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 On vivra à ta place [-18]

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Pantouffe

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Masculin Verseau Messages : 125
Date d'inscription : 22/02/2016
Localisation : Quelque part dans mes cheveux...

MessageSujet: On vivra à ta place [-18]   Lun 9 Mai 2016 - 23:20

Whoooolala. Comment je vais pouvoir parler de ce texte. Déjà, il est explicite, quoique pas spécialement trash ; mais j'y parle sans ambages de sexualité, donc ce n'est pas à mettre sous tous les yeux.
Je l'ai écris l'été dernier après une longue période d'improductivité de plusieurs mois. Avec le recul, je le vois comme une sorte de prémonition en fait. J'ai corrigé quelques petites choses la semaine dernière ( et ce soir ), des détails minuscules et du coup. DU COUP JE SAIS PAS. Je le partage avec vous. Je ne suis pas vraiment satisfait de ce texte, j'aurais voulu en dire plus, et les dire mieux surtout. Mais toutes mes tentatives de le modifier vraiment de fond en comble se sont avérées complètement vaines, et au final, je suis passé à autre chose, bien que j'ai écris d'autres textes sur des thèmes plus ou moins semblables. J'ai hésité à poster un deuxième texte à la suite, dans le même sujet, mais au final, je me dis que ce n'est pas réellement pertinent, étant donné que l'un est vraiment blindé de trucs sur la sexualité, l'acceptation de son corps, l'apprentissage du désir, de la séduction, ect, alors que l'autre parle simplement d'exclusion sociale, bien qu'il prenne place aussi dans le décors d'une boîte de nuit.
DONC BON. Voilà. Je ne sais pas trop, mais voilà.


