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 La grève (Ayn Rand) [critique de livre]

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MessageSujet: La grève (Ayn Rand) [critique de livre]   Dim 10 Juil - 13:29

Je poste ça là vu que c'était là ou on postais les trucs avant, si notre admin bien aimée veut créer un autre endroit pour présenter des livres (que je vais probablement alimenter d'un livre par deux jours), elle est libre :)




Qui est John Galt ?
C’est sur cette étrange question que commence le livre la grève (en anglais Atlas Shrugged, soit Atlas haussa les épaules) D’Ayn Rand. C’est le second livre le plus influent de l’histoire des Etats-Unis, (le premier étant la bible, ce qui est assez amusant, puisque la grève est sa totale opposition). Et probablement le livre qui m’a le plus influencé depuis le zéro et l’infini de Koestler. Je n’ai jamais autant voulu agir, écrire, depuis que je l’ai lu.
Qui est John Galt donc. C’est la question dramatique du livre, la première ligne que vous lirez et celle qui doit revenir le plus tout au long du récit, utilisé comme question de la part des protagonistes ou comme expression, sinistre et névrosé dans un monde qui se délite, pour se demander « à quoi bon » ; « pourquoi agir ». Et c’est à ces deux question que l’auteur va répondre tout du long de son récit, nous enseignant l’art du mystère à sa façon de dévoiler, pendant les presque 1200 pages qui font son récit. Pour nos rappeler que la réponse tant à l’homme qu’à l’expression qu’il a donné est bien réel.
En soit, nous suivons un certain nombre de protagonistes tout du long de l’œuvre. Dagny Taggart est une héritière d’une compagnie de chemin de fer et qui se bat pour la rendre toujours pérenne et efficace. Hank Rearden est un entrepreneur, un sidérurgiste qui a inventé un nouvel alliage plus résistant que l’acier et moins cher. Il se bat selon la logique de l’entreprise pour faire profiter au monde son travail et en être récompensé. Francisco D’Anconia est un autre héritier, l’un des hommes les plus brillant de la terre, et il mène délibérément son entreprise à la ruine.
L’autre protagoniste est la société, lui qui pue d’un triste assemblage d’altruisme où les hommes battent à froid les entrepreneurs leur reprochant leur égoïsme, leur envie de richesse, leur droit à la propriété.  Pour eux, il faut agir, non pas pour soi, mais pour l’intérêt commun, dans un monde qui semble s’abandonner au communisme et vivant aux crochets de l’Amérique. C’est le besoin des hommes et non leur mérite qui devrait régir le fonctionnement d’un état affirment-ils. Une caricature présenté ainsi mais qui ne prend forme qu’à travers une lente évolution des hommes qui la représente, des lâches, incapable de comprendre grand-chose.
Alors, en réponse à cette déliquescence de l’esprit, à cette réfutation de la raison, les hommes capable, ceux qui se battent contre des moulins, Don Quichotte moderne, font le choix de la raison, puisque le monde leur affirme ne pas avoir besoin d’eux, que c’est le peuple et ces besoin qui prime et non l’homme et ses valeurs et son travail, ils leur répondent avec une effronterie innocente : Chiche ! Et disparaissent, ils partent faire grève loin des hommes, créant leur paradis dans l’instant et se rappelant que l’altruisme n’est jamais qu’une conséquence et surtout pas un moteur.
La résolution est donc celle que l’on présuppose dès le début et qui en fait tient dans un serment
Je jure sur ma vie et sur l’amour que j’ai pour elle, de ne jamais vivre pour les autres, ni demander aux autres de vivre pour moi.

