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 Féminisme: Zéro et infini

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MessageSujet: Féminisme: Zéro et infini   Dim 31 Jan - 20:43

Certains d'entre vous le savent, je réalise actuellement un documentaire sur le féminisme. Ou du moins sur sa forme de communication. Dans ce sujet, je vais globalement transmettre mes carnet de bords, les brouillons d'interviews, les transcriptions d'interviews, les analyse de livres et d'extraits vidéos.
Je le fait notamment pour avoir des retours sur mon approche et appréhender de nouvelle idées. Réduire ma marge d'erreur et mes erreurs de réflexion.

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Carnet de bords #01

Ce soir, j’avais envie de réfléchir. Ceux qui me connaissent savent que je n’aime pas vraiment parler de moi, parler de soi, c’est envisager son échec qu’on travesti dans l’arrogance absolu de la première personne du singulier. Pronom si abjecte qu’il a en lui toute la sourde angoisse de la domination que mon corps chétif, parce que blanc, mâle et hétéro, exerce. Je est un être qui véhicule l’enfer pour les autres.

Je suis issue d’une pensée plutôt de gauche, l’humain est pour moi le fruit de manipulations qui sont bien antérieur à Machiavel. Petit déjà, je connaissais le mythe de la bataille des Thermopyles, qui a vu s’affronter 300 spartiates à 10 000 perses aux gorges chaudes. Cette propagande est vieille, elle nous parle d’une ville qui défie une nation si grande qu’elle englobait toute l’Asie. Et qui gagne dans la défaite. Peut-on voir discours plus puissant dans l’histoire ? Manipulation mieux réussi ?

Je ne suis pas sociologue, pas communicant, à peine historien, à peine politologue. J’ai fuis toute ma vie dans des histoires que j’ai lues d’abords et que je me suis mis à créer après. Parce que ce monde m’a toujours fait peur, comme une fête étrange faite de violence et d’étranges conventions basées sur la défiance mutuelle. Aujourd’hui, je croule sous les projets en attente, des centaines d’histoires s’entassent dans ma tête. Mais pour la première fois, j’ai  choisi d’écrire un projet qui parle du monde, à travers une caméra, je voulais parler du féminisme. Des errements de ce mouvement pourtant fondamental. Parce que sa forme souvent trop agressive amenait à une perception biaisée de ses idées. Mais un drôle de doute m’étreint. Quelle légitimité j’ai à réaliser ce documentaire ? Ne serait-ce pas l’éternel spasme d’une domination masculine qui grogne face à l’indignation du dominé ?

Pourtant, il y a tant à dire. L’analyse des mots qui nous parvienne permet une analyse de l’indignation. De la violence symbolique à la violence réelle qu’on peut voir dans les actes des femens. Du discours formel qui découle du projet crocodile qui n’est pas sans rappeler les caricatures d’âges trop sombres où l’amalgame affleure sans conscience de lui-même. Des incitations à la censure des principales organisations envers un discours qu’elle juge dominateur. De l’oraison d’un communautarisme naissant de certaine qui voit l’impossibilité en l’homme de l’existence d’un féministe. J’ai vu parfois les stigmates d’un fascisme mineur mais présent.

Beaucoup de question me hante, la question de la langue où la domination masculine s’exerce absolument doit-elle rester ainsi ? L’académie française nous explique que le pluriel qui se fait au masculin, c’est l’adoption française du cas neutre. En lisant Jakobson ou Saussure, je ne sais plus lequel, on pourra voir que c’est le langage qui permet le fait social et que c’est ce système de communication qui fait que l’humain n’est plus animal. Si la langue reconnait une domination masculine, que doit-on déduire de sa société ? Mon propos étant résolument une critique de communication, comment aborder ce sujet ?

Et aujourd’hui face au déferlement de haine que le féminisme connait, mon cœur balance entre deux citations de Koestler, cet auteur que j’admire pour sa clairvoyance et son humanité. La première se passe de commentaire : « Selon ce que je connais de l'histoire, je vois que l'humanité ne saurait se passer de boucs émissaires. Je crois qu'ils ont été de tout temps une institution indispensable. » Le féminisme a tout pour être honni, c’est une chimère, une coalisation sans chef, à but diffus qui a autant de théories que de sympathisant. Bouc émissaire parfait dans une société trop ordonné et à domination masculine.

Et pourtant, le deuxième extrait me fait douter, dedans, il parle du fascisme absolu qu’à connu l’URSS, mais la transposition se fait si facilement. « Tous nos principes étaient bons, mais nos résultats ont été mauvais. Ce siècle est malade. Nous en avons diagnostiqué le mal et ses causes avec une précision microscopique, mais partout où nous avons appliqué le bistouri, une nouvelle pustule est apparue. Notre volonté était pure et dure, nous aurions dû être aimés du peuple. Mais il nous déteste. Pourquoi sommes-nous ainsi odieux et détestés? Nous vous avons apporté la vérité et dans notre bouche elle avait l'air d'un mensonge. Nous vous avons apporté la liberté et dans nos mains, elle ressemble à un fouet. Nous vous avons apporté la véritable vie, et là où notre voix s'élève, les arbres se dessèchent et l'on entend bruire les feuilles mortes. Nous vous avons apporté la promesse de l'avenir, mais notre langue bégaie et glapit. ». La communication ne dépend pas du fond de l’idée mais de sa forme. Alerter sur les errements que connait la forme féministe est-elle légitime ? Je ne saurais dire.

Alors, je vous quitte sur les derniers mots de Roubachof, issu du même livre que j’ai citer à deux reprise. : « Pourquoi meurs-tu ? je me trouve en face du néant absolu. Il n'y aurait rien qui vaille de mourir, si l'on mourait sans se repentir […]. C'est pourquoi, au seuil de ma dernière heure, je fléchis les genoux devant le pays, les masses et tout le peuple. La mascarade politique, la momerie des discussions et des conspirations est finie. Nous étions politiquement décédés bien avant que le citoyen procureur de mande nos têtes. Malheur aux vaincus, que l'histoire foule dans la poussière ! Je n'ai devant vous, citoyens juges, qu'une justification : de n'avoir pas choisie pour moi la voie la plus douce. La vanité et les derniers vestiges d'orgueil me chuchotaient : Meurs en silence, ne dis rien ; ou bien meurs avec un beau geste, avec un émouvant chant du cygne ; laisse déborder ton coeur et jette un défi à tes accusateurs. Cela aurait été plus facile pour un vieux rebelle, mais j'ai surmonté cette tentation. Avec cela ma tâche s'achève. J'ai payé ; mon compte avec l'Histoire est réglé. Vous demander pitié serait ridicule. Je n'ai plus rien à dire. » La réponse est peut-être là.
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La Lapine Cornue
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MessageSujet: Re: Féminisme: Zéro et infini   Dim 31 Jan - 22:28