Il ne sait plus ce qu'il fait là, il a laissé filer l'idée qui l'a conduit en ces lieux où l'espace pulse et tourbillonne comme l'intérieur illuminé d'un ventre gigantesque, occupé à digérer frénétiquement un millier de vers opalescents secoués de spammes. Parmi la frénésie bestiale, l'agitation grouillante, il n'est qu'une frêle esquif décharnée par la tempête ambiante.
Sa gueule blême se repeint aux couleurs qui passent comme des vagues sur la foule, ces voiles éthérés issus de projecteurs aux mouvements réguliers, et dont les traînées spectrales se heurtent aux cernes qu'il a maquillé de noir pour se faire de grands yeux de panda ; cachant pudiquement ses insomnies sous des couches de peinture. Il n'en a l'air que plus perdu, môme fluet disloqué par les remous de la foule qui oscille autour de lui, le tourbillon adhésif de ces corps moites et chauds qui se pressent et s'enfuient, les bonds équins des phalanges qui cognent et rebondissent, les membres vigoureux qui s'écrasent en paumes furtives, rasent en mouvements chaotiques, dans la bataille effrénée du tremblement commun, l'agitation électrique, sexuelle. D'autres tempêtes encore qui soufflent sur la piste, ouragans de sueur qui s'élèvent dans la marée orgiaque, les odeurs suffocantes des chairs en ébullition exhalant leur emprunte olfactive pour attirer les mains, les nez, les lèvres étrangères, invitant à la perte en des bras inconnues.
En d'autres circonstances, une trique monumentale palpiterait le long d'une de ses cuisses, mais il est trop en dehors de lui même pour bander face à ce raz-de-marée de viande luisante et de fentes onduleuses- bouches, paupières, cols ouverts, manches emplies d'épaules et de biceps, et au loin, peut-être, dans les toilettes ou dans un coin obscur, sous une grappe d'ombres gluantes parfois éclatées comme du raisin trop mûre par un balayage des lumières démentes, les fentes autrement plus intimes révélant d'insoupçonnées capacités d'extrême dilatation. Le spectacle de la multitude informe, ce marais organique aux effluves érotiques, aux caresses brutales, impudentes, pour la plupart tout simplement accidentelles, l'explosion répétitive des gestes de la danse, des danses, les centaines de mouvements obscènes et lascifs qui démarquent chacun dans cette multitude, de parades saccadées, d'exhibitions voilées, ces démonstrations de pouvoir, ces cabrioles hurlantes, ces calligraphies insolentes, tout ce spectacle écumant, écœurant d'excès, de rage, de densité, devrait secouer son corps d'une passion brûlante, le jeter sur les braises d'un bûcher orgiaque ; le faire bander comme un beau diable, somme toute. Il devrait rouler entre ces paumes innombrables comme un morceau de glaise, l'esquisse  dégoulinante d'un danseur aux hanches désarticulées, aux poignets aériens, onduler au creux des bras qui serrent, laisser les paumes immenses aux lignes granitiques se presser sur le galbe de ses fesses. Une cambrure à se damner qu'il a pris soin de mouler, sans en faire trop, juste assez pour étaler la plastique imparfaite mais  affriolante de son corps jeune et souple.
Parfois, il rêve de scènes semblables au sein des rames bondées, frêle, minuscule, invisible gamin, à l'ombre odorante d'un homme plus fort que lui, et dont le large dos semble une esplanade hypnotique ou faire glisser ses mains fines, douces et sans force, des mains de fille aux doigts graciles. Jouer du tambour sur de vastes omoplates dansantes, suivre la ligne d'ombre entre leurs deux plateaux, le vallon humide semé de vertèbres rentrées dans la chair, comme des graines prêtent à germer en roselière osseuse... Géométrie carnée palpitant sous la paume. Il rêve de se coller contre la puanteur aphrodisiaque de cet homme inconnu qui pourrait l'enfouir et l'écraser sous son étreinte virile, le dévorer d'un seul baisé vorace, rêve de ses bras puissants, de son corps dur et moite, son torse dru et ferme. Il imagine sa petitesse chevelue roulée sur cette large poitrine, plate et luisante. Imagine la volupté bestiale de cette bouche impérieuse dont la moiteur gourmande s'ouvrirait dans l'exquis chatouillement d'une barbe ; sur son oreille ou dans son cou. Quand l'oscillation des autres voyageurs le jette contre un de ces hommes à l'aura magnétique, il ne fait pas mine de résister à l'attraction sauvage. Il ne se retient plus à rien, heureux d'être pressé, suffoqué, esquiché contre le dos sinueux, dénué d'échappatoires, comblé d'avoir enfin une bonne excuse pour se tendre à deux millimètres de ce corps musqué, âcre et viril. Il se sent chuter dans un vaste tourbillon, papillonnant du cœur jusqu'au paupières, sombrant au sein de voluptueuses mélasses, convulsant dans les nuages de phéromones et de sueur, déjà cambré sur les palpitations anticipées d'un mâle aux grognements bestiaux. Oh, ces hommes... Ces créatures puissantes aux charmes brutaux auxquelles il a appartenu dans la fièvre compacte du fantasme masturbatoire, brûlant sans être vu tout à côté d'eux, sous un pudique rideau de cheveux, les yeux probablement aussi brillants que des charbons ardents, les joues rubescentes façon peinture fauviste , le cœur dans la gorge- à défaut d'autre chose... Ces hommes là, il a rêvé cent fois de les trouver un jour dans un milieu propice à la réalisation des fantasmes frénétiques qui font vibrer son corps dans les foules submergeantes, d'avoir au moins une chance infime de les toucher du bout d'un doigt tremblant. Il a rêvé de pouvoir les admirer sans se cacher derrière un voile de boucles endiablées, de pouvoir les aborder sans crainte qu'on l'observe avec dégoût, gêne ou dédain, certain d'avoir à faire à quelqu'un qui, peut-être, par chance, par miracle plutôt, pourrait trouver attirante sa petitesse informe, nerveuse et vaguement androgyne, mais définitivement marquée d'une masculinité effective, rempart à la majorité d'entre eux. Ici, ils sont tous ou presque du même bord. Il n'y a plus aucun risque, si ce n'est celui de ne pas répondre aux goûts ciblées d'autrui... Mais tout du moins, le service trois pièces qui s'accroche à son aine ne rebutera personne. C'est une angoisse plus tolérable.
