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 La réforme de l'abandon (TP)

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Manoria



Masculin Balance Messages : 55
Date d'inscription : 20/03/2016
Localisation : Colmar (68)
Humeur : Qui vivra créera !!!

MessageSujet: La réforme de l'abandon (TP)   Jeu 16 Juin - 12:18:58

Bonjour à tous ! Voici une nouvelle que j'ai écrite avec un pitch de départ relativement simple. Je ne savais absolument pas où j'allais et me suis laisser guider au fil de mes idées. Il s'agit donc d'un texte qui a prit un peu par lui-même des directions insoupçonnées et de ce fait, après finissions, je me suis rendu compte que ce type de sujet pourrait très bien faire l'objet d'un petit roman. Dans ce sens, vous constaterez que j'ai eu recours à des ellipses narratives qui peuvent paraitres relativement '' barbares '', voir faciles... en tout cas, je reste moi-même très dubitatif quant à la qualité finale du récit et en son potentiel à être suffisamment clair dans les idées que j'ai voulu faire passer.
Bonne lecture à tous, et merci à ceux qui sauront être objectifs dans leur critique...





La réforme de l'abandon :



Prologue

  En 2016, un nouveau virage s’était amorcé. Le pays grimaçait ; le sang et la poussière se mélangeaient à nos yeux et en nos réalités. Les changements nous sautaient aux visages comme des bombes.
   Pourtant, personne ne réagissait car nous étions trop occupés de répondre à nos postes de télévision ; trop captivés par des présentateurs stériles à l’humour douteux et puéril.
   Publicité, série TV, contrôle, merchandising, collections ‘’ ramasse-poussière ‘’, flash de couleurs, réseaux sociaux, évolution, soumission, flash, individualisme, désinformations, Gogol Incorporation, flash, flash et re-flash dans nos faces.
   Perte totale de libido…
   Tout était là pour faire des trous dans nos crânes. En vérité, nous n’étions plus faits de trous, nous étions des trous : des perforations sur pattes plus capables d’aucune réflexion propre. Nous avions rétrogradé à l’état de reptiles. Un jour certain, nous retournerons dans la mer car nous rampions déjà. On se perdait nous-même, mais on aimait ça.
   C’était si bon.
   Plus tard, profitant de notre paralysie, les têtes de bétail en avaient profité pour réformer le code du travail. Ce fut le début d’une nouvelle ère.
   Par leur amendement, on attendait d’eux des changements concrets, synonymes d’améliorations. Seulement, si on avait bien voulu ouvrir les yeux et analyser le problème de plus près, on se serait rendu compte qu’il s’agissait là davantage d’un toilettage du système plutôt que d’une métamorphose charitable.
   Il y avait eu non-assistance à peuple en danger et nous fûmes tombés dans l’oubli.

 
   Tristan le savait. Il en avait payé la note.
   A 43 ans, il fut l’un des exemples de la servitude à laquelle nous avions tous été réduis. Dans notre état devenu peu à peu pro-fasciste, il s’était retrouvé serf de notre pseudo démocratie. La mise à feu du pays ne l’avait pas inquiété, comme nous tous, jusqu’au jour où son patron -- monarque au grand bâton – l’appela pour lui annoncer sa fin.
 
   Derrière ses barreaux de fer, il se souvenait des droits qu’il avait perdus, ou plutôt, de ceux qu’on avait su donner aux minorités bouffies d’orgueil.
   Ses souvenirs traumatisants, il les revivait chaque jour durant ; des plaies indélébiles que nul soin ne saurait jamais guérir parfaitement. Voilà ce qu’elles étaient.
 
   Dans sa prison de chair, il se rappelait du début de sa nouvelle vie.




                                           
Entretien et balayage


* Première entaille : 20 mars 2016.

   Bip !
   « Salut Tristan, c’est Christopher. Euh… dis-moi, ça va faire deux semaines que je n’ai plus de nouvelles de toi. J’aimerai que tu passes au bureau, demain, à 8h. Il faudrait qu’on se parle… j’espère que tu te portes bien. Rappel moi en cas d’empêchement, merci. A demain. »

   1 appel manqué : Chris Boss ‘’ Du Baratin ‘’.

   ‘’ … J’espère que tu te portes bien… ‘’
   …Oui, sans aucun doute. Pour l’heure, tout va bien.


* Deuxième entaille : 21 mars 2016.

   La porte s’ouvrait sur une pièce éclairée.
   Le bureau était d’un blanc lin, tout comme les fauteuils qui lui étaient assortis. Le tout transpirait un design tout aussi éclatant qu’il paraissait inconfortable. Sur le pupitre : un téléphone, un ordinateur et range documents presque vide.
   Sur les murs gris clair étaient cramponnées des œuvres incompréhensibles. Les cadres présentaient des toiles de maîtres en herbe, sans doute eux aussi déjà morts à l’heure qu’il était… de honte ou de faim.
   Au sol, trois plantes vertes en tissus posées à espaces analogues contre le seul pan de mur nu de la salle et, perpendiculairement, une armoire d’archivage – blanche, elle aussi -- aux gonds dorés.
   Le théâtre reposait sur une moquette vermeille striée de raies étourdissantes.
   A chaque fois que Tristan venait ici, il se disait que le bon goût n’était pas nécessairement de rigueur partout, mais que le choix de plantes en nylon était plutôt judicieux. Il était toujours plus facile et pratique de ne pas avoir à arroser son personnel, si inutile, organique et vivant puisse-il paraître.
   Il se tenait au pas de la porte. Les formes et les couleurs qui régnaient dans la pièce le déstabilisaient. La clarté de cet endroit était d’ordinaire trop brutale en comparaison du monde extérieur. Tout était anormalement trop lumineux d’un coup.
   Etait-il au paradis ? Etait-il arrivé à destination de son jugement dernier ?
   Le message vocal de la veille ne lui semblait pas anodin à cette vision d’instant.

