Encre Nocturne
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 [TP à -18] A tous ces ados qui souffrent en silence

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emilie



Féminin Gémeaux Messages : 41
Date d'inscription : 19/12/2015

MessageSujet: Re: [TP à -18] A tous ces ados qui souffrent en silence   Dim 27 Déc 2015 - 7:48

[8] Tout peut commencer avec un joint - Partie 2


Elles  avancent vers un coffe shop. Charlotte est déçue, celui qu'elle connaissait est fermé. Pas de chance, il faudra trouver un autre endroit. En même temps, très facile, il y en a partout !!!.....

Il était midi.

Charlotte : Qu'est ce qu'on fait ? On va manger ou on fume avant ? Je te conseille de te remplir l'estomac avant, car tu vas tomber. Tu as mangé ce matin ?

Laurence : non je ne mange jamais le matin  mais t'inquiète pas, j'ai déjà fumé du shit, là encore par expérience, c'est bon, je connais.

Charlotte : attends, là c'est autre chose, du vrai et je te dis  pas....

Laurence : arrête, c'est bon, on y va.

Qu'est-ce qu'un coffe shop ?

En Hollande où la consommation de drogue est légitimée, il existe donc des cafés où les jeunes consommateurs et moins jeunes peuvent s'y rendre en toute légalité et fumer leur pétard !!! Pas de boissons, que de la drogue dans celui où elles sont allées.... Mais dans d'autres, on y rajoute par exemple, le Red bull..., boisson également interdite en France à une certaine époque provoquant surexcitation  permettant aux jeunes, quand ils sont en boite, de tenir le coup pour danser toute la nuit.... Une catastrophe sur tout le système nerveux et cardiaque dont personne ne parle !

Devant l'entrée, un monsieur leur demande leur carte d'identité... cela  fait sourire Laurence,  ironiquement... Il faut être majeur pour rentrer là dedans, pense-t-elle... Quelle mascarade ! La vente est libre, donc rien n'est plus facile pour un mineur de s'en procurer par une personne plus âgée  que lui. Bref !!!

Elles s'enfoncent dans ce lieu enfumé, lumière tamisée où se trouvent là, des jeunes surtout, autour d'une table, à fumer leur pétard. Charlotte connaît, donc guide Laurence qui est abasourdie par ce qu'elle voit. Elle ressent de suite que ce lieu l'effraye par tant de fantômes déjà installés.... Des tables, des cendriers et briquets mis à leur disposition  et un monsieur au bout de la pièce, derrière un comptoir. Les consommateurs  n'ont plus de corps. Ils sont maigres pour la plupart, des yeux sans étincelles où on ne remarque que leur cernes noires, des gestes engourdis. Laurence qui réfléchit sans cesse, se demande ce que font tous ces jeunes. Et l’école ? Et leur travail ? Qu-est-ce que c’est que ce truc?....

Elles s'assoient. Charlotte est déçue du cadre. Celui là n’est pas très "esthétique".  En effet, il faut savoir que pour attirer la "clientèle", ces endroits pour la plupart, doivent « séduire« , déjà par leur aspect. Celui là, ressemble en effet plus à un squat. Laurence quant à elle à des yeux qui naviguent de gauche à droite pour tout voir, tout imprégner dans son esprit, ne rien oublier pour mieux écrire son témoignage par la suite puisque cette expérience est réalisée dans un seul but. Certains « parlent » un peu, d’autres, la majeure partie d’ailleurs, sont affalés sur la table… Ils sont accros ! Affreuse vision que de voir tant de jeunesse se dirigeant vers une mort certaine, quand on connaît la finalité qu’engendre très très souvent la prise de drogue. Affreuse vision quand on pense que ce sont des hommes politiques, soit disant « responsables » qui ont voté leur loi pour dépénaliser la drogue. Affreuse vision quand on pense que cela pourrait être son enfant, assis, là !

Laurence : Comment cela se passe t-il alors ? Mais comment on va faire, je ne sais pas rouler les joints et toi ?

Charlotte : Moi non plus, mais t'inquiète,  tout est prévu. Tu as vu le mec là bas ?


En effet, tout est prévu. Cet endroit est effroyable, hallucinant ! Il y avait une file d'attente et un monsieur entamait la distribution derrière sa desserte. Des ombres déambulaient.  Des petits sachets et des joints déjà préparés.. Même les joints sont à disposition pour ceux, ignorants, encore qui ne savent pas les rouler... Quelle gravité ! Quelle facilité ! Sur un mur, un tableau où figuraient les variétés de drogues possible à acheter avec leur prix. Chaque catégorie provoque différentes réactions sur le sujet. C'est aberrant, insensé !! Ils ont chacun un nom évocateur. Un écriteaux toutefois : "Juste 5 g par personne".... Mascarade là encore ! Ah ah ah, pense tout aussitôt Laurence... Quel cinéma cette inscription pour déresponsabiliser les autorités, là encore... C’est tellement facile de dépasser la dose….

Laurence : Tiens,  prends mon porte-monnaie et vas en chercher un.

Charlotte : Qu'est-ce que je prends ?

Laurence : J’en sais rien moi. Un truc pas trop fort…

On se croirait au supermarché de la dope... Laurence n'en croit pas ses yeux. On fait la queue ici, pour acheter de la drogue ! La drogue, cela tue et on peut en acheter à volonté ! Comment est-ce possible quand on connaît que trop les dégâts ? Comment est-ce possible ? Comment est-ce devenu légal surtout....???? Mais ils sont fous !!!

Charlotte revient après quelques minutes avec son joint dans un « joli écrin couleur bordeaux« . La classe, pense ironiquement Laurence ! Même l’emballage a été pensé pour « séduire »…. Cela la dégoutte déjà, tout ce système. Le moins cher, acheté 4 euros 50.  Il y a certains joints qui coûtent 8 euros. Plus il est cher, plus il y a de « merde » dedans ! Petit calcul vite fait d‘ailleurs : considérant qu'un fumeur en consomme 10 par jours au minimum quand il est bien accro, cela fait donc pas moins de 80 euros par jour !!! Comment se procurer tout cet argent après ? Revente, recel... Classique, galère surtout et hors la loi ! Faut pas demander non plus, après avoir fumé leur truc,  dans quel état de léthargie, ils peuvent être, après être devenus dépendants, grands consommateurs ???

Un truc qui tue, enrobé dans une belle robe rouge... Oui, qui tue si on grimpe l'échelle de la drogue. Oui, qui tue au volant de sa voiture sans avoir besoin de grimper l'échelle, même. Oui, qui tue ! Qui pourrait s’en douter ? C’est si bien présenté. Mais tout est prévu. On ne sait jamais, s'il n'est pas fumé entièrement, il est permit de l'emmener avec soi. A côté d'elles, une française aussi, qui fume son truc dans son coin, seule.... Charlotte  prend les choses en main et Laurence la questionne. Elle veut tout savoir et est impatiente.

Charlotte : Tu découvres cet univers comme une gamine.

Laurence : Non Charlotte, pas une gamine au sens où tu l'entends. Tu le ressens comme ceci parce que je suis toute naïve, ignorante, comme si j’avais 15 ans et te pose plein de questions. Comme tous ces jeunes d'ailleurs qui peuvent être bernés... Mais je suis  une femme surtout  avec toute la réflexion d'une maman responsable. Ben oui, j'ai 45 ans et je ne connais pas .... comme la majorité des parents d'ailleurs. S’ils savaient tous, crois moi, ils seraient dans la rue j’espère... pour combattre ce fléau mortel ! C'est pour mes enfants que je le fais, pour nos enfants, pour les enfants. Je veux pouvoir en parler, faire du préventif sans leur dévoiler évidemment  mon expérience.

Charlotte : Oui mais au moins c'est  contrôlé. Chacun vient consommer et voilà....


Laurence : Contrôlé ? Pfff…. Ouaih... ils sont parqués surtout.... comme des rebus de la société qu‘on veut cacher, oublier. Plus personne dans les rues à déambuler comme des ombres ou se vautrer sur les trottoirs... De cette façon là aussi, tout le monde ferme les yeux... C’est tellement plus simple de les enfermer dans ces endroits et moins chers plutôt que de faire des campagnes de prévention et d’ouvrir des centres de désintoxication… J’avoue que je reste bien sceptique sur le bien fondé de ces lieux....

Laurence ne partage pas en effet les idées sur la légalité de la drogue parce que déjà dans sa tête, elle ne peut s'empêcher de penser à son amie de 38 ans qui a commencé par l'alcool, un simple joint, , les médicaments et qui en est malade aujourd'hui à prendre du subutex comme substitut de l'héroïne.... Elle aussi n'y croyait pas, sans doute,  à 17 ans quand elle essaya pour faire comme les autres,  pour faire sa maligne, pour faire la fête ou par mal être peut-être.... Comme si c'était la solution magique aux problèmes du moment... Aujourd'hui, 21 ans après, elle est dedans encore ! Par on ne sait quel miracle, elle n’en n’est pas encore morte… Quelques boules de shit, des  lignes de cocaïne quand elle craque, alcool.... avec une fille de 14 ans qu'elle élève seule ! Dans ce milieu ! Ah non, ce n’est MAIS SI C'EST POSSIBLE AVEC LA CARTE KIWI, comment ont-ils pu légitimer la drogue ?

