Encre Nocturne
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 ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !

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Papagena

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Féminin Bélier Messages : 96
Date d'inscription : 17/04/2016

MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin - 22:31

Spoiler:
 

Dans la ville Flori
vivait des tonnes de fleurs.
Elles vivaient en harmonie
et mélangeaient leurs odeurs.

Francine la capucine
était  la plus maline,
cachant son doux nectar
aux moult salopards  

coco le coquelicot
était le plus rigolo,
il faisait rire son monde
une blague par seconde.

Ainsi cohabitaient les races,
dans Florali, ce grand espace
vallées et plaines  fleuries
étaient heureuses et épanouies .

Mais un malheur arriva.
la terre se mit à trembler
le vent quant à lui souffla
sur les fleurs qui tremblaient.

Des pots arrivaient en masse,
dirigés par le roi limace
arrachant les fleurs en bouquet
pour préparer son déjeuner.

Si vous voulez vivre en paix
ne vous posez pas sur vos lauriers
.
et
.
attention aux pots de fleurs...
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Pantouffe

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Masculin Verseau Messages : 125
Date d'inscription : 22/02/2016
Localisation : Quelque part dans mes cheveux...

MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin - 22:31

C'était un garçon d'une finesse calcaire au visage délavé par des nuits d'insomnie ; des nuis industrieuses aux doigts collants, qui avaient dérapé sur ses pommettes cireuses. Les longues heures d'angoisse dans leurs jupons de sueur, avaient gribouillé des cernes sous ses yeux abolis par le manque- de sommeil, de ténèbres et d'amour. Un garçon qui collait au linceul de ses draps, dont le matelas fangeux semblait anthropophage. Et qui tous les soirs en allant se coucher, traînant son corps taillé à coups de cutter dans le tombeau de sa chambre, ne pouvait s'empêcher de polluer son crâne d'un milliers de mots ravalés en silence ou rageusement sifflés entre le pincement agressif de ses lèvres fissurées par la soif.
Le garçon, pour ne pas se liquéfier dans son venin, tout enragé qu'il était de combatte le monde, ne murmurait son fiel qu'à lui même ou aux plantes. Il se disait, elles ne peuvent pas m'entendre, mais elles vivent et elles savent, les harmoniques saturniennes de ma voix vont les atteindre et gorger leurs fibres végétales, elles flétriront peut-être de concert avec moi, et c'est le moins que je puisse demander, puisque je n'existe pas dans les yeux des autres, que d'être accompagné dans ma débâcle morbide par quelque chose qui vit, qui meurt... Je ne veux pas me ratatiner seul, et je n'ai pas de petit chien à torturer, songeait le garçon en expectorant à voix basse une flopée de mots empoisonnés. Des mots qui s’agglutinaient dans sa gorge, formaient des nœuds en lui, des tumeurs palpitantes qui voyageaient au travers de son corps jusqu'au sommet du crâne- et là-bas, sous la blême nudité de son front, explosaient en suivant le trajet alambiqués de ses nerfs. Des routes fracassées qui sinuaient sous sa peau, s'entremêlant aux arabesques baroques de son squelette branlant- car c'était un garçon déglingué ce môme-là. Il était très nerveux, car son corps se résumait réellement à peu de choses, n'offrait que peu de substance. Son épiderme était d'une finesse troublante, ses nerfs s'entortillaient en pelotes nouées très près de la surface. Alors même la caresse d'une brise devenait une torture en glissant traîtreusement dans la courbe du cou. Une extase peut-être ? S'il l'avait voulu, il aurait joui des chatouillements malicieux d'une pelouse mouillée. Mais le garçon était en guerre contre le monde et la sensualité, il ne voulait pas jouir. Les caresses libidineuses du monde, sa danse triviale, sa polka endiablée, c'était un peu vulgaire. Vivre, ça avait quelque chose d'indécent, d'un peu sale, et le garçon n'osait pas adorer cette souillure comme ceux qui l'entouraient. Il avait peur de trop se prendre au jeu et d'y perde son âme, son âme fragile aussi fine qu'une feuille de papier calque. Et puis il était lâche, le garçon. Il n'était pas très beau, ni très grand de l'esprit. Il savait bien qu'entrer dans la lumière, c'était