Encre Nocturne
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 ChronoChallenge n°32

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Tiunterof
Gardien grincheux de la CB
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Masculin Bélier Messages : 1706
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MessageSujet: ChronoChallenge n°32   Sam 1 Oct - 21:29

Allez les enfants, c'est parti, vous avez jusqu'à 22H30 pour nous rendre vos œuvres ! :la:

Les thèmes de ce soir sont :

La chute.

Où suis-je ?

Allez allez, on se dépêche ! Et le premier qui râle en disant "hooon, mais j'ai pas d'idée, hooon." Bah je lui arrache les parties et je lui les fait manger, ok ?
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Rémige

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Féminin Gémeaux Messages : 101
Date d'inscription : 29/06/2016
Localisation : "Laisse-moi plonger dans tes beaux yeux, mêlés de métal et d'agate"
Humeur : marchombre

MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°32   Sam 1 Oct - 22:31






La Chute




Plume, la plume de Monsieur J, tournait entre ses doigts. Tournait et retournait de nouveau. Cela faisait des heures, des jours, qu’elle n’avait pas été trempée dans le pot d’encre qui, pourtant, se trouvait juste à côté de la pile de feuilles sur le bureau de Monsieur J. Ce dernier était anxieux, comme Plume d’ailleurs. Elle ne savait pas ce qui allait se passer si elle continuait à être agitée comme ça dans tous les sens, perdant à chaque fois une toute petite des précieuses gouttes d’encre qu’il lui restait en réserve. Elle ne s’était encore jamais trouvée à court de cet or noir, mais certaines de ses compagnes de plumier l’avaient vécu, au gré des humeurs de Monsieur J, et elles n’avaient pas bonne mine depuis… Plume aurait volontiers soupiré si elle avait pu le faire. Ou bien elle aurait crié à Monsieur J de se réveiller, de faire quelque chose, au moins de la ravitailler en encre ! Mais elle ne pouvait pas faire tout ça. Alors elle attendait.

Monsieur J avait parfois comme des éclairs de génie, et dans ces moments-là c’était tout le contraire, Plume manquait de se noyer tant il lui faisait boire d’encre, encore et encore, tant ses idées fusaient vite, vite vite, il fallait les coucher sur le papier avant qu’elles ne s’envolent ! C’était fatigant, mais Plume aimait cette adrénaline, et puis il faut dire qu’elle adorait être la première à avoir vent de ces idées. Elles la traversaient, depuis les mains de Monsieur J jusqu’au papier. Alors Plume les observait, attentivement, admirativement, elle s’appliquait à ne pas faire de fautes d’orthographe sinon Monsieur J aurait été frustré et ça, ça aurait vraiment embêté Plume.

Mais il y avait aussi d’autres moments comme celui qu’elle vivait en cet instant même. Des moments de vide dans l’esprit de Monsieur J. Il se mettait alors à faire tourner Plume dans tous les sens entre ses longues mains, et elle finissait par en avoir le tournis. Et elle s’ennuyait un peu, aussi.

Monsieur J la déposa le plus délicatement  possible sur son bureau et disparut un instant. Plume tourna un peu sur elle-même pour s’approcher de la feuille et lire ce qu’il y était écrit. Cela faisait plusieurs jours qu’elle n’avait été aussi proche du papier, et il faut dire qu’une plume a une mémoire d’assez courte durée. Elle relut donc les dernières lignes. Ah oui ! Elle comprenait maintenant. Monsieur J mettait toujours énormément de temps pour cette phrase. Parce qu’après tout, c’était la plus importante ! Il ne pouvait pas se permettre de la rater, ou de mal choisir un des mots la composant, ou d’écorcher une règle de grammaire, ou alors de n’être pas satisfait. Il fallait qu’elle soit parfaite, absolument réussie, toute scintillante et qu’elle reste dans la tête de ceux qui la liront comme un rayon de soleil ou un bonbon acidulé. C’est pourquoi Monsieur J mettait un temps infini avant de confier cette phrase à Plume.
Cette fois pourtant, il semblait tout simplement ne pas avoir d’idée… ce serait bien la première fois. Il regarda Plume avec de drôles d’yeux, comme s’il demandait son aide. Elle sourit en son for intérieur. « J’en ai bien une d’idée moi, donne-moi juste un peu d’encre et tu vas voir », sembla-t-elle dire à Monsieur J. Alors il la prit encore plus doucement que d’habitude entre ses doigts, trempa son extrémité dorée dans le précieux liquide, et la laissa faire. Les mots s’inscrivirent les uns après les autres sur le papier, menés à la baguette par Plume, et le sourire de Monsieur J s’illumina progressivement. Jamais il n’aurait imaginé une si belle chute pour son livre ! Plume posa timidement le point final, jeta un œil à la figure de monsieur J et, emplie de fierté et de joie, soupira d’aise en contemplant tout ce travail accompli, le livre enfin terminé.