Laurence tient le joint dans ses doigts et  ne sait pas comment s'y prendre avec son truc.

Laurence : Oh la la, il est gros.

Charlotte : Ah tu vas voir dans quelques minutes... On aurait dû manger. A jeun, ça va te bousculer.

Laurence : t’inquiète, allume !

Charlotte allume. Laurence goutte. Elle ne pense qu’à une chose, son expérience. Elle veut la pousser à fond et ne veut pas manger (repère pour moi p 33)
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emilie



Féminin Gémeaux Messages : 41
Date d'inscription : 19/12/2015

MessageSujet: Re: [TP à -18] A tous ces ados qui souffrent en silence   Dim 27 Déc 2015 - 7:50

(Aux armes citoyens)

Bonjour à tous,
Je propose de mettre tous mes textes dans un premier temps et de revenir sur chacun d'eux petit à petit pour faire un travail dessus. Sauf pour "tout peut commencer avec un join" et "Ma boulimie" qui sont extremement longs.
Qu'en pensez-vous ?
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La Lapine Cornue
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Féminin Balance Messages : 4644
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Humeur : Lapinesque. (ça veut dire paisible et joyeuse)

MessageSujet: Re: [TP à -18] A tous ces ados qui souffrent en silence   Lun 28 Déc 2015 - 11:55

(Tout peut commencer avec un joint)

Coucou Emilie, désolée de passer si vite en ayant à peine survolé ton texte ! Je voudrais juste te rappeler que les commentateurs actifs sur ce forum ne sont pas très nombreux (tu as vu les plus célèbres, Ragne et Silenuse), les correcteurs non plus (nous sommes deux... heureusement, il y a peu de fautes dans tes textes, mais nous devrions quand même y passer du temps à chaque fois afin de les traquer, ces méchantes :niark: ) et donc, si tu veux le maximum de commentaires et de lectures, je te demande vraiment, mais VRAIMENT, de limiter la quantité de textes que tu postes... à chaque fois que je passe en coup de vent sur EN, il y en a deux ou trois de plus, comment veux-tu que l'on suive le rythme ? Wiii
(en plus on est des étudiants surmenés, et oui et oui... :ffmental:)

Alors par pitié, je t'en conjure, pas plus de quatre textes par semaine, c'est déjà beaucoup (et il faut laisser de la place aux autres aussi...)

Brefouille, je reviendrai en lire et commenter un ou deux bientôt !

Joyeux noël et à la prochaine :corn2:

EDIT du Phoenix : Cornedor n'était pas au courant ^^ On a discuté, pas de problème ! Bonne journée à vous deux

------------------------------------------------------------------------------------------------
Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

→ Venez fouiller dans mes écrits... Y'en a pour tous les goûts ! :corn2:

.[/center]
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emilie



Féminin Gémeaux Messages : 41
Date d'inscription : 19/12/2015

MessageSujet: Re: [TP à -18] A tous ces ados qui souffrent en silence   Mar 29 Déc 2015 - 5:37

Bonjour Cornedor,

Pas de souci, je vais faire une pause de forum pendant une semaine et vous une pause de moi :D :D
J'en avais discuté avec Phoenix en mp
Je me suis laissée emballer et je m'en excuse.
Bonne semaine à vous tous et surtout Bon réveillon :D
Emilie
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Invité
Invité



MessageSujet: Re: [TP à -18] A tous ces ados qui souffrent en silence   Dim 3 Jan 2016 - 13:08

Coucou
Ca fait longtemps que j'étais pas passé par chez toi :)
Comme d'hab, mon avis ce n'est que mon avis de lecteur qui est en l’occurrence un petit abruti de 22 ans
Je vais essayer de t'expliquer pourquoi à certain moment ton texte ne fonctionne pas. Ygg te fait des commentaire qui t'explique vraiment mieux que je ne saurais le faire comment tenir ton récit de bout en bout, moi j'ai plus tendence à faire le script doctor et à expliquer comment valoriser ce récit.
emilie a écrit:
Je m'excuse déjà sur le manque de style que je peux avoir. Par mes textes, juste j'aime assez passer des messages authentiques, accessibles à tout public.
Il aurait fallut une rubrique : témoignage mais bon.... quand on a refondu les catégorie de textes, on a choisis de pas mettre de journal intime/ témoignages puisque c'est complexe à commenter. Doit on réagir sur un forme là pour servir d'exutoire? Sur le message? Sur l'expérience? Du coup, le mettre dans nouvelle force le lecteur à appréhender ceci comme la potentialité d'une réalité. Et t'inquiète après tout, c'est pas grave de le mettre dans nouvelle Wink

[TP]

[5] J'AI LA GNAQUE !


Parce que j'étais un enfant de l'assistance publique, de père inconnu et d'une maman m'ayant abandonné, ma vie était fichue ? Parce que mon épouse eut, elle aussi des déboires dramatiques dans son enfance, ils nous étaient impossible de pouvoir nous aimer et parcourir ensemble notre chemin ?

Et bien non ! Notre parcours le prouve et si vous saviez comme nous en sommes  fiers ! cette phrase ne marche pas. Le paragraphe d'introduction est bien, il st authentique sans être larmoyants. Intelligent et pudique. Tu te livre avec douceur et réfléxion. Mais cette phrase est trop brutal. Tu veux faire la transition pour nier ce préjugé, mais ta fierté ne touche pas, elle semble irrésolu. Pour toucher, il faut avoir conscience des sensibilités du lecteurs et je ne saurais t'expliquer plus en avant pourquoi moi ça me touche pas. Parce que ça résonne comme une leçon plus que comme un héritage ou une sagesse? "Mais le destin ne s'écrit pas juste avec un départ. Et nous avons su respirer, nous construire à deux. C'est notre victoire, notre fierté". C'est plus reflexif, moins affirmatif. (bon c'est moche, je le confesse^^ mais t'as l'idée que je voulais transmettre)

Je vais vous relater ma carrière professionnelle.

Pour avoir donc connu la souffrance très tôt je pense, cela développe en nous une rage phénoménale que les gens "normaux" n'ont pas un des conseil que je donne les plus souvent, c'est d'éviter les guillemet en écriture, si tu n'as pas le mot juste, tu n'arriveras pas à touché ton lecteur (on a mis cette citation d'hemingway en fronton de la cb : “D’une utilisation imprécise, tous les mots ont perdu leur tranchant.” ) QUe les gens qui ignore cette situation. C'est un peu verbeux, mais ça supprime le clivage moi/eux qui peut géner et faire arrêter la lecture. Si dans une sorte de voyeurisme coupable, la douleur fait lire, l’apitoiement/ le "je suis différent" fait souvent grimacer. (par contre, l'idée de la fureur qui nous prend au tripes pour prendre notre revanche sur la vie, je le confesse, je l'ai vécu et ta formulation m'a touché), et jamais de virgule avant un et Wink une envie de réussir malgré tout, dépassant parfois la raison. Tant mieux ! Un pari à soi-même peut-être, un pari pour prouver aux autres, éventuellement  à ceux qui nous ont enfoncés, que l'on peut grimper les marches de la réussite, nous aussi !!! Si on met plusieurs point d'exclamations dans une discussion informel, ce n'est pas bien vu dans la littérature. Tu peux t'en abstenir, puisque ça n'appuie pas plus ton récit à mes yeux. (mais je suis très orthodoxe sur la grammaire, encore une fois, ce n'est que mon avis et non pas une vérité)

J'ai volé pour manger, j'ai volé pour tricher. J'étais un gamin perdu sur le chemin tortueux de la vie qui commença mal pour moi. J'aurai pu me laisser aller, devenir un véritable voyou, sombrer dans l'alcool ou d' question de cohérence. tu a mis un article à alcool, il en faut aprèsautres artifices,  où on m'aurait trouvé tout de même, des circonstances atténuantes....

Et bien non ! Je n'ai pas voulu de cette vie là et je me suis battu comme un lion.

J'ai commencé avec rien ! Pas un sou, pas un soutien de quiconque, pas un seul bien. cette phrase est forte mais mal exprimé. C'est un peu trop agressif. Dans le sens ou il y a cette impression de revanche quand on te lis. Le self made man est un processus dramaturgique et réel qui fait réver, c'est sur ce mythe que marche les USA, mais il es plutôt compliqué à gérer. Je conseille l'humilité pour l'approcher, mais je n'ai jamais écrit sur le sujet, du coup, je te transmet plutôt une impression. Plutôt que "j'ai commencé avec rien" j'aurais mis "mais que le début était compromis" et la phrase qui suis est extra, elle fait mouche à merveille

Rien !

