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 Les amours adhésives ont giclé sur nos peaux. [-18]

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Pantouffe

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MessageSujet: Les amours adhésives ont giclé sur nos peaux. [-18]   Ven 11 Mar 2016 - 22:35

..... Ok, en vérité ce titre est tout à fait random. \o/ Mais je pense que ça donne le ton de ces trois textes.

Pour la petite histoire, j'ai écris le premier affalé dans les couloirs de la fac lors d'un inteeeerminable après-midi déprimant et stressant. J'étais en train d'écrire autre chose, un truc pour une amie, puis mon mp3 a commencé à jouer l'ost de Rule of Rose ( ce jeu putain ;w; ), et sans savoir pourquoi, j'ai brutalement commencé à écrire le texte ci-dessous. C'est arrivé violemment, une grosse pulsion d'écriture ; c'est partis tout aussi vite, et je me suis retrouvé avec ce machin complètement random et vaguement incompréhensible écris d'une traite, sans réflexion. Je ne me suis pas autorisé à le réécrire ensuite, j'ai juste rajouté une ou deux phrases à la fin, mais j'ai choisis de le laisser en l'état, brut et mystérieux. Même moi je n'ai aucune idée d'où ça peut bien sortir.
Je vous conseille de le lire à voix haute ou de le murmurer, je me suis rendu compte après-coup qu'il gagnait à être lu oralement. ^^

Les deux autres sont issus du même genre de pulsion, et je les résumerai par "il ne faut pas écrire après trois heures du matin sous peine de faire des trucs vraiment chelous". /O/
J'ai choisis de les poster tous les trois dans un même sujet car ils semblent tous parler plus ou moins de la même chose et qu'ils fonctionnent mieux présentés dans un ensemble de ce genre que tout simplement balancés individuellement. Le ton est plus ou moins le même dans chacun, ils ont des thèmes qui communs, et ils ont été écris avec une même frénésie soudaine, dans un lâcher-prise qui ne laissait pas vraiment de place à une cohérence consciente ; en gros, c'est brut, un peu WTF et je ne pourrai jamais écrire de cette manière en étant rigoureux : il faut que ce soit totalement spontané et brutale pour que ça prenne cette forme.
Du coup, voilà, je les bazarde ensemble :D. Je tiens quand même à prévenir que c'est assez cru et cauchemardesque. C'est à la fois sanglant et sexuel et purement descriptif/émotionnel. DU COUP. Du coup ce n'est pas à mettre sous tous les yeux je pense.
Bonne chance pour ceux qui ont décidé de lire D8



Tu soupires, on soupire, les violons nous cisaillent. Des archets qui nous besognent les nerfs, des cordes qui tiraillent dans la chair, de la musique qui coule dans les veines et jaillit par nos yeux en distillat salé, le goût cuivré des larmes qui perlent à nos paupières comme des enfants curieux de découvrir le monde. On les jette les gamins, on les met à la porte, on les balance dans le vide. Elles tombent les larmes. On les pleure comme on largue des obus, comme des avions pansus, on crépite d'énergie, on est gonflé d'acier et on survole les rues... on bombarde la terre de sanglots enragés, on crie dans la nuit, on épouvante les ombres. On pétrifie les arbres, on gueule  aux voitures qu'elles feraient bien de se taire, on tape l'asphalte avec nos pieds, nos mains, nos joues, on tombe, on s'écorche on s'écarte.  De nos lits, de nos vies. C'est la débâcle on fuit, on se trouve une bulle d'obscurité bruissante dans les buissons qui piquent.
On s'ouvre en deux, on se touche dans le ventre, on s'éviscère à l'abris des regards. Y'a des noyaux en nous qui palpitent comme des cœurs, bouillonnant de riches sécrétions , de jus amers. On les titille avec les doigts, j'ai toute ma main en toi. T'es aussi chaud qu'un four, aussi mou que de la farce, t'es comme de la mélasse, t'es tendre comme la viande. Je travaille en toi, on hurle.
On s'égosille dans la nuit noire. On gargouille, on calanche, c'est la mort ; la petite. On louvoie dans nos bras, dans nos bouches, dans nos tripes. On se triture les veines à coup d'aiguilles, on se met le feu dans la gorge avec des grandes rasades, on s'embrume, on s'éveille. On coupe les bras trop lisses, on écrit sur la peau.
On la salie la peau, on la viole, on la soumet, on marchande avec elle pour  qu'elle procure l'oublie ; dans la douleur. Elle suinte, elle devient molle, y a des croûtes, y a du sang. On se barbouille de glaires pour que sa sèche plus vite, on lèche les plaies, on les ausculte avec la langue, on caresse les cicatrices du bout des cils, on se montre doux et respectueux avec la calligraphie du rasoir, la poésie du cutter dans la chair. On respecte leur prose incarnat, leur écriture précise.
On trace de nouveaux vers , on régule la douceur de nos peaux, on fait jaillir des formes en glissant sous l'épiderme moite. On se pleure dessus, on se bave dans le cou. On ne s’offusque pas de nos remontées de bile.
Je crois bien tu sais que c'est le récit, de notre histoire d'amour...



