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 El Torero

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Matt-V

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Masculin Balance Messages : 16
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MessageSujet: El Torero   Lun 16 Mar - 16:08

El torero


Il faisait clair, un jour de ciel dégagé illuminant l'herbe des belles provinces espagnoles. Le soleil lourd tapait violemment les grandes plaines de menthe et d'émeraude. Ces terres abritaient la légende des légendes, le maître des maîtres : Paco Piesu. Dieu dans l'art du combat contre des colosses de la nature, il affrontait les bêtes à bras le corps, il les maîtrisait malgré la force que les cornes des monstres délivraient. Il était un chasseur de démons, fort comme ceux qu'il affrontait. Paco tuait ces bêtes, seuls ces cadavres pouvaient conserver son honneur et son titre. Ils le certifiaient "être le meilleur de tous" dans la féerie morbide de la corrida. Le public acclamait ses actes, il l'encourageait même à continuer sa danse. Macabre mais artistique, un homme se postait souvent en haut des tribunes afin d'immortaliser la mort qu'il engendrait dans son activité quotidienne. C'était un bel, très bel assassin, vénéré par le maître de la mort et de la cruauté lui-même. Il était marié à une charmante femme qui avait captivé le cœur d'acier de cet homme. C'est après avoir offert son amour sous forme de rose à cette femme que Paco devina bientôt qu'il terminerait en beauté sa carrière de gladiateur taurin. La femme était aujourd'hui enceinte d'un petit homme qui prendrait sûrement la place du père dans son commun artistique. Le dernier combat entre la bête et l'homme était d'une intensité vulgaire. L'homme esquivait les tentatives mortelles d'empalement du monstre, car il ne se battait pas vraiment contre lui mais contre l'image qu'il renvoyait au public. Celle-ci ne devait en aucun cas se salir, au grand jamais cela ne devrait se produire. Il jouait donc avec le temps et la patience de l'animal. Mais il était fatigué, pas d'un épuisement moral, ses muscles endoloris avaient atteint leur seuil de tolérance à un nouveau combat. Le taureau ayant senti cette faiblesse se mit à jouer avec l'épuisement de l'homme cette fois-ci. Puis un coup de tête sur la côte suffit à la bête pour envoyer son adversaire dans les airs. Une blessure irréparable se dessina sur son corps qui trouva les dernières doses d'énergie pour se relever et faire de nouveau face au monstre en lui disant:
- "Je crois que c'est terminé pour moi. Mais mon fils deviendra le plus grand tueur de tes semblables."
Le taureau stoppa, il se mit même à reculer lorsqu'il entendit ça et vit l'homme se tenir la côte en lâchant son poignard qu'il était censé utiliser pour égorger l'animal. Mais c'était fini pour tous les deux. Le public réclama le terme du combat mais Paco ordonna la survie de l'animal dont la mort sera retardée de plusieurs années, le temps que le fils devienne ce que son père souhaitait plus que tout au monde.

Paco étant à la retraite, la famille se contentait maintenant d'une intense culture d'orange pour subvenir aux besoins. Seules deux personnes s'occupaient de cette signature familiale Paco et Marina, son épouse toujours enceinte depuis maintenant neuf mois. La nouvelle vie qu'elle portait rongeait la sienne jusqu'à l'affaiblir. Un après-midi elle rentra suintante à mort devant le mari qui se massait la côte avec un produit à base de plantes.  
- "Je suis vraiment désolée, je suis vraiment épuisée, le petit n'arrête pas de s'agiter." Fit-elle en se soutenant sur le rebord de la table et tenant son ventre.
À son visage on pouvait voir que sa fatigue était bien plus intense qu'elle ne voulait l'admettre.
- "Ne t'inquiètes pas ma chérie, repose-toi. Je vais m'occuper de la récolte aujourd'hui. Et lorsque mon fils sera enfin là je lui apprendrais tout ce qu'un grand torero doit connaître et un jour il suivra mes traces pas à pas sur le chemin d'un grand artiste."
- "Ne crois-tu pas que notre fils sera trop sensible pour apprendre jeune ton activité artistique ?"
- "Ce sera un homme. Et tout homme ne devrait pas craindre de tuer quelque chose pour le bien. Il sera fort et brave, tout comme moi, mon père, et son père..."

