Encre Nocturne
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 Ernest et le grand méchant Patapaf

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La Lapine Cornue
Divine cerfette et ses lapins multicolores
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Féminin Balance Messages : 4644
Date d'inscription : 17/05/2014
Localisation : Endormie dans un terrier de lapins.
Humeur : Lapinesque. (ça veut dire paisible et joyeuse)

MessageSujet: Ernest et le grand méchant Patapaf   Ven 1 Jan - 18:10




Hey hey heeeey :la: ça fait un p'tit moment que j'ai pas écrit, je me refais la main avec cette nouvelle...


Intitulé du concours :
 

PS. Non, je n'ai consommé aucune substance illicite avant d'écrire ceci. Oubliez votre cerveau en route, ça vaudra mieux... :virgule:





Ernest et le grand méchant Patapaf






           C'était presque le soir d'Halloween, et Ernest ne se tenait plus d'impatience. Comme chaque année, il avait attendu ce moment avec fièvre. Il trépignait en attendant qu'il fasse bien noir. Ses parents lui interdisaient de pointer la truffe dehors tant qu'il restait encore un seul rayon de soleil ; parce qu'Ernest n'était pas un garçon de dix ans comme les autres. C'était un petit loup.
           Son père était Gévaudan le Terrible, celui qui avait décimé des troupeaux entiers de brebis lorsqu'il était jeune ; c'était même comme ça qu'il avait rencontré sa future femme, d'ailleurs, une vraie louve celle-là : en lui volant sous la truffe le troupeau qu'elle guettait depuis deux jours. Ils avaient établi leur territoire sur cette terre de forêts, de neige et de vent, dans ce village perdu au milieu de nulle part. Là où Ernest était né, là où chaque année il parcourait les rues lors de la nuit d'Halloween. Le seul moment où personne ne s'inquiétait de ses oreilles velues et de son museau pointu. Le seul moment où il pouvait rire avec les autres enfants comme si de rien n'était, en se moquant intérieurement de leurs masques de plastique et de papier mâché. Ha ! Lui n'avait pas besoin de tout cet attirail pour faire peur, il était un loup-garou, un vrai, et il en était fier !
           Le soleil, aussi rouge et rond qu'un ballon, disparut enfin derrière la ligne noire des sapins. Les réverbères s'allumaient les uns après les autres, comme de grosses boules de lumière ; les ombres s'allongeaient et se transformaient en spectres affamés.
           C'était Halloween, enfin !
           Ernest se faufila dehors. Le vent glacé, chargé de l'odeur des sapins, ébouriffa sa fourrure hirsute. Il bondit dans la rue et sautilla en direction des rires des autres enfants.
           Au moment de les rejoindre, il tourna le coin de la rue et tomba nez à nez avec une affreuse vieille femme. Il sursauta et fit deux pas en arrière, avant de l'observer sans gêne. C'était une silhouette difforme, ramassée sur elle-même comme un gros crapaud et drapée d'une cape qui sentait la poussière. Elle était couverte de pustules… dont une énorme juste au bout du nez. Et quel nez ! Si grand et si pointu qu'on aurait dit un bec d'oiseau accusateur, pointé vers Ernest.
           – On ne t'a jamais dit que c'était malpoli de regarder les vieilles dames comme ça ? dit-elle d'un ton sec.
           Guère impressionné, Ernest fixa les yeux globuleux et injectés de sang et se pinça la truffe avec un mauvais sourire.
           – Tu me bloques le passage, vieille momie ratatinée, et en plus tu pues. Laisse-moi passer !
           Il faut préciser qu'ayant grandi dans une famille de loups sans foi ni loi, Ernest n'était pas très bien élevé… loin s'en fallait.
           La vieille dame suffoqua de rage ; l'une de ses longues mains crochues jaillit de sous sa cape et attrapa l'oreille du petit loup. Celui-ci se débattit en grognant.
           – Lâche-moi, sale sorcière ! finit-il par gronder. Tu me fais mal !
           – Je te fais mal ? lança la grand-mère en le secouant de plus belle. Et toi, tu ne m'as pas blessée en m'insultant avec tant de méchanceté, peut-être ? Petit malpoli ! Excuse-toi tout de suite, et plus vite que ça. Je n'ai pas que ça à faire de dresser des louveteaux !
           – Rêve toujours, la vieille, cracha Ernest hors de lui. Continue comme ça et j'appelle mon père, Gévaudan le Terrible !
           La sorcière partit d'un grand ricanement moqueur. Elle le lâcha, mais avant qu'il ait pu réagir, elle pointa vers lui un long ongle jaunâtre et lâcha sa sentence :