Te souviens-tu de mes mains sur ta voix. Mes mains sur ton souffle ta voix contre mes paumes flétries dans les lignes de mes mains sur tes lèvres. Te souviens-tu l'humidité sur ma peau quand tu perdais la vie collée contre mon corps, nos os qui s'esquintaient les un contre les autres dans le grouillement poisseux collant des peaux voraces qui s'arrachaient dans le mouvement de notre danse ignoble. A perpétuité nos messages gravés à même la chair de l'autre et mes lèvres sur ton front brûlant quand je serrais contre le mur ta matérialité marécageuse et molle, quand j'entendais craquer contre moi tes os de nougatine, quand la faune des bayous saccagés de ton corps, les organes battants et luisants comme des créatures humides s'échappaient en saccades de ton ventre, claquaient contre mes jambes, éclataient contre moi en bruits mouillés. Te souviens-tu quand mes mains ont glissé caressantes et dures aux frontières brouillées de ta chair mutilée, l'instant de grâce où mon contact a blessé comme si chacun de mes reliefs avait la pureté d'une lame de rasoir. Déchirée, révélée au regard impudique de la nuit sans frontières peuplée de fumées et d'étoiles. Ta voix a chanté un instant, aussi belle qu'un premier coquelicot gueulant son rouge sur une pelouse, puis ta voix a vibré, dans mes paumes, quand mes mains sur ta gorge ont posé leur empreinte. Je suis entré en toi et mes blessures ont épousé les tiennes. Te souviens-tu mes larmes et la mort de ta voix dans mes mains qui serraient, le goût que tu avais sur ma langue quand je t'ai faite y fondre et danser sur mes papilles sanglantes, te souviens-tu la tendresse de mes caresses à l'intimité suintante exposée comme une affiche de carnaval en dessous de tes côtes, te souviens-tu mes mots mes doigts explorant ton larynx à la recherche de ta voix du cadavre de ta voix qui avait tant vibrée.
Je me souviens moi tu sais de chaque instant dévolu à vénérer ta chair.