Le livre s’attaque notamment au culte de la souffrance que l’on peut trouver dans notre réalité. Ainsi, on peut lire

« Faut-il toujours aider son prochain ? Non, si celui-ci le revendique comme un droit ou une obligation morale à laquelle vous seriez soumis. Oui, si c’est votre désir fondé sur la joie égoïste que vous procure sa reconnaissance et ses efforts. Souffrir en soi n’est pas une valeur ; le combat de l’homme pour ne plus souffrir en est une, en revanche. Si vous choisissez d’aider un homme qui souffre, faites-le parce qu’il le mérite, ou parce qu’il fait ce qu’il faut pour aller mieux, parce qu’il a déjà prouvé qu’il était un être raisonnable, ou bien parce qu’il souffre injustement. Votre action deviendra alors un échange puisque les vertus de cet homme lui vaudront votre aide. Mais aider un homme qui n’a pas de vertus, l’aider uniquement parce qu’il souffre, accepter ses fautes, ses besoins comme des revendications, c’est accepter qu’un moins que rien détienne un hypothèque sur votre système de valeurs. Un homme qui n’a pas de vertus est un ennemi de la vie dont les agissements sont mortifères. L’aider, c’est cautionner ce qu’il a de plus mauvaise en lui, c’est soutenir son œuvre de destruction. »

Qu’est-ce que j’i pensé de ce livre ? Tout d’abords, qu’il faut le lire en gardant son esprit critique. Ayn Rand précise que les pouvoir régalien d’un état sont au nombre de trois, la justice, la sécurité intérieur et la sécurité extérieure. Ce à quoi on pourrait objecter qu’il y manque la santé, l’éducation et les retraites…

Pour le reste, je vous dirais : lisez-le. La traduction française à tarder à venir, pour un livre de 58, elle n’est arrivée qu’en 2009. Et pourtant qu’est-ce qu’on a besoin de le lire, de se nourrir de cette force de volonté des héros tels qu’ils sont présenté : Opiniâtres, courageux, ambitieux et intègres.
Et le lire c’est se rappeler que les choses ont une valeur et le monde une raison. Que les sentiments n’ont pas d’incidence sur la logique, qu’aller au bout de son objectif, c’est ça notre droit au bonheur.
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Silenuse

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MessageSujet: Re: La grève (Ayn Rand) [critique de livre]   Dim 10 Juil - 15:03

plajia la vi d Silenus
c nul
:PFFRR:

SINON, je dois vraiment le lire, il m'a l'air SUPER intéressant et très réfléchi.
Puis bon, je pense déjà un peu comme ça :unjournormal:
Je me le chope et je lirai !

------------------------------------------------------------------------------------------------
pouet




Ah oui, j'écris des trucs aussi
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MessageSujet: Re: La grève (Ayn Rand) [critique de livre]   Dim 10 Juil - 18:40

Alors
Hm
Et
Rehum

J'attends mes royalties pour la vie de silenuse, arriviste !

Tu me diras ce que tu en as pensé
:)
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Silenuse

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MessageSujet: Re: La grève (Ayn Rand) [critique de livre]   Dim 10 Juil - 18:41

Vas-y wesh, il prend la grosse teuté.
AHDE AHDE

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MessageSujet: Re: La grève (Ayn Rand) [critique de livre]   Dim 10 Juil - 19:42

T'as vue :D
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Yggdarsil
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MessageSujet: Re: La grève (Ayn Rand) [critique de livre]   Mar 12 Juil - 8:56

Est-ce que ça dit bien : "Il n'y a pas à aider ceux qui ne font rien pour se relever" ? Mrmr. Enseigner l'existentialisme ou même le spinozisme à un dépressif, ça peut sauver une vie, même s'il ne fait rien par lui-même (parce qu'il est justement dans l'incapacité de le faire, è.è). Et pareil, j'ai tendance à croire que les gens attendent d'un héritier qu'il exploite des notions de marketing -de la tarte, pour lui- pour dire qu'il fait des efforts, alors qu'ils attendent exactement la même chose d'un clochard pour dire qu'il a fait un effort de même envergure, quand sa condition même de clochard implique qu'il ne connait rien au marketing, et que s'il fait des efforts réels pour lui, ils resteront définitivement invisibles aux yeux des autres. Ce petit extrait me donne beaucoup à réfléchir, étant littéralement contre l'idée qu'il promulgue (en tout cas celle que je perçoit) qui semble tourner dans le paradigme infernal (et foncièrement biaisé) du "Les pauvres n'avaient qu'à travailler". Mais je me trompe peut-être, (j'espère!) alors, si tu pouvais me faire une réponse rapide...