C'est génial. Sérieusement. C'est tellement bien écrit que c'est limite si la forme ne cache pas les idées (j'avoue qu'il y a des phrases où il faut bien se tordre la cervelle, ou bien c'est juste moi qui suis fatiguée) x)

Bref, en gros, je serais incapable d'en faire un résumé, parce qu'à la lecture tu te dis "MAIS C'EST BIEN SÛR :ffmental: " mais que dès le dernier mot est lu, tout s'est déjà emmêlé dans ta tête et c'est pas très clair. M'enfin voilà, c'est un super projet où tu t'avances sur des terrains dangereux, mais à l'aide de bons arguments :unjournormal:

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Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
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Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
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Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
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Ippa

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MessageSujet: Re: Féminisme: Zéro et infini   Dim 31 Jan - 23:23

Rani a écrit:
Certains d'entre vous le savent, je réalise actuellement un documentaire sur le féminisme. Ou du moins sur sa forme de communication. Dans ce sujet, je vais globalement transmettre mes carnet de bords, les brouillons d'interviews, les transcriptions d'interviews, les analyse de livres et d'extraits vidéos.
Je le fait notamment pour avoir des retours sur mon approche et appréhender de nouvelle idées. Réduire ma marge d'erreur et mes erreurs de réflexion.





Carnet de bords #01

Ce soir, j’avais envie de réfléchir. y a t'il un moment out tu ne réfléchi pas? Ceux qui me connaissent savent que je n’aime pas vraiment parler de moi, parler de soi, c’est envisager son échec qu’on travesti dans l’arrogance absolu de la première personne du singulier. Pronom si abjecte qu’il a en lui toute la sourde angoisse de la domination que mon corps chétif, parce que blanc, mâle et hétéro, exerce. Je est un être qui véhicule l’enfer pour les autres.

Je suis issue d’une pensée plutôt de gauche, l’humain est pour moi le fruit de manipulations qui sont bien antérieur à Machiavel. Petit déjà, je connaissais le mythe de la bataille des Thermopyles, qui a vu s’affronter 300 spartiates à 10 000 perses aux gorges chaudes. Cette propagande est vieille, elle nous parle d’une ville qui défie une nation si grande qu’elle englobait toute l’Asie. Et qui gagne dans la défaite. Peut-on voir discours plus puissant dans l’histoire ? Manipulation mieux réussi ? j'avoue que j'ai eu du mal a comprendre ce paragraphe. Mon probleme est, je pense, que je n'arrive pas a en voir la finalité avant la fin. et que meme comme ca, j'ai du mal a comprendre que tu parle des effet des manipulation sur le monde d'aujourd'hui.

Je ne suis pas sociologue, pas communicant, à peine historien, à peine politologue. J’ai fuis toute ma vie dans des histoires que j’ai lues d’abords et que je me suis mis à créer après. Parce que ce monde m’a toujours fait peur, comme une fête étrange faite de violence et d’étranges conventions basées sur la défiance mutuelle. Aujourd’hui, je croule sous les projets en attente, des centaines d’histoires s’entassent dans ma tête. Mais pour la première fois, j’ai  choisi d’écrire un projet qui parle du monde, à travers une caméra, je voulais parler du féminisme. Des errements de ce mouvement pourtant fondamental. Parce que sa forme souvent trop agressive amenait à une perception biaisée de ses idées. Mais un drôle de doute m’étreint. Quelle légitimité j’ai à réaliser ce documentaire ? Ne serait-ce pas l’éternel spasme d’une domination masculine qui grogne face à l’indignation du dominé ? tu a toute légitimité a partir du moment ou tu pose clairement que tu ne sais pas si tu a le droit ou non de poser cette question

Pourtant, il y a tant à dire. L’analyse des mots qui nous parvienne permet une analyse de l’indignation. De la violence symbolique à la violence réelle qu’on peut voir dans les actes des femens. Du discours formel qui découle du projet crocodile qui n’est pas sans rappeler les caricatures d’âges trop sombres où l’amalgame affleure sans conscience de lui-même. Des incitations à la censure des principales organisations envers un discours qu’elle juge dominateur. De l’oraison d’un communautarisme naissant de certaine qui voit l’impossibilité en l’homme de l’existence d’un féministe. J’ai vu parfois les stigmates d’un fascisme mineur mais présent. es ce que tu peut pas glisser quelque remarque sur ce fascisme? je pense que ce serai intéréssant

Beaucoup de question me hante, la question de la langue où la domination masculine s’exerce absolument doit-elle rester ainsi ? L’académie française nous explique que le pluriel qui se fait au masculin, c’est l’adoption française du cas neutre. En lisant Jakobson ou Saussure, je ne sais plus lequel, on pourra voir que c’est le langage qui permet le fait social et que c’est ce système de communication qui fait que l’humain n’est plus animal. Si la langue reconnait une domination masculine, que doit-on déduire de sa société ? Mon propos étant résolument une critique de communication, comment aborder ce sujet ? clair, net, précis :)

Et aujourd’hui face au déferlement de haine que le féminisme connait, mon cœur balance entre deux citations de Koestler, cet auteur que j’admire pour sa clairvoyance et son humanité. La première se passe de commentaire : « Selon ce que je connais de l'histoire, je vois que l'humanité ne saurait se passer de boucs émissaires. Je crois qu'ils ont été de tout temps une institution indispensable. » Le féminisme a tout pour être honni, c’est une chimère, une coalisation sans chef, à but diffus qui a autant de théories que de sympathisant. Bouc émissaire parfait dans une société trop ordonné et à domination masculine. Clair et net encore

Et pourtant, le deuxième extrait me fait douter, dedans, il parle du fascisme absolu qu’à connu l’URSS, mais la transposition se fait si facilement. « Tous nos principes étaient bons, mais nos résultats ont été mauvais. Ce siècle est malade. Nous en avons diagnostiqué le mal et ses causes avec une précision microscopique, mais partout où nous avons appliqué le bistouri, une nouvelle pustule est apparue. Notre volonté était pure et dure, nous aurions dû être aimés du peuple. Mais il nous déteste. Pourquoi sommes-nous ainsi odieux et détestés? Nous vous avons apporté la vérité et dans notre bouche elle avait l'air d'un mensonge. Nous vous avons apporté la liberté et dans nos mains, elle ressemble à un fouet. Nous vous avons apporté la véritable vie, et là où notre voix s'élève, les arbres se dessèchent et l'on entend bruire les feuilles mortes. Nous vous avons apporté la promesse de l'avenir, mais notre langue bégaie et glapit. ». La communication ne dépend pas du fond de l’idée mais de sa forme. Alerter sur les errements que connait la forme féministe est-elle légitime ? Je ne saurais dire. mais la suite! la tu me laisse clairement sur ma faim.

