Encre Nocturne
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 ChronoChallenge n°40

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Tiunterof
Gardien grincheux de la CB
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Masculin Bélier Messages : 1706
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MessageSujet: ChronoChallenge n°40   Dim 11 Déc 2016 - 21:30

C'est partit les petits, ce soir les thèmes sont "Châtiments" et "Un nouveau nom".

Vous avez jusqu'à 22H30 ! /o/
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La Lapine Cornue
Divine cerfette et ses lapins multicolores
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Féminin Balance Messages : 4424
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Localisation : Endormie dans un terrier de lapins.
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MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°40   Dim 11 Déc 2016 - 22:28

TIN TIN TIN JE SUIS A L'HEURE :ffmental:

(bon excusez ce texte un peu nunul, j'avais Nain qui me déconcentrait juste à côté HEIN. :( )




   




   
Châtiment de lumière
   

   

           

   
   


               Au commencement était la lumière.

               Nous naquîmes dans ce berceau d'or et d'argent, nous jouâmes avec ce mobile céleste qu'étaient la lune, les étoiles et le soleil qui se balançaient doucement au dessus de nos têtes. Puis nous découvrîmes la voûte de velours saphir qui se déployait dans l'infinité de l'espace, et alors nous l'explorâmes en vacillant sur nos pattes fragiles et malhabiles, nos pattes de bébés pleines d'une douce maladresse.

               Nous prîmes de l'assurance, au fil des millénaires qui déroulaient lentement l'écheveau du temps sur cette terre inconnue ; et tandis qu'au sol, bien loin de notre vie et de nos jeux, poussaient les montagnes comme des fleurs noires et dures, crachaient les volcans comme des serpents crachent leur venin, et se déployaient des mers pleines de sel azuré, nous dansions dans les cieux, roulions dans les nuages et jouions à la balle après le soleil. Puis nous grandîmes encore, sans cesser nos courses folles et nos jeux de lumière ; nos ombres titanesques s'étirèrent le long des millions d'années, les empreintes de nos pattes creusèrent la Terre, la marquèrent profondément, creusèrent des lacs et des océans, terrifièrent les petits insectes bipèdes qui couraient délicatement à sa surface et qui nous amusaient tant.

               Mais un jour, alors que nous nous plaisions à chuter, bondir et rouler sur la terre tels des comètes d'or et de feu, alors que nous nous chamaillons, enflammant des forêts entières, heurtant le sol et la roche dans des éclairs scintillants dont les lances frappaient le sol, frappaient et frappaient le sol et les montagnes dans de longues plaintes qui claquaient dans la nuit, claquaient et claquaient dans la nuit comme des détonations d'étoiles perdues, soudain l'un de ces insectes bipèdes qui se nommaient hommes tendit la main, cassa une branchette consumée par notre lumière, et, effrayé de sa témérité et de ce pouvoir qu'il tenait à main nue, s'enfuit telle une bête traquée, emportant son flambeau au fond des ténèbres.

               C'est ainsi que naquit l'âge du feu.

               A dater de ce jour, curieux de cette intelligence nouvelle qui déployait ses fils d'araignée à l'intérieur de leur crâne et tissait des liens entre leurs peuples barbares, nous nous mîmes à les observer. Nous nous mîmes à nous pencher sur la terre, à la plonger dans nos ombres, à nous mirer dans le miroir de leur âme si primitive et si complexe à la fois.

               Il était déjà trop tard pour nous. Cette curiosité allait nous mener à notre perte.

               Les hommes n'étaient pas seulement des animaux. Nous aimions les animaux, nous effleurions leur fourrure hirsute dans des vents chargés d'étincelles, caressions leurs têtes douces aux angles brutaux, jouions avec eux dans la clarté flamboyante de l'aube ; à cette heure floue et magique où les frontières entre lumière et ombre, entre dieux et mortels, entre esprits et animaux devenaient si fines que nous n'étions soudain plus des êtres de lumière et d'or. L'espace de quelques instants, d'une heure ou deux, nous pouvions devenir lapins d'argent et de neige, panthères de nuit et d'écorce, ours de vent et de terre, et fouler cette terre étrange comme le faisaient nos compagnons terrestres.

               Mais les hommes…

               Bien mal nous en prit de jouer avec eux.

               Pendant quelques millénaires, une seconde tout au plus à l'échelle de notre existence céleste, la compagnie des hommes nous apporta joie, camaraderie et découvertes toujours plus surprenantes. Nos danses de lumière leur apportait rêves et euphorie, nos ballets de foudre leur fournissait feu et protection ; nous câlinions leurs enfants et leur tressions des berceaux de soleil, purifiions leurs sources et leur apprenions à dresser les flammes dans leurs âtres de terre cuite.

               Et puis soudain arrivèrent les mines, le fer, l'acier, les armes crachotantes de métal, les chemins de fer qui couturaient le sol des collines tendres, les machines pleines de feu et de pétrole qui mugissaient leurs sirènes en avalant les distances, les maisons de pierre taillée et les fabriques gigantesques, les mécaniques complexes et les monnaies de cuivre.

