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 [TP] L'ombre qui marche

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Donaldo75

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Masculin Bélier Messages : 138
Date d'inscription : 08/04/2015
Localisation : Paris
Humeur : Atonale

MessageSujet: [TP] L'ombre qui marche   Dim 29 Jan - 19:16

L'ombre qui marche

I/

Ourk-O huma l’air ambiant. La forêt était un peu humide, avec des relents de brûlé, une odeur inhabituelle en ces lieux. Il sentit également la présence de deux hommes, ceux qu’il cherchait, et d’une autre créature, inconnue de ses sens. Ourk-O pensa alors à la légende de l’Ombre qui marche, racontée dans tous les clans du Grand Tournant. Selon les Ancêtres, l’Ombre qui marche se déplaçait dans les zones boisées, devenait invisible dès qu’un homme l’approchait, et se nourrissait des petits animaux ou de fougères géantes. Elle n’approchait presque jamais des villages, sauf quand elle était affamée. Ourk-O ne connaissait cependant personne qui avait réellement vu l’Ombre qui marche. Pour cette raison et des milliers d’autres, il considéra la troisième créature comme négligeable, préférant se concentrer sur les deux hommes.

Ourk-O se remémora son retour au village, un jour avant les autres chasseurs partis en campagne avec lui. Il revit le spectacle des huttes ravagées, des corps éventrés, des traces de sang partout sur les toiles. Sa femme et son fils n’avaient pas survécu au massacre. Même les Ancêtres n’avaient pas été épargnés, comme si les meurtriers voulaient signifier au village qu’ils ne craignaient pas la colère des hommes. Ourk-O n’avait alors pas attendu ses compagnons de chasse, jugeant l’affaire urgente. Il avait laissé un signe, un code convenu entre les chasseurs, indiquant qu’il repartait à la chasse. Les autres comprendraient.

Le soleil commençait à décliner. Ourk-O sentit l’odeur du feu et du gibier mais n’entendit pas deux hommes grogner. Apparemment, seul l’un des deux était resté au campement de fortune, tandis que l’autre avait dû chercher des champignons ou des herbes plus loin dans la forêt. Ourk-O se baissa puis décida de ramper pour se rapprocher sans alerter l’autre homme. Le vent soufflait dans le bon sens, de manière à le rendre indétectable par un nez expérimenté. Le sol était meuble, avec peu de branches sur le sol. Les arbres étaient bordés de fougères géantes et de bosquets touffus, des cachettes idéales pour un chasseur à l’affut. Ourk-O s’arrêta et observa la scène.

L’autre homme, petit et trapu, arrangeait sa litière, jetait du bois dans le feu et surveillait la cuisson de son gibier. Visiblement, il ne semblait pas serein et ne cessait de jeter un regard apeuré vers là où le soleil se couche, à l’opposé de la position tenue par Ourk-O. Il jouait nerveusement avec son coutelas, vérifiait sans cesse son arc et ses flèches, comme si un danger imminent le menaçait, quelque part dans la forêt profonde. Ourk-O pensa à l’Ombre qui marche, une croyance répandue au-delà du seul Grand Tournant, une bête censée vivre dans les bois. Cette pensée lui inspira une stratégie d’attaque, celle qui consistait à affoler sa proie et lui pointer la mauvaise direction.

Ourk-O prit sa fronde, choisit un caillou sur le sol et non une de ses munitions, trop faciles à reconnaitre, puis le plaça dans la poche de peau et visa le sommet d’un arbre situé loin devant lui. Le projectile brisa une branche supérieure, provoqua la chute de plusieurs branchettes et surtout l’envolée de quelques oiseaux. L’autre homme se crispa, tétanisé par la peur. Il resta figé un instant, avant de se jeter sur ses armes. Ourk-O en profita pour lui envoyer une balle dans la tête, une de ses pierres les plus pointues généralement dédiées aux bêtes de grande taille. L’homme tomba sur les genoux, laissant à Ourk-O le temps de courir vers lui, de lui arracher son coutelas et son arc, avant de lui trancher la gorge d’un coup sec. Ourk-O laissa le corps s’affaler par terre, vérifia la mort de l’homme, puis le prit par les pieds et le traina vers le feu. Il le plaça dans sa litière, comme s’il dormait, et déposa ses armes contre un arbre.

II/

Le professeur Royer brancha le rétroprojecteur, ajusta la tablette puis appuya sur l’interrupteur. Les étudiants étaient en train d’arriver dans l’amphithéâtre où se tenait le cours de paléontologie. Il continua ses réglages, brancha le dispositif de projection à son ordinateur portable, avant de choisir les fichiers stockés sur son disque dur.
— Vous êtes prêts ?
— Oui, professeur, répondirent d’une seule voix la dizaine de jeunes femmes et hommes présents dans la salle.
— Parfait. Aujourd’hui, nous allons étudier une scène du Néolithique à travers des ossements et fossiles laissés dans une forêt américaine. Pour ça, j’ai compilé des photographies prises par un de mes collègues de l’Université de Boston, le professeur Robert Wilkinson. Le thème tient en ces quelques mots : l’Ombre qui marche.

Derrière ce vocable digne d’un film des années soixante, choisi par l’éminent Robert Wilkinson, un enseignant peu académique, il y avait des années de recherches consacrées aux pratiques de chasse de nos lointains ancêtres. L’Ombre qui marche représentait un mystère encore non élucidé, celui d’une espèce méconnue, discrète en son temps, certainement pas un prédateur pour les hommes du Néolithique. Quelques fresques rupestres témoignaient de son existence, de la peur et du respect qu’il inspirait aux peuplades de l’époque. Seul un squelette complet avait été trouvé, dans une cavité forestière, à côté de ceux de deux hommes, comme si une bataille meurtrière s’était déroulée en ces lieux quelques milliers d’années avant notre ère.

Le but du cours était d’apprendre aux étudiants comment élaborer des scénarios à partir de peu d’indices. Le professeur Royer avait déjà amené ses troupes sur le terrain, pour les familiariser avec les techniques de recueil, les relevés topographiques et l’art de ne rien négliger.
— Nous avons ici des ossements. Le premier squelette correspond à une espèce non humaine. Dans la communauté scientifique, nous l’appelons l’Ombre qui marche.
— Pourquoi ce nom, professeur ?
— Réfléchissez un peu, Berthier. Au-delà de son imaginaire florissant, certainement influencé par Hollywood, Robert Wilkinson a traduit une réalité dans un vocabulaire évocateur.
— Cette espèce ne se montrait jamais aux humains, répondit Madeleine Elster, une très belle étudiante blonde platine, habituée des cours du professeur Royer.
— Exactement ! Il semblerait que l’Ombre qui marche avait peur des hommes, qu’elle voyait comme un prédateur. En cela, elle était sage et prudente.
— Pourtant, elle a disparu, répliqua Berthier.
— Toutes les espèces sont vouées à disparaître, Berthier. Vous comme l’Ombre qui marche. La différence, c’est que vous n’êtes pas la discrétion incarnée. La science n’aura aucun mal à expliquer le pourquoi de votre disparition.

