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 ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !

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Ouppo
Fou du roi
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Masculin Lion Messages : 300
Date d'inscription : 04/01/2016

MessageSujet: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin 2016 - 21:29

Bienvenu à cette quatrième édition du chronochallenge, je suis ravi d'être votre hôte pour ce soir, vous allez écrire sur le thème de "Attention un pot de fleur !", vous avez 1 heure pour exploiter ce thème au mieux soit jusqu'à 22h30.

Vous posterez vos créations dans ce sujet, bien sûr essayez de respecter le temps qui vous est imparti sinon et bien ce chronochallenge n'en est plus un.  

Ensuite après avoir posté vos œuvres voilà le moment tant attendu : le vote ! Vous voterez dans un sujet dédié avec un sondage.

Pour voter c'est simple indiquez clairement ICI quel a été votre texte préféré, si possible avec une petite explication du pourquoi, vous n'êtes pas obligé de faire un pavé mais une ou deux lignes ce serait gentil.

Vous pourrez voter jusqu'à demain 21h00 date où le gagnant sera annoncé.

N'oubliez pas si vous avez apprécié aujourd'hui, le CC c'est tous les samedi et les mercredi, en principe... normalement...
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Terulan

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Masculin Capricorne Messages : 41
Date d'inscription : 03/07/2014
Localisation : Occitània

MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin 2016 - 21:53

« Attention, un pot de fleur ! »

Cette phrase ne cessait de résonner au plus profond de mon cœur. Cette phrase, mais pas seulement. C'est aussi toute une scène digne des pires tragédies qui fut emportée, probablement à jamais, dans la cage aux visions ravageuses. Je suis sans aucun doute possible condamné à revoir ces images éternellement et sans interruption aucune.
Ces images qui auraient pu ne rien avoir à voir avec ce qu'elles sont actuellement. À savoir celles de Lucie marchant tranquillement dans la rue, puis d'une personne se mettant à hurler « Attention, un pot de fleur ! » Sur le coup des gens rirent, d'autres sourirent. Je me surpris moi-même à faire fonctionner mes zygomatiques lors de cet avertissement peu banal. Mais tout le problème résidait dans la forme de cette phrase : elle n'avait l'air de rien qui puisse être sérieux, pourtant elle n'avait rien qui puisse être amusant. Prise de rire elle aussi, Lucie ne perçut pas le danger. Et c'est ainsi qu'elle se retrouva dans le coma. Elle venait de recevoir un pot de fleur, filant à toute allure, dans le visage.
C'est exactement pour cette raison que j'aurais aimé ne pas rire. Ne pas me dire « encore un fou amusant la galerie ». Rester sérieux, à observer les alentours, comme j'ai l'habitude de faire lors d'un déplacement en ville depuis mon agression. Mais cet homme m'avait perdu. Cet homme m'avait tendu une perche malsaine. Une perche que l'on agrippe sans réfléchir, sans penser un seul instant qu'elle nous ferait regretter si fort de s'y être accroché. Cette perche possède un nom : Préjugé.

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Carapace et malicieux, roquefort et scrogneugneu, Quentin est le type même de bécassine de haute volée, qui jalonnera tout sa carrière de maracas alambiquées, dans le plus pur style comique.
Chouette, 2015
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Syta
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Féminin Capricorne Messages : 1715
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Humeur : Poétique

MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin 2016 - 22:04

Tigresse, Lavabo, Tournevis, Fromagerie, Synopsie, dissonance. Tels sont les mots que je me suis imposée (et que m'ont donné les membres de EN) pour ce ChronoChallenge. Je les ai casés dans ce texte ! :)




(Sorry meuf j'ai changé ta police, c'était juste illisible... Tu veux vraiment nous tuer ? U_U)





Il se courba de douleur sur le sol. Les mots lui tournaient autour et venaient lui effleurer la peau comme un couteau dans son cœur. Chaque son qu'il essayait de prononcer lui faisait comme l'effet de morceaux de verre tranchants contre une gencive. Tout était brûlant, brûlé même, et terriblement blessant. Les quelconques excuses qui flottaient au-dessus de sa tête n'étaient que d'amers souvenirs. Il en allait de même pour cette affreuse poussière grise qui ne lui rappelait rien. À chaque petit bruit, des torrents d'images déferlaient devant ses yeux. Oh, oui, il s'en rappelait de cette tigresse, toujours vaillante, toujours prête à combattre, mais qui n'était plus rien aujourd'hui. « Elle était mauvaise, elle devait mourir, » avait dit Christian. Certes, il n'avait pas tort. Quel destin pour une démente frétillante de haine ? « Son âme était si pourrie que son corps était une fromagerie, » répétait le père. Il avait raison, bien sûr, mais alors ? Ne méritait-elle tout de même pas de survivre un peu ? Cette fille, ses yeux en amande et sa voix chaleureuse, comment avait-elle pu défier la vie et la mort ainsi ?


***
 
Une autre voix se fit entendre. Elle voulait le faire revenir à la raison. Mais il n'entendait rien. Il ne faisait plus que voir. Chaque mot était devenu mémoire, chaque note était un infâme trait du passé. Devant cette infâme synopsie, les gens se bousculaient. Mais il restait tordu et à terre, examinant passivement le désastre.


L'air ne rentrait plus en son sein. Quoique si. Mais chaque bouffée lui faisait l'effet d'une côte qui se brise violemment. « J'aurais ainsi du vitriol dans les poumons, mais est-ce là ce que je souhaite ? » Il se leva, se dirigea en titubant vers la petite salle de bain qu'il ferma à clé et fixa son reflet. Il n'y avait pas de miroir. Seuls des morceaux de verre recouvraient la surface du lavabo. Derrière la porte, des poings se culbutaient et frappaient la serrure. Et s'il était resté dans cette pièce ? Et si lui l'homme brisé avait passé le reste de ses jours dans ce cabinet, la porte aurait-elle été elle aussi détruite, ou bien aurait-on utilisé quelconque tournevis pour la détacher avec soin ? La réponse était évidente. 


Ainsi, il ouvra la porte avant qu'elle ne fut cassée.


N'écoutant cette fois-ci plus les dissonances tremblantes autour de lui, il revint dans le salon et fixa le centre de la pièce à nouveau, comme pour être sûr et certain que tout cela fut bien réel. 


 Le pot de Fleur était brisé, et ses cendres tapissaient le marbre gris.



relecture de Scrat:
 

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“Je me demande si je ne suis pas en train de jouer avec les mots. Et si les mots étaient faits pour ça ?”
- Boris Vian
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Cheamond

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Masculin Cancer Messages : 9
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin 2016 - 22:13

Allons, venez, installez-vous près de moi
Terminez vos assiettes, vos plateaux
Terminez vos rires, vos sanglots,
Et je vous conterai un beau conte, ma foi.
Naquit un jour un cachalot, qui de tous était le plus beau
Tant sa graisse faisait bien luire sa peau,
Interdit, pourtant, tant il était triste.
Oh, il avait bien du chagrin, le pauvre hère :
Nombreux étaient ceux de sa famille à être six pieds sous terre.

Un humain passa par là, et, heureusement, le sauva.
N'écoutant que son courage il le saisit, et sur le sol le ramena.

"Pourquoi m'avoir sauvé de la noyade ?
On ne se connait pas", dit le cachalot à l'altruiste
"T'inquiète ponpon, je sais ce que je ballade."

