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 Chronochallenge n°71 en Duo

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Tiunterof
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MessageSujet: Chronochallenge n°71 en Duo   Sam 16 Sep 2017 - 21:29

Allez les enfants, c'est parti !

Petit rappel des équipes :

- HarTiun
- CorneFougère
- Flopie
- Poulpouppo
- TitiGhost
- DaeNora

(Pour Poulpie, flocon et Ouppo, vu que Poulpie est dans deux binômes faudra vous organiser, qu'elle commence avec l'un et finisse avec l'autre)

Et sans plus attendre, les sujets :

- Dans un royaume fort, fort lointain

Ou :

- Au fond de l'eau

Ou :

- Là où volent les oiseaux

Ou :

- Les casseurs de monde

Ou :

Thème iconographique:
 

Ou thème musical :

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Poulpie

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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°71 en Duo   Sam 16 Sep 2017 - 21:57

avec flo' <3 ; au fond de l'eau

Il était là, devant moi, au fond de cette eau si peu profonde. Je l’avais fixé, je l’avais juste regardé partir, je l’avais laissé s’en aller. Sa bouche s’était ouverte, laissant sortir quelques bulles d’air. Et c’est à cet instant que j’avais réalisé.
Il mourrait. Ses yeux étaient encore ouverts, son regard vide était planté dans le mien, comme s’il m’accusait. Et, il en avait, des raisons de le faire. Je l’avais tenu, je l’avais noyé. J’avais maintenu sa tête dans l’eau malgré la violence de ses gestes.
Ses mots tournaient dans ma tête. « Tu es trop faible, je ne peux pas te laisser vivre. » Je l’avais tué par vengeance. Il avait réduit à néant celle que j’avais été. Il m’avait détruite. Mais maintenant que je voyais son visage pâle et inexpressif, la culpabilité prenait le dessus. Je m’étais vengée, certes, mais était-ce une raison de tuer un Homme ?

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Le bia dominera le mondeeeeeuh!
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Dragon Dae
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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°71 en Duo   Sam 16 Sep 2017 - 21:57

Les casseurs de monde, en duo avec Daymonora

Ce fut le soleil sur son visage qui la réveilla ce matin-là. Comme tous les matins depuis… depuis quand, d’ailleurs ? Combien de temps auparavant avait-elle réalisé que le bruit de son réveil attirait les pillards à cinquante kilomètres à la ronde ? Elle ne savait plus. Elle avait perdu le compte. En tout cas il faisait chaud, ce jour-là, et maintenant elle dormait avec deux pulls et trois couvertures. Donc au moins trois ou quatre mois. Étouffant un grognement dans son oreiller, Camille se força à s’extraire de sous les couvertures en question. Pas question de rester cloîtrée à l’intérieur, aujourd’hui ; elle était presque à court de vivres, et les magasins autour avaient tous été vidés. Ce qui signifiait qu’il était temps de changer de planque.

Dans son sac à dos, la jeune femme récupéra sa brosse et un élastique. Ses cheveux commençaient à devenir trop longs ; il faudrait qu’elle essaye de trouver une paire de ciseaux lors de son prochain raid. Elle ne pouvait pas se permettre de les couper avec son couteau ; hors de question d’émousser sa seule arme. Mais des cheveux dans les yeux au mauvais moment, ça pouvait faire la différence entre échapper à un pillard et lui servir de victime. Méthodiquement, Camille commença à préparer son départ. Elle allait lui manquer, cette planque ; elle était particulièrement bien située, et en hauteur en plus. Moins de risques de voir un pillard rentrer par une vitre brisée quand on était au cinquième étage.

