Encre Nocturne
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 Vois [-15]

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Melati

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Féminin Scorpion Messages : 24
Date d'inscription : 12/04/2015
Localisation : Dans un pays, lointain... ♪

MessageSujet: Vois [-15]   Lun 27 Avr 2015 - 15:38

Bon ben je vais commencer par un big warning. xD
Ames sensibles s'abstenir, je suppose. Pour les âmes un peu moins sensibles, préparez-vous à chausser les chaussures d'un dérangé mental ~ psychopathe, vraiment. C'est à propos d'une peur poussée au désespoir.
Disons que j'ai tenté d'imaginer à quel point quelqu'un peut devenir fou. Il faut croire que ce n'étaient pas mes meilleurs jours...
Vous êtes prévenus. x)
(en espérant que ce n'est pas trop indigeste.)














Vois

Le fracas de la porte s’ouvrant résonna dans l’appartement anormalement silencieux. Un affreux miasme de mort régnait dans l’habitat où l’air était d’une lourdeur étouffante. Le policier ne tarda pas à découvrir le corps d’un homme poignardé. Il détourna le regard devant ce spectacle pour le moins macabre, et poussa un long soupir. D’autres policiers entrèrent.
Qui était cet homme ? L’énième victime d’une série de meurtres sans aucune logique. N’y avait-il vraiment aucune logique ? Les enquêteurs en doutaient. Seulement ils n’avaient pas l’ombre d’une piste.
Une Ombre. « Une ombre, peut-être. » Cette citation sans aucun sens avait fait le tour du pays, et éveillait soupçons chez les uns et terreur chez les autres. La personne l’ayant prononcée n’était autre que le seul et l’unique témoin de l’un de ces meurtres. L’assassin aurait dû se trouver devant lui. Mais il ne l’avait pas vu. La blessure avait semblé s’ouvrir d’elle-même, sans apparent facteur extérieur. « Une ombre, peut-être. » était la seule chose qu’il avait aperçue. Le terme avait été généralisé. Les médias allaient sans doute annoncer un nouveau meurtre de l’ « Ombre », le lendemain dans les journaux. Les médias s’en allaient à cœur joie pour harceler les policiers qui n’avaient aucune réponse à fournir. Les voir était hilarant.
Comment décrire, donc, les meurtres parfaits qui avaient eu lieu ? Car personne n’en savait rien. Personne. Alors à quoi bon chercher l’impossible ? C’est de là que vient l’entêtement d’un policier, qui poussé par ses vœux de gloire tente de réparer l’irréparable en vengeant les victimes. Il tente de ramener la justice, mais la vie est et a toujours été injuste. De la meilleure proie, l’Homme est passé au meilleur prédateur, et au conquérant. Est-ce juste ? Celui qui parle mieux obtient plus que celui qui a de meilleurs objectifs. Est-ce, de même, juste ? Non.
Le policier lança furieusement la note sur son bureau ; l’assassin se jouait de lui. Un éclat de terreur se lisait dans ses yeux, bien qu’il semble seul et qu’il n’aie personne à qui cacher ladite terreur. Il regarda autour de lui, semblant chercher cette Ombre furtive. Il grogna quelques mots. Soupira. Il ne semblait y avoir personne. Pourtant, cette note venait d’apparaître sur son bureau, griffonnée à la va-vite. Bureau qu’il n’avait pas quitté. Et toujours personne.
L’homme, lui, ne se doutait de rien. Il ne semblait pas croire à cette légende naissante, au fait qu’une ombre puisse se faufiler dans la foule de policiers pour venir l’assassiner. Les forces de l’ordre n’étaient pas très attentives non plus ; ils avaient bloqué toutes les issues possibles et inimaginables et coupé le bâtiment du reste du monde depuis plusieurs heures. Sans compter les agents postés tous les deux mètres. Ils discutaient nonchalamment entre eux. Peut-être auraient-ils dus faire plus attention.
La dague soigneusement aiguisée glissa facilement, tranchant la peau fine du cou, telle un éclair. Le sang se répandit immédiatement, tandis que l’homme s’effondrait, mort. Un silence pesant s’installa alors que le liquide poisseux répandait lentement une mare d’un rouge lugubre autour du cadavre. Les policiers, tendus à l’extrême, cherchaient l’assassin des yeux. Mais aucun d’eux n’avait vu l’assassin. Il n’y avait personne de suspect autour d’eux. Les policiers étaient seuls dans cette pièce, c’était une évidence. Aucun d’eux n’était aveugle, mais pourtant ils ne virent rien. Leurs yeux glissaient sur l’ombre, sans s’arrêter dessus. Après tout, une ombre, ça n’a rien de suspect.

