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 Le chevalier Matthias

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Titi

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MessageSujet: Le chevalier Matthias   Ven 5 Jan 2018 - 21:14

Hellow :la:

Je remercie infiniment Phoenix, qui a eu la très grande patience et la gentillesse de lire un texte pas relu ni corrigé depuis son écriture (avril 2015). Et qui a fait des annotations qui m'ont été très utiles.

Spoiler:
 


Bonne lecture :latourn:







- LE CHEVALIER MATTHIAS -


Matthias était encore un jeune enfant lorsque son père l’initia au cheval. Comme son petit était doué, il se dit qu’un jour, ce dernier l’accompagnerait sur les champs de bataille, car dans la famille, ils étaient chevaliers de père en fils. Quand naquit en premier la sœur de Matthias, il était heureux d’avoir un enfant, mais il lui manquait quelque chose. Il avait en lui une pointe de tristesse de n’avoir rien à partager avec un fils, et craignait que la tradition ne disparaisse avec ses espoirs d’un héritier. Puis sa femme attendit un autre enfant, et, là, il ne sut pourquoi, mais il sentit que ce serait lui, sa noble descendance, et il ne s’était pas trompé…

Quand son fils était sur le point d’atteindre l’âge adulte, son père lui inculqua tout ce qu’il connaissait sur la maîtrise de l’épée, ainsi que les diverses manières de contrer les sorts. Cela pourrait s’avérer utile dans le futur, contre les vils sorciers qui habitaient la forêt à proximité du village. Dans ce but, il lui apprit également la concoction de potions. Certaines d’entre elles pouvaient rompre un sort, d’autres servaient purement et simplement à neutraliser son ennemi : sorcier, créature, ou humain. Pour parfaire ses compétences, il lui transmit le grimoire de la famille, qui contenait un savoir immense. Matthias pourrait le consulter à loisir, et ainsi en apprendre davantage à propos des recettes de ces potions, et de toutes les créatures dangereuses peuplant la forêt.


Les années passèrent, et il était temps selon son père, de passer à un entraînement plus rude, pour qu’il devienne enfin un chevalier connu, et reconnu. Matthias fut remarqué pour sa maîtrise de l’épée, ses réflexes, son agilité. Son aisance sur un cheval n’était plus à prouver, jusqu’au jour, où, pendant son dernier échauffement avant de rentrer chez lui, il se sentit oppressé. Il ne sut dire pourquoi, mais il était persuadé qu’une personne l’observait, et que son âme était noire comme les ténèbres. Soudain, son cheval, comme devenu fou, se cabra à multiples reprises avant de courir dans tous les sens, désarçonnant son cavalier, qui perdit connaissance sur le coup. Il fut réveillé par une voix apaisante, aussi douce que celle de sa mère.

En ouvrant les yeux, il se retrouva nez à nez avec une charmante demoiselle : chevelure dorée, yeux verts, teint légèrement rosé, et petite bouche en forme de cœur. Un grain de beauté à gauche de son nez fin brisait la douce symétrie de son visage. En voulant se lever, il sentit une légère douleur à son pied gauche. La jeune demoiselle l’aida à se mouvoir, et lui apporta une attelle qu’elle avait confectionnée elle-même avec du bois et des ficelles. Le village étant bien trop loin, elle l’emmena à une étable pour qu’il puisse s’asseoir sur de la paille et éviter le froid de la nuit tombante. Elle se présenta à lui sous le nom d’Hermine, fille de fermier, qui apprenait les soins, à l’aide d’un grimoire familial. Ces paroles lui rappelèrent que lui aussi possédait un tel ouvrage, mais qu’il ne l’avait cependant jamais ouvert. En discutant jusqu’au petit matin, ils décidèrent qu’ils se reverraient, et se mirent d’accord pour que la demoiselle apprenne à Matthias à confectionner des potions, lui ajoutant ainsi une corde supplémentaire à son arc.


Trois années plus tard, et Matthias décida de présenter Hermine à ses parents, leur expliquant que grâce à elle, il avait acquis d’immenses connaissances sur les monstres de la forêt, et sur la concoction de potions puissantes. Il leur confia également qu’il avait découvert quelque chose que nul ne lui avait enseigné : l’Amour. Ils acceptèrent tous deux la demoiselle, et son père lui chuchota qu’il était persuadé que viendrait bientôt le jour où il percevrait l’Appel Divin. Au fond de lui, son fils était heureux de ces nouvelles, cependant, il savait que quand il partirait, il ne reverrait plus Hermine avant plusieurs mois, voire quelques années, et cela le rendait profondément triste.

Le soir, en montant dans sa chambre, il voulut lui montrer le grimoire familial, pour voir s’il pouvait y avoir d’autres potions intéressantes à apprendre. Il ne l’avait jusqu’à présent pas encore consulté. En l’ouvrant à une page au hasard, il sentit une horrible sensation, qui lui était étrangement familière. Il se souvint alors du jour de la rencontre avec sa bien-aimée : il avait perçu une présence menaçante et oppressante. Il crut qu’il allait faire un malaise mais Hermine, qui avait ressenti sa détresse, le prit dans ses bras, ce qui le calma. En regardant la page, ils tombèrent sur l’illustration d’un sorcier puissant : Alban le Démoniaque. Son visage n’était pas visible, dissimulé sous une capuche, pourpre, tout comme sa longue robe de sorcier. Seule ses mains étaient visibles, dont l’une tenant un long bâton argenté, surmonté d’une sculpture dorée, représentant une fleur de lys, à demi refermée.

Un bruit sourd retentit dehors, semblable au tonnerre, mais nos deux amoureux constatèrent que ce n’était pas l’orage, c’était bien pire que ça : le ciel s’était obscurci, laissant place aux ténèbres. En se retournant vers sa dulcinée, il la trouva figée, les bras vers le ciel, et une étrange lueur dans les yeux. Comme le lui avait prédit son père, Matthias reçut l’Appel Divin : quand un membre de la famille était prêt à aller sur les champs de bataille, il entendait l’une de leur divinité lui parler. Cette dernière s’exprimait en mentionnant une valeur qu’il ne fallait jamais oublier pour triompher du mal :

— Je ferai ton immense gloire, moi qu’on appelle Espoir. Je suis celle qui te redonne le courage, avec force, comme avec rage, qui t’aide à terrasser tes ennemis, et ceux qui ne te laissent nul répit. Va, chevalier, défendre ton honneur. Elle est bien loin, ta dernière heure. Il est temps pour toi de suivre ton noble destin : combattre le Mal et ses noirs desseins. Les ténèbres ont submergé ton royaume. Prends ton cheval, ton armure et ton heaume. Va, chevalier, poursuis ta noble tâche. Châtie tes ennemis, courageux ou lâches. Que ton regard soit ardent comme la lave ! Il n’y a point de repos pour les braves. Combats jusqu’à ton dernier souffle, et que ta toute puissance nous époustoufle !

Matthias sut qu’il était temps pour lui de se préparer afin d’accompagner son père sur les champs de bataille. Avec l’aide de Hermine, il concocta moult potions, prépara des provisions, et équipa son cheval.


Le lendemain, père et fils, vêtus de leur armure et épée, grimpèrent sur leur monture respective et partirent pour trouver l’origine de ce climat ténébreux. Grâce à leurs acquis et à leurs expériences, ils furent en mesure de combattre gnomes, trolls, lutins, et de progresser dans la forêt, lentement, mais prudemment. Ils avaient toutes les informations sur leurs ennemis : comment déjouer leurs pièges, comment les reconnaître, leurs points forts et leurs points faibles,... S’ils venaient à être blessés, ils sauraient quelle fiole utiliser et en quelle quantité, si la quête mettait plus de temps que prévu, ils sauraient différencier la nourriture nocive de celle bonne pour eux. Ils étaient préparés à tout, sauf à une chose : parmi tous les ennemis qu’ils allaient potentiellement rencontrer, ils ignoraient tout de ce terrible sorcier. Matthias n’aimait pas cette situation. Il avait un mauvais pressentiment sur la suite des événements, et recommençait à se sentir oppressé. Mais il réprima cette sensation, ne souhaitant pas faire échouer la quête.