Son regard tomba sur un ordinateur abandonné, lui arrachant un soupir. Autrefois, c’est dans un engin comme ça qu’elle aurait trouvé des histoires de fin du monde. Peut-être même qu’elle en aurait écrite une elle-même. L’idée d’écrire lui fit penser au forum qu’elle avait l’habitude de fréquenter. Qu’étaient devenus les gens avec qui elle discutait tous les
jours ? Avaient-ils seulement survécu ? Impossible de le savoir ; pour la plupart d’entre eux, elle ne savait même pas où ils habitaient. Sans parler de ceux qui vivaient à l’étranger, parfois de l’autre côté de la mer.

Camille se souvenait d’un couple en particulier, Axelle et José. Quand tout était parti en couille, Axelle était en Auvergne et José en Bretagne. Avaient-ils réussi à se rejoindre ? Elle l’espérait pour eux, en tout cas. Les casseurs de monde – c'était le nom que la jeune femme donnait aux gens responsables de ce merdier – avaient détruit tellement de choses ; elle espérait que ça, au moins, ils l'avaient laissé intact.

Lorsqu’elle eut fini de trier ses affaires, la jeune femme hissa son sac sur ses épaules et se dirigea vers la porte d'un pas vif. Un coup d’œil prudent dans l’œilleton lui révéla que le couloir était vide. Par mesure de sécurité, cependant, elle dégaina son couteau de sa ceinture avant d'ouvrir la porte – un pillard pouvait très bien profiter de l'angle mort. Dans un premier temps, d'ailleurs, elle n'ouvrit qu'à peine le battant ; prête à claquer la porte au moindre bruit ou geste suspect. Précaution qui s'avéra finalement inutile : le couloir, puis l'immeuble, se révélèrent être déserts.

Une fois dans la rue, Camille se dirigea vers le seul endroit qui n'avait pas été pillé : l'office du tourisme, qui vendait autrefois des cartes de la région. Cela lui permettrait de repérer la ville la plus proche, où elle chercherait sa prochaine planque. Tout en gardant un œil sur les alentours, elle repensa au jour où tout avait commencé – le jour où les casseurs de monde avaient gagné leur surnom...
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Ouppo
Fou du roi
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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°71 en Duo   Sam 16 Sep 2017 - 21:58

Le silence brillait immensément, partout il faisait noir. C'était le jour ?

Déformer par l'eau ondante, par le verre devant ses yeux, déformer par sa vue basse, la figure regardait l'absence de bruit.

Les frissons et la sueur se mêlaient à son souffle lourd, sous son armure elle pesait des tonnes.

Elle marchait encore. Depuis longtemps.

Elle soufflait fort.

Elle marchait encore.

Encore une fois elle retint l'envie de vomir en même temps que ses larmes et ses mots.

Elle ne s'était pas autorisé par à pleurer avant d'être sortie de là.

Elle était tellement seule pourtant.

Elle respirait fort, elle retenait ses mots.

Elle avait envie de mourir et de dormir, mais avant elle devait survivre et trouver un lit pour y mourir.

Hhhffff

Hhhhhffffff

Elle marchait.

Ses pieds étaient humides et froids, elle ne pouvait pas savoir si c'était à cause de l'eau ou parce qu'elle saignait, elle n'aurait pas put voir.

Le froid et la faim et la fatigue l'engourdissait, ses doigts étaient là, mais elle n'en était pas sûr.

Pourquoi marchait-elle au juste ?
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RavenGhost
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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°71 en Duo   Sam 16 Sep 2017 - 22:00

Equipe Titighost

Thème : Un Royaume fort lointain

Il étais tard près du fort de Norden Brock. Sur ses murailles une silhouette se tenait là, fièrement dressé, le regard au loin, immobile ! Kregor Lorion, le seigneur Arcaniste, veillant sur le dernier rempart contre l'invasion venu du Sud.
Au loin un nuage de poussière apparait, épais et menaçant.
Kregor reconnu immédiatement un étendard au milieu de ce brouillard sablé, celui d'Andernad, pays du sud qui a longtemps convoité le Nord, plus fertile malgré le froid.