------------------------------------------------------------------------------------------------
Il est des gens qui sont là. Comme ça. En vrai. Et d'autres dont la présence est un mensonge. Une illusion. Efficace, quand elle trompe tout le monde. Ridicule, quand elle ne trompe que son porteur. -Lyonel Trouillot, Kannjawou

Proverbe Nocturnien : Wû Horör, wees qsüj gnü ubo wik s'wee kleesee kvieiir wâ krefüzâ d'wi kraork...

orgie de .-.
.-- .-- .-- .-.-.- .---- ----- --.- ....- ---.. .-.-.- ..- -. -... .-.. --- --. .-.-.- ..-. .-.

http://vocaroo.com/i/s1fCLpFwvSv0


#TextedeYgg
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MessageSujet: Re: La grève (Ayn Rand) [critique de livre]   Mar 12 Juil - 11:51

La théorie de AYn Rand s'appelle l'objectivisme
(copié wiki)
L'objectivisme soutient que :
  1. la réalité existe indépendamment de l'esprit de l'observateur (« réalité objective ») ;
  2. les individus sont en contact avec cette réalité à travers la perception de leurs sens qui permettent la formation de concepts suivant un processus logique inductif et déductif ;
    l
  3. 'intention morale de l'existence est la poursuite du bonheur ou de « l'égoïsme rationnel » ;
  4. le seul système social compatible avec cet objectif moral est le laissez-faire capitaliste ;
  5. le rôle de l'art dans la vie humaine est de transformer une idée métaphysique en reproduction sélective de la réalité, dans une forme physique, qui puisse être comprise et générer une réponse émotionnelle.


Pour l'auteur, il n'y a pas d'héritier, elle pense en tant que Self made man et c'est vrai que les états unien ont tendance à laisser peu à leur enfants. On se fait tout seul et l'on échoue tout seul. C'est une pensée qui n'est pas nouvelle un proverbe arabe disant
Citation :
A quoi bon se lamenter, ce qui vient à nous vient de nous

Mais en fait, tu prends le problème tu mauvais côté, sous le prisme de l'altruisme: Un être souffre, je suis en capacité de l'aider, le dois-je?
Ayn Rand écrit tout du long de son livre, qu'on a pensé un impératif moral qui nous force à agir. Et on exige des plus capable de travailler non pas pour eux mais pour les autres. L'extension de cette altruisme au système étant le communisme.
Alors elle renverse le paradigme et elle dit "je suis partie mineur, à force de travail, de sacrifice et d'invention, je suis devenue le plus gros entrepreneur du pays. Est-ce que je dois aider les autres? Il n'ont rien fait pour moi alors que je le devais, au contraire, maintenant, ils me onsidèrent malhonnête pour mon argent"
Elle explique surtout que à partir du moment où un être se définit par sa souffrance et veut être perçu à travers elle, c'est qu'il l'a chérit et qu'il est plus ou moins perdue