Au bout du cinquième jour de marche, ils arrivèrent devant une étrange forteresse. En touchant les murs, ils trouvèrent que sa structure était épaisse, mais pourtant, en grattant, ils s’aperçurent qu’elle s’effritait : elle était faite de papier. Un rire cinglant les fit sursauter : en levant les yeux au ciel, ils virent tous les deux une silhouette encapuchonnée. En regardant plus attentivement, ils constatèrent que l’individu était dissimulé sous une robe de sorcier pourpre. Matthias reconnut le costume du sorcier Alban. Il tressaillit de nouveau en jetant un coup d’œil au bas de la forteresse, qui passait du blanc au rouge sang. Il sentit alors une douleur, qui le mit à terre, et lui fit perdre connaissance.


A son réveil, il fut surpris de se trouver dans son lit, sa mère à son chevet :

— Mère ! Que fais-je ici ?! Où est Père ?! Que s’est-il passé ?! Nous étions face à Alban, et puis, c’est le trou noir !

— Du calme, mon fils, il est parti sans toi…Il y a cinq jours de cela.

— Cinq jours ?! Pourquoi ne pas m’avoir réveillé ?

— Nous avons essayé, cela était impossible… Hermine pense que tu as été victime d’un sortilège de ce puissant sorcier, elle est partie dans la forêt, chercher des ingrédients afin de concocter une potion, mais elle n’est pas revenue depuis. Je suis très inquiète.

Alors que Matthias se levait, une vive douleur le prit à la tête. Soudain, tout lui revint dans un flash : les provisions, les chevaux, les monstres de la forêt, les sentiments d’oppressions, le château de papier, le sang… Le sang ! Il sentait que quelque chose de terrible s’était produit. Il embrassa sa mère, la serra fort contre lui et courut dehors. Il prit son cheval, son armure, surmontée d’un heaume, ainsi qu’une épée, et partit en direction de la forêt, sans prendre le soin de prévoir des provisions. Il ne mit dans sa besace que quelques potions.


La forêt était étrangement silencieuse : il régnait une atmosphère paisible, au-dessous du ciel noir, accompagné de quelques étoiles, et de traînées pourpres phosphorescentes. Il soufflait un vent léger mais glacial. Tout cela semblait annoncer l’avènement des ténèbres sur Terre, et du chaos. Soudain, une lumière rouge aveugla Matthias : il se trouvait nez-à-nez avec ce qui semblait être la Faucheuse. Mais un détail intrigua le chevalier : elle portait dans sa main, non pas une faux, mais un bâton argenté. Il perçut ensuite un rictus, qui lui semblait familier, sortir de la bouche de cet être inquiétant :

— Appelle-moi la Faucheuse, ou la Mort. Je suis celle qui s’acharnera sur ton sort. Ne cherche plus ta dulcinée, misérable chevalier : dans une rivière pourpre, son corps, sans vie, gît. Son sang s’imprègne sur les murs faits de papier. Va-t’en, ou tu finiras comme elle, cafard maudit !

— Sur mon honneur et sur mon blason, je te défie. Je sais que tu n’es point la Mort, mais un sorcier. Tu es maléfique, ton cœur rongé par le mal pourrit. Quant à ce que tu as fait à ma tendre, je te le ferai payer !

— Tu es bien courageux, petit avorton, mais mortel ! Si tu veux te quereller, rejoins-moi dans la forêt, survis ou tu plongeras dans un sommeil éternel : les créatures t’anéantiront sans autre forme de procès !

— Je ne suis pas un lâche ! Tu mordras la poussière ! Je te ferai rejoindre tes ancêtres sous la terre ! Tu serviras de festin aux limaces et aux vers ! Car dans ce monde, triomphe toujours la lumière.

— Tu as jusqu’à l’aube pour me trouver, ou fuir loin d’ici. Je te couperai la langue, toi qui es bien trop bavard. Je suis un adversaire coriace, adepte de la magie ! Mais tu peux abandonner : il n’est pas encore trop tard.

— Sache qu’il n’est point dans mes habitudes de me rendre ! Je n’aurai de cesse, ni de répit, tant que justice ne sera faite ! Je combattrai jusqu’à ce qu’advienne ta lourde défaite. Ta dernière vision sera mon épée en train de te pourfendre…

Matthias, fou de rage, était bien décidé à venger sa tendre Hermine. Il ignorait ce qu’il adviendrait du sorcier s’il parvenait à son château bien après l’aube, et il ne tenait pas à le savoir. Il prit la décision de donner une potion à son fidèle destrier. Parmi les fioles, il saisit celle surmontée d’un bouchon doré. Hermine avait l’habitude d’user d’un code couleur pour identifier les breuvages, et celui-ci permettrait d’aller aussi vite que l’éclair pourfendant le ciel, selon ses dires. Il fouilla dans sa besace, et s’apprêta à boire le contenu d’une autre fiole dont le bouchon était orange pâle, tirant vers le brun clair, telle la couleur du marcassin, rempli par la fougue de la jeunesse. Mais alors qu’il retirait son heaume, des craquements de branches se firent entendre. En tournant la tête, il esquiva des flèches, qui vinrent se planter dans l’arbre derrière lui, alignées à la verticalité parfaite. Ces dernières étaient petites, tout comme les êtres qui se tenaient à sa droite, des gnomes, dont la peau verdâtre tranchait avec le roux de leur barbe, longue et fine. Ils étaient joufflus et avaient des petits yeux, entièrement noirs, mais leurs dents les rendaient féroces. Deux d’entre elles se recourbaient vers le haut, comme deux défenses de sanglier, et les autres étaient pointues, tout comme leurs longues oreilles. La surprise de cette attaque lui fit lâcher son heaume. Voyant que ses ennemis sortaient tous des flèches de leur carquois, il lança son cheval au galop.

Par chance, les gnomes n’étaient pas rapides, il put ainsi aisément les semer, avant de s’arrêter près d’une rivière. La potion qu’il avait fait boire à son destrier verrait ses effets se prolonger avec de l’eau naturelle. Sa bien-aimée avait pris soin de lui enseigner toutes les combinaisons entre potions et Nature, permettant d’utiliser leur puissance de façon optimale.

Matthias avait conscience qu’il ne devait pas se laisser submerger par ses émotions, mais cette perte lui brûlait la poitrine. Comment quelqu’un pouvait-il faire de mal à une créature aussi douce, pure ? Il sentait la rage et le dégoût l’envahir. Un grognement féroce le tira de ses pensées. Comme si le sort avait décidé de s’acharner sur lui, un troll fit son approche, l’air agressif. Si les gnomes étaient ridiculement petits, ce nouvel opposant était lui d’une taille plus inquiétante : sa hauteur était celle de deux hommes. Sa peau était d’un violet terne, son ventre très arrondi, ses jambes étaient longues, et ses pieds, ainsi que ses mains, étaient massifs. Ces dernières tenaient une grosse massue surmontée de picots en fer rouillés et ensanglantés. Matthias eut tout juste le temps de monter sur son cheval, que déjà le troll se précipita vers lui, assénant au cheval un violent coup dans la cuisse, qui le fit trébucher. Cela eut pour effet d’éjecter son cavalier, qui perdit sa besace dans sa chute, quelques dizaines de mètres devant lui.