A l'issue de la 5ème, j'ai voulu me diriger vers la mécanique. Une véritable passion. J'ai passé mon C.A.P. et tout aussitôt je trouvais ici passé composé, y'as une explication grammatical, mais je serais bien en peine de te l'apporter, je marche beaucoup à l'instinct, navré >< un emploi. C'est dans celui-ci que je me suis épanouie. Très vite, les pannes n'avaient pasplus plutôt non? ça me parait plus logique de secret pour moi. Aussi, je fus repéré par mon employeur qui n'hésita pas à me former davantage en m'envoyant en stage. J'avais une soif d'apprendre et de me perfectionner encoreencore n'est pas assez fort. Toujours plus, là tu dois etre aggresive, montre nous la niak forte et folle qui t'anime. Montre nous cette fureur revancharde, d'autant que mon niveau scolaire à la base était faible. Il m'a fallut donc, apprendre, apprendre, apprendre... Il me manquait en effet, beaucoup de théories en tous genres.  Toutes ces formations m'ont permises de développer tous mes sens, non encore exploités la seconde partie est trop faible, plutot que non exploité, raconte nous que tu les ignorais, tu n'avais pas conscience de ce potentiel qui était en toi. Montre nous la confiance qui vient avec l'enseignement et la conscience de toi qui se développe. Ce n'était pas facile d'apprendre, avec mon niveau si bas, mais je l'ai fait ! J'ai potassé comme on dit. Donc, d‘année en année, j'ai gravi les échelons et fini par être Chef d'Atelier. ce développement est trop hâtif. Raconte nous la douleur de l'effort, les moments de doute et le gout de la réussite. Dans une oeuvre, il faut être racoleur, ta vie, c'est notre émotion, donc fait en des tartines, tout en restant humble et sans nous plus t'exhiber, c'est un équilibre complexe.

Quel parcours n'est-ce pas ? Parti de rien, je vous le rappelle. C'est donc possible ! Même remarque, la phrase de transition devient leçon et donc nuit à la transmission de ta sagesse

Je remercie pour l'occasion mon épouse qui m'a toujours épaulé dans nos projets et cru en moi.  Elle m’a secoué aussi lorsque je buttais sur telle ou telle leçon à apprendre c'est pas génial "telle ou telle" c'est vague. Si ça marcherait très bien dans un documentaire ou tu raconterais ton parcours. Par écrit ça donne un effet top hatif, il faut raconter entiérement ce que tu veux dire ou te taire. C'est un peu particulier. Mais en gros, si tu avais une bète noire dit "quand je travaillais sur cette matière honni, que j'ai douté" ça me fait pensé que pennac a écrit un livre dans ce genre qui s'appelle chagrin d'école. Lis le et inspire t'en il est extra pour ça. Sans elle, je l'avoue aussi, mon chemin aurait été plus sinueux, je pense. Merci ma chérie. Elle est toute mon énergie. Je puise en elle l'amour qu'elle me donne, mon "carburant", pour faire avancer la machine...
Je n'ai pas le temps de finir le reste, désolé partiel + dossier + voyage. La vie d'étudiant n'est pas celle de la glande absolue qu'on brosse partout :p
C'est un très bon texte, il ne fonctionne pas aux endroit que j'ai annoter, mais il peut facilement être amélioré. Si ma manière d'annoter t'aide, dit le moi, je viendrais le faire un maximumsur tes texte quand j'aurais quelques heureus devant moi. Si au contraire, tu trouve ça inutile, je m'abstiendrais :)

Je mettrais ton receuil dans l'alerte en haut à droite d'ici quelques jours :)
Bonne journée
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emilie



Féminin Gémeaux Messages : 41
Date d'inscription : 19/12/2015

MessageSujet: Re: [TP à -18] A tous ces ados qui souffrent en silence   Dim 3 Jan 2016 - 13:29

Merci Ragne tes commentaires m'aident beaucoup et je vais retravailler ce texte encore. J'ai peur, j'ai trop peur de ne pas réussir. Je ne suis pas aussi douée que vous et cela va me demander aussi énooormément de travail encore.
Je ne sais pas encore comment faire passer ma "sagesse", apparemment je suis encore trop brute et le texte n'est pas perçu comme je le souhaite...
En tout cas un grand merci car avec moi, vous avez du boulot...lol
Bon dimanche :D
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emilie



Féminin Gémeaux Messages : 41
Date d'inscription : 19/12/2015

MessageSujet: Re: [TP à -18] A tous ces ados qui souffrent en silence   Mar 5 Jan 2016 - 6:11

suite de N8 "tout peut commencer avec un join"

Laurence : Ah.. ça arrache la gorge. C'est plus fort que le shit. Il a l'air costaud.

Charlotte : Ben oui, je te l’avais dis. Le shit, c’est rien à côté de ça.

Autour d'elles, les consommateurs planent. Ils discutent tant bien que mal. D'autres sont seuls... Désespérément seuls….

Laurence : ça va mettre combien de temps ? Ca ne me fait rien là.

Charlotte : Fume. Tu verras...

Elles se passent plusieurs fois le pétard et discutent tranquillement sur ce qu'elles sont en train de faire en cachette. Au bout d'une vingtaine de minutes à peine, les premiers effets se font ressentir.

Laurence : Ayé ! Je sens que ça monte. Et toi ?

Charlotte : Moi rien du tout. Mais c'est normal j'ai tellement eu l'habitude que ce n'est plus un pet qui me fait de l'effet. Il m'en faut plus ou plutôt un autre truc... pour ressentir quelques choses...

Laurence encore une fois devient austère. Son amie, ne ressent rien ! Cela veut dire, que même si elle a réussi à arrêter la grimpette, elle est encore dedans quelque part…dans la mesure où son corps est déjà habitué à recevoir et comme elle le dit elle-même : Il m’en faut plus pour me déjanter. Un truc plus puissant agissant sur les neurones !!!


Laurence : Évidemment, un truc plus hard, plus dangereux là encore.... un truc qui démonte la tête et qui mène à la dépendance.... La dépendance bordel, Charlotte tu sais ce que c'est ? C'est une obsession mentale et un corps qui réclame sa dose. C'est physique et psychique et tu es connectée à l'artifice jusqu'à ce qu'il te TUE !!!

En effet, il y a la montée puis la descente. La montée engendre un léger bien être, mais cela ne dur que quelques minutes. Lorsque les effets de la drogue diminuent, l’individu se trouve dans un mal être épouvantable. Ses idées noires de la vie le poursuivent, l’envahissent à ne plus pouvoir avoir de pensées positives. Il est mal. Il est trop mal et seul moyen pour chasser ses idées, ne plus penser, c’est… reprendre, consommer encore… Voilà comment on arrive très vite à la DEPENDANCE !!! (Relisez le premier article sur la dopamine et faites vous expliquer encore, par un professionnel)

Laurence pense immédiatement au fait que c'est comme l'alcool. A force de consommer, ce n'est plus un verre qui désinhibe mais au bout d’un deuxième, troisième, quatrième.... l'escalade.... la plongée vers l’alcoolisme. La drogue, c’est pareil. A un moment, le joint ne suffit plus pour ressentir des effets. Il faut passer à autre chose... C’est grave ! C'est très grave !!!

Laurence : Ah la la... ayé... je sens que ça monte dans mes jambes... des fourmis....

Il est 12H30. Laurence commence à parler davantage, son coeur s’emballe. Elles continuent de se passer le joint. Charlotte observe son amie et semble gênée. Pourquoi ? Parce que Laurence commence son délire. C’est la seule, parmi la vingtaine de personnes habituées, qui rigolent. Tandis que les autres sont passifs, oisifs, silencieux.... (C'est ce qu'il se passe après des années de consommation.) Sans aucun doute, elle va être démasquée. « Tiens, voilà une vieille qui vient faire sa belle » peuvent-ils penser. A sa réaction, il est évident qu’elle ne passera pas inaperçue dans cet endroit. Il n’y en a qu’une qui rit comme une folle, c’est Laurence. Il n’y en a qu’une qui a le verbe haut en couleur, c’est Laurence. Il n’y en a qu’une qui n’arrête pas de parler, c’est Laurence. Il n’y en a qu’une qui ne se contrôle plus, c’est Laurence. Charlotte quant à elle, n’est pas à l’aise mais choisit de se moquer gentiment de son amie.

Laurence : Ben ouaih, c’est incroyable ce truc. Putain comme c’est dangereux.. Charlotte. Oh la la....


Ces rires en effet sonnent faux ! Ils sont excessifs et finissent par effrayer. La réaction n'est pas normale et pas loufoque du tout. Ce sont les effets de la drogue qui provoquent cela... Mais voilà tout le paradoxe et le grand piège ! Le premier joint a tendance à faire rire d’où la curiosité éventuelle du jeune. Mais grand Dieu, cela ne dure pas longtemps et c’est là, qu’il y a engrenage !!!

Il faut partir, cela devient gênant vis à vis des autres. Charlotte lui suggère. Elles ne le fument même pas en entier tant les résultats sont là et décident de détaler !

Charlotte : Bon, on se bouge. Je garde la moitié pour tout à l’heure, après manger.

Laurence : Ok. ranges le dans l’étui. Oh la la, wouh... c’est terrible ce truc.

Charlotte : Allez, lèves toi, on y va !

Laurence : Attends Charlotte ! Je ne peux pas.

Charlotte : Quoi ?

Laurence : Je ne peux pas bouger. Je ne déconne pas. Je ne peux pas.


En fait, Laurence aimerait se lever et se sauver de cette « boite » mais ses jambes sont engourdies. Elle reprend ses esprits, tente de se calmer

Laurence : Attends Charlotte. Faut que je me concentre. Je te jure, je ne peux plus bouger.

