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 Les tutos de la gazette

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MessageSujet: Les tutos de la gazette   Mer 4 Mai - 22:35

Il fut un temps(que les moins de vingts ans ne peuvent pas connaitre) où Corndor et moi-même réalisions des tutos pour la gazette. Et sil à repris.
Du coup, on vous les met ici, histoire de pouvoir en profiter à part
Et lisez la gazette! C'est ici!

Aujourd'hui, la gazette 7!



LE PASSE SIMPLE




Par Cornouille


[justify]

Alors ! Paraît que je suis chargée de tuto ? Vous allez souffrir, niark. Préparez l'armure.

On va commencer par la base : quelques règles de conjugaison, claires et précises, parce que FRANCHEMENT y'en a qui en ont besoin. (Si vous vous sentez visé, surtout ne vous inquiétez pas, vous n'êtes pas le/la seul(e).)

Aujourd'hui, on va voir le tout-puissant Passé Simple.


Oui, parce que j'en vois plein plein plein qui écrivent leur texte au passé, mais qui se gourent en permanence sur les terminaisons. J'explique. Quand vous écrivez dans un système passé, vous utilisez forcément les deux temps : imparfait et passé simple, le premier pour les actions longues et descriptions, le second pour les actions courtes. Exemple (oui, je sais que vous aimez les exemples) :

Citation :
J'aimais manger des meringues. J'étais brun aux yeux bleus.
(imparfait)
Je me jetai par terre pour éviter le coup mortel.
(passé simple)

(bon, je n'ai pas dit que les exemples étaient de bonne qualité hein)

HA ! Et là, ça bloque ! Parce que souvent, histoire de simplifier les choses, vous me mettez la même conjug' pour 2 temps différents : le fameux -ais.

OR ! si effectivement l'imparfait (actions longues et description, je rappelle) à "Je" prend un S comme dans la première phrase, le passé simple n'en prend pas ! Et oui ! (Je vois vos mines ahuries ; fermez la bouche, vous allez gober les mouches).

Et là, la grande question : mais comment je peux savoir quand c'est -ai et quand c'est -ais ?

Il est vrai que parfois, on n'est pas tellement sûr de savoir si ce truc est à l'imparfait ou au passé simple... Astuce : remplacer le JE (puisque le problème se pose uniquement pour la 1ère personne) par un autre pronom, le troisième par exemple.

Citation :
Il aimait manger des meringues. Il était brun aux yeux bleus.
(imparfait → facile, aimait-imparfait, ça rime !)
Donc phrase finale : J'aimais [...] J'étais [...]
Il se jeta par terre pour éviter le coup mortel.
(passé simple)
(Phrase finale : Je me jetai [...]

Je récapitule : si vous remplacez par IL et que cela se termine en -ait, c'est de l'imparfait et vous pouvez mettre un S sans danger à la 1ère personne, Cornouille ne vous mangera pas. En revanche si cela se termine en -a, c'est du passé simple et -ai suffira !

(En espérant ne pas vous avoir trop embrouillé, c'était clair dans ma tête au départ... x))


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MessageSujet: Re: Les tutos de la gazette   Mer 4 Mai - 23:04

Toujours la gazette 7


L'inspiration & les noms




Cornouille & Ragne





Cornedor

1er problème : Trouver ses idées !

Bawi, parce que tout le monde s'est déjà planté devant une page blanche en se disant "Houlà, j'ai une envie folle d'écrire, faut que ça sorte !" sauf que parfois, bah vous n'avez aucune idée, je dis bien aucune et pas le début du commencement du départ d'une. Problématique.

→ Astuce de Phoenix (ou Ippa ? désolée les filles xD) : énumérer des mots complètement random, et construire à partir de ça. Et si VRAIMENT même pour de simples mots vous n'arrivez pas à sortir quelque chose, demandez à votre entourage, "Hé papa/maman/papy/mamie/tatie/tonton/arrière-papy, dis-moi dix mots au pif !" (Bon, liste non exhaustive, mais attention, si vous demandez à votre chat, je ne garantis pas la réussite de la méthode).

Et dans le cas où ça vous bloquerait encore plus ("Nan mais comment je peux écrire un truc sur Poisson/Réveil/Papier toilette/Vomi/Plouf et Scotch, moi?"), bah c'est simple
1) imposez un thème ("Il me faut des mots sur la guerre/l'Allemagne/les enfants /etc etc") ;
2) changez de personne (Nan mais je vous ai déjà dit d'éviter le chat, vous êtes têtu, hein ?!) ;
3) choisissez quelques mots seulement dans la liste, rajoutez-en d'autres et construisez à partir de ça, c'est un très bon exercice ! ^_^ (Et si vous êtes encore et toujours bloqué,eh bien pendez-vous, ce sera réglé.)


Ragne : Dans le cas où vous êtes réellement bloqué, ne lésinez pas sur le dictionnaire, définir les mots ça peut débloquer et faciliter l’arrivée de l’inspiration


Ragne, c'est MON tuto, kasstwa :"( → Astuce de ma sister : Allez-vous perdre dans l'immensité du Web, et notamment naviguer sur des sites de photographies et images extraordinaires/glauques/épiques bref selon le genre qui vous convient... Il y en aura forcément une qui vous intriguera, qui vous donnera envie d'écrire une histoire, que ce soit sur un personnage, un lieu, une scène... )


2ème problème (ou pas, ça dépend !) : créer un nom/un mot dans une langue fictive.

Très souvent, lorsqu'il nous faut chercher un nom pour, par exemple, une ville ou un personnage fantasy, la technique, bah... c'est le pifomètre. On prend des lettres ou des syllabes et on les assemble. Parfois ça marche, parfois ça donne un truc complètement WTF dans le genre "Hariglia", "Ekoiris"... Bon, ça peut donner un style... personnellement je trouve ces noms alambiqués, trop abstraits. Pas... comment dire ? Réaliste, car fondés à partir de rien. Et au final, comme aucun ne dit rien au lecteur, ils finissent par se fondre dans une masse indistincte.
Le mieux (après c'est à votre goût, bien sûr !), c'est de partir d'un mot existant. Et, de préférence, un mot qui décrit ce que vous voulez nommer. Par exemple, ma soeur joue beaucoup sur cela. L'un de ses personnages est un jeune homme mi-oiseau, albatros garou si l'on peut dire (eeeet... je vais éviter de spoiler son roman sinon elle va m'arracher la tête). Bref, un type assez glauque. Elle s'est alors inspirée de (pour ceux qui connaissent) Hauru, le magicien mi-oiseau du film Le Château Ambulant ; en effet, son nom anglais est Howl, ce qui signifie Hurlement (tadaaaa ! le perso de ma soeur est un "albatros hurleur" 8D). Après, elle a fait un mix avec le nom du dieu du Vent : Éole. Ce qui a donné : Ehowl. (Cerise sur le gâteau, Owl qui signifie Hibou !) Bref, de fil en aiguille, ce travail vous donnera un nom pile à la taille du perso, et en plus vous permettra de vous amuser vraiment, non de chercher un truc au pif en 5minutes.

Pour les noms, une analyse rigoureuse de la toponymie, de l’hydronymie, de la sylvonymie… peut également vous aider. Appuyez-vous sur une langue que vous définissez dans votre tête et créez quelques radicaux (un radical, des radicaux = préfixe, suffixe) que vous déclinerez. Exemple en franche-comté vous trouvez deux villes Vesoul et Besançon. Si vous vous penchez sur les noms celtes, Vesoul reste Vesoul, mais Besançon est Vesontio, une dérive simple de la prononciation. On remarque la racine commune Ves qui signifie… colline. C’est souvent la géographie qui influe sur le nom des villes. Lyon vient de Lugdunum, forteresse de Lug en celte (Lug étant le dieu de la guerre) donc la mythologie c’est cool aussi. Quant à paris, ça vient des Parisis Peuplade celte du bois de Boulogne, donc les peuples ça marche également. N’hésitez pas à donner une cohérence à vos noms, rassurez-vous ça ne nuit jamais à l’œuvre. Un dernier pour la route ? Allez les Pays :
l’Angleterre : Terre des angles
La France en Allemand ? Frankreich : Le royaume des francs
Danemark, la marche de Dan…. (Nooooooooooon, oubliez, c’est une blague)
Amérique : supposé découverte par Américo Vespucci au XVI, on avait oublié Colomb, mais on lui a donné la Colombie.
Brésil, Terre de braise en espagnol, entre le sable et les arbres, ils se croyaient en enfer

Un point de vocabulaire pour ceux qui souhaitent écrire dans le fantastique. Une forteresse à la frontière est une marche, ce qui fait de son seigneur un marquis. Un duc est souvent un prince de sang, un comte est le vassal d’un duc, un vicomte on s’en fout ça a été inventé au XVe je crois. Faites des recherches préalables


*Cornedor pousse Ragne hors des projecteurs*

Vous pouvez également, sans aller aussi loin, prendre un mot existant et modifier une ou deux lettres, ou bien intervertir les consonnes / les syllabes. Ou alors, faire du verlan voire carrément inverser chacune des lettres ! Et l'air de rien, parfois cette méthode donne de très beaux résultats !
Ex : à partir d'Anglais, on trouve Angalis ! joli non ? 8D
Timide : Edimi, Demiti, Mitide...
Cornedor : Rodenroc (trouvaille d'Ilya)
Loukoum : Okum, Ukoum, Louko...
Rage + Hargne + Rogne : Ragne (hé oui mon vieux, tu es une célébrité maintenant !)