Maintenant les troupes de l'armée Terrienne se rapprochaient de ce bastion et ses habitants. Kregor leva alors son épée bâtarde en donnant l'ordre de se tenir prêt. Au même moment, une foule de 5000 Hommes se pressa sur les murailles, les tours de guets, et les niches pour résister à l'assaut.
La nuit allait être longue, les forces de Kregor étaient prêtes ! Ils avaient attendus longtemps ce combat ! Les troupes Terriennes étaient maintenant toutes proches du fort, prêt à lancer le siège à la fin des instructions des généraux.

L'affrontement débuta par plusieurs tirs de missiles de la part des Terriens. La muraille Sud-Ouest s'écroula, emportant les archers avec elle. En réponse, Kregor ordonna un tir d'obusier en direction des blindés Terriens. Les forces étaient inégales, mais une arme secrète pouvait encore changer le cours de la bataille en la faveur des défenseurs de Kernah et du Nord...

(A toi Titi ! AHDE Fais toi plaisir :p)

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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°71 en Duo   Sam 16 Sep 2017 - 22:00

CORNEFOUGERE LANCE L'ATTAQUE CC ! :ffmental:


PREMIERE PARTIIIE

3 Thèmes : Là où volent les oiseaux / Les Casseurs de monde / L'image. (très bons thèmes Tiun au passage !)




 
 
            Ils se nommaient eux-mêmes les Casseurs de monde, les Briseurs de monde.
            Ils se nommaient eux-mêmes les Briseurs de monde, et dans l'éclat de leurs écailles filantes, dans l'étincelle furieuse qui dansait au fond de leurs yeux, on pouvait distinguer, à condition de bien se concentrer, l'image d'une Terre détruite, brûlée et parsemée de décombres.
            Lazul était l'un d'eux.
            Parfois, en y pensant et en y repensant – car l'idée des Briseurs de monde ne quittait jamais son esprit, elle était toujours là, comme une filigrane en fond de tous ses actes et de tous ses rêves – il aboutissait à la conclusion que quelque part, il était né pour les rejoindre. Qu'il appartenait déjà à leur groupe flamboyant avant même d'entendre les syllabes de ces mots inconnus ; avant même de sentir la haine grandir entre ses côtes.
            Lazul s'y connaissait en haine. Il n'avait jamais connu mieux.
            Depuis des années, depuis qu'il avait rejoint sa nouvelle famille, cette troupe au nom étrange qui lui avait appris des mots nouveaux et des idées au goût de liberté, il avait entretenu cette haine. Il l'avait caressée, nourrie, bichonnée comme une sorte d'animal de compagnie, une petite chose furieuse et meurtrière qui aurait pu l'enflammer tout entier et faire de lui une volée de cendres. Mais il la connaissait depuis si longtemps qu'il savait à quoi s'en tenir ; il lui laissait la bride bien serrée, bien ficelée autour de sa gueule aux dents longues, l'amadouait en attendant de la lâcher.
            Et lorsque viendrait le moment de la libérer, plus rien ne pourrait sauver les hommes.
            Car c'étaient les hommes qui avaient façonné ce monde tel qu'il était aujourd'hui ; c'étaient eux qui avaient rendu Lazul comme il était à présent, qui avaient fait grandir la colère en lui jusqu'à le transformer en monstre.
            Il était petit, à l'époque, si minuscule qu'un enfant aurait pu le serrer dans ses bras ou lui marcher dessus ; d'expérience, il savait qu'ils se livraient toujours à la seconde activité, à croire qu'ils voulaient absolument voir comment il allait réagir, comment il allait se couvrir de bleus, se déformer sous leurs talons. Mais dans ce monde, les dragons n'étaient pas faits pour servir de paillasson à des enfants capricieux, ils étaient faits pour être marchandés, dressés, torturés, pour qu'on leur apprenne la faim, la soif et la douleur, et l'envie de tuer ; pour qu'on noie leurs écailles tendres dans l'acier, qu'on leur forge une muselière cloutée d'argent et dorée à la feuille. Pour qu'on les trimballe de champs de bataille en champs de bataille. De champs de morts en champs de morts.
            Lazul avait été fourré dans une cage à oiseaux, une cage si petite qu'il ne pouvait que s'y tenir roulé en boule ; car dans ce monde les oiseaux volaient dans le ciel, ils étaient aussi libres que le vent qui les portait de-ci-de-là ; mais pas les dragons, les dragons étaient faits pour les cages, rien que les cages et les chaînes, et ce qu'on appelait cages à oiseaux n'étaient que de piètres artefacts destinés à entasser les petits sauriens cracheurs de feu.
            Alors Lazul avait embarqué, bien malgré lui, sur un trois-mâts immense, aux voiles plus grandes que les ailes de sa mère, plus spacieuses et plus belles que le ciel ; et le navire était parti, il s'était mis à glisser silencieusement dans cette onde invisible qu'était le vent. Escorté par des bancs d'oiseaux blancs, il avait traversé la nuit, puis l'aube, puis le jour, voguant sur de légers nuages, ébouriffant leurs toisons translucides. Les hommes étaient heureux ; ils ouvraient grands les bras en grimpant en haut des mâts, embrassaient le ciel et l'horizon dans des cris chargés d'euphorie ; mais Lazul, lui, était dans sa petite cage, au fond de la cale, au milieu des relents de vomissures et des excréments de ses voisins.
            Oui, c'était là, à cet instant précis, quand les hommes embrassaient le ciel, là où volaient les oiseaux libres mais que lui croupissait dans leur cale étouffante, qu'il avait commencé à appartenir aux Casseurs de monde. Avant même de connaître leur nom.

