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 Les mythos logiques

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Ouppo
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MessageSujet: Re: Les mythos logiques   Jeu 27 Juil 2017 - 0:36

J'ai lu tout ça, ça se lit bien, c'est fluide, j'aime bien, mais je n'adhère pas complètement.

C'est personnel, mais je trouve ton style rétro (c'est bizarre) et il y a des clichés littéraires que je n'aime pas dedans non plus.

Mais sinon tu as un truc qui fonctionne bien.
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Titi

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MessageSujet: Re: Les mythos logiques   Ven 28 Juil 2017 - 2:04

Deuxième partie corrigée.

Comment ça se fait que
spoiler lolilol:
 

J'ai hâte de lire la suite, mais pas maintenant. La taille d'écriture me pète les yeux.

------------------------------------------------------------------------------------------------
Quand j'ai un doute sur quelle balise utiliser, maintenant, je regarde ~ce post~
Ca aide hein ? AHDE


Hey, pssst, Invité , j'ai répertorié tous les textes que j'ai postés sur le forum ~ici~
Fais-y un tour si le coeur t'en dis :latourn:


Les mercredis, 21h30 environ (heure française), j'anime le CC.
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Yorffeez
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MessageSujet: Re: Les mythos logiques   Ven 28 Juil 2017 - 13:45

Heu merci pour la lecture Ouppo.

Concernant tes "questions" Titi

Extraits:
 

Merci pour la lecture et les corrections ^^

------------------------------------------------------------------------------------------------
"Pas un jour sans une ligne"


N'hésitez pas à aller y jeter un oeil :
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MessageSujet: Re: Les mythos logiques   Dim 3 Sep 2017 - 19:03

Bonsoir ! Découvrez ici comment Tim embarque l'une de ses enseignantes dans mon délire divin! Twisted Evil


Sobek




Madame Solène Perlemont était plus que sceptique. En effet, l'enseignante de trente-trois ans s’interrogeait beaucoup sur la soudaine amélioration des résultats d'un certain Tim Danube depuis quelques mois dans son cours d'Histoire. Le jeune garçon semblait fort bien connaître les sujets abordés dans cette matière. Aussi, il disposait d'un grand savoir sur le chapitre consacré à l'Antiquité. Paradoxalement, ses absences, chaque mois, se faisaient de plus en plus répétitives et n'impactaient pourtant pas ses performances sans cesse croissantes dans cette branche tandis que, dans les autres matières, l'adolescent conservait un niveau moyen.

Solène soupçonnait donc un recours à la triche, ce qui, venant d'un Tim qui avait trempé dans pas mal d'affaires louches – d'abord mêlé à la mort suspecte de Leïla, puis seul témoin oculaire de la disparition d'un éducateur de l'école et enfin soi-disant enlevé par l'Empereur des États Impériaux d'Amérique – ne l'aurait guère surprise.

Alors qu'elle corrigeait les copies de ses élèves interrogés l'heure précédente elle arriva à celle de Tim dont les réponses étaient plus que complètes. Certains éléments qui n'avaient pas été abordés au cours y figuraient même ! Intriguée, Solène consulta sa montre. Il restait à ses élèves encore trois quarts d'heure de temps de midi avant de revenir dans cette classe dans laquelle ils avaient, par facilité, laissé leurs affaires.

Solène soupira. Elle n'aimait pas ces pratiques mais, voulant en avoir le cœur net, s'approcha du bureau de Tim afin d'y déceler d'éventuelles antisèches. Ce qu'elle trouva dans son cartable fut encore plus surprenant : un bracelet. Un bracelet lourd et dans lequel avaient été inscrits de mystérieux hiéroglyphes. Solène en resta dubitative. La relique semblait être en or...

-Comment a-t-il... murmura-t-elle.

Impressionnée par la beauté de l'artefact, elle ne put s'empêcher de le mettre à son avant-bras droit, ignorant quelle sorcellerie il renfermait. Ladite sorcellerie, par un signal mystique, se manifesta alors jusqu'à l'anneau de Tim, qui était occupé à manger seul dans le réfectoire un peu plus loin. La bague du garçon s'était alors mise à lui brûler légèrement le doigt, ce qui l'obligea à abandonner son sandwich pour se diriger d'un pas pressé vers les toilettes. Il avait en effet cru voir là les prémices d'une nouvelle possession. Une fois isolé dans une cabine inconfortable et malodorante, il entendit la voix de Leïla provenir de l'anneau :

-Tim... Madame Perlemont a trouvé LE bracelet.
-Tu veux dire... celui qu'Anubis a volé la semaine passée... devina l'adolescent.
-Oui...

Tim se mit à jurer intérieurement. Il avait pris pour habitude de ne jamais se séparer de « ses » reliques afin de ne pas contrarier Anubis et, pour une fois qu'il s'en était éloigné le temps d'un repas, une enseignante avait jugé bon de la lui dérober. Instinctivement, il courut jusque dans la classe. En chemin, il bouscula René, le concierge de l'école qui était un homme âgé, très âgé... l'ouvrier en question maudit intérieurement ce gamin maladroit dans sa barbe avant de continuer son dur labeur.

Quelques escaliers plus tard, Tim arriva dans le local concerné et se retrouva devant sa professeure qui, confuse, tenta de se justifier :

-Tim, commença la brunette aux yeux bleus, ce n'est pas... en fait, tu avais égaré ce bijou hors de ton sac et...
-Madame, vous devez l'enlever, avant que...

Il n'avait pas osé continuer sa phrase.

-Oui, bien sûr...

Solène tenta alors de faire glisser la relique jusqu'à sa main mais réalisa très vite que le bracelet avait inexplicablement rétréci et ne pouvait plus être bougé. Elle réessaya avec plus de force et agita même son bras droit dans tous les sens.

-Oh non... murmura Tim pessimiste.

Solène tenta de masquer son embarras derrière son autorité d'enseignante.

-Il n'y a pas le feu, Tim. D'ailleurs, tu devras m'expliquer où tu as trouvé ce... OUPS !

Un brusque hoquet l'avait coupée dans ses dires. Un éclair de stupeur traversa ensuite ses yeux bleus et Solène dut s'appuyer contre un bureau, étourdie par une force surnaturelle. Une étrange vision lui était apparue, brutale et puissante, d'un Nil aux berges entourées de végétation où s'abreuvaient d'innombrables vaches grasses. Ses yeux commencèrent alors à se faire désagréablement piquants tandis qu'un début de migraine la prenait d'assaut.

-Madame... l'interpella Tim.

L'enseignante se frotta les paupières avant de secouer brièvement sa tête. Elle posa ensuite sur l'adolescent un regard désormais rouge et enflammé. Le garçon se recula alors terrifié d'un pas prudent. Il ne connaissait que trop bien ces prunelles incandescentes. Celles des lointaines divinités égyptiennes... Les yeux de feu de Madame Perlemont, maintenant fixés sur ceux de Tim, tentèrent d'en extraire l'esprit sacré qui les habitait, ce que devina l'adolescent avec horreur.

-Non ! fit-il en tentant vainement de détourner son regard. Ne me forcez pas à...

Mais un brusque bouleversement dans sa gorge et dans sa tête l'empêcha d'en dire plus. Ses prunelles bleus s’imprégnèrent de magie à leur tour et la voix du dieu Anubis résonna dans la pièce :

-J'aurais préféré te voir libérer autrement, Sobek... pas dans un corps de femme.

Face à lui, l'enseignante possédée lui répondit d'une voix lugubre mais plus aiguë :

-Tu es bien dans un corps de gamin ! D'ailleurs, je...

Mais une quinte de toux bloqua Madame Perlemont dans sa réponse. Ses yeux, redevenus humains, se posèrent alors sur ceux de Tim qui étaient toujours aussi effrayants.

-Je... que se passe-t-il... ma tête...

Le Tim possédé se rapprocha d'elle et lui asséna de cette même voix autoritaire :

-Silence, pauvre enveloppe ! Laisse Sobek émerger dans la sérénité qui lui est due !

Solène se recula alors avec crainte. Une peur qui avait trouvé ses sources dans cette étrange vision, ce bracelet qu'elle ne parvenait plus à enlever, cette migraine soudaine, ces mots qu'elle avait prononcé d'une voix qui ne lui appartenait pas et maintenant cet élève qui lui paraissait... ne plus être lui-même !