L'heureux événement arriva bien vite, lorsque le brave homme termina sa phrase la pauvre femme venait de perdre les eaux et souffrait déjà d'affreuses contractions. Son épuisement était déjà en état d'alerte alors si en plus elle devait supporter cette nouvelle épreuve ce serait malheureusement une de trop.
Le docteur arriva au domicile et entra dans la chambre afin d'accompagner la femme dans les derniers instants de souffrances. Les cris retentissaient, puis des pleurs s'ensuivirent, le fils de l'homme venait enfin de voir la vie commencer. Le médecin sortit de la chambre, berçant le nourrisson dans ses bras qu'il offrit à l'homme heureux comme l'enfant que deviendrait le fils après quelques années. Il ne pleurait pas car c'était un brave qui avait affronté plus d'une fois la mort et qui l'avait même domptée.
- "Te voilà enfin parmi nous, Jason Piesu, mon brave garçon. (Le petit arrêta de pleurer dans les bras musclés de l'homme.) Tu es déjà fort comme ton père, je te félicite. Ma chérie je suis fier que tu aies pu m'offrir une telle descendance, je ne pouvais rêver mieux."
Le docteur plaqua une main sur le torse de l'homme avant qu'il n'ait eu le temps de rentrer dans la chambre. Puis il secoua lentement la tête sans sourire.
La femme gisait là comme une œuvre non achevée, bien qu'elle l'était déjà. Sa respiration s'était arrêtée, son épuisement l'avait trop handicapée, la mort avait gagné sur ce coup. Le choc du père ne se reflétait aucunement sur son expression, mais il ressentait quelque chose, car son sourire avait disparu. La colère semblait l'envahir, elle montait en flèche.
- "Je suis désolé monsieur, mais nous ne pouvons plus rien faire pour la ramener." Fit le docteur en rangeant son matériel.
- "Il a tué ma femme..."
- "Pardon ?"
- "Ce petit a tué ma femme. À peine venu au monde il affronte déjà la vie et il enlève celle de ma femme, comment est-ce possible ? Mes convictions étaient-elles trop intenses ?"
- " ... Je n'en sais rien, monsieur. Mais il faudrait que vous passiez à mon cabinet un jour ou l'autre." Fit le médecin en fermant la valisette.
- "... Je vais t'élever comme le meilleur tueur de taureaux, mais pas comme un tueur tout court. Fais-moi confiance mon garçon, tu seras brave et fort, à un tel point que même les armes seront inefficaces contre toi."
L'homme alla chercher le poignard dont il se servait pour soutirer la vie de toutes les créatures qu'il avait vaincues. Il embrassa le front de sa femme en plaquant le sien dessus.
- "Tu verras ma chérie, ton cadeau ne sera pas gâché, je t'en fais la promesse."

Les années passèrent depuis ce jour, le garçon avait maintenant dix-huit ans. Il était grand, beau et brave comme le voulait son père, mais il lui manquait quelque chose, cette chose que le père souhaitait avant tout voir dans les yeux de son fils: la détermination. Jason n'avait encore démontré aucune marque de violence envers quoi que ce soit, ce qui inquiétait le père. Lorsqu'il voyait son fils cueillir les oranges une à une et leur parler pour savoir si cela ne les dérangeait pas qu'on se serve de leur vie pour préserver la leur cela faisait serrer les dents de son père. La récolte était de toute beauté, jamais aucune année n'avait été aussi fructueuse. Même leur voisin, surnommé Gazpacho, passait souvent dans la villa pour en savoir plus sur les récoltes. À croire qu'il les convoitait, chaque jour il en demandait le bénéfice, ses yeux s'illuminaient lorsque le père lui donnait sa réponse. Monsieur Gazpacho était l'un des rares cultivateurs de la région qui avait un tracteur, l'une de ces machines puissantes que l'on ne trouve que dans certains commerces et qui coûte une véritable fortune. Toutes les économies de son élevage avaient dû y passer. Mais le fils n'aimait pas comment cet homme, au chapeau bien trop grand, étudiait les chiffres de la famille Piesu. Le père semblait ne se rendre compte de rien, ou alors en était-il conscient et souhaitait-il négocier un prix favorable au voisin envieux au regard cupide. Mais Jason savait pourquoi ces conversations avaient constamment lieu. Il était jeune, mais pas idiot, le père misait tout sur la carrière de Torero de son fils. Depuis la mort de sa mère, Jason n'arrêtait pas de voir son père se surpasser pour que le jeune apprenne le vrai métier qui rapporte. La gloire dans chacune de ses représentations, c'est ce qui faisait et ferait la fierté de la famille Piesu. Mais le fils était différent de ce que son éducation l'avait poussé à devenir. Il était doux, réfléchi et voyait en la nature et les animaux quelque chose de merveilleux, d'inégalable en tout point. Il aimait parler et avoir la compagnie d'animaux, ce qui mettait mal à l'aise le chef de maison qui se consternait de plus en plus de ce résultat, cela lui donnait une douleur immonde qui le rongeait lentement.

