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 Le diable s'y casserait la jambe [fini]

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Scrat

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Féminin Taureau Messages : 392
Date d'inscription : 08/05/2015

MessageSujet: Le diable s'y casserait la jambe [fini]   Lun 16 Mai - 0:28

Une nouvelle normale pour une fois ! J'espère que vous vous amuserez à lire autant que je m'amuse à l'écrire !



Le diable s'y casserait la jambe




Partie 1





Le Diable, dans son antre, consultait la liste des âmes damnées qui s’étaient alliées avec lui il y a sept ans. Pour un proche, pour de l’argent, pour une femme… qu’importait à présent. Sept ans, c’est le temps que le diable laisse aux âmes qu’il doit prendre. Pas d’exception.

Ce soir, il rayerait de sa liste Anne Melkova.  Méphistophélès respira à pleins poumons l’odeur de soufre qui s’échappait des parois de sa cave. Il se leva, traversa le hall, se repaissant des cris des pêcheurs qui imploraient sur son passage, leur offrant à l’envi l’horreur que procurait la vue de son visage ; il souriait pourtant, mais d’un air si terrible que les âmes souffrantes se recroquevillaient à la vue des yeux rouges, de la peau écailleuse, des dents suintantes et jaunes et pointues qui brillaient dans la lumière sombre des feux noirs de l’Enfer. Méphisto avançait. Il avait fort à faire.

Lorsqu’il venait sur Terre, il camouflait un peu son apparence. Les athées d’aujourd’hui n’aimaient pas voir le Diable. Ils faisaient avec lui des pactes en cachette. Leurs proches jamais ne se doutaient de rien, il n’existait pas dans leurs yeux. Tant mieux. On ne le prenait au sérieux que trop tard, quand le pacte était déjà fait. C’est pourquoi les affaires allaient si bien. Il ne fallait pas les détromper. Méphistophélès prit le métro gare de Lyon, sortit sous les lumières douces de Paris, puis alla sonner chez sa vieille amie Anne. Après elle, il avait quelques autres amies à venir chercher. L’une avait tué son mari par vengeance, l’autre avait fait un pacte pour gagner au loto. Sept ans d’opulence valaient mieux qu’une vie de misère, disait-elle.

Personne chez Anne. Il commencerait donc par les autres. Anne aurait son tour dans quelques heures. Méphistophélès repartit tranquillement. La nuit était à lui.

Dans le cinquième arrondissement, bel appartement, belle cour. La veuve éplorée donnait une réception pour l’anniversaire de la mort de son mari. Elle volait entre ses invités, sa robe de cocktail enveloppait son dos qui eût été gracieux s’il n’était pas voûté. Douces les dentelles sur ses épaules et douces les paroles qu’un homme qui lui touchait la main lui disait à l’oreille, mais l’œil, dans le reflet qu’au loin un miroir renvoyait, fit s’emballer son cœur au fond de sa poitrine. L’œil rouge et malicieux, les cornes rudes et noires, le visage écailleux se tordit d’un sourire et le démon d’un geste, son poing se refermant, fit trépasser ce cœur qui bat… puis ne bat plus.

Méphistophélès se reput de ces cris qui montaient des agonies tremblantes. Quelques âmes, peut-être, ici, seraient à prendre. Plus tard. Un autre soir.

Il se dirigea vers les bords de la Seine. La gagnante du loto était là avec ses camarades. Ils se retrouvaient le soir sous les ponts de Paris, dans leurs cartons. C’était bien de gagner au loto, pensait le Diable, c’était mieux de savoir où placer son argent.

Elle était sur le quai. La capuche cachait ses cheveux déteints. Les doigts maigres et tâchés sur lesquels ont été les bagues les plus chères ne portaient à présent que de gros bibelots, fantaisies de petite fille, vestiges de coquetterie laissés là. Son visage émacié avait les traits tirés et blancs, le croassement de corbeau qui sortait de sa bouche noire répétait cette seule phrase : « Eh, t’as pas d’la came ? »

Le disque repassait en boucle. Méphistophélès s’assit au bord du fleuve, en contrebas de là où étaient ses amis. Il savait qu’elle finirait par venir. Il ne se trompait pas.

« Eh, t’as pas d’la came ? » Fit-elle de sa voix rauque.

Ses yeux étaient caves, fatigués, mais tenus ouverts par le manque. Elle mit longtemps à voir qu’il n’était pas un homme mais une bête. Quand elle comprit, elle eut un faible sursaut et recula. Puis, calculant la date dans sa tête, elle lui dit :

« Je vous reconnais ! C’est vous ! C’est vous qui m’avez promis la fortune ! Menteur ! Menteur ! »

Son croassement dérailla, se brisa sur ses cordes vocales. Au fond de ses orbites, les yeux verts brillèrent d’un désespoir furieux. Méphistophélès s’avança, prit la main baguée de la femme dans la sienne. Ses lèvres tremblaient. Déjà la haine avait cédé la place à la peur dans ses yeux. Sa vie était si misérable, pourtant elle ne voulait pas mourir. Elle reniflait en croassant.

« S’il vous plaît… lui disait-elle. Ce marché, il peut pas tenir… je…

— Chut… chérie. Je ne vous veux aucun mal. »

Il glissa dans ses mains un papier légèrement renflé. Il lui sourit de ses dents jaunes et pointues. Elle allait le suivre toute seule. Il n’aurait rien à faire de plus.

Lorsqu’il s’éloigna, longeant l’eau noire, elle était déjà étendue sous le pont. La minute suivante, de la bave coulait de ses lèvres. Une heure après elle était morte.

Méphistophélès retourna devant la porte d’Anne. Cette fois-ci, c’était l’heure.