Une nouvelle secousse l'obligea à se rattraper sur le sol d'une main droite désormais teintée d'un vert pâle et maladif...

-Qu'est-ce que... murmura-t-elle tandis qu'une goutte perla sur son front.
-Ce n'est que le début, Solène ! fit Tim de sa voix toujours aussi puissante.

Et le commencement en question se mit à élargir les habits de l'enseignante qui se sentait de plus en plus à l'étroit dans sa tenue. Les extrémités de son pantalon remontaient en effet lentement le long de ses chevilles tandis que celles de son t-shirt à manches courtes découvraient ses épaules agitées. Or, son regard apeuré restait toujours fixé sur ses mains dont la couleur continuait de gagner en intensité verte.

-Oh non... fit-elle en tentant de se redresser.

Solène endura une nouvelle poussée de croissance et, alors que son corps se faisait toujours plus imposant, quelques larmes roulèrent sur ses joues. Elles retombèrent ensuite au compte-goutte sur une poitrine qui diminuait en volume. Les formes féminines de son buste se faisaient en effet de moins en moins visibles sous son t-shirt. T-shirt qui, sans prévenir, se déchira en deux dans son dos, incapable de couvrir plus longtemps l'intimité de cet être grandissant, avant de tomber sur le sol. L'enseignante, choquée, réalisa alors alarmée que deux pectoraux aussi puissants que secs, soigneusement dessinés, se trouvaient désormais entre deux épaules à présent drastiquement élargies.

-Mon Dieu ! s'alarma-t-elle d'une voix plus puissante que d'ordinaire.

Une puissance qui pourtant s'expliquait par la soudaine apparition de cette pomme d'Adam, développée en même temps que de nombreux muscles au niveau de ses bras et de ses jambes. Vinrent ensuite de désagréables démangeaisons qui lui arrachèrent une série de grimaces en même temps que ses biceps et ses tablettes de chocolats s'affirmaient avec une rapidité inexplicable. La graisse qui soulignait ses courbes de femme, quant à elle, disparaissait peu à peu. Ainsi, ses hanches se firent moins évasées et ses fesses moins rondes. Toutes ses formes étaient à présent plus anguleuses, ce qui, ajouté aux petits bruits que produisaient ses os grandissants, ne manqua pas de la faire paniquer...

-Tim, Tim... aide-moi... appelle...

Le Tim en question, entendant son prénom, reprit brutalement ses esprits et se retrouva consterné devant une Madame Perlemont aux traits et à la physionomie plus hommasses. Le jeune homme, sentant encore sa tête tourner, sa rapprocha de son enseignante qui continuait tremblante de l'implorer de ses yeux terrifiés. Elle émit une plainte sourde lorsque son pantalon commença à se déchirer aléatoirement pour laisser entrevoir partiellement des jambes à présent solides.

-Tenez bon... fit Tim en aidant son enseignante à se mettre debout pour s'appuyer contre un bureau.

Chutèrent alors doucement sur le sol plusieurs bouts du jean de Solène qui maintenant n'était plus vêtue que d'une culotte blanche dont les motifs n'étaient autres que de petits cornets de glace roses et verts. Ses pieds, eux, étaient toujours chaussés même si leur taille croissante rendaient les souliers de l'enseignante toujours plus inconfortables. Cette situation embarrassante et davantage inquiétante fit rouler de nouvelles larmes de crocodile sur les joues maladives de Solène qui maintenant redoutait la suite des événements. Appréhension partagée par le jeune Tim et de suite justifiée quand il vit que quelque chose d’étrange se dandinait dans le bas du dos de Madame Perlemont... ce qui se révéla être une épaisse queue écailleuse et latéralement compressée se déployant de tout son long lorsque Solène arqua brusquement son dos malgré elle. Le nouveau membre tomba lourdement sur le sol, faisant sursauter Tim qui se risqua à y jeter un coup d’œil. Ce fut alors que, sans prévenir, cette queue le fouetta avec violence en plein visage. Tim tomba alors en arrière, inconscient, tandis que l'appendice reptilien continuait d'être agité dans tous les sens par la panique incontrôlable de Solène, bousculant plusieurs chaises au passage...

-Oh... dés... désolée, bégaya-t-elle horrifiée.

Et elle s’immobilisa stupéfaite lorsque de forts chatouillements se manifestèrent au niveau de son aine. Le souffle coupé et craignant le pire, elle baissa très lentement ses yeux larmoyants sur l'avant de sa culotte. Il y avait sous cette dernière une mystérieuse bosse qui très lentement gagnait en volume avant de se stabiliser après quelques pénibles secondes.

-C'est... non...

Solène, devant pareil phénomène, sentit sa tête vaciller et manqua de retomber au sol. Elle renforça sa prise sur le banc contre lequel elle était appuyée et leva ses yeux au plafond, ce qui lui épargna de constater combien sa peau se faisait de plus en plus solide. Son épaisseur ne faisait qu'augmenter. Des écailles naissaient sur tous les endroits de son corps, toutes placées selon des rangées régulières. Sur son torse et en dessous de sa queue, elles apparaissaient plates et carrées alors que son dos se voyait recouvert de plaques plus solides destinées à la protéger telle une armure... ou plutôt : à protéger le dieu qui venait de s’établir dans cette enveloppe changeante et progressivement divine. De nouvelles visions du Nil près duquel roulaient des charrettes garnies de vivres s'imposèrent à la femme souffrante dont le crâne se faisait de plus en plus plat. Une magie douloureuse étirait ce dernier vers l'avant. Son nez perdit ainsi son aspect humain pour ne plus ressembler qu'à deux petites narines osseuses. Tentant de supporter cette nouvelle épreuve, Solène serra ses dents qui avaient à présent un aspect conique. Et tandis que, devant ses yeux maintenant protégés par une membrane transparente, sa mâchoire s'allongeait lentement pour prendre une forme longue et triangulaire, ses pieds, dont les orteils – au nombre de quatre, désormais – se libérèrent, inhumains et palmés, de ses souliers devenus trop petits.

La créature qu'était devenue Solène voulu porter ses mains écailleuses à son crâne déformé et crocodilien mais ce qui lui restait de lucidité humaine s'évapora très vite pour laisser place à une autre entité dont la présence était de nouveau remarquable dans un regard animé d'un rouge surnaturel. Le dieu qui contrôlait à présent ce corps gavial scruta brièvement les lieux où il se trouvait. Outre le désordre provoqué par la transformation récente, se trouvaient à ses pieds des bouts de vêtements qui avaient appartenu à son hôte malheureuse. Le dieu égyptien ne manqua d'ailleurs pas de remarquer quel tissu ridicule cachait son entrejambe avant de se décider à l'arracher sans ménagement. Il matérialisa de suite de riches broderies issues des temps anciens pour parer son être divin et s'avança ensuite vers Tim qui, tout doucement, revenait à lui.

-Qu'est-ce que... murmura l'adolescent.

Le dieu crocodile se pencha sur lui et posa doucement sa paume lisse et verte sur le front de l'adolescent.

-J'ai besoin de parler à Anubis.
-Non... attendez... je... bégaya Tim qui sentit une énergie désagréablement familière se déverser en lui. S'il vous plaît... pas... non...

Mais le dieu ne l'écouta pas et se détourna très vite de lui, satisfait d'avoir amorcé dans ce garçon un processus qui ferait revenir Anubis d'ici peu. Et tandis que l'adolescent se tortillait dans tous les sens, l'homme-gavial se dirigea vers le bureau de Solène, y trouva divers documents pédagogiques tels que des livres d'histoire, des cartes de l'ancien Empire Romain et d'autres prospectus concernant des expositions programmées avec cette classe. Parmi ces tracts, la promotion d'un film qui s’autoproclamait historique : « Dunkerque ».

-Meh... murmura Sobek avec mépris en envoyant le papier dans une poubelle toute proche.

Il parcourut ensuite du regard les différents livres qui se trouvaient sur une étagère, les considérant avec intérêt et ce pendant un long instant lorsque, sans prévenir, une voix puissante résonna dans son dos :

-Sobek...

Ledit Sobek se retourna et esquissa un maigre sourire, content de retrouver son homologue : le dieu des Royaumes Souterrains qui était encore vêtu des vêtements grossièrement déchirés du petit Tim.

