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 Une nuit enneigée [-12]

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Seven

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Féminin Scorpion Messages : 7
Date d'inscription : 15/04/2016

MessageSujet: Une nuit enneigée [-12]   Ven 15 Avr - 13:48

            Je ne sais pas quoi penser. La nuit semblait vivre ne tenant pas compte de moi, vivre à travers le temps. La lune flottait haut dans le ciel et guidait les âmes perdues, un peu comme le phare guidant les bateaux dans la mer. Nul doute de la magnificence de ce moment précis. J'avais les yeux plongés dans l'obscurité de la ville, aucune trace de vie dans les rues, dans les maisons, juste des ombres passantes. Je me sentais terriblement seule, plus que jamais, déformée par l'abandon du genre humain. J'errais sans but peut-être dans l'espoir que le but me trouve. De quelle déception étais-je victime ? De la lassitude, de la solitude ? De l'ennui, peut-être ? Mon esprit en avait pris conscience tandis que mon corps ne semblait plus maître de ses mouvements. Alors je marchais encore et encore comme un fantôme ne sachant pas pourquoi il est ici ni qu'il est mort. Alors on se rappelle quelques souvenirs idiots et amusants pour se tenir compagnie dans la nuit étincelante. Et puis faute d'avoir cru que c'était un soir normal, la neige se mit à tomber doucement, des milliers de flocons en suspension dans l'air, emportés par le vent et fondant sur le sol froid. Un miracle, sans aucun doute. Plus les minutes défilaient, plus la neige s’épaississait formant des couches sur le sol transformant la promenade en dure avancée. Mes empreintes, trace de mon passage, demeuraient dans la grande ville comme une énigme à résoudre. Qui est passé par là ? Même moi je ne saurais répondre. Trop concentrée sur mes pas pour savoir par où je suis passée.

            Finalement vers l'heure inconnue, toute trace d'obscurité se voit submergée par le blanc pur du paysage et toute corruption disparaît comme des péchés pardonnés. J'arrive à l'entrée d'un parc, au grillage rouillé et enseveli par la neige. Une grande fontaine en son centre est protégée par des arbres majestueux. Quelques ruines de murs en brique restent ça et là. J'étais émerveillée plus encore lorsque, sans m'en rendre compte, le sable m'avait filé entre les doigts et que du sang était apparu dans la neige.

            Je n'avais rien vu, mais maintenant tout m'apparaissait clairement, la neige qui avait recouvert la structure de la fontaine avait été balayée et remplacée par des coulées de sang, d'où quelques gouttes teintaient le blanc de la mort. Pas de corps, pas de meurtrier juste du sang. Encore et encore. La beauté du parc n'en fut que plus accentuée. Un sourire étira mes lèvres lorsque le rouge écarlate sembla se propager. La glace, les flocons doucement contaminés par la mort. Une vision qui autrefois blanche, n'était devenue rien d'autre que rouge. Les flocons qui entraient en contact avec ma peau laissaient de légères traces sanglantes, à peine quelques minutes face à ce phénomène que j'étais recouverte par la mort. Paysage apocalyptique dont la beauté ne cessait de m'émerveiller. Le ciel dans son obscurité avait néanmoins pris cette teinte orangée. A cet instant précis, j'avais seulement pensé que la fin était venue, que j'étais déjà résignée et que j'avais bien vécu. Mais au fond de moi j'en avais espéré plus de mes derniers instants et comme si mon appel eut été entendu, il se mit à pleuvoir.