Alors que Matthias rampait pour récupérer le petit sac de cuir, le monstre l’attrapa par les jambes, et le souleva dans les airs. Fort heureusement, il fut très vite relâché lorsque le cheval rua sur le troll. Profitant de l’occasion, il courut en direction de sa besace, qui lui avait échappé des mains quelques instants auparavant, afin de récupérer la potion au bouchon orange, et d’en boire le contenu. Il sortit son épée, se retourna, et, alors que son cheval allait de nouveau se faire attaquer, il cria, se donnant du courage pour foncer, et pour planter la lame intégralement dans le dos de la féroce créature. La douleur la fit s’écrouler au sol, ce qui permit à notre héros d’en retirer son arme. Le troll ne bougeait plus. Il ne tentait pas de se relever, et Matthias n’était même pas sûr qu’il soit conscient, ni même vivant. Sans attendre la réponse à cette interrogation, il s’empressa de donner à son courageux destrier une potion au capuchon vert, symbole des plantes médicinales, et donc, dans le cas présent, de soins. Une fois cela fait, ils repartirent en direction du château.

La blessure était très profonde, et malgré les potions, il avait conscience que son cheval ne tiendrait que quelques jours. C’était toutefois amplement suffisant pour atteindre le repaire du terrible Alban, car ils avaient grandement progressé dans leur quête. Cet exploit n’aurait été possible sans la première potion donnée au cheval. Mais Matthias était de plus en plus désespéré. Il avait perdu sa tendre, probablement son père, et il s’apprêtait à voir disparaître sa monture. Cette situation rendait son cœur amer, qui ne désirait qu’une chose : la vengeance. La douleur était de plus en plus insoutenable, tout comme le poids de son armure. Il se dit que sans elle, il n’avait que peu de chance de survivre face à Alban, mais que d’un autre côté, elle les alourdissait, lui et son cheval. Il ne voulait pas lui faire subir davantage de souffrance. Ils s’arrêtèrent un moment, afin qu’il puisse enlever son armure, intégralement. A présent vêtu de son gambison, d’un pantalon, et de solerets aux pieds, il se mit à genou au pied d’un arbre, et pria.


Pendant ce temps, sa sœur et sa mère partirent voir une voyante. La deuxième était inquiète pour son mari, son fils, et sa bru, qu’elle pensait encore vivante. Bien que sa fille avait tenté de l’en dissuader, elle était prête à dépenser de l’argent, quelques économies durement gagnées à la divination. Elle allait débourser un sac d'agent si cela pouvait lui apporter des nouvelles sur l'état de santé de son amour, de son fils, ainsi que sur celle de l’âme soeur de celui-ci. Elle était tout aussi inquiète pour leurs chevaux, qui leur étaient d’une grande utilité depuis près de vingt ans. La voyante, tout comme Hermine lors de l’Appel Divin, se trouva soudainement figée, les bras en l’air, en direction des cieux, les yeux scintillants :

— Elles ont fini par l’engloutir. Lui qui aurait tout sacrifié pour son royaume, part sans son fidèle destrier, ni son heaume. Privé de sa douce, de son armure, il ne lui reste que son honneur. Grâce à son épée et son courage, il défie la peur. On lui a tout pris, que pourrait-il y avoir de pire ?

— Comment ? Hermine ? Elle n’est plus de ce monde ? Mais qu’est-ce que…

— …Il est prêt à tout, pourvu qu’il se venge. Lui qui est au cœur noble, avance près du château de celui qui avait arraché la vie de son tendre amour. Il doit l’anéantir pour que son âme trouve le repos. Au sein du dôme de pierre, il perçoit un bruit sourd. Au fond d’un couloir sombre, brille une sphère bien étrange. Voilà notre héros paralysé, pris au piège de son ennemi qui avait tout planifié, le désirant faible et soumis. Usant de sa magie noire il en ferait son larbin, parfait pour ses ordres et désirs malsains. Il avait une carte maîtresse : une offre à lui proposer, et savait qu’il lui serait impossible de refuser. Pour faire de lui sa marionnette, il a son prix : en échange de son obéissance, il achèverait son supplice. Il obtiendrait armure, cheval, et une armée à son service. Pour terminer, sa dulcinée serait ramenée à la vie…

— Matthias ne ferait jamais une chose pareille ! Il a bien trop d’honneur pour s’abaisser à ça ! Je suis certaine qu’il va…

— …Le chevalier trop heureux de retrouver sa bien-aimée, accepta sans la moindre hésitation, et pu à nouveau bouger. Le fourbe tint sa promesse, et utilisa ses pouvoirs maudits : le chevalier à l’âme corrompue, partit avec son armée. Lui qui était pur, traquait et tuait comme un bandit, soutenu dans ses œuvres par une femme hypnotisée. Pour vivre à jamais sur terre avec l’élu de son cœur il avait vendu son âme aux ténèbres et perdu son honneur.

— Non ! Mon fils ? Ce n’est pas possible ! Je ne peux pas y croire, je ne peux pas…

Sous le choc de cette terrible nouvelle, elle perdit connaissance, et fut rattrapée par sa fille alors qu’elle tombait. Cette dernière restait sceptique face à tout cela. Elle était persuadée que la voyante ne disait pas tout. A certains moments de son discours, elle avait hoché la tête de droite à gauche, et ce, plusieurs fois, alors que du reste, elle était restée statique. Elle attendrait que la voyante reprenne ses esprits pour la questionner.


Matthias de son côté, était en route. Alors que son âme demeurait impure, le cavalier approchait de son village. Le sort lancé sur sa dulcinée disparaissait, alors qu’il s’apprêtait à abattre sa rage, obéissant aux pouvoirs du sorcier obscur, qui désirait qu’il commette d’horribles forfaits. Son cœur fut soudainement transpercé en entendant une douce voix pleurer. Il luttait pour briser ce sortilège infâme, alors que l’armée allait répandre feu et sang. Il ne fallut qu’un simple baiser de sa dame, pour lui redonner force et détermination, afin d’empêcher cette terrible abomination. Il désirait punir à jamais le cruel Alban, et se hâta de mettre sa belle en sécurité, après avoir décimé l’armée des morts.

Son ennemi l’attendait dans son fort. Matthias était bien décidé à se venger. Le combat serait enfin équilibré. Tous deux combattraient à l’épée. Avant l’ultime duel, il songea à Hermine. Son amour était parvenu à réveiller en son cœur, l’espoir qui avait subsisté au fond de lui. Grâce au tendre geste de son âme sœur, il fut inondé de courage et d’une force inouïe. Il fallait que ce cauchemar se termine !


La sœur de Matthias perdit patience. Si sa mère était passive, elle, avait du caractère. Elle se plaça devant la voyante, toujours debout, les bras vers le ciel. Elle posa lourdement ses mains sur chacune de ses épaules, et lui soma de lui dire la vérité, affirmant qu’elle avait caché des choses. La voyante poussa alors un hurlement de douleur avant de déclarer :

— Je sais qu’il va mourir ! Il s’en veut, alors il va se laisser mourir !

— Vous êtes folle ! Reprenez donc vos esprits au lieu de dire des sottises ! C’est ridicule !

— Je ne suis pas cette vieille femme que tu vois en face de toi. Je suis jeune, du moins quand j’étais encore en vie. Ton frère est parti détruire mon aimé. Il s’en veut et il se laissera tuer.

— J’ignore si tout cela est réel. Si tel est le cas, ce n’est que vengeance méritée. Il a tué son aimée !