rendre les armes, accepter la médiocrité de son existence essoufflée et tordue ; sa vie de petit bonhomme en fils de fer. La lumière traverserait son corps, mettrait en évidence les vides présents dans son anatomie, les abîmes remplis de venin qui clapotaient en lui. Les énormes lacunes, les oublis, les décharges de l'esprit où il avait balourdé comme des cadavres d'oiseau les obus de ses récriminations. En transparence, le garçon n'aurait été qu'un subalterne du royaume de l'informe : derrière les apparences, il n'était pas grand chose d'autre qu'une masse amorphe et coulante. Il le savait, car il passait beaucoup de temps avec lui même. C'était ainsi qu'il s'était rendu compte à quel point une fois seul, son existence devenait précaire et floue. Au fond, ce n'était pas grand chose qu'être lui. C'était facile, c'était léger. C'était terrifiant, car la plus petite vaguelette aurait pu l'emporter dans l'océan du monde. Il n'était pas prêt le garçon, il n'était pas encore formé à l'intérieur, il était malléable, d'une horrible tendresse. Une tendresse de pâte à gâteau, d'abominable gamin  de boue. De celle qu'on pétrie à coups de poing.
Il avait peur. Et c'est pour cette raison qu'il se réfugiait derrière les apparences. Il essayait frénétiquement de cacher sa masse informe derrière une anatomie anguleuse, une attitude tragique. Il se disait qu'il finirait par trouver un moyen. Qu'en attendant ce jour, il fallait tenir le coup, se tenir éloigné des palpations sociales.
Mais on ne choisit jamais quand se délitent les apparences.
Pour le garçon, c'est arrivé au mois d'octobre. Pour le garçon, c'était un autre môme, un gamin frénétique qui n'était rien d'autre à ses yeux qu'un torrent de chair cascadant de sueur. L'autre garçon était d'une maigreur moelleuse, d'une vivacité ébranlante- il avait des mains baladeuses qui se multipliaient quand il était nerveux et un rire hystérique. C'était un gamin dont le cerveau déraillait, tout comme sa voix et sa colonne vertébrale onduleuse. Lui il dégoulinait : de parfum déjà, mais aussi de transpiration, d'énergie, de substance. Il dégoulinait de sensualité, il était crade, faunesque, parce que le monde l'avait embrassé de ses lèvres goulues, et qu'il avait aimé s'enrouler dans la moiteur scélérate de sa langue palpitante. Il était informe également ce gamin, mais cette pâte informe qu'il avait à l'intérieur de lui, il la gerbait, il la suait, il la crachait sur le monde, la laissait s'écouler hors de lui dans une marée hypnotique et immonde. Il ne cherchait pas à prendre forme ce garçon là, non : sa force, c'était de nourrir la substance informe de son être et d'éclabousser l'extérieur avec.
Il était magnifique. Il a emporté le garçon à la finesse calcaire, aux cernes arachnéennes, parce-qu'il s'est dit en voyant sa gueule blême, qu'il avait une anatomie de voilier, avec ses clavicules dressées, sa pâleur et son corps filiforme. Or, l'océan de sa chair en ébullition, la mer déchaînée de sa gestuelle crépitante, elle avait besoin d'un bateau qui voguerait au milieu de la tempête. Le garçon qui parlait à ses plantes était facile à posséder.
Alors les deux se sont acoquinés. D'un peu trop près sûrement, parce-qu'ils ont été jusqu'à explorer le délicat méandre de leurs dédales intestinaux, des tunnels d'intimité glissante. Et la première fois qu'ils ont roulés sur le lit, il y a eu un autre bruit que celui de leurs bouches voraces, de leurs corps mêlés en collision, un bruit qui a résonné dans la chambre poisseuse.
Le garçon de calcaire a murmuré dans le souffle de l'autre : "Attention au pot de fleur"
Mais en vérité, il n'en avait plus rien à faire.

relecture de Scrat:
 

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We are not affraid, let the night come.

If the Story is over... Split on the ashes... It's time to run away... Where is the light, wonder if it's weeping somewhere ?
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   Mer 8 Juin - 23:37

Y'as eu des records de connections pour ce CC
un petit screan pour votre mémoire!





Bravo à vous tous
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !   

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ChronoChallenge n°4 : Attention, un pot de fleur !
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