               Une seconde, pour nous ; un millénaire, pour eux. Tout bascula. A jamais.

               Là commença le châtiment de notre curiosité, le châtiment de notre innocence triste et dévouée, de nos câlins solaires qui avaient cru bien faire.

               Un jour l'un d'eux eut l'idée de faire de la lumière, de la vraie lumière, non des étincelles crachotantes ; mais les étoiles étaient hors de sa portée, le soleil bien trop puissant pour lui, alors il captura l'un des nôtres, le jeta dans le fourneau immense d'une de ces usines qui avaient poussé dans les villes telles des champignons funestes,  le malaxa, le tordit, le pressa et le fondit dans une goutte de verre, une cage de cristal, une sphère translucide de la taille d'une main.

               C'est ainsi que fleurirent les lampadaires le long des rues pavées ; c'est ainsi que se déployèrent des artères de lumière au sein des villes noires et tristes.

               C'est ainsi que le ciel devint vide, que le soleil se morfondit de solitude ; c'est ainsi que nous disparûmes de l'aube, que nous fûmes emprisonnés par les hommes.



   


   Ceci est une phrase longue qui n'a d'autre but que d'élargir le fond blanc afin que vos mirettes ne se fatiguent pas jusqu'à l'usure, que dis-je, jusqu'à la dissolution ! (ça, vous devez le laisser, de toute manière on le verra pas, faites-moi confiance je vous dis !)
   
   

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Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

→ Venez fouiller dans mes écrits... Y'en a pour tous les goûts ! :corn2:

.[/center]
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Lunny

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Humeur : A mort les maths !!! Vive le français !

MessageSujet: Re: ChronoChallenge n°40   Dim 11 Déc 2016 - 22:34

Un nouveau nom



   
Selon certains, le nom d’une personne représente ce qu’elle est. Elle la définit et la guide tout au long de sa vie, de sa naissance à sa mort. Pour d’autres, un nom doit être choisi en fonction de ce que la personne est, il doit être le miroir de son âme et sa définition. Pour d’autres encore, un nom est changeant, il varie durant la vie de l’individu et le représente à chacune des étapes de sa vie. Même si leurs opinions divergent sur certains points, ils s’accordent tous à dire qu’un nom est une chose importante.


   Durant toute ma vie, je n’ai cessé de changer d’identité. J’ai été une fille, une cousine, une élève, une amie, une ennemie,... personne. Et pourtant, jamais mon nom n’a changé. Il a été choisi par celle qui m’a mise au monde et inscrit sur des registres alors que je n’avais que quelques heures. De tout ce que j’ai vécu, vu et fait, rien ne l’a modifié. Il est resté figé durant des années alors que je grandissais et m’affirmais, devenant une personne toujours plus différente de celle que j’étais à ma naissance. Mais aujourd’hui, je vais recevoir un nouveau nom.

   Il y a peu, le monde que nous connaissions s’est effondré. Les villes, les pays, la politique, tout cela n’est plus. Nous venons d’entrer dans une nouvelle ère, nous renaissons. J’ai erré pendant des jours et des jours, des semaines et des semaines, volant, pillant et tuant. Oui, j’ai tué. Celle que j’étais auparavant en aurait eu honte ou peur, mais cette fille-là n’existe plus, elle est morte durant la Chute du monde. Les hommes n’ont pas su écouter les signaux de mère Terre et ils ont continué de vivre de la manière dont ils vivaient. Elle les a châtié.

Décidant que nous n’étions pas tels que nous devions êtres, elle a lâché sur nous les pires tourments. Mais nous avons survécu, enfin plus ou moins. Les hommes se sont battus, à la fois contre mère Terre et la nature sauvage et à la fois contre eux-mêmes. J’ai perdu ma famille dès les premiers instants d’après la Chute. Alors j’ai fait ce que j’avais à faire pour rester en vie, j’ai volé ce que je pouvais, nourriture, armes, vêtements et j’ai marché. J’ai marché loin des villes qui sont rapidement devenues un enfer, loin des hommes que je savais mauvais, loin de celle que j’étais jadis. Puis j’ai entendu parlé d’un endroit. On disait que les hommes se réunissaient en une Communauté en un lieu que l’on nomme les Terres Promises

J’y suis allée et j’y suis restée. Nous avons commencé à reconstruire ce que nous avions avant, ignorant l’avertissement que nous venions de recevoir, bien décidés à retrouver notre grandeur passée. Un nouvel ordre s’est établi, les rois sont revenus et nous avons choisi un nouveau calendrier, avec de nouvelles fêtes. Aujourd’hui a lieu la première d’entre elles. Celle que nous appelons la Cérémonie du Nom et qui aura désormais lieu chaque année le jour anniversaire de la Chute du monde. Aujourd’hui, chaque habitant de la Nouvelle Cité va choisir son nouveau nom, celui qu’il portera jusqu’à sa mort. Celui que j’ai choisi n’a aucun lien avec celui que je portais jusqu’à maintenant. Il est puissant et représente ce pour quoi je me suis toujours battue. Il me représente, du moins je l’espère.

Je me nomme Beatha.
N.B:
 
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