Encre Nocturne
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 Forteresse [TP]

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ASSIA



Féminin Bélier Messages : 238
Date d'inscription : 16/04/2015
Localisation : entre mer et montagne

MessageSujet: Re: Forteresse [TP]   Sam 20 Juin - 17:28

Suite du chapitre 6

Elle continua à découper en lamelles de plus en plus fines les morceaux de plastique, avec tant de vigueur qu’ils giclaient autour d’elle et tombaient sur le sol. Mélina resta concentrée sur le réchaud, fascinée par la bouillie onctueuse qui bloblotait en bleu, devenu matière et couleur unies. Saladine déposa sur la table un moule confectionné dans un vieux morceau de fer blanc, et façonné de cercles creux, qui pouvait servir autant de moule à brioches que renversé, de moule à petits bols en plastique. Saisissant la cassolette bouillonnante, elle versa lentement et avec soin le liquide épais et collant dans le moule. Puis plongeant les doigts dans un sachet de minuscules perles transparentes, elle en saupoudra la matière encore chaude avant de placer le tout près de de la fenêtre.
Ce moment de travail silencieux leur permit à toutes deux de se ressaisir et de réfléchir. Mélina parla la première :
-Excuse-moi, tantine, je ne voulais pas être grossière.
-Tu es encore sous le choc, répondit Saladine dans un petit sourire attristé. Peux-tu me donner la boite noire derrière toi, sur l’étagère ?
Elle obéit aussitôt et lui tendit l’objet. Toutes deux ramassèrent les morceaux de plastique découpés en lamelles et Mélina qui s’accroupit récolter ceux tombés au sol, s’exclama.
-J’aimerais bien voir où Moh trouve ces vieilleries, ce doit être étrange de fouiller les vieilles décharges ou les ruines de maisons qui ont plus mille ans !
Saladine ferma la boite et la rangea.
-Moh fait le mystérieux, mais c’est un homme bon.
-Quand j’étais petite, j’espérais que tu l’épouserais pour avoir une famille avec un père et une mère !
-Au lieu de ça, je suis remontée m’installer dans la colonie, soupira Saladine, je voulais t’élever dans une communauté qui te protégerait et t’apprendrait le respect de la nature, et te donnerait les moyens de vivre sans être aux crochets de cette société parasite qui tourne autour de la forteresse. Mais Haley est si engagé dans le renforcement de notre communauté, si obsédé par l’idée de faire reverdir toute la planète qu’il n’a pas su te retenir.
Mélina haussa les épaules et sourit en prenant Saladine dans ses bras.
-Tout ça, c’est fini, tantine !
-Fini ? Méli, je suis morte de peur, je ne sais pas comment te sauver de ce Dave, si tu restes ici, les voisins te verront, et cela se saura ! Si tu pars, il te trouvera aussi !
Mélina frémit de crainte et s’approcha des bols qui refroidissaient lentement, la salle à peine ventilée de l’air humide qui montant de l’océan, imprégnait les lieux de sa moiteur salée. Elle se rappela que Saladine refusait aussi l’air recyclé et la climatisation, sourit ironiquement puis, culpabilisée par l’angoisse qu’elle voyait sur le visage de sa tante, la jeune femme revint l’enlacer. La joue appuyée contre celle de sa tante, les narines pleines de la subtile fragrance de roses séchées dont Saladine se parfumait, Mélina laissa son regard errer autour d’elle, puis elle vit un rayon du soleil de l’après-midi percer la vitre, lever la poussière qui tourbillonna en poudre dorée, et couvrir d’un vernis lumineux les bols à refroidir. Inspirée, elle se redressa et sourit :
-Je sais ce que je vais faire tantine !
Saladine qui ne se décidait pas à se détacher de cette nièce devenue si affectueuse, la regarda sans parler, dans l’attente de ce qui viendrait.
-Je vais colporter, je vais aller vendre tes bols, et si Moh veut bien de moi, je partirai avec lui pour trouver la matière dont on a besoin.
-Mais c’est dangereux !
-Oui, mais tu l’as dit, rester ici aussi c’est dangereux ! rétorqua Mélina sur la défensive. Et puis Moh acceptera, j’en suis sûre ! Je suis une adulte tantine, je dois me débrouiller, tu dois me faire confiance !
Saladine l’évalua du regard puis hocha la tête, comprenant que ce n’était pas une fillette qui était revenue, et se sentant soulagée car elle prenait conscience qu’elle n’avait pas les moyens de la protéger à elle seule. Se forçant à sourire pour dédramatiser leur échange, elle s’assit et poussa distraitement la grande réserve à plastique qui lui gênait la vue.
-Tu as une idée de comment faire ?
-Pleins d’idées ! Je vais me transformer, me déguiser ! Tu peux collecter des traces ADN pour moi ? Je vais couper mes cheveux, les teindre et bronzer un peu ! Prête-moi ta tablette, je vais créer un site pour tes créations et préparer des mails publicitaires !
Saladine s’inquiéta :
-Des traces ADN ? Comment faire ?
-Tantine ! Tu emportes tes bols pour les faire admirer par tes voisins ! Ils sont magnifiques ! Et tu leur racontes que tu vas t’associer avec une commerciale pour les vendre !
Saladine, surprise et légèrement choquée par le ton presqu’impérieux de Mélina, ne put qu’admirer son idée. Mais déjà Mélina quittait la pièce et appelait de la salle de bain :
-Tu viens me couper les cheveux ?
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La Lapine Cornue
Divine cerfette et ses lapins multicolores
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Féminin Balance Messages : 4631
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Humeur : Lapinesque. (ça veut dire paisible et joyeuse)

