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 Uchronie [TP]

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Dragon Dae

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Féminin Sagittaire Messages : 200
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MessageSujet: Uchronie [TP]   Ven 10 Juin 2016 - 21:31

Bon, puisqu'on m'embête, je poste une de mes nouvelles ici. Le reste attendra demain !
Je précise que ce texte est susceptible de devenir un jour une histoire longue.
#Réaliste
(-)

Bip bip bip CRASH. La main de Camille envoya son réveil valser au sol. Avec un grognement, la jeune femme s'étira et s'assit, clignant des yeux encore ensommeillés. Elle avait fait un rêve bizarre... Les détails lui échappaient déjà, mais elle se souvenait d'un passage avec un tigre en liberté, dont la présence ne semblait faire peur à personne. Le genre de détail qui te paraît tout à fait normal sur le moment, mais qui indique clairement que c'était un rêve au réveil, pensa-t-elle. Le jour où la présence d'un tigre en liberté ne provoquerait pas une panique générale, serait le jour où Camille mangerait des asperges. Et elle détestait les asperges.
Avec un bâillement, la jeune femme passa une main dans ses cheveux, essayant d'évaluer l'ampleur du désastre. Ses cheveux étaient toujours un désastre au réveil ; à tel point qu'elle regrettait parfois de ne pas avoir quelqu'un pour prendre une photo. Les selfies dans le miroir de la salle de bains, ça allait bien cinq minutes mais au bout d'un moment, toujours poster des photos de soi-même sur les réseaux sociaux, ça faisait narcissique prétentieuse. Et ça ne servait à rien si c'était pour les garder pour elle : elle savait très bien comment étaient ses cheveux au réveil, merci beaucoup.

Avec un soupir, Camille rejeta les couvertures et se força à se lever. Aujourd'hui elle devait visiter Versailles pour son cours d'histoire politique ; soi-disant pour « s'imprégner de l'ambiance où vivaient les rois »... Connaissant la passion de son professeur pour le roi Charles XV et sa cour, c'était plutôt dans l'espoir de croiser un membre de la famille royale, ou au moins un noble. Mais la sortie était obligatoire – pas officiellement, bien sûr ; à l'université, rien ou presque n'était obligatoire. Mais le professeur avait clairement laissé entendre qu'il y aurait une interrogation écrite sur le contenu de la visite, et que ladite interrogation compterait fortement dans la note finale du semestre. Bref, pas question de sécher, ou même d'être en retard...
Avec un nouveau bâillement, la jeune femme alluma la radio et commença à préparer son petit déjeuner. Elle écouta les informations d'une oreille distraite ; guerre en Afrique, rébellion dans les colonies outre-mer, commémorations pour l'anniversaire de l'armistice le mois prochain... Une information, cependant, attira son attention.
« Un communiqué royal nous parvient à l'instant ; le prince Clovis et la princesse Aline annoncent la naissance prochaine de leur premier enfant... »
Camille poussa un grognement exaspéré. Il ne manquait plus que ça ; les gens allaient se précipiter au château, maintenant, dans l'espoir de croiser le couple princier et de leur adresser leurs félicitations. Le Français moyen avait une obsession pour la famille royale qui frôlait le malsain, par moments. C'était juste un bébé, pas le nouveau Messie ; héritier du trône ou pas, il y avait fort à parier que cet enfant ne serait pas différent de tous les autres bébés du monde : mignon, bien sûr, mais surtout bruyant et sale.