— C’est ce qu’il lui a fait croire. Il n’a pu se résoudre à attenter à sa vie. Il trouvait qu’elle me ressemblait. Il est parvenu à simuler sa mort pour mieux le manipuler. Il m’a perdue, alors il voulait se venger sur chaque homme et chaque femme ayant quelqu’un à aimer. Autrefois nous étions heureux, mais le destin en a décidé autrement. J’ai été emprisonnée dans la glace par un sorcier jaloux. Il méprisait mon Alban car c’est lui que j’avais choisi. Le temps a défilé, et mon Amour n’est pas parvenu à briser ma prison gelée et ensorcelée à temps. Il est en devenu fou. Je l’observe depuis ma mort, et souffre de ne pouvoir lui venir en aide.

— C’est touchant votre histoire… mais je reste sceptique !

La voyante retrouva soudainement ses esprits. La sœur de Matthias se mit à douter de ce qu’elle avait vu et entendu. La vieille femme sentant sa confusion lui dit :

— Bien que personne ne sache rien sur Alban, en me promenant dans la forêt, j’ai entendu un jour une voix, elle racontait une histoire. J’ai pu la noter de mémoire en revenant ici. Cela pourra peut-être vous éclairer.

Elle ouvrit une armoire et en sortit un parchemin, qu’elle donna à la sœur de Matthias. En le défaisant et l’ouvrant elle put lire :

— La souffrance le consume, en ce triste soir. Son souffle mêlé à la brume, s'envole comme l'espoir... Le froid ronge sa peau, autant que la douleur avec son âme. Il tremble de tous ses os, d'avoir perdu sa dame. Il se sent prêt à trépasser, mais n'est pas encore venue sa dernière heure : au loin brille une étrange lueur, tandis que ses blessures semblent s'effacer... Porté par une envie belliqueuse, il se relève sans plus aucune égratignure, et s'approche de l'aura lumineuse, qui le conduit vers une source d'eau pure. A genoux, il cherche son reflet, scrutant la surface, mais ce qu'il voit le fige sur place, l'image de sa promise le remplace. Elle est, hélas, piégée dans la glace... Réalisant qu'elle était encore vivante, l'espoir renait dans son cœur, mais ses pouvoirs lui font peur : il sait qu'il est capable de magie puissante. Il devra oublier tout ce qu'il craint pour être digne de son rang de mage. Maîtriser les soins. Créer des mirages. Lancer des sorts. Ramener à la vie les défunts...

— S’il était capable de ramener les morts à la vie, pourquoi ne l’a-t-il pas fait sur sa compagne ?

— Peut-être n’y était-il pas parvenu. Je n’ai fait que recueillir les mots que j’ai pu entendre. Ce ne sont que des mots, peut-être n’est-ce même pas la vérité ! Nous ne le saurons jamais. La seule chose que je sais c’est que ton frère est notre dernier espoir. S’il échoue, qui sait où la folie d’Alban pourra le mener. Si sa compagne a dit vrai, il se laissera effectivement tuer, mais pas si facilement. Je pense qu’un combat intérieur se joue en ce moment chez ce mage. Il est perdu entre le désir du bien et du mal. Son âme a été entachée, et même s’il décidait de faire le bien, ce serait trop tard. Il serait impossible de lui pardonner.


Matthias était enfin parvenu dans la tour de son ennemi. Il dédia son combat à sa tendre Hermine grâce à qui il avait recouvré l’espoir, à son défunt père, ainsi qu’à son cheval qui avait été courageux et fidèle jusqu’à son dernier soupir.

Alban, était un grand sorcier, mais un piètre combattant, alors, après avoir échangé d’innombrables coups, manquant plusieurs fois de se faire sectionner un bras, il décida d’outrepasser leur second arrangement, usant de magie sur le chevalier, qui s’écroula. Voyant son rival inerte, le cruel avança vers son corps, poussa sa tête avec son pied, et laissa s’échapper un rire victorieux. Sa trop grande confiance fut, hélas pour lui, une grave erreur. En l’espace d’un instant, Matthias tira sur sa cheville pour le faire tomber, se mit à genou, et le transperça, sans la moindre hésitation. Il se releva calmement, et, alors que son ennemi agonisait, il lui montra fièrement une fiole. Alban comprit alors que le chevalier avait réussi à créer une potion suffisamment puissante pour l’immuniser contre ses pouvoirs, et qu’il avait feint d’être mort, pour pouvoir, lui aussi, le prendre en traître. Le héros partit du château, laissant son adversaire au seuil du trépas. Ce dernier esquissa un sourire. Différent de ceux, cruels, qu’il avait lancés les derniers jours durant. C’était le sourire de la délivrance. Une larme coula. Et il mourut enfin.


De retour chez lui, Matthias fut accueilli par le village, irradié par la lumière du soleil : en vainquant Alban, il avait dissipé les ténèbres qui avaient longuement inondé le ciel. Sa mère, qui avait repris connaissance, le serra dans ses bras, avant de laisser sa place à Hermine, qu’il embrassa amoureusement. La semaine suivante, avec le consentement des parents de sa chère et tendre, il put l’épouser et vivre enfin heureux avec elle.


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Dernière édition par Titi le Dim 1 Avr 2018 - 18:53, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Le chevalier Matthias   Ven 5 Jan 2018 - 21:19

ARRRRGH MES YEUX!
Non sérieux Titi, tu peux pas poster un texte de plus de 4000 mots comme ça Hurk
Aies au moins pitié de mes yeux et mets un fond blanc ou poste ce texte dans les publications AHDE
Je repasserai quand tu auras réglé ce léger souci x)
Il me tarde de lire ce que tu as écrit! Enfin de la prose chez toi :la:

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MessageSujet: Re: Le chevalier Matthias   Ven 5 Jan 2018 - 21:29

@Hartsock a écrit:
Aie au moins pitié de mes yeux et mets un fond blanc ou poste ce texte dans les publications AHDE

Voilà. Il est maintenant possible d'avoir le fond blanc à la lecture ^^'


@Hartsock a écrit:
Il me tarde de lire ce que tu as écrit! Enfin de la prose chez toi :la:

Comment ça "enfin" ? A plusieurs reprises en chamarrés, et dans des CC, j'ai écrit en prose è_é

Bonne lecture AHDE

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MessageSujet: Re: Le chevalier Matthias   Dim 1 Avr 2018 - 18:55

Edit : Remerciement à Yorffeez qui a également pris de son temps pour corriger certains passages.


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Quand j'ai un doute sur quelle balise utiliser, maintenant, je regarde ~ce post~
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MessageSujet: Re: Le chevalier Matthias   Lun 2 Avr 2018 - 12:08

- LE CHEVALIER MATTHIAS -


Matthias était encore un jeune enfant lorsque son père l’initia au cheval. Comme son petit était doué, il se dit qu’un jour, ce dernier l’accompagnerait sur les champs de bataille, car dans la famille, ils étaient chevaliers de père en fils. Quand naquit en premier la sœur de Matthias, il était heureux d’avoir un enfant, mais il lui manquait quelque chose. Il avait en lui une pointe de tristesse de n’avoir rien à partager avec un fils, et craignait que la tradition ne disparaisse avec ses espoirs d’un héritier. Puis sa femme attendit un autre enfant, et, là, il ne sut pourquoi, mais il sentit que ce serait lui, sa noble descendance, et il ne s’était pas trompé… Petite répétition, pas vraiment dérangeante mais je l'annote tout de même si tu veux la retirer ?

