Encre Nocturne
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 Hibou Garou

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MessageSujet: Hibou Garou   Mar 24 Nov - 23:11

Début d'une nouvelle pour un concours dont j'ai mis le liens dans le fil de concours

    Edgar regardait la lune pleine et rouge monter dans le ciel. C’était un spectacle surprenant pour un enfant. D’un coup, il se retourna alors qu’un cri étouffé, grommelé, avait passé la porte de la salle de bain. Comme chaque mois, pendant quelques jours, ils n’étaient que deux (enfin deux et demi) dans la maison. L’absence de sa mère était toujours une cause de trouble pour son papa. Edgar aimait beaucoup son père. Il était plein d’une tendresse bourru et pataude. Avec lui, tout moment était le risque d’une aventure pleine de rebondissement. Les souvenirs affluèrent dans la tête de l’enfant et son visage se déforma d’un sourire alors qu’il se remémorait ses moments où une soirée crêpe finissait en une chasse aux trésors pour trouver des bougies dans la maison alors que l’électricité avait sauté.
    Le garçon sauta de la fenêtre où il s’était hissé pour se diriger vers la salle de bain. Devant la porte, il se ravisa et retourna vers la cuisine. Il dévala l’escalier quatre à quatre et sautilla dans le couloir. Trois portes après, il entra dans la cuisine, se hissant sur la pointe des pieds pour appuyer sur l’interrupteur et allumer l’abat-jour terrifiant. La lampe était cachée par une enveloppe de papier où était peinte une fresque d’un combat entre un dragon et un griffon. Dès qu’il voyait cette scène, Edgar sentait son dos frémir et des frissons suivaient pendant de longue minute. Il s’efforça de ne pas regarder le plafond et se rapprocha, de sa démarche chaloupé, du frigo.
    En passant devant la porte fenêtre, il vit son reflet dans la glace et marqua un temps d’arrêt. Il avait commencé à grandir cette année. Il était même grand, pensa-t-il en rehaussant un menton fier. Il avait neuf ans et demi, c’était presque un nombre à deux chiffres. En se fixant, il essaya de trouver en lui les traces du héros qu’il serait plus tard. Sous son pyjama, une esquisse de muscle se dessinait. Ses pommettes s’empourprèrent de joie à cette idée et il mima alors ce geste de contentement qu’il n’avait jamais compris mais que tout héros se devait d’adopter. Il passa sa main dans ses cheveux blonds, ses yeux verts s’illuminèrent et il sourit, dévoilant un sourire écaillé. Sa dentition était fragmentée comme une représentation de la gouaille insolente de la jeunesse. Il avait les dents du bonheur, canine et incisives se chevauchait alors que des trous ponctuaient ses gencives à l’endroit où ses dents de lait étaient tombées.
    Le sourire d’Edgar s’estompa alors qu’un  nouveau grognement lui parvient de l’étage. Aussi rapidement qu’il s’était arrêté pour s’observer dans la vitre, il franchit les derniers mètres qui le séparait du frigo. Il fronça les sourcils quand il se rendit compte que son objectif, une feuille de papier, était collé trop haut pour qu’il puisse l’atteindre. Qu’à cela ne tienne ! Il grimpa sur une chaise pour arracher à l’aimant le cadeau de sa mère pour la soirée. C’était une « tout doux » liste. Chaque fois qu’elle s’absentait, elle en laissait une. « C’est de petits mots pour ton père afin qu’il ne fasse pas brûler la maison… et qu’il se souvienne de vous faire des câlins », lui avait-elle expliquée. Les pensées d’Edgar se braquèrent quelques seconde sur son frère qui devait dormir, il avait moins de deux ans. Edgar aimait beaucoup son frère, mais il l’agaçait assez souvent. Rien que l’abêtissement de ses parents devant lui alors qu’il marchait en tombant tous les deux pas l’énerver. Et surtout, le cri de son frère, qui n’arrêtait pas de répéter « Patapaf » dès qu’il en avait l’occasion. Edgar avait essayé de lui expliquer que les héros ne criaient pas « patapaf », mais plutôt « vous êtes en état d’arrestation ». Mais rien à faire, son frère ne semblait vouloir abandonner son petit mot à lui. Le grand frère haussa les épaules : Tout le monde n’était pas forcément fait pour être un héros. Chassant ces pensées, Edgar se mot à courir pour amener la liste à son père.
    Hector grommelait depuis plusieurs heures. Mathilde était absente, comme chaque mois. Elle disparaissait dans la nuit et elle le laissait seul avec les enfants. Et ce soir, il était d’une humeur massacrante. Ses cheveux étaient depuis le matin même dans une volonté de rébellion permanente. Deux épis s’étaient imposés en symétries au-dessus de ces oreilles. Et malgré ses efforts répétés pour imposer sa volonté à sa chevelure, les mèches restaient droites. Il abandonna, de dépit. Il voyait aussi la barbe recommencer à lui manger le visage alors qu’il s’était rasé le matin même. C’était probablement un effet du stress et de la fatigue, se rassura t’il. Sa supposition lui sembla plausible quand son regard quitta ses cheveux bruns dans le miroir pour tomber sur ses yeux. Ils étaient exorbités. Ses iris bleus semblaient avoir décuplés de taille. « Foutu ondes, gargouilla-t-il. Ils vont finir par nous tuer avec. »
    La porte grinça alors qu’elle s’ouvrit. Un sourire illumina le visage fatigué d’Hector alors qu’il vit son fils entrer timidement dans la pièce. Edgar le regarda avec de grands yeux.
_ Ça va papa ? demanda-t-il d’une voix hésitante.
_ Un papa ça va toujours bien, fiston, répondit l’intéressé.
Hector souleva son fils et le serra contre lui. Son cœur se serra alors que les petits bras de sa progéniture lui rendaient son étreinte avec une force insoupçonnable.
_ Qu’est-ce qu’il t’arrive mon bonhomme ? Poursuivit-il.
_ Je t’amenais la « tout doux » liste de maman. Répondit Edgar.
_ Oh, d’accord, mais avant tu sais ou est ton frère ?
_ Patapaf … ? Oh oui…
Les sourcils de son père se froncèrent. Et d’instinct, l’ainé se tut tandis que venait la réprimande.
_ Il a un nom, tu sais. Il faut pas être méchant avec ton frère.
_ Oui papa… désolé papa, reprit Edgar, honteux, Pâris est dans son lit. Je crois qu’il dort.
    Un concert de braillement vint soudain, d’une manière assez confortable pour le narrateur, contredire cette dernière parole. Sans un mot, le père et le fils allèrent vers la source de ces bruits. Pâris était debout dans son lit à barreaux, son visage de jeune enfant complétement ravagé par les larmes. En père attentif et attendrit, Hector le souleva pour le serrer contre lui.
_ Qu’est-ce qui t’arrive mon poussin ?
_ … cauchemar, sanglota le benjamin.
_ Oh… allons c’est fini, le consola son père en le berçant.
    Les pleurs se calmèrent au bout de quelques secondes et lorsqu’elles s’estompèrent totalement, c’est un rire qui prit la place de la pollution sonore. Edgar était pris par une hilarité incontrôlée. Devant le regard étonné de son père, l’enfant expliqua.
_ Papa… tu ressembles à un hibou.
A ces mots, les larmes du dernier reprirent.
_ Cauchemar… hiboux… papa…, expliqua Pâris la voix rongé par des larmes.
_ Ça va aller mon fils, ton frère raconte des bêtises. Si tu nous lisais plutôt la liste que maman nous a laisser Edgar.
Le torse bombé de montré à son père qu’il savait très bien lire, Edgar s’exécuta.
_ « Tout doux » liste, déchiffra-t-il. Pour mes héros à moi, soyez sage. Mangez autre choses que des bonbons !
_ Bonbon… Patapaf ! Gazouilla Pâris, à nouveau libéré de son chagrin.
_ Ne vous couchez pas trop tard ! Reprit Edgar sans faire attention à l’interruption. N’oubliez pas de faire le plein de câlins. Rappelez-vous  que vous êtes les plus jolis messieurs si ce n’est de la terre, au moins de cette maison. Et s’il y a un problème. Faites le rituel, maman viendra vous sauver… Papa, c’est quoi le rituel ?
_ Je peux pas te le dire, il n’y a pas de problème, répondit son père plein d’un mystère rigolard.
Sous son masque de bonne humeur, Hector était tout de même inquiet. Mathilde ne parlait jamais de problème. C’était une femme à l’optimisme forcené. Quant au rituel, cela ne pouvait signifier qu’une possibilité de danger. Et par-dessus tout, Hector avait un envie de souris. Un besoin plus qu’étrange qu’il ne pensait jamais ressentir. Il cacha son trouble avec un sourire et un clin d’œil appuyé à ces enfants.
_Bon… on fait ce que la « tout doux » liste nous demande et on file en exploration ? Une marche dans la forêt en homme fort et intrépide ? Des explorateurs sans peurs et sans reproches !
C’est un concert de joie qui lui répondit. Le câlin collectif passé, les trois hommes sortirent de la maison pour aller dans la forêt observer des secrets perdus. Ils marchèrent quelques minutes jusqu’à atteindre le bois. La lune lui offrait une dimension féérique, une impression de mystère rassurante et ennivrante.

Edgar regarda son père à genoux dans une clairière. Il serrait contre lui Pâris à qui il cachait les yeux par acquis de conscience. « Il ne faut pas trembler, se répétait-il, un héros, ça ne tremble pas. ». Son père s’était comporté bizarrement depuis qu’ils étaient entrés dans la forêt. Et il s’était mis à faire des sons bizarre quelques mètres auparavant. Au bout de quelques secondes, il s’était effondré. Un réflexe avait fait attraper son frère à Edgar. Puis les deux s’étaient écarté, conscient de la possibilité du danger. La forêt lui apparaissait désormais bien immense, trop effrayante, sans aucune gentillesse. Dans la lumière nocturne filtrée par les feuilles, il semblait à Edgar que son père avait le visage qui changeait. Son visage semblait s’affiner. Sa voix était faite de hululements suraigus. Et là où il y avait deux épis rebelles, il lui semblait deviner deux oreilles pointues et velues. Soudain, le silence s’appesantit sur la clairière. Et le papa de Pâris tourna son regard vers ses enfants qui furent frappés d’effroi. La taille de ces orbites s’était agrandie au-delà de toute proportion. Deux iris d’un jaune courroucé les fixaient. Le nez s’étaient fait bec et la barbe et le visage de son père étaient devenu un duvet de poils marron et noir. Quant au pressentiment d’Edgar sur les oreilles, il était exact. C’était un hibou. L’idée frappa Edgar qui dans un réflexe fraternel se mis devant son frère. Alors, de la cime des arbres, une voix retentit. Les mots étaient hachurés, découverts, comme savourés à chaque syllabe. L’accent paraissait aux tympans d’Edgar étrangers, mais non comme celui d’un voyageur venu d’une lointaine contrée, mais comme ceux d’un être qui n’était pas, ou alors n’avait pas toujours été, humain. Les phrases firent frissonner l’échine de l’ainé.
_ Coucou… Hibou… garou.
Un bruissement de feuille naquit, il s’intensifia pendant que les grincements de bois résonnaient dans la clairière. Pâris pleura, ses petits doigts s’agrippant avec force au corps de son frère qui résistait, bravement à la peur. A nouveau, la voix retentit, avec plus d’assurance.
_ Coucou… Hibou… GAROU ! Cria-t-elle sur la fin.
    Un arbre trembla sur la gauche des deux frères. Et un être étrange apparut devant les yeux d’Edgar. C’était un oiseau, ou ce qui avait été un oiseau. Une chimère à tête humaine mais dont l’architecture du crâne rappelait celle d’un hibou. Le monstre semblait se déplumait, et grandir, lentement, Edgar le voyait prendre des millimètres qui devenait centimètres. Avec un sourire carnassier, l’être lui adressa la parole.
_ Si la chouette effraie… est-ce que le hibou garou fait peur ?
_ Je n’ai pas peur, défia Edgar le corps transi d’effroi.
_ Menteur ! Hurla le monstre. Je sens la terreur en toi ! Elle pue comme pue la mort !
_ Je n’ai pas peur, répéta Edgar sans y croire.
_ Tu devrais… je suis le roi de nuit. Le sanguinaire Archimède ! La forêt me craint tant que le soleil l’a fui.
_ Et moi je suis Edgar ! … Un héros, conclut-il piteusement.
_ Dit-moi, héros ! Ou est-ton armée ? Ou est-ton armure ? …Tu n’es qu’une proie pour mes serres, dit Archimède en faisant claquer ses griffes.
_ Je n’en ai pas besoin, déglutit Edgar, je suis magicien !
Le monstre devant lui se tut, envisageant cette affirmation avec suspicion.
_ Magicien… c’est nuit de sabbat ! N’as-tu donc pas peur de la colère des sorcières ?
_ Elles ne peuvent rien contre moi, déglutit Edgar.
L’enfant était tétanisé. Son corps entier ne semblait plus pouvoir réagir. Ses bras étaient lourds, ses muscles gourds. Heureusement, sa langue gardait toute la puissance nécessaire pour occuper Archimède qui semblait déterminer à les dévorer. L’ancien oiseau reprit.
_ Dit-moi magicien… Si je ne peux te tuer toi, ni l’être caché derrière toi. Quand est-t-il de ma proie, acheva le hibou garou en désignant le père des deux enfants.
    Edgar sentit sa sueur lui glisser dans le dos quand il comprit que son père courrait un danger. Son cerveau tentait désespérément de trouver un mensonge pour le tirer d’affaires. Puisque malgré les disputes que ces parents lui faisaient à ce sujet, Edgar avait vite compris qu’un mensonge pouvait sauver beaucoup de problème. Mentir à un méchant, c’était s’assurer une porte de sortie si on arrivait à être convaincant. Edgar chercha alors dans sa tête comment continuer à assurer sa prestance de magicien et sauver son père. Soudain l’illumination lui vint.
_ Laisse le ! C’est mon serviteur !
_ Il y en a cent autres que tu pourras avoir ! Les lavandières me l’ont promis, siffla Archimède.
_ Tu n’y toucheras pas ! Hurla Edgar ! Je l’ai lié avec une Pierre de Lune. Maintenant pars.
_ Pas sans mon tribut ! Cria Archimède.
La chimère sauta de son perchoir pour planer vers le corps allongé. Hector regarda avec horreur le monstre venir vers lui. Sa tête entière, comme son corps ne semblaient plus lui répondre. Et de ses lèvres, seul un mot sortit laborieusement.
_ Patapaf.
Pâris tut ses larmes pour regarder son père prononcer son mot talisman. Hagard, il le répéta.
_ Patapaf !
Edgar, l’esprit perdu par l’action, le murmura à son tour.
_ Patapaf…
Alors, uni par ces trois syllabes, la petite famille le hurla comme un cri désespéré face au piqué d’Archimède.
_ PA… TA… PAF.
Aussitôt, un dôme de lumière jaillit de Pâris et fit valdinguer le monstre au loin. Pendant un instant, le noir reprit ses droits… puis, se fut le chaos.
A suivre...

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Tiunterof
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MessageSujet: Re: Hibou Garou   Mer 25 Nov - 18:29

Wouaw, c'est cool ! :huh:

Juste quelques petites remarques pour améliorer un peu. :3

Pense à sauter des lignes entre les paragraphes, il faut aérer sinon ça fait gros pavay et ça donne pas forcément envie de lire.

Ensuite il y a certains choix de mots que je trouve personnellement assez bizarres :

"Avec lui, tout moment était le risque d’une aventure pleine de rebondissement."
Le "risque" ça donne l'impression que c'est quelque chose de négatif, je trouve, peut-être que ce serait plus sympathique avec "Avec lui, tout moment était une aventure potentielle, pleine de rebondissement." A toi de voir si tu préfère comme ça.

"son visage se déforma d’un sourire"
Quand j'imagine la scène, le mot déformé me donne l'image d'un visage d'enfant qui se tord dans un sourire malsain et vicieux. X)
Après, si c'est l'effet voulu, tant mieux, mais si tu veux un truc plus bisounours choisit plutôt "se para d'un sourire" ou "s'illumina d'un sourire".

Sinon c'est bien évidemment sublime, tes phrases sont toujours aussi magnifiques qu'à ton habitude. ^^
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Mister O

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MessageSujet: Re: Hibou Garou   Mer 25 Nov - 19:34

Salut !

Bon, alors voilà : ton texte est intéressant, simplement je vais faire deux petites remarques, en plus de celles que Tiunt a fait.

Si je ne me trompe pas (il y a toutes les chances que si mais passons), tu essaies de donner un point de vue subjectif dès les deux premières phrases, mais il est assez ambigu. Exemple "c'était un spectacle surprenant, pour un enfant" : spontanément, un enfant ne va pas se dire ça. Mais ça, ça ne concerne que cette zone très précise du texte, le reste est plutôt cool, sur le fond.

Ensuite, sur la forme, fait attention parce qu'on a l'impression que tu n'as pas fait attention à ce que tu as écrit, il y a quelques fautes parasitaires qui traînent, à droite à gauche dans ton texte. Je t'en met "juste" quatre pour que tu puisses voir de quoi je parle ^^ démarche chaloupé : "[...] en homme fort et intrépide [...]" ; "Le nez s’étaient fait bec [...]" "[...] Le monstre semblait se déplumait".

Et donc voilà, texte assez sympa (peut-être fait-il un peu gros pavé à première vue) mais bien quand même.

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Petit, petit, petit ! Vient voir Tonton O fou


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MessageSujet: Re: Hibou Garou   Mer 25 Nov - 21:36

Des avis! *saute sur les deux monsieurs et leur fait des calins*
Merci vous êtes trop chou
Tiunterof a écrit:
Wouaw, c'est cool ! :huh: Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Juste quelques petites remarques pour améliorer un peu. :3 Owiii, dit moi où ça grippe que j'huile le tout

Pense à sauter des lignes entre les paragraphes, il faut aérer sinon ça fait gros pavay et ça donne pas forcément envie de lire. Ha oui, sur mon word y'avais plus de trou, j'y ai pas pensé... déjà que j'ai mis des alinéas :D, j'édite tout à l'heure

Ensuite il y a certains choix de mots que je trouve personnellement assez bizarres :

"Avec lui, tout moment était le risque d’une aventure pleine de rebondissement."
Le "risque" ça donne l'impression que c'est quelque chose de négatif, je trouve, peut-être que ce serait plus sympathique avec "Avec lui, tout moment était une aventure potentielle, pleine de rebondissement." A toi de voir si tu préfère comme ça. Comme je t'ai dit en privé, un des critères d'écriture c'est que c'est pour les enfants de 8 ans (enfin à partir de), du coup ta proposition est un peu trop verbeuse pour cette âge je pense, mais je vais voir comment améliorer la phrase (j'y réfléchis même très dur)

"son visage se déforma d’un sourire"
Quand j'imagine la scène, le mot déformé me donne l'image d'un visage d'enfant qui se tord dans un sourire malsain et vicieux. X)
Après, si c'est l'effet voulu, tant mieux, mais si tu veux un truc plus bisounours choisit plutôt "se para d'un sourire" ou "s'illumina d'un sourire". Je pense que je vais acheter s'illumina, je réfléchis un peu

Sinon c'est bien évidemment sublime, tes phrases sont toujours aussi magnifiques qu'à ton habitude. ^^ rougis
Merci Tiun, infiniment. La suite ne saurait tarder.
Mister O a écrit:
Salut ! Mister :D Depuis le temps qu'on se parle et qu'on se voit, tu sais que je suis pas sur qu'on se soit déjà croiser en commentaire? Je suis content de ton passage

Bon, alors voilà : ton texte est intéressant, simplement je vais faire deux petites remarques, en plus de celles que Tiunt a fait.

Si je ne me trompe pas (il y a toutes les chances que si mais passons), tu essaies de donner un point de vue subjectif dès les deux premières phrases, mais il est assez ambigu. Exemple "c'était un spectacle surprenant, pour un enfant" : spontanément, un enfant ne va pas se dire ça. Mais ça, ça ne concerne que cette zone très précise du texte, le reste est plutôt cool, sur le fond. ah oui... c'est vrai que c'est génant. Je n'y avais pas du tout pensé.

Ensuite, sur la forme, fait attention parce qu'on a l'impression que tu n'as pas fait attention à ce que tu as écrit, il y a quelques fautes parasitaires qui traînent, à droite à gauche dans ton texte. Je t'en met "juste" quatre pour que tu puisses voir de quoi je parle ^^ démarche chaloupé : "[...] en homme fort et intrépide [...]" ; "Le nez s’étaient fait bec [...]" "[...] Le monstre semblait se déplumait". Pour les fautes en fait, j'en fait énormément, et en général, j'ai plein de petits gens qui sont adorable qui m'aide à corriger parce que moi... je les vois pas mes fautes. Merci de les avoir relever, je vais modifier ça.

Et donc voilà, texte assez sympa (peut-être fait-il un peu gros pavé à première vue) mais bien quand même. MERCIIIIIIIIII

Merci à vous deux pour votre lecture et pour le temps que vous avez laissé à laissé un avis. Vous êtes adorables :D
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MessageSujet: Re: Hibou Garou   Jeu 26 Nov - 0:17

Nous voilà à la moitié de l'histoire. Tatataaaaaaaaaam

   Un être nimbé d’une lueur violacée était apparu au-dessus de leur tête. C’était une sorcière devina Edgar, peut-être était-ce le chapeau pointu, peut-être était-ce son aura faite de magie et d’incantation, ou peut-être était-ce, tout simplement, le fait qu’elle était en l’air.  Elle lévitait sans effort apparent, mais ses yeux semblaient fulminer d’une fureur infinie. A la vue de cette intruse, Archimède piailla, se ramassant sur lui, il fit de son corps une arme qu’il propulsa grâce à ses ailes puissante. A son envol, il poussa également un cri. La forêt sembla alors s’éveiller. Le temps ralentit, le moment entre chaque seconde semblait d’un coup pouvoir contenir un univers. Edgar sentit soudain le monde trembler. Une armée répondait à l’appel d’Archimède. Et la clairière était leur lieu de ralliement. Le sol résonnait de la course des monstres et des dieux, l’air vibrait de l’envol des chimères. Le roi de la nuit avait des sujets prêts à le défendre.
Edgar réagit rapidement, alors qu’il voyait du coin de l’œil l’oiseau se rapprocher de la sorcière, il courut avec son frère près de son père pour essayer de le relever. Mais arriver près de lui, le choc de la rencontre entre Archimède et la sorcière les souffla au sol. Edgar recouvrit Pâris de son bras alors qu’il dirigea son regard vers le combat.
Archimède avait été à nouveau repoussé par un bulle translucide autour de la protectrice. Mais autour de lui arrivait ses soldats qui se massaient en marée noire et amère. Edgar vit l’armée sinistre faire face à leur sauveuse, c’était des troupes disparates, fait de corbeaux, de hiboux, des rapaces noirs et hostiles qui semblaient dépourvu d’âme et de toute capacité de gentillesse. Edgar sentit la peur l’envahir, son corps était froid, suant. Quelque chose dans la posture de l’inconnu semblait trahir également un malaise, une peur naissante. L’enfant improvisé héros comprit que les choses allaient s’envenimer. Alors, c’est un réflexe des anciens âges qui prit le contrôle de lui. Les yeux d’Edgar devinrent vitreux, et un flot de mots commença à sortir de sa bouche.
   Pendant son incantation, les deux êtres magiques se jetèrent l’un sur l’autre. Un combat s’engagea, c’était une chorégraphie étrange fait de serres et de sort, d’éclair et coup. La sorcière toucha la première, un éclair turquoise jaillit de ces yeux et foudroya l’aile gauche de la chimère. Cette dernière riposta immédiatement, ses griffes lacérant la jambe de la sorcière. Le ballet continua une longue minute, l’armée d’Archimède étant toujours irrémédiablement repoussé par la sphère de protection de la femme. Les deux corps bougeaient vite. Ils frappaient, paraient, ripostaient à une vitesse trop rapide pour être capté. En dessous de son duel, Edgar continuait de déclamer une formule. Peu à peu, l’armée d’oiseaux remarqua ce bruit, le réel semblait se fracturer sous le froissement de la magie. Dans un concert de piaillement, les monstres piquèrent sur l’enfant. Aussitôt, la sorcière hurla et le dôme de protection se déplaça autour d’Edgar et de sa famille. Le déluge se plume se brisa contre ce bouclier. Dans son geste, le visage de leur protectrice se montra. Et Pâris reconnu cet être qu’il aimait entre tous.
_ Maman ? murmura-t-il.
   Sa mère ne réagit pas. Mathilde avait d’ores et déjà reporté son attention sur le roi de la nuit. Le combat s’était fait plus intense. Et la lumière semblait disparaitre autour d’elle. L’air semblait devenir dense, opaque, tangible. Une force obscure imposait son emprise sur elle. Archimède avait canalisé son pouvoir pour la soumettre à sa volonté. Son armée subissait toujours des revers face à la puissance de la mère d’Edgar. Mais au fil des charges, au fil des assauts, ils gagnaient des centimètres. Chaque seconde semblait sur le point d’être la dernière. Mais la sorcière résistait vaillamment, elle s’était dressé face à la mort avec bravoure, sans peur, mu par l’amour qu’elle portait à sa famille en danger.