Alors, je vous quitte sur les derniers mots de Roubachof, issu du même livre que j’ai citer à deux reprise. : « Pourquoi meurs-tu ? je me trouve en face du néant absolu. Il n'y aurait rien qui vaille de mourir, si l'on mourait sans se repentir […]. C'est pourquoi, au seuil de ma dernière heure, je fléchis les genoux devant le pays, les masses et tout le peuple. La mascarade politique, la momerie Ha! je savais bien que j'allais apprendre un mot! sinon ce serai pas un de tes textes des discussions et des conspirations est finie. Nous étions politiquement décédés bien avant que le citoyen procureur de mande nos têtes. Malheur aux vaincus, que l'histoire foule dans la poussière ! Je n'ai devant vous, citoyens juges, qu'une justification : de n'avoir pas choisie pour moi la voie la plus douce. La vanité et les derniers vestiges d'orgueil me chuchotaient : Meurs en silence, ne dis rien ; ou bien meurs avec un beau geste, avec un émouvant chant du cygne ; laisse déborder ton coeur et jette un défi à tes accusateurs. Cela aurait été plus facile pour un vieux rebelle, mais j'ai surmonté cette tentation. Avec cela ma tâche s'achève. J'ai payé ; mon compte avec l'Histoire est réglé. Vous demander pitié serait ridicule. Je n'ai plus rien à dire. » La réponse est peut-être là.
J'adore cette phrase de fin qui n'en ai pas une

Encore un texte magnifique. tu nous ammene a réfléchir de manière plus poussé a des chose qui semble "normal". Par contre... la suite! la on a juste envie de te piquer ton carnet pour lire la suite :p Bref j'adore et j'attend la suite! :ippa:

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Etonnante est cette lubie qu'ont les hommes d'appeler les choses par leur nom
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Ariart

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MessageSujet: Re: Féminisme: Zéro et infini   Lun 1 Fév - 11:42

Bon, je vais me répéter, mais le féminisme est un sujet que j'adore, pour les raisons que tu soulignes, et parce qu'il fait partie de ces sujets que beaucoup croient défendre alors qu'ils ne font que l'abattre lentement mais surement.

J'ai beaucoup aimé cette page de ton carnet, aussi me suis-je permis, comme mes voisins du dessus, d'y apporter quelques éléments de mon point de vue :)

Ragne a écrit:
Certains d'entre vous le savent, je réalise actuellement un documentaire sur le féminisme. Ou du moins sur sa forme de communication. Dans ce sujet, je vais globalement transmettre mes carnet de bords, les brouillons d'interviews, les transcriptions d'interviews, les analyse de livres et d'extraits vidéos.
Je le fait notamment pour avoir des retours sur mon approche et appréhender de nouvelle idées. Réduire ma marge d'erreur et mes erreurs de réflexion.





Carnet de bords #01

Ce soir, j’avais envie de réfléchir. Ceux qui me connaissent savent que je n’aime pas vraiment parler de moi, parler de soi, c’est envisager son échec qu’on travesti dans l’arrogance absolu de la première personne du singulier. Pronom si abjecte qu’il a en lui toute la sourde angoisse de la domination que mon corps chétif, parce que blanc, mâle et hétéro, exerce. Je est un être qui véhicule l’enfer pour les autres.

Je suis issue d’une pensée plutôt de gauche, l’humain est pour moi le fruit de manipulations qui sont bien antérieur à Machiavel. Petit déjà, je connaissais le mythe de la bataille des Thermopyles, qui a vu s’affronter 300 spartiates à 10 000 perses aux gorges chaudes. Cette propagande est vieille, elle nous parle d’une ville qui défie une nation si grande qu’elle englobait toute l’Asie. Et qui gagne dans la défaite. Peut-on voir discours plus puissant dans l’histoire ? Manipulation mieux réussi ?

Je ne suis pas sociologue, pas communicant, à peine historien, à peine politologue. J’ai fuis toute ma vie dans des histoires que j’ai lues d’abords et que je me suis mis à créer après. Parce que ce monde m’a toujours fait peur, comme une fête étrange faite de violence et d’étranges conventions basées sur la défiance mutuelle. Aujourd’hui, je croule sous les projets en attente, des centaines d’histoires s’entassent dans ma tête. Mais pour la première fois, j’ai  choisi d’écrire un projet qui parle du monde, à travers une caméra, je voulais parler du féminisme. Des errements de ce mouvement pourtant fondamental. Parce que sa forme souvent trop agressive amenait à une perception biaisée de ses idées. Mais un drôle de doute m’étreint. Quelle légitimité j’ai à réaliser ce documentaire ? Ne serait-ce pas l’éternel spasme d’une domination masculine qui grogne face à l’indignation du dominé ?

Pourtant, il y a tant à dire. L’analyse des mots qui nous parvienne permet une analyse de l’indignation. De la violence symbolique à la violence réelle qu’on peut voir dans les actes des femens. Du discours formel qui découle du projet crocodile qui n’est pas sans rappeler les caricatures d’âges trop sombres où l’amalgame affleure sans conscience de lui-même. Des incitations à la censure des principales organisations envers un discours qu’elle juge dominateur. De l’oraison d’un communautarisme naissant de certaine qui voit l’impossibilité en l’homme de l’existence d’un féministe. J’ai vu parfois les stigmates d’un fascisme mineur mais présent.

Beaucoup de questions me hanteent, la question de la langue où la domination masculine s’exerce absolument doit-elle rester ainsi ? L’académie française nous explique que le pluriel qui se fait au masculin, c’est l’adoption française du cas neutre. En lisant Jakobson ou Saussure, je ne sais plus lequel, on pourra voir que c’est le langage qui permet le fait social et que c’est ce système de communication qui fait que l’humain n’est plus animal. Si la langue reconnait une domination masculine, que doit-on déduire de sa société ? Mon propos étant résolument une critique de communication, comment aborder ce sujet ?
Faire preuve de pragmatisme, selon moi, quand aux revendications de la langue. S'il est vrai qu'elle est le fondement de l'éducation, il est utopiste de croire que c'est dans les accords grammaticaux que le féminisme a de l'avenir. C'est ici l'ordre du détail. Le détail qui fait grand bruit, mais surtout celui qui disperse le mouvement du féminisme là où il ne le devrait pas. C'est là de l'ordre de la finition, la dernière pierre à l'édifice, la cerise sur le gâteau, le symbole de la réussite du féminisme de s'attaquer à ce problème. or, poser une cerise dans un moule ne fait pas une recette de gâteau très savoureuse. S'en est seulement risible, à la limite du ridicule.
Il ne nous vient jamais à l'esprit de commencer à construire une maison en partant du toit, pourquoi donc le combat du féminisme, qui peine à creuser ses fondations, s'entête-t-il à vouloir déterminer la couleur du papier peint?