Oh j'ai donné mes mains et j'ai coupé mes doigts sur des séquences infâmes, vous savez j'ai cédé tout mon corps aux quatre vents des autres qui soufflaient sur ma peau de leurs paumes rasoirs et du bout de leurs lèvres chalumeaux dérapant acceptant les caresses qu'ils cédaient à mes nerfs déroulées sous la chair comme des étoiles filantes au sillage immobile la tapisserie alambiquée des veines qui traversaient ma chair. J'ai donné mes yeux et mes paupières dans la nuit de leurs gestes denses qui m'environnaient comme les branches d'une forêt primaire éveillée par le vent, j'ai donné chaque lambeau de ma peau à leurs dents qui s’affairaient pour me fouiller et j'ai laissé leur corps animal vénérer le mien qui ployait sous la faconde de leur expressivité, j'ai laissé leurs cris me brûler leurs baisés me gercer, j'ai offert chaque cheveux à leurs doigts caressants et j'ai donné plus qu'à mon tour et du souffle et des larmes dans l’iridescente laquée de la sueur qui nous couvrait comme des films plastiques arrosés d'ondes boréales liquéfiées par les mains d'un géant. J'ai donné mes poignets à leur lames à leurs lèvres, à leurs oreilles qui quêtaient le bruissement de mes veines, j'ai donné le creux veineux du coude à leur langue acheminée hors des moiteurs écarlates des bouches ouvertes, j'ai abandonné ma solitude à leur tendresse déchirante à leur bestialité touchante qui m'environnait à la manière d'une nuée de voiles en satin déchiré, j'ai donné mes pieds qu'ils ont chaussé et avalé, et j'étais vénéré entres leurs mains brutales qui déchiraient ma chair. J'ai donné mes viscères, le bouillon des entrailles et les parfums de la viande assoupie dans mon ventre j'ai donné l'ambroisie gélatineuse de mes yeux percés et l'amertume de ma langue sèche, j'ai donné mes lèvres spongieuses et sanglantes aux leurs qui brûlaient magmatiques sur mon corps dénudé et j'ai donné mes os de nougatine écrasés sur la grève de leurs gestuelles, noyé par la vague de chaleur la rumeur entêtante qui s'échappait de la foule de leurs membres emmêlés acheminés vers ma carcasse étendue qui attendait attendait le répits et la mort et la quiétude astrale de l'oublie qui enserre et qui gèle. J'étais fêlé des tempes jusqu'aux tibias et ma gorge arrachée déployait des bourrasques, j'étais dispersé sur leurs paumes amoureuses en miettes humides et ma chair abolie déversait des litres de sang chaud sur la tourbe argentée par l'éclat de la lune. Mes os nacrés dans la floraison des entrailles allumées au briquet des étoiles resplendissaient comme des bijoux dans un écrin emperlé d'humeurs iridescentes. Je fus un beau cadavre, et je gage qu'ils dégustèrent mon corps comme jamais ne l'auraient fais le vers. Les dessous de ma chair furent un festin atroce aux subtilités abominables, ils se léchèrent les doigts au-dessus du chapiteau éventré où festonnait l'entrelacs délicat de mes intestins que l'agitation orgiaque agitait de soubresauts musicaux du plus bel effet dramatique et funèbre. Ils connurent de nombreux jours de victuailles abondantes cueillies à même le jardin de mon corps détroussé, des fruits charnues décrochés au verger déliquescent de ma chair à l'agonie dans les branches de mon armature bafouée la canopée de viande accrochée à mes os, sublime architecture saccagée par les étreintes abondantes et trop lourdes qu'ils m'avaient prodigué. J'ai dis merci dans le soupir aux horribles amants.
Et j'étais plus beau mort que je n'avais pu l'être au cours de toute ma vie.

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MessageSujet: Re: Les amours adhésives ont giclé sur nos peaux. [-18]   Mer 16 Mar 2016 - 18:23

Comme personne n'a commenté, je viens, tel un chevalier blanc dans l'aube nacré, sous la rosée sanguine des désert aride, sauver ce monde.

Comme d'ordinaire, mon avis n'implique que mon avis, ce n'est que ma représentation de ton texte, ne t'en offusque surtout pas :D
@Pantouffe a écrit:
.


