Encre Nocturne
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 ChronoChallenge n°10 : lightbulb [vidéo]

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Ouppo
Fou du roi
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Masculin Lion Messages : 300
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MessageSujet: ChronoChallenge n°10 : lightbulb [vidéo]   Mer 29 Juin 2016 - 21:26

Bienvenu à cette dixième édition du chronochallenge, je suis ravi d'être votre hôte pour ce soir, vous allez écrire sur cette vidéo.

Vous avez 1 heure pour exploiter ce thème au mieux soit jusqu'à 22h30.

Vous posterez vos créations dans ce sujet, bien sûr essayez de respecter le temps qui vous est imparti sinon et bien ce chronochallenge n'en est plus un.  

Ensuite après avoir posté vos œuvres voilà le moment tant attendu : le vote !

Pour voter c'est simple indiquez clairement ici quel a été votre texte préféré, si possible avec une petite explication du pourquoi, vous n'êtes pas obligé de faire un pavé mais une ou deux lignes ce serait gentil.

Vous pourrez voter jusqu'à demain 21h00 date où le gagnant sera annoncé.

Si vous avez aimé, le Challenge c'est tout les samedi et mercredi même heure.
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Silenuse

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Masculin Balance Messages : 1797
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Humeur : pouet

MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°10 : lightbulb [vidéo]   Mer 29 Juin 2016 - 22:14

– Viens là !

On entend des bruits de pas marteler le parquet.
Des portes sont brisées dans un fracas orageux.
La lumière sélène peine à ravir les corps des deux hommes en course.


Pan !
Le bois craque la lumière fugace.
Crac, crac, crac.
Pan !


– Arrg !

L’homme s’effondre violemment par terre.
L’autre homme se montre, éclairé par cette même obscurité qui parcourt le couloir glacial. Un trait de lumière éclaire la pointe de son fusil animé par la haine.
Dehors, on voit les nuages tituber dans la rondeur de la pleine lune comme des pèlerins tenaces face à la terreur des jours.


– Tue-moi !
Vas-y ! Tu n’attends que ça !
Tue-moi !

L’autre homme avance d’un pas lourd de ses rangers salies par le temps.


Crac !
CRAC !
Le parquet s’effondre sous les deux hommes.

– Aaaaaah !

Leur chute découvre un sous-sol de béton, illuminé faiblement par une ampoule en peine.

– Arrrg !

Il a une plaie béante dans son mollet droit. Du sang coule à flot et file sur le béton froid qui gît sous son corps exténué.

– Regarde-toi, Max.
J’ai toujours voulu te voir comme ça.
Pitoyable,
pire !
T’es plus rien, Max,
regarde-toi !
Tu vas payer !

Il lui tire dans le deuxième mollet.

– Arrrg…

Silence.
On entend le cliquotement d’une ampoule affaiblie qui contemple la scène d’un amer regarde.


– Je t’ai traqué toute ma vie, Max,
J’ai tout plaqué,
ce qui me reste,
ma femme, ma maison, mon boulot,
tout ça pour toi,
pour toi, Max,
je l’ai fait pour toi,
pour te voir,
pour te trouver,
enfin,
te contempler de mes yeux -
une dernière fois ! -
en finir,
en finir avec toi,
Max !
Max !

– Je les ai pas tués,
j’ai pas tué tes gosses,
non…

– Tais-toi !

Il tire.

– Arrrg…

Cliquotements.
On voit à peine les visages des hommes,
on ne les voit que d’un trait de lumière pâle,
seule lumière.


– Tu étais là il y a 8 ans,
j'ai vu ta silhouette à travers la fenêtre quand je rentrais chez moi,
eux, ils y étaient,
tu les gardais, Max.
Pourquoi ?!

– Je...

Il tire.
Clic, clic.
Les cliquotements sont de plus en plus épars.
On ne voit presque plus rien, tout est nuance de gris et de sang.


– Je...
Je les ai sauvés, Thomas...
Je...

Noir, il n'y a plus rien,
rien,
noir...


Clic.


– Regarde-moi une dernière fois, Max,
regarde,
je veux que tu me voies...

Clic.

Max détourne la tête.

– Regarde-moi !

Il tire à côté.
Encore.


– Je...
Clic.
Je peux plus me lever...
Thomas,
je voulais...
aider tes gosses...
Clic.
Clic.
Moi, j'avais rien.
Rien,
j'avais rien...

– Je m'en fous ! Je m'en fous !

