Encre Nocturne
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 Nuit noire [-12]

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Scrat

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Féminin Taureau Messages : 392
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MessageSujet: Nuit noire [-12]   Sam 23 Avr 2016 - 21:58

Ce n'est pas mon style mais en vous lisant il semble que j'ai été inspirée et prise de l'envie d'écrire quelque chose de sombre moi aussi :)

Cette histoire est arrivée dans ma tête ce matin (en fait c'était un rêve tout à fait dégoûtant), il y a une suite (comme c'était trop dégoûtant j'ai fait intervenir un personnage rempart pour arrêter le massacre) mais elle est compliquée à mettre en place, je ne sais pas si ça vaut la peine.

Le titre ne me plaît pas du tout mais je ne trouve pas mieux, si vous avez des suggestions après lecture je serai ravie de les connaître !



Le bruit du moteur est couvert par le son de l’orage. Il gronde. La pluie martèle le toit de la voiture. La nuit est noire. Les phares usés peinent à éclairer la route inondée. L’œil sur la fenêtre je vois les silhouettes sombres des arbres de la forêt qui borde la route. Cela doit faire des heures qu’on roule. Je ne me souviens pas du moment où nous avons quitté l’hôpital, mais il faisait certainement jour. L’ambiance est si lourde. Comme ils ont d’affreuses mines, mon père et ma mère. Elle a le teint cireux, le cheveu filasse, la peau exsangue. Elle lui jette des regards outragés et des remarques tranchantes comme des lames. Il ne répond pas. Ses mains –un sac d’os ! – posées sur le volant, il regarde fixement la route de ses yeux caves. Ses cheveux noir corbeau sont encore plus sombres que la nuit. Il attend le moment où le moteur va prendre l’eau et où la voiture s’arrêtera, nous laissant tous les trois seuls au monde. La civilisation est loin. L’orage interdit la valeur salvatrice qu’eût pu prendre un téléphone portable en ces circonstances. Pour l’instant la voiture roule encore, je ne sais comment.

-Ça suffit, arrête-toi ! dit soudain ma mère.

Mon père reste silencieux. La voiture continue de tourner péniblement.

-Arrête-toi je te dis ! Arrête la voiture ! On doit dormir ici cette nuit.

Elle crie mais sa voix couvre à peine le son de la pluie. Elle a l’air d’une chauve-souris enragée. Elle s’agite, ses cheveux sont droits sur sa tête et sa grosse bouche écume de rage. Elle l’insulte et lui crie encore d’autres choses auxquelles je ne prête pas attention. J’ai trop mal. Les effets de la morphine se sont estompés peu à peu et plus le temps passe plus j’ai mal. Je sors à peine de l’hôpital. D’ailleurs ils avaient dit que je ne devrais pas sortir. C’est ce que ma mère répète à mon père. Ils avaient bien dit que je ne devais pas sortir avant des mois et des mois. Pourquoi ils ne les ont pas écouté ?

Je gémis doucement. J’ai mal. J’ai encore une perfusion mal retirée dans le bras. Une énorme plaie sur ma clavicule est à peine recousue et suinte. Mais là où j’ai le plus mal, c’est aux jambes.

-C’est trop tôt ! Écume-t-elle. C’est trop tôt !

Il ne répond toujours pas. Il avance et la voiture commence à tressauter. Elle provoque des vibrations dans tout mon corps et je me mets à hurler. Un hurlement de sirène de voiture. J’ai trop mal aux jambes. Ces jambes qui ne peuvent pas bouger. Je ne les sens pas, et ça fait quelques temps qu'elles ne me répondent plus, pourtant cette douleur qu'elles provoquent est insupportable. Elle efface tout autour de moi, et mon cri déchire même le martèlement continu de l’averse.

Je sens qu’on s’arrête. Mon père est sorti de la voiture en criant quelque chose à ma mère. Je n’ai pas compris quoi, mon hurlement recouvre tout. Il est absent longtemps. Pendant tout le temps que dure son absence ma voix a le temps de se déchirer tout à fait et je ne suis plus secouée que par mes propres larmes. Ma mère s’affaire entre le siège avant et la banquette arrière. Ses cheveux cachent ses yeux rougis. Ses mains nerveuses passent de ma ceinture à ma perfusion arrachée, de mon visage feu à mes jambes atrophiées.