           – Par mes pouvoirs d'immortelle, moi, Rastapoulpa la sorcière, je te condamne à errer dans une nuit éternelle jusqu'à ce que tu aies réparé l'offense que tu m'as faite !
           Elle s'enroula dans sa grande cape usée, seul son nez immense dépassait du tissu. Avant de disparaître dans un "Pouf" assorti d'un nuage de poussière, qui fit éternuer Ernest.
           – Sale sorcière moche et puante, râla-t-il en reprenant sa route. Quelle vieille folle !
           Mais il ne tarda pas à se rendre compte que quelque chose clochait. Il n'y avait plus un bruit dans la rue, plus de rires ni de cris d'enfants. Même le bruit de ses pas paraissait assourdi… Un peu inquiet, il s'arrêta. Il remarqua soudain que les lampadaires s'étaient éteints sans un son ; et aussi que de grandes ombres glissaient sur le sol en rampant comme des serpents, en s'enroulant autour de ses pieds avec d'affreux bruits de succion. Terrifié, il s'arracha d'un bond à leur étreinte et sauta sur le muret le plus proche. Peine perdue, les ombres le suivaient ! Elles escaladaient lentement les pierres, comme des plantes grimpantes.
           – Me touchez pas ! Dégagez ! Laissez-moi tranquille !
           Elles commençaient à attendre ses bottes. Il entendait des ricanements et des chuchotements dans le vent… Il était sûr que c'était les leurs !
           – Non ! Non ! Laissez-moi ! A l'aide, au secours ! hurla-t-il, au comble de la terreur.
           – Calme-toi, mon jeune ami, dit soudain une voix paresseuse.
           – Quoi ? Quoi ? sursauta Ernest en tournant sur lui-même comme une girouette. Qui me parle ?
           Un chat noir était tranquillement assis à côté de lui, au beau milieu des ombres visqueuses. Il se lécha une patte avec application, avant de poser ses yeux jaunes sur le petit loup.
           – Qui es-tu ? Qu'est-ce que tu fais là ? Aide-moi, s'écria Ernest qui sentait les ténèbres remonter le long de sa jambe.
           – Moi ? Je suis un chat.
           – Sans blague ! hurla Ernest. Tu vas m'aider, sale bestiole de malheur, oui ou non ?
           Vexé, le chat dit sans faire mine de bouger :
           – Puisque je suis un chat, et même un très beau chat noir, j'aimerais qu'on m'appelle "chat" ou "le chat", mais pas "sale bestiole de malheur".
           Plein de rage, Ernest répondit par un coup de pied bien placé, qui manqua de faire tomber le félin du muret. Celui-ci fit un bond en arrière, feula et cracha pendant quelques instants. Il finit par se rasseoir un peu plus loin, et ajouta d'un ton sec :
           – Je te déconseille de m'agresser. Et puis arrête de t'agiter comme ça, au nom de Rastapoulpa, ces ombres veulent juste te dire bonjour !
           Ernest s'immobilisa aussi sec, pas très rassuré pour autant, et demanda :
           – Tu connais cette atroce vieille sorcière qui pue ?
           – Un peu de respect, louveteau. Et évidemment, c'est l'une des plus puissantes sorcières d'Halloween !
           – Dis-moi où on est. Il y a trois minutes j'étais encore dans mon village, et là tout a disparu !
           En effet, où qu'il porte son regard, il ne voyait qu'un immense désert noir et lugubre, où la lune et le vent gémissaient en chœur. Leur muret en pierres se tenait désormais au milieu de nulle part…
           – Pourquoi est-ce que je te répondrais ? dit le chat agacé. Tu m'as insulté, et tu viens de me frapper. Tsss… Tu es plongé dans la nuit d'Halloween pour toujours. Ce n'est pas toi qui as choisi d'être là ?
           – N'importe quoi ! Pourquoi j'aurais voulu atterrir dans un endroit aussi désert et nul que cet affreux trou paumé ! râla Ernest. C'est la vieille Rasta-je-sais-pas-quoi qui m'a envoyé ici…
           – Haha, voilà autre chose… Pas de chance, petit loup, tu es coincé ici pour l'éternité, dit le félin avec un sourire vicieux.
           Ernest eut un sursaut apeuré. Il bondit sur la créature et la plaqua contre la pierre en montrant les crocs.
           – Dis-moi comment rentrer chez moi, espèce de sale bestiole inutile !
           Le chat le regarda un long moment. Puis un sourire immense se déploya sur son visage, d'une oreille à l'autre. Grimace diabolique qui n'avait rien de naturel. Ernest regarda ses dents en lames de rasoir miroiter sous la lune. Il commençait à regretter de lui avoir sauté dessus…
           – Je te conseille de ne pas trop faire le fier ici-bas, siffla la voix du chat à ses oreilles. Tu pourrais tomber sur plus fort que toi…