Ceci est une phrase longue invisible pour que la page ne bug pas. Un cadeau de votre admin aimant et tendre qui s'inquiète pour vos yeux

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Dernière édition par Scrat le Lun 30 Mai - 14:05, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le diable s'y casserait la jambe [fini]   Lun 16 Mai - 0:55

@Scrat a écrit:

Le diable s'y casserait la jambe




Partie 1





Le Diable, dans son antre, consultait la liste des âmes damnées qui s’étaient alliées avec lui il y a sept ans. Pour un proche, pour de l’argent, pour une femme… qu’importait à présent. Sept ans, c’est le temps que le diable laisse aux âmes qu’il doit prendre. Pas d’exception. Référence subtile aux sept ans de malheur d'un miroir brisé ? :P

Ce soir, il rayerait de sa liste Anne Melkova.  Méphistophélès J'ai toujours pensé que ce prénom puait la classe transcendantale respira à pleins poumons l’odeur de soufre J'ai jamais compris comment on pouvait respirer des odeurs mais soit, j'imagine que les poumons sont faits pour ça ^^ qui s’échappait des parois de sa cave Par cave, tu entendais grotte ou tanière ? Parce que je sais que cave en Anglais donne l'un de ces deux mots . Il se leva, traversa le hall, se repaissant des cris des pêcheurs qui imploraient sur son passage, leur offrant à l’envi envie l’horreur que procurait la vue de son visage ; il souriait pourtant, mais d’un air si terrible que les âmes souffrantes se recroquevillaient à la vue des yeux rouges, de la peau écailleuse Un diable squameux, c'est pas fameux ! , des dents suintantes et jaunes et pointues qui brillaient dans la lumière sombre des feux noirs de l’Enfer. Méphisto avançait. Il avait fort à faire. Ben ça commence sur les chapeaux de roues ! Avec la levée du Diable, le passage dans le hall des condamnés, trop classe !

Lorsqu’il venait sur Terre, il camouflait un peu son apparence. Les athées d’aujourd’hui n’aimaient pas voir le Diable. Ils faisaient avec lui des pactes en cachette. Leurs proches jamais ne se doutaient de rien, il n’existait pas dans leurs yeux. Tant mieux. On ne le prenait au sérieux que trop tard, quand le pacte était déjà fait. C’est pourquoi les affaires allaient si bien. Il ne fallait pas les détromper. Méphistophélès prit le métro gare de Lyon Ah ouais, quand même un peu brutal, on passe de "Le seigneur du néant quitta son trône d'épines" à "Le seigneur du néant se fait un macdo au croisement de la cinquième" XD , sortit sous les lumières douces de Paris, puis alla puis alla, c'est l'association qui m'irrite toujours mon oreille sensible, ça fait un peu tire la chevillette et la bobinette cherra ! Bref, je divague pas là-dessus ~ sonner chez sa vieille amie Anne. Après elle, il avait quelques autres amies à venir chercher. L’une avait tué son mari par vengeance, l’autre avait fait un pacte pour gagner au loto Elle est quand même forte celle-là, c'est qu'elle vendrait son âme au ble-dia pour retrouver une paire de chaussettes ! . Sept ans d’opulence valaient mieux qu’une vie de misère, disait-elle. disaient-elles, non ?
Personne chez Anne. Il commencerait donc par les autres. Anne aurait son tour dans quelques heures. Méphistophélès repartit tranquillement. La nuit était à lui. En effet ! J'adore l'atmosphère de ce texte, c'est à la fois sombrement mafieux et délicatement divin !

Dans le cinquième arrondissement, bel appartement, belle cour. La veuve éplorée donnait une réception pour l’anniversaire de la mort de son mari Je ne savais pas qu'on faisait ce genre de choses ... ? Si ce n'est pas une invention de ta part, c'est splendidement glauque. . Elle volait entre ses invités, sa robe de cocktail enveloppait son dos qui eût été gracieux s’il n’était pas voûté. Douces les dentelles sur ses épaules et douces les paroles qu’un homme qui lui touchait la main lui disait à l’oreille, mais l’œil, dans le reflet qu’au loin un miroir renvoyait, fit s’emballer son cœur au fond de sa poitrine Superbe phrase maîtrisée de bout en bout, chapeau madame . L’œil rouge et malicieux, les cornes rudes et noires, le visage écailleux se tordit d’un sourire et le démon d’un geste, son poing se refermant, fit trépasser ce cœur qui bat… puis ne bat plus. Ces six derniers mots et ces trois petits points confèrent une force folle à ta phrase !

Méphistophélès se reput de ces cris qui montaient des agonies tremblantes, encore choquées encore choquées peut-être de trop, il n'ajoute rien de particulier je trouve à cette phrase élégante. . Quelques âmes, peut-être, ici Je ne sais pas si je la lis comme il ne faut pas, mais je trouve qu'il y a un problème de ponctuation avec celle-ci, autour du ici ! seraient à prendre. Plus tard. Un autre soir.

Il se dirigea vers les bords de la Seine. La gagnante du loto était là avec ses camarades. Ils se retrouvaient le soir sous les ponts de Paris, dans leurs cartons Ow, c'est donc une SDF ? D'accooooord, son geste disproportionné s'explique ! . C’était bien de gagner au loto, pensait le Diable, c’était mieux de savoir où placer son argent.

Elle était sur le quai. La capuche cachait ses cheveux déteints. Les doigts maigres et tâchés sur lesquels ont été les bagues les plus chères ne portaient à présent que des Je me trompe peut-être mais je préférerais de à des gros bibelots, fantaisies de petite fille, vestiges de coquetterie laissés là. Son visage émacié avait les traits tirés et blancs, le croassement de corbeau qui sortait de sa bouche noire répétait cette seule phrase : « Eh, t’as pas d’la came ? » Mais si qu'j'en ai, Johnnyyyy !

Le disque repassait en boucle. Méphistophélès s’assit au bord du fleuve, en contrebas de là où étaient ses amis. Il savait qu’elle finirait par venir. Il ne se trompait pas.

« Eh, t’as pas d’la came ? » Fit-elle de sa voix rauque.