-Anubis... le salua-t-il. Après tous ces siècles !
-Le monde a bien changé, fit le dieu chacal en désignant du regard une ligne du temps sur laquelle figuraient les visages de Godefroid de Bouillon, Christophe Colomb, Mirabeau, Napoléon et autres grandes figures... on va avoir beaucoup de travail pour « remettre tout dans l'ordre ». Notre Ordre ! Nos cultes !
-Commence déjà par mettre ta tenue respective... autre chose que ces haillons d'ignorant.

Anubis siffla avec mépris avant de matérialiser autour de lui de riches habits qui correspondaient mieux à son statut de dieu. Et tandis qu'il s'intéressait au portait présidentiel qui se trouvait là, Sobek continua de l'interroger.

-Où en es-tu, alors ? Tu as trouvé de nouveaux fidèles ? Restauré nos temples ?
-Je t'ai ramené ! fit Anubis. Plus tôt que prévu mais... et j'ai sauvé nos pyramides d'un souverain mécréant qui voulait les détourner de leur rôle initial.

Sobek haussa les épaules.

-Il nous reste donc encore beaucoup à faire. Quant au fait de m'avoir ramené, tu aurais pu me trouver quelqu'un de plus... influent. D'ailleurs, combien de temps nos hôtes peuvent-ils nous suppor...

Le dieu crocodile fut interrompu par un soudain mal de crâne et s'appuya contre un mur, affaibli par cette imprévisible migraine ! Ses yeux redevinrent soudainement clairs et ses mâchoires reptiliennes rapetissèrent pour former un visage humain au sommet de ce corps resté, quant à lui, inhumain. Les traits de Solène affichaient maintenant un expression horrifiée :

-Oh ! Qu'est-ce que... commença-t-elle.

Anubis, contrarié, se rapprocha d'elle pour la secouer sans douceur.

-On causait ! D'accord ? Alors, va-t-en !

Et plus il secouait cet humanoïde et plus le visage humain se faisait à nouveau crocodilien. Il libéra sa victime de son emprise lorsqu'il retrouva dans les yeux du reptile ce même regard empli de magie.

-Nos hôtes nous laissent généralement quelques heures, ça varie, expliqua Anubis. Mais je crois que tu devrais montrer à cette Solène combien tu sais t'imposer. Elle m'a l’air un peu rebelle.
-Je vois ça... rumina Sobek. Et quelle est notre prochaine cible ? Où sont les autres reliques contenant nos alliés. Il faut les lib...
-Qu'est-ce que... les interrompit une vieille voix.

Les deux divinités se retournèrent simultanément pour voir quel audacieux concierge se tenait à l'entrée de la classe. Le vieil homme, rouge de colère, leur asséna un regard furieux en désignant les chaises éparpillées au sol et les bouts de vêtements qui le jonchaient.

-Qui que vous soyez : rangez-moi tout ça !

Sobek et Anubis échangèrent d'abord un regard dubitatif puis se rapprochèrent du vieillard qui tenta de frapper l'homme-chacal de son balai. Le manche de son arme de fortune se brisa sur la gueule du canidé. Anubis saisit alors l'oreille de René tandis que Sobek saisissait l'autre. Tous deux traînèrent alors l'ouvrier énervé jusqu'à la photo présidentielle qui se trouvait à l'avant de la classe.

-Ce gars, commença Anubis, il a à son doigt un anneau qui vient de chez « nous ». Tu sais où on pourrait le trouver... cela pourrait te sauver la vie.
-E..Elysée... bégaya l'homme.

Anubis se tourna vers Sobek :

-C'est notre prochaine cible.

[/color]



texte avant correction par Titi:
 
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MessageSujet: Re: Les mythos logiques   Mar 5 Sep 2017 - 22:59

Coucou !
Je t'annonce tout net que j'ai eu la flemme de tout lire ce soir donc, pour l'instant je vais juste commenter "La Momie".
J'ai beaucoup aimé ! tu nous introduis dans une histoire sympa, j'aime beaucoup comme tu décris la transformation en Anubis. En plus j'adore la mythologie, donc jackpot^^

A part ça, j'aime bien ton style, plutôt classique mais efficace. J'ai rien à dire sur la qualité de l'écriture, juste cette phrase que j'ai trouvée très bizarre :

Spoiler:
 

Une douleur qui "force" à tomber, je trouve ça bizarrement dit, bon après c'est un avis purement personnel. Par contre, pour la concordance des temps, il faut écrire "l'obligea".

Voila sinon c'est très bien, je lirai la suite un de ces quatre avec grand plaisir Wink
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Yorffeez
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MessageSujet: Re: Les mythos logiques   Mer 6 Sep 2017 - 10:47

@Eodia a écrit:
Coucou !
Je t'annonce tout net que j'ai eu la flemme de tout lire ce soir donc, pour l'instant je vais juste commenter "La Momie".
J'ai beaucoup aimé ! tu nous introduis dans une histoire sympa, j'aime beaucoup comme tu décris la transformation en Anubis. En plus j'adore la mythologie, donc jackpot^^

A part ça, j'aime bien ton style, plutôt classique mais efficace. J'ai rien à dire sur la qualité de l'écriture, juste cette phrase que j'ai trouvée très bizarre :

Spoiler:
 

Une douleur qui "force" à tomber, je trouve ça bizarrement dit, bon après c'est un avis purement personnel. Par contre, pour la concordance des temps, il faut écrire "l'obligea".

Voila sinon c'est très bien, je lirai la suite un de ces quatre avec grand plaisir Wink

Hello ! Un tout gros merci pour ton commentaire ça me fait énormément plaisir ! <3

Content que tu aies apprécié ! :3 Quant à la phrase, je vais essayer de creuser ! :D
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MessageSujet: Re: Les mythos logiques   Mar 12 Sep 2017 - 14:33

@Yorffeez a écrit:
Bonsoir ! Découvrez ici comment Tim embarque l'une de ses enseignantes dans mon délire divin! Twisted Evil


Sobek




Madame Solène Perlemont était plus que sceptique. En effet, l'enseignante de trente-trois ans s’interrogerait beaucoup sur la soudaine amélioration des résultats d'un certain Tim Danube depuis quelques mois dans son cours d'Histoire. Le jeune garçon semblait fort bien connaître les sujets abordés dans cette matière. Aussi, il disposait d'un grand savoir sur le chapitre consacré à l'Antiquité. Paradoxalement, ses absences, chaque mois, se faisaient de plus en plus répétitives et n'impactaient pourtant pas ses performances sans cesse croissantes dans cette branche tandis que, dans les autres matières, l'adolescent conservait un niveau moyen.

Solène soupçonnait donc un recours à la triche, ce qui, venant d'un Tim qui avait trempé dans pas mal d'affaires louches – d'abord mêlé à la mort suspecte de Leïla, puis seul témoin oculaire de la disparition d'un éducateur de l'école et enfin soi-disant enlevé par l'Empereur des États Impériaux d'Amérique – ne l'aurait guère surprise. Je trouve cette phrase beaucoup trop longue, mais très drôle, on se rend compte que de l'extérieur, ce qui est arrivé à Tim fait très bizarre ^^

Alors qu'elle corrigeait les copies de ses élèves interrogés l'heure précédente elle arriva à celle de Tim dont les réponses étaient plus que complètes. Certains éléments qui n'avaient pas été abordés au cours y figuraient même ! Intriguée, Solène consulta sa montre. Il restait à ses élèves encore trois-quart d'heure de temps de midi avant de revenir dans cette classe dans laquelle ils avaient, par facilité, laissé leurs affaires.

Solène soupira. Elle n'aimait pas ces pratiques mais, voulant en avoir le cœur net, s'approcha du bureau de Tim afin d'y déceler d'éventuelles antisèches. Ce qu'elle trouva dans son cartable fut encore plus surprenant : un bracelet. Un bracelet lourd et dans lequel avaient été inscrites de mystérieuses hiéroglyphes. Solène en resta dubitative. La relique semblait être en or... Elle ne va pas l'enfiler quand même!

-Comment a-t-il... murmura-t-elle.

