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 ChronoChallenge n°15 : boussole hésitante [vidéo]

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Ouppo
Fou du roi
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Masculin Lion Messages : 300
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MessageSujet: ChronoChallenge n°15 : boussole hésitante [vidéo]   Mer 20 Juil - 21:24

Bienvenu à cette onzième édition du chronochallenge, je suis ravi d'être votre hôte pour ce soir, vous allez écrire sur cette vidéo




vous avez 1 heure pour exploiter ce thème au mieux soit jusqu'à 22h30.

Vous posterez vos créations dans ce sujet, bien sûr essayez de respecter le temps qui vous est imparti sinon et bien ce chronochallenge n'en est plus un.  

Ensuite après avoir posté vos œuvres voilà le moment tant attendu : le vote !

Pour voter c'est simple indiquez clairement ici : quel a été votre texte préféré, si possible avec une petite explication du pourquoi, vous n'êtes pas obligé de faire un pavé mais une ou deux lignes ce serait gentil.

Vous pourrez voter jusqu'à demain 21h00 date où le gagnant sera annoncé.

Si vous avez aimé, le Challenge c'est tout les samedi et mercredi.
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Silenuse

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Masculin Balance Messages : 1797
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°15 : boussole hésitante [vidéo]   Mer 20 Juil - 22:04

rienàdire.tv c'esttrèspastop.com lol.mdr

Il frappe la boussole.

-- Dis-moi où aller !
-- Hahahaha !

Il la frappe.

-- Promis, je te ramène chez toi, après !

Menteur.

-- Laisse-la tranquille, Hans. Tu vois bien qu’elle est fatiguée.

Il renverse l’intégralité de sa gourde sur la boussole.

-- Hahahaha !
-- Mais t’es con ?

Il regarde fugacement.sa compagne.

-- Maintenant, parle !
-- Hahahaha !

Il jette violemment la boussole à terre, qui se brise en deux morceaux sur un granit rosâtre.

-- Mais t’es con ?
-- Laisse-moi faire.

Il prend son sac.
En fouillant dans les tréfonds de celui-ci, il trouve une boussole.

-- Parle.
-- Hein ? Euh… On est où ?

Il tend son bras poignant l’instrument vers l’horizon.

-- Ah… Euh…
-- Dépêche-toi !
-- Calme-toi, Hans.

Il lance un regard noir vers sa compagne avant de fixer la boussole.

-- Euh… Ben… Continuez 24 kilomètres.

Un temps.

-- Ok.

Il range délicatement sa boussole dans sa poche.

-- C’est parti.

Ils partent, se dirigeant vers ces plaines qui inondent l’horizon.


------------------------------------------------------------------------------------------------
pouet




Ah oui, j'écris des trucs aussi
Tutos : Versification & Rythme
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°15 : boussole hésitante [vidéo]   Mer 20 Juil - 22:14


COMPAS




One shot




Monsieur X est triste depuis quelques temps, ça ne lui était pas arrivé avant. C'est cet état de tristesse incompatible avec la joie de son entourage qui le pousse à s'isoler. Il trouve refuge sous les pierres pierres sinistres d'un blockhaus échoué sur une plage. Même là, la vie ne lui fait pas de cadeaux, il y a trop de crabes tapis dans le sable qui lui pincent les doigts de pied. Chaque matin, il sort de sa tanière délavée et il pointe son compas vers la mer et ses remous. Le compas indique exactement ce que vous voulez, tout comme celui de Jack Sparrow, capitaine Jack Sparrow.

 Monsieur X n'a jamais su ce qu'il voulait véritablement. Ses désirs sont changeants et inexprimables. Quand il avait douze ans, il voulait une Playstation. A treize ans, il bavait sur les galbes dans les magazines pour adulte. A quatorze ans, il était déjà trop tard, un voile brumeux s'était jeté sur son esprit comme un vulgaire cancrelat happe le sang de votre plaie alors qu'elle n'est même pas encore taillée dans votre épiderme. Cela revient à dire que Madame Dépression avait fait son petit nid dans le cerveau creux et chevauché de toiles d'araignées de Monsieur X. La colocation ne l'embêtait pas, vous pensez ! Puisqu'il avait le compas. Le jour levant, compas contre vagues, aiguille sur nord et pensées ailleurs, Monsieur X fixa la direction indiquée. Il ne se trouvait rien par là, rien d'autre qu'un gros roc noir léché par l'écume.