Ce qui amène au Ragnaroc ! Mais je le confesse c’est ainsi que mon pseudo fut trouvé

Cela nous emmène à un petit cours de linguistique appliqué. C’est un français répondant au nom de Saussure qui a défini la linguistique moderne. Il part du principe qu’un mot c’est deux choses, un signifiant (c’est-à-dire la sonorité du mot, son « empreinte » tant calligraphique que sonore) et un signifié (sa définition). C’est la base même de la linguistique et il faut garder ça en tête. Le son à une importance aussi forte que le sens. Rappelez-vous que les histoires étaient au départ contées. Il faut donner à vos personnages des caractéristiques sonores.


RAGNE ! Bon okay, je plussoie le jeu sur les sonorités. Pour un perso peureux (là je me base sur une anecdote perso) : je pars de l'adjectif Timoré, qui veut dire craintif (dérivé du latin Timor ou la peur, mais ça je ne l'ai su qu'après), et je retire simplement le -é. Le mot reste ainsi facilement reconnaissable, dévoilant une facette du caractère du perso. Bref, jouez avec les mots et avec les lettres, c'est vraiment sympa.
Petite astuce supplémentaire en bonus : Par pitié, si vous tenez à faire une terminaison féminine, abandonnez le sempiternel -a ! (dit la fille dont le roman est rempli de persos avec des noms en -a... Justement, ne faites pas la même erreur que moi ! ù__ù) Créez vos propres terminaisons ! Quelques idées issues dema liste personnelle :
- elle
-ine
-ide
-ée
...

Pour les noms, encore une fois, la réalité est plus simple et complexe
Ça veut dire quoi, ça ? ù_ù"
Les latins tournaient à une douzaine de prénoms seulement ! Et huit pour les femmes. C’est le nom de famille et surtout le Cognomen qui différenciait les individus. C’est à dire le surnom. C’est un système dont on peut très facilement s’inspirer pour une certaine originalité (et légitimer une paresse intellectuelle puisqu’on nomme dès lors son personnage par une caractéristique, sans aucune vergogne !)
Hey, je fais ça, moi... (ne dis pas que c'est de la paresseintellectuelle, enfin ! ça s'appelle du... de... du talent.)

Sinon, une certaine cohérence est encore une fois souhaitable, attribuez à un peuple des connotations gutturales à la scandinave, d’autres, des sonorités chantantes à l’ibère. Les noms de familles sont en France issus d’un certain nombre de critères. Géographiques tout d’abord, c’est souvent la caractéristique des noms à particule qui vous indiquent quel comté l’individu représente. Souvent les caractéristiques sont physiques : « grandgirard » est le surnom qui était donné à un grand Gérard. On trouve également des noms de famille se rapprochant du caractère de la famille du personnage. Celui de votre serviteur signifie « le bosseur » en breton. (Authentique) N’ayant pas trop étudié la patronymie, je ne pourrai vous offrir plus que ces postes de travail éventuels.

Ouf, cette Leçon du jour est enfin terminée ! (Cela n'a pas été sans mal, entre les irruptions de Ragne et les montagnes de fautes qu'il disperse dans ses interventions ! *fuit très loin*)
J'espère ne pas vous avoir trop embrouillé les idées (et aussi ne pas vous avoir endormi(e) sur votre clavier)... Bon travail d'écriture et à la revoyure sur EN ! 8D

On cite souvent Tolkien pour la grandeur de ses créations et la cohérence de son langage. Mais Tolkien était un linguiste et un philologue, aussi à moins que vous n’ayez une connaissance forte de la grammaire et que vous croyiez en le sanscrit comme langue mère de l’Europe, je déconseille la création complète d’une structure langagière, soyez original mais rappelez-vous que la fiction importe plus que le background et que si vous ne pourrez pas forcément égaler Tolkien sur le langage, vous le surpasserez facilement sur bien des points (rien que la qualité de l’histoire déjà. Hinhinhin)




Voilà, les tutos des autres gazettes, bientôt :)
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MessageSujet: Re: Les tutos de la gazette   Jeu 5 Mai - 10:09

Gazette 8

LA MARQUE DU POSSESSIF




Par Cornouille et un peu Ragne


[justify]

Cornedor : Bonjour tout le monde, vous espériez ne plus me revoir mais il en faut plus pour se débarrasser de moi, me revoilà avec un nouveau tuto ! :la: (Ragne est là aussi, je le vois qui tente de se cacher dans un coin - Ha, tu espérais jaillir dans un moment de totale surprise, eh bien c'est raté)

Ragne : je ne me cache pas, j'agis judicieusement

Comme d'habitude, on va commencer avec un conseil de langue ! Cette fois-ci nous partons du côté de l'orthographe et de l'homonymie. (Merci de prendre un dico si vous ne comprenez pas le deuxième mot, et non pas de me sauter dessus dès le début !)

Distinction entre ses, ces, c'est et s'est

Alors ! C'est comme pour tout, y'a des astuces qui existent (celles que vous avez apprises à l'école primaire et que vous n'avez jamais retenues, petits mécréants !) alors tendez l'oreille, Cornouille est dans la place.
Le ses est là pour exprimer la possession. (en même temps, vous avez vu le nombre de -s qu'il y a dans ce mot, non ? Donc il va avec ses, forcément !) En revanche, le ces est là pour désigner un truc, comme si vous le pointiez du doigt.
Exemples - aaah, les divins exemples de Cornouille...
Il tordait ses mains sur ses genoux.
→ possession : ce sont ses mains à lui. (et ses genoux à lui aussi, tiens)
Ces choses sont très étranges.
→ là, vous voulez les montrer, parler de ces choses-là en particulier. Vous pouvez pointer du doigt - allez-y, pointez pointez, je vous regarde ! ù__ù

Astuces : 1 ) pointer du doigt (vous finirez par le faire, je n'en doute pas, suffit juste de vous le répéter assez)
2) remplacer par "ses...trucs... à lui/elle" ou par "ces...trucs...-là«
Exemples, moins évidents :
Ses mains se tordaient.
→ ce sont les mains de quelqu'un, "ses mains à lui"
→ ou alors, si vous trouvez correct de remplacer par "ces mains-là", cela veut dire que les mains ne se rapportent ici à personne de particulier, elles se suffisent à elles-mêmes (pointez du doigt, pointez je vous dis !) Voyez plutôt :
Ces mains se tordaient.
→ Vous pouvez donc remplacer par "ces mains-là", ce qui signifie vraisemblablement que vous en avez déjà parlé avant. Ici, pas de possession, vous désignez juste l'objet.

Quant à "c'est" et "s'est", la différence est simple : le premier consiste en la désignation (poiiiiintez le doigt), alors que le second est là pour une action (un verbe pronominal).
C'est un ours !
→ Bawi, effectivement, ce truc-là c'est un ours. Vous pouvez aussi remplacer par "Il s'agit de" : il s'agit d'un ours.
Il s'est levé.
→ Notez le sujet (Il) et le verbe (levé) qui encadrent votre problème. Il s'agit d'une action, c'est donc "s'est". Vous ne pouvez pas remplacer par "Il s'agit de".


On remercie la grammarienne qui aurait dû rester avec les jansénistes à Port Royal (j'adore les menaces historiques)
En résumé, j'ai la solution miracle !


C dékrir kom sa !



Ragne... non seulement on dit "grammairienne"... Mais en plus... bref... tu veux que je te tue ou quoi ?
D:




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MessageSujet: Re: Les tutos de la gazette   Jeu 5 Mai - 10:38

On continue



LE STYLE




Par Cornouille & Ragne




1 er problème : le style. Réussir à écrire comment on l'imagine !

Bawi, parce que maintenant qu'on a notre histoire, qu'on a déjà une scène géniale à l'esprit, on a envie que les phrases rendent aussi bien que ce à quoi on pense

... Parfois difficile quand on est impatient, pas concentré, peu expérimenté ou juste pas dans un très bon jour.

→ Astuce perso : écrire (ou lister dans votre tête) tous les mots (voire morceaux de phrases, parfois on a une formulation qui nous plaît beaucoup et qu'on veut absolument caser) qui vous viennent à l'esprit, comme ça, en vrac, à la suite.
• Flamboyant fulgurant rugissement transpercer comme une lame acérée
• doux timide fugace tendre hésiter comme pour implorer
• pleuvoir en cascade comme pour tremper le monde spectres qui glissent ombres sous le
Déluge

Si rien ne vous vient à l'esprit, c'est que vous n'avez pas la scène en tête, ça marchera jamais... (Je suis témoin, dans ces cas-là mieux vaut aller se coucher.)