Il tire.
Clic.
Noir.


– Arrrrg !

Silence.
Plus rien.
Plus de lumière.


– Je voulais te voir, Max.
Te voir devant moi,
comme ça, à terre,
comme un ver égorgé
immaculé de sang,
c'est comme ça...
comme ça que je voulais te voir.

– Aaah...

Et la lumière sort du canon.




------------------------------------------------------------------------------------------------
pouet




Ah oui, j'écris des trucs aussi
Tutos : Versification & Rythme
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Invité
Invité



MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°10 : lightbulb [vidéo]   Mer 29 Juin 2016 - 22:23

Dans l'obscurité répugnante d'une cave, empuantée de sueur et de bile, les habitants grouillent, rampent et se tordent. Ils rient de leur bouche déformée, s'arrachent les cheveux avec lenteur. Là, un être malingre est agité de soubresauts niaisement béats, ici, un vieillard enferme entre ses rides une cigarette aux effluves un peu trop doucereux. Les créatures qui peuplent cet endroit respirent de l'air vicié, des parois suintantes et des crachats. Englués dans cette parodie de monde, ils croient vivre, yeux révulsés, verge glissante tendue au tout-venant, n'espérant rien... qu'un peu de poudre encore.
L'amour et l'eau fraîche circulent pour quelques pièces, les cigarettes se taxent ou se volent, s'agrippent, se lancent de l'un à l'autre.
Se perdent au fond des poches.
Parfois un train fracasse le silence pesant. Les quelques demeurés encore bipèdes se mettent à hurler dans le vacarme, et lui envoient des projectiles jusqu'à trébucher dans leurs carcasses de bouteilles. Rires hystériques, chute, gémissement d'un blessé.

Un junkie, recroquevillé dans un coin de mur, se balance obstinément.

Cette grotte est emplie de bruit ou de silence, quand tout résonne, y'a pas d'entre-deux. Les engueulades, les halètements, les plaintes des crevards lamentables qui se traînent dans la crasse, ça tombe dans tes oreilles et ça vient te grignoter le cerveau quand t'essaye de plonger dans un coma provisoire. Ces piafs entre deux trips, tous ces corps flasques qui se serrent dans des loques, ils se terrent contre les angles bétonnés comme des petites proies. Pour s'appuyer d'abord, puis ça glisse vers le sol petit à petit jusqu'à se faire dégager. Une marée de corps languides qui monte à l'assaut des murs, inlassablement. Ca se renouvelle. Mais c'est beau, c'est langoureux, regarde ces corps décharnés sous la lumière agonisante. Elle aussi s'échoue d'ailleurs, alors on phase, on regarde l'ampoule : juste quand tu crois que la lumière va se rallumer, elle trébuche et meurt.

Pour toi aussi ?
T'inquiète.
Rien n'est très difficile, quand on s'est perdu au cœur du monde. Prend un peu de LSD, on offre la première prise pour les nouveaux comme toi. Viens avec nous.


Dernière édition par Mélodie le Mer 29 Juin 2016 - 22:29, édité 2 fois
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Titi

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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°10 : lightbulb [vidéo]   Mer 29 Juin 2016 - 22:26

ECLATER DE RIRE

Princesse de verre,
Ton ventre gazeux,
Fait des heureux,
Quand tu nous éclaires.

Vissée, ou suspendue,
De forme allongée, ou charnue,
Ta bouche de carbone se la joue fine,
Alors que son sourire nous illumine.

Ton lobe, globuleux,
Protège d’une soirée nébuleuse,
Au manoir les peureux,
Durant leur exploration, nerveuse.

Ils deviennent craintifs
Quand ta joie s’amenuise.
Entends leurs gémissements, plaintifs,
Alors que ta chaleur s’épuise.

Ton rire, saccadé, annonce ta fin.
Clignotement hasardeux :
Le dernier scelle ton destin !
Ils ne sont livrés plus qu’à eux...
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http://je-seme-des-poemes.skyrock.com/3113348789-Index-des-poeme
helio

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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°10 : lightbulb [vidéo]   Mer 29 Juin 2016 - 22:29

Une séance dans la lumière


- Comment allez-vous aujourd’hui Bernard ?

Le docteur Alberstein, assis de la posture professionnelle dont il avait l’habitude - comme tous les psychologues - regardait son patient avec une certaine appréhension. Cela faisait 3 mois que Bernard s’obstinait à ne pas vouloir parler.