Impressionnée par la beauté de l'artefact, elle ne put s'empêcher de le mettre à son avant-bras droit Ah si ^^, ignorant quelle sorcellerie il renfermait. Ladite sorcellerie, par un signal mystique, se manifesta alors jusqu'à l'anneau de Tim, qui était occupé à manger seul dans le réfectoire un peu plus loin. La bague du garçon s'était alors mise à lui brûler légèrement le doigt, ce qui l'obligea à abandonner son sandwich pour se diriger d'un pas pressé vers les toilettes. Il avait en effet cru voir là les prémices d'une nouvelle possession. Une fois isolé dans une cabine inconfortable et malodorante j'aime bien les détails que tu ajoutes un peu partout, il entendit la voix de Leïla provenir de l'anneau :

-Tim... Madame Perlemont a trouvé LE bracelet.
-Tu veux dire... celui qu'Anubis a volé la semaine passée... devina l'adolescent.
-Oui...

Tim se mit à jurer intérieurement. Il avait pris pour habitude de ne jamais se séparer de « ses » reliques afin de ne pas contrarier Anubis et, pour une fois qu'il s'en était éloigné le temps d'un repas, une enseignante avait jugé bon de la lui dérober. Instinctivement, il courut jusque dans la classe. En chemin, il bouscula René, le concierge de l'école qui était un homme âgé, très âgé... l'ouvrier en question maudit intérieurement ce gamin maladroit dans sa barbe avant de continuer son dur labeur. voilà encore un petit détail qui est bien marrant à lire

Quelques escaliers plus tard, Tim arriva dans le local concerné et se retrouva devant sa professeure qui, confuse, tenta de se justifier :

-Tim, commença la brunette aux yeux bleus, ce n'est pas... en fait, tu avais égaré ce bijoux hors de ton sac et...
-Madame, vous devez l'enlever, avant que...

Il n'avait pas osé continuer sa phrase.

-Oui, bien sûr...

Solène tenta alors de faire glisser la relique jusqu'à sa main mais réalisa très vite que le bracelet avait inexplicablement rétrécit et ne pouvait plus être bougé. Elle réessaya avec plus de force et agita même son bras droit dans tous les sens. Je trouve ça un peu prévisible

-Oh non... murmura Tim pessimiste.

Solène tenta de masquer son embarras derrière son autorité d'enseignante.

-Il n'y a pas le feu, Tim. D'ailleurs, tu devras m'expliquer où tu as trouvé ce... OUPS !

Un brusque hoquet l'avait coupé dans ses dires. Un éclair de stupeur traversa ensuite ses yeux bleus et Solène dû s'appuyer contre un bureau, étourdie par une force surnaturelle. Ouhouu, les choses sérieuses commencent Wink Une étrange vision lui était apparue, brutale et puissante, dans laquelle un Nil aux berges entourées de végétation lui était apparue. Un Nil où s'abreuvaient d'innombrables vaches grasses. What? Hahaha XD Ses yeux commencèrent alors à se faire désagréablement piquants tandis qu'un début de migraine la prenait d'assaut. J'aime bien le fait qu'on sache ce que chaque personnage pense et ressente et pas seulement le personnage principal

-Madame... l'interpella Tim.

L'enseignante se frotta les paupières avant de secouer brièvement sa tête. Elle posa ensuite sur l'adolescent un regard désormais rouge et enflammé. Le garçon se recula alors terrifié j'aurais mis des virgules de part et d'autre du mot terrifié d'un pas prudent. Il ne connaissait que trop bien ces prunelles incandescentes. Celles des lointaines divinités égyptiennes... Les yeux de feu de Madame Perlemont, maintenant fixés sur ceux de Tim, tentèrent d'en extraire l'esprit sacré qui les habitaient, ce que devina l'adolescent avec horreur.

-Non ! fit-il en tentant vainement de détourner son regard. Ne me forcez pas à...

Mais un brusque bouleversement dans sa gorge et dans sa tête l'empêcha d'en dire plus. Ses prunelles bleus s’imprégnèrent de magie à leur tour et la voix du dieu Anubis résonna dans la pièce :

-J'aurais préféré te voir libérer autrement, Sobek... pas dans un corps de femme.

Face à lui, l'enseignante possédée lui répondit d'une voix lugubre mais plus aiguë :

-Tu es bien dans un corps de gamin ! D'ailleurs, je...

Mais une quinte de toux bloqua Madame Perlemont dans sa réponse. Ses yeux, redevenus humains, se posèrent alors sur ceux de Tim qui étaient toujours aussi effrayants.

-Je... que se passe-t-il... ma tête...

Le Tim possédé se rapprocha d'elle et lui asséna de cette même voix autoritaire :

-Silence, pauvre enveloppe ! Laisse Sobek émerger dans la sérénité qui lui est due !

Solène se recula alors avec crainte. Une peur qui avait trouvé ses sources dans cette étrange vision, ce bracelet qu'elle ne parvenait plus à enlever, cette migraine soudaine, ces mots qu'elle avait prononcé (il ne faut pas un S à prononcé?) d'une voix qui ne lui appartenait pas et maintenant cet élève qui lui paraissait... ne plus être lui-même !

Une nouvelle secousse l'obligea à se rattraper sur le sol d'une main droite désormais teintée d'un vert pâle et maladif...

-Qu'est-ce que... murmura-t-elle tandis qu'une goutte perla sur son front.
-Ce n'est que le début, Solène ! fit Tim de sa voix toujours aussi puissante.

Et le commencement en question se mit à élargir les habits de l'enseignante qui se sentait de plus en plus à l'étroit dans sa tenue. Les extrémités de son pantalon remontaient en effet lentement le long de ses chevilles tandis que celles de son t-shirt à manches courtes découvrirent ses épaules agitées. Or, son regard apeuré restait toujours fixé sur ses mains dont la couleur continuait de gagner en intensité verte.

-Oh non... fit-elle en tentant de se redresser.

Solène endura une nouvelle poussée de croissance et, alors que son corps se faisait toujours plus imposant, quelques larmes roulèrent sur ses joues. Elles retombèrent ensuite au compte-goutte sur une poitrine qui diminuait en volume. Les formes féminines de son buste se faisaient en effet de moins en moins visibles sous son t-shirt. T-shirt qui, sans prévenir, se déchira en deux dans son dos, incapable de couvrir plus longtemps l'intimité de cet être grandissant, avant de tomber sur le sol. L'enseignante, choquée, réalisa alors alarmée que deux pectoraux aussi puissants que secs, soigneusement dessinés, se trouvaient désormais entre deux épaules à présent drastiquement élargies. Tes métamorphoses sont toujours aussi impressionnantes, tu choisis bien les mots

-Mon Dieu ! s'alarma-t-elle d'une voix plus puissante que d'ordinaire.

Une puissance qui pourtant s'expliquait par la soudaine apparition de cette pomme d'Adam, développée en même temps que de nombreux muscles au niveau de ses bras et de ses jambes. Vinrent ensuite de désagréables démangeaisons qui lui arrachèrent une série de grimaces en même temps que ses biceps et ses tablettes de chocolats s'affirmaient avec une rapidité inexpliquable. La graisse qui soulignait ses courbes de femme, quant à elle, disparaissait peu à peu. Ainsi, ses hanches se firent moins évasées et ses fesses moins rondes. Toutes ses formes étaient à présent plus anguleuses, ce qui, ajouté aux petits bruits que produisaient ses os grandissant, ne manqua pas de la faire paniquer...

-Tim, Tim... aide-moi... appelle...

Le Tim en question, entendant son prénom, reprit brutalement ses esprits et se retrouva consterné devant une Madame Perlemont aux traits et à la physionomie plus hommasses. Le jeune homme, sentant encore sa tête tourner, sa rapprocha de son enseignante qui continuait tremblante de l'implorer de ses yeux terrifiés. Elle émit une plainte sourde lorsque son pantalon commença à se déchirer aléatoirement pour laisser entrevoir partiellement des jambes à présent solides.

-Tenez bon... fit Tim en aidant son enseignante à se mettre debout pour s'appuyer contre un bureau.

Chutèrent alors doucement sur le sol plusieurs bouts du jean de Solène qui maintenant n'était plus vêtue que d'une culotte blanche dont les motifs n'étaient autres que de petits cornets de glace roses et verts quelle imagination XD. Ses pieds, eux, étaient toujours chaussés même si leur taille croissante rendaient les souliers de l'enseignante toujours plus inconfortables. Cette situation embarrassante et davantage inquiétante fit rouler de nouvelles larmes de crocodiles sur les joues maladives de Solène qui maintenant ( y a déjà un "qui maintenant" juste un peu plus haut, c'est pas très joli) redoutait la suite des éventements. Appréhension partagée par le jeune Tim et de suite justifiée quand il vit que quelque chose d’étrange se dandinait dans le bas du dos de Madame Perlemont... ce qui se révéla être une épaisse queue écailleuse et latéralement compressée se déploya de tout son long lorsque Solène arqua brusquement son dos malgré elle. Le nouveau membre tomba lourdement sur le sol, faisant sursauter Tim qui se risqua à y jeter un coup d’œil. Ce fut alors que, sans prévenir, cette queue le fouetta avec violence en plein visage. Tim tomba alors en arrière, inconscient, tandis que l'appendice reptilien continuait d'être agité dans tous les sens par la panique incontrôlable de Solène, bousculant plusieurs chaises au passage... De l'action, plein d'action! C'est génial!