La remarque provoqua les rires dans l’amphithéâtre. Le professeur Royer regarda sa victime du jour avec l’air de la mère poule devant son dernier-né. Berthier n’était pas moins intelligent, il avait juste tendance à poser les questions stupides. Pour le professeur Royer, cet étudiant n’avait pas sa place dans un cours de sciences mais dans une salle de rédaction, au sein d’un magazine dédié aux grands de ce monde et leurs petites bassesses. Il préférait de loin Madeleine Elster avec son cerveau affuté, son intuition débordante et ses qualités de synthèse, le tout logé dans un corps de déesse. Madeleine Elster était son Artémis.

III/

Ourk-O n’eut pas longtemps à attendre. Un autre homme, petit et trapu, apparut dans la pénombre. Ses gestes mesurés, son allure prudente et sa main sur ses armes trahissaient une peur permanente. Il s’approcha de son compagnon, huma l’air alentour puis se retourna. Ourk-O en profita pour lui décocher une balle pointue. L’homme s’écroula à terre. Ourk-O se releva, rangea sa fronde puis se dirigea vers sa victime. Soudain, les branches se mirent à bruisser, les oiseaux arrêtèrent de chanter et le feu vacilla. Ourk-O ne sentit pas la masse lui tomber sur le corps. Son dernier souvenir se résuma à une odeur d’herbes mouillées, une vive douleur à l’échine et un grognement.

Quand il se réveilla, il constata qu’il était dans une caverne ou une grotte, avec comme compagnons le petit homme trapu et une immense créature poilue. Ses armes étaient à terre, loin de lui, avec celles de son ennemi humain, bien rangées dans une auge circulaire. Il essaya de bouger mais ses pieds et ses mains étaient entravés par une sorte de liane. L’autre homme était encore inconscient, du moins en apparence, attaché lui aussi. L’Ombre qui marche semblait occupée à préparer son repas. Ourk-O pensa que ses dernières heures arrivaient, qu’il allait servir de plat principal à l’Ombre qui marche, avant même d’avoir pu venger son clan. A cette dernière pensée, il grogna de mécontentement.

L’Ombre qui marche se retourna. Ourk-O la regarda droit dans les yeux. Ce qu’il vit le surprit. La créature poilue avait un regard doux, malgré son aspect effrayant, son corps gigantesque et ses énormes bras. Elle ouvrit sa grande gueule, montrant des dents acérées, et émit une sorte de souffle, proche du bruit du vent dans les arbres. Ourk-O répondit par un grognement interrogatif. Il voulait savoir ce qu’il faisait là, pourquoi il était encore en vie et ce qui l’attendait. L’Ombre qui marche hocha la tête lentement. Elle semblait fatiguée, vieille, usée par des années passées à se cacher des hommes. Ourk-O éprouva de la compassion pour elle, même si son propre futur semblait compromis et réduit au bas de la chaîne alimentaire. Il grogna doucement, calmement, et hocha de la tête à son tour.

L’Ombre qui marche reprit ses occupations. Elle mélangea des fougères à des champignons, pressa des fruits forestiers, broya des morceaux d’écorce et constitua une sorte de brouet, à même le sol. Ensuite, elle en prit une dose dans son immense main puis la porta à sa gueule. Ourk-O entendit une sorte de mélodie sifflée, proche du langage des oiseaux. Visiblement, la créature aimait le résultat de sa cuisine et le faisait savoir alentour. Elle se tourna de nouveau, s’approcha de son prisonnier et lui tendit lentement sa main. Ourk-O la regarda de nouveau droit dans les yeux. Il grogna doucement puis commença à lécher le brouet. L’Ombre qui marche se remit à souffler.

Ourk-O se sentit étrangement en sécurité. Il accepta une deuxième portion de brouet. L’Ombre qui marche lui servit sa ration encore plus délicatement que la première fois. Elle ne cessait de le regarder, avec un air doux, presque celui d’une mère devant son enfant. Ourk-O se décontracta, grogna de plaisir puis rota de satisfaction, une tradition ancestrale dans son clan quand on était invité par un autre village. La créature le fixa avec stupeur, plissa son museau, avant de se mettre à hoqueter. Des larmes lui montèrent aux yeux, son corps commença à trembler et ses mains s’ouvrirent, la paume dirigée vers Ourk-O. L’homme pensa que la créature était en train de pleurer, pour une raison inconnue. Il la fixa à son tour, grogna les noms de sa femme et son fils, puis laissa la tristesse l’envahir et déclencher des torrents de larmes sur ses joues et sa bouche.

IV/

Une fois le préambule scientifique terminé, le professeur Royer rentra dans le vif du sujet. Il afficha une photographie des trois squelettes et attendit une réaction de ses étudiants.
— Les positions des squelettes sont étranges, remarqua Madeleine Elster.
— Que vous inspirent-elles ?
— Deux scènes différentes, deux réalités distinctes. L’Ombre qui marche semble tenir un des hommes dans ses bras, comme si elle tentait de le protéger.
— Le protéger de quoi ? De l’autre homme ?
— Non, l’autre homme est dans une position presque antinaturelle. On dirait qu’il était entravé quand la mort l’a frappé. Son squelette est trop éloigné de la première scène. Il n’y a aucun rapport de causalité entre les deux. Le drame concerne les deux corps enlacés.
— Vous avez beaucoup d’imagination, Madeleine. Bientôt, vous allez nous raconter une histoire d’amour entre un homme du Néolithique et une créature monstrueuse.
— C’est du même acabit que le vocable inventé par Robert Wilkinson. Il ne la décrit pas comme un monstre. Elle est presque humaine. Elle marche, comme nous, elle est notre ombre, celle de l’homo sapiens, notre cousine éloignée ou notre voisine cachée.

Les yeux bleus de Madeleine Elster brillaient de mille feux. Le professeur Royer comprit pourquoi il adorait cette étudiante, la fille dont il aurait rêvé s’il s’était marié et avait eu des enfants. Son étudiante préférée remettait de l’humanité là où les autres ne voyaient que de la science, des bouts d’os éparpillés par les soubresauts de la planète, égarés dans les tourments de l’Histoire. Elle osait affirmer ses idées, ses intuitions, son regard différent, devant les pontes de l’enseignement supérieur et les premiers de la classe, au risque de paraître ridicule. Le professeur Royer sentit monter une envie irrépressible de la prendre dans ses bras, comme l’avait fait l’Ombre qui marche avec l’homme du Néolithique dans cette scène magnifique décrite avec brio par Madeleine Elster.

Berthier le réaliste brisa la magie du moment. Fidèle à sa réputation, il posa la question présente dans toutes les têtes, sauf peut-être celle du professeur et de son égérie.
— Si la créature n’avait pas peur de l’autre homme, qu’est-ce qui l’a effrayée ?
— La proximité de la mort, Berthier. Tous les mammifères supérieurs la ressentent, même vous. L’Ombre qui marche, les analyses l’ont prouvé, était issue d’une espèce d’hominidés très avancés, aux capacités cérébrales importantes, voire au-dessus de celles de l ‘homo sapiens.
— Pourtant, cette créature n’a pas survécu, insista Berthier. A quoi ça sert d’être plus intelligent que les autres, d’avoir un plus gros cerveau, si c’est pour disparaître ?
— Je vous renvoie la question, Berthier, répondit le professeur Royer, un peu excédé du tour que prenait la discussion.