Un jour que le soleil brillait une fois de plus de mille cristaux de diamant dans le ciel, le voisin vint faire sa petite visite quotidienne, toujours observant avec attention et envie la couleur et la beauté des oranges de la famille. Les champs s'étendaient à perte de vue, mais s'arrêtaient net en n'ayant qu'une petite bute de terre pour séparer les deux terrains.
- "Alors voisin, et les récoltes ça avance?"
- "Comme tous les jours voisin. C'est Jonas qui s'en occupe, je n'ai plus la force pour récolter de pareilles quantités d'oranges."
- "Oui le petiot. Parlons-en justement, il semblerait que ton fils se méfie de moi constamment. J'ai toujours droit à un regard sombre de sa part et il ne m'a jamais adressé la parole. As-tu vraiment réussi à le transformer en ce que tu voulais ?"
- "Oui, bien évidemment. Mon fils est mon portrait craché, c'est le descendant de la famille Piesu, il est normal qu'il en devienne le symbole même."
- "Crois-tu qu'il soit réellement comme tu l'imagines ? Ce petit parle même aux fruits qu'il cueille. Es-tu sûr que c'est un tueur ? "
- "... Bien évidemment et je vais te le prouver. Jonas ! Viens voir ! " appela le père d'un signe de main.
Le garçon arriva en trottinant et le père rentra dans la demeure afin d'aller récupérer quelque chose. Il ressortit une carabine à la main, et une cage contenant un petit cochon nain aux poils noirs.
- "Tu connais évidemment notre voisin Jonas. Il travaille comme éleveur." Fit le père.
- "Ravi de te rencontrer Jonas." Fit l'homme en tendant sa main.
Jonas ne lui jeta qu'un regard mauvais sans même lever la main, il se tourna de nouveau vers son père.
- "Que puis-je père?"
- "Jonas, je veux être sûr que mes efforts ont porté leurs fruits et ont fait de toi l'homme brave que je voulais que tu deviennes. Tiens donc ça." Fit-il souriant en lui tendant la carabine.
Jonas la prit automatiquement et la porta à deux mains en attendant la suite.
- "Je veux que tu tues ce cochon." Fit le père en ouvrant la cage.
L'animal s'enfuit à toute vitesse sur le chemin en criant comme un fou. Jonas le regarda sans même lever l'arme pour le pointer; il regarda son père.
- "Je dois tuer ce cochon?"
- "Tue ce cochon. C'est ce que je t'ai demandé, oui."
- "... Non."
Le père fronça les sourcils et serra les dents sans ouvrir la bouche.
- "Jonas... Abat ce cochon tout de suite."
- "... Non père, je ne tuerai pas ce cochon."
- "Ton père t'a donné un ordre, donc vise ce cochon et descends-le, si tu ne l'as pas descendu au bout de dix secondes tu le regretteras."
Le fils se tourna en silence et regarda la bête courir pendant que son père décomptait les secondes à haute voix. Jonas porta son arme contre son épaule et visa la bête. Les secondes parurent longues comme des heures, il souffla un coup puis sentit l'énergie du cochon dans sa tête et vit la bête s'étendre immédiatement au sol une fois que le coup serait porté. Mais alors qu'il ne lui restait que trois secondes pour tuer l'animal, Jonas visa le ciel et tira la cartouche. L'animal terrorisé s'enfuit et Jonas se tourna pour faire face à la réelle menace qui l'attendait maintenant : le courroux de son père.
Le voisin ébahi autant que le père étudia le garçon. Quel genre de tueur était-ce là ? Gazpacho se tourna enfin vers le chef de famille.
- "Je te l'avais dit."
Le père, démuni de toute expression, s'approcha du garçon qui lâcha la carabine au sol et se sentit prêt à recevoir ce qu'il méritait.
Jonas ferma les yeux, puis le père se retrouva devant lui. Il leva la main, puis la posa sur la nuque du garçon qui rouvrit doucement les yeux. Un demi-sourire parcourut le visage du père qui posa son front sur celui du fils.
- "Je m'en doutais." Fit la voix dure du père.
Celui-ci balança son poing directement dans l'estomac du garçon qui ouvrit la bouche en émettant un gémissement. Le père retira doucement son poing et parla dans l'oreille du garçon.
- "Tu n'es qu'une fillette, tu es la honte de la famille, tu ne vaux rien."
Le fils tomba à genoux, le père ramassa l'arme avant de se diriger de nouveau vers le voisin. Tous deux marchèrent à l'intérieur de la maison et Jonas s'allongea au sol, une larme chutant de son œil.