   Désormais, les serres des montres frôlaient un peu plus sa peau à chaque geste. C’était un enfer de plumes, une tempête de violence brutale et irraisonnée. Les forces de Mathilde semblaient peu à peu disparaitre alors que ses défenses l’abandonnaient. Archimède lui faisait face avec un sourire carnassier. En bas, sons armée affrontaient avec obstination le bouclier autour des trois humains. Le hibou-garou rit avec suffisance et malfaisance. Archimède pouvait enfin savourer une victoire proche. Sa soirée lui avait offert plus de proie qu’il n’en avait voulue. Et alors qu’il allait enfin donner le geste qui lacérerait son adversaire, il se stoppa. Il régnait, par-delà le tumulte des ailes et des grognements de son armée, un silence étrange. Hagard, Archimède scruta avec angoisse les environ.
La chimère réprima un juron en apercevant plus loin la chouette Hyppolite. C’était un être ancien, plein d’une prestance certaine. Sa présence sur les lieux ne pouvait supposer qu’une seule chose… Archimède comprit alors ce qui le dérangeait. Le silence, c’était l’absence des mots du garçon, de plus il lui semblait que depuis qu’il s’était arrêtait, les bruits de combat s’étaient amenuisés. Le hibou-garou tourna alors ses yeux vers Edgar. L’enfant luisait d’une couleur bleu cendré qui avait recouvert tout son corps. Ses orbites semblaient contenir des galaxies, sa bouche était figée en une moue colérique et résolu. Et Archimède trembla. L’enfant semblait posséder en lui la puissance de dieux ancestraux. Alors, glissant sur le temps, Hyppolite vint à côté de son ennemi, lui murmurant ces quelques mots à l’oreille.
_ Le hibou-garou… ne fait pas peur… par contre, la chouette effraie.
   Puis, ce fut l’explosion. La rage, la peur, l’amour qu’Edgar contenait en lui fut libéré. Un souffle puissant repoussa l’armée. Les os craquèrent dans un fracas sordide. Edgar s’effondra sur le sol, inconscient. Mathilde et Hyppolite atterrirent ensemble. La chouette observa la sorcière avant de briser le silence.
_Nous sommes soir de Sabbat, c’est un magicien… il doit être exécuté.
_ La trêve du sabbat a été brisé par les nôtres, grogna Mathilde.
_ Nous n’avons pas le temps d’enquêter pour trouver des preuves.
_ C’est mon fils, siffla Mathilde.
_ Et moi, je suis la gardienne des créatures magiques… La loi est la même pour tout le monde, il doit mourir, sauf si tu peux me prouver immédiatement son innocence.
   Mathilde se tut. En douceur, elle s’approcha du corps de son mari. Et elle le montra à la chouette. Hector avait désormais le visage mangé par un duvet, ses oreilles étaient devenues des airettes. Des plumes poussaient sur ses bras nu. Il devenait peu à peu un hibou. Hyppolite frissonna.
_ Les lavandières sont de retour, murmura-t-elle.
_ Et… tu ne l’avais pas pressentis ? Frissonna Mathilde.
_ Non… ce qui signifie qu’elles sont caché en notre sein.
   Le corps de la chouette changea alors qu’elle se penchait à son tour pour examiner les corps. Ses ailes se rétractèrent pour laisser apparaitre un bras tout ce qu’il y a de plus humain. Elle examina les trois hommes assommés.
_ Ton fils est plus qu’un magicien… c’est un enchanteur, soupira-t-elle en tâtant Edgar.
   Les mains d’Hyppolite passèrent alors à Pâris. Le corps de l’enfant vu examiner, observé dans tous les sens. Au bout d’une longue minute, elle lança un regard fatigué à Mathilde.
_ Tu as fait de lui un talisman… c’est interdit.
_ Je…, commençai à se défendre la mère d’Edgar.
_ Aucune importance… il va mourir, comme ton mari. C’est une épidémie. Les lavandières vont changer les humains en hibou.
   Mathilde s’étrangla à cette nouvelle, mais avant qu’elle n’ait eu le temps de s’en inquiéter, Hyppolite avait repris son apparence de chouette. Et elle se mit à grandir. Elle enveloppa la famille de ces ailes. Son corps était alors de la taille des arbres. Dans un souffle, l’effraie disparut. De son face plate, de son pelage blanc et marron, il ne resta qu’un souvenir. La famille était partie avec elle.

   Archimède était resté dans l’ombre, tapi dans un obscur étranger à cette terre. Un rictus déformait son bec. Ils étaient allés au Sabbat, droit dans la gueule du loup.
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PlumeAPapote

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MessageSujet: Re: Hibou Garou   Sam 28 Nov - 0:12

Ragne a écrit:
Début d'une nouvelle pour un concours dont j'ai mis le liens dans le fil de concours

Edgar regardait la lune pleine et rouge monter dans le ciel. C’était un spectacle surprenant pour un enfant. D’un coup, il se retourna alors qu’un cri étouffé, grommelé, avait passé la porte de la salle de bain. (il n'y a pas un bug dans ta phrase ? ) Comme chaque mois, pendant quelques jours, ils n’étaient que deux (enfin deux et demi) dans la maison. L’absence de sa mère était toujours une cause de trouble pour son papa. Edgar aimait beaucoup son père. Il était plein d’une tendresse bourru et pataude. Avec lui, tout moment était le risque d’une aventure pleine de rebondissement. Les souvenirs affluèrent dans la tête de l’enfant et son visage se déforma d’un sourire alors qu’il se remémorait ses moments où une soirée crêpe finissait en une chasse aux trésors pour trouver des bougies dans la maison alors que l’électricité avait sauté.
Le garçon sauta de la fenêtre où il s’était hissé pour se diriger vers la salle de bain. Devant la porte, il se ravisa et retourna vers la cuisine. Il dévala l’escalier quatre à quatre et sautilla dans le couloir. Trois portes après, il entra dans la cuisine, se hissant sur la pointe des pieds pour appuyer sur l’interrupteur et allumer l’abat-jour terrifiant. La lampe était cachée par une enveloppe de papier où était peinte une fresque d’un combat entre un dragon et un griffon. Dès qu’il voyait cette scène, Edgar sentait son dos frémir et des frissons suivaient pendant de longue minute. Il s’efforça de ne pas regarder le plafond et se rapprocha, de sa démarche chaloupé, du frigo.
En passant devant la porte fenêtre, il vit son reflet dans la glace et marqua un temps d’arrêt. Il avait commencé à grandir cette année. Il était même grand, pensa-t-il en rehaussant un menton fier. Il avait neuf ans et demi, c’était presque un nombre à deux chiffres. En se fixant, il essaya de trouver en lui les traces du héros qu’il serait plus tard. Sous son pyjama, une esquisse de muscle se dessinait. Ses pommettes s’empourprèrent de joie à cette idée et il mima alors ce geste de contentement qu’il n’avait jamais compris mais que tout héros se devait d’adopter. Il passa sa main dans ses cheveux blonds, ses yeux verts s’illuminèrent et il sourit, dévoilant un sourire écaillé. Sa dentition était fragmentée comme une représentation de la gouaille insolente de la jeunesse. Il avait les dents du bonheur, canine et incisives se chevauchait alors que des trous ponctuaient ses gencives à l’endroit où ses dents de lait étaient tombées.
Le sourire d’Edgar s’estompa alors qu’un nouveau grognement lui parvient de l’étage. Aussi rapidement qu’il s’était arrêté pour s’observer dans la vitre, il franchit les derniers mètres qui le séparait du frigo. Il fronça les sourcils quand il se rendit compte que son objectif, une feuille de papier, était collé trop haut pour qu’il puisse l’atteindre. Qu’à cela ne tienne ! Il grimpa sur une chaise pour arracher à l’aimant le cadeau de sa mère pour la soirée. C’était une « tout doux » liste. Chaque fois qu’elle s’absentait, elle en laissait une. « C’est de petits mots pour ton père afin qu’il ne fasse pas brûler la maison… et qu’il se souvienne de vous faire des câlins », lui avait-elle expliquée. Les pensées d’Edgar se braquèrent quelques seconde sur son frère qui devait dormir, il avait moins de deux ans. Edgar aimait beaucoup son frère, mais il l’agaçait assez souvent. Rien que l’abêtissement de ses parents devant lui alors qu’il marchait en tombant tous les deux pas l’énerver / l'énervait. Et surtout, le cri de son frère, qui n’arrêtait pas de répéter « Patapaf » dès qu’il en avait l’occasion. Edgar avait essayé de lui expliquer que les héros ne criaient pas « patapaf », mais plutôt « vous êtes en état d’arrestation ». Mais rien à faire, son frère ne semblait vouloir abandonner son petit mot à lui. Le grand frère haussa les épaules : Tout le monde n’était pas forcément fait pour être un héros. Chassant ces pensées, Edgar se mot à courir pour amener la liste à son père.
Hector grommelait depuis plusieurs heures. Mathilde était absente, comme chaque mois (:D). Elle disparaissait dans la nuit et elle le laissait seul avec les enfants. Et ce soir, il était d’une humeur massacrante. Ses cheveux étaient depuis le matin même dans une volonté de rébellion permanente. Deux épis s’étaient imposés en symétries au-dessus de ces oreilles. Et malgré ses efforts répétés pour imposer sa volonté à sa chevelure, les mèches restaient droites. Il abandonna, de dépit. Il voyait aussi la barbe recommencer à lui manger le visage alors qu’il s’était rasé le matin même. C’était probablement un effet du stress et de la fatigue, se rassura t’il. Sa supposition lui sembla plausible quand son regard quitta ses cheveux bruns dans le miroir pour tomber sur ses yeux. Ils étaient exorbités. Ses iris bleus semblaient avoir décuplés de taille. « Foutu ondes, gargouilla-t-il. Ils vont finir par nous tuer avec. »
La porte grinça alors qu’elle s’ouvrit. Un sourire illumina le visage fatigué d’Hector alors qu’il vit son fils entrer timidement dans la pièce. Edgar le regarda avec de grands yeux.
_ Ça va papa ? demanda-t-il d’une voix hésitante.
_ Un papa ça va toujours bien, fiston, répondit l’intéressé.
Hector souleva son fils et le serra contre lui. Son cœur se serra alors que les petits bras de sa progéniture lui rendaient son étreinte avec une force insoupçonnable.
_ Qu’est-ce qu’il t’arrive mon bonhomme ? Poursuivit-il.
_ Je t’amenais la « tout doux » liste de maman. Répondit Edgar.
_ Oh, d’accord, mais avant tu sais ou est ton frère ?
_ Patapaf … ? Oh oui…
Les sourcils de son père se froncèrent. Et d’instinct, l’ainé se tut tandis que venait la réprimande.
_ Il a un nom, tu sais. Il faut pas être méchant avec ton frère.
_ Oui papa… désolé papa, reprit Edgar, honteux, Pâris est dans son lit. Je crois qu’il dort.
Un concert de braillement vint soudain, d’une manière assez confortable pour le narrateur, contredire cette dernière parole. Sans un mot, le père et le fils allèrent vers la source de ces bruits. Pâris était debout dans son lit à barreaux, son visage de jeune enfant complétement ravagé par les larmes. En père attentif et attendrit, Hector le souleva pour le serrer contre lui.
_ Qu’est-ce qui t’arrive mon poussin ?
_ … cauchemar, sanglota le benjamin.
_ Oh… allons c’est fini, le consola son père en le berçant.
Les pleurs se calmèrent au bout de quelques secondes et lorsqu’elles s’estompèrent totalement, c’est un rire qui prit la place de la pollution sonore. Edgar était pris par une hilarité incontrôlée. Devant le regard étonné de son père, l’enfant expliqua.
_ Papa… tu ressembles à un hibou.
A ces mots, les larmes du dernier reprirent.
_ Cauchemar… hiboux… papa…, expliqua Pâris la voix rongé par des larmes.
_ Ça va aller mon fils, ton frère raconte des bêtises. Si tu nous lisais plutôt la liste que maman nous a laisser Edgar.
Le torse bombé de montré à son père qu’il savait très bien lire, Edgar s’exécuta.
_ « Tout doux » liste, déchiffra-t-il. Pour mes héros à moi, soyez sage. Mangez autre choses que des bonbons !
_ Bonbon… Patapaf ! Gazouilla Pâris, à nouveau libéré de son chagrin.
_ Ne vous couchez pas trop tard ! Reprit Edgar sans faire attention à l’interruption. N’oubliez pas de faire le plein de câlins. Rappelez-vous que vous êtes les plus jolis messieurs si ce n’est de la terre, au moins de cette maison. Et s’il y a un problème. Faites le rituel, maman viendra vous sauver… Papa, c’est quoi le rituel ?
_ Je peux pas te le dire, il n’y a pas de problème, répondit son père plein d’un mystère rigolard.
Sous son masque de bonne humeur, Hector était tout de même inquiet. Mathilde ne parlait jamais de problème. C’était une femme à l’optimisme forcené. Quant au rituel, cela ne pouvait signifier qu’une possibilité de danger. Et par-dessus tout, Hector avait un envie de souris. Un besoin plus qu’étrange qu’il ne pensait jamais ressentir. Il cacha son trouble avec un sourire et un clin d’œil appuyé à ces enfants.
_Bon… on fait ce que la « tout doux » liste nous demande et on file en exploration ? Une marche dans la forêt en homme fort et intrépide ? Des explorateurs sans peurs et sans reproches !
C’est un concert de joie qui lui répondit. Le câlin collectif passé, les trois hommes sortirent de la maison pour aller dans la forêt observer des secrets perdus. Ils marchèrent quelques minutes jusqu’à atteindre le bois. La lune lui offrait une dimension féérique, une impression de mystère rassurante et ennivrante.

Edgar regarda son père à genoux dans une clairière. Il serrait contre lui Pâris à qui il cachait les yeux par acquis de conscience. « Il ne faut pas trembler, se répétait-il, un héros, ça ne tremble pas. ». Son père s’était comporté bizarrement depuis qu’ils étaient entrés dans la forêt. Et il s’était mis à faire des sons bizarre quelques mètres auparavant. Au bout de quelques secondes, il s’était effondré. Un réflexe avait fait attraper son frère à Edgar. Puis les deux s’étaient écarté, conscient de la possibilité du danger. La forêt lui apparaissait désormais bien immense, trop effrayante, sans aucune gentillesse. Dans la lumière nocturne filtrée par les feuilles, il semblait à Edgar que son père avait le visage qui changeait. Son visage semblait s’affiner. Sa voix était faite de hululements suraigus. Et là où il y avait deux épis rebelles, il lui semblait deviner deux oreilles pointues et velues. Soudain, le silence s’appesantit sur la clairière. Et le papa de Pâris tourna son regard vers ses enfants qui furent frappés d’effroi. La taille de ces orbites s’était agrandie au-delà de toute proportion. Deux iris d’un jaune courroucé les fixaient. Le nez s’étaient fait bec et la barbe et le visage de son père étaient devenu un duvet de poils marron et noir. Quant au pressentiment d’Edgar sur les oreilles, il était exact. C’était un hibou. L’idée frappa Edgar qui dans un réflexe fraternel se mis devant son frère. Alors, de la cime des arbres, une voix retentit. Les mots étaient hachurés, découverts, comme savourés à chaque syllabe. L’accent paraissait aux tympans d’Edgar étrangers, mais non comme celui d’un voyageur venu d’une lointaine contrée, mais comme ceux d’un être qui n’était pas, ou alors n’avait pas toujours été, humain. Les phrases firent frissonner l’échine de l’ainé.
_ Coucou… Hibou… garou.
Un bruissement de feuille naquit, il s’intensifia pendant que les grincements de bois résonnaient dans la clairière. Pâris pleura, ses petits doigts s’agrippant avec force au corps de son frère qui résistait, bravement à la peur. A nouveau, la voix retentit, avec plus d’assurance.
_ Coucou… Hibou… GAROU ! Cria-t-elle sur la fin.
Un arbre trembla sur la gauche des deux frères. Et un être étrange apparut devant les yeux d’Edgar. C’était un oiseau, ou ce qui avait été un oiseau. Une chimère à tête humaine mais dont l’architecture du crâne rappelait celle d’un hibou. Le monstre semblait se déplumait, et grandir, lentement, Edgar le voyait prendre des millimètres qui devenait centimètres. Avec un sourire carnassier, l’être lui adressa la parole.
_ Si la chouette effraie… est-ce que le hibou garou fait peur ?
_ Je n’ai pas peur, défia Edgar le corps transi d’effroi.
_ Menteur ! Hurla le monstre. Je sens la terreur en toi ! Elle pue comme pue la mort !
_ Je n’ai pas peur, répéta Edgar sans y croire.
_ Tu devrais… je suis le roi de nuit. Le sanguinaire Archimède ! La forêt me craint tant que le soleil l’a fui.
_ Et moi je suis Edgar ! … Un héros, conclut-il piteusement.
_ Dit-moi, héros ! Ou est-ton armée ? Ou est-ton armure ? …Tu n’es qu’une proie pour mes serres, dit Archimède en faisant claquer ses griffes.
_ Je n’en ai pas besoin, déglutit Edgar, je suis magicien !
Le monstre devant lui se tut, envisageant cette affirmation avec suspicion.
_ Magicien… c’est nuit de sabbat ! N’as-tu donc pas peur de la colère des sorcières ?
_ Elles ne peuvent rien contre moi, déglutit Edgar.
L’enfant était tétanisé. Son corps entier ne semblait plus pouvoir réagir. Ses bras étaient lourds, ses muscles gourds. Heureusement, sa langue gardait toute la puissance nécessaire pour occuper Archimède qui semblait déterminer à les dévorer. L’ancien oiseau (je ne sais pas ça me déplait comme tournure) reprit.
_ Dit-moi magicien… Si je ne peux te tuer toi, ni l’être caché derrière toi. Quand est-t-il de ma proie, acheva le hibou garou en désignant le père des deux enfants.
Edgar sentit sa sueur lui glisser dans le dos quand il comprit que son père courrait un danger. Son cerveau tentait désespérément de trouver un mensonge pour le tirer d’affaires. Puisque malgré les disputes que ces parents lui faisaient à ce sujet, Edgar avait vite compris qu’un mensonge pouvait sauver beaucoup de problème. Mentir à un méchant, c’était s’assurer une porte de sortie si on arrivait à être convaincant. Edgar chercha alors dans sa tête comment continuer à assurer sa prestance de magicien et sauver son père. Soudain l’illumination lui vint.
_ Laisse le ! C’est mon serviteur !
_ Il y en a cent autres que tu pourras avoir ! Les lavandières me l’ont promis, siffla Archimède.
_ Tu n’y toucheras pas ! Hurla Edgar ! Je l’ai lié avec une Pierre de Lune. Maintenant pars.
_ Pas sans mon tribut ! Cria Archimède.
La chimère sauta de son perchoir pour planer vers le corps allongé. Hector regarda avec horreur le monstre venir vers lui. Sa tête entière, comme son corps ne semblaient plus lui répondre. Et de ses lèvres, seul un mot sortit laborieusement.
_ Patapaf.
Pâris tut ses larmes pour regarder son père prononcer son mot talisman. Hagard, il le répéta.
_ Patapaf !
Edgar, l’esprit perdu par l’action, le murmura à son tour.
_ Patapaf…
Alors, uni par ces trois syllabes, la petite famille le hurla comme un cri désespéré face au piqué d’Archimède.
_ PA… TA… PAF.
Aussitôt, un dôme de lumière jaillit de Pâris et fit valdinguer le monstre au loin. Pendant un instant, le noir reprit ses droits… puis, se fut le chaos.
A suivre...


J'aime beaucoup la façon dont tu as traité le personnage d'Edgar, quand il s'admire dans le miroir tout ça, c’est tellement réaliste. Sinon j'ai adorée la "tout doux liste" hihi En revanche je trouve quand même un peu surprenant que le père emmène ses enfants dans la forêt la nuit... J'attends la suite et fin :)


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MessageSujet: Re: Hibou Garou   Sam 28 Nov - 0:19

Ragne a écrit:
Nous voilà à la moitié de l'histoire. Tatataaaaaaaaaam

Un être nimbé d’une lueur violacée était apparu au-dessus de leur tête. C’était une sorcière devina Edgar, peut-être était-ce le chapeau pointu, peut-être était-ce son aura faite de magie et d’incantation, ou peut-être était-ce, tout simplement, le fait qu’elle était en l’air. Elle lévitait sans effort apparent, mais ses yeux semblaient fulminer d’une fureur infinie. A la vue de cette intruse, Archimède piailla, se ramassant sur lui, il fit de son corps une arme qu’il propulsa grâce à ses ailes puissante. A son envol, il poussa également un cri. La forêt sembla alors s’éveiller. Le temps ralentit, le moment entre chaque seconde semblait d’un coup pouvoir contenir un univers. Edgar sentit soudain le monde trembler. Une armée répondait à l’appel d’Archimède. Et la clairière était leur lieu de ralliement. Le sol résonnait de la course des monstres et des dieux, l’air vibrait de l’envol des chimères. Le roi de la nuit avait des sujets prêts à le défendre.
Edgar réagit rapidement, alors qu’il voyait du coin de l’œil l’oiseau se rapprocher de la sorcière, il courut avec son frère près de son père pour essayer de le relever. Mais arriver près de lui, le choc de la rencontre entre Archimède et la sorcière les souffla au sol. Edgar recouvrit Pâris de son bras alors qu’il dirigea son regard vers le combat.
Archimède avait été à nouveau repoussé par un bulle translucide autour de la protectrice. Mais autour de lui arrivait ses soldats qui se massaient en marée noire et amère. Edgar vit l’armée sinistre faire face à leur sauveuse, c’était des troupes disparates, fait de corbeaux, de hiboux, des rapaces noirs et hostiles qui semblaient dépourvu d’âme et de toute capacité de gentillesse. Edgar sentit la peur l’envahir, son corps était froid, suant. Quelque chose dans la posture de l’inconnu semblait trahir également un malaise, une peur naissante. L’enfant improvisé héros comprit que les choses allaient s’envenimer. Alors, c’est un réflexe des anciens âges qui prit le contrôle de lui. Les yeux d’Edgar devinrent vitreux, et un flot de mots commença à sortir de sa bouche.
Pendant son incantation, les deux êtres magiques se jetèrent l’un sur l’autre. Un combat s’engagea, c’était une chorégraphie étrange fait de serres et de sort, d’éclair et (j’aurais rajouté "de")coup. La sorcière toucha la première, un éclair turquoise jaillit de ces yeux et foudroya l’aile gauche de la chimère. Cette dernière riposta immédiatement, ses griffes lacérant la jambe de la sorcière. Le ballet continua une longue minute, l’armée d’Archimède étant toujours irrémédiablement repoussé par la sphère de protection de la femme. Les deux corps bougeaient vite. Ils frappaient, paraient, ripostaient à une vitesse trop rapide pour être capté. En dessous de son duel, Edgar continuait de déclamer une formule. Peu à peu, l’armée d’oiseaux remarqua ce bruit, le réel semblait se fracturer sous le froissement de la magie. Dans un concert de piaillement, les monstres piquèrent sur l’enfant. Aussitôt, la sorcière hurla et le dôme de protection se déplaça autour d’Edgar et de sa famille. Le déluge se plume se brisa contre ce bouclier. Dans son geste, le visage de leur protectrice se montra. Et Pâris reconnu cet être qu’il aimait entre tous.
_ Maman ? murmura-t-il.
Sa mère ne réagit pas. Mathilde avait d’ores et déjà reporté son attention sur le roi de la nuit. Le combat s’était fait plus intense. Et la lumière semblait disparaitre autour d’elle. L’air semblait devenir dense, opaque, tangible. Une force obscure imposait son emprise sur elle. Archimède avait canalisé son pouvoir pour la soumettre à sa volonté. Son armée subissait toujours des revers face à la puissance de la mère d’Edgar. Mais au fil des charges, au fil des assauts, ils gagnaient des centimètres. Chaque seconde semblait sur le point d’être la dernière. Mais la sorcière résistait vaillamment, elle s’était dressé face à la mort avec bravoure, sans peur, mu par l’amour qu’elle portait à sa famille en danger.