Une fois de plus, Madeleine Elster sauva la mise au maître de l’amphithéâtre. Devant une dizaine d’étudiants, elle se leva et répondit à la question de son camarade de cours.
— En réalité, ça ne sert à rien. L’Ombre qui marche était supérieure à l’homo sapiens en termes d’intelligence émotionnelle. Pour cette raison, elle se cachait des hommes du Néolithique, trop dangereux pour elle. Sa nature la condamnait à disparaître, dans un monde où le Beau ne durait jamais longtemps, parce que l’Utile s’avérait le plus fort.
— Elle est morte en tentant de sauver un homme dont elle se cachait depuis des générations, remarqua Berthier.
— Tu as raison, et je l’envie pour ça, avoua Madeleine Elster. L’Ombre qui marche était probablement la première créature romantique. Elle est morte telle quelle.

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Des paroles carrées n'entrent pas dans des oreilles rondes.(Lao-Tseu)


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Ouppo
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MessageSujet: Re: [TP] L'ombre qui marche   Sam 4 Fév - 23:11

@Donaldo75 a écrit:
L'ombre qui marche

I/

Ourk-O huma l’air ambiant. La forêt était un peu peu utile humide, [il faudrait peut-être mettre une liaison logique ici] avec des relents de brûlé, une odeur inhabituelle en ces lieux. Il sentit également la présence de deux hommes, ceux qu’il cherchait, et d’une autre créature, inconnue de ses sens. Ourk-O pensa alors à la légende de l’Ombre qui marche, racontée dans tous les clans du Grand Tournant. Selon les Ancêtres, l’Ombre qui marche se déplaçait dans les zones boisées, devenait invisible dès qu’un homme l’approchait, et se nourrissait des petits animaux ou de fougères géantes. Elle n’approchait presque jamais des villages, sauf quand elle était affamée. Ourk-O ne connaissait cependant personne qui avait réellement vue l’Ombre qui marche trop d'Ombre qui marche je trouve ^^. Pour cette raison et des milliers d’autres, il considéra la troisième créature comme négligeable, préférant se concentrer sur les deux hommes. Je trouve que cette phrase n'apporte pas grand chose non plus ici ^^'




Tu passe carrément à un autre temps là, c'est un peu confusant
^^

Ourk-O se remémora son retour au village, un jour avant les autres chasseurs partis en campagne avec lui. Il revit le spectacle des huttes ravagées, des corps éventrés, des traces de sang partout sur les toiles. Sa femme et son fils n’avaient pas survécu au massacre. Même les Ancêtres n’avaient pas été épargnés, comme si les meurtriers voulaient signifier au village qu’ils ne craignaient pas la colère des hommes. Ourk-O trop de Ourk-On’avait alors pas attendu ses compagnons de chasse, jugeant l’affaire urgente. Il avait laissé un signe, un code convenu entre les chasseurs, indiquant qu’il repartait à la chasse. Les autres comprendraient.

Passage abrupte encore

Le soleil commençait à décliner. Ourk-O sentit l’odeur du feu et du gibier mais n’entendit pas deux hommes grogner. Apparemment, seul l’un des deux était resté au campement de fortune, tandis que l’autre avait dû chercher des champignons ou des herbes plus loin dans la forêt. Ourk-O se baissa puis décida de ramper pour se rapprocher sans alerter l’autre homme. Le vent soufflait dans le bon sens, de manière à le rendre indétectable par un nez expérimenté. Le sol était meuble, avec peu de branches sur le sol. Les arbres étaient bordés de fougères géantes et de bosquets touffus, des cachettes idéales pour un chasseur à l’affut. Ourk-O s’arrêta et observa la scène.

L’autre homme, petit et trapu, arrangeait sa litière, jetait du bois dans le feu et surveillait la cuisson de son gibier. Visiblement, il ne semblait pas serein et ne cessait de jeter un regard apeuré vers là où le soleil se couche, à l’opposé de la position tenue par Ourk-O. Il jouait nerveusement avec son coutelas, vérifiait sans cesse son arc et ses flèches, comme si un danger imminent le menaçait, quelque part dans la forêt profonde. Ourk-O pensa à l’Ombre qui marche, une croyance répandue au-delà du seul Grand Tournant, une bête censée vivre dans les bois. Cette pensée lui inspira une stratégie d’attaque, celle qui consistait à affoler sa proie et lui pointer la mauvaise direction.

Ourk-O prit sa fronde, choisit un caillou sur le sol et non une de ses munitions, trop faciles à reconnaitre, puis le plaça dans la poche de peau et visa le sommet d’un arbre situé loin devant lui. Le projectile brisa une branche supérieure, provoqua la chute de plusieurs branchettes et surtout l’envolée de quelques oiseaux. L’autre homme se crispa, tétanisé par la peur. Il resta figé un instant, avant de se jeter sur ses armes. Ourk-O en profita pour lui envoyer une balle dans la tête, une de ses pierres les plus pointues généralement dédiées aux bêtes de grande taille. L’homme tomba sur les genoux, laissant à Ourk-O le temps de courir vers lui, de lui arracher son coutelas et son arc, avant de lui trancher la gorge d’un coup sec. Ourk-O laissa le corps s’affaler par terre, vérifia la mort de l’homme, puis le prit par les pieds et le traina vers le feu. Il le plaça dans sa litière, comme s’il dormait, et déposa ses armes contre un arbre.

II/

Le professeur Royer brancha le rétroprojecteur, ajusta la tablette puis appuya sur l’interrupteur. Les étudiants étaient en train d’arriver dans l’amphithéâtre où se tenait le cours de paléontologie. Il continua ses réglages, brancha le dispositif de projection à son ordinateur portable, avant de choisir les fichiers stockés sur son disque dur.
— Vous êtes prêts ?
— Oui, professeur, répondirent d’une seule voix la dizaine de jeunes femmes et hommes présents dans la salle.
— Parfait. Aujourd’hui, nous allons étudier une scène du Néolithique à travers des ossements et fossiles laissés dans une forêt américaine. Pour ça, j’ai compilé des photographies prises par un de mes collègues de l’Université de Boston, le professeur Robert Wilkinson. Le thème tient en ces quelques mots : l’Ombre qui marche.

Derrière ce vocable digne d’un film des années soixante, choisi par l’éminent Robert Wilkinson, un enseignant peu académique, il y avait des années de recherches consacrées aux pratiques de chasse de nos lointains ancêtres. L’Ombre qui marche représentait un mystère encore non élucidé, celui d’une espèce méconnue, discrète en son temps, certainement pas un prédateur pour les hommes du Néolithique. Quelques fresques rupestres témoignaient de son existence, de la peur et du respect qu’il inspirait aux peuplades de l’époque. Seul un squelette complet avait été trouvé, dans une cavité forestière, à côté de ceux de deux hommes, comme si une bataille meurtrière s’était déroulée en ces lieux quelques milliers d’années avant notre ère.