*************

Un visage d’homme apparut dans le miroir, bientôt déformé par un rictus malsain. Le terme de dérangé mental, ou psychopathe, était probablement le plus approprié. J’étais désespérément fou. Je le savais. Mon reflet était la seule chose qui me disait que je suis là. Que j’existe toujours.
Existais-je dans la peur de l’Ombre qui semblait monter dans la population générale ? Un peu d’attention était-il trop demander ? Une parole, un regard. Un sourire, ou un soupir. Quelque chose.

*************

Le policier avait vu, de ses propres yeux, la blessure s’ouvrir d’elle-même. Il jurait avoir vu l’éclat métallique d’une lame, bien qu’il ne semblait pas vraiment savoir si cette lame était un couteau, ou bien autre chose. Il faisait les cent pas, visiblement remué, stressé, peut-être même profondément choqué. Il avait réussi, dans la matinée, à renvoyer tous les journalistes curieux sans leur en dire un mot. Ce serait un vrai enfer pour la police si la population venait à savoir qu’ils avaient laissé un homme mourir sous leurs yeux. Le policier soupira en s’affalant dans son siège. Il déclara vouloir abandonner l’affaire, affirmant que c’était beaucoup trop pour ses pauvres nerfs qui allaient finir par craquer si cette série de meurtres continuait. Il eut la mauvaise idée de regarder dehors, et je ne pus réprimer un petit gloussement. Il bondit littéralement de son siège, et se précipita vers l’ouverture en verre. Il se tourna vers son collègue, lui hurlant qu’il aurait dû faire partir tous les journalistes. Celui-ci, penaud, sembla aussi surpris que son supérieur de voir autant de journalistes attroupés autour du petit commissariat, et les quelques gardes peiner à les maintenir à l’extérieur. Bien sûr. Il suffisait qu’une information passe au travers des mailles du filtre, et hop ! Le tour était joué. Les journalistes affolés demandaient des détails sur ce meurtre en direct, et les policiers continuaient de nier le fait. Voilà qui devenait intéressant.

*************

Le visage apparut à nouveau dans le miroir. Il n’avait pas changé, et une fois de plus, cela me rassura sur mon existence. Je me plus à tenter d’y voir une différence par rapport au jour précédent, mais une femme ouvrit la porte et entra dans la salle de bains, avant de me voler la place devant le miroir. Elle se regarda un instant, avant de commencer à se déshabiller après avoir fermé la porte à clé. Une fois nue, elle se regarda encore un moment dans le miroir avant d’allumer l’eau de la douche. Cette femme était belle, c’était indéniable. Mais, comme tous les autres, elle ne se doutait de rien. J’eus encore l’urgente nécessité de voir mon reflet dans la glace, avant de sortir dans le salon. Cette femme avait, en un sens, le pouvoir de stopper ma folie. Mais elle avait beau être la seule à posséder ce pouvoir, elle n’était pas plus capable que les autres de l’utiliser. Je restais invisible aux yeux des gens.

*************

La peur grandissait. Telle un monstre assoiffé de pouvoir, elle gagnait tous les foyers, un à un, s’immisçait dans le sommeil des gens, dans leur mode de vie. L’oppression qu’il y avait dans les rues était si épaisse qu’une boule de pâte à modeler remplaçait l’air ambiant. Personne n’y pouvait rien, personne ne savait. Les policiers disaient, que seul un miracle pouvait les sauver de ce psychopathe. Les meurtres continuaient, tels une routine habituelle.
Ce fait m’arracha un sourire narquois.