Alors, il y a l'idée de "les pauvres n'avaient qu'à travailler", mais pas comme tu le perçois.
Pour Rand, les entrepreneur sont des Atlas qui portent le monde sur leur épaule. Puisqu'on ne peut pas faire crédit en matière de consommation, on doit produire et c'est eux, et seulement eux, par leur innovations, par les possibilité de travail qui rendent cette production possible et ils sont récompensé en punition. On les dit exploiteurs de la masse, alors qu'en soit, il ne lui ont rien demandé, il ont fait un effort qui profite aux autres par ruissellement dans la création d'emploi (la théorie que Reagan à détruit lors de son élection en considérant que ça marchait aussi pour la bourse ><).
Et c'est là la réponse à ta question, pour qu'il y ait justice, il faut qu'il y ait égalité. D'un côté tu as le clochard, qui n'a rien et qui vit de l'aumône et qui donc "exige" une aide, de l'autre, il y a l'homme qui s'est fait seul et qui est considéré comme froid, exploiteur et égoiste, mais qui devrait donner sans attente de retour.
Enlever la douleur du clochard en lui offrant en travail, ils peuvent le faire, mais il n'y récolterons que punitions parce qu'ils exploitent.
Il suffit de voir les pages facebook à la mode pour le vomir "faisons les poches aux 500 familles" "tuons les riches".
Quoi qu'un riche fassent, on le considérera mal. Alors, pourquoi, il devrait agir pour sauver ce clochard? Parce qu'il en est capable? Mais si tu n'est pas capable de te relever toi même, tu vas retomber. Pour autant, dans le livre, les protagonistes font souvent l'aumône aux clochards qui ne sont pas vu comme les profiteurs mais comme des pauvres hères qui ne demandent qu'à survivre une nuit de plus. C'est plus ceux qui réclament sans mérite et ceux qui pensent que ce qui doit motiver un homme c'est l'altruisme qui sont vu comme dangereux


Si tu veux aider pour ta conscience, parce que c'est ce qui te rend heureux, tu peux le faire. Mais tu n'as aucune obligation morale à le faire.

Après, comme je l'ai dit, il faut garder son esprit critique, Ayn Rand l'a écrit dans un temps où le communisme effrayait pour son potentiel destructeur plus que par sa stupidité comme aujourd'hui. Mais je trouve qu'elle touche juste sur ce point là: Ce qui sont capable doivent endurer pour ceux qui ne le sont pas. C'est quelque chose que j'ai souvent vécu, l'impression de porter milles passagers clandestin sur les épaules. Et elle pose la raison en logique suprême, ce qui dit que dans ce cas, la meilleur solution, c'est de les laisser à leur sort ou de continuer, parce que tu en est capable

Personnellement, je ne sais pas quoi répondre, chaque homme est responsable de sa souffrance et on peut aidé certains, puisque l'homme est un animal social. Mais tu ne doit jamais exiger d'un homme qu'il aide le monde entier. Et donc ériger l'altruisme en principe morale, c'est épuiser l'homme qui veut être chevalier à le voir tenter d'arrêter une cascade avec ses mains tout en étant critiquer sur la couleur de son pull.
On a un droit au bonheur (rpz benjamin Franklin) et ce droit au bonheur, il est égoiste, c'est toi et toi seul qui te rend heureux. Je n'ai jamais connu un tel sentiment que lorsque j'ai mis un point final à léviathan. C'est ton travail et tes objectifs qui te permette de l'atteindre ce droit au bonheur. Et ça fait longtemps que j'estime les hommes en fonction de leurs actions et de leurs objectifs
Ca a répondu à ta question?
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La Lapine Cornue
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MessageSujet: Re: La grève (Ayn Rand) [critique de livre]   Mar 12 Juil - 13:48

Citation :
Mais si tu n'est pas capable de te relever toi même, tu vas retomber.

C'est faux AHDE
C'est un raccourci logique et bien pratique, je l'admets, mais dans la pratique, c'est faux (je dis pas en permanence bien sûr. Mais c'est pas une loi universelle. J'ai remarqué (à des niveaux aussi divers qu'un travail scolaire à faire, un projet personnel à terminer, un boulot à chercher ou bien même l'amélioration d'un état dépressif) que souvent une pichenette suffit pour relancer la personne. En quelque sorte, il lui manque l'élan. Donne-lui l'élan et elle trouvera la force de faire le reste.

Le livre a l'air intéressant et réfléchi et tu l'expliques bien, mais tu as bien compris que je n'étais pas du tout d'accord :-p
En fait ce truc (d'après ce que j'en lis ici) semble réduire les êtres humains à des lois universelles, à une sorte d'assemblage de logique et de "points de mérite" comme on pourrait dire ça x)
En fait j'ai l'impression désagréable qu'elle leur retire leur statut d'individu.