Quand son fils était (fut ?) sur le point d’atteindre l’âge adulte, son père lui inculqua tout ce qu’il connaissait sur (de?) la maîtrise de l’épée, ainsi que les diverses manières de contrer les sorts. Cela pourrait s’avérer utile dans le futur, contre les vils sorciers qui habitaient la forêt à proximité du village. Dans ce but, il lui apprit également la concoction de potions. Certaines d’entre elles pouvaient rompre un sort, d’autres servaient purement et simplement à neutraliser son ennemi : sorcier, créature, ou humain. Pour parfaire ses compétences, il lui transmit le grimoire de la famille, qui contenait un savoir immense. Matthias pourrait le consulter à loisir, et ainsi en apprendre davantage à propos des recettes de ces potions, et de toutes les créatures dangereuses peuplant la forêt. Ici trois virgules qui me semblent inutiles, et deux répétitions, je te laisse juger... En deux paragraphes tu poses de manière concise le contexte, j'aime beaucoup.


Les années passèrent, et il était temps selon son père, de passer à un entraînement plus rude, pour qu’il devienne enfin un chevalier connu, et reconnu. Matthias fut remarqué pour sa maîtrise de l’épée, ses réflexes, son agilité. Son aisance sur un cheval n’était plus à prouver, jusqu’au jour, où, pendant son dernier échauffement avant de rentrer chez lui, il se sentit oppressé. Il ne sut dire pourquoi, mais il était persuadé qu’une personne l’observait, et que son âme était noire comme les ténèbres. Soudain, son cheval, comme devenu fou, se cabra à multiples reprises avant de courir dans tous les sens, désarçonnant son cavalier, qui perdit connaissance sur le coup. Il fut réveillé par une voix apaisante, aussi douce que celle de sa mère. "Les années passèrent et il était temps, selon son père, de" Je changerais de place la virgule, on en place rarement une avant un "et". Même chose pour celle soulignée un peu plus loin, la phrase garde tout son sens en l'enlevant, on a pas besoin de faire de pause a cet endroit, au contraire ça hache la phrase.

En ouvrant les yeux, il se retrouva nez à nez avec une charmante demoiselle : chevelure dorée, yeux verts, teint légèrement rosé, et petite bouche en forme de cœur. Un grain de beauté à gauche de son nez fin brisait la douce symétrie de son visage. En voulant se lever, il sentit une légère douleur à son pied gauche. La jeune demoiselle l’aida à se mouvoir, et lui apporta une attelle qu’elle avait confectionnée elle-même avec du bois et des ficelles. Le village étant bien trop loin, elle l’emmena à une étable pour qu’il puisse s’asseoir sur de la paille et éviter le froid de la nuit tombante. Elle se présenta à lui sous le nom d’Hermine, fille de fermier, qui apprenait les soins, à l’aide d’un grimoire familial. Ces paroles lui rappelèrent que lui aussi possédait un tel ouvrage, mais qu’il ne l’avait cependant jamais ouvert. En discutant jusqu’au petit matin, ils décidèrent qu’ils se reverraient, et se mirent d’accord pour que la demoiselle apprenne à Matthias à confectionner des potions, lui ajoutant ainsi une corde supplémentaire à son arc.  Même chose j'enlèverais celle après "teint légèrement rosé", mais en rajouterais deux autour de "à gauche de son nez fin" qui est une incise.


Trois années plus tard, et Matthias décida de présenter Hermine à ses parents, leur expliquant que grâce à elle, il avait acquis d’immenses connaissances sur les monstres de la forêt, et sur la concoction de potions puissantes. Il leur confia également qu’il avait découvert quelque chose que nul ne lui avait enseigné : l’Amour. Ils acceptèrent tous deux la demoiselle, et son père lui chuchota qu’il était persuadé que viendrait bientôt le jour où il percevrait l’Appel Divin. Au fond de lui, son fils était heureux de ces nouvelles, cependant, il savait que quand il partirait, il ne reverrait plus Hermine avant plusieurs mois, voire quelques années, et cela le rendait profondément triste. J'aime bien la tournure que ça prend, peut-être qu'on manque un peu de description, comment est le garçon ? Taille ? Cheveux ? Émotion ? Pas grand chose, une phrase ou deux pour aider le lecteur à le visualiser.

Le soir, en montant dans sa chambre, il voulut lui montrer le grimoire familial, pour voir s’il pouvait y avoir d’autres potions intéressantes à apprendre. Il ne l’avait jusqu’à présent pas encore consulté. En l’ouvrant à une page au hasard, il sentit une horrible sensation, qui lui était étrangement familière. Il se souvint alors du jour de la rencontre avec sa bien-aimée : il avait perçu une présence menaçante et oppressante. Il crut qu’il allait faire un malaise mais Hermine, qui avait ressenti sa détresse, le prit dans ses bras, ce qui le calma. En regardant la page, ils tombèrent sur l’illustration d’un sorcier puissant : Alban le Démoniaque. Son visage n’était pas visible, dissimulé sous une capuche, pourpre, tout comme sa longue robe de sorcier. Seule ses mains étaient visibles, dont l’une tenant un long bâton argenté, surmonté d’une sculpture dorée, représentant une fleur de lys, à demi refermée. Très bon passage

Un bruit sourd retentit dehors, semblable au tonnerre, mais nos deux amoureux constatèrent que ce n’était pas l’orage, Je mettrais un point pour appuyer sur le passage.c’était bien pire que ça : le ciel s’était obscurci, laissant place aux ténèbres. En se retournant vers sa dulcinée, il la trouva figée, les bras vers le ciel, et une étrange lueur dans les yeux. Comme le lui avait prédit son père, Matthias reçut l’Appel Divin : quand un membre de la famille était prêt à aller sur les champs de bataille, il entendait l’une de leur divinité lui parler. Cette dernière s’exprimait en mentionnant une valeur qu’il ne fallait jamais oublier pour triompher du mal :

— Je ferai ton immense gloire, moi qu’on appelle Espoir. Je suis celle qui te redonne le courage, avec force, comme avec rage, qui t’aide à terrasser tes ennemis, et ceux qui ne te laissent nul répit. Va, chevalier, défendre ton honneur. Elle est bien loin, ta dernière heure. Il est temps pour toi de suivre ton noble destin : combattre le Mal et ses noirs desseins. Les ténèbres ont submergé ton royaume. Prends ton cheval, ton armure et ton heaume. Va, chevalier, poursuis ta noble tâche. Châtie tes ennemis, courageux ou lâches. Que ton regard soit ardent comme la lave ! Il n’y a point de repos pour les braves. Combats jusqu’à ton dernier souffle, et que ta toute puissance nous époustoufle ! Je supprimerais les trois virgules soulignées. Au niveau des "et", j'ai le même problème que toi. En fait, quand tu écris, tu as tendance à mettre la ponctuation là où tu reprends ton souffle, ce qui est normal et que tu (on) fais presque après chaque "et". Mais en réalité, bien peu de "et" nécessitent la virgule, car ils servent de virgule naturelle. C'est très très compliqué.

Matthias sut qu’il était temps pour lui de se préparer afin d’accompagner son père sur les champs de bataille. Avec l’aide de Hermine, il concocta moult potions, prépara des provisions, et équipa son cheval.


Le lendemain, père et fils, vêtus de leur armure et épée, grimpèrent sur leur monture respective et partirent pour trouver l’origine de ce climat ténébreux. Grâce à leurs acquis et à leurs expériences, ils furent en mesure de combattre gnomes, trolls, lutins, et de progresser dans la forêt, lentement, mais prudemment. Ils avaient toutes les informations sur leurs ennemis : comment déjouer leurs pièges, comment les reconnaître, leurs points forts et leurs points faibles,... S’ils venaient à être blessés, ils sauraient quelle fiole utiliser et en quelle quantité, si la quête mettait plus de temps que prévu, ils sauraient différencier la nourriture nocive de celle bonne pour eux. Ils étaient préparés à tout, sauf à une chose : parmi tous les ennemis qu’ils allaient potentiellement rencontrer, ils ignoraient tout de ce terrible sorcier. Matthias n’aimait pas cette situation. Il avait un mauvais pressentiment sur la suite des événements, et recommençait à se sentir oppressé. Mais il réprima cette sensation, ne souhaitant pas faire échouer la quête. Moins convaincu ici, on fait de multiple saut dans le temps, en quelques paragraphes, on est passé d'un Matthias jeune, à un ado, puis un jeune amoureux qui maintenant se trouve sur le chemin de la guerre. De plus n'y a t-il pas une armée ? Des soldats ? dans le royaume (si c'en est-un) pour aller combattre le mal ? Pourquoi doivent-ils le faire tous seuls ?