Ragne : Pas nécessairement chère acolyte, si rien ne vous vient à l'esprit, alors jouez sur les sonorités. Pour décrire un fait, je rappelle que la langue française est faite de sons. Si vous faites une action violente, abusez des sonorités en "k". Ça vous permettra de pallier une description pauvre par une allitération efficace

C'est très vrai, ça, Ragnagna. Bref, une fois après avoir essoré votre cervelle sur la page et surtout, avoir mis des mots sur ce que vous imaginez, il vous faut repérer ce qu'il faut garder, ce qu'il ne faut pas, et agencer la phrase qui rendra le meilleur effet.

Surtout, quand je dis qu'il faut trier, ne SUPPRIMEZ PAS la liste de mots et d'expressions ! Gardez-la dans un coin, ajoutez-y des trucs si besoin, parce que très souvent vous voudrez revenir à une autre phrase, intervertir un mot, tester un autre modèle... Pas facile si vous devez fouiller dans votre mémoire toutes les 5 secondes pour retrouver ce que vous avez supprimé !

Bon, comme ça cela a l'air d'un gros travail, mais en fait, très souvent, grâce à cet essorage de cervelle qui vous étale clairement les bons mots devant les yeux, vous trouvez du premier ou du deuxième coup la bonne phrase. (Et si ça ne marche encore et toujours pas, inutile de vous arracher les cheveux, vous savez ce qu'il vous reste à faire, non ? ... ... vous pendre ? Ah, non, je pensais à un truc moins hard cette fois, comme aller faire sa nuit...)


Ragne : N'écrivant absolument pas ainsi, je ne pourrais pas vous donner d'astuce sur ce sujet. Si vous n'arrivez pas à écrire une scène c'est que vous l'abordez du mauvais point de vue. Je rappelle que selon Aristote, nous avons 5 sens (c'est une fumisterie mais passons). Le visuel n'est pas forcément un moyen d'accroche efficace. Pensez à l'odeur, au toucher, à l’ouïe... Changer d'angle vous donnera souvent un moyen original d'entrer dans votre description et le moyen de la densifier, de la complexifier.

2ème problème : les descriptions.

Bon, ne rêvez pas, je ne vais pas vous faire un tuto complet sur les descriptions, j'en serais bien incapable et ce serait trop long pour notre gazette...
Aujourd'hui, nous allons surtout voir les pièges à éviter.
Le plus gros d'entre eux, d'après mon humble avis personnel, c'est l'envie de réalisme-mais pas-trop qui mène à... un désastre.
En gros, souvent (je suis moi-même passée par là... .__.) on a les objets/scènes/personnages très exactement en tête dans les moindres détails, du coup on veut absolument décrire le truc en question en casant toutes ces infos-là, histoire que le lecteur voie la même chose que nous. Malheureusement, j'ai remarqué que très souvent, on finit par s'embrouiller dans ses mots et ça finit par faire flop.

• La porte était plus grande que lui, dans les 2m30 probablement et paraissait faite d'un métal qui ressemblait curieusement à un mélange d'acier et d'or.
• Cette poignée étrange était constituée d'une plaque de métal d'une forme entre l'octogonal et l'hexagonal et était fixée par un tube rouillé et dentelé à deux autres plaques en dents de scie assemblées qui paraissaient clouées sur la porte.
• Elle s'assit sur le sol, repliant ses jambes parallèlement tandis que l'une de ses mains était posée par terre avec le bras à moitié sur son genou, l'autre sur l'ourlet de sa jupe, à moitié en suspension.

Notez que j'ai volontairement exagéré le trait (quoi que, parfois, je tombe vraiment sur des trucs comme ça...).

Enfin bref, vous voyez bien que dans ces deux dernières phrases c'est terriblement lourd et limite impossible à comprendre, quant à la première, elle est moins indigeste mais quand même loin d'être terrible. J'explique en vous donnant de nouveaux exemples.

En gros, il faut toujours se demander ce qu'on veut faire passer au lecteur. Attention, j'ai bien dit ce qu'on veut faire passer, non ce qu'on veut faire lire. Si vous restez dans cette logique d'assembler des mots pour décrire, vos textes ne décolleront jamais, vos mots resteront des mots. Ce qu'il faut faire passer au lecteur, donc, c'est ce qui va le choquer, ce qui va l'impressionner ou faire naître une quelconque réaction chez lui. C'est simple, on n'a qu'à appeler ça... le "Ah !" et le "Ah bon." (interdiction de rire ù__ù)

La porte était plus grande que lui, dans les 2m30 probablement et paraissait faite d'un métal qui ressemblait curieusement à un mélange d'acier et d'or.

→ le lecteur : Ah bon.

La porte immense l'écrasait de sa masse, son métal étrange lançait des éclats d'acier et d'or dans la faible lumière.

→ le lecteur : Ah !

Cette poignée étrange était constituée d'une plaque de métal d'une forme entre l'octogonal et l'hexagonal et était fixée par un tube rouillé et dentelé à deux autres plaques en dents de scie assemblées qui paraissaient clouées sur la porte.

→ le lecteur : Euh... What ?

Cette poignée étrange, aux formes carnassières, semblait attendre le visiteur afin de mordre l'imprudent qui oserait poser un doigt sur elle.

→ le lecteur : Ah !

Elle s'assit sur le sol, repliant ses jambes parallèlement tandis que l'une de ses mains était posée par terre avec le bras à moitié sur son genou, l'autre sur l'ourlet de sa jupe, à moitié en suspension.

→ le lecteur : Euh... ah bon.

Elle s'assit sur le sol avec délicatesse, les jambes sagement rangées sous elle, les mains abandonnées sur le sol et l'ourlet de sa jupe.

→ le lecteur : Ah !

Bref !
Pour provoquer ce fameux "Ah !" chez le lecteur, il faudrait laisser tomber les détails superflus, ou alors les tourner de telle manière qu'ils apportent réellement quelque chose. De manière générale, mieux vaut éviter de lister chaque détail ou chaque précision (taille et formes exactes par exemple), ce qui cassera toute votre ambiance en évoquant plutôt un mode d'emploi ou une recette de cuisine... Souvenez-vous que vous êtes là pour exprimer des émotions, pas des mesures ! Vos phrases doivent être claires et expressives (ça vaut pour les actions aussi, je vous vois venir.) Dans ce but, les métaphores et personnifications (comme dans le cas de la poignée agressive) vous apporteront un plus indéniable. (Voir mon tuto dans Aides à l'écriture si jamais vous voulez en apprendre davantage)

Ragne : Pour une fois j'aurai peu à rajouter à l'intervention de l’hurluberlu boisé. Ce qu'elle explique avec plus ou moins d'aisance c'est le rôle des émotions. Une description ne doit pas être platonique. Pour ça, on peut jouer sur l'emphase comme l'a fait avec brio l'ostrogoth. Ou on peut également jouer sur l'action. Dans notre vie, on prend rarement le temps d'observer avant d'agir, on découvre en se mouvant. Ajouter du mouvement, des impressions. Car le roman, ce n'est jamais que l'impression du réel


Hurluberlu Boisé ? Ostrogoth ? Tu t'es regardé, sale part de gâteau informe ?

Cette Leçon du jour est terminée, j'espère qu'elle vous aura été utile ! Sur ce, écrivez bien et n'oubliez pas : si vous ignorez ses conseils, le tout-puissant Cerf divin viendra vous manger pendant la nuit... Niark niark niark
Ragne : On a pas suffisamment Teaser dans ce numéro... je voulais des lecteurs frustrés !!!!!!!
C'était Ragne, Pour vous décrire





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La Lapine Cornue
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MessageSujet: Re: Les tutos de la gazette   Jeu 5 Mai - 11:26

Y'a des ptites erreurs de mise en page, encore à certains endroits (genre juste à la fin du dernier, là :-p ) Mais c'est trop cooool super boulot :unjournormal:

------------------------------------------------------------------------------------------------
Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

→ Venez fouiller dans mes écrits... Y'en a pour tous les goûts ! :corn2:

.[/center]
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MessageSujet: Re: Les tutos de la gazette   Jeu 5 Mai - 11:39

Ah oui, et y'as un message qui a pas pris de couleur...
Je corrigerais àl'occasion, là j'ai la flemme
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Le Molosse
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MessageSujet: Re: Les tutos de la gazette   Ven 6 Mai - 11:06

C''est chouette comme truc :) On parle de l'emploi de l'infinitif et du participe passé ?
J'aime bien le tuto "Comment écrire comme on l'imagine ?" :)

------------------------------------------------------------------------------------------------
Signe distinctif de chasseresse de fautes: ~ (pour faire honneur à mon surnom :la:)

Sections attribuées: Romans et Théâtre


N'hésitez pas à venir me lire ici: Mes écrits #TexteDeMathilde
:unjournormal:

Et sinon Invité , viens voir ma galerie de dessinatrice & celle de photographe :la:

Beta lectrice acharnée: [INDISPONIBLE]
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MessageSujet: Re: Les tutos de la gazette   Sam 7 Mai - 10:20

Merci Mathilde. C'était beaucoup de boulot, donc on les ressort pour queles nouveau en profite
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MessageSujet: Re: Les tutos de la gazette   Sam 7 Mai - 16:51

La Gazette 9, il n'y en as plus beaucoup en duo après :p



Futur où conditionnel?