            Non pas de l'eau, c'est évident, mais du sang. Une euphorie m'envahit et je tournai sur moi-même, la tête vers l'arrière, le visage face au ciel et à l'agonie, et les bras tendus autour de moi comme fêtant la pluie divine. Chaque goutte qui me touchait était une douleur en plus, la douleur d'une personne qui avait souffert et qui avait rejoint le royaume au-delà de cette terre. J'avais mal, mal pour moi, pour eux et pour ce moment. Alors je sentis quelque chose grandir dans ma gorge, voulant sortir du plus profond de moi. La bête enragée se réveilla et je finis par laisser cette atrocité sortir de moi. Un cri. Si strident, si désespéré qu'il emplit le silence du monde entier. Le cri avait entraîné avec lui, la violence et la rage. Sans cesser de hurler, je m'effondrai, à genou, sur le sol humide, sous cette pluie. Puis la rage mourut dans ma gorge. Non seulement je n'étais plus rien mais en plus je prenais conscience de ce qu'il se passait.

            C'était la fin. La pluie continuait de tomber, le soleil rouge commençait à se lever et mon ressentiment également. Alors je fis la dernière chose qui me passa par la tête. Je me mis à courir. Courir pour échapper à la mort. A chaque pas, le sang éclaboussait mes vêtements déjà imbibés de la vie de ces pauvres personnes. Le souffle court, la panique me gagnant, je courus plus vite. Partout dans les rues, dans les maisons, il ne rester rien, mise à part cette couleur qui avait tout contaminé et qui ne s'arrêtait pas là. Elle me rongeait également. Mon pied glissa sur du verglas écarlate et mon corps resta sous le choc, par terre. Difficilement, je me relevai en arrachant mes habits devenus trop lourds par la pluie. Je n'étais désormais recouverte que par l'hémoglobine. La lumière aveuglante du soleil, si tant est que c'en était un, apparut, suivit de ce que je craignais. Le feu.

            Voyant derrière moi, la destruction, les bâtiments disparaître et les cendres envahir l'air, je me remis à courir plus vite, plus déterminée. Mon cerveau avait décidé de lutter. Je sentais mes muscles se tendre et se détendre à chaque enjambée et le sang me recouvrir à chaque saut dans les flaques glaciales. Le froid était aussi présent que le feu qui grandissait derrière moi. Il me poursuivait, voulait me dévorer tout comme le reste.

            La falaise m'apparut telle une évidence, tel l'espoir qui suffisait à me faire vivre. La pluie, la neige, le feu, je commençais à ne plus voir clairement, mes cheveux collés à ma peau par le sang, mes membres endoloris par la course néanmoins la simple idée de devoir m'arrêter me suffit pour continuer à avancer. Quand soudain, une pression inimaginable s'abattit sur moi. La gravité voulut me maintenir au sol. Non c'était autre chose. Ma colonne vertébrale, elle se mouvait sous ma peau dans une douleur atroce qui me fit hurler, un hurlement étouffé par le fracas de la pluie sur les toits et par le feu détruisant le passé. Comme un serpent dans la chair, je sentais le corps étranger reprendre place différemment. L'envie de voir ce qu'il s'était passé me prit mais jamais je ne pris la peine d'essayer, je me remis simplement sur mes deux pieds et me remit à courir. Puis une seconde fois, cela arriva.

            Mes bras. La douleur me fit fermer les yeux, les muscles contractés pour empêcher par tous les moyens la douleur de me prendre. Lorsque cela s'arrêta, j'ouvris les paupières et découvris mes bras. Des veines noires les parcouraient, des fissures également et des filets de peau se détachaient de mes os. Passant mes doigts sur les fissures, j'ai tiré sur la chair, la décrochant facilement. Les yeux plein d'horreur, je compris. Mes yeux horrifiés, sous la chair décrochée, je mourrais. Il fallait que j'atteigne la falaise. La falaise. Durant le trajet le même processus arriva à mes jambes, la peau se détachant. Mais je continuais à courir, semblable à un animal enragé qui a compris qu'il allait à l’abattoir. Je me rapprochai de la falaise toujours plongé dans cette atmosphère orangée, là où le soleil n'était pas encore passé, alors désespérément je tendis la main vers le salut, ma main squelettique, j'avais perdu tout ce qui faisait de moi un être humain dans ma course acharnée. Mon visage ne ressemblait plus qu'à un crâne recouvert parfois de fragments de cuir chevelu et de mâchoire.