*************

Il y avait là un grand trou ; un trou creusé pour accueillir un repos éternel. Des gens étaient rassemblés autour, et beaucoup pleuraient. Il y avait là beaucoup de larmes versées. Seulement les larmes n’émeuvent que ceux qui sont disposés à en recevoir le sentiment. D’autres n’en ont plus à verser, et les larmes n’ont pour eux rien de différent d’une autre expression du visage. Il y avait une part de jalousie. Car même ces larmes anodines, et qui pourraient sembler tout à fait normales, étaient versées pour une âme humaine. Pour quelqu’un. De futures tombes ne seraient jamais mouillées par des larmes, mais laissées sèches et pourrissantes au milieu du cimetière.
Y avait-il un sens à ce que je faisais ? Je ne tuais que par pur égoïsme. Les gens avaient enfin une image de moi. L’image de cet assassin invisible et insaisissable. C’était, avais-je pensé, la seule image que je pouvais me forger. C’était, avais-je pensé, mieux que de ne pas exister. Mais existais-je vraiment dans cette image ? Donnait-elle une preuve que j’étais là, vivant et existant ?
D’autres larmes coulèrent sur les terres du cimetière.
Si je disparaissais, maintenant, que diraient les gens de moi ? Ils se souviendraient probablement de l’Ombre. En ayant été l’Ombre, aurais-je eu une existence ? La preuve d’une existence…
D’autres larmes coulèrent sur les terres du cimetière.
Lorsque quelqu’un cesse d’exister, il ne disparaît pas. Il vit dans la mémoire de ceux qui l’ont connu. Le souvenir.
Ces larmes étaient preuves de souvenir. Seules les personnes au seuil de la mort que je leur infligeais moi-même me voyaient. Mais mortes elles-mêmes, le souvenir ne pouvait persister.
A quoi bon ? A quoi bon ?
Tous voulaient ma tête sur un piquet qui circulerait dans le pays. Tous cherchaient à m’avoir, mais j’étais quelque part, introuvable, invincible, invisible. Je voulais devenir quelqu’un. Mais je n’étais devenu qu’une Ombre. Les gens me craignaient. Ce n’était qu’une crainte vague, fondée sur les faits divers débités aux informations et à la radio. Une envie de faire la peau à un inconnu. Cela prendrait tout son sens, si l’on savait que cet inconnu, c’était moi.
Je mourais d’envie de me jeter dans la gueule du loup. De débarquer face aux policiers, avec un grand sourire.
« C’est moi qui les ai tués. »
Seulement, ils ne m’entendraient pas. Ils ne m’entendaient pas. Ils ne me voyaient pas. Comme tous les autres. J’étais invisible, inexistant. Invisible aux yeux des gens. Leur regard glissait, s’écartait de ma personne, comme si je n’étais pas là. Ils étaient juste incapables d’arrêter leur regard sur moi. . J’avais eu ce que je cherchais en tuant. Mais au fond, je n’avais rien eu. Je ne voulais qu’être normal, quelqu’un à qui les gens parlent.
« C’est moi l’assassin. »
Le policier passa à côté de moi, sans me voir. J’avais passé des semaines à les regarder se casser la tête, ces policiers. Des semaines à les voir patauger dans la boue pour tenter de me retrouver. J’étais devenu une légende ; l’ombre tueuse qui se déchaînait sans qu’on puisse l’arrêter, de manière totalement aléatoire. Pas tant que ça.
Mais ce petit jeu avait assez duré. Et toute la gloire ne me reviendrait que lorsque j’arriverai à me faire voir et arrêter par ces policiers. Car alors, je ne serai plus une ombre sur un mur, passant sans que personne ne le remarque. Je me mis dans l’embrasure de la porte pour que le policier n’entre pas dans son bureau. Il passa devant sans se rendre compte qu’il l’avait loupé. Il se stoppa quelques mètres plus loin, avant de faire demi-tour, et de me passer à nouveau. Visiblement étonné, il se stoppa à nouveau, parcourant le couloir plus lentement cette fois. Je me décalai, et il entra, la mine dépitée. Je me plantai devant lui, donnant un grand coup sur son bureau.
« Je suis l’assassin ! »
Il sursauta, et regarda autour de lui. Ses yeux glissèrent à nouveau sur moi, et il retourna à sa tâche. Les documents se mirent à voler dans tous les sens, déchirés, et l’homme prit peur avant de se lever d’un bond de sa chaise. D’une voix apeurée, il demanda qui était là.
« Je les ai tués. »
Il sembla tiquer. Je me plaçai devant la porte, et il se rendit compte que quelque chose clochait. Il fit le tour de la pièce, en passant devant moi.
« Je suis le meurtrier. »
Il ne m’entendit pas non plus. Un sourire machiavélique déforma la face de l’assassin, qui sortit sa dague. Une nouvelle fois, celle-ci glissa facilement sur le cou du policier, qui tomba raide mort, non sans m’apporter mes trois précieuses secondes de satisfaction. Trois secondes durant lesquelles, se déversant de leur sang, les victimes ouvraient enfin les yeux assez grands pour me voir. Puis vint la frustration de l’absence de souvenir.
Son collègue arriva peu après. Il hurla en voyant son supérieur égorgé, et tomba à genoux en voyant l’inscription sanglante sur le mur blanc.
« L’assassin est toujours là. Il n’attend que de se faire attraper. »
Ce qui, en soi, n’avait rien d’ironique.