           Les yeux jaunes du félin s'exorbitèrent lentement. Toujours souriante, sa tête fit un tour sur elle-même, puis un deuxième. Ernest sentit ses poils se hérisser en entendant les vertèbres craquer. Puis elle se décrocha d'un coup sec. Il hurla de terreur lorsqu'elle roula à ses pieds… Un ricanement retentit et le corps du chat se leva tranquillement. Il s'éloigna comme si de rien n'était.
           Tétanisé, Ernest  scruta la tête restée là, puis le corps, puis la tête et encore le corps.
           – Bon, je me sens généreux, dit soudain le chat toujours en train de sourire au sol. Apporte-moi quelques souris et je te dirai comment sortir d'ici !
           Puis il y eut un grand cri qui déchira le silence, et les deux parties du félin se fondirent dans l'obscurité.
           Ernest, le cœur battant à tout rompre, mit du temps à se remettre de ses émotions.
           – Saleté de chat maléfique, finit-il par grogner. Je lui montrerai, moi !
           Il lâcha aussi quelques gros mots. Tant pis, il trouverait bien quelqu'un d'autre que ce chat, quelqu'un de moins effrayant, qui pourrait l'aider.
           – Et comment je trouverais des souris, moi, hein ? râla-t-il, avant de sauter du muret. Laisse tomber ! Tout ça, c'est la faute de Rastapoulpa !
           Il se mit en marche au hasard, dans cette lande désertique, avec le vent qui lui gelait la truffe et lui hurlait aux oreilles. Aucune étoile ne scintillait dans le ciel ; seule restait la lune, aussi bleue que si elle avait moisi dans ce ciel trop noir. Elle éclairait d'une méchante lumière les arbustes squelettiques dispersés ici et là. Les oreilles du petit loup étaient chatouillées par un carillon, sans qu'il comprenne ce dont il s'agissait. Il s'approcha du buisson le plus proche, méfiant. Il se retrouva soudain nez à nez avec les orbites béantes d'un crâne !
           – Aaaah ! hurla-t-il en trébuchant en arrière.
           Les deux trous noirs et insondables le fixaient. Ernest était paralysé. Au bout de quelques terribles instants, il conclut que le crâne ne risquait pas de lui sauter à la gorge. Il était suspendu à l'une des branches maigres de l'arbuste et tanguait doucement au vent. Ernest reconnut aussi un os de bassin, un fémur, une omoplate… "Nom d'un chien, pensa-t-il mort de trouille, mais ces buissons sont de vrais cercueils !"
           Voilà d'où venait le joli bruit de carillon… C'était le vent qui faisait cliqueter les os accrochés aux branches ! Ernest se pencha vers le crâne inexpressif et fit une pichenette à ce qui restait du nez.
           – Ben mon vieux, ça va pas de me fixer comme ça ? Paraît que c'est malpoli…
           Il y eut un silence dans la lande. Puis deux lueurs blanches apparurent tout au fond des orbites du squelette, comme deux étoiles mortes. Ernest se sentit glacé jusqu'aux os ; il devint livide sous sa fourrure. Il recula doucement.
           – C'est à moi que tu parles comme ça, petit morveux ?
– C'est à moi que tu parles comme ça, petit morveux ? dit soudain une voix maléfique.
Désincarnée, elle flottait dans le vide et s'effilochait au vent.
           – Euh… balbutia Ernest terrifié. Non, non !
           Une fois de plus, il en avait trop dit… Il tourna les talons et détala juste au moment où le crâne sautait de la branche. Lorsqu'il toucha terre, ses mâchoires se mirent à claquer comme un piège devenu fou.
           – Argh ! Mais il me suit ! Au secours ! hurla le petit loup paniqué.
           – Reviens ici tout de suite ! Je vais t'apprendre à réveiller les honnêtes morts qui dorment ! chuinta la voix du crâne qui bondissait juste derrière sa proie.
           Pris dans sa course folle, Ernest heurta un autre buisson ; le choc fit dégringoler par terre tous les os qu'il portait. Ceux-ci se mirent aussi à poursuivre celui qui les avait dérangés…
           – Aaaaaaah ! Mais laissez-moi ! pleura Ernest en galopant de plus belle.
           Cette fois, il allait y passer ! Il sentait déjà les mâchoires du crâne mordre le cuir de ses bottes…
           Mais il heurta soudain quelqu'un de plein fouet. Ils basculèrent tous les deux par terre en gesticulant. Ernest se remit debout d'un bond, terrorisé à l'idée que les os lui tombent dessus ; il se cacha vite derrière l'inconnu qui se relevait lui aussi.
           – Aidez-moi, aidez-moi, pépia-t-il, ils veulent me manger !
           – Allons bon ! répondit celui qui allait devenir son sauveur. Je ne le permettrai pas.
           Il écrasa un fémur du talon, réduisit un tibia en miettes, fractura une colonne vertébrale et finit par éclater le crâne fou d'un coup de pied puissant.
