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 Une histoire de madeleines

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Dan Vetta

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MessageSujet: Une histoire de madeleines   Mer 25 Nov - 23:57

Assise sur son fauteuil à bascule, elle semblait être une partie du décor de sa demeure. Lorsqu’elle s’asseyait ici, le temps ralentissait, jusqu’à ne devenir qu’un simple détail, une infime préoccupation de son esprit. La flamme chatoyante de sa cheminée semblait échanger avec elle, et sa danse saccadée réchauffait l’air et le coeur d’Alice.
Tenant son fil précautionneusement, elle s’attardait à fignoler quelques détails pour que le pull-over qu’elle tricotait amoureusement depuis des mois soit parfait. Le silence dans la pièce était tel que les meubles, témoins du passé, semblaient l’observer, admirer la méticulosité avec laquelle Alice confectionnait son oeuvre.
A la manière d’un artiste, chaque geste était calculé, chaque mouvement devait être parfait.

Toc, toc, toc.

Trois coups. Le code secret, le mot de passe. Alice pouvait savoir, rien qu’en entendant les bruits de la porte, qui allait en franchir le pas. Et elle savait que c’était lui. Son préféré, son adoré, celui qu’elle chérissait au-delà du possible. Trois fois encore, la massive porte en chêne fut heurtée par une légère pression de la main. Et puis Alice, ayant savouré cet instant, durant lequel elle savait qui se tenait derrière la porte sans le voir, certainement l’un des meilleurs de sa journée, lança dans les air avec une voix tendre : - « Entre, Hugo, entre. ».
Le verrou de la poignée s’ouvrit dans un bruit familier, suivi des souffles d’une respirations entrecoupée d’halètements, signe singulier d’un pas précipité pour arriver à destination. Lorsque le claquement de la porte fut entendu, il ne s’écoula pas même quelques centièmes de secondes avant que l’on ne puisse entendre un cri du coeur, poussé par une voix cristalline : - « Mamiiiiiiiiie ! »

Spectateurs, les murs de la maison furent témoins de l’étreinte de deux générations, liées par l’amour d’une famille.

Comme à chaque début de vacances scolaires, Hugo allait rendre visite à Alice, sa grand-mère. C’était pour chacun des deux un moment particulier, privilégié. Hugo voyait celle qu’il appelait « Mamie » comme la plus respectable des grandes personnes.
Calme, posée, silencieuse lorsqu’il le fallait, Alice en imposait de par son assurance et sa sagesse apparente. Elle impressionnait Hugo, cette grande personne qui semblait avoir tout vécu. Les rides de son visage semblaient être autant de lignes, ou l’on pouvait lire tous les rires de sa vie, au coin des yeux et des lèvres. Alice avait toujours le mot pour parler, et une histoire à raconter à son petit-fils, qu’elle aimait par-dessus tout.
Et c’est également pour cela qu’Hugo l’aimait tant. C’est au travers de ses mots qu’il pouvait voyager, s’évader vers d’autres lieux et d’autres temps. Il avait rapidement appris le pouvoir des mots, grâce à la manière dont s’en servait sa mamie.
Il avait également appris le pouvoir du goût, car jamais sa grand-mère ne lui racontait d’histoires sans lui amener les délicieuses madeleines dont elle seule avait le secret.
Petit garçon blond, tout juste au milieu de son cycle de primaire, Hugo savait qu’il avait de la chance d’avoir une mamie comme celle-ci.
Vint alors l’éternelle phrase qu’Hugo prononçait lorsqu’il entamait sa madeleine: « Mamie, raconte moi une histoire ! ».

Pourtant, ce jour-là, Mamie n’avait pas envie.
Après des années passées à raconter des histoires, elle voulait l’entendre lui, ce jeune garçon haut comme trois pommes, raconter sa vie, ses histoires.
« Non Hugo. Aujourd’hui, c’est à toi de me parler un peu de tes histoires »
Disant cela, elle lui essuya tendrement le coin de la bouche, ou de fines miettes avaient décidé d‘élire refuge.

« Et bien, ce matin, pour le denier jour d’école, j’ai du mettre un coup de poing à un garçon dans la cour.
- Ah bon ? Et pourquoi mon chéri ?
- Il a insulté mon amoureuse…
- Jeune homme, ne t’ai-je donc pas appris que les poings de résolvent rien ?
- Si mais mamie…
- Il n’y a pas de mais qui tienne !
»
Hugo fut alors angoissé. Jamais il n’avait vu sa grand-mère s’énerver ou hausser la voix. Elle qui lui semblait si calme et posée devenait tout à coup terrifiante. Son visage, au travers de son regard d’enfant, était devenu un amas de colère, et ses lunettes faisaient de ses yeux de véritables harpons.

Ce fut pourtant avec le plus grand calme qu’Alice répondit.
« Regarde cette flamme, Hugo. » dit-elle, pointant son doigt vers l’ondulation dorée qui craquelait le bois dans la cheminée.
« Que penses tu qu’il arriverait si cette flamme s’attaquait aux rideaux ?
- Ils bruleraient Mamie…
- Et crois tu que seuls les rideaux bruleraient si rien ne stoppait le feu ?
- Non, la maison aussi pourrait bruler…
- Et qu’en resterait-il, de cette belle maison ?
» dit-elle, d’un ton accusateur.
« - Rien du tout, mamie. Mais pourquoi me parler du feu ? Je n’ai rien brulé !
-Non mon ange. Mais ce que tu as ressenti lorsque tu as frappé ce garçon, c’est pire que le feu. C’est la haine, la violence. Car si tu commences dès aujourd’hui à entretenir une flamme incandescente dans ton coeur, jamais elle ne s’éteindra. Le feu se répandra en toi, et tu ne pourras jamais plus répondre par un autre moyen que ce feu. Est-ce que c’est ce que tu veux ?
- Non mais, qu’est-ce que je devais faire alors ?
- Tu as une langue mon chéri. Elle n’est pas faite uniquement pour la tirer à tes parents tu sais.
»

Cette mamie, elle avait toujours tout su.

Les mots, et leur pouvoir, sont une solution bien meilleure que celle des poings, et bien plus belle. Car avec la flamme qu’Hugo avait développé pour frapper son camarade, il l’avait enflammé. Et désormais, il était animé par ce feu à son tour.
« Cette flamme se répand incroyablement vite et consume tout sur son passage. Avec des mots, tu aurais pu apaiser les choses, calmer ton ami au lieu de frapper, et
c’est à force d’utiliser le feu qu’on fait la guerre, et que les gens meurent sous les coups. Parce que cette flamme s’est propagée dans les coeur des gens.
», continua Alice, tout en étreignant son petit-fils.
« Et tu sais mon chéri, ce n’est pas avec les poings qu’on devient un homme. Ce n’est pas le cran qui fait qu’un enfant devient un grand. C’est plutôt la manière avec
laquelle il contrôle sa flamme intérieure.
», poursuivit-elle.

Elle lui expliqua longuement que c’est les mots qui le feraient devenir un adulte, car la violence n’est finalement que l’acte irréfléchi de l’enfant qui est en nous.
Soudain, tout parut clair à Hugo. Il avait compris.
Et il avait pris conscience de ce que sa grand-mère disait.
A ce moment là, il voulut embrasser son amoureuse, pour lui montrer qu’il n’était pas un feu ravageur. Il aurait voulu parler à celui qu’il avait frappé, pour jouer avec lui, et redevenir copain.
Hugo voulait dire aux gens dans la rue de ne pas tirer la langue à leur parents.

Et surtout, surtout, Hugo, à ce moment là, aurait voulu verser un sceau d’eau sur le monde entier;

pour éteindre sa flamme, et soigner ses brûlures.