Le lendemain, le père n'avait toujours pas dit mot. Il était assis à table, se tenant le front de la main et fixait le bois.
Jonas descendit les escaliers et s'apprêta à sortir en toute hâte quand il entendit les paroles de l'autre homme.
- "18 ans... 18 ans que ta mère nous a quittés, où je lui ai promis que je ferais de toi la descendance rêvée de toute la famille. (Il leva les yeux). Mais tu es tout le contraire et je me déteste car je n'ai pas remarqué plus tôt que je ne pouvais rien tirer de toi. Pourquoi? Qu'ai-je donc fait de mal?"
- "Tu as assassiné des innocents toute ta vie, il est normal que Dieu te rende la pareille."
L'homme attrapa une casserole et l'envoya sur le fils qui se protégea avec la porte.
- "Comment oses-tu dire ça ?! J'ai tenu tous mes engagements et voilà ce que je reçois en échange : le contraire de ce que je voulais. Un homme qui a un cœur de lavette dans ce solide torse que tu n'as même pas mérité ! Pourquoi n'es-tu pas comme j'ai décidé que tu sois, élevé en tueur de taureau et même pas capable d’abattre une saleté de porc !"
- "Je ne suis pas un assassin ! "
- "Quoi ?!..." Il se rapprocha doucement de la porte ouverte en dégainant son doigt. "Oh mais si crois-moi. Tu es un tueur, tu es même le tueur que j'ai créé moi, de mes propres moyens pour préserver la fierté de notre famille qui fait aujourd'hui notre valeur auprès de tous."
- "La valeur ?! Quelle valeur ?! Nous ne valons rien auprès de tous ! " Jonas sortit une orange de sa poche et insista. "C'est ça qui a de la valeur de nos jours ! Ça ! Plus tes petits tours de galipette avec tes taureaux ! Tu ne valais pas mieux que les bêtes que tu tuais en étant ça ! "
- "Sale petit..." l'homme courut jusqu'à l'entrée où Jonas s'échappa à toute vitesse.
Le père s'empara de la pelle qui se trouvait dans l'entrée et suivit le fils qui continuait à reculer tout en énonçant ses paroles sans répit.
- "C'est ça qui fait notre fortune d'aujourd'hui ! Ce sont les cultures que nous travaillons ensemble depuis dix-huit ans. Je t'ai rapporté plus de richesses en dix-huit ans que tu n'en as ramené dans toute ta vie père. Vois ce que notre famille est devenue ! La meilleure exploitation d'oranges de toute la région et tu voudrais mettre une croix sur ça ?!"
- "Je voulais faire de toi un homme et j'ai échoué ! Je pensais vraiment que j'y arriverais, mais la déception a un goût nauséabond dans ma bouche. Tu es la pire chose de ma vie, et tu as tué ta mère !"
- "Comment ?" fit le fils tétanisé.
- "Elle est morte à ta naissance, juste après que tu sois né. C'est ta venue au monde qui a détruit sa capacité à survivre. Tu l'as tuée en sortant de sa vie, et j'ai promis que je compenserai ce manque en faisant de toi l'homme qui sauvera notre famille. Mais voilà ce que nous avons aujourd'hui, des hectares et hectares de pur gâchis, rien ne vaut plus rien ici si tu n'es pas ce que je voulais faire de toi."
- "... De pur gâchis? J'ai récolté ces fruits avec amour depuis toujours. Aujourd'hui nous sommes riches et tu es aveugle devant ceux qui veulent te soutirer cette richesse. Gazpacho ne pense qu'à ça, il ne voit que l'argent qu'il y récoltera en possédant ces terres à son tour, il n'attend plus que ta mort pour qu'il puisse racheter ces terres et qu'elles lui appartiennent à tout jamais en emportant avec lui ce qui fait toutes nos richesses. Je ne gaspillerai plus de mon temps pour cueillir un seul fruit, je m'enfuirai loin et irai vivre ma vie, là où moi seul pourrai la contrôler ! "
Jonas envoya une orange sur son père qui la rattrapa et la regarda.
- "Tu sais ce que j'en fais de ton beau petit rêve, sale ingrat ? Je le croque à pleines dents." Fit le père en mordant dans l'orange et la mangeant en entier.
Mais ce repas semblait l'avoir affaibli jusqu'à le faire tomber au sol et se tenir le ventre en criant à mort. Une fois de plus un combat intense contre la mort se déchaînait sur lui, et cela semblait être son ultime combat. Mais avant même que le médecin n'arrive en urgence, l'homme perdit tout signe de vie et mourut dans une circonstance atroce qui se découvrira être deux guêpes l'ayant piqué à l'intérieur du corps.
- "Je suis désolé pour votre père jeune homme." Fit le médecin en fermant de nouveau sa valisette, dix-huit ans plus tard.
- "Ce n'était plus mon père..."

