Encre Nocturne
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 Chronochallenge n°74

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AuteurMessage
Tiunterof
Gardien grincheux de la CB
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Masculin Bélier Messages : 1804
Date d'inscription : 24/10/2012
Localisation : Sur la CB, comme toujours.
Humeur : sss

MessageSujet: Chronochallenge n°74   Mer 4 Oct 2017 - 21:33

Allez hop !

Les thèmes :

- La guerre c'est toujours pareil.

Ou :

- Le bal.

Ou :

- Courir, toujours courir.

Ou :

- Sans Couleur.

Ou :

- La loi du sang.
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Poulpie

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Féminin Poissons Messages : 61
Date d'inscription : 30/06/2016
Localisation : Je me suis perdue quelque part dans l'océan
Humeur : Comme si j'étais un poulpe!

MessageSujet: Re: Chronochallenge n°74   Mer 4 Oct 2017 - 22:27

Courir, toujours courir ; La loi du sang

Il fuyait. Il devait quitter cette forêt. Sa forêt. Il devait s’échapper, quel qu’en soit le prix ; aucun regard en arrière n’était possible. Trop proche, il entendait les chasseurs. La neige les ralentissait, sans le gêner lui, qui était loup. Il devait courir, toujours courir. Il devait sauver sa peau afin de pouvoir espérer un jour retrouver ses amis disparus.

Plus il pensait à ce qu’il avait dû laisser derrière lui, moins le froid sous ses pattes le brulait. Il se remémorait les derniers mots de son frère. « Ne laisse pas la loi du sang te tuer, laisse-moi mourir, c’est nécessaire, laisse-moi ici » lui avait-il dit. Ces mots avaient brisé son cœur et écarquillé ses yeux fatigués. Il avait refusé, bien sûr, mais les chasseurs s’étaient trop rapprochés, il avait dû partir. Il avait dû abandonner son frère.

La forêt était trop silencieuse, tous les oiseaux était partis, seul le vent remuant les feuilles pouvait être entendu.

Et, dès qu’il dépassa les derniers arbres, une plaine, la plus grande qu’il n’ai jamais vu, s’étala devant lui. C’était sa libération.

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Le bia dominera le mondeeeeeuh!
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Ouppo
Fou du roi
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Masculin Lion Messages : 310
Date d'inscription : 04/01/2016

MessageSujet: Re: Chronochallenge n°74   Mer 4 Oct 2017 - 22:32

La soie flottait sur les reflets dorés, la musique allait visiter les têtes et les sourires réchauffaient l'atmosphère d'autant plus qu'ils étaient réciproques.

Assis tout seul, un jeune homme d'un vingtaine d'années ne souriait pas.

Son amie, Hélène, l'apostropha.

-Tu vas rester dans cette chaise à manger du pain ?

-Oh que oui.

-Tu es un imbécile.

-Laisse-moi tranquille, veux-tu ?

-Sourit, danse et rit, et j'envisagerais ta proposition. Tu as vingt-trois ans ce soir, bien que personne ne le sache. En tout cas tu devrais être heureux et le montrer. Wouhou, tout le monde regardez c'est l'anniv' de ce type, il a 23 ans ce gars là, venez lui dire un truc gentil !

Le jeune homme approcha lentement le pain de sa main, le prit et d'un geste en fit un morceau irrégulier.

La croute craqua libérant un délicat blanc alvéolé et une odeur de farine, de levain, d'eau, d'heures et d'années de travail. Il approcha le morceau détaché de son visage pour en respirer les arômes.
De ses doigts, il détacha un morceau de cet intérieur, soyeux, qui se détacha souplement avant de fondre dans sa bouche comme des fils de nuage.

-Il est bon ce pain.

-Mon grand, soupira Hélène, où as-tu eu ce pain déjà ? C'est une salle de balle, il n'y a pas de pain nul part.

Gracieusement ses longs doigts s'approchèrent de sa bouche, pour couvrir son sourire. Les yeux du jeune homme souriaient, marquant des petites fossettes qui surement plus tard laisseront leurs marques, ses yeux verts brillaient comme des rivières tranquilles.

Il riait.

-Je te préfère comme ça, ouais. Par contre c'est moi ou tu te fous de ma gueule, gamin ? pesta Hélène.

Le cours calme de ses yeux se porta sur son amie d'enfance, Hélène. Il était jeune, il avait 23 ans, son visage malicieux illuminait, il ne cherchait pas à être pardonné. Il ne séduisait pas, il souriait, c'était un garçon qui souriait, mais seulement pour son amie.

Renfermé, timide ou timoré, qu'importe le mot, c'était ce qu'il était.

Jamais il ne serait venu de lui-même à une soirée, encore moins un bal. C'était le 21ème siècle et jamais le jeune homme n'avait envisagé se retrouver là un jour. Il savait danser, Hélène le lui avait apprit, il pouvait se forcer à regarder les gens dans les yeux et savait même un peu chanter, néanmoins quelque chose lui disait qu'il n'était pas à sa place.