           – Par la mort qui me lie à toi, frère osseux, et par le sang et la chair qui me font vivre encore, je te renvoie dans les ténèbres !
           Les débris du squelette frissonnèrent comme s'ils avaient pris froid, puis se brisèrent en mille éclats. Le vent les dispersa comme autant d'étoiles.
           – Bon, à nous deux, à présent ! dit l'inconnu avant de se mettre à renifler profondément. Je sens que je vais me régaler, ce soir… ça faisait longtemps que je n'avais pas mangé de loup.
           Ernest se rendit compte, trop tard, que celui qui se dressait au dessus de lui n'avait pas l'air d'un bienfaiteur… Immense, il était aussi décharné qu'un squelette qui se serait habillé de peau. Son teint était plus blafard que la craie ; son corps était drapé dans un lourd manteau noir. Ernest se sentit minuscule face à lui. Le monstre lui fit un sourire plein de méchanceté :
           – Et alors, on n'a jamais vu de vampire ?
           Ses yeux était vides et rouges, comme deux lacs de sang. Le petit loup y voyait son reflet, hypnotisé. "Alors c'est comme ça que je vais finir, pensa-t-il. Et Papa et Maman qui vont m'attendre demain matin… "
           Il eut soudain un sursaut d'orgueil. Non, ça n'allait pas se terminer comme ça !
           – Lâche-moi, sale vampire miteux, ou tu le regretteras ! Mon père s'appelle Gévaudan le terrible, c'est un grand loup noir qui mange dix moutons par repas ! Si tu me fais du mal, il le saura et viendra te dévorer vite fait !
           Mais décidément, cette menace qui marchait si bien d'habitude n'impressionnait plus personne ce jour-là. Comme Rastapoulpa, le vampire éclata d'un grand méchant rire :
           – C'est ça ! J'aurai donc un grand rôti tout frais en prime !
           Ernest se tut et se laissa entraîner malgré lui. La peur recommença à lui faire mal au ventre ; cette fois, il était bien perdu. Oubliant sa fierté, il se mit à crier à tue-tête :
           – Chat ! Chat ! Aide-moi ! Je te trouverai autant de souris que tu voudras, je te le jure ! Au secours !
           Il n'avait guère d'espoir. Il avait insulté le chat, l'avait frappé ; celui-ci devait sûrement se réjouir d'être débarrassé de lui…
           – Tu vas te taire oui ? siffla le vampire en lui pinçant la truffe.
           Ernest le mordit jusqu'au sang ; son agresseur hurla toute une série de gros mots qui auraient fait pâlir Gévaudan lui-même.
           – Quelle bande de malpolis, soupira une voix qui flottait au milieu du vent. Il n'y a donc que moi pour connaître les bonnes manières ?
           Les grands yeux jaunes du chat apparurent dans une bourrasque. Ils se mirent à danser la gigue en tournant autour du vampire, comme deux yoyos pris de folie.
           Le suceur de sang lâcha Ernest et fit deux pas en arrière, effrayé.
           – Ne t'avise plus de toucher à ce louveteau, ajouta la voix du félin. Il me doit une demi-douzaine de souris, mais tu pourrais bien les remplacer si tu l'empêches d'honorer sa part du marché…
           Son sourire en lame de rasoir s'étira doucement sous les yeux flottants. Terrifié, le vampire détala ventre à terre. Le visage du chat apparut en entier et se pencha vers Ernest :
           – Et toi, ne me fais pas regretter de m'être donné tout ce mal. J'attends toujours mon repas ! Et tu pourrais me dire merci…
           Le petit loup inclina la tête sans répondre, encore tout surpris que le chat ait volé à son secours. L'idée d'avoir un protecteur était bien agréable… Celui-ci grommela et disparut dans les ténèbres.
           – Bon, réfléchit Ernest, comment je vais faire pour dénicher des souris, moi ?
           Une idée de génie traversa son crâne. Il sauta sur ses pieds avant de s'élancer à la suite du vampire, qui courait toujours au loin.
           – Hé ! Hé, toi, le vampire stupide et moche ! claironna-t-il fièrement.
           L'autre courut de plus belle, mais fut bien obligé de s'arrêter, à bout de souffle. Il regarda Ernest trotter vers lui comme si c'était le diable en personne.
           – Ecoute-moi bien, lança le petit loup à peine essoufflé. Tu sais ce qu'il m'a dit, mon ami le chat ? Il a dit qu'il allait venir te manger, ici et maintenant !
           Le vampire trembla de tous ses os et se jeta à genoux devant lui.
           – Non, non, pitié ! Je ne te ferai plus jamais de mal ! Plus jamais !
           Ernest fit mine de réfléchir.