Par Cornouille & Ragne




Cornedor : Lulu les larves ! (comment ça c'est pas gentil, maiiiis, c'est mignon une petite larvouille non ?)

Ragne : On répond bonjour le cerf !

Me revoilà pour votre tuto mensuel, accompagnée par la sale part de gâteau (ou pelle à tarte, c'est selon) qui va se faire un plaisir de m'interrompre.

Je vois pas du tout de quoi tu parles

On commence aujourd'hui par le sacro-saint conseil de langue ! Vous aviez aimé la différence entre passé simple et imparfait ? (ou pas... m'enfin au moins ça a servi à Ludges, c'est le seul retour positif que j'ai eu u__u") Vous allez donc avoir droit à la rectification d'une erreur au moins aussi grosse et au moins aussi fréquente dans vos textes (oui, vous) : la Différence entre Futur et Conditionnel. On note, l'avenir est une condition !
Ah, ça claque avec des majuscules. Bref, en gros je vous explique, vous me mélangez souvent les deux conjugaisons, et là, pour vous arranger encore la tâche,
bah c'est exactement les mêmes que pour l'imparfait et le passé simple
-ai et -ais, à la première personne.
Exemple :
Je pourrai le faire un autre jour.
Je pourrais le faire demain entre midi et deux.
Vous saisissez la différence ou pas ? Non ? Bon. La première phrase est au FUTUR (retenez bien ça okay), le mec dit : "de façon certaine, je pourrai le faire un autre jour", comme s'il disait "je le ferai". La deuxième en revanche est au CONDITIONNEL : la personne fait une hypothèse : "Tiens, je pourrais le faire demain entre midi et deux, pourquoi pas, c'est possible, c'est à voir, etc".
Le différence est claire ? Si c'est une condition/une hypothèse/un truc incertain de manière générale, c'est du conditionnel et ça prend un -S. Si c'est sûr et certain, c'est du futur et ça ne prend pas de -S ! (non parce que je vous connais, vous me mettez des S partout, c'est plus pratique... hé bé NON)
Derniers exemples pour la route :
Quand le jour sera venu, je me jetterai sur toi et t'enlèverai au clair de lune
Oui, je vois bien comme je ferais... (sous-entendu : si je le faisais) Je me jetterais sur toi et t'enlèverais au clair de lune !
Enlève-moi au clair de lune !

Ah, je savais que j'allais avoir droit à une petite remarque u_u" C'est bon, c'est rentré dans votre petite caboche ? 8D Parfait, on passe à la suite !




[/quote]
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MessageSujet: Re: Les tutos de la gazette   Sam 7 Mai - 17:08





LES ERREURS DE FANTASY




Par Cornouille & Ragne




Bon, je vous préviens, je n'avais absolument aucune inspiration pour cette deuxième partie ; et puis j'ai pensé à un truc, c'est que Ragne ne dit pas seulement ce qu'il faut faire mais aussi ce qu"il ne faut pas faire, alors bah aujourd'hui ça part d'un principe de prévention. On va partir du côté des histoires de Fantasy !

Mais oui, la prescription est plus importante que les conseils. Il y a plein de manières de bien écrire, mais autant pour mal écrire

Pas besoin de vous faire un dessin,
depuis une dizaine, quinzaine d'années la fantasy est en tête des ventes (non, en fait j'en sais rien mais c'est le genre phare de la littérature du moment) ; l'ennui c'est que depuis tout ce temps, en arpentant les librairies à la recherche d'un truc qui sort un peu de l'ordinaire, et bien je me rends compte que c'est pas si facile que ça à trouver. Quand on lis les résumés, les histoires se ressemblent toutes (je ne plaisante pas, allez vérifier) ; alors, que ce soit bien clair, vous avez parfaitement le droit d'adorer ça et d'en vouloir encore et toujours ; mais ce tuto est là au cas où vous voudriez écrire un truc un peu différent.

(Parce que NON, c'est fini, je ne lirai plus, y compris sur EN, les romans tels que ce que je vais vous énumérer làdessous...)
Voici maintenant, en exclusivité, le top des trucs vus et revus dans les romans de Fantasy. (Applause)

I - L'élu.

Ah là là, maintenant dès que je vois le mot "élu" dans un résumé, je balance le bouquin et passe à autre chose. C'est vrai quoi, c'est carrément gonflant cette fixette ! Vous pouvez avoir un héros extraordinaire, vous avez le droit (même si c'est pas terrible), mais par pitié, cessez de le présenter comme Elu, c'est absolument horripilant.
Il y a différents points sur lesquels je voudrais attirer votre attention : En vrai cet élu, on le doit à deux choses (ou trois si on considère le Seigneur des anneaux qui... mauvais. Harry Potter et Matrix, ça a vraiment popularisé le genre du grand héros salvateur

*L'Elu est... bah, élu... par une force supérieure : ça peut aller de l'organisation secrète à carrément des dieux, ou bien un quelconque guide suprême ou Grand Artisan des Grenouilles du Désert, tant qu'à faire, quand ça pète c'est encore mieux. Bref, il est choisi par ces mecs après une rencontre inattendue entre eux et lui, et un petit truc qui a fait qu'il a brillé devant eux (d'une manière inattendue également) : il peut avoir fait montre d'un pouvoir hors du commun (et bien sûr totalement hors de contrôle), ou bien... en fait... ATTENTION ATTENTION on ne sait pas trop quoi, mais il a été repéré par les mecs en question comme extraordinaire, ayant un destin incroyable et blablabla. Mais c'est rarement clair, voyez, le grand sachem des grenouilles a senti un truc, mais on sait pas trop quoi. (Je songe sérieusement à l'idée du piston.) Le deuxième truc vu et revu à propos de l'Elu, qui au début devait être original mais qui ne l'est plus guère aujourd'hui, c'est celui de l'anti-héros
Hmm... Après réflexion, en fait un antihéros c'est très bien, privilégiez TOUJOURS ça plutôt qu'un mec parfait. (Nous y reviendrons.)

* L'Elu est tout bonnement insupportable parce qu'il réussit toujours là où les autres ont échoué, et pas toujours d'une façon très claire non plus. (Non mais le piston ça commence à bien faire là, dites donc !) Vous voyez de quoi je veux parler ? Prenons un exemple, il y en a des dizaines de milliers de milliards (HP par exemple, champion en la matière, mais passons). Avez-vous vu le nouveau film d'animation de Disney (non pas la Reine des Neiges, vous voulez me tuer ou quoi ?), Les Nouveaux Héros ? (tapez dans la barre Google Image si ça ne vous rappelle rien) Moi oui, je l'aime bien d'ailleurs, mais il y a truc abominable dans le scénario.
C'est le moment où ils retournent buter le méchant dans le hangar (vous savez bien, après s'être entraînés à mort comme super-héros, avec chacun un super-pouvoir et tout et tout).
Et là, il se passe ce qui se passe dans 97% des films où il y a des Elus (et même de manière générale, un personnage star) : bizarrement, tout le groupe d'amis du héros se gaufre royalement, je veux dire par là qu'ils échouent tous à un moment ou à un autre, y'en a même une qui fait tomber l'autre, désastre.
ET LA ! Devant nos yeux éblouis, le héros bondit sur le méchant, lui met une raclée et sauve la donzelle au passage (sans se planter nulle part, bizarrement, c'est le seul qui n'est pas maladroit). Et là, je pleure devant l'écran. JE PLEURE. Mec, dire que vous vous êtes entraînés ensemble, au même niveau et tout, mais alors pourquoi, POURQUOI c'est toujours toi qui gagne et les autres qui foirent ?

Parce que définition du héros : le héros agit et ne subit pas. Donc c'est lui qui doit résoudre l'intrique


(chut Ragne) Pourquoi tu les as laissés croire qu'ils pouvaient t'arriver à la cheville ? POURQUOI tu les as laissés croire qu'ils pouvaient peutêtre faire avancer l'intrigue eux aussi ? Bouhouhou
Bref, voilà le second truc à éviter absolument : faire des personnages secondaires des losers et potiches en puissance


Hermione elle est pas potiche T.T.