            Puis finalement je me demande enfin pourquoi je suis là.
            A fuir le feu.
            A courir sous une pluie de sang.
            En marchant sur ma propre peau.
            La main tendue vers un espoir qui n'en est pas un.
            Alors forcément…
            Je m'arrête.
            Je me retourne et je vois.
            Mon monde.
            Mon monde de cendres.
            De restes humains.
            Un monde submergé par les cris d'agonie.
            Par mes cris d'agonie.
            Je suis morte.
            Et ce monde n'est rien d'autre que l'enfer.

Le peu de temps où je me suis arrêtée, le feu m'a rattrapée et je fus emportée, emportée alors que je pleurais, pleurais pour la personne que j'étais, pour une vie passée et pour l'éternité à souffrir.




Correction du Cerf divin :
 


relecture de Scrat:
 
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MessageSujet: Re: Une nuit enneigée [-12]   Sam 16 Avr - 11:43

@Seven a écrit:
            Je ne sais pas quoi penser. La nuit semblait vivre ne tenant pas compte de moi, > Sans tenir compte de moi :) vivre à travers le temps. La lune flottanit haut dans le ciel et guidait les âmes perdues, un peu comme le phare guidant les bateaux dans la mer. Nul doute de la magnificence de ce moment précis. J'avais les yeux plongés dans l'obscurité de la ville, aucune trace de vie dans les rues, dans les maisons, juste des ombres passantes. Je me sentais terriblement seule, plus que jamais, déformée par l'abandon du genre humain. J'errais sans but peut-être dans l'espoir que le but me trouve. De quelle déception étais-je victime ? De la lassitude, de la solitude ? De l'ennui, peut-être ? Mon esprit en avait pris conscience tandis que mon corps ne semblait plus maître de ces mouvements. Alors je marchais encore et encore comme un fantôme ne sachant pas pourquoi il est ici ni qu'il est mort. Alors on se rappelle quelque souvenirs idiots et amusants pour se tenir compagnie dans la nuit étincelante. Et puis faute d'avoir cru que c'était un soir normal, la neige se mit à tomber doucement, des milliers de flocons en suspension dans l'air, emportés par le vent et fondant sur le sol froid. Un miracle, sans aucun doute. Plus les minutes défilaient, plus la neige s’épaississait formant des couches sur le sol transformant la promenade en dure avancée. Mes empreintes, trace de mon passage, demeuraient dans la grande ville comme une énigme à résoudre. Qui est passé par là ? Même moi je ne saurais répondre. Trop concentrée sur mes pas pour savoir par où je suis passée.

J'aime beaucoup ce paragraphe. La vie semble tellement lourde, un fardeau. On ressent aussi le poids de la mort, l'amertume du moment et le désespoir de ton personnage.


            Finalement vers l'heure inconnue, toute trace d'obscurité se voit submergée par le blanc pur du paysage et toute corruption disparaît comme des péchés pardonnés. J'adore ! J'arrive à l'entrée d'un parc, au grillage rouillé et enseveli par la neige. Une grande fontaine en son centre est protégée par des arbres majestueux. Quelques ruines de murs en brique restent ça et là. J'étais émerveillée plus encore lorsque, sans m'en rendre compte, le sable m'avait filé entre les doigts et que du sang était apparu dans la neige. Beau et tellement glauque <3

            Je n'avais rien vu, mais maintenant tout m'apparaissait clairement, la neige qui avait recouvert la structure de la fontaine avait été balayée et remplacée par des coulées de sang, d'où quelque gouttes teintaient (imparfait ici) le blanc de la mort. Pas de corps, pas de meurtrier juste du sang. Encore et encore. La beauté du parc n'en fut que plus accentuée. Un sourire étira mes lèvres lorsque le rouge écarlate sembla se propager. La glace, les flocons doucement contaminés par la mort. Une vision qui autrefois blanche, n'était devenue rien d'autre que rouge. Les flocons qui entraient en contact avec ma peau laissaient de légères traces sanglantes, à peine quelques minutes face à ce phénomène que j'étais recouverte de la mort. Paysage apocalyptique dont la beauté ne cessait de m'émerveiller. Le ciel dans son obscurité avait néanmoins pris cette teinte orangée. A cet instant précis, j'avais seulement pensé que la fin était venue, que j'étais déjà résignée et que j'avais bien vécu. Mais au fond de moi j'en avais espéré plus de mes derniers instant et comme si mon appel fut entendu, il se mit à pleuvoir.