Parfois, la jeune femme aurait bien aimé être née en démocratie ; ou en tout cas dans un pays avec un intérêt limité pour la vie privée de ses dirigeants. Interrompre les nouvelles nationales pour l'annonce d'une grossesse, aussi royale qu'elle soit, était tout simplement ridicule. Avec un soupir agacé, l'étudiante termina son petit déjeuner et alla prendre sa douche.
Un quart d'heure plus tard, la salle de bains contenait autant de vapeur qu'un hammam et Camille émergeait de la douche, une serviette enroulée autour des cheveux et une autre autour de la poitrine. Essuyant une partie du miroir de la main, elle entreprit de discipliner ses cheveux à l'aide d'une brosse.
« Ce serait plus facile si je pouvais les couper, marmonna-t-elle. Stupide roi conservateur avec ses stupides lois misogynes. »
En effet, le vieux roi Charles XV croyait fermement à la supériorité des hommes, et à la séparation des sexes. Autrement dit, les femmes n'étaient pas autorisées à porter les cheveux au-dessus des épaules – et même cette hauteur avait été un compromis avec le Parlement, plus progressiste. Si le roi avait eu les pleins pouvoirs comme deux siècles auparavant, les cheveux des femmes leur arriveraient à mi-dos. Il était déjà presque miraculeux que la loi leur permette de porter des pantalons, même si elle leur imposait de mettre une tunique par-dessus.

L'opinion populaire était que le prince Louis, héritier du trône et père de Clovis, serait plus progressiste. Partant de là, les sujets du royaume n'avaient qu'une hâte, que le roi Charles décède. Pour sa part, Camille doutait qu'un roi né dans la première moitié du siècle dernier puisse vraiment être progressiste. Elle aurait préféré que le pouvoir passe directement au prince Clovis, qui était réputé pour ses opinions égalitaristes – enfin, aussi égalitariste que pouvait l'être un prince. Autrement dit, il était pour l'égalité entre les hommes et les femmes – mais certainement pas entre les nobles et les roturiers...
Jetant un regard à sa montre, la jeune femme s'empressa d'attacher ses cheveux pour cacher ce qui restait de nœuds avant d'aller enfiler tunique et leggins. Une paire de bottes plus tard et elle dévalait les escaliers de son immeuble, sac à la main et manteau sur le bras. Elle avait exactement cinq minutes pour attraper le métro si elle ne voulait pas être en retard – en espérant qu'il n'y ait pas de problème sur la ligne, sinon elle était bonne pour rejoindre le groupe l'air de rien à Versailles. Ce qui serait beaucoup plus compliqué, étant donné la taille de l'endroit et le niveau de sécurité qui y régnait.

Sur le chemin de la station, Camille croisa le stand du marchand de journaux, et jeta un œil aux gros titres en passant. Sans surprise, la moitié d'entre eux évoquait la grossesse de la princesse – prouvant que la radio avait reçu le communiqué bien avant l'heure donnée par le présentateur, ou que les journaux papier avaient été informés plus tôt.
À son grand soulagement, elle arriva sur le quai juste au moment où la rame s'y arrêtait, lui évitant de faire les cent pas dans le froid de février. Deuxième coup de chance, un carré de sièges était vide, lui laissant la place de s'asseoir et de poser son sac à côté d'elle sans gêner personne.

La rame venait de redémarrer quand le regard de Camille tomba sur le journal, posé innocemment sur le siège face à elle. Trouver un journal abandonné dans le métro n'avait rien d'inhabituel, certains étaient même faits pour ça ; être laissés sur place après avoir été lus. Ce qui attira l'attention de la jeune femme, ce fut le nom. Charlie Hebdo ; un journal satirique clandestin qui paraissait périodiquement, malgré les efforts du gouvernement. Clandestin, parce que le roi n'appréciait pas que leur satire soit souvent dirigée contre sa politique ou sa famille.
La censure royale interdisait aux sujets du royaume de lire le journal, sans parler d'y participer. Raison pour laquelle les rédacteurs et dessinateurs de Charlie Hebdo utilisaient des pseudonymes pour préserver leur anonymat. La rumeur disait que leur matériel était déplacé d'une fois sur l'autre, et que ce changement de locaux était la raison pour laquelle la milice de la censure avait tant de mal à les trouver.
Que ce soit vrai ou pas, ça n'avait pas empêché le journal de subir un coup dur le mois dernier, quand les miliciens les avaient surpris en pleine préparation du prochain numéro. Huit membres clandestins de la rédaction avaient été tués, deux autres arrêtés et interrogés pour leur faire avouer les noms des autres. En vain ; les prisonniers avaient préféré se suicider dans leur cellule.
Plusieurs autres avaient réussi à s'enfuir, bien que blessés, et avaient fait savoir qu'ils ne comptaient pas renoncer à leurs activités. Et visiblement, ils étaient sincères : la preuve était là, sous les yeux de Camille, avec en gros titre : TOUT EST PARDONNÉ. Et en illustration, le roi dessiné de telle façon que sa tête faisait penser à un appareil génital masculin.
La lecture du journal était interdite ; le simple fait de l'ouvrir pourrait envoyer la jeune femme en prison. La chose raisonnable à faire aurait été de poser son sac par-dessus pour le dissimuler, et de descendre à la station de son université sans y avoir touché.