Ses yeux étaient caves, fatigués, mais tenus ouverts par le manque. Elle mit longtemps à voir qu’il n’était pas un homme mais une bête. Quand elle comprit, elle eut un faible sursaut Et là, c'est une réaction faiblarde qu'elle a. Ouh, le Diable ! *haussement de sourcil de la victime* et recula. Puis, calculant la date dans sa tête Suivie d'une réflexion un peu rapide quant à l'urgence de la situation , elle lui dit :

« Je vous reconnais ! C’est vous ! C’est vous qui m’avez promis la fortune ! Menteur ! Menteur ! »

Son croassement dérailla, se brisa sur ses cordes vocales. Au fond de ses orbites, les yeux verts brillèrent d’un désespoir furieux. Méphistophélès s’avança, prit la main baguée, Virgule à supprimer de la femme dans la sienne. Ses lèvres tremblaient. Déjà la haine avait cédé la place à la peur dans ses yeux. Sa vie était si misérable, pourtant elle ne voulait pas mourir. Elle reniflait en croassant.

« S’il vous plaît… lui disait-elle. Ce marché, il peut pas tenir… je…

— Chut… chérie. Je ne vous veux aucun mal. »

Il glissa dans ses mains un papier légèrement renflé. Il lui sourit de ses dents jaunes et pointues. Elle allait le suivre toute seule. Il n’aurait rien à faire de plus.

Lorsqu’il s’éloigna, longeant l’eau noire, elle était déjà étendue sous le pont. La minute suivante, de la bave coulait de ses lèvres. Une heure après elle était morte.

Méphistophélès retourna devant la porte d’Anne. Cette fois-ci, c’était l’heure. Trop la classe, ce texte. Je dirais que ça donne envie d'en lire bien plus de ta plume !




Ceci est une phrase longue invisible pour que la page ne bug pas. Un cadeau de votre admin aimant et tendre qui s'inquiète pour vos yeux
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Papagena

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Féminin Bélier Messages : 96
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MessageSujet: Re: Le diable s'y casserait la jambe [fini]   Lun 16 Mai - 10:40

Tu trouves toujours des idées intéressantes et amusantes , j'aime comment tu écris et comment tu nous emmène dans ton monde .
La suite promet, continue! :huh: :huh:
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Scrat

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Féminin Taureau Messages : 392
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MessageSujet: Re: Le diable s'y casserait la jambe [fini]   Lun 16 Mai - 10:53

Pincez-moi je rêve, Saul qui commente un texte qu'il a aimé ! Mais c'est fou !
Merciii pour ce magnifique et géant commentaire ! (c'est pour te faire pardonner d'avoir dragué ma femme, avoue. Bon ça marche, mais ne recommence plus !)

Du coup, je te réponds !



Saul a écrit:
@Scrat a écrit:

Le diable s'y casserait la jambe




Partie 1





Le Diable, dans son antre, consultait la liste des âmes damnées qui s’étaient alliées avec lui il y a sept ans. Pour un proche, pour de l’argent, pour une femme… qu’importait à présent. Sept ans, c’est le temps que le diable laisse aux âmes qu’il doit prendre. Pas d’exception. Référence subtile aux sept ans de malheur d'un miroir brisé ? :P   Pas très subtile, mais le chiffre 7 est spécial, comme le 3. Tout va toujours par 7 ou par 3 héhé

Ce soir, il rayerait de sa liste Anne Melkova.  Méphistophélès J'ai toujours pensé que ce prénom puait la classe transcendantale  Hé hé, d'accord avec toirespira à pleins poumons l’odeur de soufre J'ai jamais compris comment on pouvait respirer des odeurs mais soit, j'imagine que les poumons sont faits pour ça ^^  Si ! Quand tu sens très fort ! C'est possible ! beuuuhqui s’échappait des parois de sa cave Par cave, tu entendais grotte ou tanière ? Parce que je sais que cave en Anglais donne l'un de ces deux mots heu... alors là. juste sous-sol ?. Il se leva, traversa le hall, se repaissant des cris des pêcheurs qui imploraient sur son passage, leur offrant à l’envi envie je corrige. J'étais sûre que dans ce cas-là on écrivait envi... j'ai craqué.  l’horreur que procurait la vue de son visage ; il souriait pourtant, mais d’un air si terrible que les âmes souffrantes se recroquevillaient à la vue des yeux rouges, de la peau écailleuse Un diable squameux, c'est pas fameux ! , des dents suintantes et jaunes et pointues qui brillaient dans la lumière sombre des feux noirs de l’Enfer. Méphisto avançait. Il avait fort à faire. Ben ça commence sur les chapeaux de roues ! Avec la levée du Diable, le passage dans le hall des condamnés, trop classe !   C'est classique mais ça passe toujours Wink merci !

Lorsqu’il venait sur Terre, il camouflait un peu son apparence. Les athées d’aujourd’hui n’aimaient pas voir le Diable. Ils faisaient avec lui des pactes en cachette. Leurs proches jamais ne se doutaient de rien, il n’existait pas dans leurs yeux. Tant mieux. On ne le prenait au sérieux que trop tard, quand le pacte était déjà fait. C’est pourquoi les affaires allaient si bien. Il ne fallait pas les détromper. Méphistophélès prit le métro gare de Lyon Ah ouais, quand même un peu brutal, on passe de "Le seigneur du néant quitta son trône d'épines" à "Le seigneur du néant se fait un macdo au croisement de la cinquième" XD   maaaais, pourquoi il voyagerait en première classe d'abord ? le diable aime la fange non ?, sortit sous les lumières douces de Paris, puis alla puis alla, c'est l'association qui m'irrite toujours mon oreille sensible, ça fait un peu tire la chevillette et la bobinette cherra ! Bref, je divague pas là-dessus ~ sonner chez sa vieille amie Anne. Après elle, il avait quelques autres amies à venir chercher. L’une avait tué son mari par vengeance, l’autre avait fait un pacte pour gagner au loto Elle est quand même forte celle-là, c'est qu'elle vendrait son âme au ble-dia pour retrouver une paire de chaussettes !  trop improbable ? mais j'ai pas le temps de décrire un background qui l'explique. Une courte phrase peut-être.... Sept ans d’opulence valaient mieux qu’une vie de misère, disait-elle. disaient-elles, non ? non, en fait ce serait plutôt "avait-elle dit" on parle de celle que a voulu l'argent. Mais c'est vrai que ça vaut aussi pour l'autre...
Personne chez Anne. Il commencerait donc par les autres. Anne aurait son tour dans quelques heures. Méphistophélès repartit tranquillement. La nuit était à lui. En effet ! J'adore l'atmosphère de ce texte, c'est à la fois sombrement mafieux et délicatement divin !   Diantre, je ne vais plus rentrer dans mes chaussures si tu continues. Je suis archi ravie que ça te plaise et j'ai beaucoup ri en lisant tes commentaires haha.