Il semblait cacher un secret, mais lequel ? il résidait dans la clinique et tous ses faits et gestes étaient connus. Autrefois, Bernard avait confiance envers son docteur, mais depuis 3 mois il devenait de plus en plus suspicieux.

Aujourd’hui, Bernard était assis sur le fauteuil, les genoux contre la poitrine. Il se comportait comme si le docteur n’était pas là. Il l’ignorait.

- Et bien ! J’ai cru comprendre qu’une sortit au musée est prévu pour demain. Est-ce que cela vous plaît ? Reprit le médecin.
- Oui, docteur ! Ce sera très intéressant, répondit le patient le regard perdu dans les profondeurs de la fenêtre.
- Vous faites encore ce rêve ? Celui où des extraterrestres vous kidnappent ?

Bernard réfléchit un moment, après tout ce temps de mutisme, il décida de se confier. Le docteur remarqua le subtil changement d’attitude du patient et l’encouragea d’un signe de tête.

- Ca fait des mois, depuis mon arrivé vous ne cessez de me répéter que ce sont des rêves.
- Je sais que pour vous cela semble très réel, mais ce sont des rêves et plus tôt vous l’accepterais plus vite vous sortirais d’ici.
- J’en ai fait un autre il y a trois mois.
- Vous voulez en parler ?
- Qu’importe, vous ne me croirez pas.
- Racontez-moi quand même ce rêve.

Bernard hésita, mais devant l’autorité en face de lui, il ne put résister et se mit à raconter son rêve.

- Cette fois-ci il y avait plein de lumière de toutes les couleurs, elles m’aveuglaient et je n’arrivais pas à distinguer les formes autour de moi. Au bout d’un certain moment, j’ai entendu une voix dans ma tête qui me parla. C’était la première fois, d’habitude il ne faisait que m’observer.
- Et que disait cette voix ? interrompit le médecin très intéressé pas r ce récit.
- Je ne m’en souviens pas, c’était des mélanges de mots sans queues ni têtes. Mais ce que je sais c’est qu’en me réveillant je savais des choses que personne ne sait.
- Quel genre de choses ?
- Des connaissances en physique surtout.
- Je crois me souvenir que vous êtes astrophysiciens, donc cela est normal que vous sachiez plus de choses en physique que la plupart des gens.
- Non, non. Ce n’est pas ce genre de choses. Des connaissances que la science actuelle ne pourrait même pas comprendre.
- Vous pourriez me donner un exemple ?

Encore une fois, Bernard se retira dans le mutisme. Le docteur préféra ne pas le brusquer et attendit. Le patient finit par reprendre la parole.

- Que savez-vous de la lumière ?
- Que c’est de l’énergie et que rien ne va plus vite qu’elle si mes souvenirs sont justes.
- Maintenant je sais exactement ce qu’est la lumière et le pouvoir qu’il renferme. Prenez une ampoule, vous n’avez pas idée de la puissance qui s’en dégage, mais les hommes ne savent pas l’exploiter. On pourrait alimenter toute une ville avec la lumière émanant d’une ampoule.

Le médecin nota que Bernard s’était exclu des hommes, ce n’est pas bon signe. Son état semble s’aggraver. Il décoda d’éprouver la logique du patient pour voir jusqu’où il irait.

- Et comment pourrait-on l’exploiter selon vous ?
- Elle pourrait permettre de se déplacer d’un point à un autre à la même vitesse que la lumière.
- Mais je croyais que seule l’énergie et non la matière pouvait se déplacer à cette vitesse.

Bernard ignora la remarque du médecin. Il regarda un instant l’ampoule puis sourit.

- Nous ne sommes pas prêts, déclara-t-il comme pour lui-même.
- Pas prêts ? expliquez-vous.
- Je pourrais vous faire une démonstration, là tout de suite si vous le voulez.

Alberstein fut pris de court. Il ne s’attendait pas à une telle proposition. Mais il comprit que son patient n’abandonnerait pas ses idées si personne n’est témoin de son échec. Alors il accepta.

Bernard prit une chaise qu’il plaça sous l’ampoule du bureau. Toucha l’ampoule allumée et se rassis. Voyant que rien ne s’était passé le docteur reprit la parole.

- Alors cette démonstration ?
- Je vous ai montré, mais vous n’avez rien vu. Je suis parti en chine et suis revenu immédiatement.