Trois jours passèrent, Jonas était enfermé seul dans le salon et la réflexion l'envahissait depuis maintenant quarante-huit heures. Il n'avait pas dormi et n'avait juste mangé et bu que deux fois. Comme il était prédit, les terres  revinrent rapidement aux mains de Gazpacho qui était "tellement désolé" de la mort du grand héros Piesu. Celui dont tout le monde parlait.
Jonas regarda par la fenêtre et découvrit au loin une silhouette qu'il n'avait encore jamais vue. Elle était imposante et sombre. Il se leva pour aller l'admirer à la fenêtre, et vit pour la première fois le grand tracteur de Gazpacho venir directement aux portes de la maison Piesu. Jonas sortit et marcha le long du chemin jusqu'au tracteur chantant sa cacophonie insupportable. Monsieur Gazpacho en descendit d'un bond avec un sourire fier. Il montra la bête des mains.
- "Sacré morceau, hein le jeune ?" Il admira ensuite les étendues impressionnantes des cultures d'oranges. "Ça fait un sacré morceau, mais je suis sûr que ton père me l'aurait vendu tôt ou tard, alors sans rancune, hein ? Tu peux surveiller mon bébé, je vais chercher les outillages ? "
Monsieur Gazpacho s'éloigna, Jonas regarda le tracteur muni de tout ce que la technologie pouvait apporter de nouveau pour un engin pareil.
Il regarda ensuite la carabine adossée au mur extérieur de la maison et regarda de nouveau Gazpacho. Un meurtre? Non... Plutôt une punition. Il courut à l'intérieur de la maison et fouilla les tiroirs de sa chambre jusqu'à tomber sur ce qu'il voulait. Le poignard que monsieur Piesu lui avait fait caresser aux premières secondes de sa vie. Jonas n'y avait plus jamais retouché, mais aujourd'hui était un nouveau commencement. Jonas ressortit et tel un meurtrier planta la lame du poignard dans les pneus de la machine, il perça même le réservoir d'huile dessous. Tout ce qu'il pouvait percer, il le perça. Puis ayant fini son œuvre il remarqua l'ombre de la machine à terre, celle-ci ressemblait à une sorte de taureau, ce qui le rendit fier. Il admira le soleil au zénith qui tapait si fort que la terre brûlait. L'huile s'écoulait doucement en un petit ruisseau sombre allant jusqu'à la frontière des plants. Les pneus se dégonflaient tandis que la machine se renversa petit à petit sur le côté et tomba en aspergeant toute les plantes à proximité d'une douche d'huile. Le rétroviseur se cassa et atterrit plus loin, dont la face vitrée visait directement l'éclaboussure d'huile. Au bout de quelques secondes, monsieur Gazpacho revint en courant en se tenant la tête, horrifié par le spectacle qui se présentait à lui.
- "Mais que s'est-il passé ?!"
À ce même moment, la chaleur du rayon réfracté enflamma l'huile sur les plantes et un incendie prit immédiatement avec la quantité de liquide éparpillé autour. Le champ prit feu tandis que Gazpacho paniqua de voir le trésor partir en fumée aussi rapidement. Il cria, puis le tracteur entra en contact avec les flammes et finit par ne plus supporter la chaleur, il explosa, la déflagration inonda davantage le champ d'une prairie de flammes impossibles à arrêter.
- "Vite, il faut protéger mes cultures! Le feu va se propager partout !" cria l'homme.
- "C'est inutile... le feu n'ira pas jusqu'à vos cultures." Fit Jonas qui resta figé devant le spectacle.
En effet, le feu s'arrêta aux abords du champs et ne se propagea pas plus loin, comme si une ligne invisible au niveau de la butte bloquait les cultures du voisin mais tuait celles de la famille Piesu. Jonas resta un moment à admirer les flammes avant de se rendre compte que tout ceci avait finalement quelque chose d'étrange et de beau à la fois.
- "Merci" fit-il en fermant les yeux et levant la tête au ciel.