Dans le cinquième arrondissement, bel appartement, belle cour. La veuve éplorée donnait une réception pour l’anniversaire de la mort de son mari Je ne savais pas qu'on faisait ce genre de choses ... ? Si ce n'est pas une invention de ta part, c'est splendidement glauque.    heu... j'en sais rien. C'est une chose que je ferais pour pas rester seule si ça m'arrivait, mais je dois être un peu bizarre ^^. Elle volait entre ses invités, sa robe de cocktail enveloppait son dos qui eût été gracieux s’il n’était pas voûté. Douces les dentelles sur ses épaules et douces les paroles qu’un homme qui lui touchait la main lui disait à l’oreille, mais l’œil, dans le reflet qu’au loin un miroir renvoyait, fit s’emballer son cœur au fond de sa poitrine Superbe phrase maîtrisée de bout en bout, chapeau madame   :D je suis Dieu !. L’œil rouge et malicieux, les cornes rudes et noires, le visage écailleux se tordit d’un sourire et le démon d’un geste, son poing se refermant, fit trépasser ce cœur qui bat… puis ne bat plus. Ces six derniers mots et ces trois petits points confèrent une force folle à ta phrase !   Je suis le Diable muhaha ! En fait j'avais écrit tout ce paragraphe au présent, mais il ne s'intégrait plus au reste du texte du coup. J'ai dû tout remanier mais la fin colle mieux comme ça.

Méphistophélès se reput de ces cris qui montaient des agonies tremblantes, encore choquées encore choquées peut-être de trop, il n'ajoute rien de particulier je trouve à cette phrase élégante.  pourquoi pas ? c'est vrai qu'il n'apporte rien. Quelques âmes, peut-être, ici Je ne sais pas si je la lis comme il ne faut pas, mais je trouve qu'il y a un problème de ponctuation avec celle-ci, autour du ici ! après ici sûrement qu'il en faut encore une... je me préoccupe des virgules depuis peu, j'avoue. seraient à prendre. Plus tard. Un autre soir.

Il se dirigea vers les bords de la Seine. La gagnante du loto était là avec ses camarades. Ils se retrouvaient le soir sous les ponts de Paris, dans leurs cartons Ow, c'est donc une SDF ? D'accooooord, son geste disproportionné s'explique ! . C’était bien de gagner au loto, pensait le Diable, c’était mieux de savoir où placer son argent.

Elle était sur le quai. La capuche cachait ses cheveux déteints. Les doigts maigres et tâchés sur lesquels ont été les bagues les plus chères ne portaient à présent que des Je me trompe peut-être mais je préférerais de à des gros bibelots, fantaisies de petite fille, vestiges de coquetterie laissés là. Son visage émacié avait les traits tirés et blancs, le croassement de corbeau qui sortait de sa bouche noire répétait cette seule phrase : « Eh, t’as pas d’la came ? » Mais si qu'j'en ai, Johnnyyyy ! XD

Le disque repassait en boucle. Méphistophélès s’assit au bord du fleuve, en contrebas de là où étaient ses amis. Il savait qu’elle finirait par venir. Il ne se trompait pas.

« Eh, t’as pas d’la came ? » Fit-elle de sa voix rauque.

Ses yeux étaient caves, fatigués, mais tenus ouverts par le manque. Elle mit longtemps à voir qu’il n’était pas un homme mais une bête. Quand elle comprit, elle eut un faible sursaut Et là, c'est une réaction faiblarde qu'elle a. Ouh, le Diable ! *haussement de sourcil de la victime*   bah, je me suis dit qu'elle était shootée... mais c'est vrai qu'elle pourrait avoir un peu plus peur que ça. et recula. Puis, calculant la date dans sa tête Suivie d'une réflexion un peu rapide quant à l'urgence de la situation  oui elle ferait mieux de prendre ses jambes à son cou, sans doute., elle lui dit :

« Je vous reconnais ! C’est vous ! C’est vous qui m’avez promis la fortune ! Menteur ! Menteur ! »

Son croassement dérailla, se brisa sur ses cordes vocales. Au fond de ses orbites, les yeux verts brillèrent d’un désespoir furieux. Méphistophélès s’avança, prit la main baguée, Virgule à supprimer bien reçu ! de la femme dans la sienne. Ses lèvres tremblaient. Déjà la haine avait cédé la place à la peur dans ses yeux. Sa vie était si misérable, pourtant elle ne voulait pas mourir. Elle reniflait en croassant.

« S’il vous plaît… lui disait-elle. Ce marché, il peut pas tenir… je…

— Chut… chérie. Je ne vous veux aucun mal. »

Il glissa dans ses mains un papier légèrement renflé. Il lui sourit de ses dents jaunes et pointues. Elle allait le suivre toute seule. Il n’aurait rien à faire de plus.

Lorsqu’il s’éloigna, longeant l’eau noire, elle était déjà étendue sous le pont. La minute suivante, de la bave coulait de ses lèvres. Une heure après elle était morte.

Méphistophélès retourna devant la porte d’Anne. Cette fois-ci, c’était l’heure. Trop la classe, ce texte. Je dirais que ça donne envie d'en lire bien plus de ta plume !  Il y a une suite, elle est encore dans ma tête, mais elle va en sortir, c'est certain. Merci encore d'avoir pris le temps de lire et de commenter ! Ravie, ravie que ça te plaise. Ca fait longtemps que je n'ai pas écrit quelque chose de sérieux.