   La conversation avait bien débutée. Christopher Barratier lança les hostilités avec des questions de formalité. Son sourire argenté et sa diplomatie aiguisée trahissaient déjà son honnêteté.
   -- Comment allez-vous Tristan ?
-- Bien, merci.
-- Et votre dos ?
-- Ça peut aller. Le médecin m’a dit que j’en aurais encore pour 3 semaines environ.
   (1ere erreur !)
   -- Ah… déplora Barratier. Et vos femme et enfants ?
-- Bien également. Les enfants s’en sortent parfaitement à l’école et ma femme est passée cadre dans l’entreprise où elle travaille.
   (2ème erreur !!)
   -- Parfait !
   L’aubaine.
   Barratier passa alors au vif du sujet. Pour lui, 8 mois d’arrêt maladie consécutifs étaient devenus ingérables aux yeux de la société. Entre les papiers et les intérimaires qui remplaçaient Tristan, tout n’était que perte de temps et surcoût.
   Par le langage semi hermétique du patron, Tristan avait compris que son supérieur allait avoir raison en tout et qu’il pouvait se donner tous les droits. La réalité des choses sauta aux yeux du futur ex-employé.
   L’autre lui annonça de but en blanc :
   -- Tristan, je ne peux plus vous garder.
-- Pardon ?
   Malgré lui, Barratier montra tout de même un signe d’humanité : ses joues s’empourprèrent.
   -- Oui, comprenez bien qu’après un arrêt maladie aussi long que le vôtre, c’est la santé de l’entreprise qui en empathie.
   Excuse bidon !
   Les réponses stériles défilèrent au pas des questions inutiles.
   -- Mais… pourquoi ?
-- Question d’économie, Tristan.
-- Vous n’avez pas le droit. Pas comme ça, sans avertissements. En plus, je n’ai jamais fauté. J’irai au Prud’homme !
   (Erreur fatale !!!)
-- Si, malheureusement, j’en ai le droit. Les plus récentes négociations entre les organisations patronales & syndicales, et qui sont en rapport avec la récente réforme du code du travail, me le permettent. Souvenez-vous d’il y a 13 mois ; les défenseurs du dispositif ont eu raison quant à ce qui était de leurs propositions d’assouplissement. Aujourd’hui, nous dirigeants, avons pour devoir de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous adapter à l’évolution du marché et ainsi assurer la survie de nos entreprises. C’est un ordre qui nous vient de plus haut. Je ne fais que l’exécuter. Comprenez bien par-là que je vous licencie à contrecœur et que ma décision est avant tout régie par le principe de la ‘’ flexisécurité ‘’. Désolé pour vous.
-- Et ma convocation pour l’entretient au préalable ? Vous n’avez pas respecté la procédure et son délai. Vous êtes en tords de plusieurs jours !
   Barratier était devenu froid. Il sorti une enveloppe de son range documents et la tendit à Tristan.
   -- Non, j’ai depuis peu le droit de vous la donner en main propre et même maintenant si je le souhaite. La voilà, elle est prête et votre mise à pied conservatoire prend effet immédiatement.
-- Quoi ?! Mais votre démarche est totalement illégale ?
   Le patron le regarda, interloqué. La menace prenait de l’ampleur.
   -- Dites-moi Tristan, vous n’avez pas suivi l’actualité ces derniers mois ? N’avez-vous pas remarqué le virage à 180° que notre société a pris ? Tout a changé du tout au tout ! Aujourd’hui, vous n’avez même plus le droit de vous faire assister par un représentant lors de ce type d’entretien. Les syndicats et le Prud’homme n’ont plus aucuns pouvoirs de protéger le salarié, hormis si ce dernier n’a commis absolument aucune faute.
-- Ah oui ! Et quelles fautes me vous me reprochez alors?
-- Tout d’abord, il y a le cumule de vos arrêts maladie. Ils sont au nombre de 5 sur 8 mois, ce qui fait déjà un premier motif valable au regard des nouvelles conventions. Ensuite, il risque fortement d’y avoir un changement de direction dans les semaines à venir et le nouveau manager voudra sans doute former une nouvelle équipe. Et puis, il paraîtrait qu’à l’atelier vous faites l’objet d’incompatibilités d’humeurs avec vos collègues et notamment avec votre supérieur hiérarchique. A ce sujet, j’ai par ailleurs ici des attestations qui vont à votre encontre.  
   Tristan tombait de haut. Tout ça n’était que de la pure science-fiction. Ces informations lui avaient échappé et il ignorait par quel miracle. Barratier se moquait-il de lui en lui citant ses non-droits de la sorte ? Le temps l’avait probablement laissé se mollifier et se méprendre, mais il en doutait fortement, malgré lui.
   Au travers du discours de Barratier, il comprenait que tout était désormais fini pour lui. On pouvait essayer de lui faire croire en tout et n’importe quoi, mais il savait que s’il se faisait licencier aujourd’hui, c’était parce qu’il était devenu un salarié avec beaucoup trop d’ancienneté et qu’il coûtait trop cher ; Il avait compris que la volonté de l’entreprise était avant tout de diminuer les coûts, sans qu’elle soit exposée aux contraintes d’un licenciement économique. Et pour ce qui était de ses ‘’ collègues modèles ‘’, il était certain qu’ils avaient agis sous la pression hiérarchique ou par comportement moutonnier, mais en aucun cas par méchanceté. Il ne leur en voulait pas, c’était devenu comme ça.
   Tristan savait maintenant que les accusations fallacieuses portées à son égard étaient fausses et qu’aucun recours ne lui serait plus favorable. Et si les syndicats et le Prud’homme ne pouvaient réellement rien faire pour lui, c’est parce que leurs directeurs et les juges sont tous des vendus. Sur ce point, il n’y avait pas de doutes.
   Barratier ne cherchait en rien à étayer ses accusations et il n’en avait étrangement pas l’obligation. Tout ce qu’il lui fallait faire était de rester concentrer au mieux pour laisser croire à son interlocuteur qu’il l’écoutait. Il se disait que l’idéal serait de faire semblant de prendre des notes sur son calepin en attendant que l’entretient s’achève. Ensuite, il irait rendre visite à sa belle secrétaire, Justine, cafés-crèmes à la main. Son temps passerait plus vite et sa journée serait plus supportable.
   La discussion s’effilait et touchait à sa fin. Barratier ne tenait plus compte des arguments factuels que son salarié groggy lui présentait. 20 courtes minutes avaient suffi au ‘’ boss ‘’ pour balayer 13 années de services consciencieux. Tel un boxeur, Tristan était sonné.
   Pour clore leur débat, le patron lui annonça officiellement son licenciement et le prévint qu’il recevrait sa lettre dans les deux jours ouvrables prévus.
   Fin du round.

   Avant de partir, Tristan regarda une dernière fois les plantes de plastique, sans plus de mots. Il se leva avec un sentiment qu’il n’aurait pas soupçonné ressentir un jour.
   Comme dans un constat, sa dernière pensée fut la plus lucide quant à l’évolution des êtres humains actuels : ‘’ Des végétaux, voilà ce que nous sommes devenus.’’




                                           
Incinération des maux


                                                             
 Allumage :

* Troisième entaille : 1 avril 2016

   Ce jour-là, pour un poisson d’avril, c’était une belle prise.
   Tristan attendait déjà son tour depuis plus d’une heure. Assis sur sa chaise de plastique -- couleur orange délavé -- il luttait dans l’ambiance mortifère qui imprégnait les lieux. En regardant autour de lui, il se rendait compte à quel point l’homme pouvait tomber bien bas.
   Les murs grisâtres de l’agence suintaient la sueur, tout comme les autres demandeurs mal sapés. En fait, ici, tout puait : les gens et l’air. Tristan aurait pu voir des chariots de cadavres traverser les couloirs que ça ne l’aurait pas étonné. Après tout, ça aurait peut-être même ajouté un peu d’action à son ennui.
   Dans son attente, il s’imaginait être un patient aux urgences d’un hôpital de banlieue. Il savait maintenant que le pire n’était pas d’être au chômage, mais bien d’avoir affaire à passer les portes de pôle emploi.
   Son tour d’abattage n’allait pas tarder à arriver et il se demandait s’il allait aller mieux une fois qu’on lui aurait coupé la tête car la plus belle preuve de liberté qu’on pouvait lui offrir restait de le laisser quitter ces lieux infestés de zombies. Ça lui permettrait d’adoucir un temps son regard sur le monde.
   Son tour de rendez-vous était venu. Sur demande de son hôtesse d’accueil, il entra dans le box et s’installa sur l’unique chaise glacée devant le bureau en ferraille. L’endroit était aussi terne que le reste de l’agence.
   Une conseillère arriva et lui sourit. Tristan la remercia secrètement pour son effort.
   Elle s’installa à son tour…
   La broyeuse à poules se mit en marche.