           – Bon, comme je me sens généreux, je lui dirai de ne pas te manger, mais à une condition ! Trouve-moi une demi-douzaine de souris.
           – Des souris ? fit le vampire. J'essaierai d'en attraper quelques-unes, même si ce sont pas mes proies favorites. Je ferai de mon mieux. Je reviendrai te voir quand ce sera fait…
           – Ah non ! Je parie que tu vas filer et ne plus jamais revenir, grogna Ernest.
           – Je peux te donner un gage de ma bonne volonté, dit le vampire à contrecœur.
           Il arracha l'un des rubis qui fermaient son grand manteau, et le posa dans la petite patte d'Ernest.
           – Avec cette pierre, tu pourras m'appeler à n'importe quel moment. Là, c'est bon, tu es content ?
           Ernest hocha la tête, satisfait du marché.
           – Ça marche. A tout à l'heure !
           Le vampire grogna et s'éloigna à grands pas. Ernest le regarda disparaître dans la lande d'Halloween.
          Une vague de cris et de hurlements glacés rampa soudain jusqu'à lui. Il sursauta, se retourna et aperçut au loin une marée noire et sanglante qui se déversait dans la plaine. Il s'agissait de spectres et de squelettes. Le sang d'Ernest se glaça dans ses veines. Les créatures décharnées se traînaient entre les arbustes, s'appuyaient les unes sur les autres pour tenter d'avancer plus vite. Leurs bouches étaient déformées sous la violence de leurs gémissements. Les os s'entrechoquaient, des voiles déchirés flottaient au vent. Tous portaient de vieux diadèmes usés, de vieux masques déformés, de vieilles capes poussiéreuses. On aurait dit que les morts se rendaient à un carnaval macabre.
           Ernest se fit tout petit jusqu'à ce que le troupeau de cauchemar disparaisse à nouveau. Tremblant de froid et de peur, glacé jusqu'aux os, le petit loup se mit à pleurer en pensant à sa maison toute chaude. Il se sentait bien seul et perdu, loin de son village et de la forêt où il faisait jadis la loi...
           Les hurlements sinistres reprirent soudain, beaucoup plus proches ! Ernest releva la tête et se rendit compte, plein de terreur, que les monstres écorchés se dirigeaient vers lui. Paralysé, il regarda leurs bouches béantes et leurs orbites vides se rapprocher, encore et encore…
           Il était perdu. Ils étaient désormais si proches qu'il pouvait sentir le sang et la poussière qui imprégnaient leurs os !
           Quand soudain retentit dans l'air un froufrou soyeux. Le petit loup n'osa pas bouger, pétrifié à l'idée de voir encore un monstre répugnant. Mais devant ses yeux écarquillés, le cortège de cadavres fut fauché d'un seul coup, comme les blés. Ernest pensa d'abord au chat maléfique, mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'un immense corbeau se posa sur les restes des squelettes !
           L'oiseau était si titanesque qu'Ernest avait l'impression de se noyer dans son ombre. Une goutte de sang dégoulina doucement le long du bec aussi acéré qu'une faux. Ses yeux ronds et blancs étaient aveugles ; et chacune de ses plumes paraissait de fer, aussi barbelée qu'un harpon. Ernest n'osait pas faire un geste face à un tel monstre. Peut-être ne l'avait-il pas vu ?
           Mais le charognard gigantesque baissa sa tête noire vers le petit loup. Celui-ci ferma les yeux. Il se prépara à être coupé en deux par le bec mortel…
           – J'ai vu quelque chose briller, de là-haut, dit le corbeau en fixant les pattes d'Ernest avec ses yeux morts.
           Celui-ci ouvrit les doigts. Le rubis donné par le vampire étincela de mille feux rouges. Le corbeau eut un immonde frisson, qui fit cliqueter toutes ses plumes de métal.
           – Qu'est-ce que tu veux en échange ? demanda-t-il de sa voix lugubre.
           – Des souris ! répondit Ernest sans réfléchir.
           Le corbeau cligna une paupière translucide en gardant le silence. Le petit loup croisa les bras et se retint de ne pas l'insulter. "Dépêche-toi, je n'ai pas que ça à faire", pensa-t-il.
           Le charognard ouvrit soudain ses ailes gigantesques, qui scintillèrent d'un éclat sinistre. Il prit son envol dans de grandes gerbes de vent qui faillirent emporter Ernest.
           Celui-ci attendit longtemps le retour de l'oiseau. Alors qu'il finissait par penser que le corbeau avait abandonné, il le vit revenir au loin, glissant dans le ciel avec légèreté. Il était entouré d'un nuage d'oiseaux minuscules. Le petit loup vit qu'il s'agissait de chouettes et de hiboux lorsqu'ils atterrirent tous ensemble devant lui. Chacun d'eux tenait une souris entre ses serres…