-Des herbes… marmonne-t-elle sûrement à mon adresse. Il va chercher des herbes et il revient.

Elle regarde par la fenêtre. On ne voit rien à travers cette vitre, la nuit est trop sombre, et plus sombre encore est la forêt.

Les heures passent. J’ai cru entendre un cri dans la forêt. Ma mère s’est retournée. Elle aussi l’a entendu. Elle a scruté les ombres. Rien. La pluie a continué de tomber. La pluie qui crée ces hallucinations. Elle a marmonné encore. J’ai essayé de crier sans résultat. J’ai très mal. J’ai très froid. Les heures passent.

Un bruit affreux secoue soudain la voiture. Il est assez effrayant pour que j’oublie ma douleur. Je lève les yeux vers le toit. J’entends distinctement un crissement. Des griffes contre la tôle. Laquelle se plie sous le poids de la bête qui est montée. Elle déchire le métal comme on déchire le paquet en plastique qui protège un chocolat, et j’aperçois, par l’ouverture qu’elle a faite, ses crocs luisants. Ma mère, paniquée, ouvre la portière. Je ne sais pas si elle prévoit de me faire sortir ou de fuir mais je n’ai pas le temps de le savoir. Alertée par son mouvement, le monstre se jette sur elle. Son corps flasque tombe à terre. Les cheveux filasse suivent le courant de l’eau sur la route.

J’essaie de crier, sans succès. La bête est couverte de sang humain. Ses yeux scintillent dans la nuit. L’eau m’a complètement trempée et pourtant je n’ai plus froid, je n’ai plus mal. Je veux courir mais je suis toujours paralysée. Je reste collée à mon siège. A l’odeur de la pluie se mêlent l’odeur du sang et de la mort. J’espère que l’eau a lavé mon odeur, que la bête ne me sentira pas. Je me trompe. Une seconde plus tard elle est sur moi. Ses crocs défont les points de suture de ma clavicule et la douleur revient instantanément. En un bruit de succion affreux, elle aspire le sang de ma plaie à présent ouverte. J’ai un haut-le-corps. Une sensation de dégoût plus intense et plus puissante que la peur de la mort m’envahit quand je sens sa langue visqueuse se glisser dans ma chair sanguinolente. Mais alors que la bête aspire ce qui reste de ma vie je devine avec horreur sous le sang qui les recouvre la couleur de ses cheveux, plus sombres que la nuit. A travers la brume qui envahit mon crâne j’articule « Papa ? »

La bête relève ses yeux caves un instant puis sourit.



Ceci est une phrase longue invisible pour que la page ne bug pas. Un cadeau de votre admin aimant et tendre qui s'inquiète pour vos yeux

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Dernière édition par Scrat le Lun 25 Avr 2016 - 16:07, édité 1 fois
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Papagena

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Féminin Bélier Messages : 96
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MessageSujet: Re: Nuit noire [-12]   Dim 24 Avr 2016 - 11:18

Sur la forme j'ai rien a dire; c'est très bien écrit; mis a part peut être lorsqu'elle parle de ses jambes en disant "Je ne les sens pas, la douleur est insupportable " je n'ai pas trouvé ça logique qu'elle ait mal sans les sentir; bref c'est un détail ^^
Sur le fond j'ai bien aimé même si ce n'est pas du tout le genre de lectures auxquelles je m'abandonne habituellement. On rentre bien dans l'histoire et visualisons bien la scène.
Par contre c'est quand même vachement glauque!!!! :trust:
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Scrat

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Féminin Taureau Messages : 392
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MessageSujet: Re: Nuit noire [-12]   Dim 24 Avr 2016 - 11:23

Oh merci ma chérie de commenter !! Je sais que tu préfères des choses un peu plus joyeuses, d'ailleurs moi aussi (ça se voit pas je sais) mais bon il faut bien s'essayer à autre chose de temps en temps !

Bon il faudra que je rajoute une petite explication (pour les jambes), effectivement ça fait bizarre.