                                                         
   Migraine :

* Quatrième entaille (infection) : période du 2 avril 2016 au 23 septembre 2018.

   Les 2 premiers mois de sa mutation furent vides de sens et ses états d’âme l’amenèrent à divorcer de sa femme, Anna. Ce fut pour eux l’occasion de mettre un terme à un mariage jadis déjà bien dessoudé. Par la suite, Tristan avait ressenti comme une variation au sein de sa personne : sa haine grandissait à l’unisson avec son effondrement.
   Durant l’été, il avait bien essayé de se ménager les esprits en postulant à des offres d’emplois tout aussi inadaptées qu’avares. Sans conséquence. Le marché du travail était devenu tout aussi inerte que la bonne foi des patrons. Sa capacité à se contraindre par dépit ou par nécessité n’existait plus et ne serait plus. Il continua de voguer longtemps, à la recherche d’un nouveau soi.
   Dans la ruine qu’était devenue sa vie, il se nourrissait par sa solitude. Son exil volontaire électrisait son cerveau de plus en plus, chaque jour passant. La souffrance et la perdition ne lui faisait plus peur car il sentait l’heure de sa vengeance se rapprocher à pas discrets mais assurés.
   Sa paranoïa continua de s’amplifier durant de longs mois et l’accompagna jusqu’au 23 septembre 2018 ; date à laquelle il rencontrera Joshua : clef de voute d’une coalition qui sera le remède à toutes ses folies.  
 
* Interlude : métempsychose.

   De 2016 à 2017, les tensions sociales s’étaient accrues ; les violences policières et civiles devinrent monnaie courante. Les réseaux sociaux et les bulletins d’informations avaient vendu les événements avec une aisance déconcertante. La propagande avait battu de son plein et le peuple s’était retourné aveuglément contre lui-même.
   En février 2017, le temps des rassemblements et des manifestations de masse fut révolu. Un nouvel état d’âme frappa la France et on appela cette phase : l’Eminente bascule.
   Depuis, l’orage était dans l’air. Le gouvernement était arrivé à son objectif : créer le chaos.
   Dans les grandes villes, des congrégations et des groupuscules d’activistes s’étaient créés de toutes parts, divisant intégralement les classes, les opinions et les territoires en deux catégories.
   Les quartiers riches s’étaient vus bornés et protégés par une nouvelle milice militaire d’état : ‘’ la garde communautaire ‘’.
   Ces zones étaient barricadées par des cordons de bidasses armés jusqu’aux dents et leurs accès étaient limités aux nombre de deux. On ne pouvait qu’y entrer sur dispense des maisons communes ou sur présentation de la vignette bleu ‘’ Citadin division… ‘’, suivi du numéros de secteur et du matricule personnel.
   Dans les ghettos dits ‘’ quartiers d’insertion sociale ‘’, les abords avaient été délimités par des carcasses de voitures calcinées, des caddies de supermarchés dévastés ou de tous autres déchets pouvant aider les familles oubliées à mieux s’isoler. Des groupes d’adolescents tout aussi paumés qu’agressifs étaient également présents H/24 pour s’assurer que la police ne puisse y accéder.
   De nouveaux modes de vie et de nouvelles méthodes de commerce firent leurs apparitions. Le troc, la prostitution et des trafics en tout genre s’établissaient, offrant à ces agglomérations une autonomie de survie et une indépendance quasi parfaite pour la plupart d’entre elles.
   En juin 2018, le gouvernement avait proclamé un nouvel état d’urgence général : La Purge.
   Cet arrêté avait pour objectif de traquer et dissoudre toutes associations anti-  gouvernementales de partisans adeptes du nettoyage de l’état par le ‘’ feu ‘’.
   Les injonctions de cet amendement visaient surtout des groupes tels que les hackeurs cyber-activistes ‘’ Anonymous ‘’, et d’autres comme les ‘’ Mysanthropiks ‘’ : bandes de fous furieux s’appliquant au mieux pour piller et dévaster un maximum de commerces et d’établissements publics des villes. Il y avait aussi ‘’ L’opposition autocratique ‘’ composée d’adhérents s’autoproclamant saints d’esprits et de philosophes dont le but était de créer un nouvel ordre mondial par diffusion de leurs idées via les médias et la presses écrites.
   La grande chasse s’était installée sur tout le pays avec l’appui de la garde communautaire et les grands perdants de cette guerre restèrent toujours les mêmes : les travailleurs.


                                                       
Nouveau souffle :
       


* Cinquième entaille : 2018

   Le 3 octobre, Tristan et Joshua se retrouvèrent dans un des cafés de la Rémission.
   Des troquets comme celui-ci il y en avait plein. Ils servaient généralement de points de ralliement aux alliances rebelles cherchant à renverser l’état et leur offraient la possibilité d’organiser des stratégies d’attaques contre des cibles notables et influentes.

   Les deux hommes s’étaient rencontrés deux semaines auparavant, un jour où Tristan s’était rendu au quartier Lazarre pour se procurer une arme. Une ‘’ sentinelle ‘’ lui avait immédiatement recommandé leur ‘’ chef ‘’ et l’invita à la suivre.
   Lorsque Tristan vit Joshua pour la première fois, il fut frappé par le charisme et l’éloquence du bonhomme. Propre et soigné sur son apparence, il lui avait immédiatement fait penser au Général De Gaulle.
   Heureux hasard, si tant est qu’il existe.
   Après un bref échange dans lequel Tristan fut clair sur ses intentions, il accepta la proposition du chef de se revoir ultérieurement pour en reparler. De nature compréhensive et fraternelle, Joshua l’invita sur-le-champ à rejoindre son mouvement des ‘’ Modérateurs ‘’ et de l’aider sous certaines conditions. Tristan accepta.
   La marche fut lancée.