"Je ne comprends pas. Mon désir est un caillou dans la mer ?
- Ce caillou regorge de diamants."

 Ni une ni deux, Monsieur X brava les vagues toujours plus hautes et quand son pied ne toucha plus terre, sensation qu'il n'avait éprouvée qu'à sa naissance, la brasse ne lui fut d'aucune aide dans cet océan trop obscur. La planche non plus ne le maintenait pas à flots. Il coula misérablement, sans chercher à se débattre, laissant au-dessus de lui un filet de bulles délicates s'éclatant à la surface. Percutant le fond de la mer, une brusque épiphanie le réveilla de son sommeil un peu trop profond : le roc n'était pas un roc mais un iceberg. On voyait bien son ventre astral par-delà les rais de lumière sous-marins. Cette étoile perdue dans un espace flottant n'abritait aucune population. En fait, Monsieur X n'a jamais su si quelqu'un vivait dessus, mais comme il n'entendait ni prières ni cris à l'aide, il en déduit logiquement que sur ce corps sélène vivaient autant d'humains que de crevettes à dents.

 Les sirènes vinrent chercher l'homme. Il ne se laissa pas porter, c'aurait été trop facile. Les chevaux marins et les bancs de poisson confectionnèrent un brancard à base d'algues collantes et de restes rapiécés d'épaves. On transporta X jusqu'au palais du roi des mers, fantastique souverain qui d'un mouvement de son trident balayait ouragans et tsunamis vers les côtes. Ce palais était blotti sous le sel de l'océan, ses mille phares engloutis scintillaient en éclats de perles. C'était un long chemin d'ici jusqu'à la plage où X s'était épanoui toute son adulte de vie. La distance qui le séparait de la maison de ses parents était elle aussi phénoménale, pourtant, son coeur pressé par pression, il sentait qu'elle se situait quelquepart entre ses quinze côtes d'os. Peut-être qu'une fois ses neurones morts et son cadavre dévoré, ses ossements de baleine bouffés par le sable garderaient à leur ombre celle trop discrète de la maison de ses parents et de son unique fenêtre jamais illuminée.

 X était mort mais il serrait toujours fermement le compas. On n'arrache pas à un mort sa mort et pas plus encore sa vie. Comme ses poings fermés n'accueillaient pas les caresses des sirènes, elles tendaient leurs poignets joints pour lui faire comprendre qu'elles aussi étaient prisonnières. Il n'accordait pas d'importance à la souffrance des autres. Seule lui importait la sienne, bercée d'illusions et de mensonges. Bien sûr, X n'est rien qu'un pauvre homme mal léché, avec ses jambes de travers, ses épaules trop accomodées au fardeau, il n'a aucun contrôle sur lui mais il se contrôle pourtant absolument dans sa perte de contrôle. Délicate sensation de venin dans les veines.

 Les sirènes le portant sous les rangées uniformes de corail rouge et blanc, il voit défiler des souvenirs d'une vie qui a été la sienne sans qu'il ne la reconnaisse. Je suis maladroit, se dit-il. Elles me portent et je ne remercie pas. J'étais heureux pourtant, hier. C'est peut-être parce que je n'ai pas bu un dernier verre comme tous les autres condamnés à mort de la planète. C'est trop bête. Je vais crever, lucide. En pleine possession d'une conscience qui va être débranchée. D'un corps qui va être démembré. Ma salive se mêle à celle de l'océan mais je devrais la ravaler ou ce roi fabuleux me fera avaler des couleuvres ...

 Il ne pense pas si bien dire. Serpentant entre les colonnes antédiluviennes du théâtre marin des ombres et les fresques de pêcheurs rongés par l'obsession de la prise, X, traîné sur le sable et les coquillages, croit voir une voûte d'étoile dans le plafond délabré de l'autel de Poséidon. Ils vont me faire tout ce qu'ils ont toujours voulu faire à une créature comme moi, pense-t-il amèrement. Animé d'une énergie de vivant, X se redresse et puis son regard étanche rencontre celui perlé de larmes d'un prince dressé plus droit que lui, pas seulement de son corps. Ce n'est pas une vision mais un aimant qui s'agrippe au délire surhumain d'X.

