Encre Nocturne
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 ChronoChallenge n°28

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MessageSujet: ChronoChallenge n°28   Mer 14 Sep - 21:28

Salut, ça gaze ?
Je ne sais plus si on est mercredi ou samedi, mais on s'en fout ! On a CC !

Et voilà le sujet !

"Éloge de l'ombre"

Ca claque, hein. Allez, essayez :) Jusqu'à 22h30, vous essayez d'écrire un truc, et même si vous le trouvez nul et que vous êtes en rage, vous le postez ! Et on vous dira pourquoi il est pas si mal !


Dernière édition par Mélodie le Jeu 15 Sep - 21:28, édité 1 fois
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ArtVanCastel

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Masculin Gémeaux Messages : 170
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°28   Mer 14 Sep - 22:01

Chaque personne à une part lumineuse et une part obscure, qu'ils disent. Moi, j'ai toujours pris soin à ce que l'ombre me serve et je me suis toujours senti bien dedans.
A treize ans, j'étais déjà méchant et violent avec mes camarade. C'est là que l'attrait de l'ombre m'est apparu. A force de rabaisser, j'en suis venu à me protéger moi-même de toute forme de maltraitance. J'étais entouré d'amis aussi cyniques que moi, je n'avais aucun problème ni à la maison ni à l'école, et ça m'a même permit de me dépuceler à mon âge, alors que d'autres devaient attendre jusqu'à leurs vingt-et-un ans. Pendant ce temps, les autres du "côté lumineux", je les écrasais de ma toute puissance.
A dix-huit ans, j'étais exagérément bien vu de mes professeurs. Ils voyaient en moi un élève doté d'un grand avenir. C'est amusant de se dire que ces gens, payés pour éduquer les bonnes valeurs aux élèves, ne semblaient pas remarquer le mal en moi, tandis qu'ils étaient pleins de mépris pour les "bons". Ceci m'a permis d'obtenir mon bac avec la plus haute mention et à intégrer sans problème la plus grande école du pays.
A vingt-cinq ans, je devenais cadre dans une grande société. La grande école m'avait appris à être le plus égoïste possible, et comment devenir supérieur. Pendant toutes ces années, je me montrait amical avec les autres cadres tout en étant prêt à leur faire subir les pires humiliations possibles pour atteindre le sommet avant eux. J'avais aussi découvert la drogue dure, qui me soulageait quand la dure tâche d'éliminer mes concurrents m'exténuait.
A trente-trois ans, je devenais le PDG le plus jeune de l'histoire de cette institution. Je me montrais sans pitié avec mes inférieurs, laissant se battre mes cadres et exigeant tout de mes ouvriers, alors qu'en public, je me montrais sous mon plus beau jour. Ma fortune personnelle était colossale, je baisais avec plein de femmes différentes, et ma gloire était à son paroxysme. Mais j'en voulait plus. Pourquoi? Parce que c'était possible. J'ai alors commencé à commanditer des assassinats.
A quarante ans, je n'avais jamais regretté mon éloge de l'ombre. C'est alors que mon cœur lâcha, probablement d'un excès de cocaïne. Je revis toute ma vie, vis tout le malheur que j'avais semé, la haine que j'ai accumulée. Je mourus seul, avec pour seul bruit le rire du clochard que j'avais pris soin d'ignorer.

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Le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence.

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Tiunterof
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Masculin Bélier Messages : 1761
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°28   Mer 14 Sep - 22:14

Quand j’étais petite, j’avais peur du noir.

J’y voyait toutes sortes de créatures indiscernables, toutes plus monstrueuses les unes que les autres. Qui n’attendaient qu’un faux mouvement de ma part, un bras offert, un pied qui dépasse de la couverture. Je tremblais tous les soirs, quand la nuit se refermait sur moi après que mes parents aient laissés un baiser sur mon front. Cela me faisait penser à des adieux, et ma gorge se serrait alors que tout disparaissait autour de moi, engloutit par des ténèbres impénétrables.