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Papagena

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Féminin Bélier Messages : 96
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MessageSujet: Re: Nuit noire [-12]   Dim 24 Avr 2016 - 11:29

Dans le même genre on pourrait penser mettre :

Elle, balancée sur le siège arrière de la voiture, n'était tenue que par sa ceinture de sécurité. Ses bras trop faibles pour se tenir et ses fesses estropiées, elle n'avait plus de jambe...

:waaat
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Scrat

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Féminin Taureau Messages : 392
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MessageSujet: Re: Nuit noire [-12]   Dim 24 Avr 2016 - 11:33

Mais non ! Tu vas faire fuir tout le monde, elle A des jambes d'abord.

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MessageSujet: Re: Nuit noire [-12]   Dim 24 Avr 2016 - 12:01

Pendant tout le temps que dure son absence ma voix a le temps de se déchirer => manque une virgule avant "ma voix"

Sinon c'est bien. Très bien écrit, surprenant, court sans être bref.
Bref, j'ai beaucoup aimé te lire. Je regrette que tes phrases soient un peu trop courte au début, ce qui empêche le récit de bien se poser.
Mais tu arrive à nous faire croire à l'existance d'un background alors qu'il n'y en a pas, et ça c'est ouf
Bref, bravo :)
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Scrat

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Féminin Taureau Messages : 392
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MessageSujet: Re: Nuit noire [-12]   Dim 24 Avr 2016 - 12:12

Tu es trop gentil.
Oui les virgules c'est pas mon truc, un jour je ferai une formation virgules, il faut il faut.
J'ai peur quand je fais des phrases longues (à cause des virgules) du coup je mets des points.
c'est gentil d'être passé camarade !

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La Lapine Cornue
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MessageSujet: Re: Nuit noire [-12]   Dim 24 Avr 2016 - 13:40

Aaaah ah ah c'est immonde :rire:

Je vais pas faire un com très constructif ; à la rigueur je peux juste dire que pendant toute la première moitié du texte j'ai eu du mal à me plonger dans l'ambiance, à ressentir l'atmosphère ; je ne sais pas trop pourquoi pourtant, tu as pas mal travaillé dessus... Enfin si, au tout début on sent très bien l'ambiance chelou, lourde, limite malsaine, on devine qu'il s'agit d'un cauchemar ; mais après je ne sais pas, je n'ai pas ressenti la gradation qui doit nous emmener jusqu'à la scène finale.
Celle-ci en revanche est vraiment cool (enfin, façon de parler AHDE ), bien dégueu, tu décris bien les sensations de la narratrice, on a l'impression de se retrouver dans sa peau lorsque la bête glisse sa langue dans la plaie - beuark j'en ai des frissons :rire: - quant à la chute, je ne m'y attendais pas (ou plus, l'idée m'avait effleurée au tout début mais elle avait disparu par la suite) Donc bien joué :-p

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Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

→ Venez fouiller dans mes écrits... Y'en a pour tous les goûts ! :corn2:

.[/center]
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Scrat

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Féminin Taureau Messages : 392
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MessageSujet: Re: Nuit noire [-12]   Dim 24 Avr 2016 - 14:08

Hm c'est embêtant. Peut-être que je manque de pratique, les descriptions c'est pas vraiment mon fort. Trop factuel sans doute, j'aurais dû rajouter quelques artifices.
En tout cas je suis ravie que tu aies trouvé la fin dégueu, au moins une chose de réussie !

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Tôle

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MessageSujet: Re: Nuit noire [-12]   Lun 25 Avr 2016 - 11:35

C'est une chouette Nouvelle. L'ambiance est très sombre et l'impuissance du personnage nous fait presque regretter d'être arrivé à cette fin si tragique ^^ Enfin bref, c'est bien écrit et original, bravo ! :)

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Écrre et être lu, c'est se devoiler au reste du monde.
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Scrat

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MessageSujet: Re: Nuit noire [-12]   Lun 25 Avr 2016 - 14:20

merci cher Tôle !
Pour l'originalité je ne sais pas trop c'est tout de même un genre ultra revu... mais il faut bien s'essayer à quelques exercices de temps en temps (et il semble que j'en ai grand besoin !)