"Les femmes te trouvent beau. Elles ignorent ton compas. Tu as choisi l'échafaud. Pourquoi ne pas assumer le trépas ?
- Ce n'est pas de ma faute seigneur des profondeurs. Ces sirènes sans queues entravent mon âme ... Elles me disent que je suis insaisissable et qu'elles n'aimeront jamais une autre personne que moi. Pourtant cent coeurs se lient et se délient à la surface et ces cent coeurs furent les miens. A moins qu'elles n'aient menti ? Je n'ai jamais voulu constituer un troupeau. Ces coeurs se sont dressés contre moi, mais je ne leur en veux pas. J'ai juste cette sensation de ... Viol. Vous voyez les griffures sur le compas ? Et l'aiguille malmenée ... En chacals furieuses elles m'ont livré une danse de mort jusqu'aux plus folles heures de la nuit. J'ai cru les lendemains de ces soirs trop heureux qu'il restait encore en moi un bout d'elles, mais ça n'avait duré qu'un instant, ça. Excuse-moi mon manque de souplesse, être atlante, mais suis-je un enfant ? Ai-je un coeur de sel ? Sont-ce crache-misère et crache-poussière que j'entends dans les fourneaux industriels de mes aortes ? Je veux croire à une autre mélodie en moi ... Qui ne me craquèle pas l'âme et ne m'étend pas sur de blanches dunes projetées sur la lune ... Vos femmes-même sont prisonnières, qui ne l'est pas. Le déserteur ? Prisonnier de soi. Le mort ? Prisonnier de la mémoire. L'oublié ? Prisonnier du silence. J'ai joliment esquinté tous ces braves en paroles abîmes ... Les notes sourdes d'un piano creusent ma chair en dix petits sillons parallèles et exquis ... Fortune, peur, activité, nourriture, succès, amour, eau, terre, corde à linge et chien. Le tendre caniche qui hantait mon enfance par son absence. Prisonnier de MA mémoire."

 Et Monsieur X parlait sous ces quelques kilomètres de noirceur écrasante et d'oubli angoissant mais jamais il ne se demandait s'il disait quelque chose. Poséidon n'était ni un tribunal, ni un ami, ni un vestige. Juste un spectateur. Quand X comprit cela, une sensation diffuse d'horreur remplaça celle de l'ivresse du petit bateau.

"Vous avez violé mon corps et torturé mes limbes. Vous avez puni ma naïveté et j'ai franchi les frontières qu'on ne repasse plus d'un bord mystérieux. Maintenant, reposez-moi, je vous en supplie, laissez-moi en paix. Je vous offrirai ce compas."

 Il tendit l'objet le plus haut qu'il pouvait, c'est-à-dire pas très haut, mais c'était plus par faiblesse que par mauvaise volonté qu'il le tendait si bas. Poséidon le prit quand même. Son poing de géant engloutit les mains frêles et parcheminées du naufragé. Il tourna et retourna l'artefact entre ses doigts de symboles.

"Les étoiles filantes filent parfois un mauvais coton de nuit. Sur d'autres continents elles projettent des lueurs interdites, et les nations folles pointent leurs canons vers ce qu'elles pensent être un ennemi, mais ce n'est qu'un fantasme humain libre. J'accepte l'offre."

 Puis X disparut des livres, des romans, des chansons et des albums de famille. Pourtant on utilise encore son nom. Quand on ne sait pas comment appeler quelqu'un, ou qu'on veut cacher qui il est, on dit Monsieur X. Pensez-y. Un mort, ça ne fait pas peur, mais ça fait pleurer. Il a les bras en croix et puis toi tu as le moral en deuil. Tu veux t'arracher le visage mais le miroir reflétera toujours ta propre image. Tu es condamné, comme X, à servir d'engrais. Quelqu'un disait "Les hommes veulent crever plus haut que leur cul". Il disait vrai. Si tu l'apprends, ton compas pointera toujours vers les cercueils des autres et il ne tiendra qu'à toi d'exhumer leur carcasse pleine de mouches et de non-dits, de sortir les squelettes du placard.

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Tiunterof
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°15 : boussole hésitante [vidéo]   Mer 20 Juil - 22:26

“-A droite ?

-A gauche ?

-Ah, non, ça montre le nord-est, on va par là.

-Ça a encore changé.

-Tu es sûr ? C’est toujours le nord-est.

-L’aiguille a fait un tour complet.”

Les aventuriers épient attentivement l’aiguille de leur boussole s’affoler. Leurs yeux suivent pendant un certain temps ses aller-retour incessant entre l’ouest et le nord-est.

