Encre Nocturne
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 Mathylde

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Nays

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Féminin Capricorne Messages : 35
Date d'inscription : 03/11/2016
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MessageSujet: Mathylde   Dim 20 Nov 2016 - 11:56

Mathylde



Prologue


Il faisait quand même beau pour un mois de novembre... Mathylde lisait sur un transat, enroulée dans un plaid. Il fallait bien avouer que Mathylde adorait lire! Harry Potter, Hunger Games, Peggy Sue... Elle s'attachait énormément à tous ces personnages et à leurs histoires.
Elle replaça une de ses mèches brunes derrière son oreille. Elle devait sûrement arriver au dénouement de son histoire. La pauvre... Elle ne se doutait pas que tout les mésaventures qui pourraient arriver à ses personnages ne seraient que des jeux d'enfant par rapport à ce qu'il lui arriverait à elle, d'ici... Quelques heures?

Mathylde vivait dans une charmante bâtisse perdue dans la Provence profonde. Ces murs avaient vu défiler tant de monde, tant d'histoires. Qui s'en rendait compte? Un féru d'histoire, de temps à autres? Une personne un peu fantasque qui achetait la maison au gré d'un caprice? Mais certainement pas une enfant de neuf ans et ses riches parents.
La Provence est belle. Mathylde a été élevée au milieu des cigales et de la garrigue. Ses seuls problèmes furent de se disputer, de temps à autres, avec une de ses amies à l'école...
Même ses parents étaient parfaits: riches, gentils, attentionnés, aimants. Le seul mal que devait supporter Mathylde était la solitude. Sa solitude de fille unique développait son imagination déjà fertile. Depuis toujours, elle voyait des fées dans son jardin, des jouets qui s'animaient, des petites créatures féériques qui peuplaient sa vie. Du plus loin qu'elle s'en souvienne, elle avait toujours cru aux fées, n'en avait jamais douté.
Et elle lisait. Depuis qu'elle savait  lire,  elle lisait avec délice. A chaque seconde de temps libre, elle lisait. Elle n'aimait pas regarder la télévision, quand bien même elle le faisait, elle ne lui trouvait pas le charme et la véracité d'un livre.
Mathylde était une enfant fantasque et intelligente, du haut de ses neuf ans et demi. Et sa vivacité d'esprit démentait sa fausse naïveté. Mathylde vouait une adoration aux livres, car ils l'avaient éduquée, lui offrant une porte ouverte vers cet autre monde, ces autres sentiments qui n'existaient pas. Elle aimait découvrir, assouvir sa curiosité. Quand elle regardait le monde autour d'elle avec ses grand yeux chocolat, on avait l'impression qu'elle savait quelque chose que tous les autres ne savaient pas.
Mathylde croyait à la bonté de l'humanité et c'est ça, qui aurait pu faire d'elle une adulte responsable, diplomate, ne vivant que pour la paix, l'amour, l'espoir et la croyance en les autres.
Si Mathylde était naïve? Non. C'était simplement une enfant. Une enfant avec un grand et bel avenir devant elle. Une enfant qui aiderait et qui aimerait.
Une enfant qui aurait dû grandir.



Un soir, une nuit sans étoile...