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Tôle

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Masculin Cancer Messages : 187
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MessageSujet: Re: Nuit noire [-12]   Lun 25 Avr 2016 - 14:23

Et bien l'originalité repose dans la totale impuissan ce des personnages. D'habitude il y a au moins un personnage qui essaye de résister en vain. Là il n'y a aucune résistance :)

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Scrat

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Féminin Taureau Messages : 392
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MessageSujet: Re: Nuit noire [-12]   Lun 25 Avr 2016 - 14:26

ah certes... vu comme ça. Merci en tout cas pour ton petit commentaire bien sympa :)))

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Silenuse

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MessageSujet: Re: Nuit noire [-12]   Lun 25 Avr 2016 - 14:59

Comment détruire des mises en page en une étape :

@Scrat a écrit:
Le bruit du moteur est couvert par le son de l’orage. Il gronde. La pluie martèle le toit de la voiture. La nuit est noire. Les phares usés peinent à éclairer la route inondée. L’œil sur la fenêtre je vois les silhouettes sombres des arbres de la forêt qui borde la route. Cela doit faire des heures qu’on roule. Je ne me souviens pas du moment où nous avons quitté l’hôpital, mais il faisait certainement jour. L’ambiance est si lourde. Comme ils ont d’affreuses minesvirgule mon père et ma mère. Elle a le teint cireux, le cheveu filasse, la peau exsangue. Elle lui jette des regards outragés et des remarques tranchantes comme des lames. Il ne répond pas, point ou point-virgule ses mains –un sac d’os ! – posées sur le volant, il regarde fixement la route de ses yeux caves. Ses cheveux noir corbeau sont encore plus sombres que la nuit. Il attend le moment où le moteur va prendre l’eau et où la voiture s’arrêtera, nous laissant tous les trois seuls au monde. La civilisation est loin. L’orage interdit la valeur salvatrice qu’eût pu Attention à la concordance des temps -> pouvait prendre un téléphone portable en ces circonstances. Pour l’instant la voiture roule encore, je ne sais comment.

-Ça suffit, arrête-toi ! dit soudain ma mère.

Mon père reste silencieux. La voiture continue de tourner péniblement.

-Arrête-toi je te dis ! Arrête la voiture ! On doit dormir ici cette nuit.

Elle crie mais sa voix couvre à peine le son de la pluie. Elle a l’air d’une chauve-souris enragée. Elle s’agite, ses cheveux sont droits sur sa tête et sa grosse bouche écume de rage. Elle l’insulte et lui crie encore d’autres choses auxquelles je ne prête pas attention. J’ai trop mal. Les effets de la morphine se sont estompés peu à peu et plus le temps passe plus j’ai mal. Je sors à peine de l’hôpital. D’ailleurs ils avaient dit que je ne devrais pas sortir. C’est ce que ma mère répète à mon père. Ils avaient bien dit que je ne devais pas sortir avant des mois et des mois. Pourquoi ils ne les ont pas écouté ?

Je gémis doucement. J’ai mal. J’ai encore une perfusion mal retirée dans le bras. Une énorme plaie sur ma clavicule est à peine recousue et suinte. Mais là où j’ai le plus mal, c’est aux jambes.

-C’est trop tôt ! Écume-t-elle. C’est trop tôt !

Il ne répond toujours pas. Il avance et la voiture commence à tressauter. Elle provoque des vibrations dans tout mon corps et je me mets à hurler. Un hurlement de sirène de voiture. J’ai trop mal aux jambes. Ces jambes qui ne peuvent pas bouger. Je ne les sens pas, la douleur est insupportable. Elle efface tout autour de moi, et mon cri déchire même le martèlement continu de l’averse.

Je sens qu’on s’arrête. Mon père est sorti de la voiture en criant quelque chose à ma mère. Je n’ai pas compris quoi, mon hurlement recouvre tout. Il est absent longtemps. Pendant tout le temps que dure son absence ma voix a le temps de se déchirer tout à fait et je ne suis plus secouée que par mes propres larmes. Ma mère s’affaire entre le siège avant et la banquette arrière. Ses cheveux cachent ses yeux rougis. Ses mains nerveuses passent de ma ceinture à ma perfusion arrachée, de mon visage feu à mes jambes atrophiées.

-Des herbes… marmonne-t-elle sûrement à mon adresse. Il va chercher des herbes et il revient.