Le but du cours était d’apprendre aux étudiants comment élaborer des scénarios à partir de peu d’indices. Le professeur Royer avait déjà amené ses troupes sur le terrain, pour les familiariser avec les techniques de recueil, les relevés topographiques et l’art de ne rien négliger.
— Nous avons ici des ossements. Le premier squelette correspond à une espèce non humaine. Dans la communauté scientifique, nous l’appelons l’Ombre qui marche.
— Pourquoi ce nom, professeur ?
— Réfléchissez un peu, Berthier. Au-delà de son imaginaire florissant, certainement influencé par Hollywood, Robert Wilkinson a traduit une réalité dans un vocabulaire évocateur.
— Cette espèce ne se montrait jamais aux humains, répondit Madeleine Elster, une très belle étudiante blonde platine, habituée des cours du professeur Royer.
— Exactement ! Il semblerait que l’Ombre qui marche avait peur des hommes, qu’elle voyait comme un prédateur. En cela, elle était sage et prudente.
— Pourtant, elle a disparu, répliqua Berthier.
— Toutes les espèces sont vouées à disparaître, Berthier. Vous comme l’Ombre qui marche. La différence, c’est que vous n’êtes pas la discrétion incarnée. La science n’aura aucun mal à expliquer le pourquoi de votre disparition.

La remarque provoqua les rires dans l’amphithéâtre. Le professeur Royer regarda sa victime du jour avec l’air de la mère poule devant son dernier-né. Berthier n’était pas moins intelligent, il avait juste tendance à poser les questions stupides. Pour le professeur Royer, cet étudiant n’avait pas sa place dans un cours de sciences mais dans une salle de rédaction, au sein d’un magazine dédié aux grands de ce monde et leurs petites bassesses. Il préférait de loin Madeleine Elster avec son cerveau affuté, son intuition débordante et ses qualités de synthèse, le tout logé dans un corps de déesse. Madeleine Elster était son Artémis.

III/

Ourk-O n’eut pas longtemps à attendre. Un autre homme, petit et trapu, apparut dans la pénombre. Ses gestes mesurés, son allure prudente et sa main sur ses armes trahissaient une peur permanente. Il s’approcha de son compagnon, huma l’air alentour puis se retourna. Ourk-O en profita pour lui décocher une balle pointue. L’homme s’écroula à terre. Ourk-O se releva, rangea sa fronde puis se dirigea vers sa victime. Soudain, les branches se mirent à bruisser, les oiseaux arrêtèrent de chanter et le feu vacilla. Ourk-O ne sentit pas la masse lui tomber sur le corps. Son dernier souvenir se résuma à une odeur d’herbes mouillées, une vive douleur à l’échine et un grognement.

Quand il se réveilla, il constata qu’il était dans une caverne ou une grotte, avec comme compagnons le petit homme trapu et une immense créature poilue. Ses armes étaient à terre, loin de lui, avec celles de son ennemi humain, bien rangées dans une auge circulaire. Il essaya de bouger mais ses pieds et ses mains étaient entravés par une sorte de liane. L’autre homme était encore inconscient, du moins en apparence, attaché lui aussi. L’Ombre qui marche semblait occupée à préparer son repas. Ourk-O pensa que ses dernières heures arrivaient, qu’il allait servir de plat principal à l’Ombre qui marche, avant même d’avoir pu venger son clan. A cette dernière pensée, il grogna de mécontentement.

L’Ombre qui marche se retourna. Ourk-O la regarda droit dans les yeux. Ce qu’il vit le surprit. La créature poilue avait un regard doux, malgré son aspect effrayant, son corps gigantesque et ses énormes bras. Elle ouvrit sa grande gueule, montrant des dents acérées, et émit une sorte de souffle, proche du bruit du vent dans les arbres. Ourk-O répondit par un grognement interrogatif. Il voulait savoir ce qu’il faisait là, pourquoi il était encore en vie et ce qui l’attendait. L’Ombre qui marche hocha la tête lentement. Elle semblait fatiguée, vieille, usée par des années passées à se cacher des hommes. Ourk-O éprouva de la compassion pour elle, même si son propre futur semblait compromis et réduit au bas de la chaîne alimentaire un peu maladroit. Il grogna doucement, calmement, et hocha de la tête à son tour.

L’Ombre qui marche reprit ses occupations. Elle mélangea des fougères à des champignons, pressa des fruits forestiers, broya des morceaux d’écorce et constitua une sorte de brouet, à même le sol. Ensuite, elle en prit une dose dans son immense main puis la porta à sa gueule un peu maladroit, mélange de vocabulaire bestial avec celui qu'on associe à l'humain, dose n'est pas très adapté ici je pense. Ourk-O entendit une sorte de mélodie sifflée, proche du langage des oiseaux. Visiblement, la créature aimait le résultat de sa cuisine et le faisait savoir alentour. Elle se tourna de nouveau, s’approcha de son prisonnier et lui tendit lentement sa main. Ourk-O la regarda de nouveau droit dans les yeux. Il grogna doucement puis commença à lécher le brouet. L’Ombre qui marche se remit à souffler.

Ourk-O se sentit étrangement en sécurité il faudrait développer ça je pense, montrer les émotions de Ourk-O ou supprimer ce passage
. Il accepta une deuxième portion de brouet. L’Ombre qui marche lui servit sa ration encore plus délicatement que la première fois. Elle ne cessait de le regarder, avec un air doux, presque celui d’une mère devant son enfant. Ourk-O se décontracta, grogna de plaisir puis rota de satisfaction, une tradition ancestrale dans son clan quand on était invité par un autre village. La créature le fixa avec stupeur, plissa son museau, avant de se mettre à hoqueter. Des larmes lui montèrent aux yeux, son corps commença à trembler et ses mains s’ouvrirent, la paume dirigée vers Ourk-O. L’homme pensa que la créature était en train de pleurer, pour une raison inconnue. Il la fixa à son tour, grogna les noms de sa femme et son fils, puis laissa la tristesse l’envahir et déclencher des torrents de larmes sur ses joues et sa bouche.

IV/

Une fois le préambule scientifique terminé, le professeur Royer rentra dans le vif du sujet. Il afficha une photographie des trois squelettes et attendit une réaction de ses étudiants.
— Les positions des squelettes sont étranges, remarqua Madeleine Elster.
— Que vous inspirent-elles ?
— Deux scènes différentes, deux réalités distinctes. L’Ombre qui marche semble tenir un des hommes dans ses bras, comme si elle tentait de le protéger.
— Le protéger de quoi ? De l’autre homme ?
— Non, l’autre homme est dans une position presque antinaturelle. On dirait qu’il était entravé quand la mort l’a frappé. Son squelette est trop éloigné de la première scène. Il n’y a aucun rapport de causalité entre les deux. Le drame concerne les deux corps enlacés.
— Vous avez beaucoup d’imagination, Madeleine. Bientôt, vous allez nous raconter une histoire d’amour entre un homme du Néolithique et une créature monstrueuse terme pas très scientifique ou correcte dans la bouche de ton personnage.
— C’est du même acabit que le vocable inventé par Robert Wilkinson. Il ne la décrit pas comme un monstre. pas utile, un scientifique ne décris pas d'autres espèces comme des monstres de toute façon Elle est presque humaine. Elle marche, comme nous, elle est notre ombre, celle de l’homo sapiens, notre cousine éloignée ou notre voisine cachée.