Alors pourquoi se sent-il si foutrement perdu ? Ses nerfs ont disparu, on les lui a volé. Probablement un démon en use t-il pour jouer de sa guitare, collé à elle, ventre à ventre avec son instrument. Voilà qui expliquerait la musique infernale ; mais qui pourtant ne résonne pas dans l'amphitéâtre de son ventre, ne fait que tournoyer non loin de ses tympans comme un spectre en errance.
Il ne sent plus rien, à peine un vague bourdonnement dans ses veines, un fourmillement diffus sous sa peau, comme un massage anesthésiant au dedans des artères, du mauvais côté de la chair et des muscles. Et son esprit a chaviré. Quelque part sous les pieds des danseurs, écrasé, réduit en lambeaux par le balancement implacables des corps entrechoqués comme des couperets tranchants. Mécaniques charnues qui cisaillent, qui brûlent, qui grincent et suent, font plein de notes étranges sous le bruit informe des conversations, des cris, des gémissements et de la musique ; forgent un vacarme agressif tout à fait hypnotique. Dans la marée des chairs, dans l'écume de sueur, sur les récifs des membres de granit, de porcelaine et de velours, son esprit a coulé, s'est noyé, est remonté dans un geyser de vomis et d'alcool pour s'écraser au plafond, mitraillé par les phares aveuglants qui tournent, déchiré par les ombres infinies, tenaces, multicolores. Dans la clarté diffuse, liquide et ondoyante, charivari versicolore et prismatique, les lumières écharpées réduites en aquarelles sur les membres moirées glissent dans le creux des gorges, dessinent à la hâte les muscles qui transpirent, suintent comme des fruits pourris. Les dents ont des éclats étranges, les yeux explosent comme des feux d'artifices, les pupilles se dilatent, n'en finissent plus de gagner en profondeurs occultes. Les perspectives architecturales des corps qui se dénudent s'écroulent les unes sur les autres, les drapés et les bâches des vêtements aux épaisseurs minimes semblent invisibles, mais l’obscénité n'existe plus, pas dans cet univers où les sens ont éclos comme des fleurs de charogne, dispersant leurs pétales en pêle-mêle explosif. Tout semble avoir été déployé d'un seul coup, dans un orgasme tonitruant du cosmos, une érection constellé d'étoiles de l'univers entier. Une éjaculation interstellaires de Pan, une giclée de voie-lactée tournoyant dans l'espace, pleuvant en comètes nacrées sur son corps abandonné au vide.
Bordel de dieu, il a rêvé de cette horreur grandiose tant de fois, avec fièvre. Il a tellement voulu de cette impérieuse nausée, ce ballottement des entrailles, cet univers humide et  sulfureux, brûlant et détrempé comme l'intérieur d'un ventre. Il a voulu à de si nombreuses reprises rejoindre les cohortes bondissantes des Faunes urbains, connaître l’ivresse, l'oublie, le lâcher-prise fiévreux. Être des leurs. Connaître la joie insolente et sauvage de ceux qui n'ont pas peur que la nuit vienne, de ceux qui ne prennent garde à rien, qui se foutent royalement qu'on les juge, qu'on les hue, qu'on les laisse perclus de solitude dans les draps de l'aurore, que demain soit terrible ou bien morne. Ceux qui cuvent en dormant dans des lits inconnus, dont le vomis dégage des odeurs spiritueuses, dont les pupilles dilatés prennent une ampleur mystique, ceux qui s’esquintent au corps à corps dans les toilettes crasseuses, qui se touchent en publique au beau milieu des foules. Il a rêvé de leur appartenir, d'être contaminé, d'avoir en lui la même scabreuses insouciance, la même stupide inconséquence. Il a voulu être malade à leur manière, faire voler sa raison en éclats, écraser la solitude qui l'accompagne pendu à son cou sous le poids d'un autre corps, dans son lit ou un autre, peut-être même dans une ruelle ou contre un mur poisseux. Oui, il a voulu connaître la débauche et avoir mal au crâne, au ventre, au cul. Il a voulu l'apothéose de ce monde éphémère, qui naît le soir en des lieux dévolus à la houle des marrées carnifiées que forment les fêtards. Être vu, être jugé, observé avec concupiscence. Être touché. Désiré. Caressé. Embrassé ; puis baisé. Peut-être au moins dragué, simplement abordé, intéresser quelqu'un, même superficiellement, quitte à n'être pour lui qu'un coup d'un soir à emballer vite fait. Exister sous les caresses d'un autre, lignes du corps brouillé redessinées sous des paumes étrangères.
Bordel de dieu, c'est vrai qu'il a rêvé. A tel point qu'il a cherché à transposer ses désirs honteux dans la réalité, les enjoignant à s'épandre comme de l’huile en dehors de son crâne, puis à s'embraser dans les crépitements infernaux des bacchanales urbaines.
Mais ce n'était qu'un rêve, car si le monde est là, aussi beau et aussi écoeurant qu'il a appris à l'aimer en silence, lui est toujours le même. Timoré, minuscule, invisible. Sans charisme et sans grâce malgré son beau visage, ses grands yeux bleus, sa chevelure aux vrilles entortillées, aux reflets aurifères. Son corps mince et souple, pâle et mou, l'incongruité de sa poitrine osseuse, de ses côtes apparentes, de son ventre pourtant flasque, associés à ses jambes musculeuses et épaisses. Grotesque ambivalence, dilution d'une beauté androgyne en des dessins faunesques.
Il a fait son possible pour avoir l'air avenant, sans succès à ses yeux. Ses jolies fesses galbées de méditerranéen sont mises en valeur, son teint crayeux a pris l'éclat délicat de la porcelaine. Il a caché ses cernes, déployé l'envergure déjà faramineuse de ses longs cils de biche, offrant une route toute tracée aux regards vagabonds, pour les faire converger vers la clarté lagunaire de ses iris bleutés. Ses traits fins, à deux doigts d'être androgynes mais pourtant masculins, ni particulièrement beaux, ni véritablement communs, ne sont plus masqués par un rideau frisottant de boucles anarchiques. Il a fait l'effort de nourrir la pulpe sanguine de ses lèvres habituellement desséchées, immolant leur linceuil de peaux mortes. Ce soir, elles sont rouges et généreuses, accueillantes et torpides, telles que l'enfant les imagine sensuelles. Elles tranchent sur la pâleur de sa peau duveteuse, douce et tiède. Même sa posture est étudiée, il a relevé ses épaules étriquées, son menton à la blondeur frisotante, creusé son dos et interdit formellement à ses mains de