*************

La femme se tenait debout dans sa cuisine. Il ne faudrait pas oublier que je ne suis pas censé vivre avec elle. Je m’approchai, sans qu’elle puisse se douter de quoi que ce soit. Je la serrai par la taille ; elle se figea. Elle demanda s’il y avait quelqu’un, et que si oui, cette personne devait se montrer et donner son nom. Elle ne se retourna pas pour autant.
« Je suis l’ignoble meurtrier… Et tu as le pouvoir de m’arrêter. »
Elle sembla tiquer. Elle demanda si on se connaissait.
« Oh, oui, on se connaît. Seulement tu ne te souviens sans doute pas de moi. »
Elle ne bougea pas d’un  poil, semblant ne pas remarquer que le criminel dérangé que j’étais était en train de la déshabiller. Elle finit par se rendre compte que quelque chose clochait, et elle se retourna brutalement ; elle m’offrit le regard que j’avais toujours espéré envers tout le monde. Un regard qui voyait. Elle hurla, et m’envoya en arrière. Je tombai, heureux. Ses cris alertèrent ses voisins d’appartement qui accoururent bientôt ; ils ne me virent pas. Mon sourire retomba, se muant en grimace. Ils la pensèrent folle. Je ne pus rien pour elle. Elle s’excusa après de longues minutes. Elle ne me voyait plus.
Je me dirigeai vers la salle de bains, et me postai devant la glace.
Mon reflet avait disparu.

*************

Il n’y avait plus rien. Plus de meurtres, plus de vie, plus d’existence. Qui suis-je ? Pourquoi existé-je ? Que fais-je ?
Je ne savais pas. Je ne savais plus rien. Je n’avais plus de vie, plus d’identité. Avais-je jamais eu une identité ? Avais-je jamais eu une famille ? Personne ne m’a jamais vu. Personne ne m’a jamais vraiment regardé. Personne ne sait que j’existe. Dans quelques minutes, il n’y aura plus rien. Pas même une âme plaintive se questionnant sur son existence. Il ne restera rien, pas une trace de ma personne. J’aurais existé tel un fantôme, invisible dans les écrits de la vie.
Tous ces gens… Ils semblaient si heureux, épanouis, parlant les uns aux autres. Le café était bondé. J’aurais pu prendre ce que je voulais. J’enjambai la rambarde. Personne ne me prêta attention. Un sourire se dessina sur mon visage alors que je faisais dos au vide. Peut-être le seul vrai sourire que j’eus fait dans toute ma vie. Le premier, et le dernier sourire. Le téléphone émit un « bip » sonore lorsque j’appuyai sur le bouton central. Je regardai longuement l’image qui apparaissait sur l’écran. Elle ne montrait qu’une image floue que je n’arrivais pas à reconnaître étant moi. Même cette caméra me disais que je n’existais pas.
Je basculai en arrière.
Je souriais toujours.
Mes larmes s’envolèrent dans le ciel.
Je fermai les yeux. D’ici quelques secondes, tout serait fini.


Qui es-tu ?
Homme invisible, femme invisible
Tombé du haut d’un immeuble
Qui es-tu ?
Une enveloppe apparue
Des affaires retrouvées
Preuves indéniables
D’une existence.
Existence qui t’a échappée
Existence discrète, invisible
Existence invincible.
Qui es-tu ?
Qui as-tu été, toi qui désormais
Repose dans nos mémoires à tous ?
Qui serais-tu devenu
S’il t’avait été accordé le peu que tu espérais ?
Homme invisible, femme invisible
Une ombre, une légende
Toujours.
(:
 

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(:
 


Dernière édition par Melati le Mar 1 Mar 2016 - 18:09, édité 2 fois
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Ilya
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MessageSujet: Re: Vois [-15]   Lun 27 Avr 2015 - 18:20

J'ai bien aimé, les sentiments des personnages sont bien dépeints, on les comprend. J'aurais peut-être un peu plus insisté sur la satisfaction d'être vu, mais sinon, tout est très bien retranscris. Par contre, -18 c'est vraiment très très fort si tu veux mon avis! :p

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Melati

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MessageSujet: Re: Vois [-15]   Mar 28 Avr 2015 - 3:47

Merci pour ton avis Ilya ; )
Et oui effectivement j'ai hésité sur le -18 je savais pas trop haha mais si tu le dis je vais le rebaisser un peu =p

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MessageSujet: Re: Vois [-15]   

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