------------------------------------------------------------------------------------------------
:#jesuisunchat:

"La musique, c'est du bruit qui pense" - Victor Hugo

Eh ouais Invité, tu fais tellement de fautes que j'ai dû passer CdF ! :p
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MessageSujet: Re: Une histoire de madeleines   Jeu 26 Nov - 19:04

Lulu :la:

De manière globale : Gaaah, c'est trop bien. //SBAFF

Style maîtrisé (parfois un peu complexe, notamment dans la structure de certaines phrases, comme ici :
Citation :
suivi des souffles d’une respirations entrecoupée d’halètements, signe singulier d’un pas précipité pour arriver à destination.
Genre il m'a fallu relire le "des souffles d'une respiration (au fait, sans -s :-p) entrecoupée d'halètements" pour bien comprendre... Le problème, je pense que ce sont les "d' de d''" qui hachent beaucoup la lecture... Mais remarque, du coup la forme est en adéquation avec le fond (les halètements, toussa) donc bon u_u"

Sinon il y a des phrases superbes :

Citation :
Spectateurs, les murs de la maison furent témoins de l’étreinte de deux générations, liées par l’amour d’une famille.
avec la personnification des murs qui te permet de prendre du recul sur les persos pour replacer le contexte par la suite

ou encore le tout premier paragraphe, qui est génial aussi. Et n'oublions pas la fin (le "sceau" est voulu ? :-p c'est plutôt un *seau d'eau, non ?) qui dégage la morale de l'histoire et conclut une très jolie scène avec de super métaphores.

Brefouille, j'aime beaucoup :corn2:

------------------------------------------------------------------------------------------------
Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

→ Venez fouiller dans mes écrits... Y'en a pour tous les goûts ! :corn2:

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VaeVictis

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MessageSujet: Re: Une histoire de madeleines   Jeu 26 Nov - 22:39

J'ai beaucoup aimé ! L'analogie de la flamme m'a bien plue, je dois dire.
Seul petit truc m'ayant fait tilté : "élire refuge". Ce n'est pas conventionnel comme expression, je trouve que cela tourne bizarrement en bouche. Mais pourquoi pas, après tout !
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Dan Vetta

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MessageSujet: Re: Une histoire de madeleines   Ven 27 Nov - 0:05

Cornedor a écrit:

Genre il m'a fallu relire le "des souffles d'une respiration (au fait, sans -s :-p) entrecoupée d'halètements" pour bien comprendre... Le problème, je pense que ce sont les "d' de d''" qui hachent beaucoup la lecture... Mais remarque, du coup la forme est en adéquation avec le fond (les halètements, toussa) donc bon u_u"

Ben t'as justement tilté l'objectif : faire une phrase saccadée pour exprimer la situation, le lecteur voit sa lecture hachurée, et a du mal à arriver au bout de sa phrase...
Du coup si tu le soulèves comme négatif c'est qu'il faut que je retravaille le style, ça doit pas être si clair que ça !

Merci pour la correction à "respirationS" j'avais pas vu :D

Citation :
Sinon il y a des phrases superbes :
Citation :
Spectateurs, les murs de la maison furent témoins de l’étreinte de deux générations, liées par l’amour d’une famille.
avec la personnification des murs qui te permet de prendre du recul sur les persos pour replacer le contexte par la suite
Merci  Embarassed

Citation :
(le "sceau" est voulu ? :-p c'est plutôt un *seau d'eau, non ?)


Encore une fois, j'ai voulu faire un jeu de mot entre le seau d'eau, et le sceau qui scelle l'histoire et la morale :D Tu penses que c'est mal venu ?

VaeVictis a écrit:
Seul petit truc m'ayant fait tilté : "élire refuge". Ce n'est pas conventionnel comme expression, je trouve que cela tourne bizarrement en bouche.

J'avais jamais vraiment fait attention, en effet du coup ça me paraît bizarre... Une idée pour conserver l'idée tout en altérant la forme ?


Merci à vous deux quoi qu'il en soit ! :)

------------------------------------------------------------------------------------------------
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MessageSujet: Re: Une histoire de madeleines   Ven 27 Nov - 2:22

Eh bien... Il y a élire domicile ^^
Sinon tu pourrais juste mettre "Disant cela, elle lui essuya tendrement le coin de la bouche, ou de fines miettes avaient décidé de se réfugier, ou encore "...ou de fines miettes avaient pris refuge". Cette dernière forme me semble être la plus proche de ce que tu désirais exprimer.

Pardonnez moi je ne trouve pas le u accentué sur ce clavier
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gothica

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MessageSujet: Re: Une histoire de madeleines   Ven 27 Nov - 17:25

J'ai beaucoup aimé ton texte, on rentre avec une énorme facilité dans le récit et on comprend facilité le déroulement de l'histoire.
Mais ce qui m'a le plus plu c'est la métaphore avec la flamme, je trouve que c'était une très bonne idée pour exprimer le sujet.
C'est un magnifique texte, bravo

------------------------------------------------------------------------------------------------
"La parole est d'argent et le silence est d'or"
J'en ai fait ma devise personnelle.
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MessageSujet: Re: Une histoire de madeleines   Ven 27 Nov - 23:31

Re :corn2:

"élire refuge" ne me dérange pas, personnellement, je trouve que ça convient plutôt bien à ce que tu veux exprimer, et ça ne m'a pas choquée à la lecture ^^


Citation :

Ben t'as justement tilté l'objectif : faire une phrase saccadée pour exprimer la situation, le lecteur voit sa lecture hachurée, et a du mal à arriver au bout de sa phrase...
Du coup si tu le soulèves comme négatif c'est qu'il faut que je retravaille le style, ça doit pas être si clair que ça !
Oookay. T'inquiète, j'ai relevé ça parce que je saute direct sur les trucs qui m'interpellent, mais justement si tu as autant travaillé sur la forme, garde-le, ce serait dommage de le mettre à la poubelle ! Bravo, tu exprimes parfaitement ce que tu voulais ! :-p


Citation :

Encore une fois, j'ai voulu faire un jeu de mot entre le seau d'eau, et le sceau qui scelle l'histoire et la morale Very Happy Tu penses que c'est mal venu ?
Aaaah c'est ce que je me disais :-p Non, laisse, c'est cool, et ça interpelle le lecteur au moins//SBAFF

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MessageSujet: Re: Une histoire de madeleines   Sam 28 Nov - 0:02

Coucou!
Sans aucune originalité, je vais dire que j'ai beaucoup aimé ton texte. On s'attend pas vraiment à la chute, et je le trouve assez original.

------------------------------------------------------------------------------------------------
Petit, petit, petit ! Vient voir Tonton O fou


tonimage
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MessageSujet: Re: Une histoire de madeleines   Sam 28 Nov - 0:12

Yop bro
je t'ai déjà expliquer comment je fonctionne, mais je tiens une nouvelle fois à préciser que je n'exprime que mon avis de lecteur, ma sensibilité et mon ressenti.
Déjà, bravo pour la mise en forme, t'as une patience que j'ai jamais eu à tout modifier.^^
Et du coup, je vais le préciser maintenant, (une habitude à prendre) tout ce que je n'annote pas est bien!

Dan Vetta a écrit:
Assise sur son fauteuil à bascule, elle semblait être une partie du décor de sa demeure. Lorsqu’elle s’asseyait ici, le temps ralentissait, jusqu’à ne devenir qu’un simple détail, une infime préoccupation de son esprit. La flamme chatoyante de sa cheminée semblait échanger avec elle, pas de virgule avant un et^^. De sur, pas ici en tout cas, c'est pas une inciseet sa danse saccadée réchauffait l’air et le coeur d’Alice.
Tenant son fil précautionneusement, elle s’attardait à fignoler quelques détails pour que le pull-over qu’elle tricotait amoureusement depuis des mois soit parfait. Le silence dans la pièce était tel que les meubles, témoins du passé, semblaient l’observer, admirer la méticulosité avec laquelle Alice confectionnait son oeuvre.
A la manière d’un artiste, chaque geste était calculé, chaque mouvement devait être parfait.C'est dommage, ça manque d'un rythme ternaire

Toc, toc, toc.