Merci ma petite chérie, tu es trop mignonne

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Scrat

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Féminin Taureau Messages : 392
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MessageSujet: Re: Le diable s'y casserait la jambe [fini]   Ven 20 Mai - 0:28

Petite suite !



Le diable s'y casserait la jambe




Partie 2





C’était un vieil immeuble, le hall, les escaliers étaient de marbre, mais dans l’appartement, la tapisserie râpée par temps. Les fenêtres n’avaient pas de double vitrage, on entendait la rue : une voiture passait, une autre, un concert résonnait au loin. Anne était étendue dans sa chambre. Elle dormait du sommeil des justes pour la dernière fois. Le Diable se tint sur le pas de la porte pour la regarder. Il avait tout son temps. Les cheveux bouclés, rendus fins par les colorations successives, glissaient leurs reflets bleus sur les draps. Le Diable s’avança, évitant les habits sales, les peaux de fruits qui traînaient çà et là quand, sans crier gare, un journal empilé sous un livre et des feuilles se glissa sous ses chausses. Il tomba.

Le hurlement qui retentit fit s’éveiller Anne Melkova. Prise de frayeur en voyant le sang noir sur sa table de nuit, elle tâta sa tête et ses jambes. Non, ce n’était pas elle qui était blessée. Soudain, levant les yeux, elle aperçut le Diable. Son cœur tambourinait déjà dans sa poitrine de s’être réveillée si brusquement ; en le voyant, bien sûr, il bondit de plus belle. Seigneur, ces émotions n’étaient plus de son âge !

Elle s’avança vers Méphistophélès qui hurlait en tenant sa jambe ensanglantée. En tombant, il avait heurté le bord pointu de la table de chevet déjà renversée.
« Mais pourquoi, bon Dieu, cette table n’était-elle pas sur ses pieds ! » s’égosilla-t-il.

Sa rage était telle que tout son corps commençait à fumer, de ses sabots jusqu’à ses cornes. L’air ondoyait autour de lui, se faisait suffocant. Une colère immense montait de ses entrailles. Il se sentait tout près d’incendier cet immeuble, d’immoler cette ville, de…

« Attendez, ne bougez pas… entendit-il. Voilà, comme ça. Je vais enlever les impuretés qui ont pu se faufiler… sous votre peau… »

Anne nettoyait méthodiquement la plaie. Elle avait toujours un flacon de Bétadine dans sa pharmacie. Trente ans de métier étaient restés scellés dans ces mains. Le Diable se trouvait quelque peu confondu. L’envie de réduire en cendres la ville de Paris pour le crime dont s’était rendue coupable cette table de chevet renversée se suspendit dans son esprit. Il observait les mains habiles s’affairer autour son membre ouvert et sanglant. Anne avait mis des gants. D’un geste du poignet, elle remontait ses lunettes aux contours mordorés, plaçait la jambe dans un sens, dans l’autre, dodelinait de la tête, regardait un instant Méphistophélès d’un air pensif et préoccupé, marmonnant vaguement quelque chose pour elle-même, comptant, réfléchissant. Tout à coup son visage afficha un air résolu et elle déclara d’une voix calme et franche :

« Ça va faire mal. »

Elle tira la jambe vers elle tout en retenant le genou. Les os se remirent à leur place. Le temps que le Diable ressente la douleur qui montait, elle préparait son plâtre. Les mains gantées accomplissaient les gestes mécaniques. Les cheveux violets, tirés en arrière, laissaient voir le visage lisse absorbé par la tâche. Sans un mot, elle enroula méthodiquement les bandes successives. Méphistophélès ne disait pas un mot. Il était bien certain qu’Anne l’avait reconnu. Car, mieux qu’aucune des âmes qu’il avait repêchées ce soir, elle connaissait la date de ce jour.

Elle retroussa le chausson sur le plâtre, palpa pour vérifier qu’il ne compressait pas la peau puis, levant les yeux châtaigne vers le front écailleux de Méphistophélès, elle lui annonça qu’il lui faudrait rester immobilisé quelques jours.






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MessageSujet: Re: Le diable s'y casserait la jambe [fini]   Jeu 26 Mai - 20:52


Le diable s'y casserait la jambe




Partie 2





C’était un vieil immeuble, le hall, les escaliers étaient de marbre, mais dans l’appartement, la tapisserie râpée par temps Quoi ? AHDE Cette phrase ne fait pas vraiment de sens, ou alors il manque un bout. . Les fenêtres n’avaient pas de double vitrage, on entendait la rue : une voiture passait, une autre, un concert résonnait au loin. Anne était étendue dans sa chambre. Elle dormait du sommeil des justes pour la dernière fois. Le Diable se tint sur le pas de la porte pour la regarder. Il avait tout son temps. Les cheveux bouclés, rendus fins par les colorations successives, glissaient leurs reflets bleus sur les draps. Le Diable s’avança, évitant les habits sales, les peaux de fruits qui traînaient çà et là quand, sans crier gare, un journal empilé sous un livre et des feuilles se glissa sous ses chausses. Il tomba. Premier paragraphe toujours aussi prenant et maîtrisé. Première phrase boiteuse cependant, ou bien sa syntaxe m'échappe.

Le hurlement Il glisse sur du journal et il hurle ? Non, désolé. Il est quand même le Diable ! qui retentit fit s’éveiller Anne Melkova. Prise de frayeur en voyant le sang noir sur sa table de nuit, elle tâta sa tête et ses jambes. Non, ce n’était pas elle qui était blessée. Soudain, levant les yeux, elle aperçut le Diable Il doit tout de même être bien reconnaissable pour que ses victimes l'identifient du premier coup, alors qu'il se balade dans Paris librement sans que personne d'autre ne le remarque ... . Son cœur tambourinait déjà dans sa poitrine de s’être réveillée si brusquement ; en le voyant, bien sûr, il bondit de plus belle. Seigneur, ces émotions n’étaient plus de son âge ! Enlever Seigneur et le point d'exclamation garderaient cette phrase dans le ton du reste. Le narrateur ne semble pas donner de jugement de la sorte précédemment.