   Les deux acolytes étaient assis à une table ronde. Deux autres hommes les rejoignirent. Joshua se tourna vers eux et les sollicita à s’assoir. Ils s’exécutèrent.
   -- Je te présente Alain et Hugo, révéla-t-il.
   Échanges de poignées de main. Il reprit :
   -- Bien. Comme tu le sais, notre groupe s’appelle les Modérateurs. En fonction du type d’action que nous entreprenons de mettre en œuvre, il nous arrive de travailler en partenariat avec d’autres groupes tel que l’Opposition autocratique, par exemple. Notre spécialité est la collecte et la revente d’informations privées, mais directement à la source, chez l’habitant. Nous visons majoritairement des résidences de grands décisionnaires qui ont une influence politique majeure.
-- Quelle sorte de personnalités ? coupa Tristan. Et à qui revendez-vous ces informations ?
-- Des chefs d’entreprises, des agents immobiliers, parfois des avocats. Il nous arrive aussi de pointer des adjoints au maire ou des médecins. En fait, nos cibles principales font très souvent parti de Rotary Club. Je ne sais pas si tu connais ces organisations mais, officiellement, elles existent pour encourager une éthique civique et professionnelle haute et leur but est de faire progresser l’entente et la paix dans le monde. Il en existe près de 40000 dans 230 pays et régions géographiques à travers le monde. Leur principale devise est « Servir d’abord », mais il en existe une secondaire qui est « Qui sert le mieux profite le plus ». Ça te parle ?
   Tristan acquiesça.
   -- En temps général, leurs actions sont bienfaisantes pour les peuples, mais d’autres le sont moins. Si tu savais ce qu’il se passait dans certaines de leurs soirées privées tu prendrais peur, crois-moi. Pour le reste, toutes ces informations, nous les revendons à d’autres personnalités, parfois publics, voir des politicards de partis opposés à celui qui nous gouverne. Bref, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais nous sommes autonomes et survivons grâce à ces gains d’argents. Et aussi, nous changeons fréquemment de ville. Ça nous permet de rester dans l’anonymat et de limiter la casse en termes de pertes humaines. Nous ne sommes pas nombreux, mais nos éléments sont efficaces et performants. Le maintien constant des unités, en terme numérique, est notre priorité absolue.
   Tristan l’écoutait, captivé. L’homme qu’il avait face à lui n’avait rien d’un plaisantin ou d’un amateur. Qui pouvait-il être ? La question n’était fondamentalement pas importante dans le sens ou ses intentions propres étaient ailleurs.
   Alain et Hugo restaient immuables dans leur silence. Joshua reprit.
   -- Donc voilà… Lorsque nous nous sommes rencontrés à Lazarre, tu m’as expliqué vouloir te venger d’une personne qui résidait au quartier aisé de la Coupole. Hors il se trouve que nous avons une action de prévue en ce même quartier dans 12 jours précisément et c’est pour cette raison que tu m’intéresses. Je t’explique.
   Joshua sorti une feuille A3 d’une de ses poches. Une cartographie y était imprimée.
   -- Voilà un plan du quartier de la Coupole que j’ai sorti du net. Notre cible se trouve ici, pointa du doigt Joshua, et la tienne là. Ton rôle est simple ; nous nous coordonnerons en temps voulu, et au signal, tu passeras à l’action. Le but de la manœuvre est pour toi de créer une diversion afin que nous puissions entrer en scène à notre tour. Étant donné les positions de nos proies respectives, notre partenariat est cousu de fil blanc. Au moment où tu agiras, une partie de la garde du flanc Ouest sera démobilisée et nous pourrons nous infiltrer sans trop de difficulté. Pour nous c’est l’aubaine car ça nous dégagera davantage le point d’entrée qui nous permettra de traverser la zone du bassin de rétention à ciel ouvert.
-- Et moi alors, comment j’entre sur place ? demanda Tristan.
-- Bonne question, continua Joshua. Pour les rapides présentations, Hugo était informaticien. Son rôle est de hacker les PC de nos victimes si besoin est. Il travaille avec deux autres types en fonction de la lourdeur de ses tâches. Et Alain, lui, était vétérinaire. C’est lui qui t’aidera à entrer. Il est un des piliers des Modérateurs, membre d’un Rotary Club et donc accessoirement ‘’ taupe ‘’. Il arrive généralement à bien se débrouiller pour obtenir des dispenses de mairies et une de ses connaissances habite à la Coupole, donc, il s’arrangera pour te faire entrer sans trop de difficultés. Mais Alain est surtout un grand tacticien ; Il commande et coordonne trois trinômes qui ont chacun leurs spécialités : l’un est composé de types qui bossaient dans la sécurité ; eux s’occupent de neutraliser les personnes susceptibles de nous faire barrage lors de nos campagnes, du genre : miliciens, gardes ou agent de sécurité privés, etcétéra…
-- Qu’entends-tu par ‘’ neutraliser ‘’ ? demanda Tristan un peu soucieux.
   Joshua posa une main sur l’épaule gauche d’Alain.
   -- Notre cher vétérinaire à tout ce dont il nous faut en terme d’anesthésiants et de pistolets, précisa-t-il souriant. Pas de panique, nous détruisons des vies mais ne tuons personne.
   Le visage de Tristan se décrispa. Joshua continua.
   -- Un autre de ses trinômes est spécialisé dans tout ce qui est crochetage, déverrouillage d’issues et enrayage de systèmes d’alarme & de sécurité. Et le troisième est celui de nos éclaireurs ; c’est eux qui ont à charge de faire les guets. Ils se positionnent aux endroits stratégiques d’observation et ont pour rôle de nous tenir informés de tous mouvements suspects.
   Le chef s’adossa au dossier de son fauteuil.
   -- Enfin voilà… tu sais à peu près tout sur nous et je te donnerai plus de précisions quant à ce qui est du plan d’attaque d’ici une petite semaine.
-- Merci Josh… vraiment. Mais, je peux te poser une question ? lui soumit Tristan.
-- Bien sûr.
-- Et toi alors, quel est ton rôle dans tout ça ?
-- Moi ? Je coordonne les équipes et établi les plans d’action. Alain, Hugo et leurs collègues représentent une des six équipes d’hommes que je manage. Nous sommes à peu près 80 dans les Modérateurs. Je suis là pour les briefer et leur donner un maximum de recommandations et d’informations fiables. Après, c’est aux chefs de meute tels que Alain de synchroniser toutes les données entre elles et de faire en sorte que les opérations soient menées à bien.
-- Très bien.
   Tristan semblait appréhender le fait que Joshua ne serait pas de la partie et le chef le vit dans le regard de son nouvel allié de passage. Joshua regarda sa montre.
   -- Bon, il faut que je vous laisse, j’ai encore d’autres choses à régler pour aujourd’hui.
   Les quatre hommes se levèrent et se saluèrent. En gardant la main de Tristan serrée dans la sienne, le chef rajouta :
   -- Ne t’inquiètes pas, Alain est un excellent meneur. Tout va bien se passer et chacun aura ce qu’il cherche.
   Tristan le gratifia d’un dernier remerciement et se retourna pour s’en aller. Joshua le regarda s’éloigner et, le regard évasif, lui alloua ses dernières prières à voix basse :
   -- Bon courage pour la suite, mon ami.

