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 Le soldat [-15]

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gothica

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Féminin Vierge Messages : 55
Date d'inscription : 31/10/2015

MessageSujet: Le soldat [-15]   Dim 6 Déc - 14:32

Il faisait froid, l’humidité rentrait sous nos vêtements et nous glaçait jusqu’aux os. Il avait plu toute la nuit et ça s'était enfin arrêté, mais maintenant c’était le brouillard qui se levait. J’avais essayé de me reposer, mais c’était difficile de dormir quand on était dans la boue et que les rats nous montaient dessus, sans parler des poux qui te démangeaient et qui te donnaient envie d’arracher tous les poils de ton corps.
   Je pense qu’il devait être aux alentours de 5 h du matin, il allait falloir réveiller tout le monde, ils avaient prévu l’assaut à 6h30 pendant que le soleil n’était pas levé. Je commençais à réveiller tous ceux qui étaient à côté de moi. Une fois tout le monde réveillé, je commençais à me préparer même si ça faisait quelques jours qu’on n’avait pas quitté nos uniformes. Ça faisait aussi quelque jour que je ne m'étais pas rasé alors je le fis avec les moyens du bord, un couteau mal aiguisé et un bout de miroir brisé prêté par l’un de mes camarades. Au moins si la mort se présentait à moi aujourd’hui je serais présentable.
   Dans ce boyau de terre consolidé par de simples planches de bois on se croirait déjà dans un cercueil, mais au moins dans un cercueil ils n’ont pas les rats et la boue.
   Je pris mon fusil qui était resté à côté de moi et je me levais, c’est à ce moment-là que mon meilleur ami André me tendis un bout de pain.
   _ Tiens, prends des forces pour tout à l’heure, me dit-il.
   _ Merci. Mais et toi alors ?
   _ J’ai déjà eu ma part, me répondit-il en me montrant une miche de pain déjà entamée.
Je voyais un sourire crispé sur son visage, il était inquiet comme tout le monde ici.
   Le ravitaillement avait de plus en plus de mal à se faire dans les tranchées. Seuls les généraux avaient un ravitaillement correct dans leurs abris. Eux au moins ne souffraient pas trop de l’humidité et ne se plaignaient pas de la boue sur leurs chaussures ou de devoir dormir à même le sol.

   C’était presque l’heure, l’assaut allait bientôt être donné, je finissais en vitesse mon morceau de pain et pris mon fusil. Avec mes camarades nous rejoignîmes la première ligne, nous étions serrés dans ces boyau étroit. Sur le chemin nous vîmes passer un soldat sur une civière, il avait du sang sur son uniforme, ça venait de sa main. Il s’était pris une balle, il avait dû le faire exprès sans doute pour échapper au massacre qui allait sans aucun doute arriver.
   Nous étions arrivés, la première ligne. De simples sacs de sable empilés de manière grossière nous assuraient une escalade plus facile et surtout plus rapide pour sortir des tranchées. Les  généraux étaient là, prêts à nous donner le signal. Mes camarades et moi-même étions prêts, on serrait si fort nos fusil que nos jointures en devenaient blanche, on était prêts à côtoyer la mort de très près.

   Les sifflets retentirent, le signal était donné. Chacun à son tour se mit à escalader la tranchée et on commença à courir, on entendait déjà les signaux d’alertes dans les tranchées allemandes. Les balles commencèrent à siffler autour de moi mais il fallait déjà passer nos lignes de fils barbelés en essayant d’être le plus rapide possible et sans s’accrocher dedans.
   En jetant un coup d’œil derrière moi je vis que beaucoup de mes camarades était déjà tombé, en regardant devant moi je faillis trébucher sur le corps d’un soldat, il s’était pris une balle en pleine tête, une bonne partie de son visage était en lambeau maintenant.
   On commença à arriver à portée de leurs mortiers. On voyait les cratères déjà formés et on voyait les explosions qui en formaient d’autres. André était toujours près de moi. On se cacha quelques instants dans l’un des cratères. Je voyais que du sang coulait sur sa joue et qu’un trou perforait son oreille devenu rouge carmin.
   _ Ça va ? lui demandais-je.
   _ Oui, c’est juste une égratignure, me répondit-il.
   Un grand optimiste cet André. Soudain une explosion, pas très loin de notre position, la terre nous tomba dessus, mais il n’y avait pas que ça. Un corps nous tomba dessus ou du moins ce qu’il en restait, il lui manquait un bras ainsi qu’une jambe et un pied, il y avait encore une étincelle de vie dans ses yeux mais elle finit par s’éteindre au bout de quelques secondes. On se regarda avec André et c’est à ce moment-là que nous décidâmes de repartir arme à la main. On courut aussi vite que possible tout en essayant d’éviter les balles, l’une d’elle m’effleura le bras et je sentis sa morsure dans ma chair, cela me ralentit un instant, laissant passer André devant moi, je le voyais et soudain un tir de mortier juste devant nous. André fut projeté contre moi et nous atterrîmes au sol tous les deux. Je me retournais pour voir l’étendue de ses blessures et je vis sa jambe, enfin ce qu’il en restait, elle était totalement déchiquetée, des lambeaux de peau pendouillaient çà et là. En levant les yeux je vis qu’il avait des traces rouges qui s’étendaient sur son uniforme au niveau du torse, il avait des éclats dans la poitrine, certains avaient dû s’incruster près de son cœur. Il voulait me dire quelque chose, je m’approchais et il me chuchota :
   _ Sors vivant de cette enfer, fait-le pour notre mère.
   Ce furent ses dernières paroles, mon meilleur ami, mon frère, venait de mourir sous mes yeux écarquillés et pleins de larmes.
   C’est à ce moment-là que j’entendis le signal de retraite, mais c’est aussi à ce même moment que je sentis une morsure dans mon dos, une balle était rentré dans ma chair. Je trouvais néanmoins la force au fond de moi de me relever et de regagner nos tranchées.
   Arrivé dans les tranchées, je m’écroulais, je m’éteignis dans ce que je considérais déjà comme mon cercueil, mais au moins j’avais respecté les dernières paroles de mon frère, je n’étais pas mort dans cet enfer qu’était le no man's land.
Texte Original:
 