De là, l'humain sournois sorti un couteau,
Et projeta de retirer toute sa graisse au cachalot.

Fort heureusement, cette histoire se termine bien,
Le cachalot fut sauvé, et cela ne passa qu'à un rien,
Et si vous voulez savoir comment il se débarassa de cet arriviste
Uniquement en lui chuchotant à l'oreille avec son accent british,
Regardez l'accrostiche.
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Hartsock

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Masculin Bélier Messages : 1124
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Localisation : À table, comme toujours.
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin 2016 - 22:13

Je suis bientôt à la fin de ma vie mais je veux bien te conter une dernière histoire mon ami, d'ailleurs pourquoi ne pas te raconter l'histoire de ma vie aussi simplement que ça !Tu aimes ? Alors c'est parti !

C'était il y'a deux cents ans environ, il faisait chaud comme dans un four mais moi je vivais pas dans n'importe quel désert, je vivais au Sahara, il était rare que je puisse parler à du monde : les rares humains qui passaient par là bas m'ignoraient. Alors je décidai de passer le temps comme je le pouvais, je me mis à compter mes épines une par une, ce qui fut la plus grande entreprise de ma longue vie de cactus. Épine après épine je retenais la couleur du bout, blanc ou noir. Quand j'eus enfin terminé cet incroyable aventure il me sembla qu'il y avait quelques 800 épines blanches et cinq cent noires. En fait c'était beaucoup plus divertissant que ce jeu humain appelé "échecs".

J'ai passé mes cent vingt premières années dans ce désert sans aucune compagnie. Puis un beau jour, ce qui paraît logique sachant que dans le désert il fait toujours soleil : en effet d'après mes calculs en un an, soit trois cents soixante cinq jours on peut admirer trois cents vingt huit levés et couchés de soleil. Oui, je dois admettre que les mathématiques ont toujours contribué à satisfaire mes journées qui étaient déjà à l'origine assez paisibles. Mais je me perds dans tous ces calculs et dans mon texte. Je disais, un beau jour de novembre de jeunes humains eurent l'idée de faire un tour dans le désert et puis finalement ils se demandèrent "Mais pourquoi ne pas prendre un cactus et un vrai !" ce qui fut une idée assez originale malgré le fait qu'on ne m'accordât toujours aucune attention après toutes ces années. Après une longue soirée de réflexion ils décidèrent de m'embarquer, puis après un long trajet je me retrouvai dans une maison d'un piteux état, ces deux humains n'avaient eu aucune autre idée que de m'emmener dans la résidence de leurs parents. Voilà c'est à peu près comme ça que j'ai passé mes dernières années et aujourd'hui on ne m'appelle même plus "cactus" , on m'a comparé à une vulgaire plante récemment: je cite "vas arroser les plantes Capucine, mais attention au cactus qui est dans le pot de fleur, ça pourrait bien te piquer." Voilà à quel état j'en suis réduit, enfin bref il se fait tard alors repose-toi petite Tournesol !

relecture de Scrat:
 

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Hart, le cerf à chaussettes. Pour vous servir

Signe distinctif de chasseur de fautes: µ
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"Dis moi : je t'aime ! Hélas ! Rassure un cœur qui doute,
Dis-le moi ! Car souvent avec ce peu de mots
La bouche d'une femme a guéri bien des maux." VICTOR HUGO

Eh, venez voir ce que j'écris :p
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Féminin Scorpion Messages : 235
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin 2016 - 22:19


Aucun bruit ne résonnait dans la rue. Un jeune homme marchait dans la rue, ne semblant pas trop savoir où aller. Il portait un vieux tee-shirt d’un groupe de métal oublié, son jean était troué et ses baskets baillaient à s’en décrocher la semelle. Il était seul sous un soleil de plomb, dans une ville que la plupart de la population avait fuit à cause de la crise. Beaucoup de quartiers étaient abandonnés et la végétation avait repris ses droits dans de nombreux immeubles. Cependant, il n’était pas le seul dont la famille n’avait pas eu les moyens de partir. Ses parents, bien qu’au chômage, arrivaient tout de même à trouver quelques petits boulots au noir par-ci par-là afin de payer de quoi manger. Ce n’était pas le luxe, loin de là. Mais comme ils ne possédaient pas de quoi louer un jardin à la mairie, ils ne pouvaient même pas tenter de faire pousser leur nourriture.
Le bruit des pas du jeune homme résonnait contre les murs de l’étroite ruelle. Celui-ci regarda d’un air désespéré les ordures qui avaient été entassées un peu partout et soupira. Comment pourrait-il faire pour quitter cet endroit ? Il n’avait que 16 ans et c’était malheureusement insuffisant pour parcourir le monde, d’autant plus qu’il n’avait aucun moyen financier pour cela. Il déboucha sur la rue principale, surface gigantesque de béton sur laquelle circulaient de temps à autre de vieilles voitures dégageant des nuages noirs de pollution. Tout était identique aux autres jours de cet été interminable.
Quelques centaines de mètres plus loin cependant, son œil fut attiré par une couleur inhabituelle. En regardant mieux, le jeune homme vit une fille aux cheveux rose vif installée dans un coin d’un vieux terrain vague où se mourraient pneux crevés et morceaux de métal rouillés. Intrigué car il n’y avait guère d’activité dans le coin, il traversa la route et rejoignit discrètement le terrain vague. Derrière le grillage, il observa la jeune fille à la dérobée.
Semblant avoir son âge, les cheveux roses de la fille avaient été relevés sur la nuque afin d’avoir moins chaud. Elle portait un pantalon noir, une veste en jean et une casquette un peu miteuse. Accroupie et les mains dans la terre, elle était en train de creuser. A ses côtés, un panier en osier aux bords hauts empêchait le jeune homme de voir son contenu. Que pouvait-elle bien enfouir ?
- Tu peux venir, fit la fille d’une voix claire, pas besoin de te cacher.
Le jeune homme haussa un sourcil intrigué. Comment avait-elle deviné sa présence ? De toute façon, il n’avait rien d’autre à faire et mieux valait passer son temps avec quelqu’un plutôt que de errer dans les rues de la ville tout seul. Il s’avança alors et vit que la jeune fille était en train d’enfoncer dans la terre des plantes odorantes. Mais étant trop novice pour les reconnaître, il ne sut pas trop ce qu’elle était en train de faire.
- Qu’est-ce que tu fais ? demanda-t-il.
- Je garnis la terre de plantes, répondit la jeune fille en prenant une nouvelle plante aux grandes feuilles vertes pour la mettre dans le nouveau trou qu’elle venait de faire.
Elle travaillait vite : un coup de sa pelle rouge vif pour creuser un trou profond, enlever la plante de son pot puis la planter dans le sol avant de remettre la terre par-dessus. Bien vite, une demi-douzaine de plantes s’alignèrent devant elle. Son pantalon était maculé de terre mais elle n’avait pas l’air de s’en formaliser.
- Mais pourquoi ?
- Parce que j’ai envie que tout le monde puisse manger.
- Hein ?
La jeune fille acheva son travail puis se releva avant de frotter ses mains couvertes de terre contre son pantalon. Elle releva une mèche de cheveux roses avant de regarder son interlocuteur gentiment. Ses yeux étaient bleus et plein d’entrain.
- Je n’ai pas les moyens de payer un jardin à la mairie pour pouvoir faire pousser des plantes alors je me sers des endroits où la terre est gratuite, comme ici. J’aimerai que les autres habitants fassent pareil et nous prenions ensemble soin de cette nourriture gratuite. Cela sera moins cher que d’aller au supermarché et nous nous nourrirons mieux ainsi.
- Mais ça ne va jamais marcher ! s’exclama le jeune homme. Les autres personnes vont se servir et ne jamais s’en occuper.
- Tout être humain a du bon en lui, répliqua la jeune fille. S’ils comprennent ma démarche, je suis qu’ils me soutiendront et feront la même chose. Autant essayer de vivre de façon autonome puisque nous n’avons plus d’argent à dépenser dans les magasins. Nous ne sommes plus intéressants pour le reste du monde. Tu as vu tous ces bâtiments abandonnés ?
Le jeune homme la regarda et sut qu’elle avait raison. Puisqu’il n’y avait plus d’argent à dépenser pour payer les agriculteurs qui produisaient la nourriture, qu’est-ce qui empêchait de cultiver soi-même la terre pour être autosuffisant ?
- Comment puis-je t’aider ? demanda-t-il.
La fille eut un sourire rayonnant. Elle lui tendit sa pelle écarlate ainsi que son panier d’osier qui était à moitié rempli d’autres plantes en pot.
- Déjà, tiens moi ça. Ensuite, tu peux m’accompagner à travers la ville et nous choisirons ensemble les endroits où planter le reste du basilic et du thym que j’ai amené avec moi. Oh, attends, j’ai oublié quelque chose.
Elle fouilla rapidement dans le panier et en ressortit plusieurs petits panneaux artisanaux. Scotché à un bois de bois taillé, un morceau de papier indiquait le nom des plantes qu’elle avait planté. En dessous était marqué « Incroyables Comestibles ». Le jeune homme croisa son regard, ce qui la fit rire.
- C’est le nom du mouvement, dit-elle en réponse à sa question muette. Le mouvement de rendre la nourriture gratuite en ville. J’ai découvert le concept sur internet il y a deux semaines et j’ai tellement adoré que je suis tout de suite sortie pour en faire de même ici. J’espère que les autres apprécieront.
Elle planta les panneaux dans la terre, versa de l’eau sur les plantes provenant d’une vieille bouteille d’eau qu’elle avait dans sa poche, recula pour prendre une photo de son œuvre avec son téléphone puis sourit au jeune homme.
- Allez, on y va !
Les deux jeunes gens sortirent du terrain vague tout en commençant à bavarder à propos du mouvement. Derrière eux, les nouvelles plantes tendaient leurs vertes feuilles vers le soleil, continuant de se développer tranquillement dans leur nouvel environnement. La mise au vert de la ville ne faisait que commencer.
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Varazak