Les yeux bleus de Madeleine Elster brillaient de mille feux. Le professeur Royer comprit pourquoi il adorait cette étudiante, la fille dont il aurait rêvé s’il s’était marié et avait eu des enfants. Son étudiante préférée remettait de l’humanité là où les autres ne voyaient que de la science, des bouts d’os éparpillés par les soubresauts de la planète, égarés dans les tourments de l’Histoire. Elle osait affirmer ses idées, ses intuitions, son regard différent, devant les pontes de l’enseignement supérieur et les premiers de la classe, au risque de paraître ridicule. Le professeur Royer sentit monter une envie irrépressible de la prendre dans ses bras, comme l’avait fait l’Ombre qui marche avec l’homme du Néolithique dans cette scène magnifique décrite avec brio par Madeleine Elster.

Berthier le réaliste brisa la magie du moment. Fidèle à sa réputation, il posa la question présente dans toutes les têtes, sauf peut-être celle du professeur et de son égérie.
— Si la créature n’avait pas peur de l’autre homme, qu’est-ce qui l’a effrayée ?
— La proximité de la mort, Berthier. Tous les mammifères supérieurs la ressentent, même vous. L’Ombre qui marche, les analyses l’ont prouvé, était issue d’une espèce d’hominidés très avancés, aux capacités cérébrales importantes, voire au-dessus de celles de l ‘homo sapiens.
— Pourtant, cette créature n’a pas survécu, insista Berthier. A quoi ça sert d’être plus intelligent que les autres, d’avoir un plus gros cerveau, si c’est pour disparaître ?
— Je vous renvoie la question, Berthier, répondit le professeur Royer, un peu excédé du tour que prenait la discussion.

Une fois de plus, Madeleine Elster sauva la mise au maître de l’amphithéâtre. Devant une dizaine d’étudiants, elle se leva et répondit à la question de son camarade de cours.
— En réalité, ça ne sert à rien. L’Ombre qui marche était supérieure à l’homo sapiens en termes d’intelligence émotionnelle. Pour cette raison, elle se cachait des hommes du Néolithique, trop dangereux pour elle. Sa nature la condamnait à disparaître, dans un monde où le Beau ne durait jamais longtemps, parce que l’Utile s’avérait le plus fort.
— Elle est morte en tentant de sauver un homme dont elle se cachait depuis des générations, remarqua Berthier.
— Tu as raison, et je l’envie pour ça, avoua Madeleine Elster. L’Ombre qui marche était probablement la première créature romantique. Elle est morte telle quelle.



Salut, j'ai mis beaucoup de rouge, je suis désolé ^^'

Mais je dois avouer que ton texte est pas mal, néanmoins je crois qu'il n'est pas assez long quand on compare à tout ce que tu pourrais en faire. Il y a quelques maladresses, des répétitions qui vont avec le style, je comprends, mais qui ne sont pas très belles, et des problèmes de liaisons entre les phrases, les paragraphes et les temps.

Néanmoins, rien d'impossible à surpasser, bien entendu. ^^
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Donaldo75

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MessageSujet: Re: [TP] L'ombre qui marche   Dim 5 Fév - 1:17

Salut Ouppo,

Merci d'être passé lire ce texte et d'avoir commenté.

Je ne suis pas vraiment d'accord avec tes commentaires, mais je les comprends.

Voici pourquoi:

* La forêt était un peu humide : je trouve ce détail en phase avec l’époque traitée dans ce paragraphe ; c’est important car deux époques se croisent dans la narration. De plus, l’homme du Néolithique se servait plus de ses sens que nous ; c’est le but de cette description, histoire de se mettre dans sa perception.
* L’Ombre qui marche est le titre de ce récit ; c’est la raison de la répétition de ce nom, la bête ne portant pas de nom propre ou commun mais méritant de dépasser le stade de la créature. C’est même l’esprit de la nouvelle. L’Ombre qui marche est une légende.
* Le passage du passé simple à l’imparfait puis le retour au passé simple est normal ; le passé simple est direct, l’imparfait est indirect (ce sont les Anciens qui racontent cette légende dans ce cas, non le narrateur).
* Trop de Ourk-O : c’est le personnage principal de la partie néolithique ; répéter son nom, par rapport à l’Ombre qui marche, est un effet de style.
* Mélanger le vocabulaire bestial avec le vocabulaire humain est voulu ; l’Ombre qui marche est un humain, une espèce affiliée aux humains. C’est ce qu’explique Madeleine Elster à Berthier.
* Royer est un paléontologue ; le terme monstrueux est scientifique, signifiant étymologiquement ce qui est extraordinaire, merveilleux.
* Wilkinson, lui, voit la créature différemment. C’est pourquoi leur perspective différente s’exprime différemment dans leur vocable.
* Les scientifiques décrivent les singularités comme des monstres (voir l’astrophysique au sujet des trous noirs) parce que justement le monstrueux est le merveilleux, même s’il fait peur. L’Ombre qui marche fait peur, au moins dans sa légende. Elle exprime la différence entre homo sapiens et une créature plus subtile, vivant à la même époque.

J’espère que mes explications sont compréhensibles. Merci encore d’être passé sur ce texte et d’avoir pris le temps de l’analyser et le commenter. C’est une version temporaire ; il doit être corrigé pour publication dans une revue où il a été accepté.

A bientôt,

Donald

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Didilebon



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MessageSujet: Re: [TP] L'ombre qui marche   Mar 7 Fév - 1:29

Salut, j'ai beaucoup aimé ce texte, ces transitions entres les différentes parties et époques de la nouvelles. On a vraiment cette impression de suivre une histoire avec 2 points de vue différents. C'est très chouette. Continue comme ça.
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Donaldo75

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MessageSujet: Re: [TP] L'ombre qui marche   Sam 11 Fév - 19:07

Merci Didilebon,

C'est exactement ça, deux perspectives différentes, donc deux narrations différentes.

A bientôt,

Donald

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Dragon Dae

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MessageSujet: Re: [TP] L'ombre qui marche   Dim 12 Fév - 14:23

@Donaldo75 a écrit:
L'ombre qui marche
Le titre, déjà, est intéressant. Kudos pour ça, moi je sais jamais faire des titres accrocheurs.

I/

Ourk-O Ah ça fait fantasy. Je dirais même que ça fait orque du Seigneur des Anneaux ou créature du même genre lol huma l’air ambiant. La forêt était un peu La précision ne sert à rien. humide, avec des relents de brûlé, une odeur inhabituelle en ces lieux. Il sentit également la présence de deux hommes, ceux qu’il cherchait, et d’une autre créature, inconnue de ses sens[color:538e=##006600]La théorie de l'orque ou créature similaire se précise.. Ourk-O pensa alors à la légende de l’Ombre qui marche, racontée dans tous les clans du Grand Tournant.Le grand quoi ? Je suis pas fan du nom... Selon les Ancêtres, l’Ombre qui marche se déplaçait dans les zones boisées, devenait invisible dès qu’un homme l’approchait, et se nourrissait des petits animaux ou de fougères géantes.Du coup faut savoir, les petits animaux ou les fougères géantes ? Il faudrait préciser que selon certains, ce sont les animaux, selon d'autres, les fougères. Elle n’approchait presque jamais des villages, sauf quand elle était affamée.Elle me fait penser à un loup ton Ombre... Ourk-O ne connaissait cependant personne qui avait réellement vue Ouille ça pique les yeux. "qui avait VU", sans -e à la fin, puisque le COD est placé après le verbe. l’Ombre qui marche. Pour cette raison et des milliers d’autres, il considéra la troisième créature comme négligeable, ça sent l'erreur fatale...préférant se concentrer sur les deux hommes.

