Encre Nocturne
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 La Souillon

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Yggdarsil
Roi des Koalas
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Masculin Taureau Messages : 503
Date d'inscription : 25/10/2012
Localisation : Dans le doute. Ou l'ignorance. Surement l'un des deux.
Humeur : Pourvu que ça dure !

MessageSujet: La Souillon   Dim 26 Avr - 17:34

Pfiou! Ce texte est dans mon ordi depuis un sacré bout de temps, j'ai pas mal travaillé dessus. Alors, comme d'habitude, si vous pouviez m'aider à l'améliorer en citant tout ce qui vous gênerait à la lecture ou en général, j'en serai ravi (et je vous offrirai des bonbons :la: )! (mais vous pouvez aussi mettre un commentaire rapide ^^)






La souillon





« –Gérard, c'est toi ? »
Gérard sursauta. Il ne s'attendait pas à trouver sa mère ici, à ce moment-ci. Il s'excusa d'un regard à son invitée, puis la fit entrer dans l'appartement.
Tandis que cette dernière découvrait, dans l'ombre projetée par la lumière de l'extérieur à travers l'encadrement de la porte, la vieille souveraine assise dans son balancier en bois, en train de tricoter un pull, sa rivale ne se gênait pas pour l'observer, elle avait interrompu son labeur et détaillait, l'œil fébrile, la créature qui se présentait à elle. D'abord qu'une silhouette, elle reconnaissait un robe grossière et des bras forts. Puis ses yeux s'habituèrent à la lumière et c'est avec surprise qu'elle découvrit un jeune femme, au visage et aux cheveux brunâtres, les yeux d'un noir perçant, quelque peu effrayée au milieu de l'appartement aisé, flottant dans ses interminables couches de haillons : elle devait bien avoir trois robes les une sur les autres, agencées de manières à ce que les trous qui les parsemaient donnent toujours sur un bout de tissus derrière ou en sois recouvert. Sa chemise, elle, était plus légère, on y voyait de nombreuse reprises, les bras avaient été raccourcis pour pouvoir les laisser respirer dans la chaleur infernale qui régnait au dehors.
L'invitée, elle, avait droit à une imposante marâtre, le nez crochu et la traditionnelle robe bleue à dentelle, un paire de lunettes découvrant des yeux usés mais qui ne se laissaient pas duper. Ses bottes l'avait retenu dans son mouvement de va-et-viens sur le balancier, qui gémit d'un grincement pour témoigner du poids imposant qu'occasionnait son dos voûté.
La vieille femme cligna plusieurs fois des yeux derrière ses lunettes, comme pour vérifier s'il s'agissait d'une erreur, d'une quelconque passante rentrée par mégarde dans l'appartement, regarda l'inconnue, puis son fils, prostré à droite dans son uniforme. Quand à ce dernier, il ne savait s'il devait interpréter ce regard comme si elle demandait s'il s'agissait d'une plaisanterie ou si elle cherchait une quelconque tare physique, d'un air mauvais, qui se retrouverait chez les deux individus à la fois.
« – Qu'est-ce que c'est ? »
Sa voix dure et rêche avait sonné comme de l'écorce que l'on frotte contre  la peau : rugueuse et blessante. Gérard savait à quoi s'en tenir pour le moment.
L'invitée, elle, se sentit malvenue dans la maison et guetta d'un œil inquiet le signe de son compagnon qui la permettrait de sortir. Mais il n'en fit rien et referma la porte. La pièce retomba dans une pénombre un peu plus dense.
« – Hum, Maman... »
Visiblement, Gérard voulait se lancer dans un discours, mais il venait de comprendre que ce n'était pas la bonne procédure. Le visage de la vieille s'était renfrogné, encore plus aride de tout encouragement qu'il n'avait l'air auparavant. La mère attendait, laissant pendouiller la peau de son cou tendu qui avait souffert du poids des âges. Son attention ne faiblissait pas. Il reprit donc en bafouillant d'un air confus : « euh, Sarah, Ma mère, Maman, Sarah, ma, euh.. » La mère attendait, visiblement, qu'il crache le morceau, les bras croisés, l'index tapotant son avant bras.
« ...ma fiancée » finit par avouer Gérard difficilement.