Au bout du cinquième jour de marche, ils arrivèrent devant une étrange forteresse. En touchant les murs, ils trouvèrent que sa structure était épaisse, mais pourtant, en grattant, ils s’aperçurent qu’elle s’effritait :Je mettrais un point, toujours pour accentuer la surprise. elle était faite de papier. Un rire cinglant les fit sursauter : en levant les yeux au ciel, ils virent tous les deux une silhouette encapuchonnée. En regardant plus attentivement, ils constatèrent que l’individu était dissimulé sous une robe de sorcier pourpre. Matthias reconnut le costume du sorcier Alban. Il tressaillit de nouveau en jetant un coup d’œil au bas de la forteresse, qui passait du blanc au rouge sang. Il sentit alors une douleur, qui le mit à terre, et lui fit perdre connaissance. On arrive au passage important de la nouvelle j'imagine, la rencontre est rapide ^^. Tu peux enlever "de sorcier", vu que tu répètes "du sorcier Alban" juste après.


A son réveil, il fut surpris de se trouver dans son lit, sa mère à son chevet :

— Mère ! Que fais-je ici ?! Où est Père ?! Que s’est-il passé ?! Nous étions face à Alban, et puis, c’est le trou noir !

— Du calme, mon fils, il est parti sans toi…Il y a cinq jours de cela.

— Cinq jours ?! Pourquoi ne pas m’avoir réveillé ?

— Nous avons essayé, cela était impossible… Hermine pense que tu as été victime d’un sortilège de ce puissant sorcier, elle est partie dans la forêt, chercher des ingrédients afin de concocter une potion, mais elle n’est pas revenue depuis. Je suis très inquiète.

Alors que Matthias se levait, une vive douleur le prit à la tête. Soudain, tout lui revint dans un flash : les provisions, les chevaux, les monstres de la forêt, les sentiments d’oppressions, le château de papier, le sang… Le sang ! Il sentait que quelque chose de terrible s’était produit. Il embrassa sa mère, la serra fort contre lui et courut dehors. Il prit son cheval, son armure, surmontée d’un heaume, ainsi qu’une épée, et partit en direction de la forêt, sans prendre le soin de prévoir des provisions. Il ne mit dans sa besace que quelques potions.


La forêt était étrangement silencieuse : il régnait une atmosphère paisible, au-dessous du ciel noir, accompagné de quelques étoiles, et de traînées pourpres phosphorescentes. Il soufflait un vent léger mais glacial. Tout cela semblait annoncer l’avènement des ténèbres sur Terre, et du chaos. Soudain, une lumière rouge aveugla Matthias : il se trouvait nez-à-nez avec ce qui semblait être la Faucheuse. Mais un détail intrigua le chevalier : elle portait dans sa main, non pas une faux, mais un bâton argenté. Il perçut ensuite un rictus, qui lui semblait familier, sortir de la bouche de cet être inquiétant :

— Appelle-moi la Faucheuse, ou la Mort. Je suis celle qui s’acharnera sur ton sort. Ne cherche plus ta dulcinée, misérable chevalier : dans une rivière pourpre, son corps, sans vie, gît. Son sang s’imprègne sur les murs faits de papier. Va-t’en, ou tu finiras comme elle, cafard maudit !

— Sur mon honneur et sur mon blason, je te défie. Je sais que tu n’es point la Mort, mais un sorcier. Tu es maléfique, ton cœur rongé par le mal pourrit. Quant à ce que tu as fait à ma tendre, je te le ferai payer !

— Tu es bien courageux, petit avorton, mais mortel ! Si tu veux te quereller, rejoins-moi dans la forêt, survis ou tu plongeras dans un sommeil éternel : les créatures t’anéantiront sans autre forme de procès !

— Je ne suis pas un lâche ! Tu mordras la poussière ! Je te ferai rejoindre tes ancêtres sous la terre ! Tu serviras de festin aux limaces et aux vers ! Car dans ce monde, triomphe toujours la lumière.

— Tu as jusqu’à l’aube pour me trouver, ou fuir loin d’ici. Je te couperai la langue, toi qui es bien trop bavard. Je suis un adversaire coriace, adepte de la magie ! Mais tu peux abandonner : il n’est pas encore trop tard.

— Sache qu’il n’est point dans mes habitudes de me rendre ! Je n’aurai de cesse, ni de répit, tant que justice ne sera faite ! Je combattrai jusqu’à ce qu’advienne ta lourde défaite. Ta dernière vision sera mon épée en train de te pourfendre…

Matthias, fou de rage, était bien décidé à venger sa tendre Hermine. Il ignorait ce qu’il adviendrait du sorcier s’il parvenait à son château bien après l’aube, et il ne tenait pas à le savoir. Il prit la décision de donner une potion à son fidèle destrier. Parmi les fioles, il saisit celle surmontée d’un bouchon doré. Hermine avait l’habitude d’user d’un code couleur pour identifier les breuvages, et celui-ci permettrait d’aller aussi vite que l’éclair pourfendant le ciel, selon ses dires. Il fouilla dans sa besace, et s’apprêta à boire le contenu d’une autre fiole dont le bouchon était orange pâle, tirant vers le brun clair, telle la couleur du marcassin, rempli par la fougue de la jeunesse. Mais alors qu’il retirait son heaume, des craquements de branches se firent entendre. En tournant la tête, il esquiva des flèches, qui vinrent se planter dans l’arbre derrière lui, alignées à la verticalité parfaite. Ces dernières étaient petites, tout comme les êtres qui se tenaient à sa droite, des gnomes, dont la peau verdâtre tranchait avec le roux de leur barbe, longue et fine. Ils étaient joufflus et avaient des petits yeux, entièrement noirs, mais leurs dents les rendaient féroces. Deux d’entre elles se recourbaient vers le haut, comme deux défenses de sanglier, et les autres étaient pointues, tout comme leurs longues oreilles. La surprise de cette attaque lui fit lâcher son heaume. Voyant que ses ennemis sortaient tous des flèches de leur carquois, il lança son cheval au galop. On a complètement changé de narration, le temps semble s'être arrêté et on avance plus à la vitesse de la lumière. Les description, comme ton style, se posent ; c'est très agréable.