“-Deux choix s’offrent à nous, alors, où on va ?

-Tout droit vers l’ouest !”

La décision vient d’être prise par un jeune homme à l’allure banale. Chevelure châtain banale, yeux marrons banaux, taille normale, poids normal, corpulence normale. Son seul point distinctif est une tâche de naissance en forme de théière sur son front. Une adolescente de son âge, elle aussi tout à fait banale, tente de prendre la parole.

“-Je pense qu’on devrait plutôt…

-... Silence ! La coupe le jeune homme. C’est moi qui décide, je suis le personnage principal après tout.

-Qu’est-ce que tu en sais ? Rétorque sa camarade. Tu es toujours si arrogant.

-Voyons, cette tâche de naissance prouve que je suis l’élu de la prophétie, celui qui doit détruire Vilanor, le seigneur des ténébres. Je dois donc prendre des décisions. Ton obstination à vouloir me contredire ne fait que souligner ton affection pour moi amie-d’enfance-secrétement-amoureuse-du-héro.”

La jeune fille rougit et s’écarte en cachant son visage derrière ses cheveux dans une pose exagérément sexualisée. A ses côtés, un vieil homme bougonne. Il a une barbe grise et un vieux visage ridée, il est drapé dans une robe bleu nuit.

“-Ma sagesse et mon expérience m’informent que nous devons aller droit au nord, pour le besoin du scénario.

-Ah, tu es toujours de bon conseil, vieux-mentor-qui-mourra-avant-le-dernier-chapitre, qu’est-ce que nous ferions sans toi ?

-Vous échoueriez dans votre quête bien entendu. Mais je ne vous abandonnerais pas, je dois survivre jusqu’à ma confrontation avec le plus puissant serviteur de Vilanor. Afin de pouvoir t’avouer dans mon agonie que le grand méchant est en fait ton père.

Sur ces bonnes paroles, Les quatre aventuriers s’engage vers le nord, faisant fi des indications de la boussole. Il débouchent rapidement dans une vallée luxuriante. Toute la troupe fait montre de sa stupéfaction. Sauf une jeune fille jusqu’alors restée à l’écart, qui prend la parole.

“-Nous voilà dans la vallée de Loridiendël, qui abritait autrefois la capital du royaume de Vlibidlibedior. Antre des Lurcelinin, centre commercial de la région du Poravian et rivale éternelle des royaumes voisins de Kromeltekator, Humlafthëimaltanoreï et Laclanterimiastulvemirianderiamel. Avant sa destruction par Méchator, le prédécesseur de Vilanor, c’était la cité la plus prospère de notre beau monde de GaïaMundusTerra.

-Wouaw, tu en sais des choses. S’écria amie-d’enfance-secrétement-amoureuse-du-héro, même si au fond elle était jalouse de l’affection que le personnage principal portait à la jeune fille face à elle.

-C’est normal que je sache tout cela. Après tout je suis la princesse du royaume des gentils, et la réincarnation de la dernière descendante d’une civilisation disparue malgré son avancement culturel et technologique incohérent avec l’histoire de ce monde. Mais ceci vous ne le découvrirez bien entendu qu’à la fin de l’histoire. Quand le vieux-mentor-qui-mourra-avant-le-dernier-chapitre vous expliquera avant de lâcher son dernier souffle que le collier aux ornements bien trop complexes que je porte depuis ma naissance est en réalité la seule arme qui peut détruire Vilanor. Si on l’utilise en même temps que le pouvoir de héros de la prophétie du personnage principal.

-Et en même temps que le pouvoir de l’amitié, n’oublie pas. S’écria le personnage principale.

-Et que le pouvoir de l’amour. Surenchérit amie-d’enfance-secrétement-amoureuse-du-héro. N’oublie pas que c’est la plus grande force de l’univers. Comme nous l’a dit la Druidesse/Chasseresse-éthérée-qui-vie-en-harmonie-avec-la-nature-dans-la-forêt dans le chapitre précédent. J’ai retenu le moindre de ces enseignements car tout le monde sait qu’à la fin le héros va se taper la princesse froide et inaccessible mais que j’accepteais son choix et partirais vivre avec la Druidesse/Chasseresse-éthérée-qui-vie-en-harmonie-avec-la-nature-dans-la-forêt.”

Tout le groupe se mit à rire de bon coeur. Sauf celle qui venait de prendre la parole, vraisemblablement préoccupée.