L'aveu ne provoqua aucune réaction chez la vieille mère, elle avait compris depuis longtemps, depuis le moment où il était rentré, à une heure inattendue, avec cette inconnue qui ne devait pas avoir plus de trois sous en poche ou en banque, mais bien plus à devoir en terme de dette. Elle avait comprit que son fils n'avait pas respecté ses consignes.
Elle délaissa complètement son tricot et demanda d'un ton calme, mais contenu :
« – Gérard, je peux te parler en privé, un instant? »
Visiblement, elle voulait quand même éviter au convive le supplice de s'entendre humilié par sa propre bouche.
Gérard respira amplement puis répondit :
« – Quoi, elle ne te plaît pas ? Pourtant je l'aime. C'est comme ça et tu n'y peux rien.
– Gérard. » repris la mère, l'avertissant de ses yeux mauvais.
Il avait l'habitude d'obtempérer le plus vite possible, mais là, il résistait. Il ne fallait pas plier. Pas maintenant. Pas cette fois-ci. Il s'agissait de sa vie, il en faisait ce qu'il voulait, non ?
« Gérard... » dit encore la mère, décroisant ses bras et tambourinant des ses doigts sur l'accoudoir droit du balancier, comme si elle s'apprêtait à faire un compte à rebours, comme lorsque son fils était encore jeune.
Un silence profond s'était installé, régulièrement troublé par le tambourinement des doigts secs et fripé de la mère, doublé du toc-toc ténu de la pendule à l'étage. La « fiancée » attendait indéfiniment, ne sachant que faire de ses mains, tandis que Gérard regardait toujours sa mère avec un air de défi faussé par son manque d'assurance. La mère poussa un premier soupir, leva les sourcils, qui envoyèrent un dizaine de ride sur son front, et conclus avec un deuxième, qui fit se serrer ses lèvres fripées, alors qu'elle inclinait tout doucement sa tête vers l'avant, grossissant de plus en plus son double menton  et laissant paraître le blanc de l'œil, signe de son incrédulité. Elle laissa retomber le balancier, puis fit, en souriant légèrement, un non de la tête doucereux destiné à son fils. Passablement troublé, ce dernier répondit, avec un geste presque comique : « Et bien, si. », les mains sur les hanches. Pourtant son ton s'était raffermi.
Son interlocutrice le délaissa du regard pour passer à sa future compagne :
« – Et vous ? ».
Elle sursauta. Sarah ne s'attendait pas à ce qu'elle lui adresse la parole, alors qu'elle l'avait obstinément ignorée jusque là. Ne sachant que dire, la jeune femme lança un regard de détresse à son ami qui lui répondit d'un imperceptible hochement de tête.
Sarah, pas moins rassurée, lança un « Oui » mal à l'aise.
Sa rivale était pour l'instant loin de se douter qu'il s'agissait d'un des peu nombreux mots de français qu'elle connaissait. Celle-ci se leva, et avança calmement jusque l'autre.  
« – Vous êtes sûre ? » demanda-t-elle de nouveau, cherchant à l'impressionner.
L'autre répondit, plus naturellement: « Mm, mm. Oui, oui ».
Le sourcil levé de la mère laissa indiquer qu'elle venait de saisir une nuance d'accent étranger. Voulant confirmer son doute, elle poussa plus loin : « Vous venez d'où ? »
Le visage face à elle se crispa. Elle lançais des appels au secours avec ses yeux à Gérard. Celui-ci répondit à sa place : « D’Égypte ». Sa mère le fusilla du regard : « C'est pas à toi que je parle, c'est à elle ». Elle se retourna vers sa proie et posa une autre question, prête à bondir : « Vous avez quel âge ? ». Cette fois, son interlocutrice fut plus discrète et ne le laissa transparaître aucun trouble. Elle tentait de lire, avec la même discrétion, sur les lèvres de Gérard, qui était passé derrière sa grand-mère et lui soufflait la traduction du mot crucial, afin qu'elle comprenne. Au bout de trois essais, elle devait avoir compris, car elle avait penché sa tête vers le sol et essayait de se rappeler le nom de chaque chiffre. Elle finit par sortir, hésitante : « Cinquante-deux ». À voir la réaction de Gérard, qui avait posé une main sur sa bouche, et sa mère, qui ouvrait des yeux ronds, elle compris qu'elle avait oublié d'inverser l'ordre des chiffres. Elle reprit, précipitamment : « Vingt, cinq, vingt, cinq », en souriant confusément.