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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin 2016 - 22:20

Personnage 1 (P1)
Personnage 2 (P2)
Tout deux en éventements de soirée, a coté d'une table avec des bouteilles et autres... Le public est loin des événements.
P1 parle fort, avec de grands gestes.
On entend pas les répliques de P2.



P1: ...vous savez... non. Honnêtement, c'est pas possible que vous le sachiez.
P2 (brève interruption)
P1: Si, croyez moi, c'est pas possible.
P2 (brève interruption)
P1: Comment-ça "ce n'est pas le sujet"? Mooooonsieur sait mieux, mooooosieur est plus intelligent, moooooosieur... Non! Ne m'interrompez pas. Non, j'ai dis non non non. Non.
P2 (très brève interruption)
Vous...?
P2 (brève interruption)
P1: Oui, il fait beau. Oui, oui, OUI, je regarde, j'ai vu, il fait beau. OUI!
P2 (très brève interruption)
P1: De regarder? C'est ce que je fais! Observez bon sang.
P2 (Mouvement faché)
P1 (Très fort): Que... Moi? Je ne, noooooon, vous... rhoooo. Jamais je n'aurais cru ça de vous.
Adaptez donc votre langage à la sphère fréquentée, mais ici, je... (regarde vers le public, détourne les yeux) ...On nous regarde, j'ai honte monsieur, honte.
P2 (brève interruption)
P1: A votre avis "de quoi?"? De vous!
P2 (très brève interruption)
P1: Quoi? Moi? Je... mais, dites... Jamais!
Votre comportement est inacceptable en ces lieux, mais écoutez moi, si vous vous excusez, je ne vous en tiendrais pas rigueur.
P2 (brève interruption)
"C'est pour moi"? Pour moi que vous faites cela, vraiment? Vous n'en manquez pas une, plutôt que de faire taire votre ego vous le dévoilez sans gène aucune.
P2 (très brève interruption)
P1: Vous m'interrompez, m'avez interrompu, oui! C'est un manque de respect, non ne dites rien, JE suis la personne la plus âgée, qui a le plus d’expérience de nous deux, vous me devez un respect inconditionnel.
P2 (brève interruption)
P1: Vous dites que ce n'est pas une question de respect? Freluquet! Vous vous osez bien des choses. Mais dites moi donc ce que vous ont apprit vos parents.
P2 (brève interruption)
A aider et être serviable? Voyez vous ça, pour peu, je me gausse.
P2 (très brève interruption)
P1: Comment? Si c'est comme ça, je m'en vais!
*P1 se retourne et se prend les pieds dans un vase, s’étale au sol.*
P1 (crie, fâché): Et vous auriez pu me dire de faire attention au pot de fleur derrière!
*Regard méprisant de P2 sur P1 qui, se retourne et s'en va, laissant P1 au sol.*

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- Moi, j'ai dit bizarre, bizarre, comme c'est étrange ! Pourquoi aurais je dit bizarre, bizarre ?
- Je vous assure mon cher cousin, que vous avez dit bizarre, bizarre.
- Moi, j'ai dit bizarre,  comme c'est bizarre !

        "Drôle de Drame" de Marcel Carné.
Je suis l'Alpha et l'Oméga
Le Premier et le Dernier
Le commencement et la Fin.

Et pour mes autres textes: ma bibliographie!

Vi veri universum vivus vici


Dernière édition par Varazak le Mer 8 Juin 2016 - 22:22, édité 1 fois
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Ouppo
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin 2016 - 22:20


[22:00:30] Ouppo : Tic

[22:00:41] Ouppo : Quoi ?

[22:00:48] Ouppo : Que dis-tu ?

[22:00:52] Ouppo : Je ne sais pas

[22:01:00] Ouppo : Je n'entends plus

[22:01:02] Ouppo : Ni toi

[22:01:05] Ouppo : Ni ma voix

[22:01:15] Ouppo : Quoi ?

[22:01:19] Ouppo : Que dis-tu ?

[22:01:49] Ouppo : Pendant une seconde

[22:02:06] Ouppo : Qui n'a pas durée des heures

[22:02:15] Ouppo : Il l'a vu

[22:02:20] Ouppo : Le pot de fleur

[22:02:31] Ouppo : Que dis-tu ?

[22:02:34] Ouppo : Quoi ?

[22:02:38] Ouppo : Que dis-tu ?

[22:02:48] Ouppo : Je n'entends rien

[22:03:35] Ouppo : Un quart

[22:03:40] Ouppo : Puis un autre quart

[22:03:47] Ouppo : Qui font une demie

[22:03:51] Ouppo : Seconde

[22:04:04] Ouppo : Puis un autre quart

[22:04:09] Ouppo : Qui en font trois

[22:04:11] Ouppo : Quart

[22:04:16] Ouppo : Puis un autre

[22:04:23] Ouppo : ça fait un quatre-quart

[22:04:56] Ouppo : Il a eu le temps de le voir

[22:05:02] Ouppo : Et d'entendre enfin

[22:05:12] Ouppo : "Attention un pot de fleur !"