J'adore ton atmosphère vraiment particulière... C'est glauque, mais en même temps, tes phrases ont un impact vachement puissant !

            Non pas de l'eau, c'est évident, mais du sang. Une euphorie m'envahit et je tournais sur moi-même, la tête vers l'arrière, le visage face au ciel et à l'agonie, et les bras tendus autour de moi comme fêtant la pluie divine. Chaque goutte qui me touchait était une douleur en plus, la douleur d'une personne qui avait souffert et qui avait rejoint le royaume au-delà de cette terre. J'avais mal, mal pour moi, pour eux et pour ce moment. Alors je sentis quelque chose grandir dans ma gorge, voulant sortir du plus profond de moi. La bête enragée se réveilla et je finis par laisser cette atrocité sortir de moi. Un cri. Si strident, si désespéré qu'il emplit le silence du monde entier. Le cri avait entraîné avec lui, la violence et la rage. Sans cesser de hurler, je m'effondrai, à genou, sur le sol humide, sous cette pluie. Puis la rage mourut dans ma gorge. Non seulement je n'étais plus rien mais en plus je prenais conscience de ce qu'il se passait.

            C'était > Il fait tache ici, essaie de voir pour autre chose la fin. La pluie continuait de tomber, le soleil rouge commençait à se lever et mon ressentiment également. Alors je fis la dernière chose qui me passa par la tête. Je me mis à courir. Courir pour échapper à la mort. A chaque pas, le sang éclaboussait mes vêtements déjà imbibés de la vie de ces pauvres personnes. Le souffle court, la panique me gagnant, je courus plus vite. Partout dans les rues, dans les maisons, il ne rester rien, mise à part cette couleur qui avait tout contaminé et qui ne s'arrêtait pas là. Elle me rongeait également. Mon pied glissa sur du verglas écarlate et mon corps resta sous le choc, par terre. Difficilement, je me relevai en arrachant mes habits devenu trop lourds par la pluie. Je n'étais désormais recouverte que par l'hémoglobine. La lumière aveuglante du soleil, si tant est que c'en était un, apparut, suivit de ce que je craignait. Le feu.

            Voyant derrière moi, la destruction, les bâtiments disparaître et les cendres envahir l'air, je me remis à courir plus vite, plus déterminée. Mon cerveau avait décidé de lutter. Je sentais mes muscles se tendre et se détendre à chaque enjambée et le sang me recouvrir à chaque saut dans les flaques glaciales. Le froid était aussi présent que le feu qui grandissait derrière moi. Il me poursuivait, voulait me dévorer tout comme le reste.

            La falaise m'apparut tel une évidence, tel l'espoir qui suffisait à me faire vivre. La pluie, la neige, le feu, je commençais à ne plus voir clairement, mes cheveux collés à ma peau par le sang, mes membres endolori par la course néanmoins la simple idée de devoir m'arrêter me suffit pour continuer à avancer. Quand soudain, une pression inimaginable s'abattit sur moi. La gravité voulut me maintenir au sol. Non c'était autre chose. Ma colonne vertébrale, elle se mouvait sous ma peau dans une douleur atroce qui me fit hurler, un hurlement étouffé par le fracas de la pluie sur les toits et par le feu détruisant le passé. Comme un serpent dans la chair, je sentais le corps étranger reprendre place différemment. L'envie de voir ce quis'était passé me prit mais jamais je ne pris la peine d'essayer, je me remis simplement sur mes deux pieds et me remit à courir. Puis une seconde fois, cela arriva.