“-N’empêche, je me demande ce que je ferais une fois dans la forêt, je risque de m’ennuyer. Ou alors peut-être vivrais-je après l’épilogue une vie d’harmonie bio et d’amour lesbien avec la Druidesse/Chasseresse-éthérée-qui-vie-en-harmonie-avec-la-nature-dans-la-forêt.”

Le vieux-mentor-qui-mourra-avant-le-dernier-chapitre s’esclaffa à nouveau, avant de corriger son interlocutrice, visiblement amusé.

-Voyons mon enfant, nous vivons dans un univers de fantasy destiné à un publique de jeunes adolescents, les minorités sexuelles n'existent pas.

-Pourtant. L’interrompit la princesse. J’ai entendu dire que dans certains univers elles pouvaient exister à travers des personnages isolés et stéréotypés, comme les minorités ethniques.

-Enfin, mon enfant, fais moi confiance, après tout je suis le vieux-mentor-qui-mourra-avant-le-dernier-chapitre. Ces derniers cas sont très rares et n’existent que pour se donner un semblant de modernité tout en ne faisant que renforcer des stéréotypes. Mais assez parlé. Personnage principal, ouvre la marche, nous avons encore beaucoup de chemin à faire, n’est-ce pas Princesse ?

-Bien sûr, après ce col nous devront traverser le domaine des elfes sylvains, à travers les forêts de Lidloriel, jusqu’à atteindre les pleines du Mrevanion qui entourent le fleuve du Blegleudarf. Jusqu’à ce qu’il se jette dans la mer de Aquaria. Une fois cela fait cependant nous pourrons nous reposer dans la cité de Taphlekiatrimuvlater, nichée entre les collines du Jtvesprelduhiadmerlevsterianol du royaume de Ghjptelrfimurlacstiujbriöklheimandervisuliemandarianos.

-C’est bien ce que je pensais, allez ! Allons vers l’aventure !

-Oui, vers l’aventure !

-L’aventure !

-Et le pouvoir de l’amitié !

-Oui ! Ha ha !

-Ha ha ha !

-Ha ha ha ha !

-Ho ho ho !

-Hi hi hi !

-Ha ha !

-Hu hu hu !

-Ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha !"
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Ouppo
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°15 : boussole hésitante [vidéo]   Mer 20 Juil - 22:29

-Bonjour !

-Bonjour.

-où allez-vous monsieur ?

-Là, vous voyez ?

-Comment vous dire à quel point je ne le vois pas ?

-Dommage, c'est très joli.

-Là où vous allez ?

-Oui, et... là, ici quoi. Vous voyez ?

-C'est gris et pas très beau.

-Dommage dommage, vous ne voyez pas, vous êtes assistante sociale dans la vie ?

-Heu non... pourquoi ?

-Huhuhu, vous parlez comme telle pourtant.

-Hum... d'accord.

-Et donc pourquoi m'avez-vous abordé ?

-Pour savoir...

-Où j'allais, hum... oui, oui, mais officieusement, la vraie raison.

-Je sais pas, il fait nuit... y a personne d'autre, c'est tout.

-Vous avez un petit ami ?

-C'est quoi cette question ?

-Vous avez une tête à être célibataire, à avoir un chat et à regarder des séries tard la nuit. Vous devriez faire plus attention à vous, non ?

-Non mais ça suffit, vous connaissez pas ma vie.

-Prenez soin de vous, profitez, car bientôt vous rencontrerez le sort de tous ceux qui foulent cette terre.

-Mais vous êtes flippants à la fin !

-Est-ce que vous savez où vous allez ?

-Et bien... oui bien sûr !

-Est-ce que c'est joli là-bas ?

-Non... j'en sais rien... j'en sais rien...

-Il faudra faire un effort... pour que ce soit...hum...joli.

-Au revoir monsieur, mon train est là.

-La prochaine fois, nous nous reverrons à une gare encore, j'espère qu'elle sera plus jolie pour vous, j'espère vraiment beaucoup.

Tap tap tap

-Taisez-vous !

-Mes amitiés à votre chat et à votre collègue de travail au centre sociale, invitez-le à dîner, hum, c'est un bon garçon.