[22:05:23] Ouppo : Mais trop tard

[22:05:31] Ouppo : Déjà il tombait

[22:05:48] Ouppo : Le "Monsieur vous allez bien ?"

[22:06:04] Ouppo : Alors le Monsieur à dit

[22:06:10] Ouppo : "Oui"

[22:06:16] Ouppo : Plutôt moi que lui

[22:06:24] Ouppo : Il a pensé

[22:06:55] Ouppo : Et il a dit "Vous avez de très jolies yeux"

[22:07:18] Ouppo : Voilà ce qu'il a dit le "Monsieur vous allez bien ?"

[22:07:37] Ouppo : Il a prit sa main

[22:07:45] Ouppo : A la femme qui lui avait demandé

[22:07:53] Ouppo : "Monsieur vous allez bien ?"

[22:07:59] Ouppo : Et qui l'avait averti

[22:08:04] Ouppo : Pas à temps mais tant pis

[22:08:15] Ouppo : Du "Attention un pot de fleur"

[22:08:27] Ouppo : Il était plein de terre

[22:08:42] Ouppo : Même sur ces mains

[22:08:46] Ouppo : Il a hésité

[22:08:51] Ouppo : Il a regardé son sourire

[22:09:01] Ouppo : Il a sourit lui aussi

[22:09:23] Ouppo : Il lui a prit la main

[22:09:32] Ouppo : Et voilà

[22:09:35] Ouppo : Fin

[22:09:55] Ouppo : Tac

[22:10:22] Ouppo : Voilà la participation (hors concours) de Ouppo


Dernière édition par Ouppo le Mer 8 Juin 2016 - 22:23, édité 1 fois
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Silenuse

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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin 2016 - 22:20




Le soleil frappe.

POT - Aïe…

FLEUR - Quoi ?
Arrête de te plaindre !
Tu es bien comme ça !

POT - On peut pas se mettre à l’ombre ?

FLEUR - Personne ne te verras,
tu es jolie,
il faut qu’on te voie !

UNE AUTRE FLEUR - Shhhhhhht !

Toutes les fleurs et tous les pots sont alignés, dans une harmonie d’ocre verdâtre qui s’effondre sous la chaleur du soleil.
Tous les pots ont sur leur flanc une petite étiquette avec un chiffre dessus.


POT - Ça me gratte, ça…

Il souffle.

FLEUR - Arrête, tu es beau toi aussi !

POT - Bon…

Rien.
SIlence.

Des enfants arrivent.


UN ENFANT - Regarde, c’est moche !

POT - Quoi ?!

FLEUR - Il parle à un autre.

Silence.

POT - T’as de l’eau ?

FLEUR - Mais tu es un pot !

POT - Ah ouais…

Rien.

Au loin, il y a une foule condensée qui se déplace sur les pavés brûlants.
Ils se réfugient vers l’obscurité.


Yaaaaaaaah !

Poum.

Regards convergeants.


POT - Je vois rien, je vois rien !

FLEUR - Shhht !
Attends…
Il y a pot qui est tombé.

POT - Il a sauté ?

L’AUTRE FLEUR - Oui, il a sauté…

POT - Mais c’est génial !

FLEUR - Hein ?

Un temps.

POT - Regarde,
on saute, on atterrit par terre.
On se jette dans la foule pour chercher de l’ombre.
Et de l’eau.

FLEUR - Ça sert à rien !

POT - Si ça sert ! Toi, tu sers à rien !
Regarde.

Il tangue.

FLEUR - Aaaaaaah.

Elle effleure sa voisine.


LA VOISINE - Eh !

FLEUR - Pardoaaaaaaah !

POT - Aaaaaah !

Ils tombeaaaaaaah !

Poum.
Regards convergeants.


POT - Taisez-vous !

FLEUR - Shhhhhht !
On fait quoi maintenant ?

POT - Attends.

Il tangue à nouveau.

FLEUR -Qu’est-ce quAh !

Poum.
Ils sont couchés.


POT - Et on tourne !

Ils tournent.

FLEUR - A…
ttends,
je…
peux plus…
respirer !

Ils foncent dans la foule en roulant sur des pavés tremblotants.
Ils esquivent miraculeusement les chariots bancals qui titubent et les grands-mères qui piétinent langoureusement sous la chaleur de l’été.


POT - On y est !

UNE FEMME - Attention !

Un homme arrête du pied la course du pot et de la fleur.


POT - Eh !

FLEUR - Eh !

Ils sont levés.

FLEUR - Aaaaaaaaah !

POT - Repose-moi !

Silence.

L’HOMME - Elle est jolie, tu trouves pas ?

LA FEMME - Bof.
Elle fane.

Poum.
Par terre, reposés.


FLEUR - J’ai chaud !

POT - Euh…

Un temps.

POT - Fleur ?

FLEUR - Oui ?

POT - J’ai…
j’ai une fissure…

FLEUR - Hein ?

Elle regarde.

FLEUR - Saperlipopouet !
Comment tu t’es fait ça ?!

POT - C’était là, à rouler…

FLEUR - Pot !

POT - Fleur…

FLEUR - Pot !

POT - Fleur…

FLEUR - Pot…

POT - Fleur…

FLEUR - Pot…
Ne me quitte pas…

POT - Je resterai à te côtés…

FLEUR - Pot…

POT - Fleur…
Fleur, regarde…
Là-bas…

FLEUR - Quoi ?

Elle regarde au loin avec attention.
Trois silhouettent se partagent l’horizon.
Trois pots et trois fleurs.





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pouet




Ah oui, j'écris des trucs aussi
Tutos : Versification & Rythme
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin 2016 - 22:21


ChronoChallenge 4




Attention, un pot de fleur


Un hommage à Douglas Adams s'est immiscé dans ce texte, saura tu le retrouver?