se joindre. Il s'est empêché de trembler, à fleur de peau ou au dedans, il a au mieux contrôlé sa respiration crachotante de petite créature nerveuse. Malgré sa méconnaissance et son désintérêt pour toute forme d'effort esthétique, il a fait au mieux en choisissant ses habits, en préparant son corps tout entier pour en atténuer la sécheresse, l'incongruité grotesque. Sur plusieurs mois, il s'est poussé à prendre soin de lui, à laisser en arrière sa nonchalance sauvage, son flegme apparent, détrompé par la vivacité de ses bonds, l'ampleur de ses mouvements de cygne ; il a cherché à rattraper le temps perdu, toutes ces années adolescentes à ne pas se soucier de son apparence et des atours propres à la mettre en valeur. Souvent, il s'est sentit mal à l'aise, il a eu honte, cherchant à accomplir cette laborieuse transformation dans le secret, se désolant lui même de correspondre un peu plus à chaque fois à un cliché quelconque, le frêle pédé dans ses habits cintrés, aux doux yeux de femme sur son visage imberbe. Il s'en est voulu de chercher l'approbation d'autrui. Il s'est haït, s'est méprisé, puis finalement, s'est résigné dans un élan morbide, découragé jusqu'à ce soir, cette nuit excitante qui l'a au départ fait trembler de toutes parts- de peur, d'envie, de bonheur et d'angoisse. Il a passé plus d'une heure à se préparer pour cette première fois, la plage horaire la plus longue qu'il ait jamais accordé à son reflet fuyant.
Mais rien de tout ça n'a suffit. La défaite lui crève les yeux, lui cloue le cœur, esquiche et durcie ses entrailles, lui explose les dents pour s'en faire un collier. Et elle danse elle aussi, le narguant furtivement, spectre moqueur hantant la piste,  la brume échappée des pores dilatés de toutes les peaux qui suent. Il n'ose pas la regarder, préfère se détourner en frémissant des narines, des paupières et des cils. Au bord des larmes, au bord des cris. Prêt à tous les brûler, ces  sublimes salopards... Ou à les supplier.
Il est aussi étranger à ces lieux qu'à tous les autres. Comme le dessin hésitant d'un enfant décalqué maladroitement au milieu d'un chef d'oeuvre au style incomparable. Il a beau en rêver, ce monde n'est pas le sien. Ces gens ne sont pas comme lui. Ils peuvent trouver des plaisirs là où son cœur dérouté ne comprend plus rien. L'anticipation a beau être aussi frustrante que délicieuse, elle ne débouche toujours, en ce cas comme en d'autres, que sur une amère et puissante déception. Une douleur profonde qui le perce et remue à l'intérieur de lui. Car il est viscéralement étranger à la fièvre des fêtards, comme à bien d'autres choses, trop nombreuses à son goût, des plus simples aux plus obscures. Cela va de certaines sensations à des choses qu'il devrait ressentir, des sentiments qu'il n’éprouve pas, des pensées qu'il ne devrait pas avoir, ou du moins pas connaître, remarques détachées d'une froideur antique. Cela va de détails à des énormités. Et peu importe que son esprit puisse fantasmer au point de lui faire croire qu'un changement est possible : jamais sa nature ne lui permettra de rejoindre les multitudes si désirées, enviées de loin, d'un coin d'ombre tranquille. Cette nuit n'est qu'un désillusion de plus.
Il aurait foutrement besoin qu'on vienne lui tendre une main. Mais ce genre de choses n'arrive que dans les livres.
Le gamin quitte la spirale odorante des danseurs, le balancement des membres, la moiteur érotique de la piste. Ses effluves, ses mains prometteuses, ses splendeurs animales ; il fuit vivement, sur la pointe des pieds, avec la même démarche méthodique qu'il adopte toujours dans la foule, une chorégraphie gracieuse faîte d'évitements et de glissades furtives entre deux autres corps.
Il a récupéré son esprit chuté depuis le plafond, écrasé de nouveau en un tassement d'épines dans le chaos de sa chair. Ses sens lui sont revenus, agressés par le bruit, les odeurs, les lumières. Le démon en a sans doute fini avec la musique tirée de ses nerfs tendus, sa guitare martyrisée gisant brisée à ses sabots fendus. L'enfant voudrait les lui rendre, s'en défaire à jamais.
Il ne retrouvera aucun des hommes du métro ou leurs semblables ici, ni ce soir, ni jamais. Ces êtres auxquels il rêve le soir dans ses draps froids, ces mâles plus grands et plus forts qu'il ne le sera jamais, et de loin. De très loin, du bout de l'horizon dévasté de sa vie.
Parfois, il les veut en lui, à l'embouchure de ses entrailles, tout prêt de son ventre ou dans sa gorge, palpitant sur la langue. Entre ses paumes aussi, glissant sur les lignes fines de ses mains sèches et douces.
D'autres fois, plus nombreuses, il se sent juste seul, abandonné et vide. Alors, il ne rêve qu'à un corps contre lequel dormir, qu'une étreinte où se blottir pour trouver le sommeil. C'est une envie stupide, commune. Une faiblesse à honnir.
Mais elle revient, chaque soir. Elle reviendra, ce soir.
L'enfant, l’Étrange, quitte l'enceinte de la boîte. Il ne pleure pas et son visage est vide. En quelques pas, son maintient change, un rideau de cheveux retombe sur la moitié de son visage et sa démarche se fait plus silencieuse. De moire et de velours sur les trottoirs humide, il se mêle à la nuit. Trois enjambées, un œil méfiant, une moue crispée.  Les lumières zèbrent son corps comme des cicatrices fraîches. Deux mètres parcourus, et son visage a repris son habituelle froideur, son expression farouche.
Il se dirige vers la station de métro la plus proche, descend les marches trois par trois malgré ses courtes jambes. Il a gravit ces escaliers depuis moins d'une heure.
C'est sûrement trop peu de temps pour se décourager... N'est-ce pas ?
Peut-être bien.
Il disparaît de la surface, se dissout dans la nuit comme un petit bonhomme en sucre plongé dans une tasse de café.
Parmi tous les danseurs, sur la piste où les corps s'entrechoquent, s'imbriquent et se transportent, où les lèvres se joignent, où s'apprivoisent les langues, un homme pense au garçon qu'il voulait aborder, sémaphore chancelant égaré dans le brouillard charnel. Puis une autre silhouette le lui fait oublier.
Tandis que le gamin se crispera dans ses draps solitaires, il saisira sa chance et vivra jusqu'à l'aube.
Spoiler:
 