Charlotte a un regard inquiet. Elle observe Laurence, lui dissimule sa peur mais elle craint que son amie fasse un malaise. Laurence quant à elle, passe des fou rires de nervosité, contradictoires encore, à l’angoisse qui peut se lire sur son visage puisqu’il lui est impossible de se lever. Elles n’ont fumé que quelques taffes....

Laurence : Putain, il faut que je sorte de la-dedans. Je me sens mal. Oh.. c’est trop dangereux ce truc. Oh la la, les jeunes... les petits... Dire que maintenant dès la 6ème, certains fument... C’est pas possible !!! Mais quel est ce monde ??

Laurence préfère se taire et garde ses réflexions pour elle. Elles dérangent Charlotte. Son angoisse du moment est de penser tout de suite aux filles. Oui aux jeunes filles. Charlotte n’imagine pas à ce moment que de telles idées lui traversent l’esprit encore. Mais Laurence reste très lucide et ne pensent qu’aux jeunes filles qu’on pourrait tellement abuser sexuellement avec cette « merde » dans ce corps.... Laurence ne pensent qu’à ces jeunes incrédules ou en mal être qui ne se doutent pas qu’en essayant ne serait-ce qu’une fois, ils risquent de tomber dans la dépendance, un jour... peut-être..... sûrement ! Risqué non ? Laurence ne pense qu’à écrire ce qu’elle vit à ce moment là pour témoigner encore et encore puisque malgré ce que l’on sait, on dépénalise, on légitime, on fait mourir nos enfants.... Laurence psychote, comme on dit dans le jargon. Laurence sait aujourd'hui, plus que jamais, qu'elle va continuer à mener son combat contre la drogue, qu’elle mène discrètement, dans l’ombre !

Laurence : Bon faut qu’on se casse de là, tu m’aides ? Je vais me lever d’une traite et partir.

Elle réunit alors, toutes ses forces et se concentre pour ne pas tomber. Charlotte la guide. Plus rien ne compte si ce n’est, avancer pas à pas pour sortir de cette « boite » sans trop se faire remarquer.

Une fois dehors, un grand soulagement. Charlotte lance quelques vannes pour détendre l’atmosphère. Mais il est pesant cet atmosphère. Charlotte ne rigole plus. Charlotte a peur elle aussi du comportement de son amie et c‘est par le rire, les mimes qu‘elle va tenter d‘évacuer son stress qui lui est procuré.

Charlotte : Donne moi le bras ma douce, on va marcher et aller manger, ça ira mieux.

Laurence : Je ne peux pas là !

Charlotte : Quoi ?

Laurence : Je ne peux pas aller manger. Ca va pas le faire. Je te jure que je suis com-plè-te-ment cassée.

Charlotte : c’est pas possible. T’as rien fumé. Oh la la, comment tu réagis à ce truc...

Laurence qui titube comme une alcoolique en fait, est parfaitement consciente de tout ce qu’il se passe. Son esprit est en ébullition. Elle n’arrête pas de parler de ce qu’elles sont en train de faire. C'est son corps qui ne la suit plus....

Laurence : Tu sais quoi ma loute..

Elle n’arrive pas à s’exprimer. Elle repart dans la "folie de l‘expression orale". Un court silence à nouveau. Elle tente de reprendre sa conversation.

Laurence : Oh, tu sais quoi.... Oh j’arrive pas à sortir mes mots (toujours les résultats de la drogue)

Charlotte : T’emballes pas ma douce. Marches. Fais gaffe, il y a un trou. Vas pas tomber dedans.

Laurence : Tu sais quoi....

Charlotte : Ben je ne sais pas, j’attends. Ca fait 5 mn que tu essayes de me lâcher tes mots.

En effet, cela fait 5 mn que Laurence tente de s’exprimer. Elle a une idée en tête, c’est sûr, mais, difficulté de concentration, elle n’arrive pas à parler. Elles avancent alors, sans le moindre mot, vers la voiture. Tout s’embrouille dans la tête de Laurence. Toutes ces réflexions... Elle ne parle plus et ses yeux sont fixés sur cette voiture qui se rapproche enfin. Avec ce problème d’élocution et de concentration, elle pense là encore aux jeunes sur les bancs de l’école. Impossible pour eux de pouvoir travailler, ce pourquoi, leur résultat scolaire s’effondre...

Laurence : Oh la la.... comment je suis cassée. C’est trop dangereux ça

En fait, Laurence n’est plus avec Charlotte. Elle est avec les jeunes, elle est avec ses enfants, elle est en train d’écrire dans sa tête une histoire pour eux. Une histoire, un scénario, un clip, elle ne sait plus. Mais

Laurence : Tu vois ma douce, ce qu’on fait là, c’est grandiose...

Charlotte : Ayé, voilà que c’est grandiose maintenant. Qu’est ce que tu vas me dire ?

Charlotte sourit parce que Laurence n’arrive pas à sortir une phrase en entier. Elle se perd dans ses idées, mélange tout, balbutie. Mais en fait, Charlotte a de l’inquiétude en même temps. Sans doute prend-elle conscience à son tour de l’état dont s’est mise son amie.... Au fond d’elle même, elle commence à regretter. Quelle bêtise cette sortie ! Mais elle a l’intelligence de ne pas lui montrer ses inquiétudes qui pourraient amplifier celles de Laurence et noircir encore le tableau et toutes ses réactions physiques et psychiques.... qui pourraient la mener on ne sait où ???




Laurence : Le voilà mon scénario de film ! C’est incroyable, il y a deux jours, je regardais sur internet : « comment faire un scénario ? ». J’avais des idées mais trop complexes. Ayé, je sais ce que je vais écrire. Je sais, je sais. Oh la la....

Charlotte : je sais, ça fait trois fois que tu me le dis.

La drogue toujours, réduit toutes les capacités mentales. Charlotte reste silencieuse, n’est pas convaincue et écoute son amie. (repère pour moi p37)
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emilie



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MessageSujet: Re: [TP à -18] A tous ces ados qui souffrent en silence   Ven 8 Jan 2016 - 5:58

Charlotte : Alors, c’est quoi l’histoire.

Laurence : Je ne sais pas si cela sera un film, ou une histoire dans un livre ou peut-être un clip. Ouaih... c’est ça. Un clip... Oh oui... un clip ! J’ai les images.

Elle est complètement déjantée par cet artifice ! Elle est complètement stressée par toutes ses idées qui lui arrivent trop vite. Charlotte tente de changer de conversation. En fait, Laurence sait au fond d’elle-même qu'elle essaye de la détendre. Elle en a besoin parce que l'effet de la drogue la plonge en fait dans une angoisse terrifiante, vu les dangers qu'elle prend conscience et en perd tous ses moyens pour s'exprimer et cela se traduit par des rires nerveux.


Charlotte : Ah bon ? Un film ? .... Tiens, nous voilà à la voiture. T’as les clefs ?

Laurence s’arrête devant la voiture, s’accroupie, son sac à main parterre, cherche ses clefs.

Laurence : Les clefs ! Ou sont les clefs ?

Charlotte devient livide.

Charlotte : Qu’est ce que tu me dis là ? C’est quoi ton délire, cette fois ? Arrête tes conneries.

Laurence : Je te jure. J’ai paumé les clefs Charlotte.. Putain, c’est pas vrai. c’est pas vrai. Comment on va faire ? Les clefs ! Les clefs ! Mais où sont elles ? C’est pas possible.

Charlotte panique à son tour. Ce qu’elle ne dit pas à Laurence est qu’elle se fait son film aussi : Oh la la.. il faut un hopital.... elle est mal, comment faire pour rentrer ? Et Yves qui ne sait rien....

Charlotte : Alors, tu les trouves ?

Laurence a renversé maintenant tout son sac sur le sol. Un voyou pourrait passer et les démunir. Elles ne sont plus en état de se défendre... Charlotte attend, silencieuse. Cette ambiance est étouffante. Etouffante !

Laurence : Oh la la.... Je les ai. elles étaient dans le fond. C’est pas possible. Punaise, ça va être un cauchemar, je le sens.

Charlotte souffle mais sourit jaune. .

Charlotte : Oh la la, la journée.... je le crois pas ce truc... de fou.... Tu m’as fait peur...

Cette scène n’a duré que 5 mn mais elles ont l’impression de la vivre une éternité. Un moment hyper tendu encore. Cette scène en fait est vécue par le consommateur comme de la terreur. La drogue en effet, développe les peurs et provoque des situations très angoissantes où le sujet perd les pédales... Et dans ce cas précis, c'est toute la culpabilité d'être là en cachette, qui influence le comportement de Laurence. Elle se crée elle-même toutes ses situations... c’est comme une attaque de panique très dangereuse pour le consommateur qui pourrait avoir de mauvaises réactions dans d'autres circonstances....

Charlotte : Oh... c’est pas possible, tout à l’heure, tu les oublies sur le trottoir et là, tu me paumes les clefs. Putain, wouh...

Heureusement Charlotte a de bons réflexes. Parce que dans pareilles situations, elle pourrait être entraînée elle aussi, par les mauvais délires de Laurence.

Laurence : qu’est-ce que je fou là ? J’ai peur. On rentre.