Par chance, les gnomes n’étaient pas rapides, il put ainsi aisément les semer, avant de s’arrêter près d’une rivière. La potion qu’il avait fait boire à son destrier verrait ses effets se prolonger avec de l’eau naturelle. Sa bien-aimée avait pris soin de lui enseigner toutes les combinaisons entre potions et Nature, permettant d’utiliser leur puissance de façon optimale. J'aime beaucoup l'idée d'allier magie et nature *jaloux de ne pas y avoir pensé* ^^

Matthias avait conscience qu’il ne devait pas se laisser submerger par ses émotions, mais cette perte lui brûlait la poitrine. Comment quelqu’un pouvait-il faire de mal à une créature aussi douce, pure ? Il sentait la rage et le dégoût l’envahir. Un grognement féroce le tira de ses pensées. Comme si le sort avait décidé de s’acharner sur lui, un troll fit son approche, l’air agressif. Si les gnomes étaient ridiculement petits, ce nouvel opposant était lui d’une taille plus inquiétante : sa hauteur était celle de deux hommes. Sa peau était d’un violet terne, son ventre très arrondi, ses jambes étaient longues, et ses pieds, ainsi que ses mains, étaient massifs. Ces dernières tenaient une grosse massue surmontée de picots en fer rouillés et ensanglantés. Matthias eut tout juste le temps de monter sur son cheval, que déjà le troll se précipita vers lui, assénant au cheval un violent coup dans la cuisse, qui le fit trébucher. Cela eut pour effet d’éjecter son cavalier, qui perdit sa besace dans sa chute, quelques dizaines de mètres devant lui. suggestion : "douce et pure"


Alors que Matthias rampait pour récupérer le petit sac de cuir, le monstre l’attrapa par les jambes, et le souleva dans les airs. Fort heureusement, il fut très vite relâché lorsque le cheval rua sur le troll. Profitant de l’occasion, il courut en direction de sa besace, qui lui avait échappé des mains quelques instants auparavant, afin de récupérer la potion au bouchon orange, et d’en boire le contenu. Il sortit son épée, se retourna, et, alors que son cheval allait de nouveau se faire attaquer, il cria, se donnant du courage pour foncer, et pour planter la lame intégralement dans le dos de la féroce créature. La douleur la fit s’écrouler au sol, ce qui permit à notre héros d’en retirer son arme. Le troll ne bougeait plus. Il ne tentait pas de se relever, et Matthias n’était même pas sûr qu’il soit conscient, ni même vivant. Sans attendre la réponse à cette interrogation, il s’empressa de donner à son courageux destrier une potion au capuchon vert, symbole des plantes médicinales, et donc, dans le cas présent, de soins. Une fois cela fait, ils repartirent en direction du château.

La blessure était très profonde, et malgré les potions, il avait conscience que son cheval ne tiendrait que quelques jours. C’était toutefois amplement suffisant pour atteindre le repaire du terrible Alban, car ils avaient grandement progressé dans leur quête. Cet exploit n’aurait été possible sans la première potion donnée au cheval. Mais Matthias était de plus en plus désespéré. Il avait perdu sa tendre, probablement son père, et il s’apprêtait à voir disparaître sa monture. Cette situation rendait son cœur amer, qui ne désirait qu’une chose : la vengeance. La douleur était de plus en plus insoutenable, tout comme le poids de son armure. Il se dit que sans elle, il n’avait que peu de chance de survivre face à Alban, mais que d’un autre côté, elle les alourdissait, lui et son cheval. Il ne voulait pas lui faire subir davantage de souffrance. Ils s’arrêtèrent un moment, afin qu’il puisse enlever son armure, intégralement. A présent vêtu de son gambison, d’un pantalon, et de solerets aux pieds, il se mit à genou au pied d’un arbre, et pria. Suggestion : "et s'apprêtait à", pas de il, n'y de virgule.


Pendant ce temps, sa sœur et sa mère partirent voir une voyante. La deuxième était inquiète pour son mari, son fils, et sa bru, qu’elle pensait encore vivante. Bien que sa fille avait tenté de l’en dissuader, elle était prête à dépenser de l’argent, quelques économies durement gagnées à la divination. Elle allait débourser un sac d'agent si cela pouvait lui apporter des nouvelles sur l'état de santé de son amour, de son fils, ainsi que sur celle de l’âme soeur de celui-ci. Elle était tout aussi inquiète pour leurs chevaux, qui leur étaient d’une grande utilité depuis près de vingt ans. La voyante, tout comme Hermine lors de l’Appel Divin, se trouva soudainement figée, les bras en l’air, en direction des cieux, les yeux scintillants :

— Elles ont fini par l’engloutir. Lui qui aurait tout sacrifié pour son royaume, part sans son fidèle destrier, ni son heaume. Privé de sa douce, de son armure, il ne lui reste que son honneur. Grâce à son épée et son courage, il défie la peur. On lui a tout pris, que pourrait-il y avoir de pire ?

— Comment ? Hermine ? Elle n’est plus de ce monde ? Mais qu’est-ce que…

— …Il est prêt à tout, pourvu qu’il se venge. Lui qui est au cœur noble, avance près du château de celui qui avait arraché la vie de son tendre amour. Il doit l’anéantir pour que son âme trouve le repos. Au sein du dôme de pierre, il perçoit un bruit sourd. Au fond d’un couloir sombre, brille une sphère bien étrange. Voilà notre héros paralysé, pris au piège de son ennemi qui avait tout planifié, le désirant faible et soumis. Usant de sa magie noire il en ferait son larbin, parfait pour ses ordres et désirs malsains. Il avait une carte maîtresse : une offre à lui proposer, et savait qu’il lui serait impossible de refuser. Pour faire de lui sa marionnette, il a son prix : en échange de son obéissance, il achèverait son supplice. Il obtiendrait armure, cheval, et une armée à son service. Pour terminer, sa dulcinée serait ramenée à la vie…

— Matthias ne ferait jamais une chose pareille ! Il a bien trop d’honneur pour s’abaisser à ça ! Je suis certaine qu’il va…

— …Le chevalier trop heureux de retrouver sa bien-aimée, accepta sans la moindre hésitation, et pu à nouveau bouger. Le fourbe tint sa promesse, et utilisa ses pouvoirs maudits : le chevalier à l’âme corrompue, partit avec son armée. Lui qui était pur, traquait et tuait comme un bandit, soutenu dans ses œuvres par une femme hypnotisée. Pour vivre à jamais sur terre avec l’élu de son cœur il avait vendu son âme aux ténèbres et perdu son honneur.

— Non ! Mon fils ? Ce n’est pas possible ! Je ne peux pas y croire, je ne peux pas…

Sous le choc de cette terrible nouvelle, elle perdit connaissance, et fut rattrapée par sa fille alors qu’elle tombait. Cette dernière restait sceptique face à tout cela. Elle était persuadée que la voyante ne disait pas tout. A certains moments de son discours, elle avait hoché la tête de droite à gauche, et ce, plusieurs fois, alors que du reste, elle était restée statique. Elle attendrait que la voyante reprenne ses esprits pour la questionner.


Matthias de son côté, était en route. Alors que son âme demeurait impure, le cavalier approchait de son village. Le sort lancé sur sa dulcinée disparaissait, alors qu’il s’apprêtait à abattre sa rage, obéissant aux pouvoirs du sorcier obscur, qui désirait qu’il commette d’horribles forfaits. Son cœur fut soudainement transpercé en entendant une douce voix pleurer. Il luttait pour briser ce sortilège infâme, alors que l’armée allait répandre feu et sang. Il ne fallut qu’un simple baiser de sa dame, pour lui redonner force et détermination, afin d’empêcher cette terrible abomination. Il désirait punir à jamais le cruel Alban, et se hâta de mettre sa belle en sécurité, après avoir décimé l’armée des morts.

Son ennemi l’attendait dans son fort. Matthias était bien décidé à se venger. Le combat serait enfin équilibré. Tous deux combattraient à l’épée. Avant l’ultime duel, il songea à Hermine. Son amour était parvenu à réveiller en son cœur, l’espoir qui avait subsisté au fond de lui. Grâce au tendre geste de son âme sœur, il fut inondé de courage et d’une force inouïe. Il fallait que ce cauchemar se termine !


La sœur de Matthias perdit patience. Si sa mère était passive, elle, avait du caractère. Elle se plaça devant la voyante, toujours debout, les bras vers le ciel. Elle posa lourdement ses mains sur chacune de ses épaules, et lui soma de lui dire la vérité, affirmant qu’elle avait caché des choses. La voyante poussa alors un hurlement de douleur avant de déclarer :

— Je sais qu’il va mourir ! Il s’en veut, alors il va se laisser mourir !