Désormais, les serres des montres frôlaient un peu plus sa peau à chaque geste. C’était un enfer de plumes, une tempête de violence brutale et irraisonnée. Les forces de Mathilde semblaient peu à peu disparaitre alors que ses défenses l’abandonnaient. Archimède lui faisait face avec un sourire carnassier. En bas, sons armée affrontaient avec obstination le bouclier autour des trois humains. Le hibou-garou rit avec suffisance et malfaisance. Archimède pouvait enfin savourer une victoire proche. Sa soirée lui avait offert plus de proie qu’il n’en avait voulue. Et alors qu’il allait enfin donner le geste qui lacérerait son adversaire, il se stoppa. Il régnait, par-delà le tumulte des ailes et des grognements de son armée, un silence étrange. Hagard, Archimède scruta avec angoisse les environ.
La chimère réprima un juron en apercevant plus loin la chouette Hyppolite. C’était un être ancien, plein d’une prestance certaine. Sa présence sur les lieux ne pouvait supposer qu’une seule chose… Archimède comprit alors ce qui le dérangeait. Le silence, c’était l’absence des mots du garçon, de plus il lui semblait que depuis qu’il s’était arrêtait, les bruits de combat s’étaient amenuisés. Le hibou-garou tourna alors ses yeux vers Edgar. L’enfant luisait d’une couleur bleu cendré qui avait recouvert tout son corps. Ses orbites semblaient contenir des galaxies, sa bouche était figée en une moue colérique et résolu. Et Archimède trembla. L’enfant semblait posséder en lui la puissance de dieux ancestraux. Alors, glissant sur le temps, Hyppolite vint à côté de son ennemi, lui murmurant ces quelques mots à l’oreille.
_ Le hibou-garou… ne fait pas peur… par contre, la chouette effraie.
Puis, ce fut l’explosion. La rage, la peur, l’amour qu’Edgar contenait en lui fut libéré. Un souffle puissant repoussa l’armée. Les os craquèrent dans un fracas sordide. Edgar s’effondra sur le sol, inconscient. Mathilde et Hyppolite atterrirent ensemble. La chouette observa la sorcière avant de briser le silence.
_Nous sommes soir de Sabbat, c’est un magicien… il doit être exécuté.
_ La trêve du sabbat a été brisé par les nôtres, grogna Mathilde.
_ Nous n’avons pas le temps d’enquêter pour trouver des preuves.
_ C’est mon fils, siffla Mathilde.
_ Et moi, je suis la gardienne des créatures magiques… La loi est la même pour tout le monde, il doit mourir, sauf si tu peux me prouver immédiatement son innocence.
Mathilde se tut. En douceur, elle s’approcha du corps de son mari. Et elle le montra à la chouette. Hector avait désormais le visage mangé par un duvet, ses oreilles étaient devenues des airettes. Des plumes poussaient sur ses bras nu. Il devenait peu à peu un hibou. Hyppolite frissonna.
_ Les lavandières sont de retour, murmura-t-elle.
_ Et… tu ne l’avais pas pressentis ? Frissonna Mathilde.
_ Non… ce qui signifie qu’elles sont caché en notre sein.
Le corps de la chouette changea alors qu’elle se penchait à son tour pour examiner les corps. Ses ailes se rétractèrent pour laisser apparaitre un bras tout ce qu’il y a de plus humain. Elle examina les trois hommes assommés.
_ Ton fils est plus qu’un magicien… c’est un enchanteur, soupira-t-elle en tâtant Edgar.
Les mains d’Hyppolite passèrent alors à Pâris. Le corps de l’enfant vu examiner, observé dans tous les sens. Au bout d’une longue minute, elle lança un regard fatigué à Mathilde.
_ Tu as fait de lui un talisman… c’est interdit.
_ Je…, commençai à se défendre la mère d’Edgar.
_ Aucune importance… il va mourir, comme ton mari. C’est une épidémie. Les lavandières vont changer les humains en hibou.
Mathilde s’étrangla à cette nouvelle, mais avant qu’elle n’ait eu le temps de s’en inquiéter, Hyppolite avait repris son apparence de chouette. Et elle se mit à grandir. Elle enveloppa la famille de ces ailes. Son corps était alors de la taille des arbres. Dans un souffle, l’effraie disparut. De son face plate, de son pelage blanc et marron, il ne resta qu’un souvenir. La famille était partie avec elle.

Archimède était resté dans l’ombre, tapi dans un obscur étranger à cette terre. Un rictus déformait son bec. Ils étaient allés au Sabbat, droit dans la gueule du loup.

Ooooh que de créatures aux pouvoirs impressionnants :) Cette suite est tout aussi bien que le début :) Je veux la fiiin !!!

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MessageSujet: Re: Hibou Garou   Sam 28 Nov - 9:43

Pouet a écrit:
Edgar regardait la lune pleine et rouge monter dans le ciel. C’était un spectacle surprenant pour un enfant. D’un coup, il se retourna alors qu’un cri étouffé, grommelé, Pas de rythmes binaires, c'est nuuuul les rythmes binaires ! avait passé la porte de la salle de bain. Comme chaque mois, pendant quelques jours, ils n’étaient que deux (enfin deux et demi) dans la maison. L’absence de sa mère était toujours une cause de trouble pour son papa. Edgar aimait beaucoup son père. Il était plein d’une tendresse bourrue et pataude. Avec lui, tout moment était le risque d’une aventure pleine de rebondissement. Les souvenirs affluèrent dans la tête de l’enfant et son visage se déforma d’un sourire alors qu’il se remémorait ses moments où une soirée crêpe finissait en une chasse aux trésors pour trouver des bougies dans la maison alors que l’électricité avait sauté. Mais c'est trop fun !
Le garçon sauta de la fenêtre où il s’était hissé pour se diriger vers la salle de bain. Devant la porte, il se ravisa et retourna vers la cuisine. Il dévala l’escalier les marches et pas l'escalier : ça voudrait dire qu'il descend les escaliers de quatre en quatre ; je te raconte pas la taille de la baraque... ni même l'état du gosse devenu tétraplégique à force de sauter tous les quatre escaliers ! quatre à quatre et sautilla dans le couloir. Trois portes après, il entra dans la cuisine, se hissant sur la pointe des pieds pour appuyer sur l’interrupteur et allumer l’abat-jour terrifiant. La lampe était cachée par une enveloppe de papier où était peinte une fresque d’un combat entre un dragon et un griffon. Dès qu’il voyait cette scène, Edgar sentait son dos frémir et des frissons suivaient pendant de longue minute. Il s’efforça de ne pas regarder le plafond et se rapprocha, de sa démarche chaloupé, du frigo.
En passant devant la porte fenêtre, il vit son reflet dans la glace et marqua un temps d’arrêt. Il avait commencé à grandir cette année. Il était même grand, pensa-t-il en rehaussant un menton fier Maladroit : tu mélanges style direct et style indirect sans même passer par la case style indirect libre. Il faudrait soit "Il pensa même que..." ou "J'ai grandi, pensa-t-il...". Il avait neuf ans et demi, c’était presque un nombre à deux chiffres. En se fixant, il essaya de trouver en lui les traces du héros qu’il serait plus tard. Sous son pyjama, une esquisse de muscle se dessinait. Ses pommettes s’empourprèrent de joie à cette idée et il mima alors ce geste de contentement qu’il n’avait jamais compris mais que tout héros se devait d’adopter. Il passa sa main dans ses cheveux blonds, ses yeux verts s’illuminèrent et il sourit, dévoilant un sourire écaillé. Sa dentition était fragmentée comme une représentation de la gouaille insolente de la jeunesse. Il avait les dents du bonheur, canine et incisives se chevauchaient alors que des trous ponctuaient ses gencives à l’endroit où ses dents de lait étaient tombées.
Le sourire d’Edgar s’estompa alors qu’un nouveau grognement lui parvi(e)nt les temps screugneugneu ! de l’étage. Aussi rapidement qu’il s’était arrêté pour s’observer dans la vitre, il franchit les derniers mètres qui le séparait du frigo. Il fronça les sourcils quand il se rendit compte que son objectif, une feuille de papier, était collé trop haut pour qu’il puisse l’atteindre. Qu’à cela ne tienne ! Il grimpa sur une chaise pour arracher à l’aimant le cadeau de sa mère pour la soirée. C’était une « tout doux » liste. :rire: Chaque fois qu’elle s’absentait, elle en laissait une. « C’est de petits mots pour ton père afin qu’il ne fasse pas brûler la maison… et qu’il se souvienne de vous faire des câlins », lui avait-elle expliquée. Les pensées d’Edgar se braquèrent quelques seconde sur son frère qui devait dormir, il avait moins de deux ans. Edgar aimait beaucoup son frère, mais il l’agaçait assez souvent. Rien que l’abêtissement de ses parents devant lui alors qu’il marchait en tombant tous les deux pas l’énerver. Et surtout, le cri de son frère, qui n’arrêtait pas de répéter « Patapaf » dès qu’il en avait l’occasion. Edgar avait essayé de lui expliquer que les héros ne criaient pas « patapaf », mais plutôt « vous êtes en état d’arrestation ». Mais rien à faire, son frère ne semblait vouloir abandonner son petit mot à lui. Le grand frère haussa les épaules : Tout le monde n’était pas forcément fait pour être un héros. Chassant ces pensées, Edgar se mot à courir pour amener la liste à son père.
Hector grommelait depuis plusieurs heures. Mathilde était absente, comme chaque mois. Elle disparaissait dans la nuit et elle le laissait seul avec les enfants. Et ce soir, il était d’une humeur massacrante. Ses cheveux étaient depuis le matin même dans une volonté de rébellion permanente. Deux épis s’étaient imposés en symétries au-dessus de ces oreilles. Et malgré ses efforts répétés pour imposer sa volonté à sa chevelure, les mèches restaient droites. Il abandonna, de dépit. Il voyait aussi la barbe recommencer à lui manger le visage alors qu’il s’était rasé le matin même. C’était probablement un effet du stress et de la fatigue, se rassura t’il. Là, c'est du style indirect libre, ça passe bien Sa supposition lui sembla plausible quand son regard quitta ses cheveux bruns dans le miroir pour tomber sur ses yeux. Ils étaient exorbités. Ses iris bleus semblaient avoir décuplé(s) de taille. « Foutues ondes, gargouilla-t-il. Ils vont finir par nous tuer avec. »
La porte grinça alors qu’elle s’ouvrit. Un sourire illumina le visage fatigué d’Hector alors qu’il vit son fils entrer timidement dans la pièce. Edgar le regarda avec de grands yeux.
_ Ça va papa ? demanda-t-il d’une voix hésitante.
_ Un papa ça va toujours bien, fiston, répondit l’intéressé.
Hector souleva son fils et le serra contre lui. Son cœur se serra alors que les petits bras de sa progéniture lui rendaient son étreinte avec une force insoupçonnable.
_ Qu’est-ce qu’il t’arrive mon bonhomme ? Poursuivit-il.
_ Je t’amenais la « tout doux » liste de maman. Répondit Edgar.
_ Oh, d’accord, mais avant tu sais ou est ton frère ?
_ Patapaf … ? Oh oui…
Les sourcils de son père se froncèrent. Et d’instinct, l’ainé se tut tandis que venait la réprimande.
_ Il a un nom, tu sais. Il faut pas être méchant avec ton frère.
_ Oui papa… désolé papa, reprit Edgar, honteux, Pâris est dans son lit. Je crois qu’il dort. Patapaf > Pâris
Un concert de braillement vint soudain, d’une manière assez confortable pour le narrateur, contredire cette dernière parole. Sans un mot, le père et le fils allèrent vers la source de ces bruits. Pâris était debout dans son lit à barreaux, son visage de jeune enfant complétement ravagé par les larmes. En père attentif et attendrit, Hector le souleva pour le serrer contre lui.
_ Qu’est-ce qui t’arrive mon poussin ?
_ … cauchemar, sanglota le benjamin.
_ Oh… allons c’est fini, le consola son père en le berçant.
Les pleurs se calmèrent au bout de quelques secondes et lorsqu’elles s’estompèrent totalement, c’est un rire qui prit la place de la pollution sonore. Edgar était pris par une hilarité incontrôlée. Devant le regard étonné de son père, l’enfant expliqua.
_ Papa… tu ressembles à un hibou.
A ces mots, les larmes du dernier reprirent.
_ Cauchemar… hiboux… papa…, expliqua Pâris la voix rongé par des larmes.
_ Ça va aller mon fils, ton frère raconte des bêtises. Si tu nous lisais plutôt la liste que maman nous a laisser Edgar.
Le torse bombé de montré à son père qu’il savait très bien lire, Edgar s’exécuta.
_ « Tout doux » liste, déchiffra-t-il. Pour mes héros à moi, soyez sage. Mangez autre chose(s) que des bonbons ! TU VAS M'ENLEVER CES S OUI ?
_ Bonbon… Patapaf ! Gazouilla Pâris, à nouveau libéré de son chagrin.
_ Ne vous couchez pas trop tard ! Reprit Edgar sans faire attention à l’interruption. N’oubliez pas de faire le plein de câlins. Rappelez-vous que vous êtes les plus jolis messieurs si ce n’est de la terre, au moins de cette maison. Et s’il y a un problème. Faites le rituel, maman viendra vous sauver… Papa, c’est quoi le rituel ?
_ Je peux pas te le dire, il n’y a pas de problème, répondit son père plein d’un mystère rigolard.
Sous son masque de bonne humeur, Hector était tout de même inquiet. Mathilde ne parlait jamais de problème. C’était une femme à l’optimisme forcené. Quant au rituel, cela ne pouvait signifier qu’une possibilité de danger. Et par-dessus tout, Hector avait un envie de souris. Un besoin plus qu’étrange qu’il ne pensait jamais ressentir. Il cacha son trouble avec un sourire et un clin d’œil appuyé à ces enfants.
_Bon… on fait ce que la « tout doux » liste nous demande et on file en exploration ? Une marche dans la forêt en homme fort et intrépide ? Des explorateurs sans peurs et sans reproches !
C’est un concert de joie qui lui répondit. Le câlin collectif passé, les trois hommes sortirent de la maison pour aller dans la forêt observer des secrets perdus. Ils marchèrent quelques minutes jusqu’à atteindre le bois. La lune lui offrait une dimension féérique, une impression de mystère rassurante et en(n)ivrante. TU VAS M'ENLEVER CES N OUI ?

Edgar regarda son père à genoux dans une clairière. Il serrait contre lui Pâris à qui il cachait les yeux par acquis de conscience. « Il ne faut pas trembler, se répétait-il, un héros, ça ne tremble pas. ». Son père s’était comporté bizarrement depuis qu’ils étaient entrés dans la forêt. Et il s’était mis à faire des sons bizarre quelques mètres auparavant. Au bout de quelques secondes, il s’était effondré. Un réflexe avait fait attraper son frère à Edgar. Puis les deux s’étaient écarté, conscient de la possibilité du danger. La forêt lui apparaissait désormais bien immense, trop effrayante, sans aucune gentillesse. Dans la lumière nocturne filtrée par les feuilles, il semblait à Edgar que son père avait le visage qui changeait. Son visage semblait s’affiner. Sa voix était faite de hululements suraigus. Et là où il y avait deux épis rebelles, il lui semblait deviner deux oreilles pointues et velues. Soudain, le silence s’appesantit sur la clairière. Et le papa de Pâris tourna son regard vers ses enfants qui furent frappés d’effroi. Deuxième "et" de début de phrase en deux lignes, ça casse l'aspect très fluide de ta nouvelle La taille de ces orbites s’était agrandie au-delà de toute proportion. Deux iris d’un jaune courroucé les fixaient. Le nez s’étaient fait bec et la barbe et le visage de son père étaient devenu un duvet de poils marron et noir. Quant au pressentiment d’Edgar sur les oreilles, il était exact. C’était un hibou. L’idée frappa Edgar qui dans un réflexe fraternel se mis devant son frère. Alors, de la cime des arbres, une voix retentit. Les mots étaient hachurés, découverts, comme savourés à chaque syllabe. L’accent paraissait aux tympans d’Edgar étrangers, mais non comme celui d’un voyageur venu d’une lointaine contrée, mais comme ceux d’un être qui n’était pas, ou alors n’avait pas toujours été, humain. Les phrases firent frissonner l’échine de l’ainé.
_ Coucou… Hibou… garou.
Un bruissement de feuille naquit, il s’intensifia pendant que les grincements de bois résonnaient dans la clairière. Pâris pleura, ses petits doigts s’agrippant avec force au corps de son frère qui résistait, bravement à la peur. A nouveau, la voix retentit, avec plus d’assurance.
_ Coucou… Hibou… GAROU ! Cria-t-elle sur la fin.
Un arbre trembla sur la gauche des deux frères. Et un être étrange apparut devant les yeux d’Edgar. C’était un oiseau, ou ce qui avait été un oiseau. Une chimère à tête humaine mais dont l’architecture du crâne rappelait celle d’un hibou. Le monstre semblait se déplumait, et grandir, lentement, Edgar le voyait prendre des millimètres qui devenait centimètres. Avec un sourire carnassier, l’être lui adressa la parole.
_ (...) Cette phrase a été supprimée pour cause de WTF CETTE BLAGUE ??
_ Je n’ai pas peur, défia Edgar le corps transi d’effroi.
_ Menteur ! Hurla le monstre. Je sens la terreur en toi ! Elle pue comme pue la mort !
_ Je n’ai pas peur, répéta Edgar sans y croire.
_ Tu devrais… je suis le roi de nuit. Le sanguinaire Archimède ! La forêt me craint tant que le soleil l’a fui.
_ Et moi je suis Edgar ! … Un héros, conclut-il piteusement.
_ Dit-moi, héros ! Ou est-ton armée ? Ou est-ton armure ? …Tu n’es qu’une proie pour mes serres, dit Archimède en faisant claquer ses griffes.
_ Je n’en ai pas besoin, déglutit Edgar, je suis magicien !
Le monstre devant lui se tut, envisageant cette affirmation avec suspicion.
_ Magicien… c’est nuit de sabbat ! N’as-tu donc pas peur de la colère des sorcières ?
_ Elles ne peuvent rien contre moi, déglutit Edgar.
L’enfant était tétanisé Pourquoi j'ai lu teutonisé ? O_o Edgar devient teuton... *transformatiooooon teutooooon*. Son corps entier ne semblait plus pouvoir réagir. Ses bras étaient lourds, ses muscles gourds. Heureusement, sa langue gardait toute la puissance nécessaire pour occuper Archimède qui semblait déterminer à les dévorer. L’ancien oiseau reprit.
_ Dit-moi magicien… Si je ne peux te tuer toi, ni l’être caché derrière toi. Quand qu'en est-t-il de ma proie, acheva le hibou garou en désignant le père des deux enfants.
Edgar sentit sa sueur lui glisser dans le dos quand il comprit que son père courrait un danger. Son cerveau tentait désespérément de trouver un mensonge pour le tirer d’affaires. Puisque malgré les disputes que ces parents lui faisaient à ce sujet, Edgar avait vite compris qu’un mensonge pouvait sauver beaucoup de problème. Mentir à un méchant, c’était s’assurer une porte de sortie si on arrivait à être convaincant. Edgar chercha alors dans sa tête comment continuer à assurer sa prestance de magicien et sauver son père. Soudain l’illumination lui vint.
_ Laisse le ! C’est mon serviteur !
_ Il y en a cent autres que tu pourras avoir ! Les lavandières me l’ont promis, siffla Archimède.
_ Tu n’y toucheras pas ! Hurla Edgar ! Je l’ai lié avec une Pierre de Lune. Maintenant pars.
_ Pas sans mon tribut ! Cria Archimède.
La chimère sauta de son perchoir pour planer vers le corps allongé. Hector regarda avec horreur le monstre venir vers lui. Sa tête entière, comme son corps ne semblaient plus lui répondre. Et de ses lèvres, seul un mot sortit laborieusement.
_ Patapaf.
Pâris tut ses larmes pour regarder son père prononcer son mot talisman. Hagard, il le répéta.
_ Patapaf !
Edgar, l’esprit perdu par l’action, le murmura à son tour.
_ Patapaf…
Alors, uni par ces trois syllabes, la petite famille le hurla comme un cri désespéré face au piqué d’Archimède.
_ PA… TA… PAF.
Aussitôt, un dôme de lumière jaillit de Pâris et fit valdinguer le monstre au loin. Pendant un instant, le noir reprit ses droits… puis, se fut le chaos.

Euh, comment dire... C'est... "assez" bien. Hein ? Pas suffisant ? Bon, ok... c'est génial è_é
Une petite réserve : pourquoi critiquer mon pouet pour faire le fanfaron avec un patapaf ? è_é

Pouet a écrit:
Un être nimbé d’une lueur violacée était apparu au-dessus de leur tête. C’était une sorcière devina Edgar, peut-être était-ce le chapeau pointu, peut-être était-ce son aura faite de magie et d’incantation, ou peut-être était-ce, tout simplement, le fait qu’elle était en l’air. Elle lévitait sans effort apparent, mais ses yeux semblaient fulminer d’une fureur infinie. A la vue de cette intruse, Archimède piailla, se ramassant sur lui, il fit de son corps une arme qu’il propulsa grâce à ses ailes puissante. A son envol, il poussa également un cri. La forêt sembla alors s’éveiller. Le temps ralentit, le moment entre chaque seconde semblait d’un coup pouvoir contenir un univers. Edgar sentit soudain le monde trembler. Une armée répondait à l’appel d’Archimède. Et la clairière était leur lieu de ralliement. Le sol résonnait de la course des monstres et des dieux, l’air vibrait de l’envol des chimères. Le roi de la nuit avait des sujets prêts à le défendre.
Edgar réagit rapidement, alors qu’il voyait du coin de l’œil l’oiseau se rapprocher de la sorcière, il courut avec son frère près de son père pour essayer de le relever. Mais arriver près de lui, le choc de la rencontre entre Archimède et la sorcière les souffla au sol. Edgar recouvrit Pâris de son bras alors qu’il dirigea son regard vers le combat.
Archimède avait été à nouveau repoussé par un bulle translucide autour de la protectrice. Mais autour de lui arrivaient ses soldats qui se massaient en marée noire et amère. Edgar vit l’armée sinistre faire face à leur sauveuse, c’étaient des troupes disparates, faites de corbeaux, de hiboux, des rapaces noirs et hostiles qui semblaient dépourvu d’âme et de toute capacité de gentillesse. Edgar sentit la peur l’envahir, son corps était froid, suant. Quelque chose dans la posture de l’inconnu semblait trahir également un malaise, une peur naissante. L’enfant improvisé héros comprit que les choses allaient s’envenimer. Alors, c’est un réflexe des anciens âges qui prit le contrôle de lui. Les yeux d’Edgar devinrent vitreux, et un flot de mots commença à sortir de sa bouche.
Pendant son incantation, les deux êtres magiques se jetèrent l’un sur l’autre. Un combat s’engagea, c’était une chorégraphie étrange fait de serres et de sort, d’éclair et coup. La sorcière toucha la première, un éclair turquoise jaillit de ces yeux et foudroya l’aile gauche de la chimère. Cette dernière riposta immédiatement, ses griffes lacérant la jambe de la sorcière. Le ballet continua une longue minute, l’armée d’Archimède étant toujours irrémédiablement repoussé par la sphère de protection de la femme. Les deux corps bougeaient vite. Ils frappaient, paraient, ripostaient à une vitesse trop rapide pour être capté. En dessous de son duel, Edgar continuait de déclamer une formule. Peu à peu, l’armée d’oiseaux remarqua ce bruit, le réel semblait se fracturer sous le froissement de la magie. Dans un concert de piaillement, les monstres piquèrent sur l’enfant. Aussitôt, la sorcière hurla et le dôme de protection se déplaça autour d’Edgar et de sa famille. Le déluge se plume se brisa contre ce bouclier. Dans son geste, le visage de leur protectrice se montra. Et Pâris reconnu cet être qu’il aimait entre tous.
_ Maman ? murmura-t-il.
Sa mère ne réagit pas. Mathilde avait d’ores et déjà reporté son attention sur le roi de la nuit. Le combat s’était fait plus intense. Et la lumière semblait disparaitre autour d’elle. L’air semblait devenir dense, opaque, tangible. Une force obscure imposait son emprise sur elle. Archimède avait canalisé son pouvoir pour la soumettre à sa volonté. Son armée subissait toujours des revers face à la puissance de la mère d’Edgar. Mais au fil des charges, au fil des assauts, ils gagnaient des centimètres. Chaque seconde semblait sur le point d’être la dernière. Mais la sorcière résistait vaillamment, elle s’était dressé face à la mort avec bravoure, sans peur, mu par l’amour qu’elle portait à sa famille en danger.