------------------------------------------------------------------------------------------------
Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

→ Venez fouiller dans mes écrits... Y'en a pour tous les goûts ! :corn2:

.[/center]
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Tiunterof
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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°71 en Duo   Sam 16 Sep 2017 - 22:06

Là où les oiseaux volent :

Partie 1 : Tiun ; Partie 2 : Hart



-Quand est-ce qu’on arrive ?

Le vieux hibou leva au ciel ses yeux d’ambres, se demandant ce qu’il avait bien pu faire aux dieux quels qu’ils soient pour mériter ce genre de fardeaux.

« -Monsieur, quand est-ce qu’on arrive ?

-Pour la millième fois, nous sommes sensés arriver juste après le coucher du soleil, est-ce qu’il a l’air prêt de se coucher d’après toi, Chloé ? »

La jeune Goéland s’enquérit de la position de l’astre solaire, ce qui fut un douloureux rappel que fixer le soleil du regard était une mauvaise idée.

-Ouille… Il est quand même pas loin de frôler les montagnes, monsieur.

Philibert donna quelques vigoureux coups d’ailes, histoire de reprendre un peu d’altitude, il y avait peu de courant chauds par ici qui lui auraient permis de planer à une meilleure hauteur. Cela devait bien faire plusieurs heures qu’ils volaient, direction de royaume des chiens. Et chaque seconde qui passait était une occasion pour Chloé de l’assommer de questions idiotes.

« -Vous répondez pas monsieur ?

-Si tu veux vraiment te faire passer pour quelqu’un d’honnête, jeune fille, alors tu devrais arrêter de faire comme si tu ne savais pas que ta simple existence est pour moi une nuisance des plus cruelles.

-Vous essayez toujours de parler avec des mots trop compliqués monsieur, c’est pour ça que personne ne vous écoute jamais. »

Bien entendu, l’idée d’assassiner froidement l’insolent oiseau marin était venu plusieurs fois à l’esprit du vieux hibou, mais pour des raisons éthiques et morales plus ou moins évidentes il s’était toujours interdit de faire du mal à l’apprenti qu’on lui avait collé dans les serres. Ou du moins il s’arrangeait pour que ce ne soit techniquement pas de son fait.