Elle s’avança Peut-être un autre petit verbe afin d'éviter les répétitions, comme s'approcher vers Méphistophélès qui hurlait en tenant sa jambe ensanglantée. En tombant, il avait heurté le bord pointu de la table de chevet déjà renversée.
« Mais pourquoi, bon Dieu Marrant, son usage de bon dieu , cette table n’était-elle pas sur ses pieds ! » s’égosilla-t-il.

Sa rage était telle que tout son corps commençait à fumer, de ses sabots jusqu’à ses cornes. Il lui en faut peu pour monter sur ses grands chevaux infernaux ... Le Diable serait-il une petite nature ? AHDE L’air ondoyait autour de lui, se faisait suffocant. Une colère immense montait de ses entrailles. Il se sentait tout près d’incendier cet immeuble, d’immoler cette ville, de…

« Attendez, ne bougez pas… entendit-il. Voilà, comme ça. Je vais enlever les impuretés qui ont pu se faufiler… sous votre peau… »

Anne nettoyait méthodiquement la plaie. Elle avait toujours un flacon de Bétadine dans sa pharmacie. Trente ans de métier étaient restés scellés dans ces mains. Le Diable se trouvait quelque peu confondu. L’envie de réduire en cendres la ville de Paris pour le crime dont s’était rendue coupable cette table de chevet renversée De pour à renversée, je pense que tu peux supprimer, personnifier la table à ce moment-là ne rapporte rien, mieux vaut rester sobre. se suspendit dans son esprit. Il observait les mains habiles s’affairer autour son membre ouvert et sanglant. Anne avait mis des gants. D’un geste du poignet, elle remontait ses lunettes aux contours mordorés, plaçait la jambe dans un sens, dans l’autre, dodelinait de la tête, regardait un instant Méphistophélès d’un air pensif et préoccupé, marmonnant vaguement quelque chose pour elle-même, comptant, réfléchissant. Tout à coup son visage afficha un air résolu et elle déclara d’une voix calme et franche :

« Ça va faire mal. »

Elle tira la jambe vers elle tout en retenant le genou. Les os se remirent à leur place. Le temps que le Diable ressente la douleur qui montait, elle préparait son plâtre. Les mains gantées accomplissaient les gestes mécaniques. Les cheveux violets, tirés en arrière, laissaient voir le visage lisse absorbé par la tâche. Sans un mot, elle enroula méthodiquement les bandes successives. Méphistophélès ne disait pas un mot. Il était bien certain qu’Anne l’avait reconnu. Car, mieux qu’aucune des âmes qu’il avait repêchées ce soir, elle connaissait la date de ce jour.

Elle retroussa le chausson sur le plâtre, palpa pour vérifier qu’il ne compressait pas la peau puis, levant les yeux châtaigne vers le front écailleux de Méphistophélès, elle lui annonça qu’il lui faudrait rester immobilisé quelques jours. Fin de la deuxième partie sur une note de suspens, donc ? Très bien. D'autant plus qu'il n'y va pas à fond les gaz, ce qui est appréciable. Tu ne m'as pas déçu avec cette suite, qui s'est avérée aussi bonne sinon meilleure que le début. Nous verrons si tu réussis à garder ce rythme. Le titre prend enfin sens, je ne me serais pas attendu à ça.





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MessageSujet: Re: Le diable s'y casserait la jambe [fini]   Jeu 26 Mai - 21:50

Saul !!! C'est trop gentil d'être passé !


Saul a écrit:

Le diable s'y casserait la jambe




Partie 2





C’était un vieil immeuble, le hall, les escaliers étaient de marbre, mais dans l’appartement, la tapisserie râpée par temps Quoi ? AHDE Cette phrase ne fait pas vraiment de sens, ou alors il manque un bout. J'ai buggé longtemps sur cette phrase, elle me plaisait pas. Je crois que je l'ai même déjà changée. Merci d'avoir noté !.

Le hurlement Il glisse sur du journal et il hurle ? Non, désolé. Il est quand même le Diable ! mais il a une fracture ouverte ! Ca fait mal non ? qui retentit fit s’éveiller Anne Melkova. Prise de frayeur en voyant le sang noir sur sa table de nuit, elle tâta sa tête et ses jambes. Non, ce n’était pas elle qui était blessée. Soudain, levant les yeux, elle aperçut le Diable Il doit tout de même être bien reconnaissable pour que ses victimes l'identifient du premier coup, alors qu'il se balade dans Paris librement sans que personne d'autre ne le remarque ... heu... ben dans le métro il prend une apparence humaine, mais quand il sait se faire reconnaître de ses victimes. Peut-être qu'un paragraphe d'explication plus tôt dans le texte s'impose. Son cœur tambourinait déjà dans sa poitrine de s’être réveillée si brusquement ; en le voyant, bien sûr, il bondit de plus belle. Seigneur, ces émotions n’étaient plus de son âge ! Enlever Seigneur et le point d'exclamation garderaient cette phrase dans le ton du reste. Le narrateur ne semble pas donner de jugement de la sorte précédemment. Heu, c'était du discours indirect en fait. C'est la vieille qui pense.

Elle s’avança Peut-être un autre petit verbe afin d'éviter les répétitions, comme s'approcher je note ! vers Méphistophélès qui hurlait en tenant sa jambe ensanglantée. En tombant, il avait heurté le bord pointu de la table de chevet déjà renversée.
« Mais pourquoi, bon Dieu Marrant, son usage de bon dieu à dessein héhé. Certes improbable, mais autant qu'un diable qui se casse la jambe, cette table n’était-elle pas sur ses pieds ! » s’égosilla-t-il.