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Dernière édition par Pantouffe le Ven 17 Juin 2016 - 19:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: On vivra à ta place [-18]   Mar 10 Mai 2016 - 14:00

C'est... beau.
Je vais pas faire de commentaire détaillé, y'as peu à dire, quelques oublies de ponctuations, quelques coquilles (chevelue au lieu de chevelure). Mais c'est plutôt négligeable.

Je sais pas trop comment qualifié ton texte... il est moite, il nous transporte de lieu en désir, de corps en espoir. C'est à la fois très agréable à lire, puisque tu sais vachement bien manier le vocabulaire et presque désespérant.
Je me suis beaucoup retrouvé dans la solitude du protagoniste, pas dans son désir, mais l'impression de voir le monde exulter sans pouvoir gouter, ça m'a rappelé beaucoup de souvenir et comme c'est raconter sans jugement ni pitié, mais avec une sorte de candeur aimante. Ca m'a toucher, y'as une sorte de générosité dans ton texte qui nous étreint quand on le lit.

C'est ça, je sais pas quoi dire d'autres, peut être que tu meubles trop, à des moments, c'est vrai que c'est un peu lent, on se demande où tu veux en venir, et toi aussi, du coup, on se perd dans ton encre, mais comme tu assommes de sentiments, je pense que ça passe. Du coup, on sens vraiment le besoin d'écrire, c'est assez incontinent comme écriture, tu te déverse dans une sorte de diarhée inépuisable, c'est assez surprenant, mais pas forcément mauvais
Par contre, vu la longueur de ton texte, essaie de faire une joli mise en forum on a fait un tuto pour dans le sous forum tutoriel, parce que c'est vrai que mes yeux ont un peu saignés...

Bref
Bravo
Je suis content que tu l'ai écrit :)
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MessageSujet: Re: On vivra à ta place [-18]   Mar 10 Mai 2016 - 14:33

Mon dieu c'est magnifique ;_;
C'est... c'est gore, c'est laid, c'est beau, mouvant, c'est noir et multicolore, tellement expressif. Tu malaxes les sentiments aussi facilement que les mots, les ambiances et les corps Cute 2


Citation :
Comme le dessin hésitant d'un enfant décalqué maladroitement au milieu d'un chef d'oeuvre au style incomparable.
Y'a plein plein de phrases magnifiques dans ton texte qui m'ont marquées, mais celle-là, celle-là, c'est celle qui résume en quelque sorte tout le texte, elle est magnifique, et elle parle à tout le monde - enfin, à moi en tout cas, elle m'a rappelé pas mal de choses.

La chute est atroce, comme le texte entier d'ailleurs ; du coup je vais t'offrir un gros câlin :calin: et te souhaiter un grand courage pour la suite - mais un jour tu triompheras, tu verras :aha:

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Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

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MessageSujet: Re: On vivra à ta place [-18]   Ven 27 Mai 2016 - 14:40

Ce texte est magnifique. Je n'ai pas encore trop lu ce que tu proposes jusqu'à présent, mais je suis impressionnée. Le rythme, l'usage des mots... bref, tout est vraiment magnifique. Et il y a quelques perles comme corne l'a dit qui le font étinceler encore plus !

C'est admirable de frustrer son lecteur ainsi ! Du coup je n'ai qu'une remarque :
"Parmi tous les danseurs, sur la piste où les corps s'entrechoquent, s'imbriquent et se transportent, où les lèvres se joignent, où s'apprivoisent les langues, un homme pense au garçon qu'il voulait aborder, sémaphore chancelant égaré dans le brouillard charnel. Puis une autre silhouette le lui fait oublier.
Tandis que le gamin se crispera dans ses draps solitaires, il saisira sa chance et vivra jusqu'à l'aube."

Cette chute est jolie, comme le reste, mais comparativement à ton style tentaculaire il me paraît un peu court. J'aurais aimé que tu prennes un peu plus ton temps sur ce passage.

Encore bravo !

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Pantouffe

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MessageSujet: Re: On vivra à ta place [-18]   Ven 17 Juin 2016 - 20:37

Comme d'habitude, je mets du temps à répondre, et j'en suis désolé :S. C'est une part de flemme ("tiens et si je regardais plutôt ce film" ), une part d'éparpillement, et une grosse part de "oh mon dieu ils ont dit du bien de ce que j'ai écris vite je vais me mettre en PLS dans un placard" teintée de crainte, parce-que. PARCE-QUE JE SUIS NUL VOILA AHAHAH. ( Oui je suis intimidé par les commentaires positifs et c'est complètement con, d'autant plus que je préfère des remarques élogieuses à des critiques négatives CE QUI SEMBLE NORMAL, mais ça va faire un moment que j'ai arrêté de chercher à résoudre mes absurdes contradictions. /out )