Trois années passèrent. Jonas était splendide dans son costume de torero, il n'attendait plus que l'adversaire qui lui ferait face. Armé d'une cape et de son poignard il se tenait droit et ressemblait trait pour trait au héros qui avait autrefois envahi ces lieux de vénération et beauté. La bête sortit, un des plus beaux taureaux que l'on n'ait jamais vu. Excité comme jamais, Jonas l'admirait sans sourire, mais bien trop sérieusement. Le taureau regarda tout autour de lui, puis se tourna finalement vers Jonas qui s'approcha de la bête figée, admirant le couteau avec attention. Il se retrouva bientôt à moins de deux mètres d'elle qui était toujours paralysée mais n'était plus méfiante. Jonas sentit une énergie émaner de sa tête, puis  regarda son poignard et se tourna enfin vers la bête. Il lâcha l'arme qui tomba à terre, le taureau leva la gueule vers son adversaire qui ne lâchait pas prise sur son regard.
- "Je ne suis pas un assassin..."
Il posa sa main sur le museau du taureau qui se laissa faire. Il s'inclina respectueusement devant son adversaire, qui prit lentement la même pose. Jonas passa ensuite sa main sur la tête de la bête et posa son front contre le sien.
- "Je ne serais jamais un assassin..."
Le taureau remua la queue, un silence de mort résonna dans le public...

Voilà, j'espère que cette histoire vous plaira ^^. Matt Vicedo.






Correction (merci d'en prendre connaissance:
 
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La Lapine Cornue
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MessageSujet: Re: El Torero   Sam 11 Avr - 18:18

Alors alors.

1) Tu m'as tuée avec tes petites lettres, je te supplie de grossir un minimum la police... D:

2) J'ai pris la liberté de passer des lignes entre les différentes parties de ton histoire, essaie d'y penser la prochaine fois sinon c'est carrément indigeste à lire *pteuh pteuh*

2) J'aime bien l'histoire, c'est original et tu as des passages où tu nous mets vraiment dans l'ambiance, comme :
Citation :

Il faisait clair, un jour de ciel dégagé illuminant l'herbe des belles provinces espagnoles. Le soleil lourd tapait violemment les grandes plaines de menthe et d'émeraude. Ces terres abritaient la légende des légendes, le maître des maîtres : Paco Piesu. Dieu dans l'art du combat contre des colosses de la nature, il affrontait les bêtes à bras le corps, il les maîtrisait malgré la force que les cornes des monstres délivraient. Il était un chasseur de démons, fort comme ceux qu'il affrontait.

Et puis rien que l'énorme contraste entre Jason et son père (j'adore Jason *^*), et le fait, très dur, que le premier devienne matador malgré sa haine de la mort, à cause de son père. Et la chute finale, oui, je m'en doutais un peu mais ça m'a bien plu ! :la:


4) Après tu ne t'es sans doute pas documenté sur la corrida, c'est dommage... Ou alors c'est juste des effets de style, mais dans ce cas-là c'est bizarre. Par exemple, même moi je sais - ceci n'est pas peu dire - que c'est une épée et non un poignard qui est utilisée pour mettre à mort le taureau, et également qu'on n'égorge pas le taureau mais qu'on lui porte un coup d'estoc, un coup bien droit soigneusement calculé qui doit transpercer le garrot à la verticale afin de le paralyser, tchac. Enfin, lorsqu'il est bien tué.
Bon, à ce stade-là je vais aller vomir, je reviens dans 5 minutes.

Bon après le prénom Jason pour un fier Espagnol m'a faite tiquer, mais bon après je me suis dit que c'était peut-être en rapport avec la Toison d'or. Okay. ^_^

Sinon un autre truc qui m'a sciée (désolée, je pointe tous les trucs qui m'ont parus étranges, tu auras le droit de me tuer après), c'est le fait que Jason et son père - voire Jason tout seul en fait - soient deux pour gérer une aussi grande exploitation d'oranges Ô_____o Soit Jason est un surhomme, soit ils sont trop pauvres pour embaucher des cultivateurs ou jardiniers (ce qui m'étonnerait quand même, pareille culture doit rapporter, non ? xD )... Mais bon en général, à partir du moment où c'est une vraie exploitation et pas juste un potager, y'a bien quelques employés pour aider au boulot... Bon après ça reste secondaire.