Et aujourd’hui face au déferlement de haine que le féminisme connait, mon cœur balance entre deux citations de Koestler, cet auteur que j’admire pour sa clairvoyance et son humanité. La première se passe de commentaire : « Selon ce que je connais de l'histoire, je vois que l'humanité ne saurait se passer de boucs émissaires. Je crois qu'ils ont été de tout temps une institution indispensable. » Le féminisme a tout pour être honni, c’est une chimère, une coalisation sans chef, à but diffus qui a autant de théories que de sympathisant. Bouc émissaire parfait dans une société trop ordonné et à domination masculine.
Parfaitement d'accord sur ce point

Et pourtant, le deuxième extrait me fait douter, dedans, il parle du fascisme absolu qu’à connu l’URSS, mais la transposition se fait si facilement. « Tous nos principes étaient bons, mais nos résultats ont été mauvais. Ce siècle est malade. Nous en avons diagnostiqué le mal et ses causes avec une précision microscopique, mais partout où nous avons appliqué le bistouri, une nouvelle pustule est apparue. Notre volonté était pure et dure, nous aurions dû être aimés du peuple. Mais il nous déteste. Pourquoi sommes-nous ainsi odieux et détestés? Nous vous avons apporté la vérité et dans notre bouche elle avait l'air d'un mensonge. Nous vous avons apporté la liberté et dans nos mains, elle ressemble à un fouet. Nous vous avons apporté la véritable vie, et là où notre voix s'élève, les arbres se dessèchent et l'on entend bruire les feuilles mortes. Nous vous avons apporté la promesse de l'avenir, mais notre langue bégaie et glapit. ». La communication ne dépend pas du fond de l’idée mais de sa forme. Alerter sur les errements que connait la forme féministe est-elle(il?) légitime ? Je ne saurais dire.
Je ne suis pas certain que, dans la communication, la forme puisse légitimer le fond. Le débat du féminisme est une base d'idées louables, mais j'y vois un défaut: le féminisme se bat par essence pour les droits des femmes. Or il me semble que c'est pour les droit de l'Humanité que le combat doit être mené.
Il est vrai que le féminisme tend à vouloir remblayer les écarts de jugements entre hommes et femmes pour les mêmes faits. Mais il ne défend que les femmes. J’extrapolerai donc ceci ainsi: imaginons les hommes et les femmes chacun d'un côté d'une corde, et au centre, une marre de boue. Les uns, plus forts, ont toujours le mou de leur côté, trainant les femme au bord de l’humiliation. Cependant, est-il préférable que les femmes parviennent à gagner le combat, traînant les hommes dans la boue ou l'inverse? Il me semble que le plus intelligent est de cesser le jeu. Ne plus tirer la corde à soi, mais inviter les concurrents à se faire alliés. Car tant qu'il y aura une concurrence dans les sexes, il ne pourra y avoir d'égalité.

Quel combat ne concerne que les femmes? Quel combat ne concerne que les hommes? Il m'est avis que les uns impliquent toujours les autres, car l'humanité est hommes et femmes à la foi. Le féminisme est donc selon moi voué à l'échec car il part conquérant, alors qu'il devrait aller en paix, et inviter au rassemblement.

(Et au passage, cette citation est sublime)


Alors, je vous quitte sur les derniers mots de Roubachof, issu du même livre que j’ai citer à deux reprise. : « Pourquoi meurs-tu ? je me trouve en face du néant absolu. Il n'y aurait rien qui vaille de mourir, si l'on mourait sans se repentir […]. C'est pourquoi, au seuil de ma dernière heure, je fléchis les genoux devant le pays, les masses et tout le peuple. La mascarade politique, la momerie des discussions et des conspirations est finie. Nous étions politiquement décédés bien avant que le citoyen procureur de mande nos têtes. Malheur aux vaincus, que l'histoire foule dans la poussière ! Je n'ai devant vous, citoyens juges, qu'une justification : de n'avoir pas choisie pour moi la voie la plus douce. La vanité et les derniers vestiges d'orgueil me chuchotaient : Meurs en silence, ne dis rien ; ou bien meurs avec un beau geste, avec un émouvant chant du cygne ; laisse déborder ton coeur et jette un défi à tes accusateurs. Cela aurait été plus facile pour un vieux rebelle, mais j'ai surmonté cette tentation. Avec cela ma tâche s'achève. J'ai payé ; mon compte avec l'Histoire est réglé. Vous demander pitié serait ridicule. Je n'ai plus rien à dire. » La réponse est peut-être là.

Voilà pour mes propres réflexions sur cette première page de carnet, en espérant t'aider dans ton entreprise qui, quoique intéressante et passionnante, se trouve particulièrement délicate et demande un travail de longue haleine :)


Edit : Petite précision : "je ne suis pas certain que [...] la forme puisse légitimer le fond" j'entend par là qu'un mauvais fond puisse être légitimé par une forme efficace, ie la rendre acceptable. En revanche j'admet parfaitement que la forme peut desservir le fond"

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L'Homme n'a pas de mémoire. Il est mémoire.

De moi.
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MessageSujet: Re: Féminisme: Zéro et infini   Mar 2 Fév - 11:11

gaaaaaaaaaaaaaaaa, j'avais tout bien écrit et y'as eu un bug... j'ai tout perdu. On recommence

Cornedor a écrit:
C'est génial. Sérieusement. C'est tellement bien écrit que c'est limite si la forme ne cache pas les idées (j'avoue qu'il y a des phrases où il faut bien se tordre la cervelle, ou bien c'est juste moi qui suis fatiguée) x)

Bref, en gros, je serais incapable d'en faire un résumé, parce qu'à la lecture tu te dis "MAIS C'EST BIEN SÛR :ffmental: " mais que dès le dernier mot est lu, tout s'est déjà emmêlé dans ta tête et c'est pas très clair. M'enfin voilà, c'est un super projet où tu t'avances sur des terrains dangereux, mais à l'aide de bons arguments :unjournormal:
Merci.
Le choix de l'écriture un peu chiadé est volontaire. EN fait, je voudrais joindre ce même carnet en calaméo sous la vidéo fini pour permettre une meilleure appréhension de mon approche. Du coup, ça me permet toute lattitud epour réfléchir au sujet tant sur son fond que sa forme. Bientot je vais publier sur mes contraintes techniques/ financières/production/communication. Pour parler plus longuement de ce que je peux et ne peux pas faire. Ensuite, je vais diffuser le premier plan, les premières esquisses de questions, les premières recherches de contact, des fiches de lectures, des analyses plus poussé pour chaque partie du plan. etc
Clair mais nébuleux, c'est tout moi ça dis donc x).

Merci Corne pour ta lecture et ton enthousiasme.