L’espace s’étendait, froid, immense. Le pot de fleur s’y mouvait à grande vitesse. La tulipe, une sale tête de bulbe, maugréait à cause des autres chauffards du cosmos. Un peu avant, un astéroïde, piloté par une tronche de caillou, lui avait coupé la route. Ayant peur pour sa céramique, la plante aigrie s’était écrié : « Attention, un pot de fleur ». La surprise avait fait virer la météorite qui avait filé se prendre pour une étoile pas loin d’un pays qui avait l’extrême indigence d’avoir un mode d’emploi pour ses coton-tige.
La tulipe n’avait pas de nom, c’est l’une des raisons de sa colère. Pourtant, sans avoir de nom, elle interrogeait les théologiens, les linguistes et les mécaniciens. Les premiers y voyaient une œuvre de la raison de dieu, donné vit à une entité et lui permettre de s’approprier au-delà d’une tige une terre faite d’une glaise bon marché, remplie de vers anorexique et de mouches cancéreuse, ainsi qu’un pot plus sourd que la moyenne de son espèce pourtant déjà mal pourvue en la matière. Ca forçait le respect. C’était là le dernier miracle qui agitait l’univers, celui d’avant étant quand même relativement anciens ça consistait en une planète qui pour une raison incongru avait choisi de vraiment s’aimer sans plus jamais faire du mal à quiconque. Et ils avaient tenu presque une semaine !
Mais revenons au machin vert et rouge qui grognait dans l’espace. C’est un détail qui peut, pour les profanes, paraitre vraiment incongru, mais que celui qui as déjà entendu une plante parler et surtout lui gueuler dessus parce que son clignotant il avait pas comme but de juste décorer pour les flics, se dénonce immédiatement. Donc c’était là l’intérêt des linguistes. Un intérêt d’autant plus poussé que les premiers mots du pot de fleur, c’était pas « maman », comme tout être ridiculement sentimental considérant que l’amour est une réaction logique à votre bourreau suprême. Ca n’avait pas non plus était « pain », comme toute personne qui avait un problème et choisissait d’aimer ce qu’il manger plutôt que d’aimer son bourreau suprême. Non, la plante ses premiers mots se furent « oh non pas encore ». En soit, la question de la conscience, les linguistes ne se la posaient plus depuis longtemps, ils apprenaient leur discipline auprès de vieux croutons plus proche du cadavre qu’un zombi décomposé. L’idée que leur maitre puissent encore seulement penser leur paraissait absurde, alors une plante, c’était beaucoup plus logique. Alors les linguistes essayèrent de comprendre comment les mots se formèrent, ce à quoi les théologiens leur répondirent : « c’est l’œuvre de dieu ». « D’accord, mais comment qu’il marche dieu ? Parce que là, y’as pas de corde vocal. » La réponse des théologiens fut un élément de réponse à jamais pareil, d’une telle poésie qu’une université d’une ville qu’on appelait Londres –à l’ambiance tamisé- l’inscrivit sur son fronton. : « Ta gueule, c’est magique ».
Quant aux mécaniciens eux, ils voulaient simplement savoir comment imiter la propulsion du pot pour avoir une nouvelle arnaque à réaliser à leur client à base de miracle divin qu’est pas gratuit et qu’a besoin de vidange tous les 2000 kilomètres ma petite dame.


Donc le pot de fleur filait dans l’espace. Il cherchait un truc… Quoi ? Alors déjà, j’ai rien dit au début, mais là, ça devient grossier. Donc cher lecteur, arrête de m’interrompre, je te raconte une histoire d’un pot de fleur qui parle et qui se la joue vaisseau spatial, t’as vraiment besoin de savoir ce qu’il cherche ? C’est une nécessité dramaturgique ? Est-ce que seulement tu as imaginé la putain de tulipe qui fait des queues de poisons à des fusées juste pour le plaisir de faire faire une crise cardiaque au pauvre bonhomme dans le cockpit. C’est bon t’as l’idée ? Alors tu te tais et tu lis… Grossier personnage… aucune éducation votre génération.
D’autant que j’y venais à ce qu’il avait besoin. Donc la tulipe qui n’avais pas de nom –mais qui par un malheureux hasard d’absence de cerveau de sa part, avait pris la grammaire au sens le plus littéral possible et donc pensait que son espèce désignais ses interlocuteur. Ils s’appelaient tous lipe… tu lipe… c’était d’un inconfort assez certains pour entretenir des relations sociales, mais par une grande chance de l’esprit, elle était tellement acariâtre qu’elle n’avait pas d’amis.- Bref… La tulipe donc se dirigeait vers une petite lune dans la constellation de Sirius. Là-bas, elle avait rendez-vous avec un cow-boy qui ne gardait pas de vaches mais des serviettes de bains sauvages. Il s’arrangeait pour les faire grandir et les exécuter pour els vendre au marché aspect spacieux des gens qui avait besoin de se sécher pour l’hygiène.
Ce gentil garçon donc, avait pour le pot de fleur une piste : Il pouvait l’amener à un marchand d’armes unique en son monde : Un homme capable de confectionner une batte de base-ball pour fleur. Avec cette arme, la tulipe allait pouvoir asseoir son autorité sur le monde. Le corps universitaire s’était rangé derrière elle depuis l’argumentation infaillible des théologiens. Les amicales des asociaux et gens de mauvaise humeur la considérer comme une divinité absolue et même les amoureux de la nature la sanctifiais.
Alors la tulipe lèverait une armée ! Elle ne se vengerait pas du sort des siens, les siens l’avaient abandonné par un immobilisme et un silence plus bouddhiste que Confucius.

Non… son but était beaucoup plus lucide. Il en allait de sa survie… elle allait traquer… elle allait combattre…elle allait broyer, génocider l’intégralité des races félines et lapines ! Et à jamais elle leur ferait passer l’intention de lui bouffer les racines !

Avec un sourire sur les pétales, le pot de fleur accéléra. L’espace n’attendait pas… Sa vengeance était parfait et avec le doux bonus de lui assurer l’exclusivité de la mignonitude absolu à son issue !





Si ce texte t'as plus, court lire "H2g2: le guide du voyageur intergalactique"
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin 2016 - 22:24



La chanson du lapin








C’est un petit lapin,
Tout petit, tout petit,
C’est un petit lapin
Qui court par les prairies,
Tout petit, tout petit,
Qui court par les jardins.

Au matin il s’en vient,
S’en va dans la prairie,
Grignote le persil,
Grignotis, grignotis,
Grignote le persil
Et le cerfeuil des bois.
Grignote du persil
Et le cerfeuil des bois.

Attention, attention !
Grignotis, grignotis,
Attention, attention
Au lapin tout petit,
Le lapin court aussi,
Court aussi les jardins.

Si vous plantez des fraises,
Grignotis, grignotis,
Si vous plantez des fraises
Dans un beau pot de fleur,
Un beau pot de fleur bas,

Le tout petit lapin,
Tout petit, tout petit,
Lèvera son museau
Son museau de lapin
Tout petit, tout petit,
Lèvera son museau
Et le reniflera.

Attention, attention !
Si vous plantez des fraises
Grignotis, grignotis,
Si vous plantez des fraises
Dans un beau pot de fleur,

Le tout petit lapin
Tout petit, tout petit,
Le tout petit lapin
Oui vous les mangera.







Ceci est une phrase longue invisible pour que la page ne bug pas. Un cadeau de votre admin aimant et tendre qui s'inquiète pour vos yeux

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Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin 2016 - 22:26


Attention, un pot de fleurs !




One shot




"Matériel ? Check. Fenêtres ? Check. Flingue ? Check."

Henry avait donc tout préparé ! Lucio s'assura que le cran de sûreté était bien en place et que son équipement ne risquait pas de le quitter lors d'une glissade ou d'un saut périlleux. Il était prêt pour le plus grand casse de sa vie. C'était celui qui allait l'envoyer les pieds dans un jacuzzi quelque part dans les tropiques, ou les pieds devant sous le feu des vigiles. Ce soir, avec la bande, il allait prendre d'assaut la villa de Médille.

"Marco, vous me remettez ? On va avoir besoin de la plus grande puissance de feu sur le flanc est. C'est là qu'ils s'attroupent. Maxence, tu t'occuperas de l'arrière de la villa. Tu peux y accéder par les toits ou par les jardins, c'est selon le placement des gardes et ton envie du moment.
- Jouons un peu à la fille de l'air. J'ai des kilos en trop à perdre.
- Bien. Felice, un pépin ? Je t'entends jurer.
- Et comment ! On a une sale veine : le gouverneur s'est retiré dans ses appartements. Et il a emmené avec lui le diamant. Je pensais qu'il allait l'exposer à la plèbe comme le caniche de la reine qu'il est, mais peut-être qu'il reste un peu de bon sens au fond de sa cervelle comprimée.
- On suit le plan. On va provoquer un tel chaos que, dans la confusion, ils ne remarqueront pas que nous nous en prendrons à lui et au diamant. Devon, sa garde rapprochée, c'est ton affaire.
- J'ai le plus gros calibre."