MessageSujet: Re: Forteresse [TP]   Sam 20 Juin - 18:33

Maiheu du coup pour l'histoire de la prof qui leur demande de rester mais sans leur parler ? Question (gépakompri)

------------------------------------------------------------------------------------------------
Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

→ Venez fouiller dans mes écrits... Y'en a pour tous les goûts ! :corn2:

.[/center]
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ASSIA



Féminin Bélier Messages : 238
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Localisation : entre mer et montagne

MessageSujet: Re: Forteresse [TP]   Sam 20 Juin - 18:36

]b]La suite, je profite d'un samedi calme pour écrire un peu!
je vous présente Thal Wink[/b]


Chapitre 7

Thal s’accroupit pour être plus discret que lors de son dernier passage dans la jotiya. Il s’installa entre deux étals de femmes vendant du linge de corps, ayant assimilé que les hommes ne s’approchaient pas de ces tables branlantes chargées de soutiens gorges et de caleçons et autres sous-vêtements colorés et brodés, avantageusement dépliés pour attirer les clientes.  
Et il constata que seules des femmes seules ou en groupes, venaient toucher, soulever et étaler la marchandise, discutant de mode et de tarifs avec les deux commerçantes. Les commerçantes qui l’avaient fixé avec hostilité quand il était venu s’installer là, finirent par l’ignorer. La marchande de grains le repéra dès la première fois qu’il s’installa, sourit faiblement quand il lui indiqua sa brassière d’où une petite tige avait percé et tenu malgré la mobilité que lui imposait cette situation de plante ambulante.
Thal resta longtemps assis, en tant qu’objet, il n’avait ni crampes ni impatience. Depuis quelques semaines, son cerveau fonctionnait indépendamment des ordres de sa maîtresse. Il voyait des images, des scènes, entendait des mots qu’il connaissait déjà, non pas le contenu de sa base de connaissances, ses programmes utiles à son fonctionnement et aux services qu’il avait à rendre à sa propriétaire, mais des images, des discours sans bruit, qui occupaient son cerveau artificiel, sans aucune utilité. Et qui lui donnaient des ordres subits, des impulsions qu’il ne prenait pas la peine de dévoiler à Jédé.
Jédé. Une action passée s’imprima dans son cerveau, le déconnectant de son entourage, lui faisant baisser les paupières sur des images qu’il ne devait pas avoir en mémoire, mais qui lui parurent si réelles qu’il releva la tête et regarda autour de lui, un peu désorienté. Il referma les yeux, comme une machine en veille, mais derrière ses paupières il revit le vaste magasin où des droïdes et des robots s’empilaient partout, comme jetés pèle mêle au fur et à mesure de leur arrivage. Comme si une caméra suivait les événements, Thal vit une camionnette magnétique entrer en marche arrière dans le vaste hangar et un homme y bondir et commencer à attraper des droïdes et à les lancer à un compagnon qui les entassait dans un coin, entre des robots animaux, vieux jouets d’enfants devenus des objets de collection, et des pièces de robots dépareillés. Le tas s’agrandissait rapidement et quand un robot glissait, l’ouvrier le repoussait sans soin, d’un grand coup de pied. Ce fut ainsi que Thal reconnut le droïde Thal balancé brutalement dans un tas d’autres droïdes, dans un empilement de bras, de jambes et de têtes pendantes les yeux fermés. Quelqu’un appela au loin et l’ouvrier grommela et remisa avec plus de précautions les vieux robots, les resserrant les uns contre les autres, de sorte que Thal vit Thal les bras et les jambes encerclant son tronc pour ne plus dépasser de l’amoncellement.
Thal reconnut une information qui remonta de sa base de connaissance, il n’était pas encore appelé Thal quand l’ouvrier l’écrasait dans un coin de hangar. Une voix de fillette retentit, un cri enthousiaste et une course du fond du hangar. Un homme la suivait alors qu’elle s’arrêtait près du tas de droïdes dont la camionnette s’éloignait dans un léger sifflement. L’homme tirait un grand lion en peluche qui feulait en secouant la crinière, beau jouet rétro, mais la fillette n’avait plus d’yeux que pour le tas dont il dépassait. Elle attrapa le bras de Thal et commença à tirer, malgré les protestations de son père et de l’ouvrier.
-Je veux ce droïde ! Papa ! S’il te plaît !
-Jédé chérie ! Le lion suffit ! Que veux-tu faire de cette vieillerie ?
-Je le veux, papa ! S’il te plaît ! Achète-le-moi ! Il est beau, comme les vieux jeux vidéo !
-Encore une bricole à entasser dans le jardin, ta mère va râler !
-Je te jure ! Ce sera mon préféré !
L’homme se tourna vers quelqu’un et s’exclama :
-Pourquoi m’a-t-on donné une fille qui n’aime que les vieilleries !
Jédé tenait le droïde Thal contre elle, continuant à le dégager, avec l’aide cette fois de l’ouvrier, et bientôt elle l’assit comme une grande marionnette contre les jambes de son père.
Thal rouvrit les yeux et fixa sans la voir, la grainetière qui commençait à remballer, avec la venue de la soirée. Le droïde se redressa, bousculant légèrement les deux tables dont les marchandes protestèrent.
La femme qu’il pistait n’était pas venue, il devrait revenir encore.
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ASSIA