A ce moment là, je n’imaginais pourtant même pas quel genre de créatures pouvaient vivre dans les ombres. Sous leur froid manteau noir, ils m’observaient. Mais cela je ne l’ai su que bien plus tard.

Je n’ai jamais su ce que j’avais de plus que les autres petites filles. Et pourtant, c’est moi que la Nuit est venu voir. C’était il y a… Qui sait ? je ne sais plus. Par contre je me souviens très bien de cette nuit. Cette nuit où mes parents m’ont dit adieu pour la dernière fois. Une fois seule, recroquevillée sous mes draps avec une peluche comme seul gardien, je L’ai sentie. Elle était là, juste devant moi. Ou bien derrière ? Nul part peut-être ? Sans doute un peu de tout ça. Ce soir là, Elle m’a offert son étreinte. Et j’ai pu voir ce qu’était la véritable Nuit.

On voit souvent les ténèbres comme un néant froid. Je pense que ce n’est qu’un problème de point de vue. La Nuit m’a ouvert les bras et ses caresses étaient chaudes et douces. Depuis, les ombres effleurent ma peau, comme un délicat velour d’encre. Elles m’entourent, me réchauffent, me cachent et me protègent. La noirceur est pour moi le plus doux des manteau, quand je cours sous la chaude lumière d’une nuit sans lune, l’éclat de l’ombre me guide.

Désormais je danse à l’abri des étoiles, là où l’obscurité est mon seul phare. Je danse avec la Nuit. Et la Nuit danse avec moi. Accompagnant nos mouvements exquis de son chaud murmure d’obsidienne. Me susurrant milles histoires, sombres mais ô combien glorieuses. Les histoires d’une petite fille qui avait peur du noir.

Maintenant je danse avec la Nuit, dans notre grand manteau ourlé d’obscurité. Maintenant les ténèbres sont mon foyer. Je reste avec Elle pour danser, danser à tout jamais.

J’ai dit adieu à mes parents, maintenant je suis fille des ombres.
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Pantouffe

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Masculin Verseau Messages : 125
Date d'inscription : 22/02/2016
Localisation : Quelque part dans mes cheveux...

MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°28   Mer 14 Sep - 22:31

C'était la plume sur la balance, la poussière qui se pose dans l’œil. Un rayon de lumière oblique qui vient délicatement enluminer la frange des cils, qui caresse le relief du visage, en enflamme le duvet, en malaxe la forme. Le rayon qui révèle les danses de la poussière, qui transperce le verre, qui se dilue dans l’œil. Le trait de khôl sous la paupière, le rouge des joues pincées pour donner meilleure mine. C'était lui : ce détail, cet infime intrus qui ajoutait à la platitude du commun une certaine perspective. Qui relevait, de sa présence, la beauté de tout le reste.
D'abord, nous n'avons pas compris. Nous tenions sa magie pour acquise, naturelle, surgissant du néant pour arroser nos vies et en faire croître les fruits, que nous nous partagions. Elle nous était dû, et nous refusions de voir en lui l'origine de ce charme. Pour prétendre à la faire, cette magie, il manquait de prestance. Où était son costume, son chapeau, sa cape feutrée de suie, doublée de braise carmine ? Il n'avait pas de lapin dans ses poches, tout au plus des cures dents et ses doigts repliés. Pas de baguette, pas d'assistante. Il était seul ici et il collait au mur, comme une volubile languette de papier peint se dépliant de son plâtre, une pelure de peinture s'étirant vers le vide. Moins qu'une écorchure sur un motif, moins qu'un fil dépassant de la trame. Ce n'était pas grand chose, et il ballait de sa gueule triste au bout de son cou gras, les paupières en dérive sur la pupille éteinte. Jamais ses lèvres ne tricotaient de rire, jamais sa langue ne claquait sur un mot. Il avait dans la bouche un silence qui lui gonflait les joues, des joues d'enfant très rondes, des joues de chérubin. Le cheveux était gras sur son front, et luisant sur son crâne, mèches huileuse aux tempes, tortillons dans la nuque. Il avait l'iris brun et la face éruptive. L'angoisse faisait des bonds capricants dans son dos, tordait dans son échine les vertèbres agrafées. Et ses bras lourds sur les épaules tombantes, sa bouche fielleuse au creux de l'oreille, il avançait sans regarder autrui, mû par l'instinct aveugle d'un chiroptère. Aiguillonné par la fourche insidieuse de la peur. Ça le faisait marcher, dodelinant avec contrition de sa face butyreuse, vouant au sol des prières ou une romance maudite. Et nous, ça nous faisait bien rire ! Quand il se rameutevait à nos consciences tranquilles, à nos esprits ruminants et fangeux. Alors on s'esclaffait, on lui jouait l'orphéon des railleries, des ricanements, des assassins murmures. Et dans sa pâle indifférence, dans sa souffrance atone, il ne répondait rien, faisait mine d'oublier nos présences et nos voix. Il fixait l'angle d'une pièce en hauteur, un motif sur le sol, une cicatrice sur son bureau. Il se refusait la colère ou la peine. Nous lui refusions toute considération. Nous étions beaux et jeunes et il était perdu. Dans son égarement, il avait l'air stupide. Dans notre mépris nous semblions plus forts. Son errance était vaine, solitaire et morbide, sa peur le rendait laid ; notre terreur cachée de l'avenir donnait lieu à de glorieuses fredaines, nos foucades étaient vives, ardentes et pétillante. Notre bêtise était bariolée, notre lâcheté approuvée, pardonnée et comprise. Et son courage, renié.
Il n'était pas dans la lumière qui nous consumait et nous rendait splendides, cette déchirure où nous gesticulions comme une frénétique vermine. Il était à l'écart de ce faisceau, naviguant dans ses ténèbres denses. Et un jour, car il le fallait bien, il a vogué jusqu'à d'autres rivages. Il a trouvé son chemin vers des contrées lointaines, nous abandonnant à notre monde factice, tout de plâtre et de boue. Bakélite et paillettes dans la lumière bleutée des écrans d'ordinateur, des portables masturbés à longueur de journée. Lui s'en était allé pour un autre pays, où ne grésillaient plus ni radio ni télé... Un pays de poussière et d'insectes.
Alors, nous avons compris à l'aune de son absence. Quand le monde a perdu en éclat, que le malaise s'est insinué en nous. Triturant nos liens si minces et dénouant nos amitiés futiles. Défaisant nos cortèges, nous dispersant dans la rancoeur et le chaos. Peu à peu, la vérité a fait jour dans nos esprits papillonnants. Nous avons saisis que cette mécanique sociale si bien rodée avait perdu sa visse primordiale, son boulon essentiel, et qu'il ne pouvait en être autrement que de sa déchéance.
Pendant un temps, nous avons fait le deuil de l'ordre et du plaisir, de la morgue groupée, de ce délice souverain, cette cruauté salvatrice incontournable, qu'était la mise à l'écart d'un silencieux martyr. Nous vivions dans la crainte et la séparation. Et nous chérissions Son souvenir.
Je me suis mis à lui brûler des bougies, à lui réciter de tendres prières. J'ai écris des poèmes en son nom, et je lui ai concédé quelques orgasmes, espérant nourrir la substance de son fantôme errant de la mienne déglutie en son honneur passé, où qu'il soit, quoiqu'il fasse. Je l'ai aimé sincèrement à rebours pour nous avoir endurer, pour la beauté et la grandeur que nous avait conféré son silence. L'année c'en est allée, et plus lointain se faisait son souvenir, plus immense devenait ma gratitude.
Je sais qu'à la rentrée prochaine, un autre prendra sa place. Je sais que pour nous tous, il vivra le même fatidique, inévitable calvaire. Et je n'y changerai rien. Mais cette fois-ci, à cette ombre portant le poids de nos jugements, je vouerais une tendresse muette. Je la remercierai.
Et derrière chaque œillade méprisante, derrière chaque rire creux, derrière chaque parole meurtrière, j'aurais glissé un mot d'amour pour elle...

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We are not affraid, let the night come.

If the Story is over... Split on the ashes... It's time to run away... Where is the light, wonder if it's weeping somewhere ?
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