« -Si tu continue à déblatérer bêtise sur bêtise tu vas t’épuiser avant que l’on arrive, jeune fille.

-Mais pourquoi ils nous ont envoyé nous, d’abord ? J’ai pas encore beaucoup d’expériences, et je suis sûr qu’il y a des oiseaux bien moins vieux et bien plus doués que vous pour s’occuper de ce genre de choses. »

Philibert fit l’incommensurable effort d’ignorer la majeur partie de cette phrase, rappelant à son esprit ce que lui racontait sa pauvre mère. ‘’Si quelqu’un t’emmerde rappelle toi quel chiard insupportable tu as pu être, maintenant vas jouer ailleurs, maman a des choses plus importantes à faire’’.
Le hibou soupira, si seulement il avait pu profiter de ces sages conseils un peu plus longtemps.

« -Faites pas la tête monsieur, répondez !

-Saches, Chloé, qu’avant d’en être réduit à m’occuper de toi, j’étais autre fois un des éléments les plus respectés de tout le corps des éclaireurs aériens. La fine fleure des troupes de reconnaissance du pacte. C’est pour ça qu’ils m’ont envoyé laisser traîner mes oreilles au royaume des chiens. D’autant que j’y suis déjà allé, j’y ai même rencontré la reine.

« -L’espèce de bout de gras sur patte avec la tronche qui coule et les oreilles qui pendent jusqu’au sol ?

-En effet, la reine Victoria est d’une très rare majesté, malgré son manque cruel de compétence pour le vol plané ou battu.

-Vous dites ça comme si ça existait les chiens qui volent.

-Bah ! Figure toi qu’ils racontent que les Humains pouvaient voler sans elle, dans des sortes de grosse boîtes de métal en forme d’oiseaux. Ils sont si obnubilés par les exploits de leurs dieux que tu peux être sûre qu’un jour où l’autre ils tenteront de faire la même chose.

-Mais un truc en métal serait trop lourd pour voler. S’indigna Chloé.

-C’est bien ce qu’on a essayé de leur dire, mais à part un âne, il y a peu de choses plus têtues qu’un chien. »

Philibert observa le ciel qui se teintait peu à peu de nuances rosées, dans peu de temps le royaume des chiens, grand refuge de tout les mammifères, serait en vue.

-Monsieur, quand est-ce qu’on arrive ?
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Poulpie

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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°71 en Duo   Sam 16 Sep 2017 - 22:22

Avec Ouppo :

Elle s’échappait.
Pourquoi le faisait-elle ? Elle n’en savait rien, elle se fiait juste à son intuition.
Dans son dos, le vent soufflait.
Le soleil se levait, ou se couchait, elle n’en savait rien.
Les ombres dessinaient un paysage effrayant tout autour d’elle.
Alors elle marchait.
Elle marchait sous le vent, sous la pluie.
Elle souffrait.
Son souffle était court et ses yeux brillaient de larmes retenues.
Elle avait chaud, ou peut-être bien froid.
Elle transpirait, et elle frissonnait.
Ses jambes tremblaient sous son poids, elle fatiguait rapidement.
Et elle marchait pourtant.
Malgré la douleur, elle marchait.
Elle avait peur, aussi.
Elle fuyait un ennemi inconnu, si fiant à ses impressions.
Le soleil brillait dans la nuit, le silence criait dans ses oreilles, plus pesant que jamais.
Elle prit un instant pour respirer.
Elle n’aurait pas dû.
Elle aurait dû marcher, encore et encore, sans jamais s’arrêter.
Car maintenant, elle ne pouvait plus avancer.
Elle allait attendre sa fin, dans cet endroit aussi familier que nouveau.
Elle savait qu’elle devait profiter de ses derniers instants.
Alors elle leva les yeux sur le ciel étoilé.
Elle regarda les lumières dans ce ciel sombre.
Et elle pria.
Elle implora les cieux de lui laisser une chance que revenir, plus tard.
Et tout se finit.
Elle disparut simplement de ce monde cruel et sans cœur.