Ragne, ton commentaire me touche. Parce-que c'est un texte un peu plus explicitement personnel que d'autres que j'ai pu écrire, et savoir que tu as réussis à t'y retrouver alors qu'il est très centré sur mes craintes/questionnements de l'an passé, ça me fait bizarrement chaud au cœur. Je suis content qu'il ait réussis à être plus qu'une scène d'exposition de mes sentiments à moi, et qu'il t'ait touché de la manière dont tu l'exprimes bien qu'il soit un peu abrupt ; déjà parce-que j'y parle beaucoup d'homosexualité, donc je le pensais difficile à aborder pour des gens qui ne se retrouvent pas confronté à leur sienne propre ( c'était un peu une de mes craintes, écrire quelque chose qui ne puisse pas parler à un peu tout le monde mais seulement à une catégorie de gens vraiment trop définis pour que je sois à l'aise avec ça, parce-que je n'ai pas envie d'écrire spécifiquement pour les gays ou quoi, même si c'est évidemment une thématique qui revient de plus en plus souvent dans mes textes ) ( WOW CETTE PARENTHÈSE EST LONGUE ) ; ensuite, parce-que comme toujours, mon écriture est parfaitement VOMITIVE et déchaînée, ce qui a du bon et du mauvais. Que tu y ais vu plus de bon que de mauvais, ça m'enchante. Que tu l'ais qualifié de généreuse, ça m’assassine presque de bonheur, parce-que je rêvais que quelqu'un voit cette débauche d'images et de métaphores excessive de cette manière. Juste parce-que oui, c'est trop dense, je gagnerais sans nul doute à faire preuve de retenue pour affiner mes textes, mais je fais ça par envie d'en donner autant que je peux, avec un acharnement un peu débile à exploiter la moindre idée qui me passe par la tête, sinon je suis frustré, quand bien même le texte y gagne au final, quand je fais parfois l'impasse sur un truc que je voulais caser.
Donc voilà, tu m'as tué. /out Je vais le relire et voir si je peux faire quelque chose pour la mise en page, mais je ne peux rien promettre 8D.

Corne, tu me fais rougir ( OU BLÊMIR JE NE SAIS PAS ) et tes commentaires sont toujours gentils et mignons, c'est terrible ;w;. Je te renvoie un patpat d'encouragement, étant donné que le texte t'a parlé ; ça veut dire que toi aussi tu connais le doux malaise sociale. /out Nous vaincrons nom de dieu. Et nous réussirons à faire partie du monde.

SCRAAAT. Tu mets exactement le doigt sur une des premières choses qui m'a gêné avec ce texte : sa chute. Au départ, je la trouvais trop précipitée aussi par rapport au déluge du dessus, elle me donnait l'impression d'être trop légère et j'ai tenté plusieurs fois de l'enrichir. ( En fait elle était même encore plus concise au départ. ) Après, pendant un moment, je me suis dis qu'au final ce n'était pas plus mal et que ça faisait sens, étant donné que le garçon a quitté la boîte, et que les phrases deviennent plus brèves à partir du moment où il abdique et commence à se retrancher dans son attitude habituelle. Et puis je me suis redis, mais merdouille, stop d'intellectualiser la forme de ton bousin alors que ce n'était pas voulu au moment où tu l'as fait, ça se tient dans l'idée mais ça sonne comme une excuse que tu trouves à posteriori bordayl. ( Oui je me parle tout seul JE VAIS BIEN )
Du coup je ne sais pas, je suis dans le brouillard et toujours insatisfait. Je prends ta remarque en compte et j'essaierai encore d'ajouter un peu de substance à cette fin ^^.

Je vous dis merci à tous les trois pour avoir pris le temps de lire et commenter ce texte, et pour en avoir dis beaucoup de bien ( même si je vous aurais également remercié d'en avoir dis du mal, parce-qu'en soit, l'un ou l'autre est en réalité positif, pour mon estime quant à ce que je ponds ou mes efforts afin de l’améliorer 8D ).
Je suis content qu'il vous ait parlé, ou transporté, ou juste plu. JE SUIS CONTENT. ( Même plus d'un mois plus tard oui *sors* )

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Scrat

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MessageSujet: Re: On vivra à ta place [-18]   Ven 17 Juin 2016 - 22:27

Hm... oui je suppose que ton explication fait sens (peu importe qu'elle soit a posteriori, c'est rare qu'on réfléchisse sur le moment, c'est le rythme du texte qui se travaille tout seul quand on écrit. Je sais que j'ai toujours un rythme à satisfaire même lorsque je ne mets pas de mot dessus. Je pense que c'est pareil pour toi.

Je ne crois pas que parler d'homosexualité doit nécessairement réduire ton lectorat /dit celle qui est est lesbienne/. Non sérieusement, l'empathie fait bien les choses, les hétéros eux aussi ont un coeur. Par contre tes textes sont très forts et ont une ambiance propre qui peut en déstabiliser certains indépendamment de leur sexualité. Ca c'est une question de goût, du coup, classique.

Poste encore de belles choses !

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Pantouffe

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MessageSujet: Re: On vivra à ta place [-18]   Ven 17 Juin 2016 - 23:19

C'est totalement vrai :D. J'ai toujours un rythme en tête quand j'écris, et parfois ça prend des proportions extrêmes. Je peux même me laisser guider par le rythme au détriment du reste ( ce qui en général aboutit à du caca mais bon /out ), et je m'applique à considérer chaque liaison et chaque virgule. Mais ça, c'est quand je travaille vraiment sur un texte, autrement, je suis moins pointilleux. ( Et il y a ce texte qui n'est composé quasiment que d'alexandrins. Je m'en suis rendu compte seulement une fois l'avoir terminé, et c'était PERTURBANT. Je le posterai ici pour répandre la joie. *tousse*)
Je pense que tous les gens qui écrivent depuis un certain temps deviennent des maniaques du rythme 8D.