Mathylde avait dit adieu à ses parents car elle était grande. Durant une nuit, elle pourrait se garder toute seule. Elle avait bientôt dix ans et toute personne douée d'un tant soit peu de raison aurait compris qu'elle était responsable. Il n'aurait rien pu lui arriver, enfermée dans cette grande maison qui ne lui faisait même plus peur.
Elle lisait un roman. Plus précisément, elle lisait un roman qu'elle identifiait comme un documentaire sur sa maison, à elle. "Les Chroniques de Spiderwick" était son livre préféré, elle n'arrivait pas à croire, c'était impossible à concevoir, que cet univers n'était qu'un ensemble de mots. Elle suivait les aventures de Jared qui vivait dans une grande maison, comme elle. Jared avait neuf ans, comme elle. Il lisait un livre invraisemblable mais il y croyait, comme elle. Jared cherchait des fées, comme elle. Et il en trouva.
Mathylde suivait, pour la énième fois, Jared, Simon et Mallory partir à la rencontre du méchant ogre. Le "boss final" du livre. Elle sentait son coeur battre à cent à l'heure, tout en sachant pertinemment comment tout cela finirait.
Le "suspense" à son comble, Mathylde entendit soudain un léger grattement à sa porte. Elle ferma son livre, soudain le souffle court et le rouvrit au début... Lorsque les personnages découvraient le farfadet. Elle le referma de nouveau, le serrant contre elle et alla ouvrir la porte sur la pointe des pieds. C'était vide.
Très angoissée, elle s'apprêta à fermer la porte pour se réfugier sous ses draps. Lorsqu'elle entendit un autre grattement, au bout du couloir. Terriblement apeurée mais, à la fois, dévorée de curiosité, elle s'avança doucement, jusqu'à l'endroit d'où provenait le grattement. Il s'arrêta lorsqu'elle fut à un mètre.
Et il reprit, un peu plus loin. Ce manège continua jusqu'à arriver à l'escalier du grenier. Le grattement sur la trappe du grenier s'était amplifié. Elle avait peur. Elle hésitait. Puis, elle serra son livre contre elle, pensant aux personnages bravant de pires dangers et s'aventura à monter les escaliers.
Lorsqu'elle entra dans le grenier sans refermer la trappe, précaution sûrement inutile. Elle se rappela soudain que sa mère avait fait venir les dératiseurs une fois. Elle frissonna à l'idée de marcher sur une de ses horribles bestioles et en oublia presque la raison de sa venue, en cherchant à repartir aussitôt. Ce grenier lugubre, sans autre lumière que celle de la lune, ne lui inspirait rien qui vaille. Elle décida de faire son inspection plutôt le lendemain, quand ses parents seraient de retour.
Elle avait déjà fait demi-tour lorsqu'une vive lumière attira son œil. C'était une faible source de lumière mais c'était la seule provenant de la pièce. Piquée de curiosité, elle se précipita sur la pointe des pieds, imaginant déjà une ribambelle de petites fées apeurées dans  cette armoire, elle visualisa aussi un farfadet, en train d'y recoudre ses chaussettes ou encore une créature mystérieuse, lui étant encore inconnue. Mais seul quelque chose d'incroyablement bon pouvait émaner d'une telle lumière blanche.
Presque tremblante d'excitation, elle ouvrit les battants de l'armoire et...
Elle ne vit rien. Il n'y avait aucune lumière, ce n'était qu'une armoire triste et sombre. Une armoire comme il y en a monnaie courante dans de vieux greniers. Elle se dit que lire un livre Fantasy avant d'aller se coucher n'était peut-être pas la meilleure idée du monde et elle s'apprêta à tourner les talons, se réfugier dans ses draps rassurants et attendre le retour de ses parents chéris.
Elle se baissa, sincèrement prête à partir, mais entendit tout à coup des pleurs. Un sanglot n'est jamais quelque chose de gai, mais des sanglots dans une maison où l'on est censé être seul a quelque chose de pire que lugubre, cela a quelque chose de terrifiant. Et Mathylde commençait vraiment à être terrifiée.
Elle ne savait pas si elle oserait se retourner. Elle sentait son cœur battre à la chamade. Elle tourna la tête, espérant voir quelque chose qui lui prouverait qu'elle ne faisait que rêver. Il n'y avait rien d'autres qu'un grenier sombre, éclairé par la seule lumière de la pleine lune. Elle sentait ses jambes trembler. Elle eut soudain très froid et eut une folle envie de retourner dans son lit.
Elle se pencha pour descendre de la trappe lorsqu'un flot de lumière éblouissant et douloureux ravagea la pièce. Mathylde cria mais son cri se perdit dans sa douleur. Ses yeux éblouis  lui firent mal et la désorientèrent plus encore.
Lorsqu'elle réussit à les ouvrir, elle s'aperçut que ce noir de nuit était anormal. Elle voyait précisément. Elle voyait des poupées. Chacune des poupées qui envahissaient la pièce, elle pouvait distinguer leurs traits jusqu'à la couleur de leurs yeux. Ce n'était pas normal. Même pour une enfant qui croit aux fées!
Elle se précipita vers la trappe, s'apprêtant à sauter des escaliers, lorsque le battant claqua. La trappe s'était refermée toute seule! Elle se mit à genoux, tira et tira de toutes les forces du désespoir. Elle voulait retourner sous sa couverture, fermer sa porte à clef. Et elle continuait à batailler contre la trappe, le cœur battant à la chamade. Mathylde était simplement terrifiée, une peur envahissante, presque irrationnelle, l'empêchait de penser à autre chose qu'à la trappe qui refusait de s'ouvrir!
Ffff... Elle sentit un souffle d'air chaud dans son cou et se stupéfia sur place. Si ses mains continuaient de trembler, son cœur de battre et son visage de rougir et de transpirer, elle ne bougeait plus. Elle sentait... Elle sentait une présence derrière elle...