Quelques petits trucs qui m'ont parus tirés par les cheveux (oui oui attends, je vois déjà ton air furax et carnassier, laisse-moi finir je t'ai dit que tu pourrais me manger après, namaiho !)
la mort du père (ou alors c'est la manière dont tu le dis, mais en tout cas ça m'a fait rire - alors que c'est plutôt tragique comme scène, désolée, les deux guêpes qu'il a... avalées ?! c'était trop pour moi xD)

AAAAAAAH ATTENDS ATTENDS j'ai vu un truc, là Ô_____o
Je viens de me rendre compte que Jason devient Jonas à la moitié de l'histoire, faudra que tu remédies à ça :-p

Bref, je reprends (non c'est pas fini, je suis toujours dans les points faibles, là) : à la toute-fin, l'épilogue où Jason-Jonas est devenu torero, je me suis demandée si c'est son premier combat ou pas. Je t'explique le dilemme :
1) ce ne peut pas être le premier puisque les toreros s'exercent énormément avant de se produire devant un public
3) si ce n'est pas le premier, alors il a déjà tué/blessé des taureaux auparavant et cette dernière scène est un déclic (bizarre mais possible)
Voilà, faudrait que tu clarifies un peu cette situation de torero cute

...
J'en étais où de mes numéros, moi ? //SBAFF

AH OUI
Les formules/phrases mal tournées.
Citation :
Le taureau stoppa, il se mit même à reculer lorsqu'il entendit ça
le "lorsqu'il entendit ça" casse brutalement le niveau soutenu et élégant que tu maintenais avant. Peut-être que remplacer juste le ça par un "cela" suffirait ^^
Citation :
- "Ne crois-tu pas que notre fils sera trop sensible pour apprendre jeune ton activité artistique ?"
Haha, son activité artistique rire2 C'est très... euh, doux pour qualifier la corrida, je veux dire, c'est pas de la peinture quand même... C'est effectivement considéré comme de l'art, mais un art du combat quand même x)
Citation :
C'est ta venue au monde qui a détruit sa capacité à survivre.
Nom d'un chien, je te décerne une médaille pour la destruction de sa capacité à survivre :la: Sérieusement, j'adore les néologismes et formules inventées comme celle-là, mais, euh, détruire la capacité à survivre, c'est, euh... indigeste à lire et carrément tordu pour dire juste "tuer". :-p
Citation :
Fit le père en mordant dans l'orange et la mangeant en entier.

Là, tu vas me tuer mais ça aussi ça m'a faite rigoler en imaginant la scène rire2 Dis donc, pour gober entièrement une orange sans même la peler, il a l'estomac solide le père !
Bon d'accord, je vais me pendre.
Citation :
Le rétroviseur se cassa et atterrit plus loin, dont la face vitrée visait directement l'éclaboussure d'huile
Là j'ai pas compris le truc de viser directement l'éclaboussure d'huile... Je ne visualise pas trop ce que tu veux dire.
Citation :
Jonas sentit une énergie émaner de sa tête
Bizarre, bizarre.//SBAFF


Bon, j'ai sans nul oublié des choses mais voilà, c'est ce qui me reste en tête.


Et maintenant, ce que tu attendais désespérément depuis le début : les points positifs :la:

Les scènes et phrases qui en jettent :
Citation :
Lorsqu'il voyait son fils cueillir les oranges une à une et leur parler pour savoir si cela ne les dérangeait pas qu'on se serve de leur vie pour préserver la leur
Tu mérites une médaille, là ! ça m'a fait tellement rire et tellement Cute 2
Citation :
- "La valeur ?! Quelle valeur ?! Nous ne valons rien auprès de tous ! " Jonas sortit une orange de sa poche et insista. "C'est ça qui a de la valeur de nos jours ! Ça ! Plus tes petits tours de galipette avec tes taureaux ! Tu ne valais pas mieux que les bêtes que tu tuais en étant ça ! "
Très bien vu. J'aime le truc du "C'est ça qui a de la valeur !"
Citation :
Elle était imposante et sombre. Il se leva pour aller l'admirer à la fenêtre, et vit pour la première fois le grand tracteur de Gazpacho venir directement aux portes de la maison Piesu. Jonas sortit et marcha le long du chemin jusqu'au tracteur chantant sa cacophonie insupportable. Monsieur Gazpacho en descendit d'un bond avec un sourire fier. Il montra la bête des mains.
J'aime comment tu présentes le tracteur. Et le "chantant sa cacophonie insupportable" est trop cool :la:
Citation :
Jonas ressortit et tel un meurtrier planta la lame du poignard dans les pneus de la machine, il perça même le réservoir d'huile dessous. Tout ce qu'il pouvait percer, il le perça. Puis ayant fini son œuvre il remarqua l'ombre de la machine à terre, celle-ci ressemblait à une sorte de taureau, ce qui le rendit fier. Il admira le soleil au zénith qui tapait si fort que la terre brûlait. L'huile s'écoulait doucement en un petit ruisseau sombre allant jusqu'à la frontière des plants
En fait toute la scène du meurtre du tracteur (oui je vois ça comme un meurtre grâce à ta description maîtrisée :la:) est géniale...
Citation :
ne suis pas un assassin..."
Il posa sa main sur le museau du taureau qui se laissa faire. Il s'inclina respectueusement devant son adversaire, qui prit lentement la même pose. Jonas passa ensuite sa main sur la tête de la bête et posa son front contre le sien.
- "Je ne serais jamais un assassin..."
Le taureau remua la queue, un silence de mort résonna dans le public...
Là y'a du très beau et du mauvais (enfin à mon avis hein, je suis juste une petite cerfette moi)... Le taureau qui s'incline c'est peut-être un peu exagéré, too much, mais ça passe encore ; quant à la queue qui remue euuuuuh what ?! C'est pas un chien quand même ! Je trouve que ça casse un peu la beauté de la scène xD
Sinon cette scène symbolique est très belle, j'ai bien aimé. J'adorerais que tu la fouilles encore plus, je sais pas, décrire le moindre détail afin de suspendre le temps et de mettre encore plus l'atmosphère en place : l'odeur musquée du taureau, le contact de son poil rêche, les fumerolles de vapeur qui se dégagent de son dos etc etc Cute 2 (mais bon, ça reste du plus plus hein, ne t'affole pas)


BREF
Le commentaire le plus long que j'ai jamais fait, je crois, mais je tenais à tout pointer, les maladresses comme les bons points, parce que j'aime beaucoup ton histoire et tes personnages.

Voilà, là tu peux me manger si tu veux, j'ai fini :ouioui:








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Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

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MessageSujet: Re: El Torero   Lun 13 Avr - 13:51

Miam tu es délicieux X) Pourquoi mangerais-je quelqu'un qui m'aide à être attentif à mes maladresses, ça ne peut que m'aider même si je suis triste de voir que mon inspiration n'est pas aussi bien que ce que je l'aurais crus. En tout cas tes observations m'aident beaucoup, je ferais en sorte d'être moins négligeant sur les "petits détails que personne ne remarquera". Je vais te dire la vérité, je ne me suis pas vraiment documenté sur les techniques réelles de la Corrida, je me suis juste inspiré de quelques photos que j'avais vu où le torrero avait une sorte de dagues ou poignard, je n'avais jamais entendu parler de cet achèvement en estoc donc merci de m'avoir éclairé *^* Je m'ennuyais en cours donc au lieu de me mettre à dessiner ou flirter sur la toile avec le téléphone j'ai pris mon crayon, mon cerveau et mes rêves et j'ai essayé d'imaginer une histoire avec une relation tendue père-fils et une atteinte à l'art macabre de la Corrida qui pour moi me dégoûte un peu. Pour les scènes tirées par les cheveux sachent que c'est tout à fait moi ça >~< Je ne peux pas m'empêcher de faire quelque chose d'extravagant ou sortant totalement de nôtre normalité commune X) Je me sens à tout ce qui touche au fantastique, d'ailleurs j'en rajoute toujours un peu brin, ça et là, dans mes textes *^* En tout cas, ton expertise est digne d'un critique littéraire, laisse-moi deviner, tu as de l'expérience dans le domaine de l'écriture? ^^ J'essayerais de ne pas faire les mêmes erreurs dans mes prochains textes, merci beaucoup, c'est des critiques qui ne peuvent que nous aider à avancer en apprenant des erreurs *o*"
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MessageSujet: Re: El Torero   Lun 13 Avr - 14:02

Ouf, ça va, tu as vu mon com, j'avais peur que tu ne reviennes jamais et que j'ai fait tout ça pour rien x)
T'inquiète pas pour les détails un peu bâclés, tout le monde a ça dans ses textes ; et tu as l'inspiration et déjà de bonnes choses, ne reste qu'un peu de technique à acquérir... c'est en forgeant qu'on devient forgeron ^^
Sinon, bah j'écris depuis des lustres et je suis en term L, donc forcément... (et tu as vu juste à gauche de ce message ? Plus de 1020 messages postés sur le forum ! I'm a boss Cool )

Au plaisir de te recroiser sur EN.

PS. * délicieuse x)

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