            Mes bras. La douleur me fit fermer les yeux, les muscles contractés pour empêcher par tous les moyens la douleur de me prendre. Lorsque cela s'arrêta, j'ouvris les paupières et découvris mes bras. Des veines noirs les parcouraient, des fissures également et des filets de peau se détachaient de mes os. Passant mes doigts sur les fissures, j'ai tiré sur la chair, la décrochant facilement. Les yeux plein d'horreur, je compris. Mes yeux horrifiés, sous la chair décrochée, je mourrais. Il fallait que j'atteigne la falaise. La falaise. Durant le trajet le même processus arriva à mes jambes, la peau se détachant. Mais je continuais à courir, semblable à un animal enragé qui a compris qu'il allait à l’abattoir. Je me rapprochai de la falaise toujours plongé dans cette atmosphère orangé, là où le soleil n'était pas encore passé, alors désespérément je tendis la main vers le salut, ma main squelettique, j'avais perdu tout ce qui faisait de moi un être humain dans ma course acharnée. Mon visage ne ressemblait plus qu'à un crâne recouvert parfois de fragments de cuir chevelu et de mâchoire.

            Puis finalement je me demande enfin pourquoi je suis là.
            A fuir le feu.
            A courir sous une pluie de sang.
            En marchant sur ma propre peau.
            La main tendu vers un espoir qui n'en est pas un.
            Alors forcément…
            Je m'arrête.
            Je me retourne et je vois.
            Mon monde.
            Mon monde de cendres.
            De restes humains.
            Un monde submergé par les cris d'agonie.
            Par mes cris d'agonie.
            Je suis morte.
            Et ce monde n'est rien d'autre que l'enfer.

Le peu de temps où je me suis arrêtée, le feu m'a rattrapée et je fus emportée, emportée alors que je pleurais, pleurais pour la personne que j'étais, pour une vie passée et pour l'éternité à souffrir.


J'adore, que dire mis à part ce qu'il y a dans mes annotations, que j'adore, que tu envoies de sacrés images, que je suis parvenue à ressentir la beauté mais aussi, la glauquitude du moment ? Ta nouvelle est pleine de force, continue !

Correction du Cerf divin :
 




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MessageSujet: Re: Une nuit enneigée [-12]   Sam 16 Avr - 17:01

Heyhey ! Voici un  de mes commentaires avec de la couleur partout et une attention portée sur la forme !

@Seven a écrit:
            Je ne sais pas quoi penser. La nuit semblait vivre ne tenant pas compte de moi, vivre à travers le temps. La lune flottant haut dans le ciel et guidait les âmes perdues, un peu comme le phare guidant les bateaux dans la mer. Nul doute de la magnificence de ce moment précis. J'avais les yeux plongés dans l'obscurité de la ville, point-virgule aucune trace de vie dans les rues, dans les maisons, juste des ombres passantes. points de suspension Je me sentais terriblement seule, plus que jamais, déformée par l'abandon du genre humain. J'errais sans but peut-être dans l'espoir que le but me trouve. De quelle déception étais-je victime ? De la lassitude, de la solitude ? De l'ennui, peut-être ? Mon esprit en avait pris conscience tandis que mon corps ne semblait plus maître de ces mouvements. Alors je marchais encore et encore comme un fantôme ne sachant pas pourquoi il est ici ni qu'il est mort. Alors on se rappelle quelque souvenirs idiots et amusants pour se tenir compagnie dans la nuit étincelante. Et puis faute d'avoir cru que c'était un soir normal, la neige se mit à tomber doucement, des milliers de flocons en suspension dans l'air, emportés par le vent et fondant sur le sol froid. Un miracle, sans aucun doute. Plus les minutes défilaient, plus la neige s’épaississait formant des couches sur le sol transformant la promenade en une dure avancée. Mes empreintes, trace de mon passage, demeuraient dans la grande ville comme une énigme à résoudre. Qui est était (concordance) passé par là ? Même moi je ne saurais aurais su répondre. Trop concentrée sur mes pas pour savoir par où je suis passée.