(Je parlais pas forcément de HP, là) Voilà. Et, en parallèle, du héros un surhomme (mais nous y reviendrons, j'ai dit.)
Ce qui nous amène à la question suivante :mais alors, sérieusement, à quoi servent les personnages secondaires dans la plupart des livres/films de fantasy/aventures ? Sérieusement ? Vous savez, cette bande d'amis bien attachants mais en fait carrément inutiles qui entoure le héros tout au long de l'aventure. Hmm... Attendez, j'ai trouvé ! Trois excellentes raisons :montrer que le héros a une vie sociale de qualité.
Pas comme toi : niark :
2) montrer que le héros est tellement supérieur à ses amis qui sont tellement ordinaires...
Comme moi
(et sinon, ça va toujours tes chevilles, Ragne ?) 3) avoir une réserve de personnages sympas à faire mourir, pour donner un côté tragique à l'histoire.
Sadique
Comment ça, sadique ? Cynique seulement, les sadiques ce sont ceux qui osent écrire des scénarios pareils. :3
Et n'oubliez pas : les personnages secondaires ne doivent en rien être stéréotypés. N'usez pas de raccourcis faciles pour les penser :"l'énervé", "la gentille", "la cruche", à la poubelle tout ça ! Faites-en des personnes réelles, des personnes sensibles qui vivent leur propre histoire ; le héros n'est pas seul dans votre scénario ! (Quel salaud celui-là.)
* l'Elu a de mauvais côtés et des bons, comme tout le monde, vous dira l'écrivain et l'histoire ; mais en fait, admettons qu'il en a surtout des bons. Il est courageux. Ça, c'est présent dans 99% des romans, et à vrai dire, c'est pas tellement embêtant, même si ça ferait franchement plaisir de voir un héros peureux, pour une fois.

Il n'est pas lâche. (ça revient au même, chut.)

Ah bah non, c'est le méchant le lâche, celui qui laisse les gens mourir pour lui. L'Elu, lui, se sacrifie pour ses amis à tout bout de champ. Ce qui est assez embêtant pour les autres parce que voilà, c'est l'Elu alors il est pas sensé mourir. Et surtout pas, après tout, pour... euh, pour un autre être humain qui a autant le droit d'être en vie. (Ouh la cynique.)
Il est beau. Alors ça, je crois que c'est vraiment le truc mortel. Jamais vous verrez écrit texto qu'il est beau, jamais (sauf dans les trucs du genre Twilight, sans commentaire). Mais boooon, il a des yeux verts/violets/bleus, il est grand et costaud, ou bien petit et fin mais tellement malin et drôle. Et l'auteur laisse bien deviner qu'il est beau puisque ha ! Il plaît aux filles. (l'inverse est vrai aussi dans le cas d'une héroïne ; peut-être même encore plus vrai.)
Il est intelligent/malin. C'est vrai quoi, soyons honnêtes, quand les héros sont coincés, quand il y a une énigme ou un truc à retrouver dans sa mémoire, qui c'est qui trouve la réponse ? (à moins qu'il n'y ait dans son cercle d'amis un personnage étiqueté "Intello de service" qui va alors donner la réponse d'une voix docte.)
Il a un charisme de MALADE. Genre lorsqu'il va se mettre à parler, tout le monde va l'écouter et jamais le remettre à sa place. Ou alors, dans le cas d'une remise en place ou d'un énorme vent, c'est simple : ceux qui lui font un tel affront sont soit des rats d’égouts incapables de succomber au charme du héros, soit de gentilles personnes trop autoritaires et persuadées d'avoir raison. Mais qui bien sûr finiront par se rendre compte de leur erreur et approuver vigoureusement les dires du héros (ou pire encore, après que son idée se soit avérée bonne - parce que l'Elu va quand même la mettre à exécution, il est au dessus de tout le monde -, cette personne va dire le sempiternel "C'était lui qui avait raison." et se mettre à éprouver de violents remords.)
Il - et j'insiste bien sur ce point - a ses côtés fragiles et émouvants. Ça veut dire que même en cas de mec bien badass, il y a un moment où il va réaliser qu'il peut tout perdre, ou bien qu'il a tout foiré (nous y reviendrons), ou encore la femme de ses rêves vient de le trahir/de mourir.

Bref, si nous avons de la chance, une chaste larme va glisser le long de sa joue ; sinon, il va hurler sa rage et son chagrin comme une bête, mais bon, c'est si impressionnant qu'on lui pardonne cet écart aux bonnes manières. Bon, comme je le disais, il y a bien sûr le moment fatidique (voire les moments fatidiques en cas de longue histoire comme dans HP par exemple) où le héros va se détester, quitter les siens parce que je cite : JE VOUS METS TOUS EN DANGER. Bizarrement tout le monde veut qu'il reste (sauf les immondes rats d’égouts, brûlez-les ceux-là, qu'on en finisse). Mais lui sait à quel point il est dangereux, et comme il est toujours prêt à se sacrifier pour les autres, bah il s'enfuit au loin et a une période (plus ou moins longue) de broyage de noir. Mais comme c'est un être merveilleux, il va se passer un truc très grave et il va sortir de son trou pour aller sauver tout le monde. Voilà.

Il y aurait bien d'autres choses à dire sur les trucs vus et revus en Fantasy, j'en avais prévu d'autres (par exemple, les noms tarabiscotés imprononçables qui ont pour but de dépayser le lecteur en douceur ; ou bien les créatures dangereuses et tournées vers le mal que sont les dragons ; ou encore les sempiternels systèmes de guildes/castes/organisations/clans différents et plus ou moins rivaux), mais vu la longueur de mon vidage de sac, on va arrêter là. Ah, ça fait du bien.

Vous savez maintenant ce qu'il faut éviter afin de produire un truc qui se démarquera du lot ; vous avez les clés en main, à vous de jouer... Que la force du panda soit avec vous.

En vrai, il y a beaucoup plus à dire sur ce sujet, car un bouquin de 400 pages à été créé sur ce sujet. Toutes les histoires sont déjà écrites et nous ne transposons plus que des variantes ! à vous, de raconter la bonne


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MessageSujet: Re: Les tutos de la gazette   Sam 7 Mai - 17:17


LES LOIS DE NARRATIONS




Par Ragne & Cornouille




Ragne
Salut à toi le nocturnien.
Aujourd’hui, sors la vodka, la parka et réunis des idées politiques d’une gauche paraplégique. On va parler de dramaturgie, comme d’habitude. On va parler de quelques ‘lois’. Et la première d’entre elles vient de Russie
Commençons de suite avec les mots de l’un des plus grands dramaturges du siècle dernier : Tchekhov. Et sa loi, dite du « fusil »
Dans la construction d’une histoire, on est confronté à une évolution. D’une situation donnée, faite d’un emberlificotèrent de nœuds divers et compliqués, notre protagoniste doit s’évertuer à atteindre un objectif. Si, si, même qu’on en a parlé dans la dernière gazette. Bon, on va faire un point rappel. Une histoire généralement se passe en trois actes. Début, évolution, résolution. Simple, non ? (Bon, le roman est un modèle capricieux et on a des romans en deux actes et d’autres en 14… Mais c’est rare que ce soit efficace.)
La loi de Tchekhov (en fait le fusil de Tchekhov, c’est le vrai nom) s’énonce ainsi « si on présente un fusil au mur dans le premier acte, il doit être utilisé dans le troisième ».
Corndor
Un fusil ? Charmant... Je n'ose pas imaginer la fin de son histoire.

Il y a deux interprétations possibles dans cette loi. J’en déteste l’une et adore l’autre.
Commençons par le positif. Ici, on peut comprendre que bien que le travail d’écrivain est un travail d’illusion (de sentiments) on ne doit pas s’improviser prestidigitateur et sortir une solution de notre chapeau. Il faut disséminer tout du long de notre œuvre des éléments pour que la résolution paraissent logique, mais si possible surprenante. Autrement dit, on peut comprendre cette loi comme = PAS DE DEUS EX MACHINA (on y revient bientôt). Il faut que le personnage flirte toujours avec la résolution de son affaire. L’exemple le plus évident serait de voir un polar. L’enquêteur voit tous les éléments du puzzle dès le premier acte, les assemble dans le second et résout dans une confrontation épique au troisième acte. Bon par contre comme j’ai pas de mémoire, puisez dans vos souvenirs pour illustrer. Merci (c’est pratique).

Wah. Et après ça se prend pour un pro... (et allitération en [P], prends ça dans les dents)

Mais il y a une deuxième explication à cette loi. Une explication adulée des scénaristes professionnels et de plus en plus d’auteur. En gros on comprend cette loi comme « pas de gratuit ». Il ne faut pas mettre de fusil au mur pour décorer, ça encombre l’esprit du public.

Ok ok, ça encombre l'esprit ? les mecs nous prennent pour des artichauts ou quoi ?

C’est tout un débat dramaturgique que je ne veux pas attiser ici. Et c’est à vous de vous faire votre avis. Il s’agit donc de la gestion du background. Si le fusil est au mur d’un chasseur, sa présence est logique, parce qu’au mur il y aura aussi la tête de... cerf (à tout hasard).

Je dois prendre ça comme une menace ?

Mais si on met le fusil sur le mur d’une petite vieille, on lui crée ainsi un background intriguant juste par un objet. Mais si on ne traite pas ce background, on attise chez les lecteurs de la curiosité qui s’achève en frustration (enfin, la vieille… c’est une tueuse de cerf ou pas ?).
Bref, le fusil de Tchekhov pose ainsi une double question. Comment amener la fin ? Et doit-on ‘responsabiliser’ les auteurs sur le background qu’ils disséminent ?