La mère s'éloigna, emportant avec elle son odeur de yaourt au miel et la corde imaginaire qui étranglait sa victime. Celle-ci n'avait pas bougé et était toujours face à la porte.
La vieille, quand à elle, venait de comprendre qu'elle pouvait vociférer autant qu'elle voulait sans que l'objet de sa colère ne saisisse le moindre mot.
« Gérard, commença-t-elle, combien de fois te l'ai-je dit ! Si tu arrêtais tes études pour entrer dans l'armée, tu finiras avec n'importe qui ! Et voilà que tu me ramènes une étrangère avec pas plus de trois serpillières sur le dos, et autant de mots dans son vocabulaire ! Tu m'écoutes ? » Elle reprit sans attendre de réponse : « Trente ans passés à s'élever comme on peu, payer toutes nos dettes, devenir riche, pour une fois, et sans ton aide, lascar ! On s'est écorché les mains, on s'est fait des ampoules au doigts, on se les ai salis à ramasser les ordures, ton père est mort pour la patrie et c'est tout ce que tu nous offre pour dire merci ! Qu'est-ce qu'il dirait s'il te voyait là... Il me tuerait en premier ! Tous les efforts qu'on y a mis, pour ça ! Nous ramener une, une... souillon ! » Elle avait scandé haut et fort le dernier mot.
Sarah, désormais opposée à la vieille qui s'était mise à tourner sur le tapis, au fond de la salle, avait tout de même saisit que l'autre n'appréciait pas trop sa venue. Le dernier mot avait fait trembler les vitres et résonné dans son crâne.
« Toutes ces années pour une ordure ! Merci bien, Gérard, merci ! »
Gérard s'offusqua :
« – Sarah n'est pas une ordure.
– Non, reprit celle-ci, pas une ordure. »
Elle n'avait pas exactement saisi la définition exacte du mot, mais pouvait en déduire un sens grossier à partir du contexte.
« – Je suis... reprit-elle avec hésitation, je suis Sarah. Une femme. Comme vous. »
L'audace de la nouvelle venue sembla choquer la mère de plein fouet.
« – Comment, je vous prie ? Comment osez-vous dire ça ? Est-ce que par hasard, j'ai dix kilos de flanelle mitée sur mes hanches, mademoiselle ? Est-ce que vous avez connu la guerre, au moins, la honte, la haine des hommes, la faim et la fatigue ? »
Elle se rendit compte trop tard qu'elle avait parlé trop vite.
« – Oui madame. J'ai connu la guerre. J'ai connu la faim, et la fatigue. J'ai connu toute chose comme vous, madame. Mais je n'ai pas pu bien vivre. »
La vieille mère regrettait déjà âprement le domaine sur lequel elle s'était avancée, et ou, effectivement, elle était loin d'avoir vécu le pire.
« – Je n'ai pas pu bien vivre... à cause de vous. Des gens comme vous. Vous n'aimez pas nous.
– Vous parlez bien la France », coupa la mère d'un sarcasme trop amer.
Cette dernière phrase eu comme un effet ressort sur Sarah. C'était le mot en trop. Elle baissa d'abord la tête, comme pour accepter sa faute, puis la redressa et regarda la vieille femme dans les yeux.
« – La France, je connais, madame. Et moi, j'apprends la langue. Gérard a appris ma langue. Lui, il est différent. Il n'est pas comme vous. Il est gentil, et il offre aux autres. »
Le regard bleu ciel de la souveraine sembla hésiter à sortir de ses verres à monture cuivrée. Il finit par se raffermir :
« – Je vous ai offert suffisamment de patience et de compassion jusqu'à maintenant, en me retenant de vous jeter hors de ma maison. Maintenant déguerpissez. »
Sarah ne comprit pas tout de suite l'ordre que venait de pérorer la marâtre, un étranglement dans la gorge. Elle fit mine de n'en avoir rien à faire.
« – Vous offrez que les faux sentiments, répliqua-t-elle. La haine. Chez nous, on a moins, mais on offre plus. Peut-être, pour cela, Gérard veut être avec moi. Parce qu'il est trop pauvre chez vous. »
Un silence tomba. La vieille venait de s'arrêter et jonglait du regard entre ses deux adversaires.
Elle ne trouvait rien à répondre et sentait chaque seconde, doucement, l'étouffer.
« – Gérard. »