            Finalement vers l'heure inconnue, toute trace d'obscurité se voit Attention, tu passes au présent, là submergée par le blanc pur du paysage et toute corruption disparaît comme des péchés pardonnés. J'arrive à l'entrée d'un parc, au grillage rouillé et enseveli par la neige. Une grande fontaine en son centre est protégée par des arbres majestueux. Quelques ruines de murs en brique restent ça et là. J'étais émerveillée plus encore lorsque, sans m'en rendre compte, le sable m'avait filé entre les doigts et que du sang était apparu dans la neige.

            Je n'avais rien vu, mais maintenant tout m'apparaissait clairement, la neige qui avait recouvert la structure de la fontaine avait été balayée et remplacée par des coulées de sang, d'où quelque goutte teintait le blanc de la mort. Pas de corps, pas de meurtrier point, point virgule ou points de suspension juste du sang. Encore et encore. La beauté du parc n'en fut que plus accentuée. Un sourire étira mes lèvres lorsque le rouge écarlate sembla se propager. La glace, les flocons doucement contaminés par la mort. Tu abuses un petit peu des phrases nominales. Oui, je chipote Une vision qui autrefois blanche, n'était devenue rien d'autre que rouge. Les flocons qui entraient en contact avec ma peau laissaient de légères traces sanglantes, à peine quelques minutes face à ce phénomène que j'étais recouverte de la mort. Paysage apocalyptique dont la beauté ne cessait de m'émerveiller. Le ciel dans son obscurité avait néanmoins pris cette teinte orangée. A cet instant précis, j'avais seulement pensé que la fin était venue, que j'étais déjà résignée et que j'avais bien vécu. Mais au fond de moi j'en avais espéré plus de mes derniers instants et comme si mon appel fut entendu, il se mit à pleuvoir.

            Non pas de l'eau, c'est évident, mais du sang. Une euphorie m'envahit et je tournai sur moi-même, la tête vers l'arrière, le visage face au ciel et à l'agonie, et les bras tendus autour de moi comme fêtant la pluie divine. Chaque goutte qui me touchait était une douleur en plus, la douleur d'une personne qui avait souffert et qui avait rejoint le royaume au-delà de cette terre. J'avais mal, mal pour moi, pour eux et pour ce moment. Alors je sentis quelque chose grandir dans ma gorge, voulant sortir du plus profond de moi. La bête enragée se réveilla et je finis par laisser cette atrocité sortir de moi. Un cri. Si strident, si désespéré qu'il emplit le silence du monde entier. Le cri avait entraîné avec lui, pas de virgule la violence et la rage. Sans cesser de hurler, je m'effondrai, à genou, sur le sol humide, sous cette pluie. Puis la rage mourut dans ma gorge. Non seulement je n'étais plus rien mais en plus je prenais conscience de ce qu'il se passait.

            C'était la fin. La pluie continuait de tomber, le soleil rouge commençait à se lever et mon ressentiment également. Alors je fis la dernière chose qui me passa par la tête. Je me mis à courir. Courir pour échapper à la mort. A chaque pas, le sang éclaboussait mes vêtements déjà imbibés de la vie de ces pauvres personnes un peu raplaplate comme expression. Le souffle court, la panique me gagnant, je courus "me mis à courir" est peut-être plus expressif plus vite. Partout dans les rues, dans les maisons, il ne rester rien, mise à part cette couleur qui avait tout contaminé et qui ne s'arrêtait pas là. Elle me rongeait également. Mon pied glissa sur du verglas écarlate et mon corps resta sous le choc, par terre. Difficilement, je me relevai en arrachant mes habits devenu trop lourds par la pluie. Je n'étais désormais recouverte que par l'hémoglobine. La lumière aveuglante du soleil, si tant est que c'en était un, apparut, suivit de ce que je craignait. Le feu.