En fait, Laurence est en grand désarroi. Chose très fréquente sur les sujets sensibles. Elle pense à ses enfants. Elle regrette. Elle a peur.

Charlotte : On va manger ?

Laurence : Quelle heure est-il ? Charlotte, je ne suis pas bien, là.

Charlotte : Monte dans la voiture. On va attendre un peu. Il est 13H30.


Cela fait une heure qu’elles ont fumé. Laurence se met au volant de sa voiture.

Charlotte : Tu peux conduire ?

Laurence : Ah non. Pas du tout. Im-pos-sible.

Une nouvelle angoisse monte. Comment vont-elles faire pour repartir ? Dans quel état s’est elle mise. Incroyable !

Laurence : Charlotte, je suis mal. J’ai chaud. Je n’arrive plus à ouvrir les yeux. Je te jure j’arrive pas. Je sens mes paupières terriblement lourdes


Laurence respire rapidement, transpire, souffre psychologiquement, a les yeux fermés. Des angoisses progressent également pour Charlotte....

Laurence : Touche mon front. Punaise, je suis trempée.

Charlotte : Bouge pas. Respire. Tranquille

Elle est formidable Charlotte. Pour dédramatiser la situation qui plonge Laurence dans une agitation, elle fait de l’humour , elle prend sur elle, maîtrise, pour détendre son amie peut-être.... Il le faut absolument. Cela devient dangereux....

Laurence : Oh... j’ai envie de vomir.... Oh.... j’ai chaud. Enlève mon manteau...

Laurence se retient de vomir. Charlotte sort vite un mouchoir . Laurence met ses mains sur la bouche.

Charlotte : je ne peux pas là, tu es trempée. Calme toi. Respire. Tranquille. On est bien. Il fait beau. Ca va passer. T’inquiète pas...

Charlotte emploie ces mots pour la rassurer mais en fait, elle a peur…

Laurence : Oh... j’ai envie de vomir

La portière s’ouvre. Laurence vomit en effet sur la route. Les hollandais, eux, doivent rigoler de ce manège dont ils sont tragiquement habitués néanmoins.... Plaque d’immatriculation française, deux personnes stationnées depuis une demi heure, vomissement sans même avoir pu sortir de la voiture. Classique ! Elles sont venues là pour se shooter ! Laurence vient de vomir. De la bile. La tension redescend. Silence dans la voiture. Charlotte ne doit pas être bien. Laurence le ressent car elle a tout ses esprits néanmoins.

Charlotte : descend ton siège ma puce. Allonges toi. Attends, j’essaye d’enlever ton manteau

Laurence : Quelle heure est-il ?

Laurence n'arrive toujours pas à ouvrir ses yeux...

Charlotte : t’inquiète pas. On a le temps. Il est 14h. On a tout le temps. On sera rentrée pour aller rechercher tes enfants à l’école.

Laurence reprend son calme. Puis, à nouveau elle s’emballe dans ses phrases et n’arrivent pas à les terminer... alors tout aussitôt, sentant une nouvelle crise montante, Charlotte en profite pour placer une blague, mimer la situation de la clef pour dédramatiser la situation encore, qui affole Laurence. Il faut faire rire son amie pour la détendre. Moment plus détendu que Charlotte a du faire pour recadrer Laurence.

Laurence : Ah la la tu parles d’une journée, expérience, restau, magasin et tra la la

Charlotte : ah tu l’as dis. Je m’en souviendrai


Elles sont là toutes deux, isolées dans la voiture, sur le parking. Il est 14H30 maintenant. Elles pourraient se faire agresser là encore, elles n'arriveraient pas à se défendre, c'est certain !!!

Laurence : j’ai soif. j’ai faim.

Charlotte : tu veux que j’aille chercher quelque chose ?

Laurence : non, non j’ai peur. Ne me laisses pas toute seule

Au même moment, une voiture s’arrête près d’elle. Deux jeunes au volant.

Les jeunes : extasy ? LSD ?

En fait, ils les avaient repérées et pratique courante en hollande, ils accostent les gens et leur proposent de la drogue. S’en est trop pour Laurence. Elle ferme sa fenêtre toute terrorisée.

Laurence : Charlotte, j’ai peur. On rentre. On rentre. J’ai peur. Faut sortir de cette ville.

Charlotte : tu es froide maintenant. Détends toi. je vais te caresser les mains.

Laurence, les yeux fermés se laisse faire par son amie très inquiète de ce qu’elles vivent depuis deux heures mais toujours à la "hauteur", Charlotte l’apaise comme elle le peut.

Charlotte : Ca va passer. Tu peux conduire ?

Laurence : Non, toujours pas....

La drogue en effet réduit toutes les réactions physiques. Le corps n'est déjà plus libre, sans compter l'esprit !!!

Laurence : Charlotte, combien j’ai fumé ?

Charlotte : un joint.

Laurence : combien, combien de.... Oh.... j’en ai marre, je ne trouve pas les mots.... combien j’ai... combien de.... Oh... combien de lattes j’ai tiré ?

Charlotte : je sais pas moi... euh... une dizaine. Oui une dizaine de taffes.


Laurence : Punaise, c’est pas possible. Tu te rends compte ? J’ai fumé 10 taffes et tu as vu dans quel état je suis. Oh la la ce truc est trop dangereux. trop dangereux. Et ces jeunes qui ne doutent de rien. Et ces jeunes très souvent qui sont mal dans leur vie qui pourraient à cause de cela avoir les mêmes réactions que moi... Oh la la... trop excellent... Oh la la c’est formidable ce que nous vivons.

Charlotte doit encore se demander ce qu’il lui reprend. Dangereux ? Excellent ? langage contradictoire ! Que dit-elle ? Elle retrouve soudainement son amie avec une joie de vivre. En fait, elle apparaît détendue mais toujours stressée par toutes ses réflexions négatives. Mais justement, elle repart, dans son délire d’écriture.

Laurence : Je sais, c’est un film que je vais faire

Charlotte : Tu as voulu faire l'expérience mais je te l'avais dis que c'était risqué. Moi je connais cela depuis l’age de 16 ans. J’ai tout essayé mais j’ai eu de la chance de m’en sortir à temps. J'ai arrêté mes conneries. Sauf que je n'ai jamais pris d'héroïne, sinon t'es vraiment foutu !!! (p42)
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emilie



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MessageSujet: Re: [TP à -18] A tous ces ados qui souffrent en silence   Sam 9 Jan 2016 - 5:41

Et d'ailleurs, même avec la cocaïne, c'est l'escalade vers la mort et la dépendance. Pas que physique mais psychologique. C'est la pire, peut-être !!!

Laurence : Arrête tes bêtises...: S’agit-il vraiment de chance ? c’est super dangereux. Toi tu as eu une force de caractère, je ne sais pas. Mais malheureusement tous ne l’ont pas. C’est trop dangereux Charlotte. Faut que cela s’arrête.


Charlotte : Et bien c'est sûr qu'il faut que cela s'arrête, tu m’as fais tout vivre aujourd’hui...

Laurence : Attends, c’est pas fini. On n’est pas encore rentré. Qu’elle heure est-il ?

Charlotte : 15h00

Laurence : Oh la la... c’est encore long. Quand est-ce que cela va s’arrêter ? Ouh.... là j’avoue que je commence à baliser.... Punaise, 10 lattes, seulement ! 2H30 qu'on galère !!!

Le téléphone sonne. Silence total. Elles pensent l'une et l'autre à leur famille de l'autre côté de la frontière. Charlotte saisit son portable. Tout aussitôt, Laurence se sent à nouveau mal.

Charlotte : C'est Hugo. Putain, qu'est-ce- que je fais ?

Laurence : Réponds pas. Laisse le déposer son message.

Elles ne sont pas bien à ce moment précis. Une nouvelle montée d'angoisses.

Laurence : Oh... j'ai envie de vomir là. Tu as vu comme j'ai peur et tout de suite... oh... je suis mal... heurkk..... heurrk

Nouveau vomissement sur le trottoir suite à cette anxiété.... Charlotte écoute le message laissé par Hugo.

Charlotte : Oh la la... il est en colère. Tu sais, c'est à propos de son père qu'il ne veut pas aller voir ce week-end.... Il faut bien qu'il le voit non ? C'est important. Qu'est ce que je vais lui dire pour le calmer ?

Laurence : t'inquiète, on va trouver une solution sur le chemin du retour. Ok. On rentre. Vite. J'en peux plus moi, de tout ça. Dès que j'ai de l'angoisse, je vomis triple boyaux.

Charlotte : Tu peux conduire là ?

Laurence : Non. Pas encore. Je commence à baliser sérieux, tu sais.

Charlotte : on va attendre encore un peu. Ben qu'est-ce que tu fais ?

Laurence : Ben... je mets ma ceinture.

Charlotte : En même temps, on est à l'arrêt, stationnée entre deux bagnoles. Tu risques rien ma douce. Aucun intérêt.

Laurence : Ben... on ne sait jamais !