Camille n'avait jamais été raisonnable.

Jetant un regard discret autour d'elle pour vérifier qu'elle n'était pas surveillée, la jeune femme tendit la main vers le journal. Rapidement, elle le déplia et parcourut les titres du regard, jusqu'à s'arrêter sur un article évoquant la politique étrangère du roi.
Apparemment, et contrairement à ce que disaient la plupart des médias français, la situation dans les colonies n'était pas tellement sous contrôle. Ce que les journaux officiels faisaient passer pour de petites révoltes isolées ici et là, étaient en réalité des actes organisés par un nombre grandissant de révolutionnaires indépendantistes. Les Algériens, en particulier, avaient apparemment déjà choisi un candidat au titre de roi – un certain Mohammed Saadi.
Si le roi Charles n'accordait pas au moins une petite mesure de liberté aux colonies, écrivait le journaliste, la France risquait de se retrouver aux prises avec une guerre d'indépendance avant la fin de l'année. Et en dépit de ce que la famille royale voulait faire croire au peuple français, le pays n'avait absolument pas la puissance militaire pour gagner.

La rame s'arrêta devant un quai et les portes du wagon s'ouvrirent, laissant passer une foule de gens ; la jeune femme s'empressa de fourrer le journal derrière son sac, estimant que lorsqu'elle quitterait sa place, quiconque remarquant l'hebdomadaire supposerait qu'elle avait posé ses affaires dessus sans y prêter attention.
Malgré son angoisse – et si quelqu'un l'avait vue consulter le journal ? - Camille se retint de jeter des regards nerveux autour d'elle. Elle avait lu suffisamment de polars et vu assez de séries policières pour savoir que c'était le meilleur moyen d'attirer l'attention. Elle se contenta donc de sortir son téléphone de sa poche d'un air ennuyé, comme la majorité des personnes présentes, et lança un jeu quelconque pour passer le temps.

Quelques minutes plus tard, le métro s'arrêta enfin au quai de son université, lui permettant de saisir son sac et de descendre sans jeter un regard en arrière.


Dernière édition par Daenerys le Dim 17 Sep 2017 - 16:34, édité 1 fois
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helio

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MessageSujet: Re: Uchronie [TP]   Sam 11 Juin 2016 - 10:32

Coucou daenerys (moi fan Game of Throne), d'abord un petit comm sur la forme ensuite sur le fond.
c'est parti!!


Daenerys a écrit:
Bon, puisqu'on m'embête, je poste une de mes nouvelles ici. Le reste attendra demain !
Je précise que ce texte est susceptible de devenir un jour une histoire longue.
(-)