Un souffle chaud. Une présence sombre. Mathylde n'osait pas se retourner. D'ailleurs, l'idée telle une brise, ne fit qu'effleurer l'enfant. Il n'y avait rien à faire, elle était bloquée. Ses membres étaient beaucoup trop contractés pour penser à bouger autre chose que ses paupières.

"Bonjour petite fille."

Elle ferma les yeux, souhaitant les souder au fer rouge pour ne pas avoir à les ouvrir. Elle était tétanisée...

"Tu ne veux pas me voir?"

Elle sentit le souffle se déplacer, pour se retrouver à étouffer ses narines et sa bouche. Elle aurait pu s'évanouir. Elle se sentait au bord du malaise ou de la nausée, elle n'arrivait pas à les différencier.

"Regarde-moi."

Ses paupières étaient soudées. Non, elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas. Elle souhaitait de tout son cœur que ses parents rentrent plus tôt, entendre les pas sur le gravier, une portière qui claque et la voix de sa Maman. La voix de sa Maman avait le don de faire disparaître ses pires cauchemars. Elle se concentra sur la tendre voix de sa Maman, sur la force de son Papa et tenta d'oublier. Elle tenta d'oublia le souffle chaud à l'odeur immonde, la voix effrayante... Elle pensa au parfum de sa Maman, il était si doux. Elle pensa aux bras de son Papa quand il lui faisait un câlin...
Si elle ne voyait pas le monstre, c'est qu'il n'existait pas. "Si on ne voit pas c'est que ça n'existe pas. Si on ne voit pas c'est que ça n'existe pas" elle répétait sa litanie en boucle, résistant à la pression de la voix. Elle finit presque par se convaincre jusqu'à ce qu'un cri ébranle les murs...

"REGARDE-MOI!"

Des pleurs vrillèrent dans ses oreilles, des pleurs qui montaient en puissance presque à chaque secondes. Elle avait envie de se boucher les oreilles, elle n'en fit rien, concentrant ses efforts sur ses paupières qui étaient comme arrachées de ses yeux. Elle céda. Et le spectacle de la vue qui s'offrait à elle lui arracha des larmes.
Cet homme dégoulinait de sang! Il en avait dans ses cheveux, sur son visage et glissait même de ses mains! Son œil borgne entièrement noir la regardait sans la voir. Du sang coulait à flot d'une affreuse plaie partant de sa bouche à son oreille gauche. Cela aurait pu être sourire, mais quel lugubre sourire!
En le détaillant, Mathylde avait la tête qui tournait, une odeur inconnue mais tout simplement immonde enveloppait l'homme. Elle ressentit une violente nausée qu'elle réprimait à grand peine. Elle ne savait pas combien de temps ses genoux la supporteraient tant elle tremblait et se sentait faible. Toujours tétanisée, elle ne pouvait faire abstraction des battements forts et irréguliers de son cœur qui menaçait de s'enfuir.
Les yeux grands ouverts, elle ne put ignorer que le liquide poisseux qui dégoulinait le long des manches et du visage de cet homme n'atteignait jamais le sol... Le plancher était intact, vierge de ce sang noir.

"Est-ce que tu as peur?"