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Daymonnora

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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°71 en Duo   Sam 16 Sep 2017 - 22:31

suite du texte de Dae

Cette date-là elle s’en souvenait. Elle ne pourrait jamais l’oublier, malheureusement… ça ferait un an jour pour jour d’ici deux semaines à peine. Lorsqu’elle s’était couchée ce soit là, elle pensait à l’anniversaire de son père qui aurait lieu le lendemain. Plongée dans le sommeil, elle n’avait pas vu le black-out se répandre sur le monde. Perdue dans ses rêves, elle n’avait émergé que des heures plus tard, tirée de ses songes par un hurlement à glacer le sang.
C’était sa voisine, Mme Roberts, qui criait ainsi. Elle avait bondit de son lit en sursaut, paniquée, et s’était précipité vers le couloir, réalisant dans l’entrée que l’ampoule refusait d’éclairer la pièce. C’est son père qui l’avait retenu, l’empêchant de sortir. C’était lui qui lui avait expliqué ce qui se passait, et comment des voyous s’en prenaient à tout le monde.
Alors, Camille avait pleuré. Elle avait pleuré parce les cris que Mme Roberts n’en finissaient plus, et n’avaient désormais plus rien d’humain. Elle avait pleuré parce qu’elle avait compris qu’ensuite, leur tour viendrait. Finalement, lorsque les hurlements avaient fini par se tarir et que les coups sourds avaient commencé à résonner contre leur porte, son père avait ouvert la fenêtre, et lui avait ordonné de se suspendre au balcon de l’étage supérieur.
Et elle l’avait fait. Elle l’avait fait honteuse, se maudissant de sa faiblesse. Se maudissant d’abandonner son père entre leurs mains. Il avait veillé à ce qu’elle se positionne de sorte à ce que ses jambes ne dépassent pas. Et il lui avait ordonné de rester là jusqu’à ne plus entendre aucun bruit, quoi qu’il arrive.
Et alors qu’aux coups contre la porte se mêlaient les menaces et les insultes, cette dernière avait fini par céder. Camille avait entendu la lutte, et les rires des pillards une fois son père au sol. Elle n’avait rien raté de la lente agonie qu’ils lui avaient fait subir. Elle avait suivi leur fouille méthodique de l’appartement, au bruit des meubles et des objets jetés au sol. Et, alors qu’ils se réunissaient au salon pour faire le tri de ce qu’ils avaient récupéré, elle avait senti une de ses mains glisser. Elle n’aurait su dire combien de temps elle était restée là, mais c’était visiblement plus que ce que son corps, perché au-dessus du vide, ne pouvait supporter.
Et ses doigts gourds qui glissaient, inexorablement, alors que les rires gras résonnait par la fenêtre ouverte. Et ses bras qui tremblaient, tétanisés par le froid et l’effort. Mais elle tint bon.
Elle ne sut jamais où elle trouva la force, l’adrénaline salvatrice qui l’avait porté jusque-là s’étant dissipée depuis longtemps. Mais elle tint bon. Et ce n’est que de longues minutes plus tard, lorsque la porte de l’appartement claqua avec violence et que le silence repris ses droits dans son foyer, qu’elle décoinça ses jambes enroulées autour des barreaux et les glissa péniblement par la fenêtre.
Et qu’elle s’était écroulée dans la pièce dévastée.
Camille était restée là longtemps, a genou à côté de son père. Elle n’avait pas cherché à s’approcher, sachant qu’elle ne voulait pas voir, pas savoir. Et, après de longues heures, quand le soleil avait finalement pointé le bout de son nez, elle avait fait ses affaires, et elle était partie.