Bip bip bip CRASH. La main de Camille envoya son réveil valser au sol. Avec un grognement, la jeune femme s'étira et s'assit, clignant des yeux encore ensommeillés. Elle avait fait un rêve bizarre... Les détails lui échappaient déjà, mais elle se souvenait d'un passage avec un tigre en liberté, dont la présence ne semblait faire peur à personne. Le genre de détail qui te paraît tout à fait normal sur le moment, mais qui indique clairement que c'était un rêve au réveil, pensa-t-elle. Le jour où la présence d'un tigre en liberté ne provoquerait pas une panique générale, serait le jour où Camille mangerait des asperges. Et elle détestait les asperges. sympa la reflexion :)
Avec un bâillement n'abuse pas des phrase commençant par avec, la jeune femme passa une main dans ses cheveux, essayant d'évaluer l'ampleur du désastre. Ses cheveux étaient toujours un désastre oh la vialaine répétition au réveil ; à tel point qu'elle regrettait parfois de ne pas avoir quelqu'un pour prendre une photo. Les selfies dans le miroir de la salle de bains, ça allait bien cinq minutes mais au bout d'un moment, toujours poster des photos de soi-même sur les réseaux sociaux, ça faisait narcissique prétentieuse. Et ça ne servait à rien si c'était pour les garder pour elle : elle savait très bien comment étaient ses cheveux au réveil, merci beaucoup.
Une psycopathe des cheveux a réveil! je sais pas quoi penser de ce passage, à retravailler je crois
Avec un soupir, Camille rejeta les couvertures et se força à se lever. Aujourd'hui elle devait visiter Versailles pour son cours d'histoire politique ; soi-disant pour « s'imprégner de l'ambiance où vivaient les rois »... Connaissant la passion de son professeur pour le roi Charles XV et sa cour, c'était plutôt dans l'espoir de croiser un membre de la famille royale, ou au moins un noble. Mais la sortie était obligatoire – pas officiellement, bien sûr ; à l'université, rien ou presque n'était obligatoire. Mais le professeur avait clairement laissé entendre qu'il y aurait une interrogation écrite sur le contenu de la visite, et que ladite interrogation je me rappelle pas avoir entend une seule fois ce mot quand j'étais à la fac, c'était plutôt partiel, galop d'essai etc.compterait fortement dans la note finale du semestre. Bref, pas question de sécher, ou même d'être en retard...
Avec un nouveau bâillement, la jeune femme alluma la radio et commença à préparer son petit déjeuner. Elle écouta les informations d'une oreille distraite ; guerre en Afrique, rébellion dans les colonies outre-mer, commémorations pour l'anniversaire de l'armistice le mois prochain... Une information, cependant, attira son attention.
« Un communiqué royal nous parvient à l'instant ; le prince Clovis et la princesse Aline annoncent la naissance prochaine de leur premier enfant... »
Camille poussa un grognement exaspéré. Il ne manquait plus que ça ; les gens allaient se précipiter au château, maintenant, dans l'espoir de croiser le couple princier et de leur adresser leurs félicitations. Le Français moyen avait une obsession pour la famille royale qui frôlait le malsain, par moments. Quoi y'a encore des roi en france? je crouais que le prof était un peu fou moi! C'était juste un bébé, pas le nouveau Messie ; héritier du trône ou pas, il y avait fort à parier que cet enfant ne serait pas différent de tous les autres bébés du monde : mignon, bien sûr, mais surtout bruyant et sale.

Parfois, la jeune femme aurait bien aimé être née en démocratie ; ou en tout cas dans un pays avec un intérêt limité pour la vie privée de ses dirigeants. Interrompre les nouvelles nationales pour l'annonce d'une grossesse, aussi royale qu'elle soit "soit-elle" c'est mieux je trouve, était tout simplement ridicule. Avec un soupir agacé, l'étudiante termina son petit déjeuner et alla prendre sa douche.
Un quart d'heure plus tard, la salle de bains contenait autant de vapeur qu'un hammam et Camille émergeait de la douche, une serviette enroulée autour des cheveux et une autre autour de la poitrine. Essuyant une partie du miroir de la main, elle entreprit de discipliner ses cheveux à l'aide d'une brosse.
« Ce serait plus facile si je pouvais les couper, marmonna-t-elle. Stupide roi conservateur avec ses stupides lois misogynes. » Excellent!!
En effet, le vieux roi Charles XV croyait fermement à la supériorité des hommes, et à la séparation des sexes. Autrement dit, les femmes n'étaient pas autorisées à porter les cheveux au-dessus des épaules – et même cette hauteur avait été un compromis avec le Parlement, plus progressiste. Si le roi avait eu les pleins pouvoirs comme deux siècles auparavant, les cheveux des femmes leur arriveraient à mi-dos. Il était déjà presque miraculeux que la loi leur permette de porter des pantalons, même si elle leur imposait de mettre une tunique par-dessus.