   Tristan s’était posé au bord du fleuve, le regard perdu vers l’horizon.
   Il flottait dans un entre deux mondes qui le réanimait. Dans sa transcendance, il avait compris que tout allait entrer en ordre dans très peu de temps et l’idée l’excitait au plus haut point. La vie lui donnera enfin l’opportunité de pouvoir rendre la monnaie de sa pièce à celui qui fut à l’origine de son éviction et donc de sa déchéance.
   Il se sentait désormais comme passé à un stade supérieur de son évolution…
   …Comme en proie une métamorphose encore jamais subie par la race humaine.


                                                         
 Incendie :

* Dernière entaille (amputation) : 15 octobre 2018.

   Tristan était en position inconfortable. Là où il se tenait, il faisait noir et il crevait de chaud. Une odeur de renfermé -- mélangée à celle de la ville -- avait embaumé l’espace exigu. Heureusement pour lui, Alain n’y allait pas comme un sauvage.
   Dix minutes plus tard, le mouvement stoppa net pour laisser place à une courte conversation de voix étouffées, puis la cadence repris de plus bel. Le temps pour Tristan d’endurer encore quelques secondes la dureté de l’étape et il serait dehors.
   Les vibrations irritantes s’arrêtèrent enfin et des bruits de pas se rapprochèrent de lui. Alain ouvrit le coffre de la voiture et l’aida à en sortir.
   -- Monte vite, ordonna Alain.
   Tristan pris la place du mort et Alain reprit la sienne, au volant.
   -- Ok… dans le sac à l’arrière, tu as tout ce qu’il te faudra pour intervenir. C’est rudimentaire mais efficace. (Il jeta un œil à sa montre) Il est 22h17, on est dans les temps. Écoutes moi bien… à 70 mètres, droit devant, il y a une vieille chapelle désaffectée. Un type dégarni t’y attendra à l’arrière. Il s’appelle Eddie et c’est lui qui t’accompagnera pour crocheter la porte arrière du jardin. Ensuite, tu entreras dans la propriété et tu feras ce que tu as à faire. Dès que ce sera fait, vous déguerpirez ensemble à nouveau en direction de la chapelle et vous y resterez jusqu’au lendemain. Précisions : personne ne vous trouvera là-bas, donc soyez tranquilles d’ici à ce que je vienne vous récupérer demain. Je serai là à 8h pétante. Au sujet de ce soir, vous interviendrez à 23h. Ça nous laissera le temps de nous mettre en place à moi et les gars. Par chance pour toi, la chapelle se trouve à deux pâtés de maisons de ta cible, alors suis Eddie à la trace, fait comme lui et il ne vous arrivera rien. Tout est bon pour toi ?
   Tristan acquiesça.
   -- Parfait, conclu Alain. Vas-y maintenant… on se retrouvera demain.
   Tristan empoigna le sac d’attirail, remercia son associé puis sorti de la voiture.
   A cette heure-ci, la nuit était fraîche et la lune pleine. Seuls les chats étaient présents dans les rues tranquilles de la Coupole.
   Ça n’allait pas durer.

   Eddie était sur place, comme prévu. D’un chauve semblable à celui d’un galet, il accueilli Tristan avec un sourire radieux qui n’avait pas nécessairement lieu d’être. Il ouvrit l’accès arrière de la chapelle.
   -- Entre, nous allons attendre à l’intérieur.
   Tristan s’exécuta et, une fois passée la porte, Eddie verrouilla derrière eux pour se diriger ensuite vers le vieil autel crouteux qui trônait au centre de la pièce. Il revint vers Tristan avec un sandwich.
   -- Tiens manges, tu en auras besoin.

   22h40…
   Le casse-croûte fut plutôt luxueux compte tenu du temps de guerre latent dans lequel ils étaient immergés. Les produits avaient été frais et le pain croustillant ; on prenait soin de Tristan.
   La stratégie avait été peaufinée et le plan simple & clair : pendant que Tristan ira remplir sa corvée, Eddie placera une charge d’explosifs légèrement en retrait de la propriété. Ils attendraient alors l’arrivée des urgences et la feraient péter – sans morts à la clef – pour ensuite retourner se barricader dans la chapelle.
   Le schéma paraissait simple à exécuter et le combo serait à double usage : les yeux et les oreilles de toute la zone seraient en alerte, désengorgeant comme prévu une bonne partie de la garde du flanc Ouest et sa vengeance serait enfin assouvie.
   Malgré son excitation, Tristan s’interrogeait sur le rapport entre la simplicité et l’efficacité d’un tel canevas. Etait-il possible que tout paraisse aussi facile et profitable à tous ? Probablement…
   Reste à savoir qui en sortira ‘’ grand gagnant ‘’.
           
   22h50…
   Tristan et Eddie progressaient à allure modéré vers le point d’attaque. Les rues étaient toujours aussi vides et le crocheteur avait opté pour avancer sur le trottoir dépourvu d’éclairages publics.
   Ils s’arrêtèrent à 20 mètres de la maison des Barratier pour guetter les parages et s’assurer que le secteur était bel et bien désert. Le néant.
   -- Go ! ordonna Eddie.
   Une fois face au portillon, Eddie sortit deux de ses outils et déverrouilla l’accès. Les gonds émirent un faible grincement.
   -- Allez, fonces et ne traines pas, suggéra-t-il. Je t’attends ici et s’il y a un problème je viendrai te chercher. En t’attendant, j’installerai le C4 sur la palissade, ok ?
-- Ok… à tout de suite.
   Tristan s’engagea dans l’allée gravillonnée de la résidence et continua d’avancer subrepticement. Au premier étage, une pièce était éclairée par une lumière discrète sans doute crachée par une lampe de chevet. Il en conclu que les tourtereaux devaient être au lit. Le reste du foyer paraissait sans vie.
   Tristan se colla contre le mur arrière de la maison et posa le sac à dos à terre. Comme indiqué par Joshua, les façades étaient habillées d’un bardage bois ; d’où la méthode adoptée.
   Il ouvrit son bagage et s’empara d’un bidon d’essence de 5 litres, plus d’une boite d’allumettes fournie en annexe. Il se redressa et jeta un coup d’œil vers le portillon : Eddie n’était déjà plus là. Il se retourna et arrosa la façade sur une dizaine de mètres. L’odeur de l’essence provoqua en lui un début d’allègement soudain. Le jerrican vidé, il le jeta à terre et prit la boite d’allumettes. En l’ouvrant, il s’aperçut qu’elles avaient légèrement prises l’humidité de la nuit et dut en gratter 4 avant de pouvoir obtenir la flamme qui allait tout bouleverser.
   L’incendie s’épandit à une vitesse aveuglante. Tristan fit quelques pas en arrière et, dans un moment définitif de contemplation, esquissa un dernier sourire avant de se retourner pour retrouver Eddie.
   Face à l’obscurité soudaine, ses pupilles cherchaient à se rétracter. La sortie n’était plus qu’à quelques mètres de lui ; il accéléra le pas. A hauteur du portillon, Tristan s’aperçut que celui-ci était fermé. Prit d’affolement, il le saisit de ses deux mains et le tira avec force. Rien à faire, il était piégé. Sa vision était à nouveau complètement rétablie et il put voir Eddie qui se tenait à trois mètres de lui, de l’autre côté, le bras droit tendu vers l’avant.
   -- Mais… Eddie ! Qu’est-ce que ça veut dire ? demanda-t-il, haletant.
   L’homme le regarda, immobile et impassible.
   -- Pardonnes-nous mon frère.
   A l’instant où Tristan voulu s’écarter, il senti une piqûre vive au niveau de son torse. Il porta sa main à la douleur et en retira une fléchette qu’il jeta violemment à terre. Sentant le venin s’emparer de lui et le faiblir, il tenta dans un dernier effort d’escalader le mur de lierre qui séparait l’enclos de sa liberté. Inutilement.
   Au loin, les premières sirènes résonnaient déjà et, le regard perdu dans le ciel ténébreux étoilé, il se disait que cette nuit avait été plutôt douce. Ses paupières s’alourdirent et son corps s’assouplit.
   Dans une ultime poussée de résistance, il sombra lentement.
   Son coma fit accompagner d’un grondement sourd qui le souffla de toute conscience.