-Oh... dés... désolée, bégaya-t-elle horrifiée.

Et elle s’immobilisa stupéfaite lorsque de fort chatouillements se manifestèrent au niveau de son aine. Le souffle coupé et craignant le pire, elle baissa très lentement ses yeux larmoyants sur l'avant de sa culotte. Il y avait sous cette dernière une mystérieuse bosse qui très lentement gagnait en volume avant de se stabiliser après quelques pénibles secondes.

-C'est... non...

Solène, devant pareil phénomène, sentit sa tête vaciller et manqua de retomber au sol. Elle renforça sa prise sur le banc contre lequel elle était appuyée et leva ses yeux au plafond, ce qui lui épargna de constater combien sa peau se faisait de plus en plus solide. Son épaisseur ne faisait qu'augmenter. Des écailles naissaient sur tous les endroits de son corps, toutes placées selon des rangées régulières. Sur son torse et en dessous de sa queue, elles apparaissaient plates et carrées alors que son dos se voyait recouvert de plaques plus solides destinées à la protéger telle une armure... ou plutôt : à protéger le dieu qui venait de s’établir dans cette enveloppe changeante et progressivement divine. De nouvelles visions du Nil près duquel roulaient des charrettes garnies de vivres s'imposèrent à la femme souffrante dont le crâne se faisait de plus en plus plat. Une magie douloureuse étirait ce dernier vers l'avant. Son nez perdit ainsi son aspect humain pour ne plus ressembler qu'à deux petites narines osseuses. Tentant de supporter cette nouvelle épreuve, Solène serra ses dents qui avaient à présent un aspect conique. Et tandis que, devant ses yeux maintenant protégés par une membrane transparente, sa mâchoire s'allongeait lentement pour prendre une forme longue et triangulaire, ses pieds, dont les orteils – au nombre de quatre, désormais – se libérèrent, inhumains et palmés, de ses souliers devenus trop petits.

La créature qu'était devenue Solène voulu porter ses mains écailleuses à son crâne déformé et crocodilien mais ce qui lui restait de lucidité humaine s'évapora très vite pour laisser place à une autre entité dont la présence était de nouveau remarquable dans un regard animé d'un rouge surnaturel. Le dieu qui contrôlait à présent ce corps gavial scruta brièvement les lieux où il se trouvait. Outre le désordre provoqué par la transformation récente, se trouvaient à ses pieds des bouts de vêtements qui avaient appartenu à son hôte malheureuse. Le dieu égyptien ne manqua d'ailleurs pas de remarquer quel tissu ridicule cachait son entre-jambe avant de se décider à l'arracher sans ménagement. Il matérialisa de suite de riches broderies issues des temps anciens pour parer son être divin et s'avança ensuite vers Tim qui, tout doucement, revenait à lui.

-Qu'est-ce que... murmura l'adolescent.

Le dieu crocodile se pencha sur lui et posa doucement sa paume lisse et verte sur le front de l'adolescent.

-J'ai besoin de parler à Anubis.
-Non... attendez... je... bégaya Tim qui sentit une énergie désagréablement familière se déverser en lui. S'il vous plaît... pas... non... J'ai envie que Tim parvienne à s'améliorer et devenir puissant, qu'il se mette d'accord avec Anubis et puisse avoir le contrôle... Je ne sais pas si tu comptes un jour raconter ça...

Mais le dieu ne l'écouta pas et se détourna très vite de lui, satisfait d'avoir amorcé dans ce garçon un processus qui ferait revenir Anubis d'ici peu. Et tandis que l'adolescent se tortillait dans tous les sens, l'homme-gavial se dirigea vers le bureau de Solène, y trouva divers documents pédagogiques tels que des livres d'histoire, des cartes de l'ancien Empire Romain et d'autres prospectus concernant des expositions programmées avec cette classe. Parmi ces tracts, la promotion d'un film qui s’autoproclamait historique : « Dunkerque ».

-Meh... murmura Sobek avec mépris en envoyant le papier dans une poubelle toute proche.

Il parcourra ensuite du regard les différents livres qui se trouvaient sur une étagère, les considérant avec intérêt et ce pendant un long instant lorsque, sans prévenir, une voix puissante résonna dans son dos :

-Sobek...

Ledit Sobek se retourna et esquissa un maigre sourire, content de retrouver son homologue : le dieu des Royaumes Souterrains qui était encore vêtu des vêtements grossièrement déchirés du petit Tim.

-Anubis... le salua-t-il. Après tous ces siècles !
-Le monde a bien changé, fit le dieu chacal en désignant du regard une ligne du temps sur laquelle figuraient les visages de Godefroid de Bouillon, Christophe Colomb, Mirabeau, Napoléon et autres grandes figures... on va avoir beaucoup de travail pour « remettre tout dans l'ordre ». Notre Ordre ! Nos cultes !
-Commence déjà par mettre ta tenue respective... autre chose que ces haillons d'ignorant.

Anubis siffla avec mépris avant de matérialiser autour de lui de riches habits qui correspondaient mieux à son statut de dieu. Et tandis qu'il s'intéressait au portait présidentiel qui se trouvait là, Sobek continua de l'interroger.

-Où en es-tu, alors ? Tu as trouvé de nouveaux fidèles ? Restauré nos temples ?
-Je t'ai ramené ! fit Anubis. Plus tôt que prévu mais... et j'ai sauvé nos pyramides d'un souverain mécréant qui voulait les détourner de leur rôle initial.

Sobek haussa les épaules.

-Il nous reste donc encore beaucoup à faire. Quant au fait de m'avoir ramené, tu aurais pu me trouver quelqu'un de plus... influent. D'ailleurs, combien de temps nos hôtes peuvent-ils nous suppor...

Le dieu crocodile fut interrompu par un soudain mal de crâne et s'appuya contre un mur, affaiblit par cette imprévisible migraine ! Ses yeux redevinrent soudainement clair et ses mâchoires reptiliennes rapetissèrent pour former un visage humain au sommet de ce corps resté, quant à lui, inhumain. Les traits de Solène affichaient maintenant un expression horrifiée :

-Oh ! Qu'est-ce que... commença-t-elle.

Anubis, contrarié, se rapprocha d'elle pour la secouer sans douceur.

-On causait ! D'accord ? Alors, va-t-en ! Je ne peux pas m'empêcher de trouver ça drôle XD

Et plus il secouait cet humanoïde et plus le visage humain se faisait à nouveau crocodilien. Il libéra sa victime de son emprise lorsqu'il retrouva dans les yeux du reptile ce même regard empli de magie.

-Nos hôtes nous laissent généralement quelques heures, ça varie, expliqua Anubis. Mais je crois que tu devrais montrer à cette Solène combien tu sais t'imposer. Elle m'a l’air un peu rebelle.
-Je vois ça... rumina Sobek. Et quel est notre prochaine cible ? Où sont les autres reliques contenant nos alliés. pas un point d'interrogation ici plutôt? Il faut les lib...
-Qu'est-ce que... les interrompit une vieille voix. Tu dis vachement souvent "qu'est-ce que..." dans ce texte, c'est un peu perturbant ^^

Les deux divinités se retournèrent simultanément pour voir quel audacieux concierge se tenait à l'entrée de la classe. Le vieil homme, rouge de colère, leur asséna en désignant les chaises éparpillées au sol et les bouts de vêtements qui le jonchaient.

-Qui que vous soyez : rangez-moi tout ça ! Ah, il réapparaît ce concierge, cool! Et le fait qu'il s'en fiche de voir ces horribles personnages est plutôt drôle, bien joué

Sobek et Anubis échangèrent d'abord un regard dubitatif puis se rapprochèrent du vieillard qui tenta de frapper l'homme-chacal de son balai. Le manche de son arme de fortune se brisa sur la gueule du canidé. Anubis saisit alors l'oreille de René tandis que Sobek saisissait l'autre. Tous deux traînèrent alors l'ouvrier énervé jusqu'à la photo présidentielle qui se trouvait à l'avant de la classe.