L'opinion populaire était que le prince Louis, héritier du trône et père de Clovis, serait plus progressiste. Partant de là, les sujets du royaume n'avaient qu'une hâte, que le roi Charles décède. Pour sa part, Camille doutait qu'un roi né dans la première moitié du siècle dernier puisse vraiment être progressiste. Elle aurait préféré que le pouvoir passe directement au prince Clovis, qui était réputé pour ses opinions égalitaristes – enfin, aussi égalitariste que pouvait l'être un prince. Autrement dit, il était pour l'égalité entre les hommes et les femmes – mais certainement pas entre les nobles et les roturiers...
Jetant un regard à sa montre, la jeune femme s'empressa d'attacher ses cheveux pour cacher ce qui restait de nœuds avant d'aller enfiler tunique et leggins. Une paire de bottes plus tard et à supprimer, il ne sert à rien et gâche la phrase elle dévalait les escaliers de son immeuble, sac à la main et manteau sur le bras. Elle avait exactement cinq minutes pour attraper le métro si elle ne voulait pas être en retard – en espérant qu'il n'y ait pas de problème sur la ligne, sinon elle était bonne pour rejoindre le groupe l'air de rien à Versailles. Ce qui serait beaucoup plus compliqué, étant donné la taille de l'endroit et le niveau de sécurité qui y régnait.

Sur le chemin de la station, Camille croisa le stand du marchand de journaux, et jeta un œil aux gros titres en passant. Sans surprise, la moitié d'entre eux évoquait la grossesse de la princesse – prouvant que la radio avait reçu le communiqué bien avant l'heure donnée par le présentateur, ou que les journaux papier avaient été informés plus tôt.
À son grand soulagement, elle arriva sur le quai juste au moment où la rame s'y arrêtait, lui évitant de faire les cent pas dans le froid de février. Deuxième coup de chance, un carré de sièges était vide, lui laissant la place de s'asseoir et de poser son sac à côté d'elle sans gêner personne.

La rame venait de redémarrer quand le regard de Camille tomba sur le journal, posé innocemment sur le siège face à elle. Trouver un journal abandonné dans le métro n'avait rien d'inhabituel, certains étaient même faits pour ça ; être laissés sur place après avoir été lus. Ce qui attira l'attention de la jeune femme, ce fut le nom. Charlie Hebdo ; un journal satirique clandestin qui paraissait périodiquement, malgré les efforts du gouvernement. Clandestin, parce que le roi n'appréciait pas que leur satire soit souvent dirigée contre sa politique ou sa famille.
La censure royale interdisait aux sujets du royaume de lire le journal, sans parler d'y participer. Raison pour laquelle les rédacteurs et dessinateurs de Charlie Hebdo utilisaient des pseudonymes pour préserver leur anonymat. La rumeur disait que leur matériel était déplacé d'une fois sur l'autre, et que ce changement de locaux était la raison pour laquelle la milice de la censure avait tant de mal à les trouver.
Que ce soit vrai ou pas, ça n'avait pas empêché le journal de subir un coup dur le mois dernier, quand les miliciens les avaient surpris en pleine préparation du prochain numéro. Huit membres clandestins de la rédaction avaient été tués, deux autres arrêtés et interrogés pour leur faire avouer les noms des autres. En vain ; les prisonniers avaient préféré se suicider dans leur cellule. les journaliste de l'extrême!! mais va savoir pourquoi je ne suis pas convaincu... à méditer
Plusieurs autres avaient réussi à s'enfuir, bien que blessés, et avaient fait savoir qu'ils ne comptaient pas renoncer à leurs activités. Et visiblement, ils étaient sincères : la preuve était là, sous les yeux de Camille, avec en gros titre : TOUT EST PARDONNÉ. Et en illustration, le roi dessiné de telle façon que sa tête faisait penser à un appareil génital masculin.
La lecture du journal était interdite ; le simple fait de l'ouvrir pourrait envoyer la jeune femme en prison. La chose raisonnable à faire aurait été de poser son sac par-dessus pour le dissimuler, et de descendre à la station de son université sans y avoir touché.

un "mais" ici accentuerais le propos Camille n'avait jamais été raisonnable.