Et puis d'abord, j'ai jamais compris ceux qui soutenaient que "travaille et tu réussiras". Un homme ne se construit pas que par ses actions. La chance  - le hasard quoi - a une part tout bonnement énorme. Tu peux bosser, élever quatre enfants, perdre ton emploi, en chercher en vain et crever dans la rue. Tu peux faire jouer tes relations et arriver au pouvoir en deux claquements de doigts. Sur quoi peut-on se permettre de juger quelqu'un qui fait la manche dans la rue ? Est-ce que ça nous dit seulement qui il est et ce qu'il a fait avant ? Est-ce qu'il mérite ce qu'on lui donne ou pas, est-ce qu'il va s'en servir pour autre chose qu'acheter une bouteille de bière - est-ce qu'il peut seulement s'en servir pour autre chose.

Je suis d'accord que c'est idiot de vouloir sauver tout le monde. (j'aime ta métaphore de l'homme et de la cascade et de la couleur de son pull x))
Mais c'est pareil, cette métaphore implique quelque chose qui me dérange. Que si tu fais quelque chose d'altruiste tu ne récoltes qu'un effort supplémentaire et des critiques extérieures, donc au final c'est que du négatif. Et ça implique aussi de baser ses actions sur les réactions qu'elle provoquera (n'essaie pas d'arrêter la cascade, on te critiquera sur la couleur de ton pull ; n'aide pas les pauvres quand tu es riche, on te crachera au visage).

Déjà, c'est bête, quand t'as un minimum de recul et que t'es ni con ni méchant, tu reconnais l'effort titanesque de tenter d'arrêter la cascade et tu vas prêter main-forte au lieu de critiquer le pauvre mec qui s'y colle et qui t'as rien demandé. Alors plutôt que dire "ben va pas essayer de stopper la cascade, idiot que tu es" pourquoi pas dire "ben allez l'aider plutôt que le juger, bande de crétins ". Pour moi le pire truc c'est le jugement. Pas l'altruisme. Mais bon, c'est personnel à chacun.

En fait ça me dérange fondamentalement parce que ses idées jettent l'empathie à la poubelle.
Je veux dire, ça te fait quoi de donner 1 euro à un mendiant quand t'es riche, fut-ce tous les matins ? Sérieusement. Pour toi c'est juste un euro. Un euro que tu as gagné, certes, mais un euro. Il va te servir à quoi, te payer un café ? Pour l'autre, c'est une garantie de survie. Je dis pas qu'il faut toujours donner et patati. Mais au moins reconnaître en l'autre un individu qui souffre. Pas un truc posé au bord de la route qui va t'avaler tes sous. Les idées de l'auteur proclament que ceux qui t'entourent et que le monde en général ne sont que des systèmes qui vont t'apporter du négatif ou du positif et que dois jouer sur cela pour satisfaire ton bonheur personnel. Donc elle réduit les autres individus à des données qui gravitent autour de toi dans ton petit monde. A partir de là, c'est la porte ouverte à l'utilisation libre des autres pour ton profit personnel, et à l'ignorance de leur souffrance.

Honnêtement, l'ignorance de la souffrance, c'est l'un des pires trucs que j'ai vus.

C'était Cornouille à l'appareil, je repars larvouiller ailleurs.

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Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
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MessageSujet: Re: La grève (Ayn Rand) [critique de livre]   Sam 16 Juil - 11:42

Alors, allons y, j'ai mis du temps pour te répondre parce que... je n'en ai pas de temps :p
Cornedor a écrit:
Citation :
Mais si tu n'est pas capable de te relever toi même, tu vas retomber.