Ourk-O se remémora son retour au village, un jour avant les autres chasseurs partis en campagne avec lui. Il revit le spectacle des huttes ravagées, des corps éventrés, des traces de sang partout sur les toiles.Un peu trop bref pour qu'on ressente vraiment l'horreur ; il faudrait décrire davantage la scène... Sa femme et son fils n’avaient pas survécu au massacre. Même les Ancêtres n’avaient pas été épargnés, comme si les meurtriers voulaient signifier au village qu’ils ne craignaient pas la colère des hommes. Ah donc lui-même est un homme en fait. Ourk-O n’avait alors pas attendu ses compagnons de chasse, jugeant l’affaire urgente : j'aurais ajouté ce morceau de phrase à la phrase suivante, personnellement.. Il avait laissé un signe lequel ?, un code convenu entre les chasseurs, indiquant qu’il repartait à la chasse. Les autres comprendraient.

Le soleil commençait à décliner. Ourk-O sentit l’odeur du feuAmateurs, s'ils font un feu dès que le soleil commence à baisser. Ils utiliseront plus de ressources pour l'alimenter et risquent plus de le voir s'éteindre avant le jour s'ils s'endorment. et du gibier mais n’entendit pas deux hommes grogner. Apparemment, seul l’un des deux était resté au campement de fortune, tandis que l’autre avait dû chercher des champignons ou des herbes plus loin dans la forêt. Ourk-O se baissa puis décida de ramper pour se rapprocher sans alerter l’autre homme. Le vent soufflait dans le bon sens, de manière à le rendre indétectable par un nez expérimenté.J'ai du mal à déterminer si Ourk-O est un humain avec un odorat très développé, ou une créature humanoïde, ou ni l'un ni l'autre. Le sol était meuble, avec peu de branches sur le sol. Les arbres étaient bordés de fougères géantes et de bosquets touffus, des cachettes idéales pour un chasseur à l’affût. Ourk-O s’arrêta et observa la scène.

L’autre homme, petit et trapu, arrangeait sa litière,Ce terme me fait bizarre. Son couchage aurait été mieux je pense. jetait du bois dans le feu et surveillait la cuisson de son gibier. Visiblement, il ne semblait pas serein et ne cessait de jeter un regard apeuré vers là où le soleil se couche, à l’opposé de la position tenue par Ourk-O. Il jouait nerveusement avec son coutelas, vérifiait sans cesse son arc et ses flèches, comme si un danger imminent le menaçait, quelque part dans la forêt profonde. Ourk-O pensa à l’Ombre qui marche, une croyance répandue au-delà du seul Grand Tournant, une bête censée vivre dans les bois. Cette pensée lui inspira une stratégie d’attaque, celle qui consistait à affoler sa proie et lui pointer la mauvaise direction.

Ourk-O prit sa fronde, choisit un caillou sur le sol et non une de ses munitions, trop faciles à reconnaître, puis le plaça dans la poche de peau et visa le sommet d’un arbre situé loin devant lui. Le projectile brisa une branche supérieure, provoqua la chute de plusieurs branchettes et surtout l’envolée de quelques oiseaux. L’autre homme se crispa, tétanisé par la peur. Il resta figé un instant, avant de se jeter sur ses armes. Ourk-O en profita pour lui envoyer une balle dans la tête,Non, les munitions de fronde ne s'appellent pas et ne se sont jamais appelées des balles. une de ses pierres les plus pointues généralement dédiées aux bêtes de grande taille. L’homme tomba sur les genoux, laissant à Ourk-O le temps de courir vers lui, de lui arracher son coutelas et son arc, avant de lui trancher la gorge d’un coup sec. Bon il utilise des outils donc humanoïde, au moins.Ourk-O laissa le corps s’affaler par terre, vérifia la mort de l’homme, puis le prit par les pieds et le traina vers le feu. Il le plaça dans sa litière, comme s’il dormait, et déposa ses armes contre un arbre.

II/

Le professeur Royer brancha le rétroprojecteur, ajusta la tablette puis appuya sur l’interrupteur. Les étudiants étaient en train d’arriver dans l’amphithéâtre où se tenait le cours de paléontologie. Il continua ses réglages, brancha le dispositif de projection à son ordinateur portable, avant de choisir les fichiers stockés sur son disque dur. Brutale, la transition
— Vous êtes prêts ?
— Oui, professeur, répondirent d’une seule voix la dizaine de jeunes femmes et hommes présents dans la salle.
— Parfait. Aujourd’hui, nous allons étudier une scène du Néolithique à travers des ossements et fossiles laissés dans une forêt américaine. Pour ça, j’ai compilé des photographies prises par un de mes collègues de l’Université de Boston, le professeur Robert Wilkinson. Le thème tient en ces quelques mots : l’Ombre qui marche.

Derrière ce vocable digne d’un film des années soixante, choisi par l’éminent Robert Wilkinson, un enseignant peu académique, il y avait des années de recherches consacrées aux pratiques de chasse de nos lointains ancêtres. L’Ombre qui marche représentait un mystère encore non élucidé, celui d’une espèce méconnue, discrète en son temps, certainement pas un prédateur pour les hommes du Néolithique. Quelques fresques rupestres témoignaient de son existence, de la peur et du respect qu’il inspirait aux peuplades de l’époque. Seul un squelette complet avait été trouvé, dans une cavité forestière, à côté de ceux de deux hommes,Mais du coup ceux des deux hommes ils étaient incomplets ? comme si une bataille meurtrière s’était déroulée en ces lieux quelques milliers d’années avant notre ère.

Le but du cours était d’apprendre aux étudiants comment élaborer des scénarios à partir de peu d’indices. Le professeur Royer avait déjà amené ses troupes sur le terrain, pour les familiariser avec les techniques de recueil, les relevés topographiques et l’art de ne rien négliger.
— Nous avons ici des ossements. Le premier squelette correspond à une espèce non humaine. Dans la communauté scientifique, nous l’appelons l’Ombre qui marche.
— Pourquoi ce nom, professeur ? Pour faire parler les curieux.
— Réfléchissez un peu, Berthier. Po po poooooo ! Au-delà de son imaginaire florissant, certainement influencé par Hollywood, Robert Wilkinson a traduit une réalité dans un vocabulaire évocateur.
— Cette espèce ne se montrait jamais aux humains, répondit Madeleine Elster, une très belle étudiante blonde platine, habituée des cours du professeur Royer.
— Exactement ! Il semblerait que l’Ombre qui marche avait peur des hommes, qu’elle voyait comme un prédateur. En cela, elle était sage et prudente.
— Pourtant, elle a disparu, répliqua Berthier.
— Toutes les espèces sont vouées à disparaître, Berthier. Vous comme l’Ombre qui marche. La différence, c’est que vous n’êtes pas la discrétion incarnée. La science n’aura aucun mal à expliquer le pourquoi de votre disparition. Apply cold water on the burned area.