Un nouveau regard entre elles deux, constatant la bêtise qu'il vient d'être dite là encore... Bêtises verbales multipliées toujours, sous l'effet de la drogue... Laurence est toujours déjantée…

Charlotte : La ceinture maintenant ! Fais gaffe, on ne sait jamais. Tu as raison ma loute. On ne sait jamais.... tu vois, je me rends compte aujourd'hui, par cette expérience de toutes les conneries que l'on peut dire. Celles là ne sont pas méchantes aujourd'hui, mais je me demande dans d'autres circonstances ce qu'il pourrait être dit ou fait, surtout.... Car bien souvent aussi il y a mélange avec alcool…




Laurence : Tu parles d'une journée, d'un restau. On a rien bouffé, je meurs de soif et on est là depuis trois heures à attendre que cela se passe dans une voiture, sur un parking ! Bon je commence à aller mieux. Ca va aller. Il faut que j’y arrive !

Charlotte : c'est bon tu peux conduire ?

Laurence : c'est pas terrible mais il le faut. Tu vas être mon co pilote. Car en plus, j'ai aucun sens de l'orientation. Il faut qu'on dégage de là, après ça ira mieux.

Charlotte : en plus, elle n'a pas le sens de l'orientation ? J'aurai eu la totale avec toi

Sourire tendu encore ! Heureusement que Charlotte a de l'humour mais elle est fatiguée. Vraiment fatiguée.. Laurence lui a procuré trop de stress et elle s'est rendue compte toute la journée de la responsabilité qu'elle avait de l'avoir embarquée dans cette expérience, de la gravité de son acte. Elle s'est rendue compte réellement du DANGER à voir son amie en si mauvaise posture !!! Cela lui a fait un effet miroir et elle s'est revue, lorsqu'elle consommait encore et tout ce qu'elle aurait pu subir à l'époque !! Elle l'a échappé belle comme on dit ! Puis elle repense à Joël, emporté par une overdose, il y a quelques mois et en raconte l'histoire à Charlotte. Herbe, cocaïne, héroïne.. Cela fait son 3ème amis décédé à cause de cela.... Cette histoire encore accentue toute les peurs de Laurence

Laurence : le joint !

Charlotte : quoi encore ?

Laurence : le reste du joint, celui qu'on devait terminer. Le petit bout. Il est où ? Jette le !

La encore, Laurence a une nouvelle panique. Toute sa journée a été rythmée par cela.. et grand Dieu, heureusement que Charlotte est auprès d'elle, lucide !!!

Laurence : jette le. J'ai la trouille. Et si on se fait prendre avec ça dans notre sac ? N’oublie pas que c’est une substance illégale en France et que nous risquons la prison. La prison, casier judiciaire, la vie foutue, quoi ! C'est bon, jette le. Oh.... j’ai encore envie de vomir... heurk... heurk

Troisième vomissement !

Charlotte : tu as raison. Cela serait le bouquet final. douane, taule.... , Yves, les enfants.... Oh la la la la.... Personne ne comprendrait !

Elle jette tout aussitôt l'écrin sous la voiture et Laurence à peine essuyée démarre. Elle se tient le ventre tellement il lui fait mal

Laurence : ça va être dur. Il faut que tu me guides. Mes jambes ne réagissent pas encore bien et j'ai la tête en vrac

Charlotte : ok. Suis la voiture grise. Vas y. Fonce

Laurence : wouh... quelle journée. On est dans les temps ? qu'elle heure est-il ?

Charlotte : Putain, tu me stresses encore avec ton heure. Roule. Reste sur la file de droite. Oui, c'est bon.

Laurence : Oh la la, c'est trop dur... heureusement que tu es là.... et ces mômes qui roulent après avoir fumé leur bédo... c'est pas possible un truc pareil.... c'est trop dangereux.... il faut que je fasse ce fichu texte, ce clip... je sais pas. Punaise, que les députés en costume, cravate, derrière leur bureau, fument le pétard avant de faire leur loi de cons et ils verront bien que ce n'est pas possible de conduire aussi..... alors qu'ils arrêtent de dépénaliser cette drogue. Cela me tue ! Cela les tue, nos jeunes !

Charlotte : concentre toi, roule, prends à droite

Laurence : yes ! c'est bon

Charlotte : attention, fais gaffe, fais gaffe, une caravane sur ta droite.... Attention, attention, vire à gauche...

Une voiture et sa caravane passe à deux doigt de la voiture. Charlotte se raidit et s'accroche au siège.... Elle ne rit plus là encore. Complètement paniquée, Laurence sent bien qu'il est tant de rentrer. Laurence roule sans même se repérer. Elle écoute son co pilote et fonce pour quitter cet enfer. L'accident vient d'être évité de justesse.... Charlotte est complètement paralysée et s'accroche à la portière.

Charlotte : Ouf.... on l'a évité... tu imagines si on avait cartonné... Oh... Oh la la.... vite faut rentrer...

Nouvelle détresse montante pour l'une et pour l'autre. Silence encore dans cette voiture. Conduire en ayant fumé le pet, est catastrophique ! Concentration pour quitter cette ville.Elles roulent maintenant depuis une heure trop vite, pour ne pas être en retard…. (p43)
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emilie



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MessageSujet: Re: [TP à -18] A tous ces ados qui souffrent en silence   Dim 10 Jan 2016 - 6:22

Laurence : la douane ! Faut éviter la douane ! J'ai peur de tout ça. Si on se fait arrêter qu'est ce qu'on dit. Ca va là ? Je conduis bien ?

Charlotte : .... Oh ben si les flics voient tes yeux, tu es complètement explosée. C'est incroyable, 10 lattes et tu es complètement déjantée...

Laurence : ben ouaih... je ne savais pas qu’on réagissait comme ça et tu as vu, d'être déjantée par cette drogue me fait dire que des conneries aussi....

Charlotte : Tu m'as fait vivre l'enfer. J'ai eu la peur de ma vie toute la journée. Je te voyais déjà à l'hosto et Yves et comment rentrer.... Tourne à gauche là.

Heureusement, Charlotte connaît bien le chemin du retour. Laurence se laisse complètement guidée et commence à se sentir mieux. Leur périple va s'achever. Elle va pouvoir écrire tout ce qu'il vient de se passer et les dangers de cet artifice au même titre que l'alcool. Peut-être pire dans la mesure où il anesthésie complètement le corps, en quelques bouffées seulement...

Laurence : Charlotte. Merci pour cette journée.

Charlotte : Oh ben plus jamais. C'est clair. Et tu voulais essayer les pilules ? Jamais ma pauvre, fais jamais ça, tu t'exploses carrément ! C'est 1000 fois pire. Jamais je ne te ferai prendre un truc pareil. Des pilules ? Arrête ! Tu as vu tes réactions ? Arrête tes expériences toi aussi !

Laurence : Ouaih... et je ne fais que penser aux jeunes, à mes enfants. C'est trop dangereux ces machins. Il faut que j'écrive ce moment qu'on vient de passer, Ya pas, il faut faire un truc. "Trop excellent" cette dramatique expérience.

Charlotte : excellent pour toi, l'écrivain en herbe ! Plus jamais ! J'ai eu la trouille toute la journée. Je peux te le dire maintenant.

Laurence : Je le sais que tu as eu peur. Je suis restée complètement lucide et je sais aussi que tu as fais le clown pour me soulager. Quelle heure est-il ? On est dans les temps ?

Charlotte : t'inquiète, c'est bon.


Laurence : passes moi mon portable, il est dans mon sac.

Charlotte : Tiens. Tu as eu des appels

Laurence : Ah bon...

Inquiétudes….

Laurence : qu'est ce qui se passe encore ?

Charlotte : c'est qui ?

Laurence : c'est bizarre. C'est la maman de la dame que je soutenais. Tu sais la femme droguée et alcoolique. Tu sais, Nadine, c'est sa maman. C'est bizarre, elle a essayé de m'appeler 3 fois... Et puis, tiens j'ai un message de sa fille aussi... Ben, qu'est ce que c'est que ça ? En plus, je ne parle plus ni à l’une ni à l’autre. Qu’est ce qui se passe ?

Charlotte : fais gaffe à ta route…. Appelle !

Laurence : non, j'ai la trouille. Non. J’ai peur. C'est bizarre. Pourquoi toutes les deux aujourd'hui. C'est incroyable ce truc.

Laurence est contrariée. Ses peurs reviennent encore mais ne dit rien à Charlotte. En fait, elle se fait un mauvais film là encore tout en roulant. Et si Elodie était morte par ses excès ? 21 ans qu'elle est dans cette "merde" ! Elle finira bien par mourir... Une overdose quand elle sera au bout du rouleau à ne pas réussir à décrocher !! Ou une crise cardiaque avec tous ces mélanges alcool, drogue, médicaments... Classique !!! Malheureusement !