Ceci est une phrase longue qui n'a d'autre but que d'élargir le fond blanc afin que vos mirettes ne se fatiguent pas jusqu'à l'usure, que dis-je, jusqu'à la dissolution ! (ça, vous devez le laisser, de toute manière on le verra pas, faites-moi confiance je vous dis !)
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Syta
Fondatrice et grande manitou du forum
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Féminin Capricorne Messages : 1719
Date d'inscription : 17/07/2012
Localisation : En haut d'un arbre
Humeur : Poétique

MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°32   Sam 1 Oct - 22:35

LES PERSONNAGES

ALICE
LE LAPIN BLANC
LA NARRATRICE

ACTE PREMIER




Scène 1 :



Décor :

Une grande plaine à la végétation luxuriante. Un grand arbre automnal dont les racines sortent du sol. Loin à l’horizon, les tours d’un château sont discernables.
Le rideau se lève, découvrant un lapin couché au pied de l’arbre.


LE LAPIN : Ce rêve était vraiment magnifique… Si seulement je ne m’étais pas réveillé. Mince alors ! Le soleil est sur le point de se coucher, je ferais mieux de rentr…

ALICE fait son apparition, puis repart aussitôt.

LE LAPIN : Qu’ai-je vu ? Cette fille… Elle ressemblait tellement à celle de mon rêve…

ALICE, fixant sa montre : En retard… Je suis terriblement en retard. Mon dieu, quelle horreur…

LE LAPIN : Je dois rêver, c’est bien elle… Alice !

Alice s’enfuit à la gauche de l’arbre, laissant le lapin seul.

LE LAPIN, lui courant après : Alice, attends-moi, je dois te parler !

Il la poursuit, et d’un coup, trébuche contre une racine, et tombe au sol.

Scène 2 :

Entre la Narratrice.

LE LAPIN : Je… Que s’est-il passé ?

LA NARRATRICE : Si je savais. Lapin, tu dois me faire confiance.

LE LAPIN : Mais… Qui êtes-vous ?

LA NARRATRICE, agitant machinalement une mèche de ses cheveux : Eh bien… Je suis la narratrice, c’est moi qui décide des codes de l’histoire.

LE LAPIN, interloqué : Mais que faites-vous ici alors ?

LA NARRATRICE : Eh bien, il se trouve que je suis coincée ici, jusqu’à ce que je trouve une chute.

LE LAPIN, toujours plus étonné : Une chute ? Mais que voulez-vous dire par là ?
LA NARRATRICE : C’est à moi de le découvrir justement. Perdue dans mes écrits, il y a t’il pire sort ?

LE LAPIN : Peut-être puis-je vous aider ?

LA NARRATRICE : Peut-être, saurais-tu me trouver une chute ?

LE LAPIN : Eh bien, d’habitude ce n’est pas moi qui m’en charge mais Alice n’est visiblement plus là… Il y a un trou au pied de cet arbre dans lequel il faut tomber. Cela suffirait-t’il ?

LA NARRATRICE : J’imagine que ce genre de chute fera l’affaire. Je vous fais confiance Lapin, n’hésitez pas si vous avez besoin d’aide.