Elle regarde par la fenêtre. On ne voit rien à travers cette vitre, la nuit est trop sombre, et plus sombre encore est la forêt.

Les heures passent. J’ai cru entendre un cri dans la forêt. Ma mère s’est retournée. Elle aussi l’a (concordance) entendu. Elle a scruté les ombres. Rien. La pluie a continué de tomber. La pluie qui crée ces hallucinations. Elle a marmonné encore. J’ai essayé de crier sans résultat. J’ai très mal. J’ai très froid. Les heures passent.

Un bruit affreux secoue soudain la voiture. Il est assez effrayant pour que j’oublie ma douleur. Je lève les yeux vers le toit. J’entends distinctement un crissement. Des griffes contre la tôle. Laquelle se plie sous le poids de la bête qui est montée. Elle déchire le métal comme on déchire le paquet en plastique qui protège un chocolat, et j’aperçois, par l’ouverture qu’elle a faite, ses crocs luisants. Ma mère, paniquée, ouvre la portière. Je ne sais pas si elle prévoit de me faire sortir ou de fuir mais je n’ai pas le temps de le savoir. Alertée par son mouvement, le monstre se jette sur elle. Son corps flasque tombe à terre. Les cheveux filasse suivent le courant de l’eau sur la route.

J’essaie de crier virgule sans succès. La bête est couverte de sang humain. Ses yeux scintillent dans la nuit. L’eau m’a complètement trempée (il manque un coordonnant ou un point ici) pourtant je n’ai plus froid, je n’ai plus mal. Je veux courir mais je suis toujours paralysée. Je reste collée à mon siège. A l’odeur de la pluie se mêlent l’odeur du sang et de la mort. J’espère que l’eau a lavé mon odeur, que la bête ne me sentira pas. Je me trompe. Une seconde plus tard elle est sur moi. Ses crocs défont les points de suture de ma clavicule et la douleur revient instantanément. En un bruit de succion affreux virgule elle aspire le sang de ma plaie à présent ouverte. J’ai un haut-le-corps. Une sensation de dégoût plus intense et plus puissante que la peur de la mort m’envahit quand je sens sa langue visqueuse se glisser dans ma chair sanguinolente. Mais alors que la bête aspire ce qui reste de ma vie je devine avec horreur sous le sang qui les recouvre la couleur de ses cheveux, plus sombres que la nuit. A travers la brume qui envahit mon crâne j’articule « Papa ? »

La bête relève ses yeux caves un instant puis sourit.

C'est vraiment bien ! :la: Peut-être un peu court, mais soit ! C'est écrit assez finement et tu arrives à bien retranscrire les émotions et la peur du narrateur (de la narratrice ? j'ai l'impression que c'est une femme même si je n'ai aucun moyen de le prouver... BIZARRE). J'aime beaucoup le moment juste avant que la voiture s'arrête, où le père semble complètement paumé, perdu et vide...

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pouet




Ah oui, j'écris des trucs aussi
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Scrat

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Féminin Taureau Messages : 392
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MessageSujet: Re: Nuit noire [-12]   Lun 25 Avr 2016 - 15:45

Ah merci pour ta lecture (et pour ta correction, je vais m'en occuper de ce pas!)
Heu... effectivement c'est une femme, enfin une fille, tu peux lui donner l'âge que tu veux. Je pensais que ça se voyait plus que ça, j'avais pas vraiment cherché à le cacher. Bizarre. Il faut croire que dans ce texte ça n'a pas vraiment d'importance.

Pour ce passage : "L’orage interdit la valeur salvatrice qu’eût pu Attention à la concordance des temps -> pouvait prendre un téléphone portable en ces circonstances. "
En fait eût pu remplace aurait pu (c'est la deuxième forme du conditionnel passé). C'est à dire que ce pauvre téléphone aurait pu être utile mais qu'à cause de l'orage, il n'y a pas de réseau blablabla. Bref, je pense devoir le garder.

Quoi qu'il en soit, je suis diablement ravie que tu aies pris le temps de commenter si finement, merci cher Silenuse !
Et très heureuse que tu aies également apprécié la lecture, car c'est tout de même essentiel !
Reviens me voir ^^

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MessageSujet: Re: Nuit noire [-12]   

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Nuit noire [-12]
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