                                                             
Epilogue :

   C’était une journée plutôt belle compte tenu des circonstances. Le soleil dardait ses rayons puissants sur les crânes lymphatiques des internes du lotissement des ‘’ Alouettes ‘’.
   Çà et là, des groupes divers se livraient chacun à leurs activités : certains cultivaient leurs corps sur les machines de métal ardent qui avaient remplacé les toboggans et tourniquet du terrain de jeu des pommiers, des minorités jouaient aux échecs ou aux cartes sur des tables de fortune, alors que d’autres, plus vigoureux, s’adonnaient sans relâchement aux passes à 10… Un ballon au cuir muant collé aux pieds.
   Il était 12h40 et l’ambiance générale était au calme. C’était encore l’heure de la pause.
   Un an auparavant, cette zone de 1 kilomètre de long sur 600 mètres de large avait fait l’objet d’un décret qui a eu pour conséquence l’expropriation et la réintégration urbaine de ses résidents. La majorité des prisons n’étant plus assez pourvues en termes de places, le gouvernement avait décidé de créer des lotissements pénitentiaires -- reculés -- à sécurité variable.
   Ces aires villageoises avaient été équipées de systèmes de vidéo-surveillance, de toute part des rues, et étaient surveillées par la garde communautaire. Chaque détenu avait son rôle au sein de la communauté : les plus chanceux pouvant bénéficier de boulots confortables en épiceries, troquets ou boulangeries, alors que les autres bûchaient dans des ateliers de production servants la cause de l’état.
   Tristan avait été affecté à ‘’ L’écurie des chevaux de frise ‘’ : une manufacture au nom métaphorique douteux où l’on y concevait barbelés et tous autres dispositifs de barricade permettant le cloisonnement des sites les plus sensibles et de ceux plus privilégiés.
Pour l’heure, il était assis sur un banc du parc des cerisiers à côté de son nouvel ami, Léonard. Les deux hommes s’entendaient bien et travaillaient au même atelier. Tous les soirs, après le couvre-feu, ils rentraient ensemble dans leur bloc en commun pour souvent passer des nuits entières à parler de banalités, au travers des barreaux de leurs cellules mitoyennes.
   Léonard avait été journaliste. Lui aussi s’était retrouvé ici par sa révolte ; pour avoir voulu se sentir trop libre.
   -- Tu sais, dit-il à son acolyte, lorsque j’eus écrit cet article à l’époque, je ne m’étais pas imaginé que les évènements allaient prendre une telle ampleur et surtout que les conséquences pour moi allaient être aussi dramatiques. Pourtant, on m’avait assuré l’anonymat.
   Tristan regarda son ami avec compassion.
   -- Je sais… moi aussi j’ai cru en cette facilité et en la sécurité, lui dit-il comme pour tenter de le rassurer.
-- Tu vois ces deux types là-bas ? demanda Léonard en pointant du doigt un duo, eux aussi ce sont fait avoir. Ils avaient été enrôlés pour une mission, en apparence simple et sans risques, qui consistait pour eux de se poster incognitos devant les entrées de la préfecture et d’y relever des numéros d’immatriculations et des heures auxquelles arrivaient et sortaient des cibles bien précises.
-- Et alors, que s’est-il passé ?
-- Le dernier soir ils ont débriefé de leurs relevés au QG et tout était ok. Seulement voilà, le lendemain, leur commanditaire les a missionné pour une dernière approche, prétextant un besoin sur un élément qu’il aurait omit, ou quelque chose du genre…
-- Ah… je vois, le coupa Tristan éclairé, ils ont été balancés, c’est ça ?
-- Exact ! Ou plutôt ils ont été utilisés, tout comme toi. A peine furent-ils postés que des camionnettes de la garde communautaire ont débarquées et les ont chopés. Tu connais la suite… ils se sont retrouvés ici deux semaines plus tard.
   Tristan gardait ses yeux rivés sur les deux victimes. Il savait maintenant que, qui que l’on soit, tout pouvait basculer injustement et à tout moment. Il ne savait pas en quelle mesure ces deux gars s’étaient retrouvés à devenir des sentinelles, mais il ne doutait en rien que ce fut l’occasion pour eux de servir leurs propres causes, sans aucun doute notables, au vu de la sympathie qu’ils semblaient dégager. Mais on peut avoir une face d’ange et être le pire des démons ; là était le regard de cette justice qui savait juger tout aussi raisonnablement que par intérêts, voir par dépit.
   Léonard se pencha davantage vers Tristan.
   -- Tu sais, on ne peut pas faire confiance aux Modérateurs… ces types-là n’ont aucune pitié, au même titre que les autres groupes révolutionnaires. Chacun à sa manière, naturellement, mais il faut savoir qu’eux sont tous d’anciens flics ou membres du GIGN qui se sont retournés contre le système. Ils forment une sorte d’unité rebelle d’élite qui ne peut se permettre de ne perdre aucun de leur élément. Tous on leur qualification, leur spécialité, et chacun d’entre eux contribue au tissage d’une division sans faille et qui se complète dans l’efficacité. C’est pour cette raison qu’ils utilisent des gens comme toi et moi : des cartouches neutres. De cette manière, ils se préservent. Et quoi que l’on t’ait raconté, personne ne fut vétérinaire ou agent immobilier. Bref…
   Léonard tendit une cigarette à son collègue. Ils resteraient là encore quelques minutes, jusqu’au moment où le signal les arracherait de la trêve. Les yeux perdus dans le ciel, ils restèrent silencieux ; aussi calmes que cet espace -- libre -- que nulle barrière ne saurait jamais déchirer.
   Tristan pensa aussi à ses enfants. Il les avait tellement oubliés ces deux dernières années qu’aujourd’hui il comprenait leur véritable valeur. Il avait compris ses torts et leurs visites prochaines restaient sa seule raison de vivre jusqu’à ce qu’il finisse de purger sa peine.    
   13h00… l’alarme claironna à travers le camp. Il était temps de jeter son mégot et retourner bosser.