Ippa a écrit:
Rani a écrit:
Certains d'entre vous le savent, je réalise actuellement un documentaire sur le féminisme. Ou du moins sur sa forme de communication. Dans ce sujet, je vais globalement transmettre mes carnet de bords, les brouillons d'interviews, les transcriptions d'interviews, les analyse de livres et d'extraits vidéos.
Je le fait notamment pour avoir des retours sur mon approche et appréhender de nouvelle idées. Réduire ma marge d'erreur et mes erreurs de réflexion.





Carnet de bords #01

Ce soir, j’avais envie de réfléchir. y a t'il un moment out tu ne réfléchi pas? si tu savais x) Ceux qui me connaissent savent que je n’aime pas vraiment parler de moi, parler de soi, c’est envisager son échec qu’on travesti dans l’arrogance absolu de la première personne du singulier. Pronom si abjecte qu’il a en lui toute la sourde angoisse de la domination que mon corps chétif, parce que blanc, mâle et hétéro, exerce. Je est un être qui véhicule l’enfer pour les autres.

Je suis issue d’une pensée plutôt de gauche, l’humain est pour moi le fruit de manipulations qui sont bien antérieur à Machiavel. Petit déjà, je connaissais le mythe de la bataille des Thermopyles, qui a vu s’affronter 300 spartiates à 10 000 perses aux gorges chaudes. Cette propagande est vieille, elle nous parle d’une ville qui défie une nation si grande qu’elle englobait toute l’Asie. Et qui gagne dans la défaite. Peut-on voir discours plus puissant dans l’histoire ? Manipulation mieux réussi ? j'avoue que j'ai eu du mal a comprendre ce paragraphe. Mon probleme est, je pense, que je n'arrive pas a en voir la finalité avant la fin. et que meme comme ca, j'ai du mal a comprendre que tu parle des effet des manipulation sur le monde d'aujourd'hui.
l'idée était d'expliquer que nous sommes régi par des manipulations qui sont datés. Envisager ces mécanismes diffus permet de comprendre que ma pensées est entaché d'une influence très forte dont je n'ai pas forcément conscience. Parler de manipulation c'est un peu le sujet du documentaire, comment blâmer un sujet si on a pas conscience de ces propres tords?
Je ne suis pas sociologue, pas communicant, à peine historien, à peine politologue. J’ai fuis toute ma vie dans des histoires que j’ai lues d’abords et que je me suis mis à créer après. Parce que ce monde m’a toujours fait peur, comme une fête étrange faite de violence et d’étranges conventions basées sur la défiance mutuelle. Aujourd’hui, je croule sous les projets en attente, des centaines d’histoires s’entassent dans ma tête. Mais pour la première fois, j’ai  choisi d’écrire un projet qui parle du monde, à travers une caméra, je voulais parler du féminisme. Des errements de ce mouvement pourtant fondamental. Parce que sa forme souvent trop agressive amenait à une perception biaisée de ses idées. Mais un drôle de doute m’étreint. Quelle légitimité j’ai à réaliser ce documentaire ? Ne serait-ce pas l’éternel spasme d’une domination masculine qui grogne face à l’indignation du dominé ? tu a toute légitimité a partir du moment ou tu pose clairement que tu ne sais pas si tu a le droit ou non de poser cette question pas sur xD

Pourtant, il y a tant à dire. L’analyse des mots qui nous parvienne permet une analyse de l’indignation. De la violence symbolique à la violence réelle qu’on peut voir dans les actes des femens. Du discours formel qui découle du projet crocodile qui n’est pas sans rappeler les caricatures d’âges trop sombres où l’amalgame affleure sans conscience de lui-même. Des incitations à la censure des principales organisations envers un discours qu’elle juge dominateur. De l’oraison d’un communautarisme naissant de certaine qui voit l’impossibilité en l’homme de l’existence d’un féministe. J’ai vu parfois les stigmates d’un fascisme mineur mais présent. es ce que tu peut pas glisser quelque remarque sur ce fascisme? je pense que ce serai intéréssant en toute honneteté, si à un moment je dit féminisme = fascisme, ça va complétement décrédibilisé mon propos. D'autant que ce n'est pas ce que je veux signifier, mais je veux expliquer clairement ce problème.

Beaucoup de question me hante, la question de la langue où la domination masculine s’exerce absolument doit-elle rester ainsi ? L’académie française nous explique que le pluriel qui se fait au masculin, c’est l’adoption française du cas neutre. En lisant Jakobson ou Saussure, je ne sais plus lequel, on pourra voir que c’est le langage qui permet le fait social et que c’est ce système de communication qui fait que l’humain n’est plus animal. Si la langue reconnait une domination masculine, que doit-on déduire de sa société ? Mon propos étant résolument une critique de communication, comment aborder ce sujet ? clair, net, précis :) cimer

Et aujourd’hui face au déferlement de haine que le féminisme connait, mon cœur balance entre deux citations de Koestler, cet auteur que j’admire pour sa clairvoyance et son humanité. La première se passe de commentaire : « Selon ce que je connais de l'histoire, je vois que l'humanité ne saurait se passer de boucs émissaires. Je crois qu'ils ont été de tout temps une institution indispensable. » Le féminisme a tout pour être honni, c’est une chimère, une coalisation sans chef, à but diffus qui a autant de théories que de sympathisant. Bouc émissaire parfait dans une société trop ordonné et à domination masculine. Clair et net encore cimer x2

Et pourtant, le deuxième extrait me fait douter, dedans, il parle du fascisme absolu qu’à connu l’URSS, mais la transposition se fait si facilement. « Tous nos principes étaient bons, mais nos résultats ont été mauvais. Ce siècle est malade. Nous en avons diagnostiqué le mal et ses causes avec une précision microscopique, mais partout où nous avons appliqué le bistouri, une nouvelle pustule est apparue. Notre volonté était pure et dure, nous aurions dû être aimés du peuple. Mais il nous déteste. Pourquoi sommes-nous ainsi odieux et détestés? Nous vous avons apporté la vérité et dans notre bouche elle avait l'air d'un mensonge. Nous vous avons apporté la liberté et dans nos mains, elle ressemble à un fouet. Nous vous avons apporté la véritable vie, et là où notre voix s'élève, les arbres se dessèchent et l'on entend bruire les feuilles mortes. Nous vous avons apporté la promesse de l'avenir, mais notre langue bégaie et glapit. ». La communication ne dépend pas du fond de l’idée mais de sa forme. Alerter sur les errements que connait la forme féministe est-elle légitime ? Je ne saurais dire. mais la suite! la tu me laisse clairement sur ma faim. qu'est-ce que tu veux savoir?