-Ce gars, commença Anubis, il a à son doigt un anneau qui vient de chez « nous ». Tu sais où on pourrait le trouver... cela pourrait te sauver la vie.
-E..Elysée... bégaya l'homme.

Anubis se tourna vers Sobek :

-C'est notre prochaine cible. Tu as très bien choisi la fin je trouve, ça donne envie de lire la suite!

[/color]


Voilà, chouette texte agréable à lire encore un fois. Continue :D

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MessageSujet: Re: Les mythos logiques   Mar 12 Sep 2017 - 16:00

Merci beaucoup pour ta lecture et tes commentaires Flo!! :)

Content que tu aies apprécié ! ^^ Effectivement, il y a peut-être deux, trois fautes d'orthographe, oups =p

Héhé sur DeviantArt aussi on m'a souligné le fait d'ajouter quelques détails notables sur les habits de mes personnages ^^

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MessageSujet: Re: Les mythos logiques   Jeu 14 Sep 2017 - 4:47

Je veux la suite fou

J'ai corrigé (regarde les notes de correction, des phrases étant incomplètes, j'ai tenté de les... compléter, mais j'ignore si ça te convient ><

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MessageSujet: Re: Les mythos logiques   Jeu 14 Sep 2017 - 19:25

J'ai tout lu d'une traite, c'était bien. Métamorphose et mythologie, légende combinées, un bien beau mélange que voilà.
Continue.
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MessageSujet: Re: Les mythos logiques   Ven 15 Sep 2017 - 18:31

Merci Titi et Lame pour vos lectures et vos commentaires ! :$

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MessageSujet: Re: Les mythos logiques   Ven 15 Sep 2017 - 22:51

Regarde les notes de commentaire
Please x)
Et dis-moi si ça convient.

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MessageSujet: Re: Les mythos logiques   Ven 24 Nov 2017 - 15:22

Coucou! Me voilà de retour avec une suite pour cette série de nouvelles :) Ici, il s'agira de la venue d'un nouveau Dieu dans l'intrigue. Cette nouvelle a été rédigée pour répondre à une amie qui voulait se voir impliquée dans ce scénario. Je vous laisse découvrir  

Horus





Tim et Solène. Anubis et Sobek. Quatre âmes. Deux corps. Un objectif : s'emparer de la pierre précieuse qui ornait cet anneau si familier qu'ils avaient aperçu sur... la photo présidentielle ! En effet, le chef de l'état lui-même possédait – peut-être sans le savoir – un artefact qui, comme de nombreuses autres reliques issues des temps anciens, avaient quitté l’Égypte à l'époque des premières campagnes napoléoniennes.

Et comme pour accentuer ce qu'ils considéraient être un affront, l'orgueilleux politicien avait choisi de se faire appeler Jupiter. Le Président, en plus de s'afficher impunément avec une pierre volée, avait choisi de s'attribuer un pseudonyme pompeux issu de la mythologie romaine qu'Anubis appelait parfois « la concurrence ».

Plusieurs fois, Anubis et Sobek avaient utilisé leurs hôtes malheureux pour se retrouver dans les catacombes en toute discrétion et conspirer. Investir l'Elysée et s'en prendre à un politicien ne serait pas une mission facile, même si Anubis avait déjà expérimenter le fait de s'en prendre à un chef d'état. Par le passé, il avait en effet été amené à affronter l'Empereur milliardaire de l'Amérique.

Ainsi, le dieu chacal avait plusieurs fois amené l'idée de recourir à un assaut brutal contre le palais présidentiel, à l'aide d'une garnison de macchabées qu'il aurait « fraîchement » mobilisé dans les sous-terrains parisiens. Toutefois, Sobek avait vite balayé cette idée. Même si la divinité écailleuse visait elle aussi la restauration du culte de l’Égypte antique, qu'elle estimait salvateur pour le monde, elle regrettait le idées et les méthodes violentes d'Anubis pour y parvenir. Sobek était partisan d'une méthode plus pacifique. Pour lui, il ne fallait certainement pas effrayer les gens pour mériter leur adoration. Il était convaincu que leur offrir à boire et à manger pour vivre dignement en échange de quelques prières suffirait.

Mais Anubis, en tant que dieu du monde souterrain, ne semblait pas considérer la mort d'innocents comme une tragédie. Il voyait le passage dans l'autre monde comme une phénomène banal parmi tant d'autres. Compréhensible, étant donné qu'il pouvait se permettre de cohabiter tant avec les vivants qu'avec les morts. Le dieu chacal avait néanmoins accepté la proposition de Sobek d'infiltrer plutôt que d'attaquer.

-Et comment va-t-on s'y prendre ? demanda le chacal divin d'un ton blasé.

-Un vieil ami... avait répondu Sobek.

-Un vieil ami... Laisse-moi deviner. Lui aussi il s'est retrouvé enfermé dans un vieil objet depuis la Tragédie du Nil ?

Ladite Tragédie désignait cet événement mystérieux et méconnu qui avait amené les Dieux à se retrouver enfermés dans divers accessoires de valeurs et à cohabiter avec les mortels qui s'osaient à les porter sur eux.

-En effet, mais j'ai une idée, annonça Sobek.

Anubis, toute ouïe, tandis son oreilles et les deux complices élaborèrent un plan jusqu'au retour à la normale de leurs hôtes respectifs. Ce fut d'abord Solène qui récupéra la première son apparence humaine suivie peu de temps après par la réémergence de Tim.

Les deux hôtes reprirent donc connaissance deux petites heures plus tard, fatigués et étourdis sur le sol sale et froid des catacombes. Pour une enième fois, Soléne revenait à elle plus qu’embarrassée par cette tenue légère et découverte sur le buste que lui avait imposé Sobek. De plus, Tim, son élève, était allongé juste à côté d'elle, encore somnolant.

L'enseignante se recula jusque dans un coin d'obscurité, se demandant avec inquiétude ce que les Dieux avaient encore préparés. Depuis qu'elle était habitée par Sobek, Soléne avait souvent été contrainte de s'enquérir auprès du petit Tim de tous les désagréments que pouvaient entraîner de telles malédictions. Elle avait ainsi appris dans quelles circonstances Leïla avait été tuée et comment Miguel, ce jeune collègue arrogant, avait disparu.

Ironiquement, son propre élève était – dans le cadre d'un supplément d'informations sur les pouvoirs de ces Dieux – devenu son professeur. Tim lui avait par ailleurs appris que, parfois, il était possible pour un hôte de résister à une possession en mobilisant assez de volonté. L'adolescent n'avait pas non plus oublié de souligner que les métamorphoses duraient généralement quelques heures voire deux, trois jours tout au plus en précisant toutefois qu'Anubis était parvenu une seule fois à la contrôler plusieurs semaines de suite. Naturellement, Solène avait dégluti avec peine devant l'énonciation de ces faits. On ne lui avait rien appris de tout cela lors de ces études d'Histoire... Si elle devait se retrouver possédée et changée en Sobek pendant plusieurs semaines, comment expliquerait-elle son absence à son mari, à qui elle n'avait toujours pas osé révéler sa condition ?

Aussi, qu'adviendrait-il d'elle si un jour elle se retrouvait changée en dieu crocodile devant toute une classe ? Tant de questions qui continuaient de la tracasser. Mais le point qu'elle voulait éclaircir à tout prix pour le moment restait le suivant : qu'avaient préparé Sobek et Anubis ? Depuis son coin, elle interpella Tim qui, à l'aide son anneau, obtiendrait peut-être de Leïla des explications sur ce projet divin.

Tous deux apprirent ainsi de l'âme résidant dans l'anneau que le projet en question concernait une jeune femme fraîchement diplômée par le service de communication de l'Elysée : une certaine Charlotte qui avait été engagée pour intégrer une équipe d'infographistes jeunes et dynamiques... elle serait « l'infiltrée » du Palais, celle qui devrait voler au chef de l'état son anneau mystérieux et ce en devenu l'hôte d'un Dieu... et pas n'importe quel Dieu.

-Il faut qu'on la retrouve, annonça Solène.

-Là... là tout de suite ? bégaya Tim.