Le médecin décida après avoir discuté avec Bernard de mettre fin à la séance. Il n’était pas possible de le contredire. Il faudra qu’il suive son cas de plus près.

Il s’enfonça dans son fauteuil. Le silence régnait dans la pièce et le regard pensif il fixait obstinément la chaise qu’ils avaient laissée sous l’ampoule. Il remarqua alors de la terre. Or les chaussons donnés au patient sont propres et ne sont utilisés qu’à l’intérieur de l’établissement.

D’où venait cette terre ?
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Pantouffe

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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°10 : lightbulb [vidéo]   Mer 29 Juin 2016 - 22:35

Fais fonctionner l'ampoule. Tu peux créer des étincelles si tu y mets du tien. Il faut déverser de la substance dans cet acte de volonté pure. Il faut se déverser, soi, allumer ses entrailles pour en tirer des gaz magiques, provoquer l'ébullition de tes fluides intimes pour en tirer des puissantes volutes ; un brouillard âpre incendiaire, crépitant d'énergie. Il y a du pouvoir qui sommeille dans les nœuds charnus du ventre, un carburant né des jus qui clapotent au fond de l'abdomen...
C'est ce qu'a dit cet homme. En substance. Cet homme sait beaucoup de choses. Il a des yeux immenses et des sourires voraces, des oreilles béantes sous sa crinière immonde : son anatomie est celle d'un gars remplis d'une sagesse foisonnante, le genre qui bourgeonne en mélopées embrouillées sur la langue, et qui s'entortillent à l'arborescence névralgique pour donner de l'ampleur et de la force aux gestes. Comme une valeur-ajoutée au réseau entortillé des nerfs. Il inspire la confiance et la peur cet homme- révérencieuse la peur, évidente. On respecte les hommes tel que lui. Ils ont des gueules qui ressemblent aux tables de la loi, avec les dérapages malséants de leurs traits emmêlés, le plis confiant de leurs lèvres impudentes, les entailles foliaires parcourant leur peau incrustée d'une crasse parfumée dans les bras de poussière de la route. Leurs blessures racontent un tas d'histoires. Leurs mains aussi. Et leurs silences. Et leurs voix ; toutes les voix qu'ils ont dedans la gorge, dans le fourreau emperlé du gosier. Une voix pour parler, une voix pour conter. Une voix pour chuchoter, une autre pour hurler.
C'est de sa voix d'escroc qu'il a dit au gamin : fais buller tes entrailles mon garçon, il y a dans ce tas de tripaille opulente emballé dans ton ventre, une énergie que tu ne soupçonne pas. Tu es plein de sucre mon petit lokoum, tu n'es que de nougat et de miel ; et le sucre est le carburant du corps. Garde l'ampoule entre tes mains, concentre toi. Allume ton ventre au briquet du désir, rêve aux vrilles ensorcelantes des sucs gastriques en train de s'évaporer. Si tu te concentre bien, si l'envie est assez forte, si tu réveilles la magie de tes tripes, alors l'ampoule va s'allumer. L'ampoule va s'allumer gamin, entre tes paumes toute blanches... L'énergie va passer par tes doigts d'enfant-gâteau, rouler sous tes ongles nacrés. Tu vas sentir un vertige. Et l'ampoule va briller.
Il y a cru. Il y avait tant de succulent mysticisme en cette voix. Tant de profondeurs occultes, tant de nuances chaudes, de replis vibratoire... Tant de volonté. La volonté de lui faire croire que tout était possible. Que l'ampoule pouvait s'allumer, enfin de compte. Car il y a une force nébuleuse dans les mots et dans la conviction, une énergie absurdement puissante. Car cet homme devait bien le connaître, le secret pour tirer du ventre d'un garçon la magie endormie... Il devait pouvoir révéler, en plaçant sa confiance entre les mains boudinées de ce gamin pétris de gloutonnerie, une sorte de splendeur intrinsèque, la beauté sublime et orgueilleuse des entrailles ; ainsi que ses pouvoirs. Les pouvoirs hypnotiques des intérieurs humains.
Le gamin veut bien croire à ces charmants mensonges. Il est bien plus aisé d'y croire que de regarder en face le taudis crasseux où s'est échoué sa mollesse intrépide, sa rousseur blondoyante transportée d'inconscience. D'innocence. Bienheureuse candeur enfantine, pétrissant encore de ses doigts patients un cerveau légèrement arriéré- car il n'a jamais été bien malin cet enfant. C'est la raison pour laquelle il a fuit dans les rues quand sa vie a pris des détours trop morbides. Quand les chants frénétiques de Papa et Maman sont devenus un peu trop salissants, que leur passion s'est mise à gicler sur les murs. Et que les bleus ont dégouliné comme des aquarelle sur son corps aussi tendre et mousseux qu'une pâtisserie, meurtrissant la tendresse intolérable de ses membres d'enfant. Quand Tirrill, grande Tirrill aux longues mains vives, s'est mise à joueur aux décorations de noël suspendue au plafond- sûrement lassée d'être toujours sérieuse, de répéter "Ne t'en fais pas Missou, tout va aller Missou, viens dans mes bras, ils jouent, ils chantent. Viens là, on dessine Missou. Ne fais pas attention."
Elle a voulu se délester de son sourire figé, de son teint blême. Tirril s'est mise un collier autour du cou, un collier qu'elle a passé également à la poutre de leur chambre. Pour jouer sans doute. Comme jouaient les parents en chantant dans le salon. Comme jouait Fanny en s'échappant le soir. Rien qu'un jeu de plus dans leur maison si pleine de bruits et de mouvements. Misael ne s'en est pas inquiété au départ. Il a regardé Tirril se balancer en faisant des grimaces- il lui a répondu, tordant sa gueule croquée de rousseur de moues délicieusement bougonnes. Mais Tirrill n'a pas voulu descendre du plafond quand il a commencé à lui dire qu'il s'ennuyait. Quand il fait sa crise. Quand Maman est entrée dans sa chambre. Quand Maman s'est mise à chanter très fort, sans Papa. Elle a continuer d'osciller avec ses longues mains froides, indifférente, persistant à tirer une grosse langue avec une gueule bouffonne.
Et Fanny n'était pas là. Et Maman s'est mise à chanter en s'arrachant les cheveux. Des grosses touffes de cheveux dans un ouragan lacrymale et morveux. Elle était disloquée de tremblements. Tout ça... C'était un jeu d'adulte. Misael a pris peur.  Ce n'était pas de son âge.
Misael s'est enfuis. Et de si petites jambes n'auraient pas dû le porter aussi loin. Mais le fait est qu'il est là désormais, dans le squat aux murs léchés de peintures et de tags. Le fait est que cet homme, celui qui l'a aperçu blottis sous un banc, qui lui a pris la main et l'a mené ici, cet homme là aux yeux de hibou et à la voix d'orgue, lui a mis entre les mains sa confiance cristallisée d'adulte. L'ampoule. Une rondeur si grisante, faisant écho aux courbes de ses joues. Un parfait morceau de joie cristallisé, un éclat de lumière, incorruptible, délicieusement transparent.
Et tandis que cet homme à la gueule ensevelie de barbe le couvre d'un œil immuable, marmonnant à l'oreille d'un grand badin androgyne à la crinière pourprée et aux traits impassibles, front festonné de fleurs, bras tintant de breloques, Misael fait mine de ne voir que l'ampoule. Il se convainc qu'il pourra l'allumer. Il y croit, comme il a cru aux mensonges de Tirril.