Depuis le début de la soirée, les danses s'étaient succédées, mais il n'avait pas bougé de sa chaise de la soirée et Hélène s'en était rendu compte.

-Allez, mon grand, je sais déjà que t'as de beaux yeux, alors arrêtes de me les montrer et va plutôt faire un sourire à la fille qui te regarde en coin depuis le début et qui est assise là-bas. Va !

Le jeune homme se leva, sa main aplanissa ses vêtements qui flottaient légèrement sur sa silhouette.

Tap tap tap

Sa main comme une mélodie vain à la rencontre de celle de la jeune fille aux yeux de nuages.

La main attendit, balbutiante, la jambe prothèsique de la jeune fille se souleva lourdement, et la mélodie trouva sa complémentarité.

La symphonie s'était créée lors du contact de leurs deux mains et avait un instant envahit la salle.

Main dans la main et main sur la manche vide du garçon, la jeune fille et le jeune homme dansait.

Leur harmonie dansait et iridiait, comme si ils avaient toujours dansés ici, tout seuls.
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Lunny

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Féminin Verseau Messages : 182
Date d'inscription : 16/08/2015
Localisation : IdF

MessageSujet: Re: Chronochallenge n°74   Mer 4 Oct 2017 - 22:35






This is War




Il se saisit de sa hache à double tête et s'enfonce dans la mêlée, brisant crânes et membres de ses coups durs et violents. Sa puissance brute repousse ses ennemis bien plus efficacement que n'importe quel mouvement d'épée et il se retrouve bientôt de l'autre côté du groupe enragé, prêt pour un deuxième tour. D'un habile mouvement du poignet, il fait tournoyer son arme et décapite l'un des assaillants. Le sang jaillit et se mêle à la poussière tandis que le corps glisse lentement au sol. Un rugissement jaillit de sa poitrine sans qu'il ne s'en rende compte et, rendu fou par l'odeur de massacre qui fonce dans l'air, retourne au cœur de la mêlée. Quelques courtes minutes plus tard, il est le dernier homme debout. Couvert de sang, de poussière et de sueur, il se dresse, immense et solide, au centre d'une pile de cadavres.

Cette scène est comme un écho de tant d'autres auparavant. Ce n'est pas la première fois que cet homme traverse une guerre, et ce n'est certainement pas la dernière. Depuis plus de quinze ans, il arpente les champs de bataille de tous les pays, combattant au nom du plus offrant, et massacre les ennemis de ses employeurs à l'aide de sa fidèle hache, éternelle et unique compagne de ses jours et de ses nuits. Et chaque fois, la même chose. Peut importe son commanditaire, les choses se passent toujours de la même façon : il rejoint une bande de mercenaires mal équipés et sous payés pour affronter un adversaire supérieur en nombre et en armes et finit par se retrouver seul au milieu d'une terre dévastée et d'un monceau de corps.

L'homme nettoie les lames de sa hache et la rengaine avant de tourner les talons et de quitter le lieu du massacre. Il ne semble pas ému de ce qui vient de se produire, mais la vérité est toute autre. Autrefois promis à un brillant avenir au sein de la noblesse, aux bals à répétition et destiné à faire un mariage avantageux avec une femme belle et douce et à l'héritage important, il se retrouve aujourd'hui à courir d'un champ de bataille à un autre pour se pouvoir se nourrir en attendant que la mort l'emporte. Sa vie, même s'il est incapable de l'admettre, le dégoûte. Il déteste tuer et pourtant, le voilà à réaliser tuerie sur tuerie pour quelques pièces. Chaque vie qu'il prend lui coûte un peu plus cher que la précédente et pèse plus lourd sur son âme. On aurait pu s'attendre à ce qu'il s'y habitue et devienne insensible à la valeur d'une vie, alors que chaque âme qu'il livre aux Enfers l'entraîne plus profondément dans des abîmes gris et fades. Paradoxalement, les couleurs du monde s'effacent peu à peu à sa vue et ce qui lui semblait jadis si chatoyant se pare maintenant de teintes ternes et tristes. Fini l'éclat foudroyant des soies et des fleurs, éteinte la lueur dorée des bougies. Cet homme qui fauche les vies si facilement en souffre alors qu'il devrait être insensible et pourtant il cesse de s'émerveiller des miracles de la vie qui lui est si chère.
Je sais pas pourquoi, les thèmes m'ont fait penser à cette chanson, d'où le titre de mon texte, même si les paroles n'ont pas trop de lien


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juste pour sauter une ligne, que ce soit plus joli !
Et encore un

Books ! Best weapons in the world.

- Doctor Who -
juste pour sauter une ligne, que ce soit plus joli !
Et encore un
Puis encore un
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Chronochallenge n°74
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