Le Lapin prend son courage à deux mains, et saute au fond du trou.

ACTE SECOND


Scène 1 :

Le Lapin tombe dans un puits sans fin, il hurle à mort pendant quelques secondes, puis s’arrête.

LA NARRATRICE : Tout se passe bien Lapin ?

LE LAPIN : Je… Où êtes vous ?

LA NARRATRICE : Je suis votre créatrice, je peux vous entendre, vous et vos pensées à n’importe quel moment.

LE LAPIN : Quand est-ce que cette chute est-elle censée se terminer, mademoiselle la narratrice ?

LA NARRATRICE, embarrassée : Je ne pense pas que ça soit la bonne solution. Lapin, je vais tenter autre-chose.

Le Rideau se ferme.









- Il y a quelqu’un ? Eh oh !



Madame la narratrice ?

- Chut !

- Ah, vous êtes là ?
- Chut bon sang !

- Mais…

- Hm, ça ne marche pas, cela ne semble pas être le genre de chute que nous recherchons.

- Mais, où sommes-nous ? Je me sens si différent… Comme si j’étais moins… Précis.

- Du calme lapin. Nous sommes dans un dialogue peu travaillé. Je l’ai créé spécialement pour l’occasion.

- C’est ici que se trouve la chute ?

- J’ai bien peur que non. Je vais essayer autre-chose mon cher. Tiens-toi bien.


Le lapin blanc

« Quelle belle journée », dit le léporidé,
«  Mais que fais-je donc ici ? Narratrice êtes-vous là ? »
« Je suis bien présente, du calme gros bêta »,
Il leva ses oreilles, puis sortit du fourré,

La jeune femme se leva et fixa le lapin,
« Grand bavard prenez garde, un seul mot mal placé,
Un vers en moins, et c’est la fin de ce sonnet »
Il comprit aussitôt, et prit un air malin

«  Il faudra donc que je ponctue ces deux tercets,
D’une chute bien trouvée, sortie droit de mon cœur,
Qui surprendra les gens, voire pleurer, qui sait !

Cependant le temps file, et mon texte n’est pas prêt,
Je dois donc me presser, ou subirai douleur,
ET, VOUS, PERSONNAGES VIVREZ TOUS LE MALHEUR. »







- Je ne crois pas que cela ait marché mademoiselle… dit calmement le lapin.

La narratrice passa sa main dans ses cheveux et acquiesça.

- En effet Lapin. Je crois que ma chute a été un peu trop brutale. Ou bien ce n’est toujours pas ce type de chute qui est attendu...

Le Lapin agita ses oreilles.

- Et donc quels types de chute reste-t’il ?, demanda-t’il gentiment.

- J’ai bien peur qu’il n’y ait plus que la nouvelle à chute, mais c’est particulièrement compliqué de trouver une bonne chute si on ne l’a pas préparé à l’avance. Je vais essayer le roman. Mais… il n’y a plus beaucoup de temps…

- De temps ?


A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU


CHAPITRE I – Où le lapin perd de vue Alice

Longtemps, le lapin s’est couché de bonne heure. Parfois, sa carotte à peine entamée, ses yeux se fermaient si vite que qu’il n’avait pas le temps de se dire : « Je m’endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le sommeil l’éveillait ; il voulait poser cette photo d’Alice qu’il croyait avoir encore dans les mains et souffler sa lumière ; il n’avait pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce qu’il venait de voir, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier ;


ON ARRÊTE LAPIN, CELA NE NOUS MÈNE À RIEN DU TOUT.

- Mais alors, qu’allez-vous faire ?

La narratrice se frotta les cheveux de plus en plus fort.

- Madame.. Arrêtez, ils vont finir par tomber si vous continuez…

- Oh, tu sais, actuellement, c’est pas vraiment mon problème majeur la chute de cheveux.


LA F__

         i


         n
          .

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“Je me demande si je ne suis pas en train de jouer avec les mots. Et si les mots étaient faits pour ça ?”
- Boris Vian
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