décombres. Mon âme divaguait et se prenait au jeu de ces futilités. J'avais l'impression de rajeunir, comme si la rose qui avait fanée, renaissait. Une nausée monta tout le long de mon corps, je la sentais, dedans et dehors. Elle me provoquait une douleur intérieure, un déchirement qui n'exprimait pas de gémissements. Cette nausée était sèche et rapide, je ne l'avais pas vue venir. C'était la solitude qui revenait, déjà, je lâchai le cerceau et il était emporté par la mer....

Un chien était au fond, retroussé, il dormait sur les larges herbes qui bordaient le littoral. Quand je le vis, je commençai à marcher vers lui, doucement. Je ne faisais aucun bruit, seulement mon souffle, qui était entrecoupé de quelques paroles arrachées à mon âme. Je ne devais pas le réveiller, pour cela je faisais très attention aux bruits que je provoquais. Je ne devais pas troubler son repos, surtout pas. Je voulais voir cette figure, animale. Il était marron, et avait de longues oreilles tombantes, son museau était assez petit. Il avait l'air d'être vieux. Il était couché sur un buisson, il semblait bien dormir. Je voulais absolument le prendre et le caresser. Il me rappelait un chien que je voyais quelquefois chez moi quand il faisait tard. C'était un chien errant qui s'échappait à chaque fois quand on s'approchait de lui. Je voulais absolument palper la fourrure de la bête et ressentir cette petite vie battre sous ce cœur fragile. Le soleil commençait à décliner, et le ciel se remplissait de teintes orangées, bleues et rouges. C'était un feu d'artifice, les nuages, grisonnants, étaient partis. La mer avait désormais un bleu profond, impénétrable, dont on ne pouvait deviner les secrets. Le vent soufflait toujours mais avait changé de direction. Quelques goélands volaient paisiblement par dessus ma tête, ils faisaient leurs bruits habituels. Monotonie, monotonie, monotonie.... Je pris le chien dans les bras, il était incroyablement doux. Ses yeux s'ouvrirent et je vis deux prunelles noires. Je voulais sonder son esprit et pourtant je ne trouvai rien, que l'expression d'un animal indolent. Je le serrai contre moi, lui tenant les pattes et la tête. Il me mordit et s'enfuit. Le brouillard arrive, c'est encore elle, cachée, elle vient me dire que je n'ai point d'amis, ni de famille. Elle m'accable. Son arme est la mélancolie du monde. Elle l'utilise contre moi. La mélancolie, la tristesse des choses passées. Solitude, tu n'as qu'un nom et pourtant tu m'accables de mille maux...





Correction :
 


Dernière édition par Lolo le Sam 17 Jan - 18:42, édité 1 fois
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La Lapine Cornue
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MessageSujet: Re: Amère solitude [TP]   Sam 17 Jan - 16:23

Un texte très mélancolique, comme tu dis si bien :-p
J'ai beaucoup aimé cette ambiance, on voit bien la scène sur la plage, l'homme solitaire qui marche dans le sable. Et le style, juste magnifique ! De belles comparaisons et métaphores (les nuages, géants d'air et de brume, qui fuient vers le lointain... cute), vraiment. Je trouve juste que le passage avec le souvenir d'Anne fait un peu cheveu sur la soupe, peut-être trop précis, ou juste... je sais pas x)

Deux phrases qui m'ont interpelée, je te laisse voir pourquoi ^^

Citation :
Elle était entrée par une porte

il avait sûrement été laissé là par un enfant passant par là

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Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
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MessageSujet: Re: Amère solitude [TP]   Jeu 22 Jan - 8:56

Pas d'autre commentaire ? :hap:
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Amère solitude [TP]
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