           Ernest fut bientôt entouré d'un tas de souris frétillantes. Il remercia les rapaces, fou de joie. C'était la première fois qu'on l'aidait de bon cœur, et il en était tout surpris. Les hiboux et les chouettes reprirent leur envol dans un concert de hululements. Avant de donner le rubis au corbeau, Ernest le fit tourner trois fois dans sa patte et appela le vampire.
           Il y eut un "Pouf", un nuage de poussière, et le suceur de sang apparut devant lui.
           – J'ai horreur de ça, toussa-t-il, à moitié étouffé.
           – Tu as attrapé des souris ? demanda Ernest.
           Le grand bonhomme pâle et décharné sortit une souris d'une poche de son manteau. Il la tenait par la queue et elle gigotait en couinant.
           – Pas bonne chasse, grogna le vampire.
           Son ventre maigre produisit un bruit affamé. Ernest, le cœur allégé par l'espoir de rentrer chez lui, se sentait généreux pour de vrai cette fois-ci. Il lui dit gentiment :
           – Garde-la pour toi, moi j'en ai assez comme ça.
           Surpris, le vampire remercia. Il jeta un coup d'œil inquiet au grand corbeau de fer, avant de s'éloigner discrètement.
           – Si tu repasses par ici, fais-moi signe, lui lança-t-il avant de disparaître.
           Plein de joie, Ernest donna le rubis au corbeau.
           – Veux-tu que je te conduise quelque part ? croassa celui-ci.
           – Non, merci beaucoup, répondit le petit loup qui n'avait jamais autant remercié de sa vie.
           – Désormais, tu pourras faire appel à moi, conclut le corbeau.
           Il s'envola bruyamment et Ernest se retrouva soudain bien seul, au milieu de la lande déserte. Mais son cœur était gonflé de joie : il avait des alliés, désormais. Des amis aussi monstrueux que serviables. Quand ses parents sauraient ça !
           – Chat ! s'écria-t-il. J'ai tes souris ! J'en ai plein pour toi !
           Une silhouette trottina vers lui, comme recrachée par les ténèbres. Il reconnut les yeux jaunes de son protecteur, ainsi que son sourire terrifiant qui n'avait rien de félin. Le chat noir engloutit les souris dans de longs craquements d'os brisés. Ernest se boucha les oreilles.
           – Allez, avoue, dit-il quand le festin se termina. T'es pas un vrai chat, plutôt une sorte de démon, hein ?
           Le chat noir se lécha les babines, faisant disparaître le sang qui les avait tachées. Il ne restait plus rien des souris, pas même une queue. Il s'étira longuement. De grandes griffes d'acier, articulées comme des pinces maléfiques, jaillirent de ses coussinets et labourèrent le sol.
           – Te voilà bien curieux, dit-il enfin sans répondre. En tout cas, sache que je te ferai sortir d'ici si tu me ramènes l'objet sacré du grand méchant Patapaf.
           Son corps s'effaça doucement dans les ombres. Seuls restèrent sa tête et son sourire sinistre, suspendus dans le vide devant Ernest.
           – Bon courage, ricana-t-il. Personne n'a jamais réussi à trouver l'objet sacré…
           Sur ces mots, la tête ronde et noire s'éloigna en sautillant dans l'air, comme montée sur ressorts.
           – C'est tout ? dit Ernest, qui ravala ses larmes. Tout ça pour ça ?
           Comment pouvait-il espérer trouver un objet caché dans ce désert cauchemardesque ? Il faudrait des années, des centaines d'années, afin de fouiller chaque racine et chaque buisson !
           Refusant de se laisser abattre, le petit loup décida de faire appel à ses amis.
           – Vampire ! Corbeau ! Et même vous, chouettes et hiboux ! J'ai besoin de vous !
           Il y eut un frémissement qui fit vibrer l'air autour de lui ; le suceur de sang apparut dans un nuage de poussière. Ils éternuèrent en chœur, puis le vampire grogna en se penchant vers Ernest :
           – Qu'est-ce qu'on dit ?
           – Euh… S'il vous plaît ?
           Dans un froissement d'ailes puissant, le corbeau atterrit près d'eux et fit trembler le sol. Il les fixa de son œil mort. La nuée de rapaces nocturnes l'accompagnait encore.
           – Oh, merci, merci d'être venus ! balbutia Ernest. S'il vous plaît, je dois trouver l'objet sacré du grand méchant Patapaf, si je veux rentrer chez moi. Vous savez ce que c'est ? Vous pouvez m'aider à chercher ?
           – Je ne sais pas… Je connais un objet magique, en tout cas, dit le vampire. Je peux te l'apporter, si tu veux.
           Il disparut à nouveau dans un mouvement de cape. Les oiseaux prirent leur envol sans mot dire.