Pour toute réponse, Solène hocha gravement la tête. Toutes ses pensées allaient à présent vers cette Charlotte qui, quelques kilomètres plus loin dans la Ville Lumière, se préparait pour une nouvelle journée de travail.

La veille au soir, cette même Charlotte avait trouvé un bien mystérieux coffret posé devant chez elle. Ce dernier, décoré de diverses pierres précieuses, l'avait immédiatement intrigué. Elle s'était alors empressée de découvrir son contenu qui n'était autre qu'une belle amulette sur laquelle figuraient d'étranges symboles évoquant la grâce des rapaces. Poussée par sa curiosité naturelle, elle placé le talisman à son cou et avait par la suite ressenti une inhabituelle et brève sensation : celle de léviter...

Autre étrangeté qui n'avait pas manqué de la titiller : le fait que le bijoux ne semblait plus vouloir la quitter. Elle avait ainsi été contrainte de dormir avec... sombrant dans un sommeil animé par de biens curieux songes sans doute modelés par une mystique influence. Des rêves dans lesquels elle avait entendu de mystérieuses invocations faites dans une incompréhensible langue morte et où elle avait aperçu tantôt une file de gens aux visages morts, attendant d'être jugés et tantôt des champs fertiles promis à d'abondantes récoltes. Il en fut ainsi jusqu'à son réveil.

Encore un peu bousculée par ces songes peu ordinaires, Charlotte termina à son aise son petit-déjeuner avant de quitter son immeuble non sans manquer de trébucher deux, trois fois dans les escaliers...

-Grmbl... talons... marmonna-t-elle.

Arrivée à l'extérieur, la jeune femme huma à plein poumons l'air frais du matin mélangé à l'haleine de la Seine qui s'écoulait sereine quelques mètres plus loin. Les reflets de l'architecture parisienne dansaient en toutes couleurs à sa surface. Longeant le fleuve sur plusieurs mètres, Charlotte se permit de s'émerveiller quelques instants devant les quelques oiseaux blancs qui suivaient le lit du cours d'eau. Curieusement, elle se surpris à se sentir aussi légère et libre qu'eux, l'espace de quelques agréables secondes... Une brise vint par la suite secouer ses cheveux noirs, coupés au carré et parfaitement mariés à sa tenue aussi ténébreuse que sérieuse, qui inspirait aussi bien l'élégance que la réussite. Elle s'installa ensuite dans sa voiture pour rejoindre son très prestigieux lieu de travail qui n'était autre que l’Élysée, là où Jupiter avait donc récemment établi ses quartiers mais là aussi où travaillait un sinistre personnage : un certain Larry Chanceluker, agent mystérieux du Palais et, disait-on, éminence grise du Président. Ce vieillard au regard glacial et aux cheveux soigneusement coiffés en arrière n'avait d'ailleurs pas tardé à remarquer l'objet que portait Charlotte sur elle... une relique de l’Égypte antique, sujet pour lequel – et surtout pour d'obscures raisons – il avait un grand intérêt. La jeune femme fut alors convoquée à sa plus grande surprise dans le bureau du désagréable fonctionnaire plus tard dans l'après-midi. Plus qu'un bureau, il s'agissait en réalité d'une grande salle pompeusement décorée. Des statues de marbres, à l'image des divinités romaines, grecques et égyptiennes étaient disposées les unes face aux autres. Les atouts précieux de la salle en disaient long sur la place qu'occupait Larry auprès de Jupiter. L'endroit, pensa Charlotte, était peut-être encore plus imposant que le bureau personnel du Président lui-même...

La jeune femme s'avança donc jusqu'au vieil homme qui, sirotait paisiblement un café au lait face à une grande fenêtre donnant vue sur la cour intérieure du Palais. C'était la première fois qu'elle mettait les pieds dans cette partie de l'Elysée qui, dut-elle le reconnaître, transpirait la richesse et le luxe.

-Je me demande où vous avez trouvé ce pendentif, dit-il d'emblée. Préférant ne pas tourner autour du pot.

-On... me l'a offert, répondit la jeune femme qui ne pensait pas sincèrement être là à cause de son amulette.

-Offert... répéta mécaniquement Larry.

Le vieil homme craqua ses doigts osseux avant de continuer :

-Qui ?

Charlotte se redressa sur sa chaise, stupéfaite. Ainsi, elle était vraiment là pour « son » amulette... Non, elle se refusait à croire pareil canular.

-Je ne sais pas... répondit-elle embarrassée, sachant que son ignorance ne serait certainement pas crédible aux yeux de Larry.

Le vieux fonctionnaire se pencha alors un peu plus vers le pendentif...

-Je vais vous le dire : il a été volé il y a quelques semaines dans un musée à Orléans. Et le cambrioleur, que je ne suis toujours pas parvenu à identifier, n'en est pas à son premier coup. D'autres objets comme le votre ont également disparus des galeries et même de certaines collections privées. Souvent, il s'agit de vieilles reliques égyptiennes.

Derrière ses lunettes, les yeux de Charlotte s'écarquillèrent. Avait-on tenté de lui faire un coup monté en lui offrant ce médaillon ? Une goutte de sueur perla sur son front à cette seule idée.

-Ne soyez pas inquiète, Charlotte, lui susurra Larry. Je sais que vous n'avez pas volé cette relique. Je sais aussi que celui ou celle qui vous l'a apporté est sans doute ce cambrioleur que je recherche. La question est de savoir : pourquoi vous a-t-il choisi ?

-Je ne comprend rien du tout... marmonna Charlotte complètement déboussolée.

-C'est normal, cela vous dépasse. Vous avez la chance d'être habitée par un Dieu ! Reste à savoir lequel...

-Que ? Quoi ?

Il se rapprocha alors encore un peu plus d'elle et la prit par les épaules :

-Laissez-le venir ! Je veux lui parler, insista-t-il d'un regard qui inspirait tout sauf la bonté.

-Mais vous me faites mal... lâchez-moi !

Puis un puissant cri surnaturel s'échappa de ses lèvres. Larry se recula alors. Son expression trahissait maintenant un mélange de surprise et de satisfaction tandis que le visage de Charlotte affichait quant à lui la peur et l'angoisse. D'abord ce fou qui lui parlait de reliques et des dieux puis maintenant ce son qu'elle venait d'émettre sans trop savoir comment. C'était sans compter sur cette énergie mystérieuse qu'elle ressentait dans son être. Cette essence étrange qui semblait lui donner une puissante migraine. Elle vacilla alors brièvement en arrière, s'appuyant contre un mur, haletante, et tentant de reprendre son souffle. Ses deux yeux bruns se posèrent alors sur son pendentif et elle fut surprise de voir quelle étrange lumière rouge en émanait.

-Qu'est-ce que... ouille !

Tous ses orteils la démangeaient. Elle avait l'impression que ses pieds étaient de plus en plus à l'étroit dans ses talons aiguilles... puis, voyant ce fou furieux se rapprocher d'elle, elle se décida à les enlever dans l'espoir d'être plus mobile pour lui échapper. Elle s'empressa donc de se déchausser. Sa consternation n'en fut alors que plus grande et elle émit un « hic » de stupeur, similaire à celui d'une petite souris, quand elle aperçu non pas cinq orteils mais...

-Des... serres !

Cinq serres. Une peau jaune et cartilagineuse. Ce fut ce qu'elle découvrit sous ses souliers... La jeune femme détourna très vite le regard de ces étrangetés et tenta de se diriger vers la sortie. Hélas, déséquilibrée par les troublantes modifications de ses jambes, elle trébucha sur le bureau du sinistre fonctionnaire.

-Vous savez ce qui m'arrive... devina-t-elle devant le sourire de Larry qui inspirait tout sauf la confiance.

Le vieillard se contenta seulement de poser ses yeux sur les hanches de Charlotte. Ces dernières, sous sa jupe sombre, se faisaient plus en plus musclées et de moins en moins arrondies. Elles gagnaient en épaisseur. Leur croissance rapide troua en de multiples endroits ses collants noirs. Les ouvertures s’agrandirent très vite pour laisser entrevoir ce qui ressemblait en tous points à de la chair de poule. Peau au teint d'Orient dont les pores s'étaient élargis pour laisser apparaître un fin duvet de petites plumes blanches.