Puis l'homme se leva lui aussi et parti, là-bas.
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Super-Gaufrette

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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°15 : boussole hésitante [vidéo]   Mer 20 Juil - 22:33

Zagniar le borgne observait le Capitaine Bloody Hook Stirling depuis un moment déjà. Cela faisait bien une heure qu’il regardait successivement sa boussole puis l’horizon d’un air inquiet mal caché. Ses sourcils broussailleux froncés en disaient long sur ce qu’il ressentait. Pour tout dire, ça puait les emmerdes, ce regard-là. Le second s’approcha et entama la conversation.
— C’est si moche que ça mon Capitaine ?
Son interlocuteur soupira fortement pour lui signifier qu’il le dérangeait. Néanmoins, il répondit :
— C’est pire que ça Zag, la boussole déraille. Elle tourne n’importe comment depuis ce matin et je ne sais même pas où on est.
— Mais… pourquoi ça fait ça ? balbutia le borgne en écarquillant les yeux.
Mais Bloody Hook n’en avait pas la moindre putain d’idée. Il aurait bien attendu la nuit pour observer les étoiles, mais le ciel était nuageux depuis des jours et ne semblait pas vouloir se dévoiler à lui.
— Vous croyez qu’on approche de l’île maudite ? susurra Zagniar pour ne pas effrayer les autres.
— Dis pas ce genre de conneries, grinça Stirling dans sa barbe. On n’a pas pu dériver à ce point-là…
Le Capitaine huma l’air salé et frais du soir. Elle ne sentait pas le poisson mort, pas encore. Mais avec le soleil qui disparaissait doucement, l’atmosphère paraissait de moins en moins rassurante. Prit d’une intuition soudain, l’homme au crochet sanglant ordonna à son second de faire éteindre toutes les bougies. Ne pas se faire repérer lui parut primordial. Il demanda ensuite le silence complet à son équipage.
Quand le soleil se coucha définitivement au loin, la couverture grise de la voûte céleste aspira rapidement ses derniers rayons, ne laissant passer qu’une lumière feutrée. Le vent devint plus froid encore. Une étrange brume blanche se leva comme si elle venait de l’océan lui-même. Le navire des pirates perdus se retrouva inondé de brouillard à une vitesse affolante. Zag voulu parler à Bloody Hook, mais celui-ci lui intima de se taire d’un geste brusque. Ce n’était vraiment pas le moment.
Stirling inspira à plein poumons. Cette fois, d’odeur de pourriture emplit ses narines. Il scruta les alentours mais il n’y avait rien à voir. Rien, sauf peut-être la lueur que lui désignait Zagniar d’un doigt tremblant de terreur. Le Capitaine plissa les yeux, espérant distinguer quelque chose de plus précis.
Lorsqu’il compris à quoi il avait affaire, il était déjà trop tard pour réagir.

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Non, je ne suis pas comestible !
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Pantouffe

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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°15 : boussole hésitante [vidéo]   Mer 20 Juil - 22:45