Trois coups. Le code secret, le mot de passeDeux phrases nons verbal à la suite, quitte à faire une entorse à la langue, tu peux les relier en une seule phrase^^. Alice pouvait savoir, rien qu’en entendant les bruits de la porte, qui allait en franchir le pas. Et elle savait que c’était lui. Son préféré, son adoré, celui qu’elle chérissait au-delà du possible. Trois fois encore, la massive porte en chêne fut heurtée par une légère pression de la main. Et puis Alice, ayant savouré cet instant, durant lequel elle savait qui se tenait derrière la porte sans le voir, certainement l’un des meilleurs de sa journée, lança dans les air avec une voix tendre : - « Entre, Hugo, entre. ».
Le verrou de la poignée s’ouvrit dans un bruit familier, suivi des souffles d’une respirationssingulier non? entrecoupée d’halètements, signe singulier d’un pas précipité pour arriver à destination. Lorsque le claquement de la porte fut entendu, il ne s’écoula pas même quelques centièmes de secondes avant que l’on ne puisse entendre un cri du coeur, poussé par une voix cristalline : - « Mamiiiiiiiiie ! »

SpectateursJ'adore la phrase, mais j'aurais mis spectateurs après témoins, ça nuit moins à la lecture je trouve. J'arrive pas à comprendre pourquoi par contre, donc mettons ça sur le coup de l'instinct, les murs de la maison furent témoins de l’étreinte de deux générations, liées par l’amour d’une famille.

Comme à chaque début de vacances scolaires, Hugo allait rendre visite à Alice, sa grand-mère. C’était pour chacun des deux un moment particulier, privilégié. Hugo voyait celle qu’il appelait « Mamie » comme la plus respectable des grandes personnes.
Calme, posée, silencieuse lorsqu’il le fallait, Alice en imposait de par son assurance et sa sagesse apparente. Elle impressionnait Hugo, cette grande personneTu l'a dit deux ligne au dessus déjà. qui semblait avoir tout vécu. Les rides de son visage semblaient être autant de lignes, ou où ? non? l’on pouvait lire tous les rires de sa vie, au coin des yeux et des lèvres. Alice avait toujours le mot pour parler, pas de virgule iciet une histoire à raconter à son petit-fils, qu’elle aimait par-dessus tout.
Et c’est également pour cela qu’Hugo l’aimait tant. C’est au travers de sesces ? non mots qu’il pouvait voyager, s’évader vers d’autres lieux et d’autres temps. Il avait rapidement appris le pouvoir des mots, grâce à la manière dont s’en servait sa mamie.
Il avait également appris le pouvoir du goût, car jamais sa grand-mère ne lui racontait d’histoires sans lui amener les délicieuses madeleines dont elle seule avait le secret. C'EST TROP MIGNOOOOOOOOOOON
Petit garçon blond, tout juste au milieu de son cycle de primaire, Hugo savait qu’il avait de la chance d’avoir une mamie comme celle-ci.
Vint alors l’éternelle phrase qu’Hugo prononçait lorsqu’il entamait sa madeleine: « Mamie, raconte moi une histoire ! ».

Pourtant, ce jour-là, Mamie n’avait pas envie.
Après des années passées à raconter des histoires, elle voulait l’entendre lui, ce jeune garçon haut comme trois pommes, raconter sa vie, ses histoires.deux fois histoire dans la phrae. Récit?
« Non Hugo. Aujourd’hui, c’est à toi de me parler un peu de tes histoires »
Disant cela, elle lui essuya tendrement le coin de la bouche, ouoù non? de fines miettes avaient décidé d‘élire refuge.vis à vis du débat en amont, moi j'ai touvé ça classe

« Et bien, ce matin, pour le denier jour d’école, j’ai du mettre un coup de poing à un garçon dans la cour.
- Ah bon ? Et pourquoi mon chéri ?
- Il a insulté mon amoureuse…
- Jeune homme, ne t’ai-je donc pas appris que les poings coups plutot, poingt usité au dessous et moins efficace je trouve de résolvent rien ?
- Si mais mamie…
- Il n’y a pas de mais qui tienne !
»
Hugo fut alors angoissé c'est pas le mot le plus approprié, une angoisse c'est latent et sournois, là c'est lus de l'inquiétude, voir de l'effroi / honte. Jamais il n’avait vu sa grand-mère s’énerver ou hausser la voix. Elle qui lui semblait si calme et posée devenait tout à coup terrifiante. Son visage, au travers de son regard d’enfant, était devenu un amas de colère, pas de virguleet ses lunettes faisaient de ses yeux de véritables harpons.

Ce fut pourtant avec le plus grand calme qu’Alice répondit.
« Regarde cette flamme, Hugo. » dit-elle, pointant son doigt vers l’ondulation dorée qui craquelait le bois dans la cheminée.
« Que penses tu qu’il arriverait si cette flamme s’attaquait aux rideaux ?
- Ils bruleraient Mamie…
- Et crois tu que seuls les rideaux bruleraient si rien ne stoppait le feu ?
- Non, la maison aussi pourrait bruler…
- Et qu’en resterait-il, de cette belle maison ?
» dit-elle, d’un ton accusateur.
« - Rien du tout, mamie. Mais pourquoi me parler du feu ? Je n’ai rien brulé !
-Non mon ange. Mais ce que tu as ressenti lorsque tu as frappé ce garçon, c’est pire que le feu. C’est la haine, la violence. Car si tu commences dès aujourd’hui à entretenir une flamme incandescente dans ton coeur, jamais elle ne s’éteindra. Le feu se répandra en toi, et tu ne pourras jamais plus répondre par un autre moyen que ce feu. Est-ce que c’est ce que tu veux ?
- Non mais, qu’est-ce que je devais faire alors ?
- Tu as une langue mon chéri. Elle n’est pas faite uniquement pour la tirer à tes parents tu sais.
» :rire:

Cette mamie, elle avait toujours tout su.

Les mots, et leur pouvoir, sontproblème de concordance des temps une solution bien meilleure que celle des poings, et bien plus belle. Car avec la flamme qu’Hugo avait développé pour frapper son camarade, il l’avait enflammé. Et désormais, il était animé par ce feurépétition de feu à son tour.
« Cette flamme se répand incroyablement vite et consume tout sur son passage. Avec des mots, tu aurais pu apaiser les choses, calmer ton ami au lieu de frapper, et
c’est à force d’utiliser le feu qu’on fait la guerre, et que les gens meurent sous les coups. Parce que cette flamme s’est propagée dans les coeur des gens.
», continua Alice, tout en étreignant son petit-fils.
« Et tu sais mon chéri, ce n’est pas avec les poings qu’on devient un homme. Ce n’est pas le cran qui fait qu’un enfant devient un grand. C’est plutôt la manière avec
laquelle il contrôle sa flamme intérieure.
», poursuivit-elle.

Elle lui expliqua longuement que c’est les mots qui le feraient devenir un adulte, car la violence n’est finalement que l’acte irréfléchi de l’enfant qui est en nous.
Soudain, tout parut clair à Hugo. Il avait compris.
Et il avait pris conscience de ce que sa grand-mère disait.
A ce moment là, il voulut embrasser son amoureuse, pour lui montrer qu’il n’était pas un feu ravageur. Il aurait voulu parler à celui qu’il avait frappé, pour jouer avec lui, et redevenir copain.
Hugo voulait dire aux gens dans la rue de ne pas tirer la langue à leur parents.