Son ton avait changé, un relent de tristesse caché dans une fausse neutralité.
« Si tu n'es pas content, prend tes affaires, prend ce qui t'appartient et abandonne-moi à mon sort, va vivre avec elle et ne reviens plus jamais ici. Si la maison ne te plaît pas, si je ne te plais plus, alors tu n'a plus aucune raison de rester. À toi de choisir. »
On sentait un note de colère contenue dans ses mots. Intérieurement, elle devait brûler de le faire culpabiliser.
Gérard ne savait plus trop quoi faire. Sarah s'était immobilisée et attendait le verdict, sa mère feignait de regarder un tableau au mur, en jouant des pouces, les sourcils froncés.
Le silence retomba pour une énième fois. On entendait, ténu, le bruit de la circulation, au-dehors, qui se confondait avec les tic-tac de chêne et d'acajou. La chaleur se mêlait à l'amplitude du moment pour faire doucement surgir des perles de sueur sur le front de chacun. Le plancher gémit, interrogé. Enfin, Gérard eu le courage de briser le temps mort :
« – D'accord, maman, j'ai fait mon choix. Je m'en vais. »
Un reniflement sonore retentit. Les yeux de la perdante se mouillaient. Sarah, les bras croisés, n'avait pas changé d'attitude.
Gérard monta dans sa chambre pour préparer ses affaires, laissant les deux femmes seules pendant un moment. L'élue s'efforçait de rester impassible, alors que la doyenne avait du mal à camoufler ses larmes, piquée par l'aiguillon de la honte. Puis elle éclata soudainement. Son visage, pressé comme une éponge fripée, laisser couler des centaines de larmes de tristesse arrosant ses ululements lugubres, qui jouaient rauque dans les graves et feutré dans les aigus. Une vague de pathétisme se dégageait d'elle et mouillait Sarah, qui s'en tenait aux décisions de son compagnon. La fontaine redoubla, prise de soubresauts maladifs.
Après tant d'années, elle retournait dans la solitude, de nouveau. Trop d'âge pesait sur elle, et désormais c'était son fils unique qui lui faussait compagnie. Elle se sentait, encore une fois, happée par ce gouffre qui avait tant de fois ouvert ses ténèbres sous elle, d'abord lorsqu'elle apprit le décès de ses parents, puis de son frère, le recrutement de son mari pour la guerre, la vente de la maison, la fin tragique de son conjoint, tué sur le chemin du retour, et désormais voyait se fendre, pour la sixième fois, le spectre du ravin qui s'assombrissait alors que Gérard prenait de l'âge et menaçait d'aller vivre seul. Elle tombait, dans le vide, dans l'oubli.
Il redescendit avec une petite valise, qui ne devait contenir que le strict nécessaire, afficha un visage surpris en voyant sa mère en larmes, devant l'air gêné de sa fiancée, puis ouvrit la porte et s'y engouffra en trombe, laissant la besogne de la fermer délicatement à Sarah, accompagné d'un « Aurévoir » mal-à-l'aise. La pauvre femme resta dans ce qu'elle croyait être le sanctuaire final de sa vie, seule.
Elle ne put résister à l'oppression du vide plus longtemps. Elle se leva maladroitement, et, dans ses sanglots, couru en boitant jusqu'à la porte, l'ouvrit difficilement et hurla :
« Gérard ! Gérard ! J'ai changé d'avis ! Reviens ! »
Gérard était déjà en train de traverser la route, sa promise sur les talons. (Il s'éloignait dans la poussière vaporeuse de l'extérieur comme un mort quittant le monde pour un royaume inconnu) La poussière, vaporeuse, au dehors, lui donnait l'apparence d'un mort disparaissant dans un royaume lointain. Sarah jeta en arrière un regard de compassion. Gérard entendait sûrement sa mère mais redoubla le pas...
Un klaxon surgit de la poussière.
Un bruit de dérapage couru dans le brouillard... Trop tard.
Une voiture venait de le percuter.
Une foule de passants se précipita sur l'incident. Dans la brume jaunâtre qui se levait, la mère, un coup de canon dans le cœur, pouvait voir Sarah, les mains sur la bouche, les yeux grands ouverts, qui observait avec effroi le sort qu'elle venait d'éviter à l'instant.
Une ambulance vint le récupérer. Il était encore vivant, mais inconscient.