Disons que je n'ai pas envie de sombrer dans le piège du sectarisme ou du replis sur une communauté quelconque, d'où ma crainte quand j'évoque l'homosexualité dans un texte ^^. Je veux en parler, mais je ne veux pas pour autant isoler le reste du monde, et. Et comme c'est encore nouveau pour moi d'évoquer la sexualité et plus particulièrement celle qui me touche dans des textes, j'ai parfois la crainte que ce soit fait de telle manière que ça repousse les gens qui ne sont pas directement concernés. /out JE SAIS QUE C'EST STUPIDE. Je suppose que c'est une forme bizarre de légère culpabilité à être gay et qu'une partie de moi cherche encore à s'excuser en me collant un sentiment de malaise. ( Alors qu'une autre me pousse à la gueuler très fort pour rattraper le temps perdu à se voiler la face. /O/ ) ( Aller, remplissons le quota LGBT du forum *sors* )
JE RACONTE MA VIIIIIE.
Dans tous les cas, c'est terrifiant et cool de savoir que mes textes te plaisent. Et je jure de poster d'autres machins bizarres empreint de BONHEUR et parfumés de VOMIS. ( ALLER HOP ON VEND DU RÊVE EN BARRE DE DIX )

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Scrat

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MessageSujet: Re: On vivra à ta place [-18]   Mar 21 Juin 2016 - 14:04

Beurk pour la métaphore.
Mais poste on t'attend. Et arrête de juger la valeur de tes textes : si tu es bon écrivain, tu es mauvais juge (de ton propre travail en tout cas, disons que tu te donnes des coups de fouet inutiles).

Il faut écrire ce qui te tient à coeur, et je ne trouve pas que ça mène à un sectarisme, au contraire, tes personnages sont incroyablement normaux, on s'identifie à eux, par là on se rapproche de ce monde soit-disant différent. Tu as peur que les gentils gens "normaux" crie "oh mon dieu il va corrompre nos enfants !" Je connais. En Russie la donne est encore multipliée. Ne te laisse pas impressionner, même pas par ta voix intérieure, elle n'a pas toujours raison.

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Yggdarsil
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MessageSujet: Re: On vivra à ta place [-18]   Mer 22 Juin 2016 - 10:04

. . .
Je vais être assez honnête : c'est le premier texte qui me laisse sans voix.
C'est pas trop mon genre de laisser des dossiers sur mes orientations sexuelles sur internet, mais bon, OSEF, personne viendra chercher ici (-et au pire qu'est-ce que ça peut me faire).
Pour le coup, ça m'a vraiment, vraiment, vraiment, vraiment touché droit dans le coeur. Le style transporte. Et l'histoire... c'est juste tellement vrai. Je me suis retrouvé dedans, même sur les points qui diffèrent, et ça, ça aurait pas été possible sans ton style. En allant chercher ce qu'il y avait de plus profond en toi, tu es allé cherché quelque chose de pratiquement universel.
En tout cas ça me fait bizarre de voir que de fait, il existe d'autres personnes qui vivent ces départs, silencieux, déçus, avec un regret dans le coeur, alors que tout le monde connait forcément ça. Je pourrais m'amuser à relever tous les points du texte où j'avais l'impression que tu lisais dans mes souvenirs -et pas les moindres, des plus essentiels, mais ce serait inutile, parce que c'est presque tout.
Après, personnellement, j'ai trouvé depuis peu une toute autre manière de fonctionner dans ma tête, je cherche à ne plus avoir de fantasmes pour ne plus être déçu, et à devenir stoïque face à la honte pour ne pas avoir peur de chercher le bonheur (oui c'est dur, mais ça paie). Le but dans tout ça, c'est d'arrêter de gonfler les idées en fantasmes irréalistes pour pouvoir les faire et les atteindre (ou les manquer) sans jamais être déçu. Si ça peut t'aider comme philosophie Wink
Un truc que tu dois savoir par contre, c'est que sans trop t'en rendre compte tu viens de créer un lien très, très, très fort avec un de tes lecteurs (et les autres aussi).
Ce commentaire est pas du tout constructif, je parle que de mon ressentiment, mais c'est juste tellement la première fois que ça m'arrive que je saurais pas dire autre chose...

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Il est des gens qui sont là. Comme ça. En vrai. Et d'autres dont la présence est un mensonge. Une illusion. Efficace, quand elle trompe tout le monde. Ridicule, quand elle ne trompe que son porteur. -Lyonel Trouillot, Kannjawou

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Manoria



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MessageSujet: Re: On vivra à ta place [-18]   Ven 24 Juin 2016 - 3:10