Okay, tu m'as bien embrouillé l'esprit maintenant 8D
Perso, je pense que vous aussi en tant qu'auteur vous pouvez vous en servir... Je veux dire, sans faire attention, vous avez probablement disséminé un tas d'objets ou de détails divers dans votre histoire, qui à priori n'auraient pas dû servir ; et bah si à la fin vous manquez cruellement d'inspiration et vous préparez à utiliser le Deux Ex-Machina (mais alors Ragne viendra vous tuer le soir même), et bien vous pouvez toujours relire votre début de roman et peut-être qu'un truc en particulier fera tilt, qui sait ? Je sais pas moi, une théière qui devient une arme mortelle... (bah quoi, fallait changer du fusil.) Ou bien un personnage que vous aviez fait botaniste, juste pour le fun, mais qui au final pourra soigner/empoisonner grâce à ses plantes fétiches ? Et dénouer ainsi la situation.

Comme je suis gentil, (même avec les cerfs !) je vous offre deux autres lois dramaturgiques. Comment ça ? Qui est le cynique qui a dit que je le fais parce que le développement était trop court pour faire un article complet ? Donnezlui un cookie avant de l’envoyer au goulag. Il a raison, mais on quitte la Russie. Direction la Grèce et le fameux DEUS EX MACHINA.

Naaaaaaan pas le goulag, je veux pas mourir si jeune :nooon:  
Littéralement, le dieu hors de la machine. Les tragédiens grecques avaient l’habitude de résoudre leur pièce par l’arrivée d’un dieu qui d’un coup de baguette sauvait tout le monde. C’est une mécanique extraordinairement frustrante. Vous ne me croyez pas ? … Vous pensez quoi des aigles chez Tolkien ? Que c’est même pas des cerfs ? Evidemment.
J'ai pas compris le truc des aigles. Comment ça, tout le monde a eu le courage - la pulsion suicidaire je dirais même - de lire Tolkien sauf moi ?

Le deus ex machina en fait énonce quelque chose, le protagoniste a besoin d’aide pour sortir d’une situation, mais le héros devient passif, victime de son sort sans emprise. Et sauf dans la logique du conte ce n’est pas envisageable (le conte est destiné à un public d’enfants, c’est-à-dire que c’est des êtres dépendants, le fait que leur héros le soit aussi est nécessaire dans leur processus de mimétisme). C’est donc un processus à éviter, ou à proscrire. Besoin de rajouter quelque chose ?

Oui ! Tu viens de tuer mon enfance...

Qui ne dit mot consent, merci (c’est vraiment très pratique)
Pour la route, un dernier, sortons du tumulte grec, fi de la guerre. Pour ça traversons le Pacifique (huhu). Je vais vous offrir le trésor d’Hollywood. La rançon imprescriptible pour faire marcher une scène tendue. C’est une règle extrêmement simple ‘start the clock’. Pour les anglophobes du coin, ça signifie « Démarrer l’horloge ». C’est évident non ? Il faut démarrer un compteur pour qu’une scène soit terriblement efficace.
Imaginons, poursuite en voiture. Ça s’est déjà vu non ? Ennuyeux. La voiture du héros a le réservoir sur la réserve.
C’est déjà plus stressant. Il doit en plus prendre un avion pour empêcher sa copine de se cryogéniser parce qu’il est amoureux et il n’a que 15 minutes pour rejoindre l’aéroport. Houlà, le mec a intérêt à s’appeler Superman

Houlà j'avoue, ça se complique ton truc. (ça change du Tartempion de l'autre fois//SBAFF)

Et si la course-poursuite est connue de la police, la mafia tue sa mère. Et le public sait qu’un flic va arriver par un carrefour. Bon là on ajoute de l’ironie dramatique (on en parle un jour, promis). Et on voit le flic se rapprocher dangereusement des voitures….
En conclusion : Ce mec a vraiment une vie de merde, d’ailleurs… un dernier start the clock sur un besoin urgent d’aller aux WC ? Donc voilà trois lois pour réussir vos œuvres. Le fusil de Tchekhov, pas de deus ex machina et start the clock. La société actuelle quoi. Violence, athéisme et temps limité. Elle est belle la jeunesse !

Wah. Cette conclusion badass. O_o (euh, je voudrais juste dire, la violence, c'est pas forcé. Regarde, ma théière résout tout, et ce n'est pas un fusil (bon, elle va quand même se transformer en arme mortelle, mais à la base... et bien... Et puis zut, pourquoi toujours des histoires de meurtres ? ><)

C’était Ragne, pour vous décrire. . .

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MessageSujet: Re: Les tutos de la gazette   Dim 8 Mai - 21:02

Hey, j'en avais oublié un de la 8

PERSONNAGES - OBJECTIFS - OBSTACLES




Par Ragne & Cornouille




Ragne
Si vous êtes de ceux qui grognent souvent : « Je n’ai pas d’inspiration », lisez ! Je vais vous expliquer pourquoi vous allez bannir cette phrase de votre lexique. De même si vous faites partie de ceux qui préfèrent ne pas écrire d’histoire car «vous ne savez pas écrire en prose » lisez aussi ! Si vous ne faites partie
d’aucune des deux catégories, lisez quand même, je ne travaille pas pour rien ! Beaucoup vous diront que l’écriture se sait ou s’ignore. La science infuse c’est une fumisterie en
général, il y a des règles pour tout, même pour l’écriture qui ne déroge pas à la règle. C’est le travail qui rend une œuvre appréciable. Et dites-vous qu’un style parfait n’a jamais sauvé une histoire médiocre, alors qu’une histoire géniale sauve un mauvais style.

Cornedor : Mwé, c'est un point de vue... *fuit*
Ah mince, tu es là toi? Je pensais qu'on aurait pu
faire un truc entre gens intelligents tu vois...

Les professeurs d’universités, les licenciés en
lettre doivent actuellement me conspuer mais ce n’est pas pour eux que vous écrivez. Alors faites fi de ceux-ci, partons à l’assaut de vos stylos et histoire.
Il existe une règle élémentaire pour construire une histoire. (J’ai pas réussi à le rendre fluorescent et clignotant) Quand elle est maitrisée vous n’avez plus qu’à faire preuve d’ingéniosité pour rendre votre narration mémorable.  Maintenant expliquons.
La base de votre histoire ce n’est pas le monde riche que vous nous offrez, ce n’est pas le concept révolutionnaire de narration que vous avez découvert. C’est un personnage. Vous ne me croyez pas ? Alors amusons-nous. Si je vous dis Star Wars, vous répondez Dark Vador. Si je vous dis Games of Thrones, vous répondez par une liste infinie de morts… Pour Beaumarchais, là il y a une nuance, d’abord vous crachez sur l’œuvre et ensuite vous me dites Figaro. Une autre preuve consiste à regarder les titres. C’est évident. Harry Potter, Anna Karreninne, Batman, le portrait de Dorian Gray, Doctor Who, Princesse Mononoké…

Le personnage est l’élément d’ancrage de votre histoire c’est lui qui va faire entrer votre histoire dans la légende. Pour une raison simple, nous souhaitons nous identifier dans les fictions que nous dévorons. Le sentiment vécu
par un personnage c’est ce qu’on recherche. On veut souffrir avec lui, réussir avec lui, se repentir avec lui… Il vous faut donc définir un personnage. C’est très simple. Le physique n’a aucune importance sauf un élément caractéristique propre à lui (la cicatrice de Harry, le costume de Vador…). Trouvez lui une éthique, un tic de langage, un petit passif, des défauts… Puis, donnez-lui un nom.

On va un créer un ensemble. Le nôtre est un
homme adipeux, perpétuellement sur le nerf, colérique, toujours à regarder une montre à
gousset. On va l’appeler Tartempion.
Cornedor : Bah dis donc, t'aurais pu trouver mieux, là, non ? u__u
Raciste!
(C’est de l’esthétisme, pas du racisme) Bref, et j'ajoute, n'oubliez pas le passé du personnage, ses
envies secrètes, ses phobies, etc etc. Même si vous n'écrivez pas toutes ses facettes, vous devez les connaître, ce n'est qu'ainsi que vous pourrez lui donner une certaine profondeur. Ah oui : et, astuce suprême pour rendre un personnage aussi attachant que réaliste. Inspirez-vous d'une personne de votre connaissance, une soeur, un frère, un père, un oncle, un prof, un chat etc etc. Le lecteur sent quand le personnage a une base réelle ou bien s'il est complètement superficiel. Au moment de faire agir le personnage, imaginez la personne - qui est donc son alter ego réel - en pareille situation, ce qui vous donnera l'inspiration si vous ne l'avez pas, le réalisme s'il vous pose problème.