Lucio se balança de poutres en poutres. De la cité du vide, il ne voyait que les fondations, car tapi dans la pénombre, il jouait à l'acrobate sous les balcons et les toitures. Partout autour de lui, les pas se pressaient, les armes étaient rechargées, les paroles débitées. On anticipait la violence rétinienne et les accès nerveux. Il savait qu'à la première détonation, il lui faudrait sortir de sa cachette et prendre part à la mêlée. Blam. Silence rompu. Les bottes fondirent sur les pavés et les mitraillettes se mirent en branle. Les fils d'argent fusèrent, les vitres explosèrent sous la violence des fusillades et des tirs perdus.
D'un ultime bond bien calculé, Lucio abattit sa foudre sur un garde. Il ravit son arme, étudia son fonctionnement et quelques secondes plus tard, le voilà qui était lancé dans le combat, massacrant à tours de bras les gardes en costards cravates, distribuant ça et là des volées de coups de crosse meurtrières. La panique s'intensifia lorsque les portes des halls s'ouvrirent et qu'il en surgit une horde d'aristocrates épouvantés par le tumulte des balles et l'extinction des feux dans la villa. Devon avait coupé l'électricité avec succès.
Quand cette foule s'interposa entre les gardes et les bandits, il y eut bien sûr des dommages collatéraux. Une véritable hécatombe s'ensuivit, avec ses visages vrillés, ses blessés graves, ses concerts de cris et de larmes. Lucio, impitoyable, tirait comme un vietcong dans ses rizières natales, il fauchait vigiles et civils sans distinction. La vie comme la mort n'avaient plus de secrets pour lui.
Loin, loin de là, peut-être même de l'autre côté de la villa, vers ce qu'on s'acharnait au talkie-walkie à appeler "le flanc ouest" ou encore "entrez dans cette putain de tour", Devon comprit trop tard que le gouverneur, déjà à l'abri dans ses murs, venait de mettre plus de distance encore entre lui et la bande des Nahim. Poule mouillée qu'il était, il s'était reclus dans sa "tour de garde", une pièce ultra-protégée qu'il serait difficile de prendre. Sans doute s'y était-il construit un fortins de coussins en laine brodée, dans l'espoir que le monde oublie l'espace d'une heure sa trop précieuse présence. Il avait sous son bras le diamant, plus précieux encore, brillant comme le cul d'une nonne.
Devon avait déjà localisé la pièce au moment où il flinguait le premier garde rapproché du gouverneur. Arrivé au deuxième qu'il eut plus de mal à descendre, il commença à élaborer un plan. Le troisième, coriace et retors, vécut assez de temps pour lui donner matière à réflexion. La pièce était cernée de tourelles automatiques et de lasers à métaux. Il lui fallait l'aide d'un "escape artist", un pro de la cambriole et de la voltige. Malheureusement, de voltigeurs, les Nahim ne connaissaient que Marco, et il n'était doué en ce domaine qu'au lit.
Blam, blam, blam. Devon finit au pompe le quatrième. Techniquement, il en restait deux autres, mais Maxence avait annoncé qu'il s'était chargé du cinquième. Il l'avait trouvé recroquevillé dans les toilettes pour dames. Son sang avait teinté les miroirs et les lavabos incrustés d'or. Les statuetets étrusques à l'entrée étaient elles aussi marqué du sang du lâche. L'avocat apprit de la manière la plus désagréable qui soit qu'on ne sous-estime jamais le dernier membre d'une équipe de choc, car c'est souvent le "second couteau", la force de réserve : la brute de service. Le second couteau en avait sept en l'occurrence dans sa poche et il fallait voir avec quelle dextérité il les faisait pleuvoir sur Devon. Une fois à court, c'est sa AK-47 qui cribla l'endroit de tous petits trous. Pas un seul dans la poitrine de Devon, cependant, et la rixe s'acheva sur une magnifique clé de bras qu'il expérimenta sur le colosse, avant de l'inviter à prendre l'air. Il hurla tout le long du ravin, la chute devait lui plaire tout autant que les éclats de verre fichés dans sa peau après qu'il ait traversé la fenêtre.

"C'est bon. Je me fais le gouverneur. Marco, comment ça se passe de votre côté ?
- On vient d'infiltrer la salle de bal ! On a récupéré tous les bijoux qu'on pouvait, sur les morts comme dans les vitrines ! Sans toi, les alarmes seraient en train de nous martyriser les tympans ... Trouve le diamant, qu'on se casse d'ici.
- J'en ai pour deux minutes, les gars."

Deux minutes, précisément, puisqu'à la fin de la première minute Devon avait franchi sans encombres le système de sécurité réputé inviolable de la tour de la garde et qu'au bout de la deuxième il avait découvert sans grande surprise que le gouverneur avait encore une fois taillé la route ! La seule issue, c'était par la cour, mais quand Devon s'aventura sur le balcon, il en eut une vue d'ensemble et s'aperçut que personne ne s'y trouvait. Mais où était donc passé le gouverneur ?
Il fouilla la pièce de fond en comble, retourna meubles et tapisseries, mais toujours personne, pas de trace de ce crétin de cul-poudré ou de son caillou étincelant. Ils n'avaient tout de même pas disparu, se dit-il. C'était impossible. C'est la précipitation de Devon qui lui permit de finalement les trouver. Lors d'un énième tour sur le balcon, il bouscula accidentellement un pot de fleurs et un "Aïe" sourd se fit entendre ! Devon se pencha sur le garde-fou et son regard croisa celui de Tuomas Médille, ses mains crispées dans les creux des sculptures de marbre, son regard ahuri obscurci par les reflets pourpres de son joyau, la crème de la crème de son héritage, enrichi par vingt-cinq générations de conquêtes et d'alliances fortunées.

"Donne-moi le diamant et je te laisse la vie sauve, Tuomas ! Si tu lâches prise, tu t'écrases en contrebas. Je n'aurai alors qu'à emprunter les escaliers et l'arracher de ton cadavre. Sauf si tu me le donnes tout de suite. Décide-toi !"

Croyez-vous qu'il allait négocier une troisième option ? Pour Tuomas, le choix était vite fait : le déshonneur plutôt que le trépas. Devon fourra le diamant dans sa poche puis tendit la main au gouverneur et le hissa sur la terre ferme. Puis il lui asséna un uppercut d'une précision presque olympique, un autre dans la mâchoire et, en guise de coup de grâce, brisa sa nuque sans subir de résistance. Ainsi, la lignée des Médille s'éteignait sur son propre domaine, tâché de sang et rongé par les flammes, souillé par la poudre et déchiré par les luttes intestines.
Comme la troupe avait été capable d'entrer, elle fut aussi capable de sortir. Elle quitta la villa sans se frotter à l'armée qui intervenait enfin et réussit à déjouer les stratagèmes des gardes visant à pister leur fuite. Le soir, Marco, Lucio, Maxence et les autres se frottaient les mains en contemplant le butin d'une dure journée de labeur, acquis au prix du sang, de la sueur et de mois d'entraînement. Avant de dilapider cet or, il fallait attribuer les parts ... Ce qui se serait avéré moins ardu si une relation fortuite ne s'était pas glissée dans l'équation. Ce fut aussi ce soir-là que Devon, retournant le diamant dans ses mains, se félicita de ce seul mouvement brusque qui lui avait assuré la belle vie pour des décennies. Car sa trouvaille, il n'en avait parlé à personne. Ce diamant était à lui. Pour les autres, il avait disparu avec Tuomas. Et un certain pot de fleurs renversé ne fit jamais surface dans aucune de ses conversations. Le mensonge avait du bon, du moins, dans son optique des choses.