Alors, je vous quitte sur les derniers mots de Roubachof, issu du même livre que j’ai citer à deux reprise. : « Pourquoi meurs-tu ? je me trouve en face du néant absolu. Il n'y aurait rien qui vaille de mourir, si l'on mourait sans se repentir […]. C'est pourquoi, au seuil de ma dernière heure, je fléchis les genoux devant le pays, les masses et tout le peuple. La mascarade politique, la momerie Ha! je savais bien que j'allais apprendre un mot! sinon ce serai pas un de tes textes des discussions et des conspirations est finie. Nous étions politiquement décédés bien avant que le citoyen procureur de mande nos têtes. Malheur aux vaincus, que l'histoire foule dans la poussière ! Je n'ai devant vous, citoyens juges, qu'une justification : de n'avoir pas choisie pour moi la voie la plus douce. La vanité et les derniers vestiges d'orgueil me chuchotaient : Meurs en silence, ne dis rien ; ou bien meurs avec un beau geste, avec un émouvant chant du cygne ; laisse déborder ton coeur et jette un défi à tes accusateurs. Cela aurait été plus facile pour un vieux rebelle, mais j'ai surmonté cette tentation. Avec cela ma tâche s'achève. J'ai payé ; mon compte avec l'Histoire est réglé. Vous demander pitié serait ridicule. Je n'ai plus rien à dire. » La réponse est peut-être là.
J'adore cette phrase de fin qui n'en ai pas une merci :)

Encore un texte magnifique. tu nous ammene a réfléchir de manière plus poussé a des chose qui semble "normal". Par contre... la suite! la on a juste envie de te piquer ton carnet pour lire la suite :p Bref j'adore et j'attend la suite! :ippa:
La suite n'es pas encore écrit. Comme j'ai dit, elle ne saurais tarder.
Merci de ta lecture et de ton avis

Ariart a écrit:
Bon, je vais me répéter, mais le féminisme est un sujet que j'adore, pour les raisons que tu soulignes, et parce qu'il fait partie de ces sujets que beaucoup croient défendre alors qu'ils ne font que l'abattre lentement mais surement.

J'ai beaucoup aimé cette page de ton carnet, aussi me suis-je permis, comme mes voisins du dessus, d'y apporter quelques éléments de mon point de vue :) je t'en prie, c'est fait pour ça :)

Ragne a écrit:
Certains d'entre vous le savent, je réalise actuellement un documentaire sur le féminisme. Ou du moins sur sa forme de communication. Dans ce sujet, je vais globalement transmettre mes carnet de bords, les brouillons d'interviews, les transcriptions d'interviews, les analyse de livres et d'extraits vidéos.
Je le fait notamment pour avoir des retours sur mon approche et appréhender de nouvelle idées. Réduire ma marge d'erreur et mes erreurs de réflexion.





Carnet de bords #01

Ce soir, j’avais envie de réfléchir. Ceux qui me connaissent savent que je n’aime pas vraiment parler de moi, parler de soi, c’est envisager son échec qu’on travesti dans l’arrogance absolu de la première personne du singulier. Pronom si abjecte qu’il a en lui toute la sourde angoisse de la domination que mon corps chétif, parce que blanc, mâle et hétéro, exerce. Je est un être qui véhicule l’enfer pour les autres.

Je suis issue d’une pensée plutôt de gauche, l’humain est pour moi le fruit de manipulations qui sont bien antérieur à Machiavel. Petit déjà, je connaissais le mythe de la bataille des Thermopyles, qui a vu s’affronter 300 spartiates à 10 000 perses aux gorges chaudes. Cette propagande est vieille, elle nous parle d’une ville qui défie une nation si grande qu’elle englobait toute l’Asie. Et qui gagne dans la défaite. Peut-on voir discours plus puissant dans l’histoire ? Manipulation mieux réussi ?

Je ne suis pas sociologue, pas communicant, à peine historien, à peine politologue. J’ai fuis toute ma vie dans des histoires que j’ai lues d’abords et que je me suis mis à créer après. Parce que ce monde m’a toujours fait peur, comme une fête étrange faite de violence et d’étranges conventions basées sur la défiance mutuelle. Aujourd’hui, je croule sous les projets en attente, des centaines d’histoires s’entassent dans ma tête. Mais pour la première fois, j’ai  choisi d’écrire un projet qui parle du monde, à travers une caméra, je voulais parler du féminisme. Des errements de ce mouvement pourtant fondamental. Parce que sa forme souvent trop agressive amenait à une perception biaisée de ses idées. Mais un drôle de doute m’étreint. Quelle légitimité j’ai à réaliser ce documentaire ? Ne serait-ce pas l’éternel spasme d’une domination masculine qui grogne face à l’indignation du dominé ?

Pourtant, il y a tant à dire. L’analyse des mots qui nous parvienne permet une analyse de l’indignation. De la violence symbolique à la violence réelle qu’on peut voir dans les actes des femens. Du discours formel qui découle du projet crocodile qui n’est pas sans rappeler les caricatures d’âges trop sombres où l’amalgame affleure sans conscience de lui-même. Des incitations à la censure des principales organisations envers un discours qu’elle juge dominateur. De l’oraison d’un communautarisme naissant de certaine qui voit l’impossibilité en l’homme de l’existence d’un féministe. J’ai vu parfois les stigmates d’un fascisme mineur mais présent.

Beaucoup de questions me hanteent, la question de la langue où la domination masculine s’exerce absolument doit-elle rester ainsi ? L’académie française nous explique que le pluriel qui se fait au masculin, c’est l’adoption française du cas neutre. En lisant Jakobson ou Saussure, je ne sais plus lequel, on pourra voir que c’est le langage qui permet le fait social et que c’est ce système de communication qui fait que l’humain n’est plus animal. Si la langue reconnait une domination masculine, que doit-on déduire de sa société ? Mon propos étant résolument une critique de communication, comment aborder ce sujet ?
Faire preuve de pragmatisme, selon moi, quand aux revendications de la langue. S'il est vrai qu'elle est le fondement de l'éducation, il est utopiste de croire que c'est dans les accords grammaticaux que le féminisme a de l'avenir. C'est ici l'ordre du détail. Le détail qui fait grand bruit, mais surtout celui qui disperse le mouvement du féminisme là où il ne le devrait pas. C'est là de l'ordre de la finition, la dernière pierre à l'édifice, la cerise sur le gâteau, le symbole de la réussite du féminisme de s'attaquer à ce problème. or, poser une cerise dans un moule ne fait pas une recette de gâteau très savoureuse. S'en est seulement risible, à la limite du ridicule.
Il ne nous vient jamais à l'esprit de commencer à construire une maison en partant du toit, pourquoi donc le combat du féminisme, qui peine à creuser ses fondations, s'entête-t-il à vouloir déterminer la couleur du papier peint?
Je pense que c'est important à cause du traumatisme que ça instille chez l'enfant. "le masculin l'emporte sur le féminin" c'est fort comme phrase dans la bouche du professeur qui symbolise l'autorité. Du coup, je voudrais en parler dans la première partie ou j'envisage le réflexe pavlovien qu'on a en répulsion au féminisme. Et comme je veux parler en gros du sexisme intégré, parler de ça, sans apporter vraiment de réponse, mais en expliquant ce que ça implique, (notamment en rencontrant un linguiste/professeur en communication) ça me permet d'envisager un peu plus clairement ce sujet. Tout en restant dans mon analyse très simple de la forme