Désormais, les serres des montres frôlaient un peu plus sa peau à chaque geste. C’était un enfer de plumes, une tempête de violence brutale et irraisonnée. Les forces de Mathilde semblaient peu à peu disparaitre alors que ses défenses l’abandonnaient. Archimède lui faisait face avec un sourire carnassier. En bas, sons armée affrontaient avec obstination le bouclier autour des trois humains. Le hibou-garou rit avec suffisance et malfaisance. Archimède pouvait enfin savourer une victoire proche. Sa soirée lui avait offert plus de proie qu’il n’en avait voulue. Et alors qu’il allait enfin donner le geste qui lacérerait son adversaire, il se stoppa. Il régnait, par-delà le tumulte des ailes et des grognements de son armée, un silence étrange. Hagard, Archimède scruta avec angoisse les environ.
La chimère réprima un juron en apercevant plus loin la chouette Hyppolite. C’était un être ancien, plein d’une prestance certaine. Sa présence sur les lieux ne pouvait supposer qu’une seule chose… la Youtube Money ? Archimède comprit alors ce qui le dérangeait. Le silence, c’était l’absence des mots du garçon, de plus il lui semblait que depuis qu’il s’était arrêtait, les bruits de combat s’étaient amenuisés. Le hibou-garou tourna alors ses yeux vers Edgar. L’enfant luisait d’une couleur bleu cendré qui avait recouvert tout son corps. Ses orbites semblaient contenir des galaxies, sa bouche était figée en une moue colérique et résolu. Et Archimède trembla. L’enfant semblait posséder en lui la puissance de dieux ancestraux. Alors, glissant sur le temps, Hyppolite vint à côté de son ennemi, lui murmurant ces quelques mots à l’oreille.
_ (censure de la Police de l'Humour)
Puis, ce fut l’explosion. La rage, la peur, l’amour qu’Edgar contenait en lui fut libéré. Un souffle puissant repoussa l’armée. Les os craquèrent dans un fracas sordide. Edgar s’effondra sur le sol, inconscient. Mathilde et Hyppolite atterrirent ensemble. La chouette observa la sorcière avant de briser le silence.
_Nous sommes soir de Sabbat, c’est un magicien… il doit être exécuté.
_ La trêve du sabbat a été brisé par les nôtres, grogna Mathilde.
_ Nous n’avons pas le temps d’enquêter pour trouver des preuves.
_ C’est mon fils, siffla Mathilde.
_ Et moi, je suis la gardienne des créatures magiques… La loi est la même pour tout le monde, il doit mourir, sauf si tu peux me prouver immédiatement son innocence.
Mathilde se tut. En douceur, elle s’approcha du corps de son mari. Et elle le montra à la chouette. Hector avait désormais le visage mangé par un duvet, ses oreilles étaient devenues des airettes. Des plumes poussaient sur ses bras nu. Il devenait peu à peu un hibou. Hyppolite frissonna.
_ Les lavandières sont de retour, murmura-t-elle.
_ Et… tu ne l’avais pas pressentis ? Frissonna Mathilde.
_ Non… ce qui signifie qu’elles sont caché en notre sein.
Le corps de la chouette changea alors qu’elle se penchait à son tour pour examiner les corps. Ses ailes se rétractèrent pour laisser apparaitre un bras tout ce qu’il y a de plus humain. Elle examina les trois hommes assommés.
_ Ton fils est plus qu’un magicien… c’est un enchanteur, soupira-t-elle en tâtant Edgar.
Les mains d’Hyppolite passèrent alors à Pâris. Le corps de l’enfant vu examiner, observé dans tous les sens. Au bout d’une longue minute, elle lança un regard fatigué à Mathilde.
_ Tu as fait de lui un talisman… c’est interdit.
_ Je…, commençai à se défendre la mère d’Edgar.
_ Aucune importance… il va mourir, comme ton mari. C’est une épidémie. Les lavandières vont changer les humains en hibou.
Mathilde s’étrangla à cette nouvelle, mais avant qu’elle n’ait eu le temps de s’en inquiéter, Hyppolite avait repris son apparence de chouette. Et elle se mit à grandir. Elle enveloppa la famille de ces ailes. Son corps était alors de la taille des arbres. Dans un souffle, l’effraie disparut. De son face plate, de son pelage blanc et marron, il ne resta qu’un souvenir. La famille était partie avec elle.

Archimède était resté dans l’ombre, tapi dans un obscur étranger à cette terre. Un rictus déformait son bec. Ils étaient allés au Sabbat, droit dans la gueule du loup.

C'est franchement très bon, pour un enfant également. Tu pourrais plus utiliser le style indirect je pense, mais c'est ma seule réserve.

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pouet




Ah oui, j'écris des trucs aussi
Tutos : Versification & Rythme
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MessageSujet: Re: Hibou Garou   Sam 28 Nov - 10:24

Plumette mercibeaucoup pour ton commentaire. Comme je suis globalement d'accord avec tes corrections, je ne cite pas.
Pour la première phrase que tu souligne, ben c'est du passif, donc je sais pas s'il y a un bug. Pas pour moi^^

Merci encore pour ton temps et tes corrections <3 ça me fait chaud au coeur

Silenuse a écrit:
Pouet a écrit:
Edgar regardait la lune pleine et rouge monter dans le ciel. C’était un spectacle surprenant pour un enfant. D’un coup, il se retourna alors qu’un cri étouffé, grommelé, Pas de rythmes binaires, c'est nuuuul les rythmes binaires !JE tente des trucs tu sais ^^ je vais modifier avait passé la porte de la salle de bain. Comme chaque mois, pendant quelques jours, ils n’étaient que deux (enfin deux et demi) dans la maison. L’absence de sa mère était toujours une cause de trouble pour son papa. Edgar aimait beaucoup son père. Il était plein d’une tendresse bourrue et pataude. Avec lui, tout moment était le risque d’une aventure pleine de rebondissement. Les souvenirs affluèrent dans la tête de l’enfant et son visage se déforma d’un sourire alors qu’il se remémorait ses moments où une soirée crêpe finissait en une chasse aux trésors pour trouver des bougies dans la maison alors que l’électricité avait sauté. Mais c'est trop fun !dès qu'il y a des crêpes c'est fun aussi. Les bretons se comprennent entre eux
   Le garçon sauta de la fenêtre où il s’était hissé pour se diriger vers la salle de bain. Devant la porte, il se ravisa et retourna vers la cuisine. Il dévala l’escalier les marches et pas l'escalier : ça voudrait dire qu'il descend les escaliers de quatre en quatre ; je te raconte pas la taille de la baraque... ni même l'état du gosse devenu tétraplégique à force de sauter tous les quatre escaliers !Hm, là par contre j'émet un doute, je pense l'avoir déjàlu dévalé l'escalier quatre à quatre. Je vais y réfléchir. (Mais au moins, j'ai ris) quatre à quatre et sautilla dans le couloir. Trois portes après, il entra dans la cuisine, se hissant sur la pointe des pieds pour appuyer sur l’interrupteur et allumer l’abat-jour terrifiant. La lampe était cachée par une enveloppe de papier où était peinte une fresque d’un combat entre un dragon et un griffon. Dès qu’il voyait cette scène, Edgar sentait son dos frémir et des frissons suivaient pendant de longue minute. Il s’efforça de ne pas regarder le plafond et se rapprocha, de sa démarche chaloupé, du frigo.
   En passant devant la porte fenêtre, il vit son reflet dans la glace et marqua un temps d’arrêt. Il avait commencé à grandir cette année. Il était même grand, pensa-t-il en rehaussant un menton fier Maladroit : tu mélanges style direct et style indirect sans même passer par la case style indirect libre. Il faudrait soit "Il pensa même que..." ou "J'ai grandi, pensa-t-il..."Oulà oui, maintenant que tu le souligne, c'est flgrant. Il avait neuf ans et demi, c’était presque un nombre à deux chiffres. En se fixant, il essaya de trouver en lui les traces du héros qu’il serait plus tard. Sous son pyjama, une esquisse de muscle se dessinait. Ses pommettes s’empourprèrent de joie à cette idée et il mima alors ce geste de contentement qu’il n’avait jamais compris mais que tout héros se devait d’adopter. Il passa sa main dans ses cheveux blonds, ses yeux verts s’illuminèrent et il sourit, dévoilant un sourire écaillé. Sa dentition était fragmentée comme une représentation de la gouaille insolente de la jeunesse. Il avait les dents du bonheur, canine et incisives se chevauchaient alors que des trous ponctuaient ses gencives à l’endroit où ses dents de lait étaient tombées.
   Le sourire d’Edgar s’estompa alors qu’un  nouveau grognement lui parvi(e)nt les temps screugneugneu !c'est pas que justement chez moi la météo ne change pas assez? Donc je met pas les temps à jour? c'était nul? je sort? de l’étage. Aussi rapidement qu’il s’était arrêté pour s’observer dans la vitre, il franchit les derniers mètres qui le séparait du frigo. Il fronça les sourcils quand il se rendit compte que son objectif, une feuille de papier, était collé trop haut pour qu’il puisse l’atteindre. Qu’à cela ne tienne ! Il grimpa sur une chaise pour arracher à l’aimant le cadeau de sa mère pour la soirée. C’était une « tout doux » liste. :rire: Chaque fois qu’elle s’absentait, elle en laissait une. « C’est de petits mots pour ton père afin qu’il ne fasse pas brûler la maison… et qu’il se souvienne de vous faire des câlins », lui avait-elle expliquée. Les pensées d’Edgar se braquèrent quelques seconde sur son frère qui devait dormir, il avait moins de deux ans. Edgar aimait beaucoup son frère, mais il l’agaçait assez souvent. Rien que l’abêtissement de ses parents devant lui alors qu’il marchait en tombant tous les deux pas l’énerver. Et surtout, le cri de son frère, qui n’arrêtait pas de répéter « Patapaf » dès qu’il en avait l’occasion. Edgar avait essayé de lui expliquer que les héros ne criaient pas « patapaf », mais plutôt « vous êtes en état d’arrestation ». Mais rien à faire, son frère ne semblait vouloir abandonner son petit mot à lui. Le grand frère haussa les épaules : Tout le monde n’était pas forcément fait pour être un héros. Chassant ces pensées, Edgar se mot à courir pour amener la liste à son père.
   Hector grommelait depuis plusieurs heures. Mathilde était absente, comme chaque mois. Elle disparaissait dans la nuit et elle le laissait seul avec les enfants. Et ce soir, il était d’une humeur massacrante. Ses cheveux étaient depuis le matin même dans une volonté de rébellion permanente. Deux épis s’étaient imposés en symétries au-dessus de ces oreilles. Et malgré ses efforts répétés pour imposer sa volonté à sa chevelure, les mèches restaient droites. Il abandonna, de dépit. Il voyait aussi la barbe recommencer à lui manger le visage alors qu’il s’était rasé le matin même. C’était probablement un effet du stress et de la fatigue, se rassura t’il. Là, c'est du style indirect libre, ça passe bien Sa supposition lui sembla plausible quand son regard quitta ses cheveux bruns dans le miroir pour tomber sur ses yeux. Ils étaient exorbités. Ses iris bleus semblaient avoir décuplé(s) de taille. « Foutues ondes, gargouilla-t-il. Ils vont finir par nous tuer avec. »
   La porte grinça alors qu’elle s’ouvrit. Un sourire illumina le visage fatigué d’Hector alors qu’il vit son fils entrer timidement dans la pièce. Edgar le regarda avec de grands yeux.
_ Ça va papa ? demanda-t-il d’une voix hésitante.
_ Un papa ça va toujours bien, fiston, répondit l’intéressé.
Hector souleva son fils et le serra contre lui. Son cœur se serra alors que les petits bras de sa progéniture lui rendaient son étreinte avec une force insoupçonnable.
_ Qu’est-ce qu’il t’arrive mon bonhomme ? Poursuivit-il.
_ Je t’amenais la « tout doux » liste de maman. Répondit Edgar.
_ Oh, d’accord, mais avant tu sais ou est ton frère ?
_ Patapaf … ? Oh oui…
Les sourcils de son père se froncèrent. Et d’instinct, l’ainé se tut tandis que venait la réprimande.
_ Il a un nom, tu sais. Il faut pas être méchant avec ton frère.
_ Oui papa… désolé papa, reprit Edgar, honteux, Pâris est dans son lit. Je crois qu’il dort.  Patapaf > PârisRassure moi... t'es fils unique?
   Un concert de braillement vint soudain, d’une manière assez confortable pour le narrateur, contredire cette dernière parole. Sans un mot, le père et le fils allèrent vers la source de ces bruits. Pâris était debout dans son lit à barreaux, son visage de jeune enfant complétement ravagé par les larmes. En père attentif et attendrit, Hector le souleva pour le serrer contre lui.
_ Qu’est-ce qui t’arrive mon poussin ?
_ … cauchemar, sanglota le benjamin.
_ Oh… allons c’est fini, le consola son père en le berçant.
   Les pleurs se calmèrent au bout de quelques secondes et lorsqu’elles s’estompèrent totalement, c’est un rire qui prit la place de la pollution sonore. Edgar était pris par une hilarité incontrôlée. Devant le regard étonné de son père, l’enfant expliqua.
_ Papa… tu ressembles à un hibou.
A ces mots, les larmes du dernier reprirent.
_ Cauchemar… hiboux… papa…, expliqua Pâris la voix rongé par des larmes.
_ Ça va aller mon fils, ton frère raconte des bêtises. Si tu nous lisais plutôt la liste que maman nous a laisser Edgar.
Le torse bombé de montré à son père qu’il savait très bien lire, Edgar s’exécuta.
_ « Tout doux » liste, déchiffra-t-il. Pour mes héros à moi, soyez sage. Mangez autre chose(s) que des bonbons ! TU VAS M'ENLEVER CES S OUI ?NON PARCE QUE DEUX S DANS UN MOT C'EST BIEN T'APPREND L'HISTOIRE. *fuit très loin après cette blague immonde*
_ Bonbon… Patapaf ! Gazouilla Pâris, à nouveau libéré de son chagrin.
_ Ne vous couchez pas trop tard ! Reprit Edgar sans faire attention à l’interruption. N’oubliez pas de faire le plein de câlins. Rappelez-vous  que vous êtes les plus jolis messieurs si ce n’est de la terre, au moins de cette maison. Et s’il y a un problème. Faites le rituel, maman viendra vous sauver… Papa, c’est quoi le rituel ?
_ Je peux pas te le dire, il n’y a pas de problème, répondit son père plein d’un mystère rigolard.
Sous son masque de bonne humeur, Hector était tout de même inquiet. Mathilde ne parlait jamais de problème. C’était une femme à l’optimisme forcené. Quant au rituel, cela ne pouvait signifier qu’une possibilité de danger. Et par-dessus tout, Hector avait un envie de souris. Un besoin plus qu’étrange qu’il ne pensait jamais ressentir. Il cacha son trouble avec un sourire et un clin d’œil appuyé à ces enfants.
_Bon… on fait ce que la « tout doux » liste nous demande et on file en exploration ? Une marche dans la forêt en homme fort et intrépide ? Des explorateurs sans peurs et sans reproches !
C’est un concert de joie qui lui répondit. Le câlin collectif passé, les trois hommes sortirent de la maison pour aller dans la forêt observer des secrets perdus. Ils marchèrent quelques minutes jusqu’à atteindre le bois. La lune lui offrait une dimension féérique, une impression de mystère rassurante et en(n)ivrante. TU VAS M'ENLEVER CES N OUI ?Pour les n, je plussois, mais t'as louper la blague, "pourquoi tant de n"?

Edgar regarda son père à genoux dans une clairière. Il serrait contre lui Pâris à qui il cachait les yeux par acquis de conscience. « Il ne faut pas trembler, se répétait-il, un héros, ça ne tremble pas. ». Son père s’était comporté bizarrement depuis qu’ils étaient entrés dans la forêt. Et il s’était mis à faire des sons bizarre quelques mètres auparavant. Au bout de quelques secondes, il s’était effondré. Un réflexe avait fait attraper son frère à Edgar. Puis les deux s’étaient écarté, conscient de la possibilité du danger. La forêt lui apparaissait désormais bien immense, trop effrayante, sans aucune gentillesse. Dans la lumière nocturne filtrée par les feuilles, il semblait à Edgar que son père avait le visage qui changeait. Son visage semblait s’affiner. Sa voix était faite de hululements suraigus. Et là où il y avait deux épis rebelles, il lui semblait deviner deux oreilles pointues et velues. Soudain, le silence s’appesantit sur la clairière. Et le papa de Pâris tourna son regard vers ses enfants qui furent frappés d’effroi. Deuxième "et" de début de phrase en deux lignes, ça casse l'aspect très fluide de ta nouvelleAh oui. Meeeeeeeerde La taille de ces orbites s’était agrandie au-delà de toute proportion. Deux iris d’un jaune courroucé les fixaient. Le nez s’étaient fait bec et la barbe et le visage de son père étaient devenu un duvet de poils marron et noir. Quant au pressentiment d’Edgar sur les oreilles, il était exact. C’était un hibou. L’idée frappa Edgar qui dans un réflexe fraternel se mis devant son frère. Alors, de la cime des arbres, une voix retentit. Les mots étaient hachurés, découverts, comme savourés à chaque syllabe. L’accent paraissait aux tympans d’Edgar étrangers, mais non comme celui d’un voyageur venu d’une lointaine contrée, mais comme ceux d’un être qui n’était pas, ou alors n’avait pas toujours été, humain. Les phrases firent frissonner l’échine de l’ainé.
_ Coucou… Hibou… garou.
Un bruissement de feuille naquit, il s’intensifia pendant que les grincements de bois résonnaient dans la clairière. Pâris pleura, ses petits doigts s’agrippant avec force au corps de son frère qui résistait, bravement à la peur. A nouveau, la voix retentit, avec plus d’assurance.
_ Coucou… Hibou… GAROU ! Cria-t-elle sur la fin.
   Un arbre trembla sur la gauche des deux frères. Et un être étrange apparut devant les yeux d’Edgar. C’était un oiseau, ou ce qui avait été un oiseau. Une chimère à tête humaine mais dont l’architecture du crâne rappelait celle d’un hibou. Le monstre semblait se déplumait, et grandir, lentement, Edgar le voyait prendre des millimètres qui devenait centimètres. Avec un sourire carnassier, l’être lui adressa la parole.
_ (...)   Cette phrase a été supprimée pour cause de WTF CETTE BLAGUE ??Elle est génial.
_ Je n’ai pas peur, défia Edgar le corps transi d’effroi.
_ Menteur ! Hurla le monstre. Je sens la terreur en toi ! Elle pue comme pue la mort !
_ Je n’ai pas peur, répéta Edgar sans y croire.
_ Tu devrais… je suis le roi de nuit. Le sanguinaire Archimède ! La forêt me craint tant que le soleil l’a fui.
_ Et moi je suis Edgar ! … Un héros, conclut-il piteusement.
_ Dit-moi, héros ! Ou est-ton armée ? Ou est-ton armure ? …Tu n’es qu’une proie pour mes serres, dit Archimède en faisant claquer ses griffes.
_ Je n’en ai pas besoin, déglutit Edgar, je suis magicien !
Le monstre devant lui se tut, envisageant cette affirmation avec suspicion.
_ Magicien… c’est nuit de sabbat ! N’as-tu donc pas peur de la colère des sorcières ?
_ Elles ne peuvent rien contre moi, déglutit Edgar.
L’enfant était tétanisé Pourquoi j'ai lu teutonisé ? O_o Edgar devient teuton... *transformatiooooon teutooooon* Mon pauvre, t'as du avoir une de ces peurs :/. Son corps entier ne semblait plus pouvoir réagir. Ses bras étaient lourds, ses muscles gourds. Heureusement, sa langue gardait toute la puissance nécessaire pour occuper Archimède qui semblait déterminer à les dévorer. L’ancien oiseau reprit.
_ Dit-moi magicien… Si je ne peux te tuer toi, ni l’être caché derrière toi. Quand qu'en awiii est-t-il de ma proie, acheva le hibou garou en désignant le père des deux enfants.
   Edgar sentit sa sueur lui glisser dans le dos quand il comprit que son père courrait un danger. Son cerveau tentait désespérément de trouver un mensonge pour le tirer d’affaires. Puisque malgré les disputes que ces parents lui faisaient à ce sujet, Edgar avait vite compris qu’un mensonge pouvait sauver beaucoup de problème. Mentir à un méchant, c’était s’assurer une porte de sortie si on arrivait à être convaincant. Edgar chercha alors dans sa tête comment continuer à assurer sa prestance de magicien et sauver son père. Soudain l’illumination lui vint.
_ Laisse le ! C’est mon serviteur !
_ Il y en a cent autres que tu pourras avoir ! Les lavandières me l’ont promis, siffla Archimède.
_ Tu n’y toucheras pas ! Hurla Edgar ! Je l’ai lié avec une Pierre de Lune. Maintenant pars.
_ Pas sans mon tribut ! Cria Archimède.
La chimère sauta de son perchoir pour planer vers le corps allongé. Hector regarda avec horreur le monstre venir vers lui. Sa tête entière, comme son corps ne semblaient plus lui répondre. Et de ses lèvres, seul un mot sortit laborieusement.
_ Patapaf.
Pâris tut ses larmes pour regarder son père prononcer son mot talisman. Hagard, il le répéta.
_ Patapaf !
Edgar, l’esprit perdu par l’action, le murmura à son tour.
_ Patapaf…
Alors, uni par ces trois syllabes, la petite famille le hurla comme un cri désespéré face au piqué d’Archimède.
_ PA… TA… PAF.
Aussitôt, un dôme de lumière jaillit de Pâris et fit valdinguer le monstre au loin. Pendant un instant, le noir reprit ses droits… puis, se fut le chaos.

Euh, comment dire... C'est... "assez" bien. Hein ? Pas suffisant ? Bon, ok... c'est génial è_é
Une petite réserve : pourquoi critiquer mon pouet pour faire le fanfaron avec un patapaf ? è_é
Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
pour le patapaf, le critère de la nouvelle c'est de l'intégrer, donc moi je l'ai intégrer comme un beau gosse c'est tout


Pouet a écrit:
Un être nimbé d’une lueur violacée était apparu au-dessus de leur tête. C’était une sorcière devina Edgar, peut-être était-ce le chapeau pointu, peut-être était-ce son aura faite de magie et d’incantation, ou peut-être était-ce, tout simplement, le fait qu’elle était en l’air.  Elle lévitait sans effort apparent, mais ses yeux semblaient fulminer d’une fureur infinie. A la vue de cette intruse, Archimède piailla, se ramassant sur lui, il fit de son corps une arme qu’il propulsa grâce à ses ailes puissante. A son envol, il poussa également un cri. La forêt sembla alors s’éveiller. Le temps ralentit, le moment entre chaque seconde semblait d’un coup pouvoir contenir un univers. Edgar sentit soudain le monde trembler. Une armée répondait à l’appel d’Archimède. Et la clairière était leur lieu de ralliement. Le sol résonnait de la course des monstres et des dieux, l’air vibrait de l’envol des chimères. Le roi de la nuit avait des sujets prêts à le défendre.
Edgar réagit rapidement, alors qu’il voyait du coin de l’œil l’oiseau se rapprocher de la sorcière, il courut avec son frère près de son père pour essayer de le relever. Mais arriver près de lui, le choc de la rencontre entre Archimède et la sorcière les souffla au sol. Edgar recouvrit Pâris de son bras alors qu’il dirigea son regard vers le combat.
Archimède avait été à nouveau repoussé par un bulle translucide autour de la protectrice. Mais autour de lui arrivaient ses soldats qui se massaient en marée noire et amère. Edgar vit l’armée sinistre faire face à leur sauveuse, c’étaient des troupes disparates, faites de corbeaux, de hiboux, des rapaces noirs et hostiles qui semblaient dépourvu d’âme et de toute capacité de gentillesse. Edgar sentit la peur l’envahir, son corps était froid, suant. Quelque chose dans la posture de l’inconnu semblait trahir également un malaise, une peur naissante. L’enfant improvisé héros comprit que les choses allaient s’envenimer. Alors, c’est un réflexe des anciens âges qui prit le contrôle de lui. Les yeux d’Edgar devinrent vitreux, et un flot de mots commença à sortir de sa bouche.
  Pendant son incantation, les deux êtres magiques se jetèrent l’un sur l’autre. Un combat s’engagea, c’était une chorégraphie étrange fait de serres et de sort, d’éclair et coup. La sorcière toucha la première, un éclair turquoise jaillit de ces yeux et foudroya l’aile gauche de la chimère. Cette dernière riposta immédiatement, ses griffes lacérant la jambe de la sorcière. Le ballet continua une longue minute, l’armée d’Archimède étant toujours irrémédiablement repoussé par la sphère de protection de la femme. Les deux corps bougeaient vite. Ils frappaient, paraient, ripostaient à une vitesse trop rapide pour être capté. En dessous de son duel, Edgar continuait de déclamer une formule. Peu à peu, l’armée d’oiseaux remarqua ce bruit, le réel semblait se fracturer sous le froissement de la magie. Dans un concert de piaillement, les monstres piquèrent sur l’enfant. Aussitôt, la sorcière hurla et le dôme de protection se déplaça autour d’Edgar et de sa famille. Le déluge se plume se brisa contre ce bouclier. Dans son geste, le visage de leur protectrice se montra. Et Pâris reconnu cet être qu’il aimait entre tous.
_ Maman ? murmura-t-il.
  Sa mère ne réagit pas. Mathilde avait d’ores et déjà reporté son attention sur le roi de la nuit. Le combat s’était fait plus intense. Et la lumière semblait disparaitre autour d’elle. L’air semblait devenir dense, opaque, tangible. Une force obscure imposait son emprise sur elle. Archimède avait canalisé son pouvoir pour la soumettre à sa volonté. Son armée subissait toujours des revers face à la puissance de la mère d’Edgar. Mais au fil des charges, au fil des assauts, ils gagnaient des centimètres. Chaque seconde semblait sur le point d’être la dernière. Mais la sorcière résistait vaillamment, elle s’était dressé face à la mort avec bravoure, sans peur, mu par l’amour qu’elle portait à sa famille en danger.