Et si c’est vraiment cela, comment peut réagir Laurence, à cette forte émotion ? Comment rentrer en France ? Sans aucun doute, il faut écrire cette journée ! Que les consommateurs arrêtent de se démolir, de mourir à petit feu dans une atroce mort !!! Qu'ils arrêtent par là même, de faire souffrir leur parent, leurs frère et sœur, leur famille, leurs amis.... Que les petits malins cessent de faire connaître à leurs soit disant « amis »... Non ce sont des tueurs !!! La drogue entraîne tout le monde vers le cahot. Patricia Campagne, dans son livre « la Mauvaise Fréquentation » dit très justement : « Vous le père, la mère, les frères et les sœurs, vous êtes condamnés à souffrir, sans planer ! Une sorte de suicide collectif»

Laurence : Merci Charlotte pour cette journée de galère. Je te dis merci pour cette journée de galère ou je sers de cobaye pour témoigner. Je viens d'écrire dans ma tête avec toi un grand moment. J'ai pris conscience de plein de trucs encore qu'il faut que je mette sur le papier. Toi et moi, on vient d’écrire pour l’humanité (vocabulaire excessif encore). Oui Charlotte. On doit écrire ce cauchemar. Te rends tu compte de tous ces gamins qui peuvent sombrer là dedans ? Penses à Hugo, bordel ! Tu te rends compte, j’ai encore des effets, là.... après 4 h 00 de consommation. 10 taffes ! 10 taffes !

Charlotte : Ouahou... on vient d'écrire pour l'humanité ? Ouaih... mais tous n'en deviennent pas dépendants ? Arrêtes aussi !

Laurence : si ! c'est trop dangereux. Tous n'ont pas ta force ou ta chance, je ne sais pas. Ta volonté, ton milieu social. Pourquoi fuire la réalité dans quelquonque artifice. C’est pas ça la vie. Il faut affronter tous les problèmes et avancer. Consommer drogue ou alcool, c’est fuire ! Toi tu as réussis à arrêter tout cela par je ne sais quel miracle, mais combien sont-ils à passer au stade supérieur pour connaître davantage de sensations. Combien sont-ils déjà morts ? As tu oubliée que tu as perdu ton mari aussi, à cause de cela ? Après c’est le boulot que tu perds ou que tu ne peux pas trouver, parce que, impossible aussi de travailler avec cette dépendance qui rythme tes journées, t‘empêche de te concentrer et plus tard tes cellules du cerveau qui se détruisent..... et ne se renouvellent pas SURTOUT... Putain, mais c'est hyper dangereux Charlotte. Réalises bon dieu. Regardes ce que je viens de vivre pour 10 lattes ! 10 lattes ma douce. 10 seulement ! Mais ma copine, c'est comme cela qu'elle est devenue dépendante. C'était festif au début. Que le week-end. Ben voyons... jamais, mais jamais, elle n’aurait cru en devenir dépendante..."la dépendance, c'est pas pour moi, c'est pour les autres..." C'est comme le sida. Pour les autres... Ben voyons.... Cela se passe toujours comme ça et au final, c’est la MORT !!! Faut que j'arrête de fumer aussi. Avant que j'en crève ! C'est pareil. J'ai commencé gamine et je croyais pas que j'allais devenir une vraie droguée avec ça. C’est une vraie drogue la cigarette, Charlotte. J'en fume 35 par jour aujourd'hui. Complètement dépendante aussi. Je vais me chopper un cancer. Faut que j'arrête mes conneries. Je vais écrire. Vite.

Charlotte : Ok, nous voilà arrivés. Ouf... Il est 17 h 00 Et si on s'est fait gauler, qu'est ce qu'on dit.

Réalisez jeunes gens, le calvaire de 4 h 30, qu’elles ont vécu !!! Les dangers auxquels elles ont échappé. Pour 10 taffes, un demi joint !!!

Laurence : la vérité ! Oui, dire la vérité. Je prends tout sur moi. C’est moi qui t’ai demandé de m’embarquer là dedans. Je ne regrette rien et je dirai à Yves pourquoi j'ai fais cela. Je n'ai pas peur. C'est un grand moment. C'est pour les jeunes, pour mes enfants, les tiens, tous ces mômes.... Yves, comprendra je le sais !

Mais qu’avait-elle donc fumé, Laurence ?

« Juste » de l’herbe « améliorée ».... !!!!.....

Réfléchissez bien... Réfléchissez.... à ce « JUSTE un peu d’herbe » pour ceux qui seraient encore tentés et ceux qui ont encore tous leurs neurones... pas attaqués par la drogue !!! A ceux qui disent bêtement aux plus jeunes : "Gouttes, c'est bon", je leur réponds : "NON, c'est de la merde" ! Et je rajoute à celui qui influence, qui tente soit disant son « ami », pour essayer ce truc, je lui crache à la figure : tu es un tueur ! un assassin ! Parce qu'avec l'essai du joint, il peut sombrer dans la dépendance et en mourir !!!

Vous croyez peut-être, que toutes les réactions de viennent Laurence de son âge ? Et bien non, rien à voir ! Ces attitudes se retrouvent à chaque fois ! Faut-il vous dire : Allez y, fumez ! Puisqu’un jeune à tendance, par opposition de l’adolescence, à faire le contraire de ce que l’on demande ?

Moi je vous dis : J’ai servi de cobaye pour vous les jeunes et je vous en prie, ne risquez pas votre vie à essayer une « merde » pareille. Je vous en prie, je l’ai fait pour vous parce que je suis une adulte responsable ! Méditez bien tout ce texte et aidez votre ami, s’il consomme déjà et se croit malin, comme tant d’autres... Aidez le avant qu’il n’en crève !

Pour accentuer davantage toute la douleur qui peut découler de la prise d’un « simple » joint comme disent beaucoup, j'ai recueilli le témoignage d'une maman dont sa fille est dépendante depuis plus de 20 ans.... avec pour départ, un simple joint, aussi !

« Je m’appelle Nadine. J’ai 60 ans et cela fait plus de 20 ans que nous vivons un enfer mon mari et moi !

Elodie avait commencé, elle aussi par un joint à 17 ans ! Elle aimait la fête, la musique, les sorties. Elle était mal dans sa peau aussi comme beaucoup à cet age de leur construction individuelle. Pour se trouver une excuse, elle me reproche lorsque nous nous disputons, ma séparation d’avec son père. Je peux le comprendre qu’elle en fut perturbée. Qui ne le serait pas ? Mais quand il n’y a plus d’amour, faut-il rester ensemble et se disputer devant les enfants ? Les dégâts sur eux peuvent être identiques ! Alors.... Très difficile d’être parents, très difficile la vie de couple, très difficile la vie de famille... Qui a le mode d’emploi ? Je lui réponds souvent que tous les enfants victimes de divorce ne plongent pas dans la drogue ou l’alcool... non plus... Alors... Le problème est-il là ? Je pense que c’est un combiné de circonstances mais ce n’est pas l’objet de mon témoignage aujourd’hui.

J’ai envie de vous parler de ce qu’une maman ressent à voire sa fille se détruire. J’ai envie de vous parler de ce qu’une mamy ressent à voire sa petite fille subissant la maladie de sa maman...

Elodie malheureusement avait commencé par l’alcool déjà, comme c‘est souvent le cas puisque plus facile à s‘en procurer. Très tôt, on me rapportait, l’avoir vu à 17 ans, s’enfiler une bouteille de rosé dans le fond du jardin...

Très tôt Elodie s’est enfoncée dans ces artifices malgré l’amour de la famille et tout ce que nous avons pu lui offrir matériellement que peu de gens ont la chance d’avoir, aussi... Mais peut-être aussi, sommes nous passés à côté de quelques choses que nous n'avons pas vu.... ce dont tous les parents se posent comme question... Evidemment...

Très tôt Elodie fut dépendante ! Il suffit de quelques mois de consommation ! Voire, quelques semaines !

Aujourd’hui, elle est au fond du gouffre, nie évidemment ce qu’elle est devenue et trop souvent nous nous disputons à ce sujet. Le dialogue est très difficile. Ses artifices la rende agressive et constamment, j’ai peur d’elle lorsqu‘elle est en crise. Avoir peur de sa propre fille, c’est inimaginable, non ? A force de consommations excessives d’alcool, de drogue et de médicaments, elle est devenue polytoxicomane. C’est à dire, accro à toutes ces substances ! Nous ne comptons plus le nombre de psychologues qu’elle a consultés, le nombre de cures où elle n’allait pas au bout du sevrage, donc inutiles. Matériellement, nous ne comptons plus les voitures qu’elle a cassées, les emplois qu’elle a perdu, l’argent que nous lui avons donné pour subvenir à ses besoins. A ce sujet d’ailleurs, combien de fois nous dit-elle, « on n’achète pas les gens avec l’argent ? » Mais elle ne comprend pas, que c’est uniquement pour l’aider financièrement puisqu’elle n’est pas en mesure d’assurer pour sa petite famille ! Réalise t-elle aussi toute la « chance » qu’elle a, de pouvoir être aidée ? Combien finissent-ils seuls et abandonnés de la famille et des amis ? Nous ne comptons plus non plus, le nombre de compagnons qui ont fini par partir, désarmés, eux aussi et se préserver....

Tout ceci est malheureusement le résultat de sa dépendance !!! (p50)

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emilie



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MessageSujet: Re: [TP à -18] A tous ces ados qui souffrent en silence   Mar 12 Jan 2016 - 7:06



Mais quand va-t-elle comprendre que nous souffrons terriblement d’assister à la destruction de sa propre chair ? Mais quand va-t-elle avoir le déclic pour suivre une cure de désintoxication jusqu’au bout ? Seul remède efficace dans ce genre de maladie ! Mais quand va-t-elle consulter les Alcooliques Anonymes, seul moyen là encore, pour s’en sortir ! Mais quand va-t-elle tout arrêter définitivement ???