Dans les couloirs blancs de l'hôpital, la vieille mère faisait tache dans son uniforme bleu. Sarah n'était pas plus accordée, toujours dans ses haillons. Assises l'une à côté de l'autre, elles attendaient. Un silence gêné les séparait.
« – Tout est de ma faute, finit par hoqueter la vieille, une boule dans la gorge.
– Non, la voiture allait trop vite. Il cognait de toute façon. » la consola Sarah.
La vieille la regarda avec l'air d'un enfant qui demande si on va le punir.
« – Vous savez... J'ai été trop dure, avoua-t-elle.
– Non, rien, c'est rien, nia Sarah, de nouveau. Je comprends. Moi aussi, j'ai peur de perdre. »
Un nouveau silence gêné s'imposa. Pour tenter de se distraire l'esprit, la vieille tenta pour la troisième fois :
« – Vous ne parlez pas si mal français, vous savez. Vous vous débrouillez même très bien pour un étranger. »
Sarah, qui n'avait compris que la moitié de la phrase, répondit, amusée :
« – Ah, oui ? »
Emportées, elles se mirent à discuter calmement, quand la mère finit par lui demander, peut-être un peu trop tôt :
« – Vous êtes de quel rite ? Quelle religion ? Clarifia-t-elle.
– Chrétien.
– Ah bon ? Répondit-elle, surprise. Il y a des chrétiens en Égypte ? Ça alors !
– Coptes, oui. Mais je vis avec musulmans, seule de la famille à avoir émigré.
– Qu'importe, répondit la dame, mieux vaut ne pas faire des religions tout un fromage. »
Elle se rendit compte que, quelques heures auparavant, elle n'aurait jamais pensé à prononcer cette phrase. Sarah, prenant l'expression au pied de la lettre, parti d'un grand éclat de rire.
Dans la chambre, de l'autre côté de la cloison, Gérard ouvrit un œil. Le médecin, penché par-dessus lui, sourit, satisfait de la confirmation de ses prévisions : rien de grave, il sera alerte en moins de trois heures. Empêtré dans sa couette, il entendit au loin deux rires distincts se mêler : l'un clair et chantant, l'autre humide et rouillé .
Il sourit en refermant sa paupière : c'était pour lui le carillon du bonheur.