  Désormais, les serres des montres frôlaient un peu plus sa peau à chaque geste. C’était un enfer de plumes, une tempête de violence brutale et irraisonnée. Les forces de Mathilde semblaient peu à peu disparaitre alors que ses défenses l’abandonnaient. Archimède lui faisait face avec un sourire carnassier. En bas, sons armée affrontaient avec obstination le bouclier autour des trois humains. Le hibou-garou rit avec suffisance et malfaisance. Archimède pouvait enfin savourer une victoire proche. Sa soirée lui avait offert plus de proie qu’il n’en avait voulue. Et alors qu’il allait enfin donner le geste qui lacérerait son adversaire, il se stoppa. Il régnait, par-delà le tumulte des ailes et des grognements de son armée, un silence étrange. Hagard, Archimède scruta avec angoisse les environ.
La chimère réprima un juron en apercevant plus loin la chouette Hyppolite. C’était un être ancien, plein d’une prestance certaine. Sa présence sur les lieux ne pouvait supposer qu’une seule chose… la Youtube Money ?Il faut que tu sache que cette blague m'a fait rire près de dit minutes. Et que je continue à m'esclaffer avec élégance et retenu quand je la relis. Archimède comprit alors ce qui le dérangeait. Le silence, c’était l’absence des mots du garçon, de plus il lui semblait que depuis qu’il s’était arrêtait, les bruits de combat s’étaient amenuisés. Le hibou-garou tourna alors ses yeux vers Edgar. L’enfant luisait d’une couleur bleu cendré qui avait recouvert tout son corps. Ses orbites semblaient contenir des galaxies, sa bouche était figée en une moue colérique et résolu. Et Archimède trembla. L’enfant semblait posséder en lui la puissance de dieux ancestraux. Alors, glissant sur le temps, Hyppolite vint à côté de son ennemi, lui murmurant ces quelques mots à l’oreille.
_ (censure de la Police de l'Humour) élsonb1méblag
  Puis, ce fut l’explosion. La rage, la peur, l’amour qu’Edgar contenait en lui fut libéré. Un souffle puissant repoussa l’armée. Les os craquèrent dans un fracas sordide. Edgar s’effondra sur le sol, inconscient. Mathilde et Hyppolite atterrirent ensemble. La chouette observa la sorcière avant de briser le silence.
_Nous sommes soir de Sabbat, c’est un magicien… il doit être exécuté.
_ La trêve du sabbat a été brisé par les nôtres, grogna Mathilde.
_ Nous n’avons pas le temps d’enquêter pour trouver des preuves.
_ C’est mon fils, siffla Mathilde.
_ Et moi, je suis la gardienne des créatures magiques… La loi est la même pour tout le monde, il doit mourir, sauf si tu peux me prouver immédiatement son innocence.
  Mathilde se tut. En douceur, elle s’approcha du corps de son mari. Et elle le montra à la chouette. Hector avait désormais le visage mangé par un duvet, ses oreilles étaient devenues des airettes. Des plumes poussaient sur ses bras nu. Il devenait peu à peu un hibou. Hyppolite frissonna.
_ Les lavandières sont de retour, murmura-t-elle.
_ Et… tu ne l’avais pas pressentis ? Frissonna Mathilde.
_ Non… ce qui signifie qu’elles sont caché en notre sein.
  Le corps de la chouette changea alors qu’elle se penchait à son tour pour examiner les corps. Ses ailes se rétractèrent pour laisser apparaitre un bras tout ce qu’il y a de plus humain. Elle examina les trois hommes assommés.
_ Ton fils est plus qu’un magicien… c’est un enchanteur, soupira-t-elle en tâtant Edgar.
  Les mains d’Hyppolite passèrent alors à Pâris. Le corps de l’enfant vu examiner, observé dans tous les sens. Au bout d’une longue minute, elle lança un regard fatigué à Mathilde.
_ Tu as fait de lui un talisman… c’est interdit.
_ Je…, commençai à se défendre la mère d’Edgar.
_ Aucune importance… il va mourir, comme ton mari. C’est une épidémie. Les lavandières vont changer les humains en hibou.
  Mathilde s’étrangla à cette nouvelle, mais avant qu’elle n’ait eu le temps de s’en inquiéter, Hyppolite avait repris son apparence de chouette. Et elle se mit à grandir. Elle enveloppa la famille de ces ailes. Son corps était alors de la taille des arbres. Dans un souffle, l’effraie disparut. De son face plate, de son pelage blanc et marron, il ne resta qu’un souvenir. La famille était partie avec elle.

  Archimède était resté dans l’ombre, tapi dans un obscur étranger à cette terre. Un rictus déformait son bec. Ils étaient allés au Sabbat, droit dans la gueule du loup.

C'est franchement très bon, pour un enfant également. Tu pourrais plus utiliser le style indirect je pense, mais c'est ma seule réserve.Mais en fait, j'aime pas le style indirecte. Mais je vais essayer de le notifier pour la suite
Merci infiniement silenuse pour ton commentaire. Il me rebooste me fait plaisir et m'a fait vraiment très beaucoup rire
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Tiunterof
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MessageSujet: Re: Hibou Garou   Dim 29 Nov - 15:25

Avec vos post de sagouins j'ai dû agresser mon téléphone avec mon doigt pour atteindre le bouton "répondre". Je vous hais.

Bon, bref, alors j'aime tout autant la suite, le combat entre Archimède et la sorcière est juste épique et comme d'habitude tu arrive à le rendre magnifique et spectaculaire. Bon, maintenant je vais prendre les phrases que j'ai le plus et moins aimé et t'expliquer pourquoi:

"Le sol résonnait de la course des monstres et des dieux, l’air vibrait de l’envol des chimères."
C'est beau putain.

"Archimède avait été à nouveau repoussé par un bulle translucide autour de la protectrice. Mais autour de lui arrivait ses soldats"
Trop de autour tue le autour. J'imagine que c'est une faute d'inattention, du coup "entourant la protectrice" serait mieux.

"dépourvu d’âme et de toute capacité de gentillesse."
Je trouve que le "capacité" est pas très beau, ça alourdit la phrase.

"Dans un concert de piaillement, les monstres piquèrent sur l’enfant."
J'aime bien les rimes dans les phrases. :huh:

"Mais au fil des charges, au fil des assauts, ils gagnaient des centimètres."
Si tu mettais "centimètres après centimètres" ça pourrait donner quelque chose de joliment parallèle, à toi de voir si ça te plaît.

"Alors, glissant sur le temps, Hyppolite vint à côté de son ennemi, lui murmurant ces quelques mots à l’oreille."
Très jolie image, j'imagine bien le vol gracieux mais en même temps menaçant d'Hyppolite.

Mes caprices anatomiques:
"ses oreilles étaient devenues des airettes."
DES AIGRETTES ! Pauvre fou ! D:

"De son face plate, de son pelage blanc et marron, il ne resta qu’un souvenir. "
PLUMAGE ! D:
Et puis les effraies sont plus blanches et fauves que blanches et marrons.

En tout cas c'est très très bien, j'aime beaucoup, à nouveau tu arrive à faire de belles phrases sans qu'elles soient lentes et lourdes pour autant. :3
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ASSIA



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MessageSujet: Re: Hibou Garou   Lun 30 Nov - 21:27

Le texte est original j'aime beaucoup aussi le style de ragne, ça commence à se savoir, mais je mets un bémol. Un enfant de huit ans sort de CE1, c'est à dire qu'il commence à bien lire mais a besoin de guide pour profiter de son livre.
Donc il faut séparer les actions de façon plus explicites et ne pas trop décrire. Cela risque de perdre ton lecteur. Et ne pas multiplier les "mots difficiles" et les personnages, surtout qu'on est dans un univers complètement inventé et sans forcément de repère pour le jeune lecteur.
voilà des annotations au fil de l'eau (je n'ai pas tout corrigé même si j'ai tout lu, puisque le texte n'est pas fini Wink )


On ne comprend pas où est Edgar, dedans, dehors ? Comme tu introduis un texte d'action, tu devrais peut-être raccourcir l'introspection, et ne garder que l'essentiel, c'est à dire l'amour pour son père, l'absence de sa mère et les bruits étranges dans la salle de bain. Cela ferait monter lentement le suspens.Quand il va à la salle de bain on ne sait pas vraiment pourquoi, ni où il est exactement.
Autre remarque, écrire pour les enfants, c'est comme les filmer, on doit se mettre à leur niveau, ne pas les regarder métaporiquement de haut : du coup ce n'est pas ton regard qui doit passer mais celui de Edgar quand il est tout fier de se voir grandir.
Et attention, le niveau de langue est vraiment très ardu, il faut simplifier en gardant l’inventivité et sans bêtifier ! C'est compliqué d'écrire pour les enfants

Edgar regardait la lune pleine et rouge monter dans le ciel. C’était un spectacle surprenant pour un enfant. D’un coup, il se retourna alors qu’un cri étouffé, grommelé, avait passé la porte de la salle de bain. Comme chaque mois, pendant quelques jours, ils n’étaient que deux (enfin deux et demi) dans la maison. L’absence de sa mère était toujours une cause de trouble pour son papa. Edgar aimait beaucoup son père. Il était plein d’une tendresse bourru et pataude. Avec lui, tout moment était le risque d’une aventure pleine de rebondissement. Les souvenirs affluèrent dans la tête de l’enfant et son visage se déforma d’un sourire alors qu’il se remémorait ses moments où une soirée crêpe finissait en une chasse aux trésors pour trouver des bougies dans la maison alors que l’électricité avait sauté.
Le garçon sauta de la fenêtre où il s’était hissé pour se diriger vers la salle de bain. Devant la porte, il se ravisa et retourna vers la cuisine. Il dévala l’escalier quatre à quatre et sautilla dans le couloir. Trois portes après jusqu'ici, il y a trop de détails sur les lieux qu'on a du mal à visualiser. Autant le fait de compter les portes est important, puisqu'il doit se situer dans une grande maison, autant le reste des détails sur la maison nuit à l'action. il entra dans la cuisine, se hissant sur la pointe des pieds pour appuyer sur l’interrupteur et allumer l’abat-jour terrifiant. La lampe était cachée par une enveloppe(?) de papier où était peint   un combat entre un dragon et un griffon. A chaque fois ?Dès qu’il voyait cette scène, Edgar sentait son dos frémir et des frissons suivaient pendant de longue minute. Il s’efforça de ne pas regarder le plafond et se rapprocha, de sa démarche chaloupé, du frigo.
En passant devant la porte fenêtre, il vit son reflet dans la glace vitre et marqua un temps d’arrêt. Il avait commencé à grandir cette année. Il était même grand, pensa-t-il en rehaussant un menton fier. Il avait neuf ans et demi, c’était presque un nombre à deux chiffres. En se fixant, il essaya de trouver en lui les traces du héros qu’il serait plus tard. Sous son pyjama, une esquisse de muscle se dessinait. Ses pommettes s’empourprèrent de joie à cette idée et il mima alors ce geste de contentement qu’il n’avait jamais compris  donc je ne mettrai pas mais que tout héros se devait d’adopter. Il passa sa main dans ses cheveux blonds, ses yeux verts s’illuminèrent et il sourit, dévoilant un sourire écaillé. Sa dentition était fragmentée comme une représentation de la gouaille insolente de la jeunesse. Il avait les dents du bonheur, canine et incisives se chevauchait alors que des trous ponctuaient ses gencives à l’endroit où ses dents de lait étaient tombées. Qui l'observe ici, soit tu dis qu'il trouvait ses dents drôles ou vilaines, soit le narrateur a pris le relais en pleine action
Le sourire d’Edgar s’estompa alors qu’un nouveau grognement lui parvient de l’étage. Aussi rapidement qu’il s’était arrêté pour s’observer dans la vitre, il franchit les derniers mètres qui le séparait du frigo. Il fronça les sourcils quand il se rendit compte que son objectif, une feuille de papier, était collé trop haut pour qu’il puisse l’atteindre. Qu’à cela ne tienne ! Il grimpa sur une chaise pour arracher à l’aimant le cadeau de sa mère pour la soirée. C’était une « tout doux » liste. Chaque fois qu’elle s’absentait, elle en laissait une. « C’est de petits mots pour ton père afin qu’il ne fasse pas brûler la maison… et qu’il se souvienne de vous faire des câlins », lui avait-elle expliquée. Les pensées d’Edgar se braquèrent quelques seconde sur son frère qui devait dormir, il avait moins de deux ans. Edgar aimait beaucoup son frère, mais il l’agaçait assez souvent. Rien que l’abêtissement de ses parents devant lui alors qu’il marchait en tombant tous les deux pas l’énerver. Et surtout, le cri de son frère, qui n’arrêtait pas de répéter « Patapaf » dès qu’il en avait l’occasion. Edgar avait essayé de lui expliquer que les héros ne criaient pas « patapaf », mais plutôt « vous êtes en état d’arrestation ». Mais rien à faire, son frère ne semblait vouloir abandonner son petit mot à lui. Le grand frère haussa les épaules : Tout le monde n’était pas forcément fait pour être un héros. Chassant ces pensées, Edgar se mot à courir pour amener la liste à son père.
Hector grommelait depuis plusieurs heures. Mathilde était absente, comme chaque mois. Elle disparaissait dans la nuit et elle le laissait seul avec les enfants. Et ce soir, il était d’une humeur massacrante. Ses cheveux étaient depuis le matin même dans une volonté de rébellion permanente. Deux épis s’étaient imposés en symétries au-dessus de ces oreilles. Et malgré ses efforts répétés pour imposer sa volonté à sa chevelure, les mèches restaient droites. Il abandonna, de dépit. Il voyait aussi la barbe recommencer à lui manger le visage alors qu’il s’était rasé le matin même. C’était probablement un effet du stress et de la fatigue, se rassura t’il. Sa supposition lui sembla plausible quand son regard quitta ses cheveux bruns dans le miroir pour tomber sur ses yeux. Ils étaient exorbités. Ses iris bleus semblaient avoir décuplés de taille. « Foutu ondes, gargouilla-t-il. Ils vont finir par nous tuer avec. »
Construction un peu étrange en s'ouvrant, quand elle s'ouvrit ?La porte grinça alors qu’elle s’ouvrit. Un sourire illumina le visage fatigué d’Hector alors qu’il vit son fils entrer timidement dans la pièce. Edgar le regarda avec de grands yeux.
_ Ça va papa ? demanda-t-il d’une voix hésitante.
_ Un papa ça va toujours bien, fiston, répondit l’intéressé.
Hector souleva son fils et le serra contre lui. Son cœur se serra alors que les petits bras de sa progéniture lui rendaient son étreinte avec une force insoupçonnable.
_ Qu’est-ce qu’il t’arrive mon bonhomme ? Poursuivit-il.
_ Je t’amenais la « tout doux » liste de maman. Répondit Edgar.
_ Oh, d’accord, mais avant tu sais ou est ton frère ?
_ Patapaf … ? Oh oui…
Les sourcils de son père se froncèrent. Et d’instinct, l’ainé se tut tandis que venait la réprimande.
_ Il a un nom, tu sais. Il faut pas être méchant avec ton frère.
_ Oui papa… désolé papa, reprit Edgar, honteux, Pâris est dans son lit. Je crois qu’il dort.
Un concert de braillement vint soudain, d’une manière assez confortable pour le narrateur, contredire cette dernière parole. Sans un mot, le père et le fils allèrent vers la source de ces bruits. Pâris était debout dans son lit à barreaux, son visage de jeune enfant complétement ravagé par les larmes. En père attentif et attendrit, Hector le souleva pour le serrer contre lui. L'action parle d'elle-même
_ Qu’est-ce qui t’arrive mon poussin ?
_ … cauchemar, sanglota le benjamin.
_ Oh… allons c’est fini, le consola son père en le berçant.
Les pleurs se calmèrent au bout de quelques secondes et lorsqu’elles ils s’estompèrent totalement, c’est un rire qui prit la place de la pollution sonore. Edgar était pris par une hilarité incontrôlée. Devant le regard étonné de son père, l’enfant expliqua.
_ Papa… tu ressembles à un hibou.
A ces mots, les larmes du dernier reprirent.
_ Cauchemar… hiboux… papa…, expliqua Pâris la voix rongé par des larmes.
_ Ça va aller mon fils, ton frère raconte des bêtises. Si tu nous lisais plutôt la liste que maman nous a laissée Edgar.
Le torse bombé de montrer à son père qu’il savait très bien lire, Edgar s’exécuta.
_ « Tout doux » liste, déchiffra-t-il. Pour mes héros à moi, soyez sage. Mangez autre choses que des bonbons !
_ Bonbon… Patapaf ! Gazouilla Pâris, à nouveau libéré de son chagrin.
_ Ne vous couchez pas trop tard ! Reprit Edgar sans faire attention à l’interruption. N’oubliez pas de faire le plein de câlins. Rappelez-vous  que vous êtes les plus jolis messieurs si ce n’est de la terre, au moins de cette maison. Et s’il y a un problème. Faites le rituel, maman viendra vous sauver… Papa, c’est quoi le rituel ?
_ Je peux pas te le dire, il n’y a pas de problème, répondit son père plein d’un mystère rigolard.
Sous son masque de bonne humeur, Hector était tout de même inquiet. Mathilde ne parlait jamais de problème. C’était une femme à l’optimisme forcené. Quant au rituel, cela ne pouvait signifier qu’une possibilité de danger. Et par-dessus tout, Hector avait un envie de souris. Un besoin plus qu’étrange qu’il ne pensait jamais ressentir. Il cacha son trouble avec un sourire et un clin d’œil appuyé à ces enfants.
_Bon… on fait ce que la « tout doux » liste nous demande et on file en exploration ? Une marche dans la forêt en homme fort et intrépide ? Des explorateurs sans peurs et sans reproches !
C’est un concert de joie qui lui répondit. Le câlin collectif passé, les trois hommes sortirent de la maison pour aller dans la forêt observer des secrets perdus. Ils marchèrent quelques minutes jusqu’à atteindre le bois. La lune lui offrait une dimension féérique, une impression de mystère rassurante et ennivrante.
Ici il faut une liaison entre les deux passages, pour que l'action soit claire.
Edgar regarda son père à genoux dans une clairière. Il serrait contre lui Pâris à qui il cachait les yeux par acquis de conscience. « Il ne faut pas trembler, se répétait-il, un héros, ça ne tremble pas. ». Son père s’était comporté bizarrement depuis qu’ils étaient entrés dans la forêt. Et il s’était mis à faire des sons bizarre quelques mètres auparavant. Au bout de quelques secondes, il s’était effondré. Un réflexe avait fait attraper son frère à Edgar. Puis les deux s’étaient écarté, conscient de la possibilité du danger. La forêt lui apparaissait désormais bien immense, trop effrayante, sans aucune gentillesse. Dans la lumière nocturne filtrée par les feuilles, il semblait à Edgar que son père avait le visage qui changeait. Son visage semblait s’affiner. Sa voix était faite de hululements suraigus. Et là où il y avait deux épis rebelles, il lui semblait deviner deux oreilles pointues et velues. Soudain, le silence s’appesantit sur la clairière. Et le papa de Pâris tourna son regard vers ses enfants qui furent frappés d’effroi. La taille de ces orbites s’était agrandie au-delà de toute proportion. Deux iris d’un jaune courroucé les fixaient. Le nez s’étaient fait bec et la barbe et le visage de son père étaient devenu un duvet de poils marron et noir. Quant au pressentiment d’Edgar sur les oreilles, il était exact. C’était un hibou. L’idée frappa Edgar qui dans un réflexe fraternel se mis devant son frère. Alors, de la cime des arbres, une voix retentit. Les mots étaient hachurés, découverts, comme savourés à chaque syllabe. L’accent paraissait aux tympans d’Edgar étrangers, mais non comme celui d’un voyageur venu d’une lointaine contrée, mais comme ceux d’un être qui n’était pas, ou alors n’avait pas toujours été, humain. Les phrases firent frissonner l’échine de l’ainé.
_ Coucou… Hibou… garou.
Un bruissement de feuille naquit, il s’intensifia pendant que les grincements de bois résonnaient dans la clairière. Pâris pleura, ses petits doigts s’agrippant avec force au corps de son frère qui résistait, bravement à la peur. A nouveau, la voix retentit, avec plus d’assurance.
_ Coucou… Hibou… GAROU ! Cria-t-elle sur la fin. Ici on ne comprend pas tout de suite qu'il y a le père transformé en hibou et quelqu'un d'autre qui arrive, surtout qu'on a à faire à deux oiseaux
Un arbre trembla sur la gauche des deux frères. Et un être étrange apparut devant les yeux d’Edgar. C’était un oiseau, ou ce qui avait été un oiseau. Une chimère à tête humaine mais dont l’architecture du crâne rappelait celle d’un hibou. Le monstre semblait se déplumait, et grandir, lentement, Edgar le voyait prendre des millimètres qui devenait centimètres. Avec un sourire carnassier, l’être lui adressa la parole.
_ Si la chouette effraie… est-ce que le hibou garou fait peur ?
_ Je n’ai pas peur, défia Edgar le corps transi d’effroi.
_ Menteur ! Hurla le monstre. Je sens la terreur en toi ! Elle pue comme pue la mort !
_ Je n’ai pas peur, répéta Edgar sans y croire.
_ Tu devrais… je suis le roi de nuit. Le sanguinaire Archimède ! La forêt me craint tant que le soleil l’a fui.
_ Et moi je suis Edgar ! … Un héros, conclut-il piteusement.
_ Dit-moi, héros ! Ou est-ton armée ? Ou est-ton armure ? …Tu n’es qu’une proie pour mes serres, dit Archimède en faisant claquer ses griffes.
_ Je n’en ai pas besoin, déglutit Edgar, je suis magicien !
Le monstre devant lui se tut, envisageant cette affirmation avec suspicion.
_ Magicien… c’est nuit de sabbat ! N’as-tu donc pas peur de la colère des sorcières ?
_ Elles ne peuvent rien contre moi, déglutit Edgar.
L’enfant était tétanisé. Son corps entier ne semblait plus pouvoir réagir. Ses bras étaient lourds, ses muscles gourds. Heureusement, sa langue gardait toute la puissance nécessaire pour occuper Archimède qui semblait déterminer à les dévorer. L’ancien oiseau reprit.
_ Dit-moi magicien… Si je ne peux te tuer toi, ni l’être caché derrière toi. Quand est-t-il de ma proie, acheva le hibou garou en désignant le père des deux enfants.
Edgar sentit sa sueur lui glisser dans le dos quand il comprit que son père courrait un danger. Son cerveau tentait désespérément de trouver un mensonge pour le tirer d’affaires. Puisque malgré les disputes que ces parents lui faisaient à ce sujet, Edgar avait vite compris qu’un mensonge pouvait sauver beaucoup de problème. Mentir à un méchant, c’était s’assurer une porte de sortie si on arrivait à être convaincant. Edgar chercha alors dans sa tête comment continuer à assurer sa prestance de magicien et sauver son père. Soudain l’illumination lui vint.
_ Laisse le ! C’est mon serviteur !
_ Il y en a cent autres que tu pourras avoir ! Les lavandières me l’ont promis, siffla Archimède.
_ Tu n’y toucheras pas ! Hurla Edgar ! Je l’ai lié avec une Pierre de Lune. Maintenant pars.
_ Pas sans mon tribut ! Cria Archimède.
La chimère sauta de son perchoir pour planer vers le corps allongé. Hector regarda avec horreur le monstre venir vers lui. Sa tête entière, comme son corps ne semblaient plus lui répondre. Et de ses lèvres, seul un mot sortit laborieusement.
_ Patapaf.
Pâris tut ses larmes pour regarder son père prononcer son mot talisman. Hagard, il le répéta.
_ Patapaf !
Edgar, l’esprit perdu par l’action, le murmura à son tour.
_ Patapaf…
Alors, uni par ces trois syllabes, la petite famille le hurla comme un cri désespéré face au piqué d’Archimède.
_ PA… TA… PAF.
Aussitôt, un dôme de lumière jaillit de Pâris et fit valdinguer le monstre au loin. Pendant un instant, le noir reprit ses droits… puis, se fut le chaos.
Un être nimbé d’une lueur violacée était apparu au-dessus de leur tête. C’était une sorcière devina Edgar, peut-être était-ce le chapeau pointu, peut-être était-ce son aura faite de magie et d’incantation, ou peut-être était-ce, tout simplement, le fait qu’elle était en l’air.  Elle lévitait sans effort apparent, mais ses yeux semblaient fulminer d’une fureur infinie. A la vue de cette intruse, Archimède piailla, se ramassant sur lui, il fit de son corps une arme qu’il propulsa grâce à ses ailes puissante. A son envol, il poussa également un cri. La forêt sembla alors s’éveiller. Le temps ralentit, le moment entre chaque seconde semblait d’un coup pouvoir contenir un univers. Edgar sentit soudain le monde trembler. Une armée répondait à l’appel d’Archimède. Et la clairière était leur lieu de ralliement. Le sol résonnait de la course des monstres et des dieux, l’air vibrait de l’envol des chimères. Le roi de la nuit avait des sujets prêts à le défendre.
Edgar réagit rapidement, alors qu’il voyait du coin de l’œil l’oiseau se rapprocher de la sorcière, il courut avec son frère près de son père pour essayer de le relever. Mais arriver près de lui, le choc de la rencontre entre Archimède et la sorcière les souffla au sol. Edgar recouvrit Pâris de son bras alors qu’il dirigea son regard vers le combat.
Archimède avait été à nouveau repoussé par un bulle translucide autour de la protectrice. Mais autour de lui arrivait ses soldats qui se massaient en marée noire et amère. Edgar vit l’armée sinistre faire face à leur sauveuse, c’était des troupes disparates, fait de corbeaux, de hiboux, des rapaces noirs et hostiles qui semblaient dépourvu d’âme et de toute capacité de gentillesse. Edgar sentit la peur l’envahir, son corps était froid, suant. Quelque chose dans la posture de l’inconnu semblait trahir également un malaise, une peur naissante. L’enfant improvisé héros comprit que les choses allaient s’envenimer. Alors, c’est un réflexe des anciens âges qui prit le contrôle de lui. Les yeux d’Edgar devinrent vitreux, et un flot de mots commença à sortir de sa bouche.
Pendant son incantation, les deux êtres magiques se jetèrent l’un sur l’autre. Un combat s’engagea, c’était une chorégraphie étrange fait de serres et de sort, d’éclair et coup. La sorcière toucha la première, un éclair turquoise jaillit de ces yeux et foudroya l’aile gauche de la chimère. Cette dernière riposta immédiatement, ses griffes lacérant la jambe de la sorcière. Le ballet continua une longue minute, l’armée d’Archimède étant toujours irrémédiablement repoussé par la sphère de protection de la femme. Les deux corps bougeaient vite. Ils frappaient, paraient, ripostaient à une vitesse trop rapide pour être capté. En dessous de son duel, Edgar continuait de déclamer une formule. Peu à peu, l’armée d’oiseaux remarqua ce bruit, le réel semblait se fracturer sous le froissement de la magie. Dans un concert de piaillement, les monstres piquèrent sur l’enfant. Aussitôt, la sorcière hurla et le dôme de protection se déplaça autour d’Edgar et de sa famille. Le déluge se plume se brisa contre ce bouclier. Dans son geste, le visage de leur protectrice se montra. Et Pâris reconnu cet être qu’il aimait entre tous.
_ Maman ? murmura-t-il.
Sa mère ne réagit pas. Mathilde avait d’ores et déjà reporté son attention sur le roi de la nuit. Le combat s’était fait plus intense. Et la lumière semblait disparaitre autour d’elle. L’air semblait devenir dense, opaque, tangible. Une force obscure imposait son emprise sur elle. Archimède avait canalisé son pouvoir pour la soumettre à sa volonté. Son armée subissait toujours des revers face à la puissance de la mère d’Edgar. Mais au fil des charges, au fil des assauts, ils gagnaient des centimètres. Chaque seconde semblait sur le point d’être la dernière. Mais la sorcière résistait vaillamment, elle s’était dressé face à la mort avec bravoure, sans peur, mu par l’amour qu’elle portait à sa famille en danger.
Désormais, les serres des montres frôlaient un peu plus sa peau à chaque geste. C’était un enfer de plumes, une tempête de violence brutale et irraisonnée. Les forces de Mathilde semblaient peu à peu disparaitre alors que ses défenses l’abandonnaient. Archimède lui faisait face avec un sourire carnassier. En bas, sons armée affrontaient avec obstination le bouclier autour des trois humains. Le hibou-garou rit avec suffisance et malfaisance. Archimède pouvait enfin savourer une victoire proche. Sa soirée lui avait offert plus de proie qu’il n’en avait voulue. Et alors qu’il allait enfin donner le geste qui lacérerait son adversaire, il se stoppa. Il régnait, par-delà le tumulte des ailes et des grognements de son armée, un silence étrange. Hagard, Archimède scruta avec angoisse les environ.
La chimère réprima un juron en apercevant plus loin la chouette Hyppolite. C’était un être ancien, plein d’une prestance certaine. Sa présence sur les lieux ne pouvait supposer qu’une seule chose… Archimède comprit alors ce qui le dérangeait. Le silence, c’était l’absence des mots du garçon, de plus il lui semblait que depuis qu’il s’était arrêté, les bruits de combat s’étaient amenuisés. Le hibou-garou tourna alors ses yeux vers Edgar. L’enfant luisait d’une couleur bleu cendré qui avait recouvert tout son corps. Ses orbites semblaient contenir des galaxies, sa bouche était figée en une moue colérique et résolu. Et Archimède trembla. L’enfant semblait posséder en lui la puissance de dieux ancestraux. Alors, glissant sur le temps, Hyppolite vint à côté de son ennemi, lui murmurant ces quelques mots à l’oreille.
_ Le hibou-garou… ne fait pas peur… par contre, la chouette effraie.
Puis, ce fut l’explosion. La rage, la peur, l’amour qu’Edgar contenait en lui fut libéré. Un souffle puissant repoussa l’armée. Les os craquèrent dans un fracas sordide. Edgar s’effondra sur le sol, inconscient. Mathilde et Hyppolite atterrirent ensemble. La chouette observa la sorcière avant de briser le silence.
_Nous sommes soir de Sabbat, c’est un magicien… il doit être exécuté.
_ La trêve du sabbat a été brisé par les nôtres, grogna Mathilde.
_ Nous n’avons pas le temps d’enquêter pour trouver des preuves.
_ C’est mon fils, siffla Mathilde.
_ Et moi, je suis la gardienne des créatures magiques… La loi est la même pour tout le monde, il doit mourir, sauf si tu peux me prouver immédiatement son innocence.
Mathilde se tut. En douceur, elle s’approcha du corps de son mari. Et elle le montra à la chouette. Hector avait désormais le visage mangé par un duvet, ses oreilles étaient devenues des airettes. Des plumes poussaient sur ses bras nu. Il devenait peu à peu un hibou. Hyppolite frissonna.
_ Les lavandières sont de retour, murmura-t-elle.
_ Et… tu ne l’avais pas pressentis ? Frissonna Mathilde.
_ Non… ce qui signifie qu’elles sont caché en notre sein.
Le corps de la chouette changea alors qu’elle se penchait à son tour pour examiner les corps. Ses ailes se rétractèrent pour laisser apparaitre un bras tout ce qu’il y a de plus humain. Elle examina les trois hommes assommés.
_ Ton fils est plus qu’un magicien… c’est un enchanteur, soupira-t-elle en tâtant Edgar.
Les mains d’Hyppolite passèrent alors à Pâris. Le corps de l’enfant vu examiner, observé dans tous les sens. Au bout d’une longue minute, elle lança un regard fatigué à Mathilde.
_ Tu as fait de lui un talisman… c’est interdit.
_ Je…, commençai à se défendre la mère d’Edgar.
_ Aucune importance… il va mourir, comme ton mari. C’est une épidémie. Les lavandières vont changer les humains en hibou.
Mathilde s’étrangla à cette nouvelle, mais avant qu’elle n’ait eu le temps de s’en inquiéter, Hyppolite avait repris son apparence de chouette. Et elle se mit à grandir. Elle enveloppa la famille de ces ailes. Son corps était alors de la taille des arbres. Dans un souffle, l’effraie disparut. De son face plate, de son pelage blanc et marron, il ne resta qu’un souvenir. La famille était partie avec elle.
Archimède était resté dans l’ombre, tapi dans un obscur étranger à cette terre. Un rictus déformait son bec. Ils étaient allés au Sabbat, droit dans la gueule du loup.