Tu soupires, on soupire, les violons nous cisaillent. Des archets qui nous besognent les nerfs ta phrase n'est pas française. Soit tu change le des en les, soit tu supprime le "nous" et tu mu le "les" en "nos" sinon, c'est pas du tout correct. , des cordes qui tiraillent dans la chair, de la musique qui coule dans les veines et jaillit par nos yeux en distillat salé, le goût cuivré des larmes qui perlent à nos paupières comme des enfants curieux de découvrir le monde. On les jette les gamins, on les met à la porte, on les balance dans le vide. Elles tombent les larmes tu jette les larmes en larmes? c'est pas logique, ah et répétition. On les pleure comme on largue des obus, comme des avions pansus, on crépite d'énergie, on est gonflé d'acier et on survole les rues... on bombarde la terre de sanglots enragés, on crie dans la nuit, on épouvante les ombres. On pétrifie les arbres, on gueule  aux voitures qu'elles feraient bien de se taire, on tape l'asphalte avec nos pieds, nos mains, nos joues, on tombe, on s'écorche on s'écarte.  De nos lits, de nos vies c'est quoi cette phrase nominal! :virgule:. C'est la débâcle on fuit, on se trouve une bulle d'obscurité bruissante dans les buissons qui piquent.
On s'ouvre en deux, on se touche dans le ventre, on s'éviscère à l'abris des regards. Y'a des noyaux en nous qui palpitent comme des cœurs, bouillonnant de riches sécrétions , de jus amers. On les titille avec les doigts, j'ai toute ma main en toi. T'es aussi chaud qu'un four, aussi mou que de la farce, t'es comme de la mélasse, t'es tendre comme la viande. Je travaille en toi, on hurle. je trouve la dernière phrase dommage, elle coupe la musicalité de ton paragraphe
On s'égosille dans la nuit noire. On gargouille, on calanche, c'est la mort ; la petite. On louvoie dans nos bras, dans nos bouches, dans nos tripes. On se triture les veines à coup d'aiguilles, on se met le feu dans la gorge avec des grandes rasades, on s'embrume, on s'éveille. On coupe les bras trop lisses, on écrit sur la peau.
On la salie la peau, on la viole, on la soumet, on marchande avec elle pour qu'elle procure l'oublie ; dans la douleur. Elle suinte, elle devient molle, y a des croûtes, y a du sang. On se barbouille de glaires pour que sa sèche plus vite, on lèche les plaies, on les ausculte avec la langue, on caresse les cicatrices du bout des cils, on se montre doux et respectueux avec la calligraphie du rasoir, la poésie du cutter dans la chair. On respecte leur prose incarnat, leur écriture précise.
On trace de nouveaux vers , on régule la douceur de nos peaux, on fait jaillir des formes en glissant sous l'épiderme moite. On se pleure dessus, on se bave dans le cou. On ne s’offusque pas de nos remontées de bile.
Je crois bien tu sais que c'est le récit, de notre histoire d'amour...



Te souviens-tu de mes mains sur ta voix. Mes mains sur ton souffle virgule :virgule: ta voix contre mes paumes flétries dans les lignes de mes mains sur tes lèvres. Te souviens-tu l'humidité sur ma peau quand tu perdais la vie collée contre mon corps, nos os qui s'esquintaient les un contre les autres dans le grouillement poisseux collant des peaux voraces qui s'arrachaient dans le mouvement de notre danse ignoble. A perpétuité nos messages gravés à même la chair de l'autre et mes lèvres sur ton front brûlant quand je serrais contre le mur ta matérialité marécageuse et molle, quand j'entendais craquer contre moi tes os de nougatine, quand la faune des bayous saccagés de ton corps, les organes battants et luisants comme des créatures humides s'échappaient en saccades de ton ventre, claquaient contre mes jambes, éclataient contre moi en bruits mouillés. Te souviens-tu quand mes mains ont glissé caressantes et dures aux frontières brouillées de ta chair mutilée, l'instant de grâce où mon contact a blessé comme si chacun de mes reliefs avait la pureté d'une lame de rasoir. Déchirée, révélée au regard impudique de la nuit sans frontières peuplée de fumées et d'étoiles. Ta voix a chanté un instant, aussi belle qu'un premier coquelicot gueulant son rouge sur une pelouse, puis ta voix a vibré, dans mes paumes, quand mes mains sur ta gorge ont posé leur empreinte. Je suis entré en toi et mes blessures ont épousé les tiennes. Te souviens-tu il manque vraiment le de là, tu peux pas l'éluder mes larmes et la mort de ta voix dans mes mains qui serraient, le goût que tu avais sur ma langue quand je t'ai faite y fondre et danser sur mes papilles sanglantes, te souviens-tu la tendresse de mes caresses à l'intimité suintante exposée comme une affiche de carnaval en dessous de tes côtes, te souviens-tu mes mots mes doigts explorant ton larynx à la recherche de ta voix du cadavre de ta voix qui avait tant vibrée.
Je me souviens moi tu sais c'est une incise "tu sais" donc entre virgulede chaque instant dévolu à vénérer ta chair.