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mikaroman
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin 2016 - 22:28

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? » (Alphonse de Lamartine)

Un simple vers.
Quelques mots.
Quelques mots poétiques.
Quelques mots poétiques à l'époque.
Quelques mots glaçants, désormais.




La question semblait belle, philosophique, attrayante. Du moins l'était-elle jusqu'à ce que la réponse arrive enfin : non seulement les objets ont une âme, mais il semblerait bien qu'ils soient moins inanimés qu'on avait bien voulu le croire.

Et les choses empirent... chaque jour.

Les objets ont commencé à prendre leur autonomie il y a deux ans maintenant. En tout cas, c'est devenu officiel à cette époque. Certain disent qu'ils avaient remarqué des manifestations depuis bien plus longtemps mais qu'ils avaient peur qu'on les prenne pour des fous.

Personne ne l'explique. Les physiciens se passionnent pour le phénomène et certains les accusent d'avoir expérimenté trop loin du côté de la physique quantique. Les complotistes de tout bords assurent qu'un conflit judéo-iluminati-scientifique se cache derrière cette perturbation de la réalité telle que nous la connaissions.

Les objets bougent. Ils bougent quand on ne les regarde pas, quand on ne les enregistre pas. On ne sait pas comment. On ne comprend pas pourquoi. Mais ils bougent.
Et non seulement ils bougent mais en plus ils apprennent : au Soudan, un trousseau de clefs éparpillé dans un labyrinthe arrive à se recomposer en utilisant des stratégies de logique d'une incroyable pertinence. Les laborantins ont beau complexifier l'épreuve à chaque fois, s'il existe une solution, les clefs trouvent le moyen de se réunir. D'autres objets anodins réussissent des exploits que seuls les mammifères vertébrés arrivaient à accomplir jusque-là.

Et les objets parlent. On ne sait pas ce qu'ils se disent. On surprend parfois quelques sons. Mais de la même façon que rien ne se produit quand on les regarde, rien ne se produit non plus quand on les écoute. L'observation, quelque qu'elle soit, semble annihiler leur capacités.

Bien sûr, tous les objets ne se sont pas mis de la partie, la plupart continuent à ne rester que des choses. On continue à les utiliser, mais avec une infinie précaution : il y a eu des morts.

Car non seulement ils bougent et parlent, mais en plus ils se vengent.

Les premiers hommes qui ont paniqué ont tenté de détruire les objets animés. Ce fut leur dernière mauvaise idée : dans leur sommeil, alors qu'ils ne pouvaient ni surveiller ni écouter, ils ont été assassinés par d'autres objets.
Personne ne peut le démontrer vraiment, mais la grande majorité des gens sont convaincus qu'il s'agit d'une sorte de réincarnation : les objets sont mortels, mais leurs âme ne le sont pas. Tenter de les faire souffrir, c'est s'exposer à leur courroux.

Les objets semblent doués d'un sens moral : leurs actes sont mesurés. Ils ne se vengent pas sur les personnes qui les détruisent par accident. Ils savent reconnaître une attention d'une inattention.

Désormais, non seulement nous trions nos déchets, mais nous les alignons. C'est une question de survie. Gare à celui qui jetterait aux ordures un objet animé, c'est un crime puni de mort. Tous les soirs, nous faisons une ligne avec ce qui doit être jeté, puis nous la quittons des yeux. Si un objet a quitté le rang lorsque nous regardons à nouveau, il nous appartient de nous en occuper jusqu'à ce qu'il décide de partir vers un autre foyer. Nous sommes à leur merci durant tout ce temps.

La cohabitation se passe bien l'essentiel du temps. Les objets sont des maîtres avec peu de besoins. Ils ne mangent pas, ne boivent pas, ne dorment pas. Ils détestent être enfermés et savent faire la différence entre une porte fermée pour les retenir et une porte fermée pour conserver la chaleur. Ils n'ignorent rien de nos motivations.

Certains développent des liens avec des objets. On a même vu, sur la tombe de quelques humains, des objets quotidiens qui étaient venus se recueillir, la nuit, discrètement. En signe de reconnaissance pour toutes les attentions qu'ils leurs avaient prodigué.

Lors du tri d'hier soir, Maman a trouvé un nouvel objet animé. C'est le huitième ce mois-ci. Et nous ne sommes que le dix-sept. Alors, comme c'est mon tour, j'ai pris le feutre. Je suis sorti dehors et, sur le panneau planté à l'entrée de la maison, j'ai mis un mot pour avertir les visiteurs : « Attention au pot de fleurs ». On ne sait jamais...


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Tiunterof
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin 2016 - 22:28

L’esprit de l’Homme a cela de paradoxal qu’il n’évolue pas assez vite pour s’adapter aux idées qu’il conçoit. Les avancées peuvent prendre plusieurs formes et le progrès scientifique a souvent un temps d’avance sur le progrès social.

Natacha ne se représentait que vaguement cet état de fait. Les idées tourbillonaient trop vite dans sa psychè enfantine. Pour l’instant elle maudissait la science. Elle maudissait ces grandes personnes en blouse qui, des années auparavant avaient détourné le cours de son existence avant même son existence. La petite fille vivait dans un monde où le transhumanisme avait permis à l’humanité de se modeler soit même et ses descendants. Les Hommes s’étaient libérés de leurs conditions physiques innées et leurs propres corps n’étaient qu’un nouveau support pour leur fantaisies ou leurs experimentations.

L’humanité s’était transfigurée en une foule bariolée. Aux couleurs et formes bien plus variées que le spectre naturel de l’espèce. Mais qui dit diversité dit mépris. Il ne fallut pas longtemps à ces hommes et ces femmes nouveaux et nouvelles pour ramener le miracle dont ils étaient issus à des perceptions plus mesquines. La société était une course à celui qui serait le plus original, le plus performant. Ceux et celles qui modifieraient leurs enfants pour le prix le plus exorbitants.

Natacha releva la tête, face au miroir crasseux des toilettes de l’école. Elle détailla avec dégoût le teint verdâtre dont l’avaient affublés ses parents. Un vieux modèle à prix modeste. Imprimé dans ses gènes. Chacune de ses cellules de peau portait en elle le signe de sa pauvreté. Ses chloroplastes étaient comme une marque de son infériorité, oh oui, elle pouvait effectuer une pitoyable photosynthèse. De quoi être en forme pendant l’été et amorphe les jours sans soleil. Pour autant elle n’en tirait qu’un visage couleur de mousse pâle. Ni corolles délicates ni étamines raffinées qui feraient d’elle une petite fille fleur comme c’était la mode chez les filles de nantis.