Jetant un regard discret autour d'elle pour vérifier qu'elle n'était pas surveillée, la jeune femme tendit la main vers le journal. Rapidement, elle le déplia et parcourut les titres du regard, jusqu'à s'arrêter sur un article évoquant la politique étrangère du roi.
Apparemment, et contrairement à ce que disaient la plupart des médias français, la situation dans les colonies n'était pas tellement sous contrôle. Ce que les journaux officiels faisaient passer pour de petites révoltes isolées ici et là, étaient en réalité des actes organisés par un nombre grandissant de révolutionnaires indépendantistes. Les Algériens, en particulier, avaient apparemment déjà choisi un candidat au titre de roi – un certain Mohammed Saadi.
Si le roi Charles n'accordait pas au moins une petite mesure de liberté aux colonies, écrivait le journaliste, la France risquait de se retrouver aux prises avec une guerre d'indépendance avant la fin de l'année. Et en dépit de ce que la famille royale voulait faire croire au peuple français, le pays n'avait absolument pas la puissance militaire pour gagner.

La rame s'arrêta devant un quai et les portes du wagon s'ouvrirent, laissant passer une foule de gens ; la jeune femme s'empressa de fourrer le journal derrière son sac, estimant que lorsqu'elle quitterait sa place, quiconque remarquant l'hebdomadaire supposerait qu'elle avait posé ses affaires dessus sans y prêter attention.
Malgré son angoisse – et si quelqu'un l'avait vue consulter le journal ? - Camille se retint de jeter des regards nerveux autour d'elle. Elle avait lu suffisamment de polars et vu assez de séries policières pour savoir que c'était le meilleur moyen d'attirer l'attention. Elle se contenta donc de sortir son téléphone de sa poche d'un air ennuyé, comme la majorité des personnes présentes, et lança un jeu quelconque pour passer le temps.

Quelques minutes plus tard, le métro s'arrêta enfin au quai de son université, lui permettant de saisir son sac et de descendre sans jeter un regard en arrière.

Bon bah y'a de l'idée, j'aime bien tes digression et tout. le personnage n'est pas mal, après je ne peut pas dire grand chose sur l'histoire, on découvre l'univers mais pour l'instant il ne se passe rien. Après j'imagine que c'est le début de la nouvelle et je la voit déjà devenir une sorte de révolutionnaire, militante et tous.

c'était sympa à lire ^^ merci de partager et de nous donner un avant gout de cette histoire.

PS : je sens que le concept pourrait plaire à ragne hihi
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Scrat

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MessageSujet: Re: Uchronie [TP]   Lun 13 Juin 2016 - 11:18

Oh ! Un texte de Dany ! Chouette.
Bon sur la forme, globalement c'est bien écrit, c'est simple, ça fait bien son travail.
J'avais bien accroché à ton idée d'une France qui serait demeurée à la restauration (j'allais dire qui n'aurait pas connu la Révolution, mais à ce moment-là point de colonies n'est-ce pas ?) mais tu m'as perdue quand tu as mentionné Charlie Hebdo.
Le nom du journal a une trop forte connotation et là tu le mystifie encore plus, tu en fait une figure de la résistance, avec du coup un parallèle trop appuyé entre la situation au Moyen-Orient et celle dans la France que tu décris, qui est déjà bien présente quand on parle des cheveux et des pantalons.. A la base ce sont juste des soixante-huitards, je les imagine mal dans le contexte que tu décris. Cela dit en gardant la référence implicite et en changeant le nom je sauterais bien moins au plafond. Changer une lettre suffirait : "Harlie Chebdo" ou "Johnny Hebdo", on comprendrait ta référence tout en sachant que c'est bien un journal fictif dont il est question.