Oh virgule :virgule: j'ai donné mes mains et j'ai coupé mes doigts sur des séquences infâmes, vous savez j'ai cédé tout mon corps aux quatre vents des autres qui soufflaient sur ma peau de leurs paumes rasoirs et du bout de leurs lèvres chalumeaux dérapant acceptant les caresses qu'ils cédaient à mes nerfs déroulées sous la chair comme des étoiles filantes au sillage immobile la tapisserie alambiquée des veines qui traversaient ma chair. J'ai donné mes yeux et mes paupières dans la nuit de leurs gestes denses qui m'environnaient virgule :virgule: fait gaffe, tu fais vraiment des moment très compliqué pour le lecteur, des phrases tgv à mille à l'heure sans ponctuation, ni respiration. Ménage nous enfin comme les branches d'une forêt primaire éveillée par le vent, j'ai donné chaque lambeau de ma peau à leurs dents qui s’affairaient pour me fouiller et j'ai laissé leur corps animal vénérer le mien qui ployait sous la faconde de leur expressivité, j'ai laissé leurs cris me brûler leurs baisés me gercer, j'ai offert chaque cheveux à leurs doigts caressants et j'ai donné plus qu'à mon tour et du souffle et des larmes dans l’iridescente laquée de la sueur qui nous couvrait comme des films plastiques arrosés d'ondes boréales liquéfiées par les mains d'un géant. J'ai donné mes poignets à leur lames à leurs lèvres, à leurs oreilles qui quêtaient le bruissement de mes veines, j'ai donné le creux veineux du coude à leur langue acheminée hors des moiteurs écarlates des bouches ouvertes, j'ai abandonné ma solitude à leur tendresse déchirante à leur bestialité touchante qui m'environnait à la manière d'une nuée de voiles en satin déchiré, j'ai donné mes pieds qu'ils ont chaussé et avalé, et j'étais vénéré entres leurs mains brutales qui déchiraient ma chair. J'ai donné mes viscères, le bouillon des entrailles et les parfums de la viande assoupie dans mon ventre j'ai donné l'ambroisie gélatineuse de mes yeux percés et l'amertume de ma langue sèche, j'ai donné mes lèvres spongieuses et sanglantes aux leurs qui brûlaient magmatiques sur mon corps dénudé et j'ai donné mes os de nougatine écrasés sur la grève de leurs gestuelles, noyé par la vague de chaleur la rumeur entêtante qui s'échappait de la foule de leurs membres emmêlés acheminés vers ma carcasse étendue qui attendait attendait le répits et la mort et la quiétude astrale de l'oublie qui enserre et qui gèle. J'étais fêlé des tempes jusqu'aux tibias et ma gorge arrachée déployait des bourrasques, j'étais dispersé sur leurs paumes amoureuses en miettes humides et ma chair abolie déversait des litres de sang chaud sur la tourbe argentée par l'éclat de la lune. Mes os nacrés dans la floraison des entrailles allumées au briquet des étoiles resplendissaient comme des bijoux dans un écrin emperlé d'humeurs iridescentes. Je fus un beau cadavre, et je gage qu'ils dégustèrent mon corps comme jamais ne l'auraient fais le vers. Les dessous de ma chair furent un festin atroce aux subtilités abominables, ils se léchèrent les doigts au-dessus du chapiteau éventré où festonnait l'entrelacs délicat de mes intestins que l'agitation orgiaque agitait de soubresauts musicaux du plus bel effet dramatique et funèbre. Ils connurent de nombreux jours de victuailles abondantes cueillies à même le jardin de mon corps détroussé, des fruits charnues décrochés au verger déliquescent de ma chair à l'agonie dans les branches de mon armature bafouée la canopée de viande accrochée à mes os, sublime architecture saccagée par les étreintes abondantes et trop lourdes qu'ils m'avaient prodigué. J'ai dis merci dans le soupir aux horribles amants.
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Il y a peu à dire, j'ai autant aimé cette lecture que la première qui m'avait amener à te mettre en conseil de lecture, c'est particulièrement dense, âpre, on est bousculé, balloté par tes mots qui prennent corps dans ton texte
Bref
bravo
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Ilya
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MessageSujet: Re: Les amours adhésives ont giclé sur nos peaux. [-18]   Ven 18 Mar 2016 - 19:33