Horrifiée par ce phénomène, Charlotte tituba avec peine jusqu'au meuble le plus proche pour s'y appuyer. Si plus tôt dans la matinée elle avait eu l'impression d'être aussi légère qu'une plume, l'amulette lui semblait maintenant lourdement peser sur elle, oppressante, exerçant sur sa poitrine un poids indescriptible qui accélérait considérablement les battements de son cœur.

-Qu'est-ce qui... qui m'arrive ?

Larry se rapprocha à nouveau, intéressé par la marque qui venait de se dessiner autour de son œil gauche de la jeune femme. Un œil oudjat, constat-t-il avec intérêt. Intérêt que ne partageait pas la concernée. Ce fut plutôt de la crainte qui la traversa lorsqu'elle remarqua ce motif charnel dans le reflet de la fenêtre. Elle se recula terrifiée et manqua de tomber. Ce fut Larry lui-même qui la rattrapa de justesse.

-Cessez de lutter contre, lui glissa-t-il. Laissez-le venir.

-Venir... qui ? sanglota Charlotte au bord de la crise de nerfs.

Leurs deux regards se tournèrent simultanément vers le fin duvet clair qui germait sur les avant-bras de la femme qui laissa à nouveau échapper ce même « hic » de surprise. Larry constata alors que les yeux de celle qu'il tentait de garder debout étaient devenus incandescents.

-Charlotte... s'osa-t-il à demander.

Pour toute réponse, le visage endolori et crispé de la jeune femme se fit juste plus neutre, inexpressif. Et une voix douce résonna dans la pièce :

-Anubis, Sobek... votre Roi est là.

-Vous êtes...

-Horus, répondit la même voix. Je n'aurais finalement attendu que quelques heures dans cet hôte pour...

Le visage de Charlotte prit une profonde inspiration avant de continuer.

-Venir !

Et Horus déchaîna dans tout le corps de sa nouvelle hôte une magie intense qui amorça un début de croissance, faisant paraître Larry toujours un peu plus petit au fil des secondes. Le vieil homme cessa de s'agripper à ce corps changeant qui, désormais contrôlé par un Dieu, n'avait certainement plus besoin de lui pour tenir en équilibre. Le fonctionnaire, profitant que la divinité se concentrait à présent sur son changement, appuya discrètement sur le petit bouton rouge qui se trouvait dissimulé sous son encrier. Il posa à nouveau son regard sur le retour du grand dieu qui continuait de s'attribuer le corps de Charlotte. D'abord, ses épaules s'élargirent. Puis, le chemisier de celle-ci se déchira en deux dans le sens des coutures puis tout son haut tomba en lambeaux sur la moquette luxueuse du Palais, ce qui révéla un épais plumage gris foncé sur le dos et couleur crème au niveau de l’abdomen et du thorax. Thorax qui, au passage, avait perdu toute trace d'une féminité passée. Le corps de la femme de vingt ans était devenu celui d'un Dieu millénaire.

Ce qui restait encore de la jeune Charlotte se résumait à son visage dont les yeux retrouvèrent leur teinte marron de façon très éphémère... Elle venait de retrouver ses esprits au sommet d'une anatomie qui n'était plus la sienne, consternée et choquée.

-Oh... Mais...

Bouleversée, elle fit à peine un pas avant de trébucher contre le sol. Elle allait se relever lorsque ses yeux redevinrent à nouveau pourpres... Horus venait de reprendre le dessus.

-J'ai été distrait, murmura la voix surnaturelle.

-Distrait... par quoi ? demanda Larry tandis que le visage de l'employée se faisait de moins en moins humain.

-Sans doute par moi, annonça Jupiter qui venait d'entrer dans la pièce.

Le Président s'avança vers la créature divine qui achevait sa tant attendue métamorphose. Un changement qui fut conclu par l'apparition d'un bec, court et bleuté, au milieu d'un visage aux joues désormais blanches et débarrassé de la chevelure noire de la femme à qui il avait volé ce corps ainsi que de ses oreilles, ce qui provoqua la chute au sol de ses lunettes.

-Voyez, monsieur, fit Larry d'une voix mielleuse. Mon plan a fonctionné.

-Notre plan, coupa Jupiter dont les yeux d'un bleu profond contrastaient grandement avec ceux rougeoyants du Dieu qui leur faisait face.

-La pierre à votre anneau ne pouvait que conduire un être comme moi auprès de vous, devina Horus qui venait de se relever en arrachant les vestiges de jupe et de collants encore sur lui.

-Vous savez quelles sont ses propriétés, répondit Jupiter en s'avançant vers celui qui fut jadis élu Roi de l’Égypte antique.

Le président n'était que très peu impressionné par la taille de la créature qui lui faisait face. Il en avait vu d'autres. Il avait, par le passé, repoussé les sorts d'une terrible sorcière qu'il avait dû affronter pour mériter de diriger la République. Aussi, il avait même réussi sortir ses doigts intacts de la légendaire et terrible poignée de main de l'actuel Empereur d'Amérique.

-Elle permet à qui la possède de contrôler l'Armée des Sphinxs, aujourd'hui réduits à l'état de statues, et ce si seulement tous les Dieux sont libérés.

Jupiter acquiesça.

-Et d'autres Dieux, quelque part, se sont arrangés pour vous faire venir ici. Vous, leur Roi.

Jupiter se rapprocha encore un peu plus d'Horus.

-Nous savons tous les deux que notre alliance sera bénéfique pour le Monde. Ensemble, nous pourrons rendre la Terre grande à nouveau. Larry ici présent en connaît un rayon sur les Dieux égyptiens. Il est notre meilleur informateur en la matière. Aussi, il a réussi à mettre la main sur un concierge un peu fou qui nous a assuré avoir vu deux de vos semblables...

-Anubis et Sobek...

-C'est cela ! fit fièrement Jupiter.

-Je le savais déjà...

Un coup pour l'ego du Président qui tenta d'esquiver :

-Leur savoir et celui de Larry vous permettront de ramener tous les autres Dieux. Je sais pour la terrible Tragédie du Nil. Ne vous inquiétez pas, nous leur trouverons des hôtes dignes de ce nom et...

-Et pourquoi aurais-je besoin de votre aide, mortel ? Président ou non vous ne possédez qu'une pierre que vous ne pouvez encore utiliser...

Jupiter commençait à perdre patience mais fit de son mieux pour ne rien en montrer :

-Si vous refusez... il nous suffira de vous faire enfermer et d'arracher de force ce pendentif à votre malheureuse hôte... nous faudrait-il la décapiter pour y parvenir, Horus... Vous êtes dans un endroit duquel vous ne pourrez vous échapper. Mes Gardes Républicains sont partout dans le Palais. La coopération est votre meilleure issue. Baisez mon anneau pour me montrer que vous acceptez de construire avec moi une République Divine.

Horus soupira brièvement avant de s'agenouiller. Puis, lentement, approcha son visage de la pierre précieuse tandis que Jupiter jubilait intérieurement. Ce fut alors que, contre toute attente, le dieu faucon arracha de son bec la joyau à sa bague.

-Qu'est-ce que ? hurla Jupiter.

-Une question, monsieur Jupiter, fit Horus sur un ton hautain en se reculant vers la fenêtre, vos Gardes Républicains peuvent-ils voler ?

-Je... hum...

-Je suppose que non !

Et le Dieu se laissa tomber de tout son poids à travers la fenêtre, provocant un fracas assourdissant de verre brisé. Dans sa chute, il déploya alors deux grandes ailes longues et pointues avant de s'envoler très haut dans les airs, le final de son retour et de sa métamorphose.

Agitant ses nouveaux membres, il inspira longuement à l'instar de son hôte plus tôt dans la matinée, puis savoura pleinement sa totale liberté. Gagnant toujours un peu plus en altitude, il s'assura d'être arrivé à hauteur des  oiseaux de fer pour émettre un cri empreint d'une magie qui avait le pouvoir d'obliger toutes les divinités à reprendre le contrôle de leurs hôtes. Leur Roi les appelait et les rejoindrait bientôt au sol. Dans peu de temps, Anubis et Sobek viendraient l’accueillir et il leur annoncerait qu'ils pourraient continuer la libération des Dieux en toute quiétude maintenant que la menace d'une armée de Sphinx aux mains d'un mortel était écartée... Hélas, beaucoup des autres reliques manquantes se trouvaient encore dans des endroits plus difficiles d'accès qu'un simple musée. Et qui savait ce que ce mortel de Jupiter allait encore préparer avec ce Larry « connaisseur de l’Égypte antique ».


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