           Ernest était sûr et certain que ses drôles d'amis allaient trouver l'objet sacré. Ils étaient plus magiques et puissants qu'il ne le serait jamais. Il se résolut donc à attendre.
           Le vampire ne tarda pas à réapparaître, pris d'une terrible quinte de toux qui manqua lui faire cracher ses poumons.
           – Saleté de poussière à la noix, crachota-t-il. Tiens, regarde. C'est l'objet fétiche des vampires depuis la nuit des temps !
           Les oiseaux se posèrent à leur côté et laissèrent tomber des objets variés. Puis tous fixèrent Ernest, attendant son verdict.
           Le vampire lui avait apporté une coupe magique qui se remplissait de sang à volonté. Le corbeau avait choisi une énorme citrouille à l'air démoniaque, qui était emplie de pierres précieuses étincelantes. Les chouettes et les hiboux avaient déposé chacun une babiole différente. Ernest était certain que l'objet sacré n'avait rien à voir avec tout cela. Il réfléchit un moment avant de dire :
           – Merci à tous, ce sont de très beaux objets… Mais vous n'avez pas trouvé l'objet sacré. Je n'aurais pas dû vous demander ça. C'est à moi de régler cette histoire… Reprenez votre trésor et rentrez chez vous. Vous m'avez quand même bien aidé !
           Perplexes, ses alliés finirent par obtempérer ; ils disparut après un salut. Ernest inspira à fond. Il savait ce qu'il devait faire. Chacune des créatures avait son propre objet favori ; il n'existait pas d'objet sacré de la nuit d'Halloween toute entière… Le petit loup prit son courage à deux mains et s'écria :
           – Grand méchant Patapaf ! Es-tu là ? Dis-moi quel est ton objet sacré, que j'aille le chercher !
           Alors un grand cri déchira le silence. Ernest tomba à genoux et se boucha les oreilles en gémissant.
           Lorsque le son atroce cessa et qu'il put se relever, il tomba nez à nez avec le chat noir, tranquillement assis devant lui. Ses yeux étaient plus jaunes que jamais, leur lumière trouait les ténèbres. Il eut un drôle de sourire et dit :
           – Le grand méchant Patapaf n'existe pas. Enfin si : c'est moi !
           Ernest tomba des nues.
           – Je me demandais bien comment tu allais te sortir de là, commenta le félin. Personne n'a jamais trouvé mon objet sacré, puisque personne n'a jamais osé me poser la question en face. Dis-moi, petit loup, as-tu peur de moi ? gloussa-t-il méchamment.
           Sa tête ronde fit un tour complet sur elle-même, faisant craquer les os. Ernest grimaça. Puis son sourire démoniaque s'élargit jusqu'à engloutir tout son visage. Il finit par fondre comme de la mélasse et se répandit dans l'ombre d'Ernest. Le petit loup se rendit compte que celle-ci avait désormais des oreilles de chat et un grand sourire de lumière.
           – Oui, très peur, répondit-il après réflexion. Mais j'avais aussi peur du vampire qui a essayé de me manger et du corbeau géant qui a l'air aveugle. En fait, ils ne sont pas méchants. Toi non plus, tu n'es pas méchant. Juste effrayant.
           – Bon ! dit l'ombre aux oreilles de chat. Puisque tu as l'air un peu moins malpoli qu'avant, je vais te montrer mon objet.
           Le chat reprit forme féline et tendit sa petite patte noire. Il déposa dans celle d'Ernest… un simple collier bleu à grelot.
           – Un… un collier pour chat ? dit le petit loup, éberlué.
           – C'était le mien, jadis. Maintenant que tu l'as, tu vas rentrer chez toi et le donner à Rastapoulpa. Tu veux bien faire ça pour moi ?
           – Bien sûr, acquiesça Ernest sans comprendre. Merci pour tout, chat !
           Sur ces mots, un tourbillon de vent et de flammes se déploya autour de lui…
           – Reviens nous voir un de ces jours ! lança le chat avec un sourire si large qu'il ne restait presque plus de place pour ses yeux.
           Quand Ernest n'eut plus le tournis, il se rendit compte qu'il se trouvait debout devant Rastapoulpa, au milieu de la petite rue de son village.
           "Je suis revenu ! pensa-t-il le cœur gonflé de joie. J'ai réussi, je suis chez moi !"
           – Quoi quoi ?! sursauta Rastapoulpa en le voyant devant elle. Comment as-tu fait pour sortir de la nuit éternelle ?
           Ernest lui tendit le collier bleu. Elle le prit dans ses vieilles mains ridées et fixa le nom brodé dessus : "Patapaf".
           – Je… Je n'y crois pas, dit-elle doucement. Tu l'as vu… Il est vivant…
           Elle serra le collier contre elle et une larme coula le long de son nez crochu.
           – Mon petit minou est vivant…