Edgar ouvrait de grands yeux. Il lui semblait être entré dans un monde étranger. Il avait compris être au Sabbat. De fait, il ne comprenait pas trop pourquoi les créatures magiques avaient besoin de se rencontrer. Mais il trouvait ça génial.
Il lui semblait avoir deviné être dans le creux d’un volcan endormi. Partout, la roche était hérissée de tentes, de cahutes et de constructions provisoires. Mais s’il avait vu tout ça, il n’y prêtait pas attention. Ces yeux étaient happés par la foule d’êtres bizarres qui se massaient dans la place. Cà et là, il voyait des corps humains gangrénés par des bouts d’autres espèces. Là, une femme avait deux immenses ailes en guise de bras, ici, un chien se déplaçait comme un humain, coiffé d’un haut de forme et drapé dans une épaisse étoffe fuligine. Tout semblait magique, hors du temps et de la raison. L’endroit était plein d’arômes particuliers. Alors qu’il humait l’air, Edgar

Je n'ai pas tout corrigé, puisque d'autres eniens l'ont fait avec soin ! Cependant je trouve qu'il y a beaucoup d'actions finalement et très denses, et beaucoup de personnages. A mon avis, soit tu en prends ton parti et tu prends le temps d'en faire un roman soit tu choisis une action que tu développes dans une nouvelle en restant sur la trouvaille géniale des borborygmes magiques du petit frères et tu ne fais pas intervenir la maman. Il y a des ébauches très poétiques sur la forêt et la maison de nuit, ce serait sympa de créer l'atmosphère et de jouer entre l'angoisse et l'humour.
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MessageSujet: Re: Hibou Garou   Mer 23 Déc - 10:05

Merci infiniment Assia de tes conseil, j'ai réécris la seconde partie et la fin en en tenant compte. Voilà donc l'intégralité de hibou garou (je met en entier parce que j'ai tout modifier). Je corrigerai les détails en soirées selon vos conseil

Edgar regardait la lune pleine et rouge monter dans le ciel. C’était un spectacle surprenant pour un enfant. D’un coup, il se retourna alors qu’un cri étouffé, grommelé, avait passé la porte de la salle de bain. Comme chaque mois, pendant quelques jours, ils n’étaient que deux (enfin deux et demi) dans la maison. L’absence de sa mère était toujours une cause de trouble pour son papa. Edgar aimait beaucoup son père. Il était plein d’une tendresse bourru et pataude. Avec lui, tout moment était le risque d’une aventure pleine de rebondissement. Les souvenirs affluèrent dans la tête de l’enfant et son visage se déforma d’un sourire alors qu’il se remémorait ses moments où une soirée crêpe finissait en une chasse aux trésors pour trouver des bougies dans la maison alors que l’électricité avait sauté.
Le garçon sauta de la fenêtre où il s’était hissé pour se diriger vers la salle de bain. Devant la porte, il se ravisa et retourna vers la cuisine. Il dévala l’escalier quatre à quatre et sautilla dans le couloir. Trois portes après, il entra dans la cuisine, se hissant sur la pointe des pieds pour appuyer sur l’interrupteur et allumer l’abat-jour terrifiant. La lampe était cachée par une enveloppe de papier où était peinte une fresque d’un combat entre un dragon et un griffon. Dès qu’il voyait cette scène, Edgar sentait son dos frémir et des frissons suivaient pendant de longue minute. Il s’efforça de ne pas regarder le plafond et se rapprocha, de sa démarche chaloupé, du frigo.
En passant devant la porte fenêtre, il vit son reflet dans la glace et marqua un temps d’arrêt. Il avait commencé à grandir cette année. Il était même grand, pensa-t-il en rehaussant un menton fier. Il avait neuf ans et demi, c’était presque un nombre à deux chiffres. En se fixant, il essaya de trouver en lui les traces du héros qu’il serait plus tard. Sous son pyjama, une esquisse de muscle se dessinait. Ses pommettes s’empourprèrent de joie à cette idée et il mima alors ce geste de contentement qu’il n’avait jamais compris mais que tout héros se devait d’adopter. Il passa sa main dans ses cheveux blonds, ses yeux verts s’illuminèrent et il sourit, dévoilant un sourire écaillé. Sa dentition était fragmentée comme une représentation de la gouaille insolente de la jeunesse. Il avait les dents du bonheur, canine et incisives se chevauchait alors que des trous ponctuaient ses gencives à l’endroit où ses dents de lait étaient tombées.
Le sourire d’Edgar s’estompa alors qu’un nouveau grognement lui parvient de l’étage. Aussi rapidement qu’il s’était arrêté pour s’observer dans la vitre, il franchit les derniers mètres qui le séparait du frigo. Il fronça les sourcils quand il se rendit compte que son objectif, une feuille de papier, était collé trop haut pour qu’il puisse l’atteindre. Qu’à cela ne tienne ! Il grimpa sur une chaise pour arracher à l’aimant le cadeau de sa mère pour la soirée. C’était une « tout doux » liste. Chaque fois qu’elle s’absentait, elle en laissait une. « C’est de petits mots pour ton père afin qu’il ne fasse pas brûler la maison… et qu’il se souvienne de vous faire des câlins », lui avait-elle expliquée. Les pensées d’Edgar se braquèrent quelques seconde sur son frère qui devait dormir, il avait moins de deux ans. Edgar aimait beaucoup son frère, mais il l’agaçait assez souvent. Rien que l’abêtissement de ses parents devant lui alors qu’il marchait en tombant tous les deux pas l’énerver. Et surtout, le cri de son frère, qui n’arrêtait pas de répéter « Patapaf » dès qu’il en avait l’occasion. Edgar avait essayé de lui expliquer que les héros ne criaient pas « patapaf », mais plutôt « vous êtes en état d’arrestation ». Mais rien à faire, son frère ne semblait vouloir abandonner son petit mot à lui. Le grand frère haussa les épaules : Tout le monde n’était pas forcément fait pour être un héros. Chassant ces pensées, Edgar se mot à courir pour amener la liste à son père.
Hector grommelait depuis plusieurs heures. Mathilde était absente, comme chaque mois. Elle disparaissait dans la nuit et elle le laissait seul avec les enfants. Et ce soir, il était d’une humeur massacrante. Ses cheveux étaient depuis le matin même dans une volonté de rébellion permanente. Deux épis s’étaient imposés en symétries au-dessus de ces oreilles. Et malgré ses efforts répétés pour imposer sa volonté à sa chevelure, les mèches restaient droites. Il abandonna, de dépit. Il voyait aussi la barbe recommencer à lui manger le visage alors qu’il s’était rasé le matin même. C’était probablement un effet du stress et de la fatigue, se rassura t’il. Sa supposition lui sembla plausible quand son regard quitta ses cheveux bruns dans le miroir pour tomber sur ses yeux. Ils étaient exorbités. Ses iris bleus semblaient avoir décuplés de taille. « Foutu ondes, gargouilla-t-il. Ils vont finir par nous tuer avec. »
La porte grinça alors qu’elle s’ouvrit. Un sourire illumina le visage fatigué d’Hector alors qu’il vit son fils entrer timidement dans la pièce. Edgar le regarda avec de grands yeux.
_ Ça va papa ? demanda-t-il d’une voix hésitante.
_ Un papa ça va toujours bien, fiston, répondit l’intéressé.
Hector souleva son fils et le serra contre lui. Son cœur se serra alors que les petits bras de sa progéniture lui rendaient son étreinte avec une force insoupçonnable.
_ Qu’est-ce qu’il t’arrive mon bonhomme ? Poursuivit-il.
_ Je t’amenais la « tout doux » liste de maman. Répondit Edgar.
_ Oh, d’accord, mais avant tu sais ou est ton frère ?
_ Patapaf … ? Oh oui…
Les sourcils de son père se froncèrent. Et d’instinct, l’ainé se tut tandis que venait la réprimande.
_ Il a un nom, tu sais. Il faut pas être méchant avec ton frère.
_ Oui papa… désolé papa, reprit Edgar, honteux, Pâris est dans son lit. Je crois qu’il dort.
Un concert de braillement vint soudain, d’une manière assez confortable pour le narrateur, contredire cette dernière parole. Sans un mot, le père et le fils allèrent vers la source de ces bruits. Pâris était debout dans son lit à barreaux, son visage de jeune enfant complétement ravagé par les larmes. En père attentif et attendrit, Hector le souleva pour le serrer contre lui.
_ Qu’est-ce qui t’arrive mon poussin ?
_ … cauchemar, sanglota le benjamin.
_ Oh… allons c’est fini, le consola son père en le berçant.
Les pleurs se calmèrent au bout de quelques secondes et lorsqu’elles s’estompèrent totalement, c’est un rire qui prit la place de la pollution sonore. Edgar était pris par une hilarité incontrôlée. Devant le regard étonné de son père, l’enfant expliqua.
_ Papa… tu ressembles à un hibou.
A ces mots, les larmes du dernier reprirent.
_ Cauchemar… hiboux… papa…, expliqua Pâris la voix rongé par des larmes.
_ Ça va aller mon fils, ton frère raconte des bêtises. Si tu nous lisais plutôt la liste que maman nous a laisser Edgar.
Le torse bombé, fier de montrer à son père qu’il savait très bien lire, Edgar s’exécuta.
_ « Tout doux » liste, déchiffra-t-il. Pour mes héros à moi, soyez sage. Mangez autre choses que des bonbons !
_ Bonbon… Patapaf ! Gazouilla Pâris, à nouveau libéré de son chagrin.
_ Ne vous couchez pas trop tard ! Reprit Edgar sans faire attention à l’interruption. N’oubliez pas de faire le plein de câlins. Rappelez-vous que vous êtes les plus jolis messieurs si ce n’est de la terre, au moins de cette maison. Et s’il y a un problème. Faites le rituel, maman viendra vous sauver… Papa, c’est quoi le rituel ?
_ Je peux pas te le dire, il n’y a pas de problème, répondit son père plein d’un mystère rigolard.
Sous son masque de bonne humeur, Hector était tout de même inquiet. Mathilde ne parlait jamais de problème. C’était une femme à l’optimisme forcené. Quant au rituel, cela ne pouvait signifier qu’une possibilité de danger. Et par-dessus tout, Hector avait un envie de souris. Un besoin plus qu’étrange qu’il ne pensait jamais ressentir. Il cacha son trouble avec un sourire et un clin d’œil appuyé à ces enfants.
_Bon… on fait ce que la « tout doux » liste nous demande et on file en exploration ? Une marche dans la forêt en homme fort et intrépide ? Des explorateurs sans peurs et sans reproches !
C’est un concert de joie qui lui répondit. Le câlin collectif passé, les trois hommes sortirent de la maison pour aller dans la forêt observer des secrets perdus. Ils marchèrent quelques minutes jusqu’à atteindre le bois. La lune lui offrait une dimension féérique, une impression de mystère rassurante et enivrante.

Edgar regarda son père à genoux dans une clairière. Il serrait contre lui Pâris à qui il cachait les yeux par acquis de conscience. « Il ne faut pas trembler, se répétait-il, un héros, ça ne tremble pas. ». Son père s’était comporté bizarrement depuis qu’ils étaient entrés dans la forêt. Et il s’était mis à faire des sons bizarre quelques mètres auparavant. Au bout de quelques secondes, il s’était effondré. Un réflexe avait fait attraper son frère à Edgar. Puis les deux s’étaient écarté, conscient de la possibilité du danger. La forêt lui apparaissait désormais bien immense, trop effrayante, sans aucune gentillesse. Dans la lumière nocturne filtrée par les feuilles, il semblait à Edgar que son père avait le visage qui changeait. Son visage semblait s’affiner. Sa voix était faite de hululements suraigus. Et là où il y avait deux épis rebelles, il lui semblait deviner deux oreilles pointues et velues. Soudain, le silence s’appesantit sur la clairière. Et le papa de Pâris tourna son regard vers ses enfants qui furent frappés d’effroi. La taille de ces orbites s’était agrandie au-delà de toute proportion. Deux iris d’un jaune courroucé les fixaient. Le nez s’étaient fait bec et la barbe et le visage de son père étaient devenu un duvet de poils marron et noir. Quant au pressentiment d’Edgar sur les oreilles, il était exact. C’était un hibou. L’idée frappa Edgar qui dans un réflexe fraternel se mis devant son frère. Alors, de la cime des arbres, une voix retentit. Les mots étaient hachurés, découverts, comme savourés à chaque syllabe. L’accent paraissait aux tympans d’Edgar étrangers, mais non comme celui d’un voyageur venu d’une lointaine contrée, mais comme ceux d’un être qui n’était pas, ou alors n’avait pas toujours été, humain. Les phrases firent frissonner l’échine de l’ainé.
_ Coucou… Hibou… garou.
Un bruissement de feuille naquit, il s’intensifia pendant que les grincements de bois résonnaient dans la clairière. Pâris pleura, ses petits doigts s’agrippant avec force au corps de son frère qui résistait, bravement à la peur. A nouveau, la voix retentit, avec plus d’assurance.
_ Coucou… Hibou… GAROU ! Cria-t-elle sur la fin.
Un arbre trembla sur la gauche des deux frères. Et un être étrange apparut devant les yeux d’Edgar. C’était un oiseau, ou ce qui avait été un oiseau. Une chimère à tête humaine mais dont l’architecture du crâne rappelait celle d’un hibou. Le monstre semblait se déplumait, et grandir, lentement, Edgar le voyait prendre des millimètres qui devenait centimètres. Avec un sourire carnassier, l’être lui adressa la parole.
_ Si la chouette effraie… est-ce que le hibou garou fait peur ?
_ Je n’ai pas peur, défia Edgar le corps transi d’effroi.
_ Menteur ! Hurla le monstre. Je sens la terreur en toi ! Elle pue comme pue la mort !
_ Je n’ai pas peur, répéta Edgar sans y croire.
_ Tu devrais… je suis le roi de nuit. Le sanguinaire Archimède ! La forêt me craint tant que le soleil l’a fui.
_ Et moi je suis Edgar ! … Un héros, conclut-il piteusement.
_ Dit-moi, héros ! Ou est-ton armée ? Ou est-ton armure ? …Tu n’es qu’une proie pour mes serres, dit Archimède en faisant claquer ses griffes.
_ Je n’en ai pas besoin, déglutit Edgar, je suis magicien !
Le monstre devant lui se tut, envisageant cette affirmation avec suspicion.
_ Magicien… c’est nuit de sabbat ! N’as-tu donc pas peur de la colère des sorcières ?
_ Elles ne peuvent rien contre moi, déglutit Edgar.
L’enfant était tétanisé. Son corps entier ne semblait plus pouvoir réagir. Ses bras étaient lourds, ses muscles gourds. Heureusement, sa langue gardait toute la puissance nécessaire pour occuper Archimède qui semblait déterminer à les dévorer. L’ancien oiseau reprit.
_ Dit-moi magicien… Si je ne peux te tuer toi, ni l’être caché derrière toi. Quand est-t-il de ma proie, acheva le hibou garou en désignant le père des deux enfants.
Edgar sentit sa sueur lui glisser dans le dos quand il comprit que son père courrait un danger. Son cerveau tentait désespérément de trouver un mensonge pour le tirer d’affaires. Puisque malgré les disputes que ces parents lui faisaient à ce sujet, Edgar avait vite compris qu’un mensonge pouvait sauver de beaucoup de problèmes. Mentir à un méchant, c’était s’assurer une porte de sortie si on arrivait à être convaincant. Edgar chercha alors dans sa tête comment continuer à assurer sa prestance de magicien et sauver son père. Soudain l’illumination lui vint.
_ Laisse le ! C’est mon serviteur !
_ Il y en a cent autres que tu pourras avoir ! Les lavandières me l’ont promis, siffla Archimède.
_ Tu n’y toucheras pas ! Hurla Edgar ! Je l’ai lié avec une Pierre de Lune. Maintenant pars.
_ Pas sans mon tribut ! Cria Archimède.
La chimère sauta de son perchoir pour planer vers le corps allongé. Hector regarda avec horreur le monstre venir vers lui. Sa tête entière, comme son corps ne semblaient plus lui répondre. Et de ses lèvres, seul un mot sortit laborieusement.
_ Patapaf.
Pâris tut ses larmes pour regarder son père prononcer son mot talisman. Hagard, il le répéta.
_ Patapaf !
Edgar, l’esprit perdu par l’action, le murmura à son tour.
_ Patapaf…
Alors, uni par ces trois syllabes, la petite famille le hurla comme un cri désespéré face au piqué d’Archimède.
_ PA… TA… PAF.
Aussitôt, un dôme de lumière jaillit de Pâris et fit valdinguer le monstre au loin. Pendant un instant, le noir reprit ses droits… puis, se fut le chaos.
Un être nimbé d’une lueur violacée était apparu au-dessus de leur tête. Il lévitait sans effort apparent, mais ses yeux semblaient fulminer d’une fureur infinie. A la vue de cet intrus, Archimède piailla, se ramassant sur lui, il fit de son corps une arme qu’il propulsa grâce à ses ailes puissante. A son envol, il poussa également un cri. La forêt sembla alors s’éveiller. Le temps ralentit, le moment entre chaque seconde semblait d’un coup pouvoir contenir un univers. Edgar sentit soudain le monde trembler. Une armée répondait à l’appel d’Archimède. Et la clairière était leur lieu de ralliement. Le sol résonnait de la course des monstres et des dieux, l’air vibrait de l’envol des chimères. Le roi de la nuit avait des sujets prêts à le défendre.
Edgar réagit rapidement, alors qu’il voyait du coin de l’œil l’oiseau se rapprocher de l’apparition, il courut avec son frère près de son père pour essayer de le relever. Mais arriver près de lui, le choc de la rencontre entre Archimède et le spectre les souffla au sol. Edgar recouvrit Pâris de son bras alors qu’il dirigea son regard vers le combat.
Archimède avait été à nouveau repoussé par un bulle translucide autour du protecteur. Mais autour de lui arrivait ses soldats qui se massaient en marée noire et amère. Edgar vit l’armée sinistre faire face à leur sauveur, c’était des troupes disparates, fait de corbeaux, de hiboux, des rapaces noirs et hostiles qui semblaient dépourvu d’âme et de toute capacité de gentillesse. Edgar sentit la peur l’envahir, son corps était froid, suant. Quelque chose dans la posture de l’inconnu semblait trahir également un malaise, une peur naissante. L’enfant improvisé héros comprit que les choses allaient s’envenimer. Alors, c’est un réflexe des anciens âges qui prit le contrôle de lui. Les yeux d’Edgar devinrent vitreux, et un flot de mots commença à sortir de sa bouche.
Pâris hurla son mot talisman encore par-dessus les bruits de la bataille. Edgar n’en tint pas compte, son incantation arrivait à sa fin. Une fois la dernière syllabe murmurée, une musique discordante retentit et dans un bruit de bouchons, les trois êtres disparurent laissant le vent souffler à l’endroit où ils avaient été. Archimède glapit de rage en voyant son repas ainsi disparaitre. Le monstre reporta son attention sur l’apparition qui lui adressa à son tour un sourire immense… avant de s’évanouir en fumée dans la nuit. Le roi nocturne de la forêt hurla. D’un geste ferme, il adressa à ses sbires un ordre sinistre. S’ils pouvaient fuir, la famille ne saurait lui échapper. La traque allait commencer !