Il a dit que la boussole me conduirait à lui.
C'était un homme dans la trentaine, il puait du visage et ses mains étaient sèches. Mais il avait une voix très douce qui caressait mes oreilles, qui m'enrobait comme de la feutrine, comme si j'étais un bijoux précieux sous son regard de chien- yeux bruns liquides. Elle n'était pas suave, ni mielleuse : elle était satinée. Et c'était beau quand il parlait, c'était presque érotique, tant de douceur- comme des palpations au fond d'une ruelle, des cajoleries buccales prodiguées dans le cou. Il savait dire bonjour comme on dirait je t'aime. Il savait donner l'impression que le monde n'était plus que velours, que les gens fleurissaient en corolles crémeuses, fleurs de lait dans l'arôme cacao de la nuit. Il faisait oublier son odeur, les pelures de peau entre ses doigts, ses ongles épais et sales qui se brisaient aux confins d'une poignée de main fébrile. Ça arrangeait un peu sa gueule de travers, ses yeux chassieux, ses cheveux filasses ; ça donnait de la carrure à son petit corps étique, un corps d'homme anémié qui se délitait partout en languettes et en touffes détachées. Mine de rien, ça renflouait sa maigreur de pirogue.
La manière qu'il avait de se mouvoir dans la foule, en évitements d'oiseaux, en pointes de danseuse... D'accord, on aurait pu en rire. Mais c'était beau. Et s'il s'était mis à chanter en ondulant au milieu des passants pour éviter leurs corps, pour écarter sa puanteur infecte de leurs nez, on aurait pu l'envoyer au milieu d'un opéra. Juré qu'il y avait sa place. C'était une oeuvre d'art.
Il donnait du relief à ma vie, un relief moiré et très courbe qui n'intimidait pas. Pourtant, je ne le voyais qu'une seule fois par quinzaine.
Il venait en vélo dans le parc où je me posais en ce temps là avec un petit groupe. Pour y rester la nuit, il fallait sucer régulièrement des flics- ça impliquait de garder une certaine hygiène buccale et corporelle afin de rester assez mignon pour eux, ce qui n'était pas plus mal. Il vendait des bracelets, des cages à oiseaux, de l'argenterie gravée, des attrapes-rêves cabossés, des recueils de poésie écornés et humides. C'était un bric-brac ignoble récupérée chez des vieilles dames mourantes, dans des poubelles, dans des rues où s'entassaient les reliques que les bonnes gens donnent aux Monstres. Il ne faisait commerce qu'aux gens comme nous, les errants, les étranges- oubliés invisibles ou bien pointés du doigt. Jamais touchés en tout cas. Et bizarrement, malgré la pauvreté de notre assemblée poltronne, agressive ou bougonne, on lui achetait des choses. On lui prenait des flamands roses en plastique, des chaussures trouées, des boîte de DVD, des crayons mâchouillés. Ce n'était pas bien cher, et ça le faisait passer ; et nous avions besoin qu'il vienne sur son vélo pourris, nous avions besoin de son haleine moisie, de sa voix de velours. Nous étions si dépendants de ses prodigalités minables et merveilleuses que nous nous cotisions pour pouvoir lui acheter ses babioles, qu'on détournait ensuite avec ferveur pour rendre nos terriers un peu plus chaleureux. Parfois, je manquais des repas rien que pour donner ma part. Ceux qui ne payaient pas étaient attachés dans les buissons, on leur bourrait la gueule avec des chaussettes sales. S'ils ne donnaient pas pour la préservation du Miracle, ils n'avaient pas à profiter de sa venue. Ça m'a toujours semblé réglo. Je n'ai jamais raté une seule de ses visites.
Nous nous partagions son amour imbécile, sa tendresse intangible. Nous nous regardions devenir beaux son regard humide, dans les volutes palpitante de sa voix qui corroyait nos chairs. Nous le regardions nous pétrir de ses mots, de ses chants, dans l'exhalaison putride de son haleine ignoble ; nous respirions sa puanteur, offrions des sourires à sa tronche explosée, frémissions du contact de ses doigts pelées quand nous mettions la monnaie dans ses mots. C'est devenu une addiction dés la première fois. La cohésion de notre groupe n'existait que pour lui. Il était notre lien, notre attente partagée, notre seul point commun. Notre misère était trop éclectique, notre malheur avait trop de facettes malgré des accointances... Tandis que la beauté qu'il apportait dans nos vies échevelées, cette beauté là, nous la comprenions et la vivions tous de la même manière. Dans une extase muette. Certains ont cessé de se droguer pour mieux ressentir sa présence. On ne buvait plus, on ne se défonçait pas : nous l'attendions. Et il venait.

Et puis un jour, il m'a donné la boussole. Juste avant de partir, il a mis entre mes doigts ce petit cœur éraflé tourbillonnant d'amour dans l'étreinte des champs magnétiques. Mais elle était déglinguée la boussole, elle ne pointait pas vers les points cardinaux : le nord était sur lui, et l'aiguille le suivait.
Il m'a dit qu'un jour il allait disparaître. Que ce jour là, si j'y tenais vraiment, je pourrais le trouver à l'aide de la boussole. Il a posé la boussole dans ma paume, a refermé mes doigts dessus, et il a répété : si tu y tiens vraiment.
Il est partis. Puis il est revenu deux semaines plus tard, et six semaines plus tard, et puis huit, et dix, et douze... Il a continué de venir avec la même régularité et de nous prodiguer son amour, de nous donner sa voix. Chaque fois, je sortais la boussole et je la regardais entre mes doigts fermés. Je la sentais vibrer légèrement, et je voyais l'aiguille suivre le moindre de ses mouvements. Il m'arrivait d'observer la boussole quand il n'était pas là, et d'imaginer dans quelle quartier de la ville il se trouvait alors, ce qu'il faisait là-bas, quelle babiole il ramassait, dans quelle foule il dansait ; étudiante ? Ouvrière ? Où dormait-il la nuit quand l'aiguille se posait ? Ça m'a pris en plus en plus de temps de m'accrocher à son image, de fantasmer sa vie. En craignant, toujours, qu'il ne vienne pas à ce rendez-vous là, que ce soit celui de sa disparition. Mais les mois passaient, les flics allaient et venaient -dans le parc et les rues, dans ma bouche, dans mes mains, dans mon cul-, les babioles s'entassaient, l'hiver prenait son dû, d'autres paumés venaient pour remplacer les morts. Ils ne nous hantaient pas, ayant sans doute mieux à faire dans l'au-delà que de mariner dans nos esprits, d'emperler nos paupières ou de troubler nos songes.
Je pensais que ça finirait par arriver dans une période de trouble, que ce serait en quelque sorte l'élément déclencheur d'une série de catastrophes sociales.
Mais il a cessé de venir au beau milieu de l'été. Il faisait beau et les oiseaux chantaient.