Son reflet la fixait et lui renvoyait son mépris au visage. Semblant se moquer. De quoi avait elle peur après tout ? De ces enfants de la classe du dessus qui s’étaient saisis d’elle ? Les autres petites filles qui griffaient sa peau de leurs ongles coquets ? Des garçons qui lui courraient après en riant alors qu’elle s’enfermait dans les toilettes ? Ils ne tambourinaient plus à la porte. Elle ne les entendait même plus pouffer en attendant qu’elle sorte.

Elle en avait assez, toujours les rires, les quolibets. Les garçons qui lui tiraient ses cheveux couleur forêt. Les filles qui ne voulaient pas jouer avec elle. C’était la fin de l’année, les enseignants fermaient les yeux sur les farces de leurs élèves. Natacha ne savait pas ce qu’ils avaient préparés pour elle. Peut-être rien ? Peut-être rien de plus que les moqueries habituelles ? De toute façon elle ne pouvait pas rester là toute sa vie. A se dévisager dans le miroir tâché. La petite fille collât l’oreille contre la porte. Elle aurait bien voulu pouvoir entendre comme celle qui lui avait meurtrit les bras, celle qui avait des oreilles de chats et des yeux carnassiers. Il n’y avait pas de bruit. Sans doute l’enfant féline était partie en gloussant avec ses complices. Satisfaite d’avoir fait détaler la petite verte comme une sourie effrayé.

Doucement, tout doucement. Natacha baissa la poignée. Alors qu’elle sortait, la lumière qui baignait la cour de récréation l’aveugla un instant. Elle n’entendit qu’à peine le cris de départ, celui qui précéda les rires. Les garçons avaient caché et ouvert un grand sac de terreau. Elle n’eut que le temps de fermer la bouche et lever vainement les mains pour se défendre. Quand elle sentit la terre grasse et froide couler le long de son corps, souillant sa chevelure et rentrant dans ses vêtements. Elle entendit par contre très clairement les rires aigus des autres petites filles alors qu’elles jetaient leurs ballons remplis d’eau.

Natacha s’effondra sur le sol détrempé, glissant dans la boue et aveuglée par la terre qui lui coulait sur les yeux. Le terreau s'infiltrait sous ses vêtements, dans ses chaussures. Les cris de ses camarades lui tournaient la tête. L’eau froide la glaçait et elle tremblait de tout ses membres alors qu’une nouvelle bombe à eau éclatait sur son visage. Les enfants, hilares, récupéraient la boue et lui étalait dans les cheveux, sur le visage.

“-Hé regardez, si on la laisse comme ça peut être qu’elle va finir par pousser !”

Les rires faisaient vibrer ses tympans. Ses larmes creusaient de profonds sillons dans la saleté qui assombrissait son visage verdâtre. Elle serra les dents, tremblante de rage alors que le goût répugnant de la terre se rependait dans sa bouche.

“-Je vous détéste…”

Les enfants reprirent de plus belle. Singeant le ton agressif de la fille au sol. La petite fille aux oreilles de chat et yeux acérés minaudait en imitant sa voix serrée par les larmes.

“‘Attention ! Une plante en pot ! Elle va nous attaquer !”

Les rires enflèrent de plus en plus. Natacha n’entendait plus rien. Ne sentait plus rien d’autre que la boue glacée qui coulait dans son dos et sur sa langue. Ses mains tremblantes griffaient la terre humide. Elle ne sentait plus rien. Plus rien d’autre que le vent sur sa peau. Le vent qui caressait les feuilles, fouettait les branches, faisait ployer les arbres. Elle ne sentait plus rien. Plus rien d’autre que les plantes, comme celles qui s’agitaient dans ses cellules, courraient dans on sang.

Elle cria, et elles crièrent avec elles.

Et il n’y eut plus que les cris.

Puis le silence.
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin 2016 - 22:30

« C'était un soir d'hiver » commença l'homme accablé.
« Il pleuvait à verse et les rues étaient comme des rivières qui dévalaient la montagne.
Comme tous les dimanches, j'allai me promener. J'aimais à observer le paysage des Alpes, et ces promenades solitaires m'animaient d'un étrange plaisir. Mais lorsque je redescendis vers la ville, ce soir-là, quelque chose dans l'air me parut différent. Sans doute était-ce l'obscurité naissante, qui jetait d'étranges ombres sur les murs. Ou probablement, les rires étouffés que l'on entendait au coin des rues sans pouvoir en discerner l'auteur.
Mais lorsque je tentai d'ouvrir le portail, je sus que quelque chose allait de travers. Car la serrure n'était pas verrouillée.
Je m'avançai prudemment vers la maison, sur le qui-vive. Quelqu'un était entré chez moi. J'entrai prudemment par la porte de derrière. Une odeur parfumée s'échappa lorsque je tirai la poignée.
En ce temps, messieurs, j'étais jeune et vigoureux. Je n'avais pas peur de me mesurer au danger : cette maison était mienne et je comptais le revendiquer ! Mais malgré cette impétuosité, je vous l'avoue, l'angoisse étreignait mon cœur.
Dans la maison, tout était sombre. Pour ne pas signaler ma présence, je n'allumai aucune lampe, et tentai d'accoutumer mes yeux à l'obscurité. Dieu ! Que mon cœur battait fort. Je saisis un parapluie pour le cas où j'affronterais l'intrus face-à-face. Autour de moi, les silhouettes familières du mobilier me paraissaient étrangement difformes, incongrues et menaçantes. Elles semblaient me pointer de leurs griffes de porte-manteau, apparaître brusquement devant mes yeux pour me repousser, opposer mille obstacles enfin, à mes pas hésitants. En cet instant, messieurs, je l'affirme, cette maison me hurlait de partir. C'était moi, le véritable intrus. Quand soudain, une lumière s'alluma dans l'escalier et j'entendis des pas venir dans ma direction. En hâte, je me réfugiai dans le salon tout proche, et plaqué contre un meuble décoratif, le parapluie serré entre mes mains moites, j'attendis.
Cet intrus se déplaçait avec une nonchalence qui me sidérait. Je pouvais l'entendre marcher avec lenteur, siffloter même ! Ma parole, quel toupet ! Je bouillonnais de rage.
Il partit vers la cuisine, d'où je venais, et parut fouiller les meubles sans hâte. Ourdissant mon entrée théâtrale, et réfléchissant aux menaces que je proférerais pour le faire détaler, je laissai mes yeux se promener tout autour du salon. Mais, toute pensée s'étouffa subitement dans ma tête. Ce que je venais de voir... Cette ombre, sur le rebord du meuble. Juste à côté de moi...
La terreur s'engouffra en moi comme une eau glacée. Oubliant toute précaution, je tâtonnai sur le mur jusqu'à l'interrupteur, sans quitter des yeux la fatale forme.
La lumière jaillit, et je hurlai.
La suite... Je me souviens de quelqu'un accourant dans la pièce, de cris, de sirènes... Mais tout est si confus, messieurs... Je ne sais comment je me suis retrouvé ici, exactement. Vous devez me laisser partir ! Je ne peux laisser cette chose hanter mon salon !

- Bien sûr, monsieur Desdes. Veuillez nous excuser un instant.

Les médecins disputèrent alors le cas de M. Desdes, qui, interné il y a dix ans pour guérir d'une phobie des pots de fleur, fuguait régulièrement et tentait désespérément de s'approprier les maisons où il pouvait entrer.
Ils parlèrent longuement et s'égarèrent dans leurs propos, puis décidèrent de clore la conversation pour aller dîner au restaurant.
Aucune découverte ne fut faite ce jour-là.
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ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !
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