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"La parole est d'argent et le silence est d'or"
J'en ai fait ma devise personnelle.
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Silenuse

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Masculin Balance Messages : 1797
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MessageSujet: Re: Le soldat [-15]   Dim 6 Déc - 15:03

Pouet, c'est moi !

@gothica a écrit:
Il faisait froid, l’humidité rentrait sous nos vêtements et nous glacait jusqu’aux os. Il avait plu toute la nuit et ça c’était enfin arrêté, mais Un point et enlève le "mais" maintenant c’était le brouillard qui se levait. J’avais essayé de me reposer, mais c’était difficile de dormir quand on était dans la boue et que les rats nous montait dessus, sans parler des poux qui te démangeaient et qui te donnaient envie d’arracher tous les poils de ton corps. l'utilisation du "tu" est assez maladroit. Je préconise le "on" généralement, mais ici je pense que tu peux tout rattacher au narrateur
  (Je pense qu’)il devait être aux alentours des 5 h du matin, il allait falloir un peu lourd réveiller tout le monde, ils avaient prévu l’assaut à 6h30 pendant que le soleil n’était pas levé "dormait encore" est un peu mieux je pense, surtout avec "pendant". Je commencais à réveiller tous ceux qui étaient à côté de moi. Une fois tout le monde réveillés sans "s", je commencais sans "s" aussi à me préparer même si ça faisait quelque jour qu’on n’avait pas quitté nos uniformes. Ça faisait aussi quelques jours que je ne m'étais pas rasé alors je le fit avec les moyens du bord, un couteau mal aiguisé et un bout de miroir brisé prêté par l’un de mes camarades. (Au moins) si la mort se présentait à moi aujourd’hui je serais (conditionnel : tu emploies un "si" présentable.
  Dans ce boyau de terre consolidé par de simples planches de bois on se croirait déjà dans un cercueil, mais au moins dans un cercueil ils n’ont pas les rats et la boue.
  Je pris mon fusil qui était resté à côté de moi et je me levai point c’est à ce moment-là que mon meilleur ami André me tandis un bout de pain.
  _ Tiens, prends des forces pour tout à l’heure, me dit-il.
  _ Merci. Mais et toi alors ?
  _ J’ai déjà eu ma part, me répond-il en me montrant une miche de pain déjà entamée.
Je voyais un sourire crispé sur son visage, il était inquiet virgule comme tout le monde ici.
  Le ravitaillement avait de plus en plus de mal à se faire dans les tranchés. Seuls les généraux avaient un ravitaillement correct dans leurs abris. Eux au moins ne souffrait pas trop de l’humidité et ne se plaignait pas de la boue sur leur chaussure ou de devoir dormir à même le sol. ça reste un peu cliché. Si tu veux garder ce cliché, tu peux utiliser des formules comme "on dit" "je crus" etc

  C’était presque l’heure, l’assaut allait bientôt être donné, je finis(sais) en vitesse mon morceau de pain et pris mon fusil. Avec mes camarades nous rejoignîmes la première ligne, nous étions serré dans ces boyau étroit. Sur le chemin nous vîmes passer un soldat sur une civière, il avait du sang sur son uniforme, ça venait de sa main. Il s’était pris une balle, il a dû le faire exprès sans doute pour échapper au massacre qui allait sans aucun doute arriver.
  Nous étions arrivés, la première ligne. De simple sac de sable empilé de manière grossière nous assuré une escalade plus facile et surtout plus rapide pour sortir des tranchés. Les  généraux étaient là, prêts à nous donner le signal. Mes camarades et moi-même étions prêts, on serrait si fort nos fusil que nos jointure en devenait blanche, on était prêts à côtoyait la mort de très près.