            Voyant derrière moi, la destruction, les bâtiments disparaître et les cendres envahir l'air, je me remis à courir plus vite, plus déterminée. Mon cerveau avait décidé de lutter. Je sentais mes muscles se tendre et se détendre à chaque enjambée et le sang me recouvrir à chaque saut dans les flaques glaciales. Le froid était aussi présent que le feu qui grandissait derrière moi. Il me poursuivait, voulait me dévorer tout comme le reste.

            La falaise m'apparut tel une évidence, tel l'espoir qui suffisait à me faire vivre. La pluie, la neige, le feu, je commençais à ne plus voir clairement, mes cheveux collés à ma peau par le sang, mes membres endolori par la course néanmoins la simple idée de devoir m'arrêter me suffit pour continuer à avancer. Quand soudain, une pression inimaginable s'abattit sur moi. La gravité voulut me maintenir au sol. Non virgule c'était autre chose. Ma colonne vertébrale, elle se mouvait C'est pas joliiii Wiii sous ma peau dans une douleur atroce qui me fit hurler, un hurlement étouffé par le fracas de la pluie sur les toits et par le feu détruisant le passé. Comme un serpent dans la chair, je sentai le corps étranger reprendre place différemment. L'envie de voir ce qu'il s'était passé me prit virgule mais jamais je ne pris la peine d'essayer, je me remis simplement sur mes deux pieds et me remit à courir. Puis une seconde fois, cela arriva.

            Mes bras. La douleur me fit fermer les yeux, les muscles contractés pour empêcher par tous les moyens la douleur de me prendre. Lorsque cela s'arrêta, j'ouvris les paupières et découvris mes bras. Des veines noirs les parcouraient, des fissures également et des filets de peau se détachaient de mes os. Passant mes doigts sur les fissures, j'ai tiré tirai sur la chair, la décrochant facilement. Les yeux plein d'horreur, je compris. Mes yeux horrifiés, sous la chair décrochée, je mour(r)ais. Il fallait que j'atteigne la falaise. La falaise. Durant le trajet le même processus arriva à mes jambes, la peau se détachant. Mais je continuais à courir, semblable à un animal enragé qui a compris qu'il allait à l’abattoir. Je me rapprochai de la falaise toujours plongé dans cette atmosphère orangé, là où le soleil n'était pas encore passé, alors désespérément je tendis la main vers le salut, ma main squelettique, j'avais perdu tout ce qui faisait de moi un être humain dans ma course acharnée. Mon visage ne ressemblait plus qu'à un crâne recouvert parfois de fragments de cuir chevelu et de mâchoire.

            Puis finalement je me demande enfin pourquoi je suis là.
            A fuir le feu.
            A courir sous une pluie de sang.
            En marchant sur ma propre peau.
            La main tendu vers un espoir qui n'en est pas un.
            Alors forcément…
            Je m'arrête.
            Je me retourne et je vois.
            Mon monde.
            Mon monde de cendres.
            De restes humains.
            Un monde submergé par les cris d'agonie.
            Par mes cris d'agonie.
            Je suis morte.
            Et ce monde n'est rien d'autre que l'enfer.

Le peu de temps où je me suis arrêtée étais arrêtée, le feu m'a rattrapée rattrapa et je fus emportée, emportée alors que je pleurais, pleurais pour la personne que j'étais, pour une vie passée et pour l'éternité à souffrir.


Correction du Cerf divin :
 




Beeeeeh, c'est vraiment bien tout ça. C'est à la fois puissant et mystérieux, mais également assez finement écrit. Attention à quelques maladresses et à la concordance des temps. Les images sont fortes et riches... J'aime !

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pouet




Ah oui, j'écris des trucs aussi
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MessageSujet: Re: Une nuit enneigée [-12]   Dim 17 Avr - 13:27

Cher Seven,
Que dire de ta petite nouvelle ? Je vois des images fortes, des envolées assez lyriques, bref, une envie d'exprimer quelque chose de très personnel. Pour cela tu es au bon endroit il me semble.