Et aujourd’hui face au déferlement de haine que le féminisme connait, mon cœur balance entre deux citations de Koestler, cet auteur que j’admire pour sa clairvoyance et son humanité. La première se passe de commentaire : « Selon ce que je connais de l'histoire, je vois que l'humanité ne saurait se passer de boucs émissaires. Je crois qu'ils ont été de tout temps une institution indispensable. » Le féminisme a tout pour être honni, c’est une chimère, une coalisation sans chef, à but diffus qui a autant de théories que de sympathisant. Bouc émissaire parfait dans une société trop ordonné et à domination masculine.
Parfaitement d'accord sur ce point ça en est paradoxal, au fond, on critique le manque de politique chez les femministe. Et le principal argument contre le droit de vote des femme c'était qu'elle ne comprenai rien à la politique. D'un point de vue historique, c'est particulièrement ironique.

Et pourtant, le deuxième extrait me fait douter, dedans, il parle du fascisme absolu qu’à connu l’URSS, mais la transposition se fait si facilement. « Tous nos principes étaient bons, mais nos résultats ont été mauvais. Ce siècle est malade. Nous en avons diagnostiqué le mal et ses causes avec une précision microscopique, mais partout où nous avons appliqué le bistouri, une nouvelle pustule est apparue. Notre volonté était pure et dure, nous aurions dû être aimés du peuple. Mais il nous déteste. Pourquoi sommes-nous ainsi odieux et détestés? Nous vous avons apporté la vérité et dans notre bouche elle avait l'air d'un mensonge. Nous vous avons apporté la liberté et dans nos mains, elle ressemble à un fouet. Nous vous avons apporté la véritable vie, et là où notre voix s'élève, les arbres se dessèchent et l'on entend bruire les feuilles mortes. Nous vous avons apporté la promesse de l'avenir, mais notre langue bégaie et glapit. ». La communication ne dépend pas du fond de l’idée mais de sa forme. Alerter sur les errements que connait la forme féministe est-elle(il?) légitime ? Je ne saurais dire.
Je ne suis pas certain que, dans la communication, la forme puisse légitimer le fond. Le débat du féminisme est une base d'idées louables, mais j'y vois un défaut: le féminisme se bat par essence pour les droits des femmes. Or il me semble que c'est pour les droit de l'Humanité que le combat doit être mené.
Il est vrai que le féminisme tend à vouloir remblayer les écarts de jugements entre hommes et femmes pour les mêmes faits. Mais il ne défend que les femmes. J’extrapolerai donc ceci ainsi: imaginons les hommes et les femmes chacun d'un côté d'une corde, et au centre, une marre de boue. Les uns, plus forts, ont toujours le mou de leur côté, trainant les femme au bord de l’humiliation. Cependant, est-il préférable que les femmes parviennent à gagner le combat, traînant les hommes dans la boue ou l'inverse? Il me semble que le plus intelligent est de cesser le jeu. Ne plus tirer la corde à soi, mais inviter les concurrents à se faire alliés. Car tant qu'il y aura une concurrence dans les sexes, il ne pourra y avoir d'égalité.

Quel combat ne concerne que les femmes? Quel combat ne concerne que les hommes? Il m'est avis que les uns impliquent toujours les autres, car l'humanité est hommes et femmes à la foi. Le féminisme est donc selon moi voué à l'échec car il part conquérant, alors qu'il devrait aller en paix, et inviter au rassemblement.

(Et au passage, cette citation est sublime)

pavé césar :)
Pour le côté du combat du féministe, il y a plusieurs mouvence, Certains se détermine comme travaillant uniquement pour le droit des femmes, d'autres pour l'antisexisme. Du coup c'est assez complexe.
Mais d'un point de vu stylistique, que ce soit dans l'image, le cinéma ou la littérature, la forme est toujours au service du fond. Une mauvaise maitrise de la forme peut contredire le fond. J'avais tout un cours sur ça, mais en gros, imagine que tu sois comme moi grand partisan de l'humour noir. Tu raconte une blague particulièrement horrible par exemple. "Une fille se met à trembler dans la rue en voyant un noir, et son père lui dit "mais ne t'inquiète pas ma fille, ce n'est pas notre noir, tu sais que le notre, il est enfermé dans notre cave" Tu rigoles en la raconter, le propos est dédramatiser. Mais tu le raconte en étant sérieux, d'un coup, ça parait trop réel pour être tolérable. Si le ton déconne, alors la forme ne veut plus dire la même chose. Ici, d'une dénonciation, on passe à une apologie. Si c'est évident ici, ça peut être beaucoup plus diffus et vicieux.
Encore une fois, pour ta métaphore, il existe plusieurs mouvance et celle qui visent l'égalité prédomine je crois aujourd'hui.
Oui, j'aime aussi énormément cette citation

Alors, je vous quitte sur les derniers mots de Roubachof, issu du même livre que j’ai citer à deux reprise. : « Pourquoi meurs-tu ? je me trouve en face du néant absolu. Il n'y aurait rien qui vaille de mourir, si l'on mourait sans se repentir […]. C'est pourquoi, au seuil de ma dernière heure, je fléchis les genoux devant le pays, les masses et tout le peuple. La mascarade politique, la momerie des discussions et des conspirations est finie. Nous étions politiquement décédés bien avant que le citoyen procureur de mande nos têtes. Malheur aux vaincus, que l'histoire foule dans la poussière ! Je n'ai devant vous, citoyens juges, qu'une justification : de n'avoir pas choisie pour moi la voie la plus douce. La vanité et les derniers vestiges d'orgueil me chuchotaient : Meurs en silence, ne dis rien ; ou bien meurs avec un beau geste, avec un émouvant chant du cygne ; laisse déborder ton coeur et jette un défi à tes accusateurs. Cela aurait été plus facile pour un vieux rebelle, mais j'ai surmonté cette tentation. Avec cela ma tâche s'achève. J'ai payé ; mon compte avec l'Histoire est réglé. Vous demander pitié serait ridicule. Je n'ai plus rien à dire. » La réponse est peut-être là.

Voilà pour mes propres réflexions sur cette première page de carnet, en espérant t'aider dans ton entreprise qui, quoique intéressante et passionnante, se trouve particulièrement délicate et demande un travail de longue haleine :) merci énormément


Edit : Petite précision :  "je ne suis pas certain que [...] la forme puisse légitimer le fond" j'entend par là qu'un mauvais fond puisse être légitimé par une forme efficace, ie la rendre acceptable. En revanche j'admet parfaitement que la forme peut desservir le fond" on appelle ça de la manipulation et l'histoire en est truffer. A l'aider de propagande et d'argumentaire érroné

Merci à vous tous pour votre réponse et votre analyse :)

La suite bientot
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MessageSujet: Re: Féminisme: Zéro et infini   Mer 3 Fév - 0:30

La suite !