Une fois le personnage façonné, il vous faut lui
donner un (et j’insiste sur l’unité unique) objectif. L’histoire que vous allez raconter parle
de son but principal qu’il aura ou non accompli à la fin de l’œuvre. Notez que vous n’êtes pas obligé de le confier à votre auditoire. L’objectif est quelque chose qui est divers. Tout
est prétexte à objectif et c’est votre gestion qui le rendra génial ou non. Par exemple, l’objectif de Frodon est de jeter l’anneau dans la montagne du Destin, l’objectif de Harry est de vaincre Voldemort, l’objectif de Anna Karrennine est de vivre heureuse, l’objectif de Candide est de comprendre le monde… etc

L’objectif de votre personnage guide l’histoire si c’est le personnage principal, si c’est un personnage secondaire c’est source de  rebondissement. Retournons à Tartempion, son objectif sera de rétablir la vérité. Il veut prouver au monde que le récit de Conan Doyle est une autobiographie. Avec ce but nous avons l’orientation de l’histoire. Tartempion est colérique, angoissé, stressé, donc fondamentalement antipathique. Pourtant son but parle à beaucoup, c’est un but d’authenticité, ce qui le rend sympathique. Pourquoi il le fait est une question à résoudre également, ça peut être une question d’héritage. Un but professionnel (par exemple Tartempion, peut être un universitaire ou un détective)

Maintenant que nous avons notre personnage et
notre objectif, il s’agit de la faire avancer vers ce dernier. Mais la progression d’un personnage n’est pas un long fleuve tranquille. Il lui faut mériter son accomplissement, ou pleurer sa déconvenue. C’est ce qu’on appelle obstacle, bien que le mot conflit conviendrait peut être plus. C’est ce qui génère les péripéties en fait. Il faut empêcher l’avancée trop facile du personnage. Un obstacle n’est pas nécessaire physique ni même extérieur. Si
on fait subir une crise d’angoisse à Tartempion juste avant la visite d’un lieu qui renferme une preuve c’est un obstacle. Si un méchant l’attend avec un gourdin sur le lieu, c’est un obstacle, si la preuve est fausse, c’est un obstacle, si il y a une femme au corps de vénus qui l’attend nue et qui souhaite un orgasme, (je ne pensais jamais dire ça un jour) c’est
un obstacle. Si Tartempion doute de sa résolution, c’est un obstacle. En fait soyez cruel envers vos personnages, il vous faut les aimer pour les mettre à terre et les frapper pendant qu’ils agonisent.

Cependant assurez-vous toujours qu’il puisse
sortir seul ! J’insiste sur le seul. Utiliser le hasard pour le mettre dans la mouise c’est bien.
L’utiliser pour l’en sortir, c’est tricher. C’est ce qu’on appelle le DEUS EX MACHINA. On y
reviendra peut-être un jour. Pensez à utiliser les défauts, les tics, les habitudes de votre héros à son désavantage, abusez du fusil de Tchékhov (on y reviendra un jour), donnez à votre lecteur de quoi supposer et surprenez-le.
C'est quoi le fusil de Tchékhov ?
Chaque chose en son temps, c'est du teasing pour qu'ils lisent le numéro d'après !
Et, que vous fassiez des fiches personnages ou que vous n'en fassiez pas, j'ajoute qu'il est toujours bien
de prévoir l'évolution du personnage, afin de pouvoir en rendre compte petit à petit, obstacle après obstacle ou réussite après réussite. Par exemple, un perso timide peut devenir au terme de l'histoire soit carrément asocial, soit extraverti, soit renfermé sur lui-même, soit endurci par ses épreuves. Si vous parvenez à exprimer l'évolution de votre personnage de manière discrète mais sans équivoque - à la fin on le découvre subtilement
différent du début -, cela ajoutera encore de la profondeur à votre histoire.


Voilà, vous savez faire le squelette d’une histoire.
En quelque ligne je vous ai raconté l’histoire de Tartempion, héritier de Conan Doyle, dépositaire du secret familial que Sherlock Holmes a bien existé. Mais l’homme n’a pas le tempérament de son illustre aïeul. Il est tenu au secret par missive de la reine, pourtant il doute sur l’exactitude de cette légende.
Etait-ce un argument commercial de Doyle (vu
qu’à l’époque beaucoup le murmuraient) ? Ou une réalité. De la bibliothèque de Baker street
aux bas-fonds de Londres, Tartempion enquête et espère trouver de quoi étayer ou non sa
théorie
Putassier, entraînant, mystérieux, maintenant j’ai
envie de le lire ! Je vous hais ! C'était Ragne, accompagné d'un cerf frelaté, pour vous décrire
La prochaine fois, prends un autre exemple qu'un type adipeux appelé Tartempion, pliz :c

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MessageSujet: Re: Les tutos de la gazette   Dim 8 Mai - 21:44

Et on passe au dernier. Celui de la gazette 11 (de la demande de sile, on oublie la 10)

LE MONOLOGUE




Par Silenuse






Bonsoir à tous ! Aujourd'hui un tuto/cours/explication sur le monologue et le monologue intérieur, deux formats de récit et de scène très particuliers, pas simples à manier, mais très franchement passionnants et dotés d'une profondeur très importante que l'on peut placer au sein de l'action.



I – Le personnage



Impossible de faire un monologue sans personnage : il en est la clé, l'élément pivot et fondamental. Un bon personnage (dans le sens où il a suffisamment de contenu) a les capacités à faire un monologue ; un mauvais personnage (trop vide, trop creux) ne peut tout simplement pas.

Le monologue va donc s'apparenter à une description du personnage, un portrait moral fait par le personnage lui-même, mais dédié au lecteur. Prenons l'incipit de la Condition Humaine de Malraux :
Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire ? Frapperait-il au travers ? L'angoisse lui tordait l'estomac ; il connaissait sa propre fermeté, mais n'était capable en cet instant que d'y songer avec hébétude, fasciné par ce tas de mousseline blanche qui tombait du plafond sur un corps moins visible qu'une ombre, et d'où sortait seulement ce pied à demi incliné par le sommeil, vivant quand même - de la chair d'homme. La seule lumière venait du building voisin : un grand rectangle d'électricité pâle,
coupé par les barreaux de la fenêtre dont l'un rayait le lit juste au-dessous du pied comme pour en accentuer le volume et la vie. Quatre ou cinq klaxons grincèrent à la fois. Découvert ? Combattre, combattre des ennemis qui se défendent, des ennemis éveillés !


Ce n'est pas un monologue intérieur, mais ça en a tout l'air : le narrateur s’immisce dans le personnage de Tchen, qui doit tuer ce corps endormi. Cela ressemble plus à un monologue intérieur qu'à une description : avec une vision précise des environs, un point de vue interne bien montré et le style indirect libre, le narrateur transmet les pensées de Tchen ; le lecteur en fait la découverte dans cet incipit in medias res.

C'est l'heure d'improviser, créons un personnage à partir d'un monologue. Je suis assise sur le rebords de la fenêtre, là, les yeux regardant les nuages : des anges, des moutons, des brebis égarées dans le ciel bas et lourd. J'attends Karl. Comme tous les jours. Va-t-il revenir ? Je ne sais pas, je ne sais pas... Aucun signe, aucune annonce, rien ; juste un ciel bas et lourd comme unique souvenir.

En quatre lignes, on arrive à créer quelque chose, un personnage avec un minimum de complexité. On se détache d'un style simple par un rythme assez particulier, hachuré ici qui est un exemple de d'introspection dans les pensées du personnage.


II – Le monologue au théâtre



L'idée de monologue naît au théâtre. Un monologue est un discours prononcé par un personnage seul sur scène, avec pour seul destinataire soi-même ainsi que le lecteur-spectateur. Tout personnage qui effectue un monologue a de l'importance, c'est rédhibitoire. Le monologue a deux principales fonctions : l'explication et la déploration ; autrement dit, un personnage qui effectue un monologue va généralement exprimer ses pensées sur une situation, voire même ses sentiments.

Voici un extrait de la scène 2 de l'acte II de Lorenzaccio, qui se passe à Florence. La marquise Cibo s'interroge sur ses rapports avec le duc Alexandre et sur la domination que met en œuvre le cardinal Cibo :

Citation :
LA MARQUISE, seule — Cela est inouï. S'en aller en serrant les poings, les yeux enflammés de colère ! Parler de mains expérimentées, de direction à donner à certaines choses ! Eh ! mais qu'y a-t-il donc ? Qu'il voulût pénétrer mon secret pour en informer mon mari, je le conçois ; mais, si ce n'est pas là son but, que veut-il donc faire de moi ? la maîtresse du duc ? Tout savoir, dit-il, et tout diriger ! — cela n'est pas possible — Il y a quelque autre mystère plus sombre et plus inexplicable là-dessous ; Cibo ne ferait pas un pareil métier. Non ! cela est sûr ; je le connais. C'est bon pour un Lorenzaccio ; mais lui ! il faut qu'il ait quelque sourde pensée, plus vaste que cela et plus profonde. Ah ! comme les hommes sortent d'eux-mêmes tout à coup après dix ans de silence ! Cela est effrayant. Maintenant, que ferai-je ? Est-ce que j'aime Alexandre ? Non, je ne l'aime pas, non, assurément ; j'ai dit que non dans ma confession, et je n'ai pas menti. Pourquoi Laurent est-il à Massa ? Pourquoi le duc me presse-t-il ? Pourquoi ai-je répondu que je ne voulais plus le voir ? pourquoi ? — Ah ! pourquoi y a-t-il dans tout cela un aimant, un charme inexplicable qui m'attire ? (Elle ouvre sa fenêtre.) Que tu es belle, Florence, mais que tu es triste ! Il y a là plus d'une maison où Alexandre est entré la nuit, couvert de son manteau ; c'est un libertin, je le sais. — Et pourquoi est-ce que tu te mêles à tout cela, toi, Florence ? Qui est-ce donc que j'aime ? Est-ce toi ? Est-ce lui ?