Ps: Mention spéciale si vous avez tout lu :D

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Il est des gens qui sont là. Comme ça. En vrai. Et d'autres dont la présence est un mensonge. Une illusion. Efficace, quand elle trompe tout le monde. Ridicule, quand elle ne trompe que son porteur. -Lyonel Trouillot, Kannjawou

Proverbe Nocturnien : Wû Horör, wees qsüj gnü ubo wik s'wee kleesee kvieiir wâ krefüzâ d'wi kraork...

orgie de .-.
.-- .-- .-- .-.-.- .---- ----- --.- ....- ---.. .-.-.- ..- -. -... .-.. --- --. .-.-.- ..-. .-.

http://vocaroo.com/i/s1fCLpFwvSv0


#TextedeYgg


Dernière édition par Yggdarsil le Lun 27 Avr - 19:52, édité 1 fois
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Melati

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Localisation : Dans un pays, lointain... ♪

MessageSujet: Re: La Souillon   Lun 27 Avr - 10:34

C'est beauuuu ! **
(Première réaction, powa. Et oui, j'ai tout lu :3)
Non mais oui, j'aime beaucoup. Ça part du concept encore vrai (hélas) du parent qui refuse le mariage de son enfant, pour une question de provenance, d'argent. Et finalement c'est leur amour commun pour Gérard qui les rapproche. On aimerait que ce soit comme ça dans la vie =P
Non, mais... C'est vrai que parfois les gens se regardent et se haïssent sur des préjugés, tandis qu'au fond leur but est commun, et il n'y a pas de raison... (Je m'exprime toujours très clairement.)
Voilà. Sinon j'ai mis un petit moment à comprendre que c'était Gérard et Sarah qui entraient, et la mère qui était déjà là, mais c'est une erreur de ma part, parce c'est pas logique dans l'autre sens ! xD

Sinon j'ai vu une phrase qui m'a semblée bizarre
Yggdarsil a écrit:
Elle se rendit compte trop tard que ce qu'elle avait parlé trop vite.
J'aurais dit "qu'elle avait parlé trop vite" ou alors c'est juste moi qui n'ai pas compris un truc ? =p

Je crois bien qu'il y avait une "tâche" qui aurait du être "tache" aussi, (il me semble que l'accent se met quand c'est une action) mais bon jevaismetairepasquejesuispascorrectrice. =p

J'ai tout dit je crois... En gros j'aime beaucoup, c'est pas très long mais efficace, et... voilà. :3
o/

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(:
 
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Ilya
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MessageSujet: Re: La Souillon   Mar 28 Avr - 15:57

J'ai vraiment bien aimé, ça se lit facilement, c'est fluide, distrayant et bien écrit (on dirait un livre :p)

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REJOIGNEZ LE MOUVEMENT OFFICIEL DES LAPINS ROSES FONDE PAR ILYA, REINE DES MORD SITHS AMOUREUSE DE SON LIT!!!
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La Lapine Cornue
Divine cerfette et ses lapins multicolores
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Localisation : Endormie dans un terrier de lapins.
Humeur : Lapinesque. (ça veut dire paisible et joyeuse)

MessageSujet: Re: La Souillon   Mer 29 Avr - 14:09

Ooow :la:
C'est trop bow.
Tain, j'ai vraiment cru que ça allait mal se terminer, mais en fait, un happy end pour une fois sur EN, j'y crois pas :ffmental:
Et puis c'est franchement bien écrit, pas de détail superflu, on voit tout clairement, tu y mets du style, bref !
En tout cas j'adore le principe du texte, et rien que pour la scène où tu décris la "souveraine" opposée à l'invitée (et ses trois robes superposées :la:), je te décerne la médaille de... du... de moi. //SBAFF

------------------------------------------------------------------------------------------------
Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

→ Venez fouiller dans mes écrits... Y'en a pour tous les goûts ! :corn2:

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MessageSujet: Re: La Souillon   

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La Souillon
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