   Le jugement de Tristan avait été expéditif et le motif d’inculpation clair… Verdict : 12 années d’enfermement en camp de forçats pour tentative d’assassinat sur la personne de Mr Barratier Christopher, ayant mise en danger la vie de sa famille.
   Son avocat avait bien tenté de plaider la névrose obsessionnelle maladive avec l’appui d’un chemin de vie sans fautes. Il avait également exposé les abus desquels son client avait été victime. A aucun moment, l’espoir qu’il en sorte gagnant n’avait été ressenti. Juger en pleine possession de ses moyens mentaux et par fautes de preuves concrètes quant à un licenciement abusif, Tristan avait été refoulé sans plus de droit de parole.
   Aujourd’hui, une chose était claire dans son esprit : s’il l’avait su plus tôt, il se serait fait passer pour fou. S’il l’avait pu, il aurait saisi ce que son pays avait à lui offrir de plus beau, à savoir : une main tendue pour la sérénité.
   Derrière ses barreaux de fer, il pleurait un monde perdu : une Terre désolée par la facilité.
   Dans sa prison de chair, il haïssait sa patrie…

   … Celle qui sut s’effondrer par son apathie, offrant l’ouverture des portes de la décadence pour qui voulait bien céder à la tentation de les franchir.


   En 2019, nous avions pris une nouvelle route ; une trajectoire bâtie par notre manque de réactivité et notre individualisme. Nous avions été éblouis par un système qui a su nous encourager dans notre médiocrité, nous maintenir dans l’ignorance et la bêtise. Cette entité invisible nous connaissait mieux que nous ne nous connaissions, et là fut sa grande force.
   Ces 20 dernières années furent les pires en matière de manipulation des masses. En s’adressant à nous comme à des enfants en bas âge, la ‘’ Vilaine ‘’ avait pu créer ses propres problèmes et s’offrir aussitôt les solutions ; laissant notre émotionnel prendre le dessus sur notre réflexion et ainsi doper notre culpabilité au détriment d’une révolte qui aurait été plus que nécessaire.
   Nous avions été distraits. On nous avait détournés l’attention en différant des informations qui ont fait perdre toute cohérence à la situation dans laquelle nous étions enlisés. Aujourd’hui, il est trop tard pour nous de faire marche arrière car nous n’avons pas su se rapprocher les uns des autres au bon moment.
   Nous avons simplement été lâchement abandonnés par cette mère qui à préféré nous repousser plutôt que nous tendre la main qui nous aurait tiré vers un avenir meilleur. Mais, n’ayons crainte et restons là à vivre dans cet espoir dénué de raison qui nous laisse croire qu’un jour tout s’arrangera.
   Au final, tout n’est pas si mal, mais n’oublions pas que le sort de Tristan peut être celui de chacun d’entre nous. Et puis, que l’on se rassure pour lui car, là où il se trouve, il a :

‘’ La sécurité de l’emploi ‘’.


(Un être, une conscience… une force.)          
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La Lapine Cornue
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MessageSujet: Re: La réforme de l'abandon (TP)   Ven 17 Juin - 15:28:57

Heeeeey c'est... spécial. :corn2:

En vrai, j'aime bien. Pourtant ce n'est pas trop mon genre d'histoires, très factuelle, politisée, etc etc. Je n'ai pas trouvé le héros très attachant, c'est dommage parce que c'est lui qu'on suit en permanence... on sent bien que le vrai héros de l'histoire, ta principale préoccupation, c'est cette satyre de la société.
Tu as poussé la situation actuelle à son paroxysme, jusqu'à ses derniers retranchements afin de nous offrir une sorte de fable politique qui, même si je l'ai trouvée exagérée parfois et un peu méga-sérieuse-pessimiste-allez-vous-suicider (c'est pas grave, c'est juste un goût personnel :unjournormal: ) je trouve que c'est une bonne idée, et je ne regrette pas de l'avoir lue. oui

Et puis j'aime bien le (les) mot-s de la fin,c'est une conclusion sympathique (enfin, façon de parler xD) mais de manière générale, tu as pas mal de belles phrases en fin de parties, assez chocs, comme "Des végétaux, voilà ce que nous sommes devenus". C'est vraiment bien oui

------------------------------------------------------------------------------------------------
Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

→ Venez fouiller dans mes écrits... Y'en a pour tous les goûts ! :corn2:

.[/center]


Dernière édition par Cornedor le Sam 18 Juin - 0:38:53, édité 1 fois
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Manoria



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MessageSujet: Re: La réforme de l'abandon (TP)   Ven 17 Juin - 17:55:11

Salut Cornedor !
Merci d'avoir pris le temps de me lire.
C'est vrai que cette nouvelle manque sans aucun doute de profondeur en plusieurs points mais, comme je l'ai expliqué en entête, je suis parti dans tellement de sens différents que moi même j'ai été surpris par certaines orientations que j'ai pu prendre. En bref, je suis conscient de l'aspect inachevé de l'ensemble et, pour être honnête, je ne me suis jamais senti aussi trimbalé mentalement de la sorte par aucun autre de mes récits. Une drôle d'expérience.
En tout cas, là où je m'étonne moi-même, c'est dans cet aspect ultra-politisé... je ne suis naturellement pas non plus quelqu'un d'engagé politiquement et encore moins critique. Mais bon, c'est sorti comme ça et c'est pas plus mal j'ai envie de dire.
Enfin voilà, merci pour ta critique et à bientôt... entre deux lectures.
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Pantouffe

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MessageSujet: Re: La réforme de l'abandon (TP)   Ven 17 Juin - 18:33:25

Hiiiin, c'est dur de commenter ce texte. Sur la forme, je suis très mitigé, parce-que tu es entre maladresses stylistiques et prose poussée/maîtrisée, du coup j'ai été tout à fait incapable de m'immerger dans le récit. Ce n'est même pas mal écris : c'est juste entre le bon et le maladroit. Du coup, les défauts n'en ressortent que plus.
Il y a des passages qui m'ont marqué ceci-dit : la description du bureau du patron, le "sourire argenté" de ce dernier ( sérieux ça fait coutellerie d'apparat dans ma tête ) et d'autres que je n'ai pas relevé. Mais pour moi, il y a un gros problème avec les temps employés qui fluctuent bizarrement, et l'usage maladroit du "nous", qui est certes une bonne idée, mais que tu n'as pas réussis à employer avec aisance.
J'ai relevé quelques trucs >