Et surtout, surtout, Hugo, à ce moment là, aurait voulu verser un sceau d’eau sur le monde entier;

pour éteindre sa flamme, et soigner ses brûlures.

C'est une très joli histoire. Mais ça parle pas assez de madelaine! MENTEUR T.T
J'ai beaucoup aimé lire, c'était vraiment mignon, il y a peu de problème de style et j'ai été attendri à plusieurs reprises. Bravo à toi :)
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Silenuse

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MessageSujet: Re: Une histoire de madeleines   Sam 28 Nov - 0:20

Paf ! Je commente avec de la couleur et j'étudie surtout la forme, allons-y !

Dan Vetta a écrit:
Assise sur son fauteuil à bascule, elle semblait être une partie "faire partie" est un poil plus élégant du décor de sa demeure. Lorsqu’elle s’asseyait ici, le temps ralentissait, jusqu’à ne devenir qu’un simple détail, une infime préoccupation de son esprit. La flamme chatoyante de sa cheminée semblait échanger avec elle, et sa danse saccadée réchauffait l’air et le coeur d’Alice.
Tenant son fil précautionneusement, elle s’attardait à fignoler quelques détails pour que le pull-over qu’elle tricotait amoureusement depuis des mois soit parfait. Le silence dans la pièce était tel que les meubles, témoins du passé, semblaient l’observer, un "et" plutôt qu'une virgule admirer la méticulosité avec laquelle Alice confectionnait son oeuvre.
A la manière d’un artiste, chaque geste était calculé, chaque mouvement devait être parfait.

Toc, toc, toc.

Trois coups. Le code secret, le mot de passe. Alice pouvait savoir, rien qu’en entendant les bruits de la porte, qui allait en franchir le pas. On franchit le seuil non ? Et elle savait que c’était lui. Son préféré, son adoré, celui qu’elle chérissait au-delà du possible. Trois fois encore, la massive porte en chêne fut heurtée par une légère pression de la main. Et puis Alice, ayant savouré cet instant, durant lequel elle savait qui se tenait derrière la porte sans le voir, certainement l’un des meilleurs de sa journée, lança dans les air avec une voix tendre : - « Entre, Hugo, entre. ».
Le verrou de la poignée s’ouvrit dans un bruit familier, suivi des souffles d’une respirations entrecoupée d’halètements, signe singulier d’un pas précipité pour arriver à destination. Lorsque le claquement de la porte fut entendu, il ne s’écoula pas même quelques centièmes de secondes avant que l’on ne puisse entendre un cri du coeur, poussé par une voix cristalline : - « Mamiiiiiiiiie ! »

Spectateurs, les murs de la maison furent témoins de l’étreinte de deux générations, liées par l’amour d’une famille.

Comme à chaque début de vacances scolaires, Hugo allait rendre visite à Alice, sa grand-mère. C’était pour chacun des deux un moment particulier, privilégié. Hugo voyait celle qu’il appelait « Mamie » comme la plus respectable des grandes personnes.
Calme, posée, silencieuse lorsqu’il le fallait, Alice en imposait de par son assurance et sa sagesse apparente. Elle impressionnait Hugo, cette grande personne qui semblait avoir tout vécu. Les rides de son visage semblaient être autant de lignes, ou l’on pouvait lire tous les rires de sa vie, au coin des yeux et des lèvres. Alice avait toujours le mot pour parler, et une histoire à raconter à son petit-fils, qu’elle aimait par-dessus tout.
Et c’est également pour cela qu’Hugo l’aimait tant. C’est au travers de ses mots qu’il pouvait voyager, s’évader vers d’autres lieux et d’autres temps. Il avait rapidement appris le pouvoir des mots, grâce à la manière dont s’en servait sa mamie.
Il avait également appris le pouvoir du goût, car jamais sa grand-mère ne lui racontait d’histoires sans lui amener les délicieuses madeleines dont elle seule avait le secret.
Petit garçon blond, tout juste au milieu de son cycle de primaire, Hugo savait qu’il avait de la chance d’avoir une mamie comme celle-ci.
Vint alors l’éternelle phrase qu’Hugo prononçait lorsqu’il entamait sa madeleine: « Mamie, raconte moi une histoire ! ».

Pourtant, ce jour-là, Mamie n’avait pas envie.
Après des années passées à raconter des histoires, elle voulait l’entendre lui, ce jeune garçon haut comme trois pommes, raconter sa vie, ses histoires.
« Non Hugo. Aujourd’hui, c’est à toi de me parler un peu de tes histoires »
En Disant cela, elle lui essuya tendrement le coin de la bouche, ou de fines miettes avaient décidé d‘élire refuge.

« Et bien, ce matin, pour le denier jour d’école, j’ai du mettre un coup de poing à un garçon dans la cour.
- Ah bon ? Et pourquoi mon chéri ?
- Il a insulté mon amoureuse…
- Jeune homme, ne t’ai-je donc pas appris que les poings de résolvent rien ?
- Si mais mamie…
- Il n’y a pas de mais qui tienne ! »
Hugo fut alors angoissé. Jamais il n’avait vu sa grand-mère s’énerver ou hausser la voix. Elle qui lui semblait si calme et posée devenait tout à coup terrifiante. Son visage, au travers de son regard d’enfant, était devenu un amas de colère, et ses lunettes faisaient de ses yeux de véritables harpons.

Ce fut pourtant avec le plus grand calme qu’Alice répondit.
« Regarde cette flamme, Hugo. » dit-elle, pointant son doigt vers l’ondulation dorée qui craquelait le bois dans la cheminée.
« Que penses tu qu’il arriverait si cette flamme s’attaquait aux rideaux ?
- Ils bruleraient Mamie…
- Et crois tu que seuls les rideaux bruleraient si rien ne stoppait le feu ?
- Non, la maison aussi pourrait bruler…
- Et qu’en resterait-il, de cette belle maison ? » dit-elle, d’un ton accusateur.
« - Rien du tout, mamie. Mais pourquoi me parler du feu ? Je n’ai rien brulé !
-Non mon ange. Mais ce que tu as ressenti lorsque tu as frappé ce garçon, c’est pire que le feu. C’est la haine, la violence. Car si tu commences dès aujourd’hui à entretenir une flamme incandescente dans ton coeur, jamais elle ne s’éteindra. Le feu se répandra en toi, et tu ne pourras jamais plus répondre par un autre moyen que ce feu. Est-ce que c’est ce que tu veux ?
- Non mais, qu’est-ce que je devais faire alors ?
- Tu as une langue mon chéri. Elle n’est pas faite uniquement pour la tirer à tes parents tu sais. »

Cette mamie, elle avait toujours tout su.

Les mots, et leur pouvoir, sont une solution bien meilleure que celle des poings, et bien plus belle. Car avec la flamme qu’Hugo avait développé pour frapper son camarade, il l’avait enflammé. Et désormais, il était animé par ce feu à son tour.
« Cette flamme se répand incroyablement vite et consume tout sur son passage. Avec des mots, tu aurais pu apaiser les choses, calmer ton ami au lieu de frapper, et
c’est à force d’utiliser le feu qu’on fait la guerre, et que les gens meurent sous les coups. Parce que cette flamme s’est propagée dans les coeur des gens. », continua Alice, tout en étreignant son petit-fils.
« Et tu sais mon chéri, ce n’est pas avec les poings qu’on devient un homme. Ce n’est pas le cran qui fait qu’un enfant devient un grand. C’est plutôt la manière avec
laquelle il contrôle sa flamme intérieure. », poursuivit-elle.