C'est faux AHDE
C'est un raccourci logique et bien pratique, je l'admets, mais dans la pratique, c'est faux (je dis pas en permanence bien sûr. Mais c'est pas une loi universelle. J'ai remarqué (à des niveaux aussi divers qu'un travail scolaire à faire, un projet personnel à terminer, un boulot à chercher ou bien même l'amélioration d'un état dépressif) que souvent une pichenette suffit pour relancer la personne. En quelque sorte, il lui manque l'élan. Donne-lui l'élan et elle trouvera la force de faire le reste.
Mais dans ce cas, tu te relève par toi même, tu as pas fait peser tout ton poids sur une personnes, on t'as juste dit debout. C'est ton effort qui a été aidé, pas plus
Citation :


Le livre a l'air intéressant et réfléchi et tu l'expliques bien, mais tu as bien compris que je n'étais pas du tout d'accord :-p
En fait ce truc (d'après ce que j'en lis ici) semble réduire les êtres humains à des lois universelles, à une sorte d'assemblage de logique et de "points de mérite" comme on pourrait dire ça x)
En fait j'ai l'impression désagréable qu'elle leur retire leur statut d'individu.
Alors oui et non.
Le livre part du principe qu'on doit juger l'homme à son mérite au prorata de ces capacités et de son attitude. Quelqu'un qui est con comme ses pieds mais qui est volontaire dans son travail de manoeuvre sera beaucoup mieux considéré qu'un mec qui peut mais qui attend des autres. Le livre dit "agis par toi même, et recommence". C'est pas tant du mérite en fait si on y réfléchis qu'un culte à la résilience et à la volonté

Citation :

Et puis d'abord, j'ai jamais compris ceux qui soutenaient que "travaille et tu réussiras". Un homme ne se construit pas que par ses actions. La chance  - le hasard quoi - a une part tout bonnement énorme. Tu peux bosser, élever quatre enfants, perdre ton emploi, en chercher en vain et crever dans la rue. Tu peux faire jouer tes relations et arriver au pouvoir en deux claquements de doigts. Sur quoi peut-on se permettre de juger quelqu'un qui fait la manche dans la rue ? Est-ce que ça nous dit seulement qui il est et ce qu'il a fait avant ? Est-ce qu'il mérite ce qu'on lui donne ou pas, est-ce qu'il va s'en servir pour autre chose qu'acheter une bouteille de bière - est-ce qu'il peut seulement s'en servir pour autre chose.
C'est ça que j'ai pas expliquer et que j'aurais du. Tu dois pas faire jouer tes relations en fait.L'auteur trouve ça abject, elle part du principe que si tu as su, tu sauras et qu'au bout des épreuves que tu vivras, tu t'en ressortieras. C'est assez utopiste par certains point. Et c'est assez amusant parce qu'elle s'insulte dans le roman tout du long d'idéaliste alors que c'est une pragmatique de la pire espèce

Citation :

Je suis d'accord que c'est idiot de vouloir sauver tout le monde. (j'aime ta métaphore de l'homme et de la cascade et de la couleur de son pull x))
Mais c'est pareil, cette métaphore implique quelque chose qui me dérange. Que si tu fais quelque chose d'altruiste tu ne récoltes qu'un effort supplémentaire et des critiques extérieures, donc au final c'est que du négatif. Et ça implique aussi de baser ses actions sur les réactions qu'elle provoquera (n'essaie pas d'arrêter la cascade, on te critiquera sur la couleur de ton pull ; n'aide pas les pauvres quand tu es riche, on te crachera au visage).

Déjà, c'est bête, quand t'as un minimum de recul et que t'es ni con ni méchant, tu reconnais l'effort titanesque de tenter d'arrêter la cascade et tu vas prêter main-forte au lieu de critiquer le pauvre mec qui s'y colle et qui t'as rien demandé. Alors plutôt que dire "ben va pas essayer de stopper la cascade, idiot que tu es" pourquoi pas dire "ben allez l'aider plutôt que le juger, bande de crétins ". Pour moi le pire truc c'est le jugement. Pas l'altruisme. Mais bon, c'est personnel à chacun.
C'est là aussi un des points du livre, il s'abstient de juger, il se contente de dénoncer (ce qui est une grande différence)
Quand à la pression sociale, mais c'est ce que dénonce le livre, qu'il y en a trop et qu'on doit réserver notre avis à nos actions.Et la raison pour laquelle l'altruisme devient mauvais c'est qu'il est pensé comme un du. Ce qui est génant, au final, si l'altruisme devient un devoir, il perd toute sa gratification et légitime absolument tout, en fait, il suspend ton libre arbitre.
Citation :