Carnet de bords #02


Quelle que soit la cause que l'on défend,elle restera toujours déshonorée par le massacre aveugle d'une foule innocente.
Albert Camus


Le plan du documentaire est l’un des aspects primordiaux qu’il me faut envisager. Si ce dernier va dépendre de mes lectures et de mes rencontres pour évoluer, le brouillon va profondément marquer le but de celui-ci. L’angle d’attaque, où la problématique est assez simple « pourquoi le féminisme est si mal perçu » la thèse que je défends actuellement est la suivante « parce que dans sa communication, le mouvement féministe créé des hostilités ». Le but est donc d’analyser le fond et la forme indépendamment puis concomitamment. Il s’agit de voir leurs deux existences avant de voir l’influence que l’un exerce sur l’autre.
A cette thèse, beaucoup de problèmes existent. Tout d’abord, le réflexe de recul n’est pas du uniquement à la communication, il existe une part de sexisme intégré. Un mécanisme de domination et de soumission accepté et prolongé de la part de chacun, ce mécanisme, bien connu de Bourdieu, est dû à un nombre de facteurs divers qui amène tout bêtement à un réflexe pavlovien : Face à une institution qui souhaite remettre en cause l’état des choses, notre position de confort se voit menacé et c’est naturel de rejeter cette menace. C’est là la réponse générale du féminisme à l’hostilité qu’elle rencontre. Le subside d’un patriarcat intégré. Cette réponse est pour moi exact, mais incomplète, si je souhaite en parler, ce n’est pas dessus que je souhaite m’étendre.
Ma thèse est celle de dérive de communication, mais un problème plutôt conséquent existe. Il n’y a pas de hiérarchie politique chez les militantes féministes, il y a autant de sympathisant que de théories. Dès lors, quel association, quel discours mettre en avant ? La réponse la plus simple serait de décrypter le discours le plus médiatique, mais la logique des médias est une logique économique, est visuel ce qui veut être vu. L’intelligence sobre de certaine association est ainsi tût au profit d’activités plus médiatique et plus racoleuse. C’est donc le buzz qui est préféré. Et le buzz, du point de vue de la pensée, manque souvent de profondeur, il est aisé de le critiquer. Faire un tel geste serait tiré sur l’ambulance. Il s’agit donc de trouver quel discours pourra être envisagé, trouver des interlocuteurs pour le défendre et l’analyser. De plus, le piège d’une actualité, par définition datable et oubliable, doit être évité pour permettre un travail qui ne soit lui-même pas trop temporel.
Dès lors quel thème aborder ? Le but n’est pas de faire un documentaire à charge démontrant que le féminisme moderne n’est qu’un fascisme de groupe. Mais envisager les errements que connait ce mouvement qui peuvent amener à une hostilité général. La censure qui est parfois demander doit être envisagé sans s’attarder pour autant dessus, les tords et les mérites ont le même poids et il s’agira d’insister longuement dans l’introduction sur les bienfaits de ce mouvement, pour reprendre les justes de Camus « Je sais maintenant qu'il n'y a pas de bonheur dans la haine.». L’idée n’est pas de détruire ce mouvement, mais d’en faire une critique pour l’aider à devenir meilleur.
En fait, de citer Camus, une autre citation me revient, toujours des justes : « J'ai accepté de tuer pour renverser le despotisme. Mais derrière ce que tu dis, je vois s'annoncer un despotisme qui, s'il s'installe jamais, fera de moi un assassin alors que j'essaie d'être un justicier. » C’est ce que je veux prévenir, ce lent processus humain, historique mécanisme de domination qui remplace les élites par leur ancienne victime reproduisant d’instinct le processus de ceux qu’il critiquaient auparavant, autrement dit une crainte d’une erreur future aux prémisses déjà présent. D’un statut de dominé, peut-on voir apparaitre une dictature de l’égalitarisme et de la censure de la pensée subversive ou de l’humour léger ? Tel est l’intention au final. Je prendrais le soin de l’affiner, la retoquer au fur et à mesure des lectures et des rencontres, des avis et des pondérations.

Aussi, le plan dans sa première existence se représente en tant que tel. Chaque partie, (outre introduction) se verra alterner les moments d’archives, d’interviews et de narration en voix off. Rien n’est encore défini, même si quelques piliers pour étayer les idées sont déjà envisagés.
L’introduction se penchera à définir le féminisme. Rappeler son étymologie, sa raison d’êtres, ses combats, ses grandes égéries et ses réussites. Il sera aussi question de l’hostilité grandissante que connait ce mouvement. Il n’y aura pas d’interviews dans cette partie. Outre peut être un linguiste pour expliquer l’étymologie (qui ne vient pas du mot femme).
La première partie traitera du réflexe pavlovien, des raisons qui amènent à envisager ce réflexe de recul comme un réflexe social, l’appui se fera notamment sur Bourdieu. Il sera question du sexisme intégré et de l’automatisme de domination et de soumission, l’explication se fera grâce à l’illustration des tests de Pavlov. Les intervenants seront militant et sociologue. L’idée est vraiment d’étayer la théorie féministe d’un patriarcat lattant qui résiste à sa chute. On posera ici par exemple la question de la langue.
La seconde partie viendra contrebalancer assez violement ses arguments, pour montrer les actions de censure parfois mener par certaines associations. Nous évoquerons aussi la violence de certaines déclarations, la violence des fémens et les autres violences plus ou moins évidentes. Du tumulte politique qui enferme et nuit au message. Ici, nous confronterons militantisme, sociologues, médiatologue
La troisième partie traitera du harcèlement de rue. De l’analyse de la campagne anti-harcèlement lancé grâce à la page « paye ta schnek ». Du projet crocodile et de son sexisme latent. Ici, nous interviewerons militants, linguiste, communicant et peut être l’organisateur du projet crocodile.
La quatrième partie est actuellement moins définie, il s’agira plus d’une analyse libre de tous les sujets qui pourraient apparaitre lors des recherches.
Puis la conclusion aura pour but de faire un bilan et de pondérer la thèse. D’envisager au final quelques solutions et quelques crédits à certaines associations.

ce n'est encore qu'un brouillon

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MessageSujet: Re: Féminisme: Zéro et infini   Jeu 4 Fév - 18:10

Ca oblige à réfléchir :) et à se poser les bonnes questions... Je crois que je vais le suivre de près :) Bon, certaines phrases sont un peu alambiquées mais, bien écrites quand même (même si j'ai dû les lire plusieurs fois pour comprendre) ^^

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MessageSujet: Re: Féminisme: Zéro et infini   

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Féminisme: Zéro et infini
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