Elle lui expliqua longuement que c’est les mots qui le feraient devenir un adulte, car la violence n’est finalement que l’acte irréfléchi de l’enfant qui est en nous.
Soudain, tout parut clair à Hugo. Il avait compris.
Et il avait pris conscience de ce que sa grand-mère disait.
A ce moment là, il voulut embrasser son amoureuse, pour lui montrer qu’il n’était pas un feu ravageur. Il aurait voulu parler à celui qu’il avait frappé, pour jouer avec lui, et redevenir copain.
Hugo voulait dire aux gens dans la rue de ne pas tirer la langue à leur parents.

Et surtout, surtout, Hugo, à ce moment là, aurait voulu verser un sceau d’eau sur le monde entier;

pour éteindre sa flamme, et soigner ses brûlures. Je la trouve vraiment en trop cette phrase :/

Mis à part cette fin qui m'a un peu déçu, il y a peu, voire rien à dire sur un texte aussi maîtrisé, tant sur le fond que la forme : le style est riche mais assez sobre, sans aucune redondance ; le fond est riche également, mettant véritablement en scène cette tradition - au sens littéral, c'est à dire de transmition - entre les deux protagonistes. Non, voilà, j'ai beaucoup aimé.

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Ah oui, j'écris des trucs aussi
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MessageSujet: Re: Une histoire de madeleines   Sam 28 Nov - 2:38

Du coup je vais faire comme vous, à base de couleurs et tout t'as vu :coffe:

Ragne a écrit:
Yop bro
je t'ai déjà expliquer comment je fonctionne, mais je tiens une nouvelle fois à préciser que je n'exprime que mon avis de lecteur, ma sensibilité et mon ressenti.
Déjà, bravo pour la mise en forme, t'as une patience que j'ai jamais eu à tout modifier.^^
Et du coup, je vais le préciser maintenant, (une habitude à prendre) tout ce que je n'annote pas est bien!

Dan Vetta a écrit:
Assise sur son fauteuil à bascule, elle semblait être une partie du décor de sa demeure. Lorsqu’elle s’asseyait ici, le temps ralentissait, jusqu’à ne devenir qu’un simple détail, une infime préoccupation de son esprit. La flamme chatoyante de sa cheminée semblait échanger avec elle, pas de virgule avant un et^^. De sur, pas ici en tout cas, c'est pas une inciseet sa danse saccadée réchauffait l’air et le coeur d’Alice.
Tenant son fil précautionneusement, elle s’attardait à fignoler quelques détails pour que le pull-over qu’elle tricotait amoureusement depuis des mois soit parfait. Le silence dans la pièce était tel que les meubles, témoins du passé, semblaient l’observer, admirer la méticulosité avec laquelle Alice confectionnait son oeuvre.
A la manière d’un artiste, chaque geste était calculé, chaque mouvement devait être parfait.C'est dommage, ça manque d'un rythme ternaire

Toc, toc, toc.

Trois coups. Le code secret, le mot de passeDeux phrases nons verbal à la suite, quitte à faire une entorse à la langue, tu peux les relier en une seule phrase^^En fait, j'a voulu rappeler les trois coups en marquant d'abord une phrase avec un point, très brève, puis 2 "moitiés de phrase" qui se suivent pour émettre l'idée d'accélération du mouvement ! Mais je prends note . Alice pouvait savoir, rien qu’en entendant les bruits de la porte, qui allait en franchir le pas. Et elle savait que c’était lui. Son préféré, son adoré, celui qu’elle chérissait au-delà du possible. Trois fois encore, la massive porte en chêne fut heurtée par une légère pression de la main. Et puis Alice, ayant savouré cet instant, durant lequel elle savait qui se tenait derrière la porte sans le voir, certainement l’un des meilleurs de sa journée, lança dans les air avec une voix tendre : - « Entre, Hugo, entre. ».
Le verrou de la poignée s’ouvrit dans un bruit familier, suivi des souffles d’une respirationssingulier non? Oui, juste une faute de frappe :') entrecoupée d’halètements, signe singulier d’un pas précipité pour arriver à destination. Lorsque le claquement de la porte fut entendu, il ne s’écoula pas même quelques centièmes de secondes avant que l’on ne puisse entendre un cri du coeur, poussé par une voix cristalline : - « Mamiiiiiiiiie ! »

SpectateursJ'adore la phrase, mais j'aurais mis spectateurs après témoins, ça nuit moins à la lecture je trouve. J'arrive pas à comprendre pourquoi par contre, donc mettons ça sur le coup de l'instinct, les murs de la maison furent témoins de l’étreinte de deux générations, liées par l’amour d’une famille.

Comme à chaque début de vacances scolaires, Hugo allait rendre visite à Alice, sa grand-mère. C’était pour chacun des deux un moment particulier, privilégié. Hugo voyait celle qu’il appelait « Mamie » comme la plus respectable des grandes personnes.
Calme, posée, silencieuse lorsqu’il le fallait, Alice en imposait de par son assurance et sa sagesse apparente. Elle impressionnait Hugo, cette grande personneTu l'a dit deux ligne au dessus déjà. qui semblait avoir tout vécu. Les rides de son visage semblaient être autant de lignes, ou où ? non? En effet ! l’on pouvait lire tous les rires de sa vie, au coin des yeux et des lèvres. Alice avait toujours le mot pour parler, pas de virgule iciet une histoire à raconter à son petit-fils, qu’elle aimait par-dessus tout.
Et c’est également pour cela qu’Hugo l’aimait tant. C’est au travers de sesces ? non Nope, je parle des mots d'Alice ! mots qu’il pouvait voyager, s’évader vers d’autres lieux et d’autres temps. Il avait rapidement appris le pouvoir des mots, grâce à la manière dont s’en servait sa mamie.
Il avait également appris le pouvoir du goût, car jamais sa grand-mère ne lui racontait d’histoires sans lui amener les délicieuses madeleines dont elle seule avait le secret. C'EST TROP MIGNOOOOOOOOOOON
Petit garçon blond, tout juste au milieu de son cycle de primaire, Hugo savait qu’il avait de la chance d’avoir une mamie comme celle-ci.
Vint alors l’éternelle phrase qu’Hugo prononçait lorsqu’il entamait sa madeleine: « Mamie, raconte moi une histoire ! ».

Pourtant, ce jour-là, Mamie n’avait pas envie.
Après des années passées à raconter des histoires, elle voulait l’entendre lui, ce jeune garçon haut comme trois pommes, raconter sa vie, ses histoires.deux fois histoire dans la phrae. Récit? Bien vu
« Non Hugo. Aujourd’hui, c’est à toi de me parler un peu de tes histoires »
Disant cela, elle lui essuya tendrement le coin de la bouche, ouoù non? de fines miettes avaient décidé d‘élire refuge.vis à vis du débat en amont, moi j'ai touvé ça classe

« Et bien, ce matin, pour le denier jour d’école, j’ai du mettre un coup de poing à un garçon dans la cour.
- Ah bon ? Et pourquoi mon chéri ?
- Il a insulté mon amoureuse…
- Jeune homme, ne t’ai-je donc pas appris que les poings coups plutot, poingt usité au dessous et moins efficace je trouve Bien vu x2 de résolvent rien ?
- Si mais mamie…
- Il n’y a pas de mais qui tienne !
»
Hugo fut alors angoissé c'est pas le mot le plus approprié, une angoisse c'est latent et sournois, là c'est lus de l'inquiétude, voir de l'effroi / honte Effroi plutôt, je voulais traduire la situation au travers des yeux d'un gamin, tu sais quand tu as l'impression, étant petit, que quelque chose est grave alors que finalement la personne en face n'est pas si énervée que ça .... Jamais il n’avait vu sa grand-mère s’énerver ou hausser la voix. Elle qui lui semblait si calme et posée devenait tout à coup terrifiante. Son visage, au travers de son regard d’enfant, était devenu un amas de colère, pas de virguleet ses lunettes faisaient de ses yeux de véritables harpons.