Pourtant, personne ne réagissait car nous étions trop occupés de répondre à nos postes de télévision ; > "trop occupé de répondre", j'ai paaaas compris, je ne pense pas que ce soit juste grammaticalement.
Perte totale de libido… > J'ai au contraire l'impression d'une société hyper-sexualisée, au point que c'en est parfois oppressant. ( OUI C'EST UN AVIS TOTALEMENT SUBJECTIF QUI N'A RIEN A VOIR AVEC LA FORME. )
Il y avait eu non-assistance à peuple en danger et nous fûmes tombés dans l’oubli.
> "nous sommes" plutôt que "fûmes" je pense.
Sur le pupitre : un téléphone, un ordinateur et range documents presque vide. > petit oublie d'un "un".
Tout était anormalement trop lumineux d’un coup. > Le trop est..... Ben de trop :D. "anormalement" introduit déjà l'idée que la lumière est trop vive.
Le message vocal de la veille ne lui semblait pas anodin à cette vision d’instant. > Vision d'instant ? Je suis dubitatif face à la formule.
- Oui, comprenez bien qu’après un arrêt maladie aussi long que le vôtre, c’est la santé de l’entreprise qui en empathie. > *en pâtit.
Sa paranoïa continua de s’amplifier durant de longs mois et l’accompagna jusqu’au 23 septembre 2018 ; date à laquelle il rencontrera Joshua : clef de voute d’une coalition qui sera le remède à toutes ses folies. > "voûte", et je crois qu'il y a un problème de temps. "serait" plutôt que "sera".
Hors il se trouve que nous avons une action de prévue en ce même quartier dans 12 jours précisément et c’est pour cette raison que tu m’intéresses. Je t’explique. > *Or
Joshua sorti une feuille A3 d’une de ses poches. > Plutôt qu'A3, j'aurais précisé "enroulée", car avant de savoir que c'était une carte, j'ai trouvé l'image très bizarre.
D’un chauve semblable à celui d’un galet, il accueilli Tristan avec un sourire radieux qui n’avait pas nécessairement lieu d’être. > "D'une calvitie semblable à celle d'un galet" plutôt, "d'un chauve" est incorrect ^^.
La stratégie avait été peaufinée et le plan simple & clair : > L'usage soudain de ce & est franchement déstabilisant, vu que c'est juste une phrase comme les autres, et que ça ne sert par à mettre en relief quelque chose, un ensemble de mots qui forment un nom ou quelque chose du genre.
Son coma fit accompagner d’un grondement sourd qui le souffla de toute conscience.
*fut, et plutôt "en dehors de toute conscience".
Aujourd’hui, il est trop tard pour nous de faire marche arrière car nous n’avons pas su se rapprocher les uns des autres au bon moment. > *pour que nous puissions faire marche arrière car nous n'avons pas su/pas put nous rapprocher les uns des autres au bon moment.

BON A PART CA. Je ne vais pas mentir, je n'ai pas du tout accroché. Le fond aurait pu me parler, mais comme la forme passait son temps à m'attirer et à me repousser en même temps, ça n'a pas été le cas. Et je n'ai pas eu d'empathie pour le personnage principal, ce qui est quand même FOUTREMENT DOMMAGE. Puis l'histoire ne m'a franchement pas passionné.
Ta prose n'est pas assez acérée pour que le jugement que tu portes sur la société soit vraiment marquant, s'élève au-dessus des réflexions qu'on entend lors des dîners de famille ; et c'est quand même dommage. Je pense que c'est juste une question de temps, tu es dans cette entre-deux entre aisance et maladresse, et ça va finir par passer.
J'espère que mon commentaire ne te décourage pas et qu'il n'a pas l'air trop sévère ><. Je te conseille de continuer à exprimer les idées que tu voulais faire passer à travers d'autres textes plus courts ou moins généraux, des les palper et de les explorer puis de les expliciter une par une ; bref, de faire dans le détail avant de t'attaquer à quelque chose de global comme ça.
Et puis après seulement de pondre un bon gros texte bien remuant.

Dans tous les cas, si je recroise ta prose au détours du forum, je prendrai le temps de la lire ^^.

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Manoria



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MessageSujet: Re: La réforme de l'abandon (TP)   Ven 17 Juin - 22:43:30

Salut Pantouffle !
Tout d'abord, merci pour ton commentaire plus qu'instructif ! Évidement, je ne vais pas me contrarier... au contraire ! C'est de ce type de commentaire dont j'ai besoin.
Ton analyse est ( presque ) plus que parfaite dans le sens où, effectivement, j'ai fais énormément d'erreur d'emploi de temps, d'orthographe et de style ( des erreurs souvent bêtes, certes ) et, grâce à toi, je vais pouvoir les corriger d'ici peu.
Pour le reste, en effet, j'ai été, moi aussi, emporter par mon écriture à un tel point que je me suis perdu complètement ! C'est la première fois que ça m'arrive, mais cette expérience me nourrira pour les prochaines fois... pour sur.
J'aurai envie de te donner plus de détails ( précisions ) quant à ce qui est du fond et de la forme de mon texte, mais tu as su tellement bien me décortiquer que je préfère simplement rester à ma place d'élève et continuer d'apprendre pour devenir encore meilleur.
En tout cas, merci encore à toi d'avoir pris autant de ton temps pour éplucher et m'éclaircir sur mon texte qui, au final, ne t'as pas branché plus que ça. J'apprécie beaucoup, et... au plaisir de te lire également et de faire, à nouveau, ta curiosité !
A bientôt !!!
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MessageSujet: Re: La réforme de l'abandon (TP)   Ven 17 Juin - 23:05:01

Hei
C'est vraiment intéressant cette nouvelle.
Je l'aime beaucoup.
Est ce que tu dessines ? Je la voie franchement bien accompagnée de quelques illustrations, ou même une forme de BD.... Je ne sais pas....
J'ai bien aimé, vraiment, tu as créé des ambiances étranges...
Les autres ont déjà pointé les modifications à faire sur la forme.

Adélaïde Antès
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Manoria



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MessageSujet: Re: La réforme de l'abandon (TP)   Ven 17 Juin - 23:15:13

Salut Adélaide Antès !
Merci pour ton appréciation... vraiment.
Pour ce qui est des illustrations, si tu te sens inspiré(e), je te laisse libre de tout choix artistiques et de me les proposer... à toi de voir, mais personnellement, je ne dessine pas ( dommage ce manque de talent latent ! ).
Autrement, si tu as des idées, je suis preneur et reste toujours ouvert d'esprit.
Merci de m'avoir lu et à bientôt !!!
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MessageSujet: Re: La réforme de l'abandon (TP)   Ven 17 Juin - 23:27:58

Nous sommes tous les élèves des uns et des autres, Manoria 8D. ( Cette phrase fait convenue, mais je pense sincèrement qu'on a tous des choses à s'apprendre, et c'est à ça que ça sert, un forum. ) En soi, c'est déjà une réussite d'écrire un texte aussi long, et qu'il parte dans tous les sens, ça prouve que tu as des choses à dire et que tu foisonnes d'idées. Et puis être emporté par son écriture, c'est une sensation géniale, donc je ne peux que te souhaiter de l'éprouver encore ^^. Dans ce genre de cas, j'écris des choses anarchiques et purement descriptives. Toi, tu as réussis à garder un fil rouge et une cohérence globale ; ce qui est quand même franchement positif. C'est d'autant plus difficile dans le cas d'un texte spontané de ce volume.
DONC VOILA. Je suis content de ne pas avoir été démoralisant :D. Et puis au pire, Adélaïde et Corne sont là pour te remonter le morale et te montrer que tout le monde ici n'est pas aussi chiant que moi 8D.

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