La remarque provoqua les rires dans l’amphithéâtre. Le professeur Royer regarda sa victime du jour avec l’air de la mère poule devant son dernier-né. Berthier n’était pas moins intelligent, il avait juste tendance à poser les questions stupides.Il n'y a pas de question stupide, il n'y a que des élèves stupides qui posent des questions. Pour le professeur Royer, cet étudiant n’avait pas sa place dans un cours de sciences mais dans une salle de rédaction, au sein d’un magazine dédié aux grands de ce monde et leurs petites bassesses. Il préférait de loin Madeleine Elster avec son cerveau affûté, son intuition débordante et ses qualités de synthèse, le tout logé dans un corps de déesse.C'est mal d'avoir des chouchous. Et de mater ses étudiant.e.s. Madeleine Elster était son Artémis.

III/

Ourk-O n’eut pas longtemps à attendre. Tant mieux comme ça il se fait pas chier.Un autre homme, petit et trapu, apparut dans la pénombre. Ses gestes mesurés, son allure prudente et sa main sur ses armes trahissaient une peur permanente. Il s’approcha de son compagnon, huma l’air alentour puis se retourna. Ourk-O en profita pour lui décocher une balle pointue. L’homme s’écroula à terre. Un peu trop bref à mon goût.Ourk-O se releva, rangea sa fronde puis se dirigea vers sa victime. Soudain, les branches se mirent à bruisser, les oiseaux arrêtèrent de chanter et le feu vacilla.C'est mauvais signe tout ça... Ourk-O ne sentit pas la masse lui tomber sur le corps. Son dernier souvenir se résuma à une odeur d’herbes mouillées, une vive douleur à l’échine et un grognement.Cette phrase est très bien. Excellente description du dernier souvenir.

Quand il se réveilla, il constata qu’il était dans une caverne ou une grotte,Ah alors s'il n'est pas mort il aurait fallu ajouter "avant de perdre conscience" ou quelque chose comme ça. avec comme compagnons le petit homme trapu et une immense créature poilue.Chewbacca ? :rire: Ses armes étaient à terre, loin de lui, avec celles de son ennemi humain, bien rangées dans une auge circulaire. Il essaya de bouger mais ses pieds et ses mains étaient entravés par une sorte de liane. L’autre homme était encore inconscient, du moins en apparence, attaché lui aussi. L’Ombre qui marche semblait occupée à préparer son repas. Ourk-O pensa que ses dernières heures arrivaient, qu’il allait servir de plat principal à l’Ombre qui marche, avant même d’avoir pu venger son clan. A cette dernière pensée, il grogna de mécontentement. "Mécontentement" ça me paraît un peu faible comme terme.

L’Ombre qui marche se retourna. Ourk-O la regarda droit dans les yeux. Ce qu’il vit le surprit. La créature poilue avait un regard doux, malgré son aspect effrayant, son corps gigantesque et ses énormes bras.Chewbacca vous dis-je. Elle ouvrit sa grande gueule, montrant des dents acérées, et émit une sorte de souffle, proche du bruit du vent dans les arbres. Ourk-O répondit par un grognement interrogatif. Il voulait savoir ce qu’il faisait là, pourquoi il était encore en vie et ce qui l’attendait. Et il communique tout ça dans un grognement ?L’Ombre qui marche hocha la tête lentement. Elle semblait fatiguée, vieille, usée par des années passées à se cacher des hommes. Ourk-O éprouva de la compassion pour elle, même si son propre futur semblait compromis et réduit au bas de la chaîne alimentaire. Il grogna doucement, calmement, et hocha de la tête à son tour. Ils en disent des choses avec juste des grognements et des hochements de tête

L’Ombre qui marche reprit ses occupations. Elle mélangea des fougères à des champignons, pressa des fruits forestiers, broya des morceaux d’écorce et constitua une sorte de brouet, à même le sol. Ensuite, elle en prit une dose dans son immense main puis la porta à sa gueule. Ourk-O entendit une sorte de mélodie sifflée, proche du langage des oiseaux. Visiblement, la créature aimait le résultat de sa cuisine et le faisait savoir alentour.Oui bah c'est comme quand on fait "hmmmm" après avoir goûté ce qu'on a préparé. Elle se tourna de nouveau, s’approcha de son prisonnier et lui tendit lentement sa main. Ourk-O la regarda de nouveau droit dans les yeux. Il grogna doucement puis commença à lécher le brouet. L’Ombre qui marche se remit à souffler.

Ourk-O se sentit étrangement en sécurité. Il accepta une deuxième portion de brouet. L’Ombre qui marche lui servit sa ration encore plus délicatement que la première fois. Elle ne cessait de le regarder, avec un air doux, presque celui d’une mère devant son enfant. Elle va l'adopter comme animal de compagnie xDOurk-O se décontracta, grogna de plaisir puis rota de satisfaction, une tradition ancestrale dans son clan quand on était invité par un autre village. La créature le fixa avec stupeur, plissa son museau, avant de se mettre à hoqueter. Des larmes lui montèrent aux yeux, son corps commença à trembler et ses mains s’ouvrirent, la paume dirigée vers Ourk-O. L’homme pensa que la créature était en train de pleurer,Ah ? moi j'aurais dit qu'elle riait... pour une raison inconnue. Il la fixa à son tour, grogna les noms de sa femme et son fils, puis laissa la tristesse l’envahir et déclencher des torrents de larmes sur ses joues et sa bouche.

IV/

Une fois le préambule scientifique terminé, le professeur Royer rentra dans le vif du sujet. Il afficha une photographie des trois squelettes et attendit une réaction de ses étudiants.
— Les positions des squelettes sont étranges, remarqua Madeleine Elster.
— Que vous inspirent-elles ?
— Deux scènes différentes, deux réalités distinctes. L’Ombre qui marche semble tenir un des hommes dans ses bras, comme si elle tentait de le protéger. J'imagine qu'elle essayait de le réconforter ?
— Le protéger de quoi ? De l’autre homme ?
— Non, l’autre homme est dans une position presque antinaturelle. On dirait qu’il était entravé quand la mort l’a frappé. Son squelette est trop éloigné de la première scène. Il n’y a aucun rapport de causalité entre les deux. Le drame concerne les deux corps enlacés.
— Vous avez beaucoup d’imagination, Madeleine. Bientôt, vous allez nous raconter une histoire d’amour entre un homme du Néolithique et une créature monstrueuse. Et une histoire d'amitié t'en dis quoi ?
— C’est du même acabit que le vocable inventé par Robert Wilkinson. Il ne la décrit pas comme un monstre. Elle est presque humaine. Elle marche, comme nous, elle est notre ombre, celle de l’homo sapiens, notre cousine éloignée ou notre voisine cachée.