J'ai relevé une image qui m'a particulièrement plu "Mes empreintes, traces de mon passage, demeuraient dans la grande ville comme une énigme à résoudre." D'ailleurs je vois une faute que je n'ai pas corrigé dans ton texte.

Ce qui nous amène au cœur du problème : on n'arrive pas à apprécier tes idées et ton expression à leur juste valeur à cause de ces fautes. Nous sommes deux correctrices à être passées par là (je pense que Cornedor a fait le plus gros du travail) et il en reste. Les commentateurs précédents te l'ont aussi fait remarqué.

Le fait est que la concordance des temps n'est pas au point. Il faudrait que tu choisisses une fois pour toutes entre le présent et le passé. Tes images et tes idées forment un essai remarquable sur l'enfer etc... mais on doit faire un effort terrible pour les voir ! Travaille tes temps, tes conjugaisons, et ta grammaire. Il y a des tutos un peu partout sur le net je pense et même ici. Avant de jouer au foot il faut déjà savoir marcher. Réapprends à marcher. Il faut en passer par là.

Une bonne continuation à toi ! J'espère te recroiser par ici et ne pas avoir à te corriger ^^

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MessageSujet: Re: Une nuit enneigée [-12]   Dim 17 Avr - 13:42

Bon, déjà, je salue le travail des correcteurs et des commentateurs. Bravo à vous pour votre gentillesse, votre dévouement et votre diplomatie. On le diras jamais assez, sans vous, le forum ne vivrais pas.

Sinon, tout à déjà était plus ou moins dit Seven, je vais pas enfoncé le clou.
Perd pas espoir, garde courage.
Rappelle toi ses mots de Brassens "Sans travail, un don n'est rien qu'une sale manie"
Travaille, écris, amuse toi. On sera toujours là pour te lire et te conseiller (un peu te rabrouer peut être si besoin Wink )
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Scrat

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MessageSujet: Re: Une nuit enneigée [-12]   Dim 17 Avr - 13:48

Bien dit ragnounet ! On ne le répète pas assez, garde courage et surtout garde ton envie d'écrire !

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Spoiler:
 
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Le Molosse
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MessageSujet: Re: Une nuit enneigée [-12]   Dim 17 Avr - 14:23

C'est quoi ce surnom mdr :la: ?

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Signe distinctif de chasseresse de fautes: ~ (pour faire honneur à mon surnom :la:)

Sections attribuées: Romans et Théâtre


N'hésitez pas à venir me lire ici: Mes écrits #TexteDeMathilde
:unjournormal:

Et sinon Invité , viens voir ma galerie de dessinatrice & celle de photographe :la:

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MessageSujet: Re: Une nuit enneigée [-12]   Dim 17 Avr - 14:34

Scrat me connait depuis plus longtemps que quiconque ici, elle a droit à tout les surnoms :p
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La Lapine Cornue
Divine cerfette et ses lapins multicolores
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MessageSujet: Re: Une nuit enneigée [-12]   Dim 17 Avr - 14:36

GENRE
Moi aussi je t'appelle Ragnounet :(


Hein, Ragnounetchouuuu ? AHDE AHDE

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Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

→ Venez fouiller dans mes écrits... Y'en a pour tous les goûts ! :corn2:

.[/center]
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MessageSujet: Re: Une nuit enneigée [-12]   Dim 17 Avr - 14:40

*sort le ban hammer*
*Renomme Cornedor Mornecor*
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Le Molosse
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Féminin Vierge Messages : 1920
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MessageSujet: Re: Une nuit enneigée [-12]   Dim 17 Avr - 14:44

What Raninouchet ? Wink

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MessageSujet: Re: Une nuit enneigée [-12]   Dim 17 Avr - 14:48

(on arrete le spam^^)
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Seven

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MessageSujet: Re: Une nuit enneigée [-12]   Jeu 28 Avr - 19:18

Merci beaucoup pour les posts ^^.
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Une nuit enneigée [-12]
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