Dans son cœur, une flamme de rage ardente brulait. Un incendie de haine ravageait sa poitrine, et un gout amer avait envahi sa bouche. Elle survivrait. Et elle vengerait son père, elle vengerait tous ceux qui avait péris cette nuit-là, et qui ne survivraient pas au suivante. Elle tuerait les Casseurs, un jour.
Un jour, il n’y aurait plus un seul Casseur de monde sur terre.

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Nain Fougère
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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°71 en Duo   Sam 16 Sep 2017 - 22:32

                Lors de la traversée, Lazul sentit dans les entrailles du navire des vents puissants faire trembler l’atmosphère. Des vibrations faire craquer le vieux bois. Les hommes se mettaient à crier un tas de choses qu’il ne comprenait pas. Mais il comprit que la peur les avait dans le creux de sa main écorchée.
                Une secousse fit tomber la cage dans laquelle Lazul était enfermé. Sous le choc, elle se brisa et il put enfin se mouvoir librement dans l’espace. Plus excité qu’apeuré, il se dirigea vers le pont instable du navire, prudemment, sans se faire remarquer dans l’agitation.
                Des détonations agressaient ses tympans encore fragile. Des ombres immenses, déchirant le ciel, projetaient des colonnes brûlantes et lumineuses sur l’embarcation. Il ne fallut pas longtemps aux assaillants pour mettre tout à feu…
 
                Ce jour-là, Lazul vola pour la première fois. Il connut la liberté pour la première fois. Il vit le monde pour la première fois.
                Ce jour-là, Lazul su précisément ce qu’il était et ce qu’il deviendrait. Il fit un choix, devenir l’une de ces ombres immenses. Devenir aussi grand, aussi fort, aussi libre qu’eux.
                Ce jour-là, Lazul devint un casseur de monde à jamais. Il maîtrisa sa haine et suivit les dragons qui l’accueillirent sans hésiter.
                Aujourd’hui, les Casseurs de monde sont redoutés de toutes parts. Ils sont l’aboutissement de la bêtise humaine, la récolte qu’ils méritent d’avoir semé.
 

                La haine emportera tout, tel un gouffre sans fin. Quand tout sera fini, il ne restera que les airs, là où volent les oiseaux et les dragons.

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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°71 en Duo   Sam 16 Sep 2017 - 22:33

@Poulpie a écrit:
avec flo'  <3  ; au fond de l'eau

Il était là, devant moi, au fond de cette eau si peu profonde. Je l’avais fixé, je l’avais juste regardé partir, je l’avais laissé s’en aller. Sa bouche s’était ouverte, laissant sortir quelques bulles d’air. Et c’est à cet instant que j’avais réalisé.
Il mourrait. Ses yeux étaient encore ouverts, son regard vide était planté dans le mien, comme s’il m’accusait. Et, il en avait, des raisons de le faire. Je l’avais tenu, je l’avais noyé. J’avais maintenu sa tête dans l’eau malgré la violence de ses gestes.
Ses mots tournaient dans ma tête. « Tu es trop faible, je ne peux pas te laisser vivre. » Je l’avais tué par vengeance. Il avait réduit à néant celle que j’avais été. Il m’avait détruite. Mais maintenant que je voyais son visage pâle et inexpressif, la culpabilité prenait le dessus. Je m’étais vengée, certes, mais était-ce une raison de tuer un Homme ?

suite

Il m'avait traité de faible et avait tenté de me tuer. Ces mots qui venaient de la personne que j'aimais le plus m'ont fait le plus mal, pour lui j'aurai fait n'importe quoi, j'étais prête à tout. Cette phrase a été comme une douche froide. Je devais me défendre je ne pouvais pas le laisser faire pas cette fois, ou sa serai la dernière.
J'étais peut être faible, je me suis peut être trop laissé faire, mais tous ses coups ont fini par me pousser a bout. je me suis rebellée, je voulais juste me protégée. Mais quand je l'ai vu avec son petit sourire l'air de dire tu me fait pas peur, je sais que tu en ai incapable, j'ai péter les plombs.
Aujourd'hui je ne suis plus faible mais ce geste me hantera pour le reste de ma vie.