Féminin Bélier Messages : 238
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Localisation : entre mer et montagne

MessageSujet: Re: Forteresse [TP]   Sam 9 Jan - 20:21

je reprends, j'aime aussi cette histoire et je suis sensible au fait que des eniens la suivent!

Au moment de se relever, il eut l’attention attirée par une silhouette en noir, un jeune homme mince et noueux, au visage maussade, les yeux fixant les alentours avec une méfiance teintée d’agressivité. Thal se rassit si discrètement que même les marchandes ne lui prêtèrent aucune attention.

Il venait de reconnaître la trace d’un homme du Dave, un de ceux qui passaient régulièrement à l’hôtel à la recherche de clients. Le père de Jédé les recevait au bar, non loin du lieu où Thal restait en surveillance, et le droïde veillait à la sécurité de son propriétaire de façon discrète, mais toujours invisible.

Il observa l’homme de main descendre la ruelle bondée, n’hésitant pas à bousculer les badauds, surtout des femmes dans cet endroit, sans se soucier de leur faire mal ou de les déséquilibrer. Thal reconnut Kaor, l’un des plus brutaux et des plus acharnés de la bande. Quand il eut disparu à sa vue et à son odorat, perdu dans la cohue humaine, le robot se leva définitivement et le suivit de loin, humant discrètement sa trace.

Thal pouvait l’entendre bougonner, se fixant sur lui et s’efforçant d’isoler ses paroles des diverses conversations qui se mêlaient au monologue de Kaor. Lorsque des gens le croisaient, les paroles presqu’inaudibles Kaor s’enfonçaient et ressortaient des flux de mots comme une brindille emportée sur l’eau d’un caniveau. Obligé de rester hors de portée de son détecteur de mouchards, Thal devinait plus qu’il ne l’entendait réellement, recomposant mentalement les phrases les plus prévisibles, les plus simples. Et Kaor répétait les mêmes expressions en boucle, des termes grossiers accolés à des verbes, quelque chose comme « poufiasse, crétine, attends que je l’attrape ! » ou « putain, planque-toi ! Tu verras ! Je te retrouverai ! » Parfois ces menaces rageuses devenaient un borborygme, une bouillie de sons agressifs et malveillants, reflet de son comportement habituel.