Le groupe s'est délité. Les gens ont attendu trois mois, puis ils sont partis, les uns après les autres. Je suis resté pour les voir s'en aller, un à un, pour être témoin de la séparation. J'ai attendu qu'ils soient tous partis sous des prétextes bidons ou dans le secret de la nuit. Vers la fin, d'autres poulets sont venu vider le parc à la brune- ceux-là avaient sans doute des femmes ou d'autres préférences. Ils m'ont jeté dehors, avec ceux qui restaient.
J'ai cessé de me laver, ce qui n'était pas plus mal ; j'en avais assez d'être mignon. Il était plus accommodant de puer pour errer à sa recherche.

Ça a duré longtemps. J'ai vu d'innombrables villes qui se ressemblaient toutes, des milliers de visages mêlés comme des figures de glaise. J'ai connu des addictions diverses, j'ai trahis mon lot d'âmes innocentes- j'ai mendié, j'ai pleuré, j'ai profité de la charité des gens, et quand ils n'étaient pas disposés à m'aider, j'ai présenté leur gueule à mes genoux cagneux.
Ce furent des années liquides pleine de giclées : projections de sang, de mollards, d'urine, de larmes et de sperme. Je me suis baigné dans un océan de glaires, de boue et de fluides corporelles rances. L'humanité m'a baptisé de ses suintements ignobles.
J'ai longé l'épine dorsale craquelée de ce pays, longue ligne de goudron noirâtre ondulant à travers des collines, des bois et des villages paumés. Et cette colonne vertébrale fracturée a fini par me mener à lui.
Chaque jour de cette errance, j'ai passé de longues heures fixé sur la boussole.

Il vivait dans le sous-sol d'un immeuble abandonné, dans une zone résidentielle complètement oubliée. Quelque part dans ce pays, ou dans un autre ; peu importait au fond, il était là. Et ce paysages d'usines vides, d'entrepôts caverneux et d'immeubles béants était comme un lieu saint, une enfilade de temples dont l'acoustic anguleuse perpétuait les échos de sa voix fabuleuse. Il était entouré de bibus amoncelés, et dormait dans une baignoire remplie de couvertures. Il m'attendait quand je suis arrivé. J'ai regardé l'aiguille de la boussole qui pontait droit sur lui.
Il a souri de sa bouche puante et de ses yeux humides.
Nous avons fait l'amour. Il était enveloppant, il m'a goûté toute la nuit, ses lèvres étaient partout. Sa langue avait un goût de pourriture, un goût qui cachait des secrets, une saveur terrible, et sublime. Intimidante et lourde.
Je me suis endormi dans ses bras tandis qu'il suçotait mon cou en chuchotant des poèmes sur les flaveurs délicates de ma crasse. Il a murmuré des odes à mon corps rongé par le manque, la saleté, la maladie et les insectes, en caressant amoureusement cette déréliction qu'il semblait adorer.
Au réveil, j'étais entouré de parois palpitantes. De muqueuses moites et fébriles cerclant un lac de fluides gastriques effervescents.
Je n'ai pas paniqué. J'ai sortis la boussole. Les aiguilles tournoyaient follement, emportées par une danse circulaire qui hurlait : il est partout, partout autour.

Il a dit que la boussole me conduirait à lui.

Je suis à l'intérieur.

Je crois qu'il était Dieu et qu'il m'a dévoré.


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We are not affraid, let the night come.

If the Story is over... Split on the ashes... It's time to run away... Where is the light, wonder if it's weeping somewhere ?
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ChronoChallenge n°15 : boussole hésitante [vidéo]
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