Ce monologue a un intérêt important dans la pièce et dans l'action de la marquise, qui se pose un réel questionnement sur soi, sur sa place au sein de l'intrigue. En plus, il met en relief les autres personnages (le cardinal, Lorenzaccio, Alexandre) ce qui fait de ce monologue une clé dans la compréhension des relations entre les personnages.

Apprenons à construire notre monologue dans la même veine, car son élaboration reste assez délicate. Et encore une fois on improvise.
Prenons une situation, le père d'un homme est assassiné pour des raisons politiques.
Prenons un rapport entre les deux : l'homme déteste son père, mais pour des raisons affectives et non pas politiques.
Prenons une caractéristique constitutive de l'homme : il n'était pas libre à cause de son père.

Suivons un plan qui va nous simplifier la démarche et l'écriture du monologue : constat, ressentiment personnel, conséquence. Un tel plan nous empêche de tourner en rond et permet d'avancer dans l'action de la pièce. Vous pouvez essayer à la maison !
(Note : j'ai trouvé l'exemple de Lorenzaccio après cet exemple improvisé et cette histoire de plan ;pourtant, le monologue de la marquise Cibo répond totalement au plan que nous avons établi.)


Citation :
Mon père est mort et je le reverrai plus. Une balle dans le cœur, une autre dans l'esprit, une dernière dans l'espoir. C'était violent, rapide et lâche. J'ai eu peur, puis j'ai compris que c'était mon père qui était mort ; mon père, cet énergumène grognon et grommelant la gueule ouverte que je ne suis rien, que je ne vaux rien ! Et si on s'était aimés ?! (Un temps) J'aurais pu te sauver, j'aurais pu te soutenir et je ne l'ai pas fait ; je remercierai tes meurtriers et les pendrai dans mes bras. Et alors je serai libre. Je construirai mon monde hors du tien et je serai libre ; j'épouserai Anna contre ton avis – et alors ? - et je l'aimerai, je pourrai l'enlacer dans mes bras pour lui dire combien ta mort me rend heureux.

Vous avez noté les 3 parties ? C'était facile, hein ? Non ?

Le gros du monologue vient avec l'expérience ; je conseille de se forcer à suivre ce plan, à imiter ce qu'on aime et ce qu'on a déjà vu. Après – en tous cas personnellement – ça vient de l'improvisation ; on a son plan, son but en tête et on déroule son personnage.


III – Le monologue intérieur




La même chose, mais dans le roman ; ce qui implique un narrateur et une incrustation du monologue dans la narration et dans les descriptions. Le monologue a donc un statut tout à fait particulier.
Son but, encore une fois, est de consolider un personnage, de lui donner de la consistance, d'apporter un point de vue singulier sur l'action et de donner de la puissance émotive à l'histoire.

Prenons comme exemple ce monologue intérieur de Gauvain dans la troisième partie de Quatrevingt-treize de Victor Hugo. Avant ce chapitre (« Gauvain pensif »), le marquis de Lantenac, royaliste froid et dur qui incarne la réaction, sauve 3 enfants sous le regard de Gauvain, étonné de la scène étant donné le caractère du marquis. Puis, ce monologue intérieur, que j'ai coupé. En voici deux parties :

Citation :
Sa rêverie était insondable.
Un changement à vue inouï venait de se faire.
Le marquis de Lantenac s’était transfiguré.
Gauvain avait été témoin de cette transfiguration.
Jamais il n’aurait cru que de telles choses pussent résulter d’une complication d’incidents, quels qu’ils fussent. Jamais il n’aurait, même en rêve, imaginé qu’il pût arriver rien de pareil.
L’imprévu, cet on ne sait quoi de hautain qui joue avec l’homme, avait saisi Gauvain et le tenait.
Gauvain avait devant lui l’impossible devenu réel, visible, palpable, inévitable, inexorable.
Que pensait-il de cela, lui, Gauvain ?
Il ne s’agissait pas de tergiverser ; il fallait conclure.
Une question lui était posée ; il ne pouvait prendre la fuite devant elle.
Posée par qui ?
Par les événements.
Et pas seulement par les événements.
Car lorsque les événements, qui sont variables, nous font une question, la justice, qui est immuable, nous somme de répondre.
Derrière le nuage, qui nous jette son ombre, il y a l’étoile, qui nous jette sa clarté.
Nous ne pouvons pas plus nous soustraire à la clarté qu’à l’ombre.
Gauvain subissait un interrogatoire.
Il comparaissait devant quelqu’un.
Devant quelqu’un de redoutable.
Sa conscience.
(...)
Spectacle utile ; conseil ; leçon ; les combattants frénétiques de la guerre sans merci avaient soudainement vu, en face de tous les forfaits, de tous les attentats, de tous les fanatismes, de l’assassinat, de la vengeance attisant les bûchers, de la mort arrivant une torche à la main, au-dessus de l’énorme légion des crimes, se dresser cette toute-puissance, l’innocence.
Et l’innocence avait vaincu.
Et l’on pouvait dire : Non, la guerre civile n’existe pas, la barbarie n’existe pas, la haine n’existe pas, le crime n’existe pas, les ténèbres n’existent pas ; pour dissiper ces spectres, il suffit de cette aurore, l’enfance.
Jamais, dans aucun combat, Satan n’avait été plus visible, ni Dieu.
Ce combat avait eu pour arène une conscience.
La conscience de Lantenac.
Maintenant il recommençait, plus acharné et plus décisif encore peut-être, dans une autre conscience.
La conscience de Gauvain.
Quel champ de bataille que l’homme !
Nous sommes livrés à ces dieux, à ces monstres, à ces géants, nos pensées.
Souvent ces belligérants terribles foulent aux pieds notre âme.
Gauvain méditait


(Le monologue fait une bonne dizaine de pages en tout)
On retrouve les deux premières parties que nous avons énoncées tout à l'heure : la réaction et le sentiment personnel. C'est un monologue vraiment passionnant à la fin d'un livre vraiment passionnant que je vous conseille.
Notons dès lors une narration particulière qui s'opère dans le monologue : c'est une focalisation interne, obligatoirement. Même si le narrateur est omniscient, il faut qu'il s'incruste dans la pensée du personnage et s'intéresse à sa subjectivité.

Vous comprenez donc ce qu'on va faire, on va essayer à notre tour. Prenons certains éléments en compte :
- Les trois précédentes parties
- Narrateur interne
- Personnage féminin, ouverte, très extravertie, le verbe haut.
- Situation : faisons quelque chose de pas très original mais assez fort, une rupture : son copain l'a quitté.

Allons-y !

Cette nouvelle la renversa.
Pendant qu'elle marchait sous ce soleil de plomb au milieu de la place, Elen pensait.
« Je te quitte »... Ces mots ont transpercé son cœur fier et fragile ; elle n'avait pas pleuré et pourtant, au fond de son être, elle voulait pleurer, elle voulait évacuer la chaleur intense de ses larmes amères qui logeaient encore dans ses yeux fatigués. Il l'avait quittée, sans vergogne, sans vrai reproche : c'était une fille parfaite, mais juste en bonne amie.
Pourquoi ne l'aimait-il pas ?
La peur, ça devait être ça. Elle aussi, elle avait peur ; peur de ne plus voir l'amour comme un champ de tournesol qui fleurit en choeur, elle avait peur ; peur de ne pas être aimée ; peur de ne plus savoir aimer.
Alors, elle était perdue.
Les gens autour d'elle l'ignoraient. Elle était une fille normale, juste normale, parfaite mais normale, aimante mais normale. Elle ne voulait pas être normale – c'est quoi être normale ? Elle voulait être quelqu'un, une femme ; non, pas une femme, elle voulait être Elen, la femme qui aime et qui veut être aimée. Son cœur était lourd et son esprit chargé, ses pensées tournaient en rond. Elle ne pouvait pas aller plus loin que penser à ça.
Et ça, c'était l'amour.
Et l'amour était perdu.


Vous avez certainement remarqué que je me suis pas mal appuyé sur le texte d'Hugo, qui est évidemment passionnant. Voilà donc un monologue improvisé où l'on met en jonction le narrateur et le personnage, l'histoire et les pensées du personnage. Il n'y pas vraiment de narration ni de description dans ce passage : c'est un monologue intérieur.

Ce tour d'horizon touche à sa fin et malgré sa longueur, il reste pas mal à dire ; je n'ai absolument pas évoqué de techniques facilitant l'écriture du monologue – il y en a, mais ce n'est pas le plus important. Le but de cet article est de bien cerner ce qu'est le monologue et le monologue intérieur, quels sont ses enjeux et comment l'intégrer dans une pièce ou dans un récit.



A la prochaine pour un nouvel article de l'Empereur Silenuse !


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