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Je suis un flocon de quoi je ne sais pas. D'avoine ou peut être de glace.
Je préfère le flocon de neige, magnifique mais fragile et avant tout éphémère.

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Je suis un flocon de neige solitaire
Délaissé par mes pairs, abandonné
Dans une région où le soleil règne en maître
Sous ce ciel bleu infini qui n'a jamais vu l'hiver
Je vis en espérant voir le jour où virevolteront
dans ce ciel tristement bleu de doux cristaux de glace


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Hartsock

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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°71 en Duo   Sam 16 Sep 2017 - 22:35

Philibert n'eut pas besoin de répondre. Ce ne fut pas la vue qui put prévenir la jeune goéland mais plutôt son ouïe. "WAF WAF, Grrrr"
Elle baissa la tête et vit les premiers chiens de sa vie. Un gros brun poilu se battait avec un petit blanc.
"- Mon...Monsieur, pourquoi ils se bagarrent?
- Ils ne se disputent pas pour de vrai, c'est un jeu.
- Ils jouent à se manger et à se faire mal? Répliqua la petite Chloé, effarée par ce spectacle.
- Tu sais, les chiens ne sont pas doués d'intelligence. Ils sont réputés pour leur nature barbare et il est clair qu'il ne pourront jamais saisir le sens du mot divertissement."

Alors qu'ils volaient au dessus de la plaine ils aperçurent un petit chiot avec une sorte de perruque sur la tête. Ouvrant la gueule et aboyant d'une voix aigue assourdissante. Puis une humaine sortit d'un géant bloc de béton et vint le taper avec un morceau de papier enroulé.
" Monsieur, monsieur! Il faut l'aider, il n'est pas de notre peuple mais il se fait maltraiter par cette énorme chose!" Philibert allait lui expliquer qu'elle perdait son temps à regarder ces injustices, car les humains étaient des dieux aux yeux des chiens, (seul une minorité de l'espèce canine voyait la vérité en face et vivait à l'état naturel) mais il était trop tard. La jeune apprentie lui fila entre les serres et se dirigea droit sur les deux êtres vivants au sol.
Elle piqua net et fit un vol en rase-motte. Elle fonça entre les deux et agrippa le papier journal dans la main de l'humaine, terrifiée. Le petit chien hurla "ce foutu pigeon a osé s'opposer aux dieux! Chopez-le!"

Philibert y voyait là une occasion unique de laisser mourir son apprentie dans d'atroces souffrances mais lorsque qu'il aperçut qu'un des gros chiens ouvrait la gueule juste en dessous de la petite il fut pris par la pitié. Les crocs de l'animal féroce s'abattirent sur le train arrière de Chloé, elle hurla de douleur et s'effondra sur le sol en laissant des plumes derrière elle.
Philibert, tout en rouspétant, vola à son secours. Il fit un véritable vol plané, et malgré qu'il ait perdu son agilité d'antan, réussit à crever les deux globes oculaires du chien hurlant de satisfaction. Ce dernier chancela et le vieil oiseau passa par dessus sa tête pour venir loger le corps inanimé de Chloé dans ses serres.
Il savait que la mission était un échec et il allait devoir rendre compte de ses fautes en rentrant, car oui, il savait qu'il devait rentrer. Il savait qu'il vaut mieux vivre là où les oiseaux volent.

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Hart, le cerf à chaussettes. Pour vous servir

Signe distinctif de chasseur de fautes: µ
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"Dis moi : je t'aime ! Hélas ! Rassure un cœur qui doute,
Dis-le moi ! Car souvent avec ce peu de mots
La bouche d'une femme a guéri bien des maux." VICTOR HUGO

Eh, venez voir ce que j'écris :p
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