Thal retint son antenne sensorielle, des capacités qui faisaient de lui un droïde aux sens si développés qu’il était surnommé le radar galactique, afin de ne pas être détecté par le mouchard de Kaor. Les détecteurs brouillaient les surveillances électroniques, et tout le monde en avait. Thal le fixa qui tournait dans une ruelle et cessa de le suivre ; Il avait compris que tous deux cherchaient la même personne, et que c’était plus par hasard que sur une piste que l’homme de main du Dave avait pris cette rue de la jotiya. Il s’attarda, s’approcha d’une terrasse de café et s’assit à une table. Pour éviter d’agacer le cafetier, Thal commanda un café au lait.


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ASSIA



Féminin Bélier Messages : 238
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MessageSujet: Re: Forteresse [TP]   Dim 10 Jan - 15:28

la suite, même si je n'ai pas encore de réactions Wink

Il commença à pianoter un message sur son téléphone : « problème de détection, Jédé. Trop de mouchards. »
Le téléphone sonna aussitôt et la voix de Jédé retentit :
-Où es-tu ?
-Dans le quartier de la jotiya, que faire ? Je suspecte que des suiveurs du Dave tournent en pistant mes traces, mais à couvert.
-Tu sais où sont les donneuses ?
-Pas encore, juste une piste.

-Eh bien éteins tous les émetteurs, ordonna-t-elle d’un ton agacé, et sers-toi des sens premiers ! ceux que je t’ai implantés ! Comme un humain de base !

Thal obéit sans rien ajouter et bientôt autour de lui il ne ressentit plus que son entourage immédiat, le brouhaha proche du souk et des clients qui suivaient un match de foot aérien sur un écran mural de mauvaise qualité. Les sons extérieurs à cette bulle ne lui parvenaient plus certes, mais il savait que lui-même ne pouvait plus être trouvé par aucune machine, les hommes du Dave devraient le chercher et interroger les passants.

Le droïde toucha par accident le verre qui refroidissait devant lui et sursauta à son contact : il l’avait senti alors que toutes ses antennes internes étaient éteintes. Il vérifia une à une chacune d’elles, concentré et les paupières fermées, vérifiant que son circuit ne répondait plus à aucune sollicitation extérieure, assuré que non seulement il n’émettait pas, mais qu’il ne recevait aucun signal non plus. Jédé avait-elle implanté un émetteur sans lui donner la possibilité de le contrôler ? Elle lui avait appris depuis un long moment, qu’en tant que droïde, il devait être le seul de tout Tanger à ne plus être entièrement télécommandé par son propriétaire : et en le lui apprenant, elle avait ri comme si elle lui avait fait une blague très drôle : « tu vas apprendre à choisir Thal ! »

Alors où était cet émetteur qu’il ne commandait par aucune impulsion électrique ? Avait-elle implanté quelque chose qu’elle pouvait commander de l’extérieur sans que le Dave l’intercepte ?
Quelqu’un passa près de lui, le frôlant, et s’éloigna : Thal rouvrit les yeux et l’observa, ajoutant cette anomalie à celle qu’il avait expérimenté avec le verre de café au lait. Le garçon de café se tourna vers sa table et s’exclama :

-Droïde, arrête de jouer à la personne vivante ! Tu nous as gâché du café au lait, et même du sucre.
Puis voyant le robot se redresser et bousculer la table, le cafetier s’éclipsa à l’extérieur, craignant d’avoir provoqué une quelconque réaction punitive si Thal était configuré comme un garde du corps. Même si l’apparence du droïde en faisait un modèle de technologie ancienne, le cafetier redoutait qu’il ait été bricolé comme un homme de main. Thal se détourna, moins saccadé dans sa démarche, et sortit dans la rue : il avait vu la grainetière, qui déposait sa table d’étalage dans un couloir derrière le bar, pour qu’elle y reste à l’abri jusqu’au lendemain. Le cafetier la salua et lui proposa à boire, mais elle déclina avec amabilité :

-J’ai fini tard aujourd’hui, j’ai encore à faire.
-A demain mémé ! Ton herbe contre les rhumatismes m’a soulagé les bras !
-A demain !
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MessageSujet: Re: Forteresse [TP]   

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