Edgar avait peur. La forêt lui paraissait tout à coup infinie et effrayante. Ils avaient été déplacé avec son frère et son père sur plusieurs mètres, ou peut-être kilomètres pour ce qu’il en savait. Partout le silence révélait une multitude de bruissement qui faisait bondir l’enfant. Son cœur martelait sa poitrine dans un rythme effréné.
BOUM ! BOUM !
A gauche, une branche craqua et pendant de longues secondes. Edgar retint son souffle. Il scruta la pénombre du mieux que ces yeux le lui permettaient. Mais la forêt garda le mystère de ce son pour elle. Le fuyard continua de braquer son regard dans le noir pour tenter de percer tant sa peur que le rideau noir. Peu à peu, il arriva à se dessiner une carte mentale de l’endroit où ils s’étaient retrouvés. Son cœur continuer de battre en une percussion violente.
BOUM ! BOUM !
D’immenses arbres aux feuilles parées des dorures de l’automne lui faisaient face. Une dizaine de mètres sur la gauche une fourmilière émerger du sol, derrière lui, son père soupirait de long râles de souffrance que l’enfant tentait tant bien que mal d’ignorer. Son frère semblait lui s’être recroquevillé et ravalait ses larmes en chuchotant son mot talisman. La voix de son frère se superposé à la pulsation de l’angoisse de Edgar.
Patapaf… BOUM ! BOUM !
Patapaf… BOUM ! BOUM !
Patapaf… BOUM ! BOUM !
Soudain, l’apprenti héros sursauta. Il y avait eu un mouvement dans une cime pas loin. Il l’avait perçu du coin de l’œil. Un oiseau partait à tire d’aile en croassant avec une force désespéré. Une goutte de sueur perla entre les omoplates d’Edgar.
BOUM ! BOUM !
Il y avait d’un coup un silence absolu sur les lieux. Edgar n’entendait plus ni son frère ni son père. Le vent avait disparu et les feuilles ne bruissaient plus de leur chant funeste. La goutte coulait lentement le long de son dos. Son cœur battait si fort qu’il semblait avoir l’impression qu’il allait exploser.
BOUM ! BOUM !
L’instinct d’Edgar lui murmurait de ne pas tourner la tête. Il ferma les yeux. Quelque chose dans l’air lui murmurait qu’il avait quelqu’un derrière lui. Il avait peur, si peur qu’il pensait pouvoir à tout moment fondre en larmes et demander pouce. Mais ce n’était pas un jeu, il le savait, il n’y aurait pas de pause possible. Des tréfonds de son âme, une lueur illumina son être. La bravoure lui rappela l’être qu’il voulait être. Les mots qu’il avait prononcés sans en avoir conscience émergèrent à nouveau. Son cœur se calma, il clamait d’un coup le courage du jeune garçon dans chaque battement.
BOUM ! BOUM !
Il murmura à nouveau la formule. Mais il l’a modifia comme il aurait su modeler un château de sable. La présence était toujours dans son dos, patiente et sournoise, profitant avec une joie perverse de la panique qu’il avait sentie chez sa proie. Sans ouvrir les yeux, Edgar se tourna. Alors que la dernière syllabe franchissait à nouveau ses lèvres, il leva ses paupières. Archimède lui faisait face, un sourire vicieux balafrait sa tête monstrueuse.
_ Bouh, murmura-t-il, soucieux de ménager son entrée.
Le cœur de Edgard loupa un battement, la peur devint douleur dans sa poitrine alors que ses organes se ressaisissait. Mais un sourire illumina en réponse le visage du garçon alors qu’il voyait qu’il avait réussi son coup. Son frère et son père avait été envoyé au loin grâce à sa magie. La bravoure du garçon avait permis la sécurité de ceux qui comptait pour lui avait la sienne. Heureux de sa réussite, il répondit alors.
_ Tu es vraiment laid. C’est pour ça que tu es méchant ?
Archimède feula devant l’insulte. Edgar pu ainsi le dévisager longuement. C’était un hibou qui semblait vouloir prendre forme humaine. Ses membres étaient trop long, déformés dans une extension grotesque et difforme qui donnait à son interlocuteur un avant-goût d’apocalypse.
Edgar leva les yeux. L’armée de son ennemi avait pris position sur les branches des arbres proches. Des charognards de toutes sortes dardaient sur lui des yeux ou le respect se mêlait à la haine. Là, des corbeaux le toisaient, ici, quelques serpents s’étaient suspendus, dans un recoin, il semblait à l’enfant que des araignées tissaient leurs toiles. D’un buisons, des yeux luisant trahissait la présence d’un loup avide de viande d’enfant. Ignorant son corps qui voulait disparaitre, pleurer et demander pitié, Edgar reporta son attention sur Archimède. La chimère retroussa ses babines pour dévoiler une dentition pourrit dont la puanteur fit vaciller le garçon.
_ Tu vas mourir petit. Tu as défié le monstre qu’il ne fallait pas.
_ Mourir c’est le truc que font les vieilles personnes quand elles arrêtent de bouger dans leur fauteuil ? Répondit Edgar en se souvenant du drôle de départ qu’avait fait son grand-père.
_ Mourir c’est douloureux et terrible ! Siffla Archimède. Ça va être ta peau qui sera déchiqueté par les serres de mon armée. Ton sang qui sera brûlant du poison qui nagera dans tes veines. Tu vas périr ! Occis sous la vague de mon armée. Un dernier mot petit d’homme ?
Edgar eut un temps d’arrêt devant la violence de son interlocuteur. Il comprit lentement ce que son interlocuteur lui disait. Et ça ne lui plaisait pas. A vrai dire, Edgar n’aimait pas avoir mal, comme tous les garçons, il lui arriver de se battre, mais il n’apprécier pas prendre des coups, même les bisous magique de sa maman n’arrivaient pas à faire disparaitre la douleur. Et puis, au-delà de la souffrance qui lui était promis, une notion de héros s’inscrivit en lettre de feu dans son esprit.
_ Mais alors… tu es un lâche si tu ne veux pas m’affronter toi-même.
Archimède souleva ce qui devait être un sourcil devant le défi de son adversaire.
_ Tu veux un combat loyal. Très bien… aucun de mes soldats ne se mêlera à notre affrontement. Ça ne change rien… tu es déjà mort !
Edgar sauta sur ses jambes et s’élança dans une course folle. Il lui fallait une idée et l’assurance de n’avoir qu’un ennemi et non mille avait eu au moins la faveur de lui libéré une partie de son esprit. Dans son départ, l’enfant ramassa une poignée de terre qu’il jeta dans les yeux immense d’Archimède. La poussière aveugla le hibou-garou qui jura et se débattit face à la douleur.
Edgar courrait, il fendit rapidement le cordon des troupes qu’Archimède avait pacifié. Il s’enfonça dans les sous-bois. Ses jambes fonctionnaient sans que son cerveau ne les commande. Elles sautaient ruisseaux et racines sans hésiter. Pour le moment, Edgar n’envisageait que deux solutions. Il devait soit vaincre le hibou-garou… ou il devait courir jusqu’au matin, quand le soleil chasserait le roi de la nuit de son royaume.
Il se baissa pour éviter une branche, derrière lui, il aperçut Archimède qui fendait l’air pour le rattraper, les yeux rougis de la terre qu’il lui avait lancé. L’enfant redoubla de vitesse. La peur lui servait d’endurance. Il tendit un arbuste pour le relâcher derrière lui, dans l’espoir de retarder son ennemi. Sans succès.
Des lettres de feu germèrent encore dans sa tête. Un mot simple qu’il cria, la peur faisant vibrer sa voix. « PATAPAF ». Le mot talisman de son frère le fit sauter d’une trentaine de mètres sur sa gauche. Avec un sourire goguenard, Edgar défia le hibou-garou.
_ Hey le moche. Je suis ici !
Archimède frémit de colère. Pendant qu’Edgar bondit vers les abysses des bois. Ils coururent ainsi pendant plus de deux heures. Archimède était infatigable et Edgar compensait l’effort par la magie de son frère. Arbre après arbre, il tenta de semer son poursuivant, mais nul piège, nul racine ne ralentissait le monstre. Peu à peu, le garçon sentait la fatigue le gagner. Murmurer le mot était de plus en plus difficile.
Il s’effondra dans une clairière. L’apprenti héros était à bout de force. Epuisé d’une course-poursuite trop longue. Son cœur avait cessé de suivre un rythme normal depuis au moins deux éternités. Il se traina jusqu’à un chêne immense où il s’adossa, le pouce vainement levé pour réclamer une pause dans la réalité.
Archimède atterrit à son tour. Un sourire victorieux et horrible traversait son bec. Il se rapprocha du futur vaincu de sa démarche chaloupé. Son armée le rejoignit dans un ouragan de plume. La lune fut caché par la nué d’oiseau sous ses ordres. L’air fut saturé des sons que chacun de ses soldats émettaient pour chanter la victoire. Pendant un instant devant le fracas de ces bruits, Edgar crut devenir sourd.
Archimède le regarda avec satisfaction. Il leva l’aile pour faire signe à quelqu’un derrière lui. L’apprenti héros vit les loups arriver avec une charge sur le dos. Archimède lui expliqua devant son regard interrogateur.
_ On a retrouvé ta famille. J’ai pensé que ça te ferait plaisir de mourir avec ceux qui tiennent dans ton cœur.
Les animaux déposèrent Hector et Pâris sans douceur à côté de lui. La transformation de son père semblait avoir empiré. Hector s’était en effet mis à quatre pattes pour cracher des boules de plumes. Archimède le dévisagea, pensif.
_ C’est les lavandières qui lui ont fait ça… Il devait devenir chouette pour que je devienne humain. Il aurait était un humain-garou et moi un hibou-garou. Mais je n’aime pas vraiment ne pas être l’unique exemplaire extraordinaire de leur magie. Alors, je vous aie charmé pour que vous veniez ici. Merci de m’avoir diverti, acheva le Hibou-garou avec humour.
Archimède leva l’aile, toutes serres dressées pour trancher la gorge de ses proies. Edgar ferma les yeux, attendant le coup de grâce. La mort, c’était juste un voyage on lui avait expliqué lors du départ de son grand-père. Un voyage qu’on devait tous faire, mais le plus tard possible. Il se crispa, il espérait ne pas avoir trop mal. Il sentit la main de son frère saisir la sienne. Plus pour rassurer son frère que pour combattre encore, il murmura avec lui son mot talisman.
_ Patapaf !
Pour la dernière fois, Edgar déglutit, il tenta de profiter de ses dernières fois. Le vent sur son visage, le chant de la forêt, la froide chaleur de la lune… Et la lumière d’un coup phénoménal qui l’aveuglait même à travers ses paupières fermés. Levant une main en visière, il ouvrit les yeux. L’apparition était à nouveau là. Elle retenait l’aile d’Archimède fermement. D’une torsion du poignet elle le rejeta au loin dans la clairière. Et dans le geste, Edgar la reconnu. C’était sa mère qui était apparu ! Son visage était déformé par la colère. Et aussi étrange que cela puisse paraitre, le garçon ne s’était jamais senti autant aimé. A côté de lui, son père, regardait également interdit la femme qui venait de les sauver.
_ Mathilde ? Bégaya-t-il.
_ Ca va aller leur répondit-elle… Edgar… tu as été très courageux. Je suis très fière de toi !
Mathilde leva les mains vers le ciel. Elles semblèrent devenir torche, ses pieds s’enracinèrent littéralement dans le sol tandis qu’un dôme d’une lumière violacée recouvrit Edgar et sa famille. Sa maman hurla alors tant à la forêt qu’au monde.
_ Lavandière ! Vous avez défié la famille d’une sorcière une nuit de Sabbat ! Avez confié à un de vos sous-fifres l’exécution de l’amour de ma vie. Venez affronter ma juste colère !
Quelques femmes apparurent au milieu de l’armée ennemie. Archimède à sa tête, une froide résolution sanguinaire sur le visage, ils attaquèrent tous ensemble. Mètre après mètre, Edgar sentait le sol tremblait sous la charge des monstre et des dieux. Il avait peur, plus qu’il n’avait eu peur pendant son affrontement avec Archimède. Il avait peur pour sa mère. Elle était seule, ils étaient milles ! Il avait peur pour son père qui était peut-être condamné à rester chouette pour la vie. Soudain, le monde sembla se fracturer. Le ciel se fendit pour dévoiler un vide infini. L’aiguille qu’il voyait sur la montre de son frère faisait des allers-retours entre deux secondes. Le temps était englué. Edgar regarda autour de lui. Son frère étaient endormi. Son père avait perdu ces plumes, son corps avait retrouvé une taille normale. Et Edgar comprit ce que sa mère avait fait. Elle avait emprisonné leurs ennemis dans une clairière qui ne connaitrait plus jamais une autre nuit, une autre seconde que celle-ci. Mais eux aussi en étaient prisonniers. Il croisa le regard de sa mère, infiniment fière de la bravoure de son fils. Et il vit qu’elle attendait après lui pour achever le sortilège. La tête d’Edgar se remémorait la nuit faite de peur, de magie, de course, de monstre et de sa réussite. Il enveloppa sa famille du regard le plus aimant qu’il ait jamais eut, Pâris lui semblait un héros beaucoup plus immense maintenant. Alors l’apprenti héros hurla : « PATAPAF » ! Et lui, son frère, son papa et sa maman disparurent de la clairière, laissant la colère d’Archimède, de son armée et des lavandières s’exprimer pour l’éternité dans l’interstice entre ces deux secondes.


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Silenuse

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MessageSujet: Re: Hibou Garou   Mer 23 Déc - 10:24

Bouhou, tu m'obliges à tout recommencer :'c

Ragne a écrit:
Edgar regardait la lune pleine et rouge monter dans le ciel. C’était un spectacle surprenant pour un enfant. D’un coup, il se retourna alors qu’un cri étouffé, grommelé, avait passé la porte de la salle de bain. Comme chaque mois, pendant quelques jours, ils n’étaient que deux (enfin deux et demi) dans la maison. L’absence de sa mère était toujours une cause de trouble pour son papa. Edgar aimait beaucoup son père. Il était plein d’une tendresse bourrue et pataude. Avec lui, tout moment était le risque d’une aventure pleine de rebondissements. Les souvenirs affluèrent dans la tête de l’enfant et son visage se déforma d’un sourire alors qu’il se remémorait ses moments où une soirée crêpe finissait en une chasse aux trésors pour trouver des bougies dans la maison alors que l’électricité avait sauté.
Le garçon sauta de la fenêtre où il s’était hissé pour se diriger vers la salle de bain. Devant la porte, il se ravisa et retourna vers la cuisine. Il dévala l’escalier quatre à quatre et sautilla dans le couloir. Trois portes après, il entra dans la cuisine, se hissant sur la pointe des pieds pour appuyer sur l’interrupteur et allumer l’abat-jour terrifiant. La lampe était cachée par une enveloppe de papier où était peinte une fresque d’un combat entre un dragon et un griffon. Dès qu’il voyait cette scène, Edgar sentait son dos frémir et des frissons suivaient pendant de longue minute. Il s’efforça de ne pas regarder le plafond et se rapprocha, de sa démarche chaloupé, du frigo.
En passant devant la porte fenêtre, il vit son reflet dans la glace et marqua un temps d’arrêt. Il avait commencé à grandir cette année. Il était même grand, pensa-t-il en rehaussant un menton fier Maladroit : tu mélanges style direct et style indirect sans même passer par la case style indirect libre. Il faudrait soit "Il pensa même que..." ou "J'ai grandi, pensa-t-il...". Il avait neuf ans et demi, c’était presque un nombre à deux chiffres. 9.5 -> deux chiffres En se fixant, il essaya de trouver en lui les traces du héros qu’il serait plus tard. Sous son pyjama, une esquisse de muscle se dessinait. Ses pommettes s’empourprèrent de joie à cette idée et il mima alors ce geste de contentement qu’il n’avait jamais compris mais que tout héros se devait d’adopter. Il passa sa main dans ses cheveux blonds, ses yeux verts s’illuminèrent et il sourit, dévoilant un sourire écaillé. Sa dentition était fragmentée comme une représentation de la gouaille insolente de la jeunesse. Il avait les dents du bonheur, canine et incisives se chevauchait alors que des trous ponctuaient ses gencives à l’endroit où ses dents de lait étaient tombées.
Le sourire d’Edgar s’estompa alors qu’un nouveau grognement lui parvient de l’étage. Aussi rapidement qu’il s’était arrêté pour s’observer dans la vitre, il franchit les derniers mètres qui le séparait du frigo. Il fronça les sourcils quand il se rendit compte que son objectif, une feuille de papier, était collé trop haut pour qu’il puisse l’atteindre. Qu’à cela ne tienne ! Il grimpa sur une chaise pour arracher à l’aimant le cadeau de sa mère pour la soirée. C’était une « tout doux » liste. Chaque fois qu’elle s’absentait, elle en laissait une. « C’est de petits mots pour ton père afin qu’il ne fasse pas brûler la maison… et qu’il se souvienne de vous faire des câlins », lui avait-elle expliquée. Les pensées d’Edgar se braquèrent quelques seconde sur son frère qui devait dormir, il avait moins de deux ans. Edgar aimait beaucoup son frère, mais il l’agaçait assez souvent. Rien que l’abêtissement de ses parents devant lui alors qu’il marchait en tombant tous les deux pas l’énerver. Et surtout, le cri de son frère, qui n’arrêtait pas de répéter « Patapaf » dès qu’il en avait l’occasion. Edgar avait essayé de lui expliquer que les héros ne criaient pas « patapaf », mais plutôt « vous êtes en état d’arrestation ». Mais rien à faire, son frère ne semblait vouloir abandonner son petit mot à lui. Le grand frère haussa les épaules : Tout le monde n’était pas forcément fait pour être un héros. Chassant ces pensées, Edgar se mot à courir pour amener la liste à son père.
Hector grommelait depuis plusieurs heures. Mathilde était absente, comme chaque mois. Elle disparaissait dans la nuit et elle le laissait seul avec les enfants. Et ce soir, il était d’une humeur massacrante. Ses cheveux étaient depuis le matin même dans une volonté de rébellion permanente. Deux épis s’étaient imposés en symétries au-dessus de ces oreilles. Et malgré ses efforts répétés pour imposer sa volonté à sa chevelure, les mèches restaient droites. Il abandonna, de dépit. Il voyait aussi la barbe recommencer à lui manger le visage alors qu’il s’était rasé le matin même. C’était probablement un effet du stress et de la fatigue, se rassura t’il. Sa supposition lui sembla plausible quand son regard quitta ses cheveux bruns dans le miroir pour tomber sur ses yeux. Ils étaient exorbités. Ses iris bleus semblaient avoir décuplés de taille. « Foutu ondes, gargouilla-t-il. Ils vont finir par nous tuer avec. »
La porte grinça alors qu’elle s’ouvrit. Un sourire illumina le visage fatigué d’Hector alors qu’il vit son fils entrer timidement dans la pièce. Edgar le regarda avec de grands yeux.
_ Ça va papa ? demanda-t-il d’une voix hésitante.
_ Un papa ça va toujours bien, fiston, répondit l’intéressé.
Hector souleva son fils et le serra contre lui. Son cœur se serra alors que les petits bras de sa progéniture lui rendaient son étreinte avec une force insoupçonnable.
_ Qu’est-ce qu’il t’arrive mon bonhomme ? Poursuivit-il.
_ Je t’amenais la « tout doux » liste de maman. Répondit Edgar.
_ Oh, d’accord, mais avant tu sais ou est ton frère ?
_ Patapaf … ? Oh oui…
Les sourcils de son père se froncèrent. Et d’instinct, l’ainé se tut tandis que venait la réprimande.
_ Il a un nom, tu sais. Il faut pas être méchant avec ton frère.
_ Oui papa… désolé papa, reprit Edgar, honteux, Pâris est dans son lit. Je crois qu’il dort.
Un concert de braillement vint soudain, d’une manière assez confortable pour le narrateur, contredire cette dernière parole. Sans un mot, le père et le fils allèrent vers la source de ces bruits. Pâris était debout dans son lit à barreaux, son visage de jeune enfant complétement ravagé par les larmes. En père attentif et attendrit, Hector le souleva pour le serrer contre lui.
_ Qu’est-ce qui t’arrive mon poussin ?
_ … cauchemar, sanglota le benjamin.
_ Oh… allons c’est fini, le consola son père en le berçant.
Les pleurs se calmèrent au bout de quelques secondes et lorsqu’elles s’estompèrent totalement, c’est un rire qui prit la place de la pollution sonore. Edgar était pris par une hilarité incontrôlée. Devant le regard étonné de son père, l’enfant expliqua.
_ Papa… tu ressembles à un hibou.
A ces mots, les larmes du dernier reprirent.
_ Cauchemar… hiboux… papa…, expliqua Pâris la voix rongé par des larmes.
_ Ça va aller mon fils, ton frère raconte des bêtises. Si tu nous lisais plutôt la liste que maman nous a laisser Edgar.
Le torse bombé, fier de montrer à son père qu’il savait très bien lire, Edgar s’exécuta.
_ « Tout doux » liste, déchiffra-t-il. Pour mes héros à moi, soyez sage. Mangez autre choses que des bonbons !
_ Bonbon… Patapaf ! Gazouilla Pâris, à nouveau libéré de son chagrin.
_ Ne vous couchez pas trop tard ! Reprit Edgar sans faire attention à l’interruption. N’oubliez pas de faire le plein de câlins. Rappelez-vous que vous êtes les plus jolis messieurs si ce n’est de la terre, au moins de cette maison. Et s’il y a un problème. Faites le rituel, maman viendra vous sauver… Papa, c’est quoi le rituel ?
_ Je peux pas te le dire, il n’y a pas de problème, répondit son père plein d’un mystère rigolard.
Sous son masque de bonne humeur, Hector était tout de même inquiet. Mathilde ne parlait jamais de problème. C’était une femme à l’optimisme forcené. Quant au rituel, cela ne pouvait signifier qu’une possibilité de danger. Et par-dessus tout, Hector avait un envie de souris. Un besoin plus qu’étrange qu’il ne pensait jamais ressentir. Il cacha son trouble avec un sourire et un clin d’œil appuyé à ces enfants.
_Bon… on fait ce que la « tout doux » liste nous demande et on file en exploration ? Une marche dans la forêt en homme fort et intrépide ? Des explorateurs sans peurs et sans reproches !
C’est un concert de joie qui lui répondit. Le câlin collectif passé, les trois hommes sortirent de la maison pour aller dans la forêt observer des secrets perdus. Ils marchèrent quelques minutes jusqu’à atteindre le bois. La lune lui offrait une dimension féérique, une impression de mystère rassurante et enivrante.