Les yeux bleus de Madeleine Elster brillaient de mille feux. Le professeur Royer comprit pourquoi il adorait cette étudiante, la fille dont il aurait rêvé s’il s’était marié et avait eu des enfants.Euh vu que plus tôt il admirait son corps, ça fait un peu creepy quand tu ajoutes ça. Son étudiante préférée remettait de l’humanité là où les autres ne voyaient que de la science, des bouts d’os éparpillés par les soubresauts de la planète, égarés dans les tourments de l’Histoire. Elle osait affirmer ses idées, ses intuitions, son regard différent, devant les pontes de l’enseignement supérieur et les premiers de la classe, au risque de paraître ridicule. Sauuuf que c'est pas son boulot en tant que scientifique. Elle est censée étudier des faits, pas attribuer des émotions arbitrairement.Le professeur Royer sentit monter une envie irrépressible de la prendre dans ses bras, comme l’avait fait l’Ombre qui marche avec l’homme du Néolithique dans cette scène magnifique décrite avec brio par Madeleine Elster.Creeeeeepy !

Berthier le réaliste brisa la magie du moment. Fidèle à sa réputation, il posa la question présente dans toutes les têtes, sauf peut-être celle du professeur et de son égérie.
— Si la créature n’avait pas peur de l’autre homme, qu’est-ce qui l’a effrayée ?
— La proximité de la mort, Berthier. Tous les mammifères supérieurs la ressentent, même vous. L’Ombre qui marche, les analyses l’ont prouvé, était issue d’une espèce d’hominidés très avancés, aux capacités cérébrales importantes, voire au-dessus de celles de l ‘homo sapiens.
— Pourtant, cette créature n’a pas survécu, insista Berthier. A quoi ça sert d’être plus intelligent que les autres, d’avoir un plus gros cerveau, si c’est pour disparaître ?
— Je vous renvoie la question, Berthier, répondit le professeur Royer, un peu excédé du tour que prenait la discussion.Tu veux de l'aloe vera Berthier ? Cela dit prof tu esquives un peu la question parce que tu sais pas quoi répondre.

Une fois de plus, Madeleine Elster sauva la mise au maître de l’amphithéâtre. Devant une dizaine d’étudiants, elle se leva et répondit à la question de son camarade de cours.
— En réalité, ça ne sert à rien. L’Ombre qui marche était supérieure à l’homo sapiens en termes d’intelligence émotionnelle. Pour cette raison, elle se cachait des hommes du Néolithique, trop dangereux pour elle. Sa nature la condamnait à disparaître, dans un monde où le Beau ne durait jamais longtemps, parce que l’Utile s’avérait le plus fort. Mouais. ça fait un peu "on oublie trop l'intérêt du Beau, c'est pas bien, même dans la société moderne"... En totu cas je trouve.
— Elle est morte en tentant de sauver un homme dont elle se cachait depuis des générations, remarqua Berthier.
— Tu as raison, et je l’envie pour ça, avoua Madeleine Elster. L’Ombre qui marche était probablement la première créature romantique. Elle est morte telle quelle.
Mais... ça finit sur ça ? C'est très abrupt comme fin !
Globalement j'ai bien aimé, même s'il y a quelques défauts (tout ce qui est en rouge, en gros).L'histoire est intéressante, je regrette juste la chute un peu trop brutale.
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Donaldo75

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MessageSujet: Re: [TP] L'ombre qui marche   Dim 12 Fév - 15:23

Merci Daenerys, d'avoir lu et pris le temps de commenter ce texte.

Mes remarques, pour expliquer les choix narratifs:
* La précision est importante, justement, pour bien séparer les deux époques.
* Pas fan du Grand Tournant ? Moi, j'ai trouvé ça parlant, mais je suis ouvert à toute proposition alternative.
* Au Néolithique, les mammifères forestiers étaient souvent petits et la végétation géante.
* Le but n'est pas de faire ressentir l'horreur de la scène qui est déjà passée. L'histoire ne parle pas de ça.
* Ajouter "jugeant l'affaire urgente" est scolaire, à mon goût, comme s'il fallait tout expliquer même l'implicite.
* Le signe laissé par Ourk-O n'a aucune importance dans le récit, il ne sert qu'à éviter la question: "et que font les autres ?" plus tard dans le récit.
* Un feu bien composé, surtout dans une végétation géante, dure très longtemps. De plus, les gars qu'il poursuit sont certains de leur impunité, alors pourquoi prendre des précautions. Ce sont juste des sauvages.
* Ourk-O est un humain; à cette époque, ils avaient l'odorat et l'ouïe particulièrement développés car leur survie dépendait de tous leurs sens. Aujourd'hui, l'homo sapiens n'a plus cette préoccupation.
* "Couchage" est plus artificiel que "litière", au sens littéral du terme.
* J'ai fait des recherches: les frondes lancent des  « balle de fronde ».
* Il n'y a pas de transition entre les I/ et II/ parce que justement c'est l'objet de mettre en miroir les deux époques.
* Il y a des questions stupides, même si elles sont posées par des élèves stupides.
* Madeleine Elster est trop canon, inspirée de l'actrice américaine Kim Novak dans le film "Sueurs froides" d'Alfred Hitchcock. Ce n'est pas bien de la mater ainsi, mais personnellement j'aurais fait pareil.
* Ourk-O n'est pas mort; mon style n'est pas explicatif, en général, donc dire qu'il était inconscient, au-delà du fait que c'est gravement scolaire, tue le suspense installé précédemment.
* Le langage, à l'époque, c'était ça, des grognements.
* Le rôle du scientifique ne s'arrête pas aux faits; il doit extrapoler, sinon c'est juste un technicien de laboratoire.
* Je suis d'accord avec toi quant à l'importance du Beau. C'est pour cela que l'Ombre qui marche est la première créature romantique.

A bientôt,

Donaldo

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Yorffeez
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MessageSujet: Re: [TP] L'ombre qui marche   Dim 19 Fév - 17:04

Coucou!

Tout d'abord, j'ai bien aimé ce texte. Agréable à lire, je trouve. J'ai apprécié ces enchaînements entre les époques : tantôt celle de la Préhistoire, tantôt la nôtre. Je t'avoue que, et je ne sais pas comment l'expliquer, j'ai eu plus facile à plonger dans la forêt que dans l'amphithéâtre.

Ensuite, j'ai vraiment été tenté tout au long de cette lecture de penser que l'Ombre qui marche (j'aime ce nom) n'était autre qu'une idée de l'homme de Neandertal. Tu t'es inspiré de lui. Je sais qu'il existe plusieurs théories qui évoquent des relations entre les homo-sapiens et celui-ci.

Enfin, j'ai été interpellé par les pensées du professeur par rapport à son étudiante. :3

En tous cas, bonne continuation ! :)
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MessageSujet: Re: [TP] L'ombre qui marche   Dim 26 Mar - 20:04

Merci Yorffeez,

L'Ombre qui marche est une espèce plus évoluée que l'Homme de Néandertal, voire même qu'homo sapiens, du moins dans mon imagination. Seulement, plus émotive, elle n'a pas survécu.

A bientôt,

Donaldo

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MessageSujet: Re: [TP] L'ombre qui marche   

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[TP] L'ombre qui marche
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