-Garde le bien à l’œil Poppy. Surtout surveille moi ce môme là. Je dois aller trouver le p'tit Snow- je sais où il traîne à cette heure. Son oncle est flic. Son oncle le ramènera, lui. Mais ne t'avise pas de le perdre ce gamin, hein ? Garde le là. Il y a trop de rondeurs chez ce môme pour que la nuit résiste à lui croquer dans le bide.

-Oui.

-Je compte sur toi.
Et cet homme se tourne. Il regarde l'enfant concentré sur l'ampoule. Il y a une compassion infinie sur sa gueule escarpée. Il se penche, et une de ses grosse mains balaye la tignasse orangée.
N'oublie pas gamin. Ferme les yeux, et concentre toi sur ton ventre. Ecoute le, chatouille le de l'intérieur, avec la langue infiniment délicate de ton esprit. Et l'ampoule s'allumera. Parce-qu'il y a de la magie en chacun de nous.
L'enfant acquisse d'un air grave. Il ferme ses paupières. L'image de l'ampoule persiste un instant dans la noirceur grouillante.
Et cette image vibre d'un millier de couleurs.

------------------------------------------------------------------------------------------------
We are not affraid, let the night come.

If the Story is over... Split on the ashes... It's time to run away... Where is the light, wonder if it's weeping somewhere ?
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°10 : lightbulb [vidéo]   

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