Salut Pantouffe !
Alors, comment dire... je ne sais pas si c'est le fond noir qui fait cet effet, mais bien que j’adhère plutôt pas mal à se genre de trip ( véritablement vécus ou non ), j'ai eu beaucoup de mal à me concentrer sur ton texte car, dans la forme, il n'est pas assez aéré. Je comprends ( et compte tenu ton âge et du mien ) tes propos, ce que tu as voulu exprimer ( plus que transmettre, à la base ) et tu as su utiliser des métaphores et des mots suffisamment explicites pour donner un réel sens de '' compréhension '' à l'ensemble de ton texte. L'unique gros problème de ton œuvre est que tu as fait tellement de phrases longues et souvent bâties sur la surenchère que, dans la forme et à la lecture, j'ai ressenti comme une impression claustro-phobique, voir anxiogène.
Je crois simplement que ton texte manque de petits détails tels que des alinéas ou d'une construction par paragraphes. Du fait de sa forme, et aussi dans le sens où il n'y a pas de réels changements de ton dans ton texte, le tout me parait comme étant un pavé trop '' compact '' lancé dans une marre. Mais, attention ! Le fond et le style sont bons !!! Je m'y retrouve... reste simplement pour toi ( et j'en suis convaincu ) de travailler sur cette fichue forme qui, dans l'état, ne laisse aucune respiration au lecteur ( en l’occurrence, moi seul jusqu'ici ). En réalité, un petit effort de ce point de vue donnerait davantage de couleurs à ton texte... assurément.
Sinon, merci pour ton partage et à bientôt !
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Vedel

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MessageSujet: Re: On vivra à ta place [-18]   Ven 8 Juil 2016 - 0:57

Je vais faire simple puisque les autres ont déjà pas mal résumer la chose...
Ce texte est une pépite, non seulement dans le fond, mais aussi dans la forme en fait.
Ce style très fluide ça fait vraiment avalanche et ça correspond je trouve parfaitement au thème aborder.
J'ai également eu cette période que narre ton texte, d'où le fait que je soit toucher. Que ce commentaire n'est absolument pas constructif (et je m'en tape un peu beaucoup XD). Tu as gagner mon respect, et un lecteur de plus pour tes textes !
Dans tout les cas un immense merci pour se partage.
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Pantouffe

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MessageSujet: Re: On vivra à ta place [-18]   Mar 26 Juil 2016 - 19:12

Alors, il faut que je réponde un jour à mes commentaires, sinon c'est super mal élevé. Et ma maman ne serait pas fière, ça non. U_U

Et bah Yggdarsil, ton commentaire m'a touché en fait. Je suis heureux que ce texte t'ait parlé envers sa grande portée cathartique de "je vomis des trucs personnels en vrac parce-que yollo putain". ET TU DIS DES CHOSES BIEN TROP INTIMIDANTES DAMN. Mais qui me font très plaisir aussi.
Si ça peut te rassurer, j'ai fais un peu de chemin depuis ce texte :D. Mais en soi, je suis toujours incapable de ne pas avoir d'attentes. J'ai essayé, mais ce n'est pas ma manière d'être, je suis trop sensible et rêveur pour ça. Mon esprit est aussi glissant qu'une anguille et il m'échappe au moindre relâchement ; puis d'un côté, j'aime certaines choses qui me font souffrir (..... ok dis comme ça c'est bizarre ) car elles font partie de ce qui me rend créatif 8D. Dont ma propension à fantasmer, au sens large, pas seulement sexuel : grâce à elle je vois de l'intérêt en tout, je ne m'ennuie jamais, et je crée des personnages ou des histoires avec facilité. En général, les seuls moments où rien ne m'atteint, c'est quand je suis dans une foule, que je commence à déprimer vraiment ou après un passage émotionnel fort qui me laisse du coup complètement vide pendant quelques jours ou semaines.
Dans tous les cas, j'espère qu'on se recroisera sur le forum, via tes textes ou les miens ^^. Je n'ai lu qu'une fois ta prose il me semble, mais si je me souviens bien, ce fut une grosse claque. ( Je ne sais pas si j'avais laissé un commentaire sur ce texte que j'avais lu par contre, des fois ça m'arrive de passer sans laisser aucune trace. Tel une lingette nettoyante. ) Au plaisir d'entrer en collision une prochaine fois :D.
( Délicatesse des métaphores toujours. )

Yep Manoria :D.
L'impression de surenchère est de claustrophobie est inhérente à ma prose, j'en fais presque toujours des tonnes. C'est en gros ce qui passe dans mon crâne, dans mon corps. J'exprime les choses telle que je les vois, les pense et les ressens, et du coup. Du coup ça peut vite devenir illisible pour peu qu'on ait du mal avec les longueurs narratives ou les trucs qui foutent le cafard 8D. Et je comprends totalement ça, car même quand je fais lire des textes que j'ai écris à des proches, ils ont souvent du mal à se faire à cette noirceur et à cette densité qui frôle ( ou met carrément les pieds dedans ) l'indigestion. Ceci-dit, c'est souvent lié au propos, la forme épousant le fond, donc.... Je ne peux pas changer grand chose à ça.
( Enfin pour la mise en page, si, je devrais faire des efforts, ça c'est juste un fait avéré. Mais ça s'arrange sur mes textes récents, j'écris moins pas gros blocs et j'aère plus naturellement :D. Par contre, j'ai beaucoup de mal à aérer mes anciens textes, car ils ont été pensés par gros blocs. Du coup, je n'arrive pas à placer naturellement des sauts à la ligne et autres é_è. )

C'est moi qui te dit merci pour cette glorieuse PLS mentale dont est responsable ton commentaire, Vedel 8D. Heureux de t'avoir touché. Je commence à me répéter, mais c'est toujours le même sentiment qui revient face à ce genre de commentaire. Ça me fait plaisir. Je ne pensais pas avoir autant de retours positifs sur ce texte en fait.
Merci ;w;

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