Ce fut pourtant avec le plus grand calme qu’Alice répondit.
« Regarde cette flamme, Hugo. » dit-elle, pointant son doigt vers l’ondulation dorée qui craquelait le bois dans la cheminée.
« Que penses tu qu’il arriverait si cette flamme s’attaquait aux rideaux ?
- Ils bruleraient Mamie…
- Et crois tu que seuls les rideaux bruleraient si rien ne stoppait le feu ?
- Non, la maison aussi pourrait bruler…
- Et qu’en resterait-il, de cette belle maison ?
» dit-elle, d’un ton accusateur.
« - Rien du tout, mamie. Mais pourquoi me parler du feu ? Je n’ai rien brulé !
-Non mon ange. Mais ce que tu as ressenti lorsque tu as frappé ce garçon, c’est pire que le feu. C’est la haine, la violence. Car si tu commences dès aujourd’hui à entretenir une flamme incandescente dans ton coeur, jamais elle ne s’éteindra. Le feu se répandra en toi, et tu ne pourras jamais plus répondre par un autre moyen que ce feu. Est-ce que c’est ce que tu veux ?
- Non mais, qu’est-ce que je devais faire alors ?
- Tu as une langue mon chéri. Elle n’est pas faite uniquement pour la tirer à tes parents tu sais.
» :rire:

Cette mamie, elle avait toujours tout su.

Les mots, et leur pouvoir, sontproblème de concordance des temps Eh non ! Enfin je vois pas où, puisque là c'est moi qui reprend le récit; j'amorce en quelques sortes la morale et il s'agit d'un présent de vérité générale ! une solution bien meilleure que celle des poings, et bien plus belle. Car avec la flamme qu’Hugo avait développé pour frapper son camarade, il l’avait enflammé. Et désormais, il était animé par ce feurépétition de feu à son tour.
« Cette flamme se répand incroyablement vite et consume tout sur son passage. Avec des mots, tu aurais pu apaiser les choses, calmer ton ami au lieu de frapper, et
c’est à force d’utiliser le feu qu’on fait la guerre, et que les gens meurent sous les coups. Parce que cette flamme s’est propagée dans les coeur des gens.
», continua Alice, tout en étreignant son petit-fils.
« Et tu sais mon chéri, ce n’est pas avec les poings qu’on devient un homme. Ce n’est pas le cran qui fait qu’un enfant devient un grand. C’est plutôt la manière avec
laquelle il contrôle sa flamme intérieure.
», poursuivit-elle.

Elle lui expliqua longuement que c’est les mots qui le feraient devenir un adulte, car la violence n’est finalement que l’acte irréfléchi de l’enfant qui est en nous.
Soudain, tout parut clair à Hugo. Il avait compris.
Et il avait pris conscience de ce que sa grand-mère disait.
A ce moment là, il voulut embrasser son amoureuse, pour lui montrer qu’il n’était pas un feu ravageur. Il aurait voulu parler à celui qu’il avait frappé, pour jouer avec lui, et redevenir copain.
Hugo voulait dire aux gens dans la rue de ne pas tirer la langue à leur parents.

Et surtout, surtout, Hugo, à ce moment là, aurait voulu verser un sceau d’eau sur le monde entier;

pour éteindre sa flamme, et soigner ses brûlures.

C'est une très joli histoire. Mais ça parle pas assez de madelaine! MENTEUR T.T
J'ai beaucoup aimé lire, c'était vraiment mignon, il y a peu de problème de style et j'ai été attendri à plusieurs reprises. Bravo à toi :)

Merci quoi qu'il en soit @Ragne pour ton commentaire et le temps que tu as pris pour moi, c'est génial ! :)

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MessageSujet: Re: Une histoire de madeleines   Sam 28 Nov - 2:44

Silenuse a écrit:
Paf ! Je commente avec de la couleur et j'étudie surtout la forme, allons-y !

Dan Vetta a écrit:
Assise sur son fauteuil à bascule, elle semblait être une partie "faire partie" est un poil plus élégant effectivement, bien vu ! du décor de sa demeure. Lorsqu’elle s’asseyait ici, le temps ralentissait, jusqu’à ne devenir qu’un simple détail, une infime préoccupation de son esprit.(quand tu mets en vert, ça veut dire que c'est cool ? ) La flamme chatoyante de sa cheminée semblait échanger avec elle, et sa danse saccadée réchauffait l’air et le coeur d’Alice.
Tenant son fil précautionneusement, elle s’attardait à fignoler quelques détails pour que le pull-over qu’elle tricotait amoureusement depuis des mois soit parfait. Le silence dans la pièce était tel que les meubles, témoins du passé, semblaient l’observer, un "et" plutôt qu'une virgule admirer la méticulosité avec laquelle Alice confectionnait son oeuvre.
A la manière d’un artiste, chaque geste était calculé, chaque mouvement devait être parfait.

Toc, toc, toc.

Trois coups. Le code secret, le mot de passe. Alice pouvait savoir, rien qu’en entendant les bruits de la porte, qui allait en franchir le pas. On franchit le seuil non ? A vrai dire j'ai hésité, on franchit le seuil de la maison, mais "le" renvoie à la porte, et ce qu'on franchit d'une porte... C'est le pas. Du coup litige, j'avoue avoir eu des doutes, merci de le souligner Et elle savait que c’était lui. Son préféré, son adoré, celui qu’elle chérissait au-delà du possible. Trois fois encore, la massive porte en chêne fut heurtée par une légère pression de la main. Et puis Alice, ayant savouré cet instant, durant lequel elle savait qui se tenait derrière la porte sans le voir, certainement l’un des meilleurs de sa journée, lança dans les air avec une voix tendre : - « Entre, Hugo, entre. ».
Le verrou de la poignée s’ouvrit dans un bruit familier, suivi des souffles d’une respirations entrecoupée d’halètements, signe singulier d’un pas précipité pour arriver à destination. Lorsque le claquement de la porte fut entendu, il ne s’écoula pas même quelques centièmes de secondes avant que l’on ne puisse entendre un cri du coeur, poussé par une voix cristalline : - « Mamiiiiiiiiie ! »

Spectateurs, les murs de la maison furent témoins de l’étreinte de deux générations, liées par l’amour d’une famille.

Comme à chaque début de vacances scolaires, Hugo allait rendre visite à Alice, sa grand-mère. C’était pour chacun des deux un moment particulier, privilégié. Hugo voyait celle qu’il appelait « Mamie » comme la plus respectable des grandes personnes.
Calme, posée, silencieuse lorsqu’il le fallait, Alice en imposait de par son assurance et sa sagesse apparente. Elle impressionnait Hugo, cette grande personne qui semblait avoir tout vécu. Les rides de son visage semblaient être autant de lignes, ou l’on pouvait lire tous les rires de sa vie, au coin des yeux et des lèvres. Alice avait toujours le mot pour parler, et une histoire à raconter à son petit-fils, qu’elle aimait par-dessus tout.
Et c’est également pour cela qu’Hugo l’aimait tant. C’est au travers de ses mots qu’il pouvait voyager, s’évader vers d’autres lieux et d’autres temps. Il avait rapidement appris le pouvoir des mots, grâce à la manière dont s’en servait sa mamie.
Il avait également appris le pouvoir du goût, car jamais sa grand-mère ne lui racontait d’histoires sans lui amener les délicieuses madeleines dont elle seule avait le secret.
Petit garçon blond, tout juste au milieu de son cycle de primaire, Hugo savait qu’il avait de la chance d’avoir une mamie comme celle-ci.
Vint alors l’éternelle phrase qu’Hugo prononçait lorsqu’il entamait sa madeleine: « Mamie, raconte moi une histoire ! ».