Edgar regarda son père à genoux dans une clairière. Il serrait contre lui Pâris à qui il cachait les yeux par acquis de conscience. « Il ne faut pas trembler, se répétait-il, un héros, ça ne tremble pas. ». Son père s’était comporté bizarrement depuis qu’ils étaient entrés dans la forêt. Et il s’était mis à faire des sons bizarre quelques mètres auparavant. Au bout de quelques secondes, il s’était effondré. Un réflexe avait fait attraper son frère à Edgar. Puis les deux s’étaient écarté, conscient de la possibilité du danger. La forêt lui apparaissait désormais bien immense, trop effrayante, sans aucune gentillesse. Dans la lumière nocturne filtrée par les feuilles, il semblait à Edgar que son père avait le visage qui changeait. Son visage semblait s’affiner. Sa voix était faite de hululements suraigus. Et là où il y avait deux épis rebelles, il lui semblait deviner deux oreilles pointues et velues. Soudain, le silence s’appesantit sur la clairière. Et le papa de Pâris tourna son regard vers ses enfants qui furent frappés d’effroi. La taille de ces orbites s’était agrandie au-delà de toute proportion. Deux iris d’un jaune courroucé les fixaient. Le nez s’étaient fait bec et la barbe et le visage de son père étaient devenu un duvet de poils marron et noir. Quant au pressentiment d’Edgar sur les oreilles, il était exact. C’était un hibou. L’idée frappa Edgar qui dans un réflexe fraternel se mis devant son frère. Alors, de la cime des arbres, une voix retentit. Les mots étaient hachurés, découverts, comme savourés à chaque syllabe. L’accent paraissait aux tympans d’Edgar étrangers, mais non comme celui d’un voyageur venu d’une lointaine contrée, mais comme ceux d’un être qui n’était pas, ou alors n’avait pas toujours été, humain. Les phrases firent frissonner l’échine de l’ainé.
_ Coucou… Hibou… garou.
Un bruissement de feuille naquit, il s’intensifia pendant que les grincements de bois résonnaient dans la clairière. Pâris pleura, ses petits doigts s’agrippant avec force au corps de son frère qui résistait, bravement à la peur. A nouveau, la voix retentit, avec plus d’assurance.
_ Coucou… Hibou… GAROU ! Cria-t-elle sur la fin.
Un arbre trembla sur la gauche des deux frères. Et un être étrange apparut devant les yeux d’Edgar. C’était un oiseau, ou ce qui avait été un oiseau. Une chimère à tête humaine mais dont l’architecture du crâne rappelait celle d’un hibou. Le monstre semblait se déplumait, et grandir, lentement, Edgar le voyait prendre des millimètres qui devenait centimètres. Avec un sourire carnassier, l’être lui adressa la parole.
_ Si la chouette effraie… est-ce que le hibou garou fait peur ?
_ Je n’ai pas peur, défia Edgar le corps transi d’effroi.
_ Menteur ! Hurla le monstre. Je sens la terreur en toi ! Elle pue comme pue la mort !
_ Je n’ai pas peur, répéta Edgar sans y croire.
_ Tu devrais… je suis le roi de nuit. Le sanguinaire Archimède ! La forêt me craint tant que le soleil l’a fui.
_ Et moi je suis Edgar ! … Un héros, conclut-il piteusement.
_ Dit-moi, héros ! Ou est-ton armée ? Ou est-ton armure ? …Tu n’es qu’une proie pour mes serres, dit Archimède en faisant claquer ses griffes.
_ Je n’en ai pas besoin, déglutit Edgar, je suis magicien !
Le monstre devant lui se tut, envisageant cette affirmation avec suspicion.
_ Magicien… c’est nuit de sabbat ! N’as-tu donc pas peur de la colère des sorcières ?
_ Elles ne peuvent rien contre moi, déglutit Edgar.
L’enfant était tétanisé. Son corps entier ne semblait plus pouvoir réagir. Ses bras étaient lourds, ses muscles gourds. Heureusement, sa langue gardait toute la puissance nécessaire pour occuper Archimède qui semblait déterminer à les dévorer. L’ancien oiseau reprit.
_ Dit-moi magicien… Si je ne peux te tuer toi, ni l’être caché derrière toi. Quand est-t-il de ma proie, acheva le hibou garou en désignant le père des deux enfants.
Edgar sentit sa sueur lui glisser dans le dos quand il comprit que son père courrait un danger. Son cerveau tentait désespérément de trouver un mensonge pour le tirer d’affaires. Puisque malgré les disputes que ces parents lui faisaient à ce sujet, Edgar avait vite compris qu’un mensonge pouvait sauver de beaucoup de problèmes. Mentir à un méchant, c’était s’assurer une porte de sortie si on arrivait à être convaincant. Edgar chercha alors dans sa tête comment continuer à assurer sa prestance de magicien et sauver son père. Soudain l’illumination lui vint.
_ Laisse le ! C’est mon serviteur !
_ Il y en a cent autres que tu pourras avoir ! Les lavandières me l’ont promis, siffla Archimède.
_ Tu n’y toucheras pas ! Hurla Edgar ! Je l’ai lié avec une Pierre de Lune. Maintenant pars.
_ Pas sans mon tribut ! Cria Archimède.
La chimère sauta de son perchoir pour planer vers le corps allongé. Hector regarda avec horreur le monstre venir vers lui. Sa tête entière, comme son corps ne semblaient plus lui répondre. Et de ses lèvres, seul un mot sortit laborieusement.
_ Patapaf.
Pâris tut ses larmes pour regarder son père prononcer son mot talisman. Hagard, il le répéta.
_ Patapaf !
Edgar, l’esprit perdu par l’action, le murmura à son tour.
_ Patapaf…
Alors, uni par ces trois syllabes, la petite famille le hurla comme un cri désespéré face au piqué d’Archimède.
_ PA… TA… PAF.
Aussitôt, un dôme de lumière jaillit de Pâris et fit valdinguer le monstre au loin. Pendant un instant, le noir reprit ses droits… puis, se fut le chaos.
Un être nimbé d’une lueur violacée était apparu au-dessus de leur tête. Il lévitait sans effort apparent, mais ses yeux semblaient fulminer d’une fureur infinie. A la vue de cet intrus, Archimède piailla, se ramassant sur lui, il fit de son corps une arme qu’il propulsa grâce à ses ailes puissante. A son envol, il poussa également un cri. La forêt sembla alors s’éveiller. Le temps ralentit, le moment entre chaque seconde semblait d’un coup pouvoir contenir un univers. Edgar sentit soudain le monde trembler. Une armée répondait à l’appel d’Archimède. Et la clairière était leur lieu de ralliement. Le sol résonnait de la course des monstres et des dieux, l’air vibrait de l’envol des chimères. Le roi de la nuit avait des sujets prêts à le défendre.
Edgar réagit rapidement, alors qu’il voyait du coin de l’œil l’oiseau se rapprocher de l’apparition, il courut avec son frère près de son père pour essayer de le relever. Mais arriver près de lui, le choc de la rencontre entre Archimède et le spectre les souffla au sol. Edgar recouvrit Pâris de son bras alors qu’il dirigea son regard vers le combat.
Archimède avait été à nouveau repoussé par un bulle translucide autour du protecteur. Mais autour de lui arrivait ses soldats qui se massaient en marée noire et amère. Edgar vit l’armée sinistre faire face à leur sauveur, c’était des troupes disparates, fait de corbeaux, de hiboux, des rapaces noirs et hostiles qui semblaient dépourvu d’âme et de toute capacité de gentillesse. Edgar sentit la peur l’envahir, son corps était froid, suant. Quelque chose dans la posture de l’inconnu semblait trahir également un malaise, une peur naissante. L’enfant improvisé héros comprit que les choses allaient s’envenimer. Alors, c’est un réflexe des anciens âges qui prit le contrôle de lui. Les yeux d’Edgar devinrent vitreux, et un flot de mots commença à sortir de sa bouche.
Pâris hurla son mot talisman encore par-dessus les bruits de la bataille. Edgar n’en tint pas compte, son incantation arrivait à sa fin. Une fois la dernière syllabe murmurée, une musique discordante retentit et dans un bruit de bouchons, les trois êtres disparurent laissant le vent souffler à l’endroit où ils avaient été. Archimède glapit de rage en voyant son repas ainsi disparaitre. Le monstre reporta son attention sur l’apparition qui lui adressa à son tour un sourire immense… avant de s’évanouir en fumée dans la nuit. Le roi nocturne de la forêt hurla. D’un geste ferme, il adressa à ses sbires un ordre sinistre. S’ils pouvaient fuir, la famille ne saurait lui échapper. La traque allait commencer !

Edgar avait peur. La forêt lui paraissait tout à coup infinie et effrayante. Ils avaient été déplacé avec son frère et son père sur plusieurs mètres, ou peut-être kilomètres pour ce qu’il en savait. Partout le silence révélait une multitude de bruissement qui faisait bondir l’enfant. Son cœur martelait sa poitrine dans un rythme effréné.
BOUM ! BOUM !
A gauche, une branche craqua et pendant de longues secondes. Edgar retint son souffle. Il scruta la pénombre du mieux que ces yeux le lui permettaient. Mais la forêt garda le mystère de ce son pour elle. Le fuyard continua de braquer son regard dans le noir pour tenter de percer tant sa peur que le rideau noir. Peu à peu, il arriva à se dessiner une carte mentale de l’endroit où ils s’étaient retrouvés. Son cœur continuer de battre en une percussion violente.
BOUM ! BOUM !
D’immenses arbres aux feuilles parées des dorures de l’automne lui faisaient face. Une dizaine de mètres sur la gauche une fourmilière émerger du sol, derrière lui, son père soupirait de long râles de souffrance que l’enfant tentait tant bien que mal d’ignorer. Son frère semblait lui s’être recroquevillé et ravalait ses larmes en chuchotant son mot talisman. La voix de son frère se superposé à la pulsation de l’angoisse de Edgar.
Patapaf… BOUM ! BOUM !
Patapaf… BOUM ! BOUM !
Patapaf… BOUM ! BOUM !
Soudain, l’apprenti héros sursauta. Il y avait eu un mouvement dans une cime pas loin. Il l’avait perçu du coin de l’œil. Un oiseau partait à tire d’aile en croassant avec une force désespéré. Une goutte de sueur perla entre les omoplates d’Edgar.
BOUM ! BOUM !
Il y avait d’un coup un silence absolu sur les lieux. Edgar n’entendait plus ni son frère ni son père. Le vent avait disparu et les feuilles ne bruissaient plus de leur chant funeste. La goutte coulait lentement le long de son dos. Son cœur battait si fort qu’il semblait avoir l’impression qu’il allait exploser.
BOUM ! BOUM !
L’instinct d’Edgar lui murmurait de ne pas tourner la tête. Il ferma les yeux. Quelque chose dans l’air lui murmurait qu’il avait quelqu’un derrière lui. Il avait peur, si peur qu’il pensait pouvoir à tout moment fondre en larmes et demander pouce. Mais ce n’était pas un jeu, il le savait, il n’y aurait pas de pause possible. Des tréfonds de son âme, une lueur illumina son être. La bravoure lui rappela l’être qu’il voulait être. Les mots qu’il avait prononcés sans en avoir conscience émergèrent à nouveau. Son cœur se calma, il clamait d’un coup le courage du jeune garçon dans chaque battement.
BOUM ! BOUM !
Il murmura à nouveau la formule. Mais il l’a modifia comme il aurait su modeler un château de sable. La présence était toujours dans son dos, patiente et sournoise, profitant avec une joie perverse de la panique qu’il avait sentie chez sa proie. Sans ouvrir les yeux, Edgar se tourna. Alors que la dernière syllabe franchissait à nouveau ses lèvres, il leva ses paupières. Archimède lui faisait face, un sourire vicieux balafrait sa tête monstrueuse.
_ Bouh, murmura-t-il, soucieux de ménager son entrée.
Le cœur de Edgard loupa un battement, la peur devint douleur dans sa poitrine alors que ses organes se ressaisissait. Mais un sourire illumina en réponse le visage du garçon alors qu’il voyait qu’il avait réussi son coup. Son frère et son père avait été envoyé au loin grâce à sa magie. La bravoure du garçon avait permis la sécurité de ceux qui comptait pour lui avait la sienne. Heureux de sa réussite, il répondit alors.
_ Tu es vraiment laid. C’est pour ça que tu es méchant ?
Archimède feula devant l’insulte. Edgar pu ainsi le dévisager longuement. C’était un hibou qui semblait vouloir prendre forme humaine. Ses membres étaient trop long, déformés dans une extension grotesque et difforme qui donnait à son interlocuteur un avant-goût d’apocalypse.
Edgar leva les yeux. L’armée de son ennemi avait pris position sur les branches des arbres proches. Des charognards de toutes sortes dardaient sur lui des yeux ou le respect se mêlait à la haine. Là, des corbeaux le toisaient, ici, quelques serpents s’étaient suspendus, dans un recoin, il semblait à l’enfant que des araignées tissaient leurs toiles. D’un buisons, des yeux luisant trahissait la présence d’un loup avide de viande d’enfant. Ignorant son corps qui voulait disparaitre, pleurer et demander pitié, Edgar reporta son attention sur Archimède. La chimère retroussa ses babines pour dévoiler une dentition pourrit dont la puanteur fit vaciller le garçon.
_ Tu vas mourir petit. Tu as défié le monstre qu’il ne fallait pas.
_ Mourir c’est le truc que font les vieilles personnes quand elles arrêtent de bouger dans leur fauteuil ? Répondit Edgar en se souvenant du drôle de départ qu’avait fait son grand-père.
_ Mourir c’est douloureux et terrible ! Siffla Archimède. Ça va être ta peau qui sera déchiqueté par les serres de mon armée. Ton sang qui sera brûlant du poison qui nagera dans tes veines. Tu vas périr ! Occis sous la vague de mon armée. Un dernier mot petit d’homme ?
Edgar eut un temps d’arrêt devant la violence de son interlocuteur. Il comprit lentement ce que son interlocuteur lui disait. Et ça ne lui plaisait pas. A vrai dire, Edgar n’aimait pas avoir mal, comme tous les garçons, il lui arriver de se battre, mais il n’apprécier pas prendre des coups, même les bisous magique de sa maman n’arrivaient pas à faire disparaitre la douleur. Et puis, au-delà de la souffrance qui lui était promis, une notion de héros s’inscrivit en lettre de feu dans son esprit.
_ Mais alors… tu es un lâche si tu ne veux pas m’affronter toi-même.
Archimède souleva ce qui devait être un sourcil devant le défi de son adversaire.
_ Tu veux un combat loyal. Très bien… aucun de mes soldats ne se mêlera à notre affrontement. Ça ne change rien… tu es déjà mort !
Edgar sauta sur ses jambes et s’élança dans une course folle. Il lui fallait une idée et l’assurance de n’avoir qu’un ennemi et non mille avait eu au moins la faveur de lui libéré une partie de son esprit. Dans son départ, l’enfant ramassa une poignée de terre qu’il jeta dans les yeux immense d’Archimède. La poussière aveugla le hibou-garou qui jura et se débattit face à la douleur.
Edgar courrait, il fendit rapidement le cordon des troupes qu’Archimède avait pacifié. Il s’enfonça dans les sous-bois. Ses jambes fonctionnaient sans que son cerveau ne les commande. Elles sautaient ruisseaux et racines sans hésiter. Pour le moment, Edgar n’envisageait que deux solutions. Il devait soit vaincre le hibou-garou… ou il devait courir jusqu’au matin, quand le soleil chasserait le roi de la nuit de son royaume.
Il se baissa pour éviter une branche, derrière lui, il aperçut Archimède qui fendait l’air pour le rattraper, les yeux rougis de la terre qu’il lui avait lancé. L’enfant redoubla de vitesse. La peur lui servait d’endurance. Il tendit un arbuste pour le relâcher derrière lui, dans l’espoir de retarder son ennemi. Sans succès.
Des lettres de feu germèrent encore dans sa tête. Un mot simple qu’il cria, la peur faisant vibrer sa voix. « PATAPAF ». Le mot talisman de son frère le fit sauter d’une trentaine de mètres sur sa gauche. Avec un sourire goguenard, Edgar défia le hibou-garou.
_ Hey le moche. Je suis ici !
Archimède frémit de colère. Pendant qu’Edgar bondit vers les abysses des bois. Elle est où la suite de la phrase ? Ils coururent ainsi pendant plus de deux heures. Archimède était infatigable et Edgar compensait l’effort par la magie de son frère. Arbre après arbre, il tenta de semer son poursuivant, mais nul piège, nulle racine ne ralentissait le monstre. Peu à peu, le garçon sentait la fatigue le gagner. Murmurer le mot était de plus en plus difficile.
Il s’effondra dans une clairière. L’apprenti héros était à bout de force. Epuisé d’une course-poursuite trop longue. Son cœur avait cessé de suivre un rythme normal depuis au moins deux éternités. Il se traina jusqu’à un chêne immense où il s’adossa, le pouce vainement levé pour réclamer une pause dans la réalité.
Archimède atterrit à son tour. Un sourire victorieux et horrible traversait son bec. Il se rapprocha du futur vaincu de sa démarche chaloupé. Son armée le rejoignit dans un ouragan de plume. La lune fut caché par la nué d’oiseau sous ses ordres. L’air fut saturé des sons que chacun de ses soldats émettaient pour chanter la victoire. Pendant un instant devant le fracas de ces bruits, Edgar crut devenir sourd.
Archimède le regarda avec satisfaction. Il leva l’aile pour faire signe à quelqu’un derrière lui. L’apprenti héros vit les loups arriver avec une charge sur le dos. Archimède lui expliqua devant son regard interrogateur.
_ On a retrouvé ta famille. J’ai pensé que ça te ferait plaisir de mourir avec ceux qui tiennent dans ton cœur.
Les animaux déposèrent Hector et Pâris sans douceur à côté de lui. La transformation de son père semblait avoir empiré. Hector s’était en effet mis à quatre pattes pour cracher des boules de plumes. Archimède le dévisagea, pensif.
_ C’est les lavandières qui lui ont fait ça… Il devait devenir chouette pour que je devienne humain. Il aurait était un humain-garou et moi un hibou-garou. Mais je n’aime pas vraiment ne pas être l’unique exemplaire extraordinaire de leur magie. Alors, je vous aie charmé pour que vous veniez ici. Merci de m’avoir diverti, acheva le Hibou-garou avec humour.
Archimède leva l’aile, toutes serres dressées pour trancher la gorge de ses proies. Edgar ferma les yeux, attendant le coup de grâce. La mort, c’était juste un voyage on lui avait expliqué lors du départ de son grand-père. Un voyage qu’on devait tous faire, mais le plus tard possible. Il se crispa, il espérait ne pas avoir trop mal. Il sentit la main de son frère saisir la sienne. Plus pour rassurer son frère que pour combattre encore, il murmura avec lui son mot talisman.
_ Patapaf !
Pour la dernière fois, Edgar déglutit, il tenta de profiter de ses dernières fois. Le vent sur son visage, le chant de la forêt, la froide chaleur de la lune… Et la lumière d’un coup phénoménal qui l’aveuglait même à travers ses paupières fermés. Levant une main en visière, il ouvrit les yeux. L’apparition était à nouveau là. Elle retenait l’aile d’Archimède fermement. D’une torsion du poignet elle le rejeta au loin dans la clairière. Et dans le geste, Edgar la reconnu. C’était sa mère qui était apparu ! Son visage était déformé par la colère. Et aussi étrange que cela puisse paraitre, le garçon ne s’était jamais senti autant aimé. A côté de lui, son père, regardait également interdit la femme qui venait de les sauver.
_ Mathilde ? Bégaya-t-il.
_ Ca va aller leur répondit-elle… Edgar… tu as été très courageux. Je suis très fière de toi !
Mathilde leva les mains vers le ciel. Elles semblèrent devenir torche, ses pieds s’enracinèrent littéralement dans le sol tandis qu’un dôme d’une lumière violacée recouvrit Edgar et sa famille. Sa maman hurla alors tant à la forêt qu’au monde.
_ Lavandière ! Vous avez défié la famille d’une sorcière une nuit de Sabbat ! Avez confié à un de vos sous-fifres l’exécution de l’amour de ma vie. Venez affronter ma juste colère !
Quelques femmes apparurent au milieu de l’armée ennemie. Archimède à sa tête, une froide résolution sanguinaire sur le visage, ils attaquèrent tous ensemble. Mètre après mètre, Edgar sentait le sol tremblait sous la charge des monstre et des dieux. Il avait peur, plus qu’il n’avait eu peur pendant son affrontement avec Archimède. Il avait peur pour sa mère. Elle était seule, ils étaient milles ! Il avait peur pour son père qui était peut-être condamné à rester chouette pour la vie. Soudain, le monde sembla se fracturer. Le ciel se fendit pour dévoiler un vide infini. L’aiguille qu’il voyait sur la montre de son frère faisait des allers-retours entre deux secondes. Le temps était englué. Edgar regarda autour de lui. Son frère étaient endormi. Son père avait perdu ces plumes, son corps avait retrouvé une taille normale. Et Edgar comprit ce que sa mère avait fait. Elle avait emprisonné leurs ennemis dans une clairière qui ne connaitrait plus jamais une autre nuit, une autre seconde que celle-ci. Mais eux aussi en étaient prisonniers. Il croisa le regard de sa mère, infiniment fière de la bravoure de son fils. Et il vit qu’elle attendait après lui pour achever le sortilège. La tête d’Edgar se remémorait la nuit faite de peur, de magie, de course, de monstre et de sa réussite. Il enveloppa sa famille du regard le plus aimant qu’il ait jamais eut, Pâris lui semblait un héros beaucoup plus immense maintenant. Alors l’apprenti héros hurla : « PATAPAF » ! Et lui, son frère, son papa et sa maman disparurent de la clairière, laissant la colère d’Archimède, de son armée et des lavandières s’exprimer pour l’éternité dans l’interstice entre ces deux secondes.

C'est génial, c'est tout ce que j'ai à dire. La nouvelle rentre totalement dans le thème du concours. Tu vas le gagner.

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MessageSujet: Re: Hibou Garou   Mer 23 Déc - 10:55

C'est trop bieeeeen :huh:

Bah voilà, finalement c'est bien comme ça, avec l'arrivée de la mère à la fin et le fait que patapaf sauve la famille. Et quand tu parles du temps suspendu dans la clairière, c'est trop coool Wiii
Bon après, il y a encore des phrases longues avec plusieurs subordonnées peut-être un peu complexes, et des mots galères aussi pour des enfants. Mais bon, ça donnera une excuse aux parents pour passer plus de temps à lire l'histoire :huh:

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Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

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MessageSujet: Re: Hibou Garou   Mer 23 Déc - 14:43

Merci vous deux, je corrige et envoie le tout en soirée
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MessageSujet: Re: Hibou Garou   

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Hibou Garou
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