Je souffre, je crève à petit feu d’assister à sa lente mort !

Je suis impuissante et seule pour la soutenir ! Son père a abandonné le navire depuis longtemps... mais il souffre terriblement lui aussi et c’est sa manière peut-être de se protéger parce qu’il n’y croit plus... Alors que faut-il faire ? Que j’abandonne aussi mon combat pour elle ???.... Que je la laisse avec sa fille qu’elle élève seule, qui n’a rien demandé et qui vit un enfer ??? Non ! Je suis une maman avant tout ! Je suis une mamy !

A cause de la drogue et de l’alcool, Elodie s’est retrouvée dans des situations catastrophiques où elle subit les pires atrocités. Ce qu’elle a bien voulu me dire, pour ne pas m’inquiéter évidemment. Je sais, qu’elle fut violée plusieurs fois, battues et d'autres choses encore que je soupçonne et qu‘elle n‘ose me dévoiler pour me protéger.... J’ai froid dans le dos à m’imaginer toutes ces scènes d’horreur !!!

A l’adolescence, pour pouvoir s’acheter tous ses artifices, elle vola, fit des trafics en tous genres qui l’on menés bien souvent au commissariat. A tout cela s’ajoutait toute une violence physique à l’encontre de sa famille, de ses amis, des infirmiers lors des différentes hospitalisations. Vis à vis de la justice, elle a échappé au casier judiciaire ! Chose rarissime !



Que c’est sordide, pour une maman que je suis, d’être au première loge de son enfant qui se meurt ! Que c’est épouvantable, pour la mamy que je suis, d’être au première loge de sa petite fille, impuissante, qui subit aussi tout le mal être et les comportements de sa maman !

Vous raconter ce que nous vivons depuis plus de 20 ans m’est très difficile et trop souvent, j’en ai des malaises. Mais cela se résume en un mot : c’est l’enfer ! L'enfer en effet n'est pas que pour celui qui est malade de ces dépendances bien évidemment, il l'est aussi pour celui qui vit avec, celui qui observe, soutient comme il le peut, espère, désespère, ...

Chaque matin, je suis avec elle. Avec elles, dans mes pensées. Chaque matin, j’ai l’angoisse lorsque j’allume mon portable, d’avoir reçu un mauvais message... Chaque matin, je suis mal ! Mais l’imagine t-elle ? Comment vivre sereinement quand son enfant va mal ?

Chaque minute qui passe, Elodie est dans ma tête. Chaque minute qui passe, je tente de réfléchir et trouver des solutions.

Chaque minute, depuis 20 ans !

Parce que je ne suis pas malade, je n’ai pas le droit de me plaindre ?

Je dois garder toutes mes forces, pour elles. Mais jusqu’à quand ? Ma maladie, à moi, ne se voit pas. Ma maladie à moi, n’est pas officielle. Mais elle est bien là, je vous l’assure. Je suis malade d’Amour pour ma fille et petite fille qui me prennent parfois pour une « méchante » parce que je suis toujours là, à recadrer les situations, faire la morale à Elodie pour tenter d’éviter le pire... Ma petite fille ne sait pas tout évidemment parce que nous voulons la protéger. Aussi parfois ne comprend-elle pas mes réactions avec Elodie. Comme tous les enfants confrontés à ces problèmes, elle se tait et protège sa maman dont elle ne supporte plus les critiques à son encontre. Aussi, la petite parfois, se révolte aussi contre la famille... Plus tard, elle comprendra, je l’espère...

Ma vie à moi, je l'ai mise en stanbye. Cela me fait penser que lorsque je ne réponds pas aux textos d‘Elodie, elle pense que de mon côté, je vis ma petite existence tranquille. Mais non, quand je ne réponds pas, c'est parce que je suis contrariée encore par une de ses paroles, une de ses attitudes et je m'enferme alors dans un mutisme pour éviter le clash qui serait si terrible dans la mesure où il y a également ma petite fille... et que je ne veux pas les perdre non plus. Un clash qui pourrait mener à la rupture totale les laissant dans les ennuis aussi... Alors j’essaye d’être diplomate.

A cause de cela, bien évidemment, notre relation est tendue. Elodie ne se rend pas compte de toute la souffrance qu’elle engendre. Souffrance par sa maladie et tout ce qui en découle d’horrible mais surtout, souffrance au fait qu’elle ne veuille pas se soigner sérieusement. Au fait, qu’elle nie sa dépendance et triche avec tout le monde, à cause de cela. Je la connais par coeur, ma fille, depuis plus de 20 ans de mensonges.... Très difficile de lui accorder ma confiance trop souvent trahie...



J’ai bien tenté de la sensibiliser par rapport à sa fille. Dernier espoir pour moi, de façon à ce qu’elle « percute » l’enfer que vit aussi la petite. Mais non ! Rien n’y fait ! Son caractère, sa maladie, son "goût" aussi pour l'aspect désinhibant, une forme d’égoïsme, je ne sais pas, l’empêche d’admettre, de tout arrêter. Impossible cette démarche pense t-elle ?

Mais combien sont-ils à s’en sortir et arrivent à vivre leur vie sans artifice ? C’est possible !!!

Elodie ne supporte pas que je puisse souffrir et ne veut pas l’entendre. Bien sûr, c’est toute sa culpabilité. Mais il ne doit pas être là le problème. Il ne doit pas y avoir de culpabilité ni de sa part, ni de la mienne, ni de son père. On n’avance pas avec cela... Le problème est autre ! Le problème est devant ! Laissons le passé au passé et les reproches….

Elle doit avoir un déclic !

Elodie veut se persuader que sa fille va bien. Alors, elle me le hurle. Mais franchement, quel est l’enfant qui peut être bien dans ses basket, dans pareille situation ? Quel est l’enfant ? Évidemment que la petite ne se plaint pas, ne lui dit rien à elle, mais c'est à moi entre autres, qu'elle parle, quand elle est au paroxysme de sa souffrance qu'elle peut endurer. Elle a vu tant de choses et entendu tant d’horreur dans sa toute jeune enfance !!!

Comment une petite fille peut-elle réagir quand elle voit sa maman dans un coma dû à l'alcool ou à la drogue ? Je suis trop en colère et ma fille ne le supporte pas quand j'essaye par ce moyen de lui faire prendre conscience des dégâts sur le psychisme de sa fille... Ce n'est pas pour la culpabiliser que je lui dis ceci, je sais qu'elle en souffre sans pouvoir me l'avouer, c'est juste pour qu'elle ait ce fichu "déclic" !!! Ce n’est pas réellement de la colère non. Non, c’est de l’impuissance !!! Et il n’y a rien à faire, la petite ne veut pas être séparée de sa maman. Elle en mourrait me dit-elle. Alors que faire ?

Il y a eu des moments où elle était mieux et gérait plus ou moins ses excès. A chaque fois, on y croyait ! A chaque fois, on se disait qu'enfin le cauchemar était fini pour elle et pour nous, et... paf ! Une émotion et c'est reparti pour un tour... Cela fait 20 ans que ça dur !!!

Elodie est une magnifique femme. Ce n’est pas la maman qui parle, se sont les amis. Des yeux bleus qui lui mangent le visage. Elodie est très intelligente aussi avec un humour des plus subtiles. Elodie, à la base, est profonde et gentille. Elodie est une artiste également et excellait dans sa passion.... Quel gâchis !

Alors les jeunes, c'est à genoux que je me mets. A genoux devant vous, pour vous exprimer mon profond désir de vous hurler, vous entendez, de vous hurler :

Ne touchez jamais à cela ! Jamais !

Si ma fille ne m'entend pas, à notre grand désespoir, peut-être que vous, vous entendrez mon message !


La vie n'est pas facile, nous le savons, mais consommer les artifices est une fuite à vos problèmes. Vous devez les affronter ! Vous devez vous battre et acquérir confiance en vous. Vos émotions, apprenez à les gérer, en faisant du sport par exemple. Cela peut être le théâtre, la lecture, l’écriture, l’art en général. Bref, tout ce qui vous fait du bien ! Et pour terminer ce témoignage, si vous connaissez autour de vous, si vous doutez qu'un de vos proches, amis, membre de votre famille soit tombé dedans ou dans cette perspective, offrez donc ce livre, pourquoi pas ? Aidez-le ! Et soyez fiers de vous !!!



PS : un an s'est écoulé depuis l'écriture de ce texte. Elodie fit des rencontres. Des personnes qui ont eu le courage de lui dire ce qu'elle était devenue, de l'alerter avec acharnement sur les dangers pour sa santé et celle de sa fille. Elle eut bien des difficultés à admettre mais depuis peu, il faut l'avouer, quelques déclics se passent.... Elle n'est plus dans sa destruction et fait bien plus attention à sa propre santé et protéger sa fille . Elle consomme presque plus d'artifices et semblent gérer de mieux en mieux. C'est donc vraiment un message d'espoir que je veux passer là encore. Il faudra du temps et je veux y croire .... Mais la vie est courte….
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[TP à -18] A tous ces ados qui souffrent en silence
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