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Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

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Cap' d'aller lire ?

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Alton

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MessageSujet: Re: Ernest et le grand méchant Patapaf   Sam 2 Jan - 8:56

Whaaa, cro bien !  :ffmental:

J'aime beaucoup ta nouvelle avec toute une galerie de personnages tous plus frappés attachants les uns que les autres, son ambiance Halloween super bien rendu et surtout ses dialogues, qui m'ont permis de renouveler mon stock d'insultes pour l'année, elle est pas belle la vie ?

Et puis il y a des expressions et des comparaisons géniales ! :corn2:

Tout ça pour dire MERCI et ENCORE !

ps : merci, maintenant je vais avoir les chansons de ''l’Étrange noël de Monsieur Jack'' dans la tête toute la journée.
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Aube Kürten

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MessageSujet: Re: Ernest et le grand méchant Patapaf   Sam 2 Jan - 11:20

lança le chat avec un sourire si large qu'il ne restait presque plus de place pour ses yeux. ( trop mignion :p )

alors une tres belle nouvelle :) comme le Alton, l'ambiance Halloween ce fais ressentir a merveille :) je suis meme faché que tu nous les pas sortit vers le 30 octobre ( bon ces pas grave :) )

la suite :) merci beaucoup en tout cas Corne , elle etait juste genial se debut d'histoire

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je ne suis pas la beauté de ton cœur
Je suis la pensé sombre que tu t'efforce a cacher


J'incline le miroir face à moi
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MessageSujet: Re: Ernest et le grand méchant Patapaf   Sam 2 Jan - 12:24

Brou. C'est trop mignon. Mais yas pas assez de chouette.
Fait gaffe à tes virgule.
L'histoire est vraiment cool. Ça manque un peu de peur. Mais c'est trop bien.
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Aisling

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MessageSujet: Re: Ernest et le grand méchant Patapaf   Lun 11 Jan - 19:02

J'ai beaucoup aimé ! J
J'ai eu l'impression de retrouver tous ces livres genre "Chair de Poule" que je lisais gamine sous la couette. La palette de créatures Halloween était très sympa et bien choisi, bien que je regrette de ne pas avoir entendu plus parler des chouettes, qui n'ont pas grande importance, mais sont les seules à ne pas avoir été décrites plus que ça. J'ai particulièrement aimé le chat, une variante de Cheshire Cat pour moi, plus particulièrement, le corbeau *.*
Sinon c'était un parfait livre pour enfants ! Ce qui n'est pas si facile que ça, de faire une histoire intéressante, mais avec des termes pas trop compliqué, et je pense que tu as réussi haut la main le fait de faire un texte avec une façon d'écrire plus simple que ce que j'ai déjà lu de toi auparavant et malgré tout, toujours aussi intéressante.
Et puis bien sûr la fin avec le collier du chat, c'est vraiment super mignon !

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ASSIA



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MessageSujet: Re: Ernest et le grand méchant Patapaf   Lun 11 Jan - 20:47

très drôle et rempli de surprises! et bien écrit. Le chat d'Alice recyclé aussi!
Après est-ce que cela doit autant craquer, saigner et se faire dévorer tout cru pour les petites souris? Wink dans un livre pour minots? en tout cas bravo, surtout ce style limpide! et une leçon de politesse assez rude! :)
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La Lapine Cornue
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MessageSujet: Re: Ernest et le grand méchant Patapaf   Lun 18 Jan - 17:59

Huhu merci à tous de votre lecture :huh:


Alton : hahaha c'est moi qui te remercie de cet enthousiasme (chuis pas allée trop loin dans les insultes imaginatives là, j'aurais pu faire bien pire AHDE)

Aube : huhu je me demandais si quelqu'un allait relever cette phrase qui m'a bien plu à écrire rire2 Et yy'a pas de suite, voyons... Ewi éwi c'est fini ! :la:


Ragne : ouaaaais je sais pour la peur... J'ai rajouté deux-trois phrases par ci par là, ça n'a pas changé grand chose mais bon >< tant piiiis Merci de tes conseils en tout cas, et de ta lecture, toujours :3

Ais : ah oui... au début je comptais lâcher des trucs plus précis pour les chouettes, mais en fait comme le nombre de caractères était compté, j'ai dû virer tous les trucs superflus :( je souffre aussi :( Haha une fan du corbeau :-p Merciiiii pour ce gentil commentaire cute

Assia: haha exact :3 merki :la: et pour les trucs sanglants, bé euh j'avoue que j'ai un peu utilisé ça dans l'espoir de rajouter un peu de peur dans ce truc pas assez flippant >< J'ai pas d'enfants sous la main pour tester ça... rire2 Bah on verra bien aux résultats, hein. Merci de ton commentaire ^^


Huhu vous êtes gentils de lire mes looongs textes coeur

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