Anne nettoyait méthodiquement la plaie. Elle avait toujours un flacon de Bétadine dans sa pharmacie. Trente ans de métier étaient restés scellés dans ces mains. Le Diable se trouvait quelque peu confondu. L’envie de réduire en cendres la ville de Paris pour le crime dont s’était rendue coupable cette table de chevet renversée De pour à renversée, je pense que tu peux supprimer, personnifier la table à ce moment-là ne rapporte rien, mieux vaut rester sobre. je prends note aussi. se suspendit dans son esprit.

Elle retroussa le chausson sur le plâtre, palpa pour vérifier qu’il ne compressait pas la peau puis, levant les yeux châtaigne vers le front écailleux de Méphistophélès, elle lui annonça qu’il lui faudrait rester immobilisé quelques jours. Fin de la deuxième partie sur une note de suspens, donc ? Très bien. D'autant plus qu'il n'y va pas à fond les gaz, ce qui est appréciable. Tu ne m'as pas déçu avec cette suite, qui s'est avérée aussi bonne sinon meilleure que le début. Nous verrons si tu réussis à garder ce rythme. Le titre prend enfin sens, je ne me serais pas attendu à ça. Merci ! J'espère bien que je vais réussir à garder le rythme ! Oh, ça va vite finir de toutes façons ^^






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MessageSujet: Re: Le diable s'y casserait la jambe [fini]   Dim 29 Mai - 10:32

Suite et fin ! Cette partie est un peu longue mais je ne savais pas trop où la couper. S'il vous vient une idée.



Le diable s'y casserait la jambe




Partie 3





Celui-ci lui lança un regard rougeoyant. Il avança vers elle une main longue, noire ; ses ongles pointus effleurèrent son cou puis, l’attirant vers lui, il lui murmura à l’oreille :

« Ne crois pas pouvoir m’échapper. »

Une odeur de soufre se dégageait de lui. Ses entrailles brûlaient, ses doigts se repliaient sur la chair tendre de son cou. Il s’apprêtait déjà à aspirer son âme, certain qu’elle la rendrait, tout comme ses compagnes damnées de ce soir. Nul ne lui échappait. Nul ne passait une nuit de plus que ce qu’il prévoyait sur la terre.

Cependant la vieille dame défaisait tranquillement les doigts qui entouraient son cou.

« Mon Dieu, invoqua-t-elle pour arracher le dernier ongle qui s'était logé dans sa gorge, vous en faites trop. Vous allez faire un burn-août. Il n'y a qu'à voir ce ventre que vous avez ! »

Elle désigna le rougeoiement des flammes qui le rongeaient de l’intérieur.

« Cette inflammation va se changer en ulcère si vous n'y prêtez pas plus d'attention. »

Elle s’assit sur le lit à côté de lui.

« Je sais que votre travail de Diable vous prend beaucoup de temps. Mais il faut songer un peu à vous. Les âmes pourront attendre quelques jours que vous vous rétablissiez. »

Par l’Enfer, qui lui avait damné cette âme d’assistante sociale ?

Méphistophélès grinça des dents. Il se maudit d’avoir accédé à la requête de cette personne sept ans plus tôt. S’enfonçant dans les coussins du lit de la grand-mère, il contempla rageusement sa jambe cassée. Oh, elle guérirait vite. Une fracture ouverte, pour le Diable ce n’était l’affaire que de quelques jours. Mais accorder quelques jours de plus à une âme, voilà qui n’était pas dans ses habitudes. Un ulcère ? Lui, anxieux ? Surmené ? Mais c’était lui qui angoissait les autres ! La fureur, les remords, tout ça, c’était lui ! Pas l’inverse ! Il tenait son rôle à merveille.

Anne, pendant ce temps, s’en allait ouvrir un peu les fenêtres. « C’est qu’il fait chaud ce soir dites donc ! » Le Diable fulminait toujours, mais ne menaçait plus d’anéantir la ville. « Maudite femme », se dit-il encore. Et il s’endormit d’un sommeil sulfureux de Diable.

Lorsqu’il se réveilla, la vieille femme s’affairait déjà à on ne sait quoi. Sa jambe était presque guérie, il le sentait. L’ayant entendu se lever, l’ancienne infirmière lui envoya des béquilles à travers le couloir. Elles atterrirent entre un tas de papiers et deux vieux soutiens-gorge.

« Il ne faut pas encore poser le pied, enfin ! » s’exclama-t-elle à son encontre.

Méphistophélès jeta aux deux bâtons de fer rose un regard assassin, avant de s’en saisir.

Lui, se déplacer avec des béquilles… Finalement, la maudite avait raison, il valait mieux attendre avant de retourner à son travail de Diable. Bien qu’il ne doutât pas qu’on l’eût pris au sérieux même infirme, il tenait à son image baroque. Se promener avec ces bâtons de fer aux bandelettes roses était d’un mauvais goût…

« Venez donc manger ! »

Oui, la cuire sur place et la déguster, pensa-t-il en humectant ses lèvres. Elle était suffisamment grasse pour être savoureuse, ne se souciant pas de son apparence comme les femmes rachitiques de son temps. Ah, s’il déclenchait dans Paris des disettes comme autrefois, toutes ces prétentieuses payeraient leur narcissisme et leur coquetterie : elles ne passeraient pas la semaine sans réserves de graisse.

Il sentit soudain une odeur étrange. L’odeur d’un repas qu’on sort du micro-onde trop tard.

« Oh, non ! » entendit-il.

Ce petit mot fut suivi d’un grand fracas. Casseroles, assiettes et couteaux qui glissent tandis que le corps chute. Méphistophélès se fraya un chemin dans ce paysage dévasté en s’accrochant à ses béquilles. Ne pas poser le pied.

Une plainte déchirante retentit.

Lorsqu’il entra dans la cuisine, une véritable scène de crime l’attendait. La vieille avait dû trébucher. Elle s’étendait de tout son long au milieu des assiettes et des couteaux. Or, certains de ces couteaux étaient fort mal tombés.