L'idée était sympa. Je regrette quand même le point de vue pro-démocratique fluorescent.

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MessageSujet: Re: Uchronie [TP]   Lun 13 Juin 2016 - 11:25

Je t'ai mis en conseil de lecture, je commenterais à l'occas
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Dragon Dae

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MessageSujet: Re: Uchronie [TP]   Lun 13 Juin 2016 - 18:32

Pour Charlie Hebdo, le texte a été écrit juste après les attentats de novembre, qui m'ont fait repenser à ceux de Charlie, et donc c'était une forme d'hommage. Mais ça disparaîtra probablement dans la version définitive.
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Silenuse

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MessageSujet: Re: Uchronie [TP]   Lun 13 Juin 2016 - 19:22

EH je passe juste.
Ce serait quand même bien de remercier les gentils commentateurs qui se sont décarcassés pour commenter en profondeur ton texte, ne crois-tu pas ? C'est mieux que de les ignorer, ça ne fait pas plaisir Wink
C'était un message de la Société des Administrateurs Dévoués.

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Ah oui, j'écris des trucs aussi
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Dragon Dae

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MessageSujet: Re: Uchronie [TP]   Lun 13 Juin 2016 - 19:46

Pardon ! Timide J'ai écris mon message à la va-vite, en revenant du travail et au milieu d'une discussion.
Merci pour les avis, c'est très gentil ET très utile - j'ai toujours du mal à obtenir des critiques autre que "Ah c'est bien" ce qui fait plaisir mais n'aide pas à progresser.
@Scrat : Je ne pensais pas que le point de vue pro-démocratique poserait un problème. Mais je suppose que je pourrais adopter d'autres points de vue en me concentrant sur d'autres personnages à l'avenir...
@helio : Merci pour les commentaires sur la forme ! ça fait longtemps que je cherche un endroit où obtenir ça, parce que je n'arrive jamais à trouver moi-même ce qui ne va pas. Je veux dire je sais que y a forcément des trucs à changer (un premier jet parfait, on le saurait si c'était possible) mais je ne trouve jamais lesquels...
Je note en particulier pour les phrases qui commencent par "avec", c'est un truc que j'ai tendance à faire souvent.
Pardon encore pour le message bref, je recommencerai pas, promis.
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Hartsock
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MessageSujet: Re: Uchronie [TP]   Lun 13 Juin 2016 - 22:24

En soit l'idée est géniale, après pour le texte je sais pas faire de critique constructive mais il m'a l'air pas mal du tout, bonne continuation!

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Hart, le cerf à chaussettes. Pour vous servir

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"Dis moi : je t'aime ! Hélas ! Rassure un cœur qui doute,
Dis-le moi ! Car souvent avec ce peu de mots
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Eh, venez voir ce que j'écris :p
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MessageSujet: Re: Uchronie [TP]   Mar 14 Juin 2016 - 10:15

Recoucou ! Pour le côté pro démocratique, ce n'est pas vraiment un problème que ce soit une tendance de ton texte, après tout, c'est une tendance globale chez nous et à part Toole dans sa Conjuration des Imbéciles je n'ai pas vu grand monde s'amuser à prendre le parti des royalistes.

Donc, le problème n'est pas le point de vue mais le fait que tu le martèles. Tu dis que tu l'as écrit juste après les attentats contre Charlie, je dirais qu'on sent le traumatisme. Et c'est dommage parce que l'idée peut être très intéressante à traiter.

Bonne chance pour la suite (que j'attends malgré tout ce que j'ai dit !)