Je saurais pas trop expliquer pourquoi, mais il y a vraiment une force émotive géniale dans tous ces textes, et les images sont vraiment bien trouvées, je les trouve super frappantes! Voilà, j'ai pas grand chose d'autre à dire... :D

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MessageSujet: Re: Les amours adhésives ont giclé sur nos peaux. [-18]   Lun 9 Mai 2016 - 17:56

Eeeet il se trouve que j'ai une passion cachée pour les réponses tardives. \o/
Je vous remercie tous les deux d'avoir pris le temps de lire et commenter ces textes, pour commencer ^^. Et ça me fait plaisir que mes délires descriptifs parlent à quelqu'un d'autre qu'à moi même, parce-que je me dis souvent que ce genre de texte est tout simplement illisible pour d'autres gens. MAIS. Mais en fait, certaines personnes y trouvent leur compte aussi. Et ça, c'est vachement cool. Du coup ça m'enjaille.
:unjournormal:

CECI-DIT. Merci pour ce commentaire détaillé Ragne :D. Les erreurs soulignées sont souvent voulues, je les ais inséré sciemment sans chercher à me poser de limites. D'où les phrases parfois grammaticalement incorrectes ou trop longues, la ponctuation hasardeuse ou la manière assez "orale"/parlée dont s'est écris à certains endroits. ( Notamment pour le premier texte. ) C'est vraiment du pur vomis littéraire, donc je n'ai même pas fais attention aux répétitions ; parfois, j'en ai même abusé pour extraire tout le jus d'une image trouvée jusqu'à ce qu'elle soit aussi desséché qu'un PRUNEAU. J'ai bazardé les règles au profit de la musicalité et d'images plus ou moins poétiques ( SALES PLUTÔT. ) Du coup, je laisse ça en l'état. ^^
( Et c'est exactement pour cette raison que la langue française finira par s'incarner dans quelque chose pour me tuer. )

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MessageSujet: Re: Les amours adhésives ont giclé sur nos peaux. [-18]   Lun 9 Mai 2016 - 18:08

C'est ce qui au final rend tes textes vraiment attrayant, mais je ne relève jamais que ce qui me fait tiquer^^ Et je cherche à comprendre pourquoi ^^

Au plaisir de te relire
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MessageSujet: Re: Les amours adhésives ont giclé sur nos peaux. [-18]   

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Les amours adhésives ont giclé sur nos peaux. [-18]
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