«Arrrg... »

L’un avait entaillé profondément son bras qui saignait abondamment un autre avait cloué un de ses pieds au sol. La pauvre Anne souffrait, mais semblait vouloir dire encore quelques-chose. Entre deux sanglots, entre deux cris de douleur, elle reprenait son souffle, elle cherchait ses mots. Méphistophélès l’observait de ses yeux de braise. Il s’assit à côté d’elle dans la vaisselle cassée. Du coin de l’œil elle vit son plâtre. Un rire à demi étouffé, à demi aphone la secoua.

« C’est drôle... fit-elle en hoquetant, c’est drôle comme ces vieux proverbes… russes… de ma grand-mère… c’est drôle. »

La peur faisait trembler sa voix. Elle manquait s’asphyxier à chaque mot.

« Le diable… le… diable s’y… casserait la j… jambe. Ha ha. Elle avait r… raison. Mon ap... part c’est un tel fou… toir ! Le diable s’y est… cassé la j… jambe. »

Elle rit encore et son visage se pétrifia. Méphistophélès restait assis dans les bris des assiettes. Il suivit le regard vide de la morte. Il fixait une photo accrochée sur le mur ; un gaillard blond au regard morne qui tenait dans ses bras sa mère trop apprêtée, trop maquillée. Pétillante et rutilante sous le ciel gris, elle se cramponnait à son bras, le couvait de ses yeux amoureux, effleurant une médaille sur sa poitrine, comme s’il revenait d’entre les morts.






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MessageSujet: Re: Le diable s'y casserait la jambe [fini]   Lun 30 Mai - 21:02

Hei Scrat !

Cette nouvelle est bien sympathique et m'a beaucoup plût.
J'aime bien : l'aspect rocambolesque de l'histoire, les personnages un peu étranges et incongrus, les actions presque insensées et tout ça qui s'enchaîne par le prisme du regard du Diable qui est un peu blasé on dirait, mais à qui on s'attache quand même.
Et puis y'a la vieille russe, qui est toute mignogne et dont les réactions sont complètement décalées et c'est génial.

Au niveau de la forme, c'est super aussi. C'est très fluide, j'ai tout lu d'une traite. C'est pas traînant comme ça aurait pu l'être. Bref, c'est vraiment sympa.

La fin est cool, vraiment. Mais on a bien envie que ça continue.... Ça serait cool de faire pleins de petites nouvelles sur le quotidien de ce diable, des sortes de chroniques... Non ?

Adélaïde Antès
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MessageSujet: Re: Le diable s'y casserait la jambe [fini]   Lun 30 Mai - 21:23

Adé ! C'est cool que tu aies aimé. Bon Anne n'est pas russe c'est sa grand-mère mais bon, j'avoue que ça peut prêter à confusion ^^

En tout cas si c'est fluide c'est l'essentiel, si dans une nouvelle tu as le temps de t'ennuyer c'est que je fais mal mon travail.

Faire des chroniques sur ce diable haha, pourquoi pas. Mais j'ai tellement d'autres idées, je sais pas si je vais privilégier celle-là, après lui avoir cassé la jambe, je ne sais pas trop ce que je pourrais lui faire d'autre, j'ai l'impression qu'il a donné ce qu'il avait à donner.

Par contre des chroniques sur la secrétaire de la Baba Yaga, ça, c'est au programme héhé. C'est en gestation dans ma tête depuis un moment, j'espère que j'en écrirai des petits bouts d'ici peu (car ça voudra dire que mon travail à la fac est fini).

Merci d'être passée et d'avoir pris le temps de laisser un message Wink

Et bon thé !

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MessageSujet: Re: Le diable s'y casserait la jambe [fini]   Lun 30 Mai - 21:28

Citation :
Par contre des chroniques sur la secrétaire de la Baba Yaga, ça, c'est au programme héhé.

OMG, ça a l'air énorme Wiiiiiiii
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MessageSujet: Re: Le diable s'y casserait la jambe [fini]   Lun 30 Mai - 21:52

Héhé, j'ai un plan de prévu pour le premier épisode. Je ne connais pas encore toutes ses aventures. Promis je ferai de grands signes le jour où je la ponds.

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MessageSujet: Re: Le diable s'y casserait la jambe [fini]   Lun 30 Mai - 22:34

Héééé c'est cooool :corn2:

Pas la peine pour un com détaillé ! C'est vif, dynamique, aux personnages sympathiques, très sympa à lire et particulièrement fluide, que du bon :corn2:

Juste. Juste.
Je n'ai jamais vu de couteau qui, lorsqu'il tombe, se plante à la verticale AHDE Et euh... encore moins suffisamment puissamment pour transpercer un pied (c'est quand même dur ce truc :waaat ). Enfin cet incident-là m'a un peu faite tiquer au niveau de la plausabilité Timide

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Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

→ Venez fouiller dans mes écrits... Y'en a pour tous les goûts ! :corn2:

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MessageSujet: Re: Le diable s'y casserait la jambe [fini]   Mar 31 Mai - 9:17

Corne ! Merci d'être passée :))

Je suis ravie que tu aies apprécié la lecture ! Ca faisait longtemps que je voulais retenter une vraie nouvelle et pas un morceau d'impression foireux.

Pour le couteau... ben tu m'as fait douté et j'ai fait l'expérience avec des spécimens de petites tailles et ils ont quand même tendance à verticaliser leur chute et si ils la commencent verticalement alors ils finissent vraiment sur le pic. Donc la plausibilité, même à la lumière de ton commentaire, me semble quand même à peu près bonne (sachant qu'on peut avoir des couteaux assez impressionnants dans une cuisine.
Mais, j'avoue que l'incident est un peu too much. Elle pourrait tout simplement s'être tapé la tête par terre... mais bon le tableau serait... moins glauque ? Ha ha. Un peu de glauque c'est important.

Merci d'avoir pris le temps de lire et de commenter !!

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MessageSujet: Re: Le diable s'y casserait la jambe [fini]   Mar 31 Mai - 15:46

Ah oui si tu les lâches verticalement, of course AHDE
Une petite périphrase pour montrer que ce sont de gros couteaux bien balèzes ? Cute 2

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Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

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