Elle avait la gorge serrée et n'essaya même pas d'avaler sa salive. Elle avait envie de bouger ne serait-ce que les doigts, simplement pour vérifier... Pour vérifier qu'elle était toujours en vie. Elle avait mal. Elle avait mal aux jambes, aux bras, souffrait d'être à genoux mais ne dit rien, tant elle avait peur.
Ses grands yeux chocolat habituellement emplis de curiosité cherchaient désespérément quelque chose, un espoir auquel se raccrocher. Son regard fou d'affolement, évitait tantôt les poupées tantôt le visage de l'homme. Lorsqu'elle aperçut la fenêtre, un courant d'air soulevait le rideau de droite...
Elle eut une idée. Le genre d'idées que seule une enfant peut avoir, car un adulte aurait bien trop peur de tout ce qui suivrait. Un adulte n'aurait plus cette audace, ou cette inconscience. Un adulte... Qu'est-ce qu'aurait fait un adulte?

"Je ne veux pas tuer pas les enfants, tu sais. Jamais. C'est eux qui me l'ordonnent."

Mathylde ne l'écoutait pas, elle portait son attention sur un meuble  et réfléchit. Elle tenta de faire abstraction des gémissements d'enfants qui emplissaient les silences. Elle serra le poing et pressa son livre.

"Appelle tes parents si tu veux... Vas-y. Appelle."

Ses parents étaient loin. Ils étaient déjà trop loin. Leurs visages s'imposèrent de nouveau dans son esprit. Elle inspira... Et se précipita vers l'autre bout du grenier! Elle slaloma rapidement entre les différents obstacles, animée par le seul espoir d'arriver à la fenêtre. Son cœur battait à la chamade, mais, cette fois, pas par peur, mais par excitation. Elle allait y arriver! Elle allait s'en sortir! Elle arriva à la fenêtre, dégagea le rideau, se pencha et... Elle fut retenue d'une poigne de fer et tirée si violemment à l'intérieur qu'elle tomba.
Une petite fille était penchée sur elle et lui souriait en pleurant. Mathylde se colla au mur tandis que pleine d'autres petites filles l'encerclaient... Elles avaient l'air triste, elles sanglotaient, des larmes noires coulaient sur leurs joues et créaient des traînées de maquillage, du rouge, du rose, mélangées à ce noir. Leurs cheveux décoiffés, ébouriffés et leurs robes déchirées lui faisait penser aux déguisements d'Halloween, à ses amis se déguisant en sorcières. Sauf que là, ce n'était pas un jeu. Elles ne se déguisaient pas. Ce n'étaient pas ses amies. Elles se rapprochaient et verrouillaient la fenêtre.

"Famille.Famille.Famille. FamilleFamille."

Elles répétaient ce mot comme si c'était le seul qu'elles savaient prononcer. Elles se rapprochaient d'un pas discipliné. Le mot avait perdu son sens pour elles. Elles avaient depuis longtemps oublié ce qu'était d'avoir une famille.
Mais Mathylde n'oubliait pas. Elle se sentait enserrée, étouffée mais elle portait son livre contre son cœur. Tandis qu'elle pensait à ses personnages, à ses parents, le visage de ses parents et tous ses bons souvenirs refirent surface.
Elle sourit malgré la douleur. Famille...










Épilogue


La Provence, 10 novembre 2015

Étrange meurtre d'enfant à Pourrières

Pourrières, vendredi 8 novembre à 20h. Alice et Franklin Martin, couple sans histoires, laissent leur petite Mathylde, âgée de 9 ans et demi, seule pour la nuit. Ils ne se doutaient pas de ce qui allait arriver... Au matin du samedi 9 novembre, le couple rentre chez lui et se retrouve devant une scène d'horreur: leur enfant est pendue à une poutre du grenier. Choqués, en larmes, ils appellent la police. Stupéfaits les enquêteurs commencent leur inspection, la fillette est habillée et maquillée comme une poupée de porcelaine. La piste d'un acte déséquilibré d'un potentiel tueur en série est privilégiée.
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Nain Fougère
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MessageSujet: Re: Mathylde   Jeu 8 Déc 2016 - 14:23

Wouaah .o.

J'ai pas trop aimé le prologue mais la suite, c'est ultra prenant .O.

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MessageSujet: Re: Mathylde   Jeu 8 Déc 2016 - 16:11

WHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAT ?????????????????????????? J'ai tout lu d'une traite et... putain la fin est trop inattendue :D

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