Pourtant, ce jour-là, Mamie n’avait pas envie.
Après des années passées à raconter des histoires, elle voulait l’entendre lui, ce jeune garçon haut comme trois pommes, raconter sa vie, ses histoires.
« Non Hugo. Aujourd’hui, c’est à toi de me parler un peu de tes histoires »
En +1Disant cela, elle lui essuya tendrement le coin de la bouche, ou de fines miettes avaient décidé d‘élire refuge.

« Et bien, ce matin, pour le denier jour d’école, j’ai du mettre un coup de poing à un garçon dans la cour.
- Ah bon ? Et pourquoi mon chéri ?
- Il a insulté mon amoureuse…
- Jeune homme, ne t’ai-je donc pas appris que les poings de résolvent rien ?
- Si mais mamie…
- Il n’y a pas de mais qui tienne ! »
Hugo fut alors angoissé. Jamais il n’avait vu sa grand-mère s’énerver ou hausser la voix. Elle qui lui semblait si calme et posée devenait tout à coup terrifiante. Son visage, au travers de son regard d’enfant, était devenu un amas de colère, et ses lunettes faisaient de ses yeux de véritables harpons.

Ce fut pourtant avec le plus grand calme qu’Alice répondit.
« Regarde cette flamme, Hugo. » dit-elle, pointant son doigt vers l’ondulation dorée qui craquelait le bois dans la cheminée.
« Que penses tu qu’il arriverait si cette flamme s’attaquait aux rideaux ?
- Ils bruleraient Mamie…
- Et crois tu que seuls les rideaux bruleraient si rien ne stoppait le feu ?
- Non, la maison aussi pourrait bruler…
- Et qu’en resterait-il, de cette belle maison ? » dit-elle, d’un ton accusateur.
« - Rien du tout, mamie. Mais pourquoi me parler du feu ? Je n’ai rien brulé !
-Non mon ange. Mais ce que tu as ressenti lorsque tu as frappé ce garçon, c’est pire que le feu. C’est la haine, la violence. Car si tu commences dès aujourd’hui à entretenir une flamme incandescente dans ton coeur, jamais elle ne s’éteindra. Le feu se répandra en toi, et tu ne pourras jamais plus répondre par un autre moyen que ce feu. Est-ce que c’est ce que tu veux ?
- Non mais, qu’est-ce que je devais faire alors ?
- Tu as une langue mon chéri. Elle n’est pas faite uniquement pour la tirer à tes parents tu sais. »

Cette mamie, elle avait toujours tout su.

Les mots, et leur pouvoir, sont une solution bien meilleure que celle des poings, et bien plus belle. Car avec la flamme qu’Hugo avait développé pour frapper son camarade, il l’avait enflammé. Et désormais, il était animé par ce feu à son tour.
« Cette flamme se répand incroyablement vite et consume tout sur son passage. Avec des mots, tu aurais pu apaiser les choses, calmer ton ami au lieu de frapper, et
c’est à force d’utiliser le feu qu’on fait la guerre, et que les gens meurent sous les coups. Parce que cette flamme s’est propagée dans les coeur des gens. », continua Alice, tout en étreignant son petit-fils.
« Et tu sais mon chéri, ce n’est pas avec les poings qu’on devient un homme. Ce n’est pas le cran qui fait qu’un enfant devient un grand. C’est plutôt la manière avec
laquelle il contrôle sa flamme intérieure. », poursuivit-elle.

Elle lui expliqua longuement que c’est les mots qui le feraient devenir un adulte, car la violence n’est finalement que l’acte irréfléchi de l’enfant qui est en nous.
Soudain, tout parut clair à Hugo. Il avait compris.
Et il avait pris conscience de ce que sa grand-mère disait.
A ce moment là, il voulut embrasser son amoureuse, pour lui montrer qu’il n’était pas un feu ravageur. Il aurait voulu parler à celui qu’il avait frappé, pour jouer avec lui, et redevenir copain.
Hugo voulait dire aux gens dans la rue de ne pas tirer la langue à leur parents.

Et surtout, surtout, Hugo, à ce moment là, aurait voulu verser un sceau d’eau sur le monde entier;

pour éteindre sa flamme, et soigner ses brûlures. Je la trouve vraiment en trop cette phrase :/Pourquoi ? Tu penses qu'elle pourrait être améliorer ou bien que les mots d'avant suffisent à faire comprendre le sens ? J'aimais bien le côté imagé en fait; mais je pense saisir ce qui te déplaît

Mis à part cette fin qui m'a un peu déçu, il y a peu, voire rien à dire sur un texte aussi maîtrisé, tant sur le fond que la forme : le style est riche mais assez sobre, sans aucune redondance ; le fond est riche également, mettant véritablement en scène cette tradition - au sens littéral, c'est à dire de transmition - entre les deux protagonistes. Non, voilà, j'ai beaucoup aimé.

Wow, je suis vraiment touché, et pour le moins surpris, par vos retour à propos de ce texte; je m'attendais pas réellement à ça. Merci, ça m'encourage énormément et je dois avouer que vous m'avez refilé un certain pep's pour reprendre un peu l'écriture là où nous nous étions laissés il y'a quelques années.

Merci @Silenuse !

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MessageSujet: Re: Une histoire de madeleines   Sam 28 Nov - 12:02

Hihi salut même méthode que Sil

Dan Vetta a écrit:
Assise sur son fauteuil à bascule, elle semblait être une partie du décor de sa demeure. Lorsqu’elle s’asseyait ici, le temps ralentissait, jusqu’à ne devenir qu’un simple détail, une infime préoccupation de son esprit. La flamme chatoyante de sa cheminée semblait échanger avec elle, et sa danse saccadée réchauffait l’air et le coeur d’Alice.
Tenant son fil précautionneusement, elle s’attardait à fignoler quelques détails pour que le pull-over qu’elle tricotait amoureusement depuis des mois soit parfait. Le silence dans la pièce était tel que les meubles, témoins du passé, semblaient l’observer, admirer la méticulosité avec laquelle Alice confectionnait son oeuvre.
A la manière d’un artiste, chaque geste était calculé, chaque mouvement devait être parfait.

Toc, toc, toc.

Trois coups. Le code secret, le mot de passe. Alice pouvait savoir, rien qu’en entendant les bruits de la porte, qui allait en franchir le pas. Et elle savait que c’était lui. Son préféré, son adoré, celui qu’elle chérissait au-delà du possible. Trois fois encore, la massive porte en chêne fut heurtée par une légère pression de la main. Et puis Alice, ayant savouré cet instant, durant lequel elle savait qui se tenait derrière la porte sans le voir, certainement l’un des meilleurs de sa journée, lança dans les air avec une voix tendre : - « Entre, Hugo, entre. ».
Le verrou de la poignée s’ouvrit dans un bruit familier, suivi des souffles d’une respirations entrecoupée d’halètements, signe singulier d’un pas précipité pour arriver à destination. Lorsque le claquement de la porte fut entendu, il ne s’écoula pas même quelques centièmes de secondes avant que l’on ne puisse entendre un cri du coeur, poussé par une voix cristalline : - « Mamiiiiiiiiie ! »

Spectateurs, les murs de la maison furent témoins de l’étreinte de deux générations, liées par l’amour d’une famille.