  Les sifflets retentirent, le signal était donné. Chacun à son tour se mit à escalader la tranché et on commença à courir, on entendait déjà les signaux d’alertes dans les tranchés allemandes. Les balles commencèrent à siffler autour de moi mais il fallait déjà passer nos lignes de fils barbelés en essayant d’être le plus rapide possible et sans s’accrocher dedans.
(   On commença  à arriver à porter de leurs mortiers. On voyait les cratères déjà formé et on voyait les explosions qui en formaient d’autres. André était toujours près de moi. On se cacha quelques instants dans l’un des cratères. Je voyais que du sang coulait sur sa joue et qu’un trou perforait son oreille devenu rouge carmin.
  _ Ça va ? lui demandai-je.
  _ Oui, c’est juste une égratignure, me répondit-il.
  Un grand optimiste cet(te) André. Soudain une explosion, pas très loin de notre position, la terre nous tomba dessus, mais il n’y avait pas que ça. Un corps nous ait tombé dessus ou du moins ce qu’il en resté, il lui manquait un bras ainsi qu’une jambe et un pied, il y avait encore une étincelle de vie dans ces yeux mais elle finit par s’éteindre au bout de quelque seconde. On se regarda avec André et c’est à ce moment-là que nous décidâmes de repartir arme à la main. On courut aussi vite que possible tout en essayant d’éviter les balles, l’une d’elle m’effleura le bras et je sentis sa morsure dans ma chair, cela me ralenti un instant, laissant passé André devant moi, je le voyais et soudain un tir de mortier juste devant nous. André fut projeté contre moi et nous atterrîmes au sol tous les deux. Je e retournait pour voir l’étendue de ses blessures et je vis sa jambe, enfin ce qu’il en restait, elle était totalement déchiqueter, des lambeaux de peu pendouillaient çà et là. En levant les yeux je vis qu’il avait des traces rouges qui s’étendait sur son uniforme au niveau du torse, il avait des éclats dans la poitrine, certain avait dû s’incruster près de son cœur. Il voulait me dire quelque chose, je m’approchai et il me chuchota :
  _ Sort vivant de cet(te) enfer, fait-le pour notre mère.
  Ce fût C'est la double faute ! -> à mettre au pluriel et l'indicatif -> furent ces dernières paroles, point mon meilleur ami, mon frère, Un ptit rythme ternaire ? c: venait de mourir sous mes yeux écarquillés et plein de larmes.
  C’est à ce moment-là que j’entendis le signal de retraite, mais c’est aussi à ce même moment que je sentis une morsure dans mon dos, deux points une balle était rentré dans ma chair. Je trouve néanmoins la force au fond de moi de me relever et de regagner nos tranchés.
  Arrivé dans les tranchés, je m’écroulai, je m’éteignis dans ce que je considéré déjà comme mon cercueil, mais au moins j’avais respecté les dernières paroles de mon frère, je n’étais pas mort dans cet enfer qu’étais le no man's land. Dommage, je pensais qu'on aurait plus eu l'agonie du narrateur, là ça va un peu vite

Finalement, malgré ces nombreuses remarques sur les quelques maladresses de ton texte, celui-ci reste très riche et assez fort (la fin est juste un peu rapide). Tu as déjà bien progressé, mais je ne pense pas que tes progrès s'arrêteront là ! Continue à nous servir des textes forts comme celui-ci !

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pouet




Ah oui, j'écris des trucs aussi
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emilie



Féminin Gémeaux Messages : 41
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MessageSujet: Re: Le soldat [-15]   Jeu 24 Déc - 6:32

Je suis bluffée qu'une si jeune personne écrive un tel texte.
Bravo Mademoiselle.
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gothica

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Féminin Vierge Messages : 55
Date d'inscription : 31/10/2015

MessageSujet: Re: Le soldat [-15]   Jeu 24 Déc - 13:15

Merci beaucoup emilie pour ce commentaire ça me fait extrêmement plaisir.
C'est un texte qui me tien très à coeur parce que je suis passionnée d'histoire.
En tout cas merci beaucoup. :D

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Ouppo
Fou du roi
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Masculin Lion Messages : 300
Date d'inscription : 04/01/2016

MessageSujet: Re: Le soldat [-15]   Lun 4 Jan - 22:03

C'est très beau et on ressent bien l'émotion du champ de bataille, pour tout dire j'ai l'impression de t'avoir plagié avec mon orage de fer-blanc.

Bref j'aime !
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MessageSujet: Re: Le soldat [-15]   

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Le soldat [-15]
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