— Vous êtes folle ! Reprenez donc vos esprits au lieu de dire des sottises ! C’est ridicule !

— Je ne suis pas cette vieille femme que tu vois en face de toi. Je suis jeune, du moins quand j’étais encore en vie. Ton frère est parti détruire mon aimé. Il s’en veut et il se laissera tuer.

— J’ignore si tout cela est réel. Si tel est le cas, ce n’est que vengeance méritée. Il a tué son aimée !

— C’est ce qu’il lui a fait croire. Il n’a pu se résoudre à attenter à sa vie. Il trouvait qu’elle me ressemblait. Il est parvenu à simuler sa mort pour mieux le manipuler. Il m’a perdue, alors il voulait se venger sur chaque homme et chaque femme ayant quelqu’un à aimer. Autrefois nous étions heureux, mais le destin en a décidé autrement. J’ai été emprisonnée dans la glace par un sorcier jaloux. Il méprisait mon Alban car c’est lui que j’avais choisi. Le temps a défilé, et mon Amour n’est pas parvenu à briser ma prison gelée et ensorcelée à temps. Il est en devenu fou. Je l’observe depuis ma mort, et souffre de ne pouvoir lui venir en aide.

— C’est touchant votre histoire… mais je reste sceptique !

La voyante retrouva soudainement ses esprits. La sœur de Matthias se mit à douter de ce qu’elle avait vu et entendu. La vieille femme sentant sa confusion lui dit :

— Bien que personne ne sache rien sur Alban, en me promenant dans la forêt, j’ai entendu un jour une voix, elle racontait une histoire. J’ai pu la noter de mémoire en revenant ici. Cela pourra peut-être vous éclairer.

Elle ouvrit une armoire et en sortit un parchemin, qu’elle donna à la sœur de Matthias. En le défaisant et l’ouvrant elle put lire :

— La souffrance le consume, en ce triste soir. Son souffle mêlé à la brume, s'envole comme l'espoir... Le froid ronge sa peau, autant que la douleur avec son âme. Il tremble de tous ses os, d'avoir perdu sa dame. Il se sent prêt à trépasser, mais n'est pas encore venue sa dernière heure : au loin brille une étrange lueur, tandis que ses blessures semblent s'effacer... Porté par une envie belliqueuse, il se relève sans plus aucune égratignure, et s'approche de l'aura lumineuse, qui le conduit vers une source d'eau pure. A genoux, il cherche son reflet, scrutant la surface, mais ce qu'il voit le fige sur place, l'image de sa promise le remplace. Elle est, hélas, piégée dans la glace... Réalisant qu'elle était encore vivante, l'espoir renait dans son cœur, mais ses pouvoirs lui font peur : il sait qu'il est capable de magie puissante. Il devra oublier tout ce qu'il craint pour être digne de son rang de mage. Maîtriser les soins. Créer des mirages. Lancer des sorts. Ramener à la vie les défunts...

— S’il était capable de ramener les morts à la vie, pourquoi ne l’a-t-il pas fait sur sa compagne ?

— Peut-être n’y était-il pas parvenu. Je n’ai fait que recueillir les mots que j’ai pu entendre. Ce ne sont que des mots, peut-être n’est-ce même pas la vérité ! Nous ne le saurons jamais. La seule chose que je sais c’est que ton frère est notre dernier espoir. S’il échoue, qui sait où la folie d’Alban pourra le mener. Si sa compagne a dit vrai, il se laissera effectivement tuer, mais pas si facilement. Je pense qu’un combat intérieur se joue en ce moment chez ce mage. Il est perdu entre le désir du bien et du mal. Son âme a été entachée, et même s’il décidait de faire le bien, ce serait trop tard. Il serait impossible de lui pardonner.


Matthias était enfin parvenu dans la tour de son ennemi. Il dédia son combat à sa tendre Hermine grâce à qui il avait recouvré l’espoir, à son défunt père, ainsi qu’à son cheval qui avait été courageux et fidèle jusqu’à son dernier soupir.

Alban, était un grand sorcier, mais un piètre combattant, alors, après avoir échangé d’innombrables coups, manquant plusieurs fois de se faire sectionner un bras, il décida d’outrepasser leur second arrangement, usant de magie sur le chevalier, qui s’écroula. Voyant son rival inerte, le cruel avança vers son corps, poussa sa tête avec son pied, et laissa s’échapper un rire victorieux. Sa trop grande confiance fut, hélas pour lui, une grave erreur. En l’espace d’un instant, Matthias tira sur sa cheville pour le faire tomber, se mit à genou, et le transperça, sans la moindre hésitation. Il se releva calmement, et, alors que son ennemi agonisait, il lui montra fièrement une fiole. Alban comprit alors que le chevalier avait réussi à créer une potion suffisamment puissante pour l’immuniser contre ses pouvoirs, et qu’il avait feint d’être mort, pour pouvoir, lui aussi, le prendre en traître. Le héros partit du château, laissant son adversaire au seuil du trépas. Ce dernier esquissa un sourire. Différent de ceux, cruels, qu’il avait lancés les derniers jours durant. C’était le sourire de la délivrance. Une larme coula. Et il mourut enfin.


De retour chez lui, Matthias fut accueilli par le village, irradié par la lumière du soleil : en vainquant Alban, il avait dissipé les ténèbres qui avaient longuement inondé le ciel. Sa mère, qui avait repris connaissance, le serra dans ses bras, avant de laisser sa place à Hermine, qu’il embrassa amoureusement. La semaine suivante, avec le consentement des parents de sa chère et tendre, il put l’épouser et vivre enfin heureux avec elle.

Ce que j'en pense :
Je ne suis pas fan du début. Ca v vite, très vite. On a pas le temps de se poser, de rentrer dans l'histoire et l'univers que déjà on change d'endroit, de temps. Finalement, je préfère le centre, où l'histoire ralentit quelque peu et ton style se délivre. Les description sont bien mieux réalisées, les personnages prennent vie et j'étais avec Matthias dans ses combats. Puis de nouveau ça accélère, avec des passages successifs entre le chevalier, sa mère et la voyante. Ce qui fait que c'est difficile de s'y retrouver. Néanmoins, j'ai beaucoup aimé les différentes version de l'histoire, celle rêvée par Matthias lui-même, celle de la voyante, où encore le passage sur Alban. C'est bien réalisée, quoique j'ai du relire pour bien comprendre.

Au niveau de la forme:
Clairement tu écris bien. C'est agréable à lire et comme je l'ai déjà précisé, quand l'histoire se pose tes personnages prennent vie. Bien que l'histoire avance vite, je n'étais pas perdu pour autant, il est facile de suivre. C'est clair, concis et tu ne te perd pas en inutilité.
Y'a juste le soucis des virgules avant un "et", j'espère que ce que j'ai annoté aidera, j'ai le même soucis à vouloir faire une pause avant un "et", c'est pour cela que je me permet de les annoter massivement.
Quelques répétitions aussi, mais dans l'ensemble c'est très bien écris.

Globalement :
Pleins de bonnes idées. Alterner entre les rêves de Matthias, la réalité, la vision, ça crée une toile unique dans laquelle tes personnages évoluent sur différents temps, c'est très bien réalisé.
J'ai beaucoup aimé le lien que tu as fait entre nature et magie, j'aurais aimé qu'il soit encore plus développé, même si ça aurait été difficile de s'attarder dessus.

En bref, c'est un très bon texte, je recommande les lecteur curieux de s'y attarder : ça vaut le coup !
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Le chevalier Matthias
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