Comme à chaque début de vacances scolaires, Hugo allait rendre visite à Alice, sa grand-mère. C’était pour chacun des deux (hum plutôt chacun d'entre eux / ou alors tous les deux un moment particulier, privilégié. Hugo voyait celle qu’il appelait « Mamie » comme la plus respectable des grandes personnes.
Calme, posée, silencieuse lorsqu’il le fallait, Alice en imposait de par son assurance et sa sagesse apparente. Elle impressionnait Hugo, cette grande personne qui semblait avoir tout vécu. Les rides de son visage semblaient être autant de lignes, ou l’on pouvait lire tous les rires de sa vie, au coin des yeux et des lèvres. Alice avait toujours le mot pour parler, et une histoire à raconter à son petit-fils, qu’elle aimait par-dessus tout.
Et c’est également pour cela qu’Hugo l’aimait tant. C’est au travers de ses mots qu’il pouvait voyager, s’évader vers d’autres lieux et d’autres temps. Il avait rapidement appris le pouvoir des mots, grâce à la manière dont s’en servait sa mamie.
Il avait également appris le pouvoir du goût, car jamais sa grand-mère ne lui racontait d’histoires sans lui amener les délicieuses madeleines dont elle seule avait le secret.
Petit garçon blond, tout juste au milieu de son cycle de primaire, Hugo savait qu’il avait de la chance d’avoir une mamie comme celle-ci.
Vint alors l’éternelle phrase qu’Hugo prononçait lorsqu’il entamait sa madeleine: « Mamie, raconte moi une histoire ! ».

Pourtant, ce jour-là, Mamie n’avait pas envie.
Après des années passées à raconter des histoires, elle voulait l’entendre lui, ce jeune garçon haut comme trois pommes, raconter sa vie, ses histoires.
« Non Hugo. Aujourd’hui, c’est à toi de me parler un peu de tes histoires »
Disant cela, elle lui essuya tendrement le coin de la bouche, ou de fines miettes avaient décidé d‘élire refuge.

« Et bien, ce matin, pour le denier jour d’école, j’ai du mettre un coup de poing à un garçon dans la cour.
- Ah bon ? Et pourquoi mon chéri ?
- Il a insulté mon amoureuse…
- Jeune homme, ne t’ai-je donc pas appris que les poings de résolvent rien ?
- Si mais mamie…
- Il n’y a pas de mais qui tienne !
»
Hugo fut alors angoissé. Jamais il n’avait vu sa grand-mère s’énerver ou hausser la voix. Elle qui lui semblait si calme et posée devenait tout à coup terrifiante. Son visage, au travers de son regard d’enfant, était devenu un amas de colère, et ses lunettes faisaient de ses yeux de véritables harpons.

Ce fut pourtant avec le plus grand calme qu’Alice répondit.
« Regarde cette flamme, Hugo. » dit-elle, pointant son doigt vers l’ondulation dorée qui craquelait le bois dans la cheminée.
« Que penses tu qu’il arriverait si cette flamme s’attaquait aux rideaux ?
- Ils bruleraient Mamie…
- Et crois tu que seuls les rideaux bruleraient si rien ne stoppait le feu ?
- Non, la maison aussi pourrait bruler…
- Et qu’en resterait-il, de cette belle maison ?
» dit-elle, d’un ton accusateur.
« - Rien du tout, mamie. Mais pourquoi me parler du feu ? Je n’ai rien brulé !
-Non mon ange. Mais ce que tu as ressenti lorsque tu as frappé ce garçon, c’est pire que le feu. C’est la haine, la violence. Car si tu commences dès aujourd’hui à entretenir une flamme incandescente dans ton coeur, jamais elle ne s’éteindra. Le feu se répandra en toi, et tu ne pourras jamais plus répondre par un autre moyen que ce feu. Est-ce que c’est ce que tu veux ?
- Non mais, qu’est-ce que je devais faire alors ?
- Tu as une langue mon chéri. Elle n’est pas faite uniquement pour la tirer à tes parents tu sais.
» :huh:

Cette mamie, elle avait toujours tout su.

Les mots, et leur pouvoir, sont une solution bien meilleure que celle des poings, et bien plus belle. Car avec la flamme qu’Hugo avait développé pour frapper son camarade, il l’avait enflammé. Et désormais, il était animé par ce feu à son tour.
« Cette flamme se répand incroyablement vite et consume tout sur son passage. Avec des mots, tu aurais pu apaiser les choses, calmer ton ami au lieu de frapper, et
c’est à force d’utiliser le feu qu’on fait la guerre, et que les gens meurent sous les coups. Parce que cette flamme s’est propagée dans les coeur des gens.
», continua Alice, tout en étreignant son petit-fils.
« Et tu sais mon chéri, ce n’est pas avec les poings qu’on devient un homme. Ce n’est pas le cran qui fait qu’un enfant devient un grand. C’est plutôt la manière avec
laquelle il contrôle sa flamme intérieure.
», poursuivit-elle.

Elle lui expliqua longuement que c’est les mots qui le feraient devenir un adulte, car la violence n’est finalement que l’acte irréfléchi de l’enfant qui est en nous.
Soudain, tout parut clair à Hugo. Il avait compris.
Et il avait pris conscience de ce que sa grand-mère disait.
A ce moment là, il voulut embrasser son amoureuse, pour lui montrer qu’il n’était pas un feu ravageur. Il aurait voulu parler à celui qu’il avait frappé, pour jouer avec lui, et redevenir copain.
Hugo voulait dire aux gens dans la rue de ne pas tirer la langue à leur parents.

Et surtout, surtout, Hugo, à ce moment là, aurait voulu verser un sceau d’eau sur le monde entier;

pour éteindre sa flamme, et soigner ses brûlures.

*Violons* pour la fin hihi, je blague, ton texte est très beau, tendre à souhait nous rappelant nos premières années d'innocence :)

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Tiunterof
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MessageSujet: Re: Une histoire de madeleines   Dim 29 Nov - 16:00

Allez, à mon tour, au lieu de tour citer comme le fait la plèbe, je vais voir ce qui va et ne va pas avec tes meilleurs parties et celles que j'apprécie le moins:

"Lorsqu’elle s’asseyait ici, le temps ralentissait, jusqu’à ne devenir qu’un simple détail, une infime préoccupation de son esprit."
Jolie, en plus elle transmet très bien le détachement du personnage.

"sa danse saccadée réchauffait l’air et le coeur d’Alice."
Le "saccadée" tranche beaucoup avec le rythme lent et concentré que tu as établis, personnellement je n'aime pas trop, j'aurais plutôt insisté sur la douce chaleur du feu par exemple.

Bon, là c'est trop long pour recopier, mais bref. Ce deuxième paragraphe, mon dieu ce paragraphe.
C'est sublime et adorable, j'adore vraiment tout ce que tu as pu écrire dans ce paragraphe. <3

"Les rides de son visage semblaient être autant de lignes, ou l’on pouvait lire tous les rires de sa vie, au coin des yeux et des lèvres. "
En dehors du "semblaient" qui se répète un peu, cette phrase est superbe.

"Hugo voulait dire aux gens dans la rue de ne pas tirer la langue à leur parents."
À la fois drôle et beau dans son contexte.

En bref, j'aime beaucoup, j'ai hâte de voir d'autres de tes textes. Surtout s'ils sont comme ton deuxième paragraphe. :huh:
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Dan Vetta

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MessageSujet: Re: Une histoire de madeleines   Lun 30 Nov - 19:55

Merci beaucoup @PlumeAPapote & @Tiunterof , vos commentaires me font extrêmement plaisir ! Je prends note de vos remarques, et je tâcherai de travailler tout ça par la suite ! :)

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Eh ouais Invité, tu fais tellement de fautes que j'ai dû passer CdF ! :p
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Une histoire de madeleines
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