En fait ça me dérange fondamentalement parce que ses idées jettent l'empathie à la poubelle.
Je veux dire, ça te fait quoi de donner 1 euro à un mendiant quand t'es riche, fut-ce tous les matins ? Sérieusement. Pour toi c'est juste un euro. Un euro que tu as gagné, certes, mais un euro. Il va te servir à quoi, te payer un café ? Pour l'autre, c'est une garantie de survie. Je dis pas qu'il faut toujours donner et patati. Mais au moins reconnaître en l'autre un individu qui souffre. Pas un truc posé au bord de la route qui va t'avaler tes sous. Les idées de l'auteur proclament que ceux qui t'entourent et que le monde en général ne sont que des systèmes qui vont t'apporter du négatif ou du positif et que dois jouer sur cela pour satisfaire ton bonheur personnel. Donc elle réduit les autres individus à des données qui gravitent autour de toi dans ton petit monde. A partir de là, c'est la porte ouverte à l'utilisation libre des autres pour ton profit personnel, et à l'ignorance de leur souffrance.
Non, justement, l'aumône n'est pas un problème, il le devient dans le cadre du travail, c'est ça que j'ai du mal expliquer et que t'as mal compris. Le cadre de la réflexion du livre c'est le travail. C'est lui qui te définit dans ce monde et le travail ne doit pas devenir un monde de bisounours, c'est un monde d'effort ou un employeur te donne la possibilité de l'aider et donc te t'épuiser contre un salaire. En fait, tu es un produit en travaillant, un produit qui se vend et qui échange sa force de travail contre une production et donc qui gagne un salaire. Si tu amènes l'altruisme la dedans, tu offre du travail à un incapable au détriment d'un capable, tu perd du chiffres d'affaire en plus de payer un salaire. Dans le monde humain, l'auteur se laisse parfois aller à la misanthropie, condamnant les parasitent qui s'agglutinent autour de ceux qui sont capables. Mais pour autant, elle ne prone pas une désocialisation absolu, puisqu'au contraire, les capables se regroupent ensemble en Atlandide pour créer un monde meilleur ensemble. Elle prône le dépassement de soi, la confiance en soi et la force de la volonté. Ce qui rend l'altruisme coupable, c'est sa nécessité et la sécurité qu'il procure. Se dire qu'on peut échouer parce qu'on peut compter sur les autres, ça émousse nos chances de réussites. Tu comprends?
Citation :

Honnêtement, l'ignorance de la souffrance, c'est l'un des pires trucs que j'ai vus.

C'était Cornouille à l'appareil, je repars larvouiller ailleurs.
Mais chacun souffre, comment porter toute la misère du monde sur ces épaules? D'autant que certaines souffrance sont à endurer, quelqu'un qui souffre parce que le monde n'est pas entièrement de sa religion et qu'il choisit de faire un chantage de la grève de la faim pour une conversion de masse, j'ai le regret de te dire que la seule chose que je ferrais pour lui, ce sera le nourrir de force.

C'était Ragne qui est venu comme un vitrier pour tout clarifié
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MessageSujet: Re: La grève (Ayn Rand) [critique de livre]   Sam 16 Juil - 12:30

Ouais bon ok. Je comprends mieux son point de vue. oui

Nan mais patate je parle de vraie souffrance là, pas d'un fanatique qui veut convertir les gens. xD

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Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
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Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

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MessageSujet: Re: La grève (Ayn Rand) [critique de livre]   

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La grève (Ayn Rand) [critique de livre]
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