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Pantouffe

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MessageSujet: Re: Uchronie [TP]   Ven 17 Juin 2016 - 18:50

Avec un bâillement, la jeune femme passa une main dans ses cheveux, essayant d'évaluer l'ampleur du désastre. Ses cheveux étaient toujours un désastre au réveil > Ouch, double répétition de "cheveux" et "désastre" qui fait MAL.
C'est la seule partie que j'ai à relevé pour parler de la forme : ta prose est fluide, agréable et parfois teintée d'une petite touche d'humour ( même quand ce n'est pas appuyé, par exemple, au moment où Camille se retient de jeter des regards nerveux alentours, ça m'a arraché un sourire va savoir pourquoi ). Donc au niveau du style, rien à dire, il fait joliment son office.
Au niveau du fond, j'aime le postulat de base qui est vraiment chouette. Mais il aurait cruellement eu besoin d'être développé dans un texte plus long, parce-que balancé comme ça, il n'est pas assez exploité, il manque un peu d'impact ; ça fait extrait de livre en fait, ou tranche de vie. ( Impression accentuée par la fin du texte. ) Et moi, je ne demande qu'à explorer cette uchronie, elle doit être fascinante.
Je n'ai pas été gêné comme Scratt par l'évocation de Charlie Hebdo, mais je trouve quand même que son commentaire à ce sujet fait sens ^^.

------------------------------------------------------------------------------------------------
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If the Story is over... Split on the ashes... It's time to run away... Where is the light, wonder if it's weeping somewhere ?
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Alton

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MessageSujet: Re: Uchronie [TP]   Sam 5 Nov 2016 - 19:54

Mes salutations les plus clinquantes !

J'ai bien aimé ce texte, même s'il appelle clairement à une suite ( REVVVVVVOOOOOOOLLLLLLLUTTIIIIOOOON !!!).
Je suis vaguement incompétent pour commenter le style du coup, je me contente de parler de ce que ça raconte ...

Et ben c'est vachement chouette ! J'aime beaucoup, l'univers que tu installe, monarchie, censure, haine féroce aux asperges Toussa toussa. En fait c'est vraiment la manière dont tu met en place ton univers qui est particulièrement intéressante. Je suis peu un peu bête, mais j'étais persuadé que tout cela prenait part dans notre monde, et puis un claquage de cerveau et un 'Wait ! What ? " plus tard, on comprend que ce n'est pas tout a fait notre monde. La transition se fait assez tranquillement, et ça rend le début du texte très plaisant. C'est vraiment une bonne idée !

Sinon je trouve ton perso très attachant, une personne normale qui va à la fac, ce perd un peu dans sa tête, ses doutes à lire le journal, c'est cool !

Donc voilà, j’espère qu'il y aura une suite ! Bye
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mikaroman
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MessageSujet: Re: Uchronie [TP]   Dim 13 Nov 2016 - 19:14

Hop, je viens de finir de lire et je fait une petite critique à chaud :

Ton personnage a l'air d'être autonome (vit seule dans son appartement et étudie), du coup, si l'inégalité des sexes est instauré comme valeurs normale par les dirigeants, je m'étonne de cette absence de tutelle masculine sur ton personnage.
Ça ne cadre pas avec un pouvoir politique misogyne et autoritaire.
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Dragon Dae

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MessageSujet: Re: Uchronie [TP]   Lun 14 Nov 2016 - 21:35

Effectivement, je n'avais pas pensé à ça mais c'est un point intéressant que tu soulèves... Je vais voir comment remédier à ça.
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Nain Fougère
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MessageSujet: Re: Uchronie [TP]   Ven 18 Nov 2016 - 21:14

Salut !

Je suis très nul en critique de texte, alors je ne te serait pas d'une grande aide si tu veux améliorer ton texte et ton style x) Cependant, je juge une histoire en fonction de si elle me plaît ou pas, sans me soucier de la forme, même si elle comporte des erreurs. C'est surement une mauvaise chose, surtout quand on cherche à écrire dans mon cas, mais bon, tant pis .w.
Il n'y a rien de plus important que le fond à mes yeux. C'est invisible les défauts d'écritures quand une histoire me plaît (sauf si vraiment c'est mal foutu, mais comme c'est pas le cas xD).

Du coup j'ai adoré, à quand la suite ? :D
(OUI, TOUT CE BLABLA POUR CA, PARDONNEZ-MOI)

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Uchronie [TP]
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