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 Chronochallenge n°97

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AuteurMessage
Tiunterof
Gardien grincheux de la CB
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Masculin Bélier Messages : 1849
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Humeur : sss

MessageSujet: Chronochallenge n°97   Sam 13 Jan 2018 - 21:29

Allez hop, on y va !

- De l'or à la poussière.

- Aux confins du temps.

- Fais nous peur.

- La vie secrète des oiseaux.

- Quand je serai jeune.

- Le chevalier et le cheval.

- C'est l'histoire d'un jouet qui parle.
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Phoenix
Piou grincheux accro au café
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Féminin Gémeaux Messages : 1803
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Localisation : Sur tous les fronts
Humeur : Battante

MessageSujet: Re: Chronochallenge n°97   Sam 13 Jan 2018 - 21:56

Hop voici mon texte... Je suis allée dans des considérations un peu philosophiques ^^ (et amis scientifiques qui passent dans le coins, excusez mes éventuelles bétises/imprécisions :p ) je poste rapidement, j'ai une grosse nouvelle à terminer !
______________________________________

De l'or à la poussière...
Hum... Peut-on transformer de l'or en poussière ? Ou bien de la poussière en or ?
C'est une bonne question... Y'a t'il une ou plusieurs réponses ? Et sont-elles vraies ou fausses ?
Peut être faut-il se demander qu'es ce que l'or et qu'es ce que la poussière... Ce serait un bon point de départ n'est-ce pas ?
Au fond, ces deux entités sont peut être plus proches entre-elles que nous le pensons...
Si l'on part du coté obscur de la physique et de la création on se rend compte que tout est constitués des mêmes éléments...
Le monde n'est t-il qu'un assemblage d'entités qui ne prennent pas toutes la même forme ?
Sommes nous tous pareils en étant tous différents ?
Cela voudrait dire que je suis aussi proche de la poussière que de l'or...
C'est impossible ! Enfin... Tout n'est-il pas possible ?
Jeunes vieux. Blanc noir. Humains animaux. Vivants non vivant...
Peut être que nous sommes tout à la fois ? Ou peut être que nous ne sommes rien...
Mais peut être tout cela n'est-il pas aussi compliqué...
Peut être cette phrase n'est elle qu'une métaphore de la vie sur notre belle planète.
Nous naissons et nous faisons notre vie... C'est en quelque sorte notre âge d'or.
Et puis nous mourrons et retournons à la terre... Nous redevenons poussière.

De l'or à la poussière...
De l'infini au néant...
De la vie à la mort...

___________________________________
Vous avez droit à une version rallongée... Remerciez K...

------------------------------------------------------------------------------------------------
феникс

"Il faut persévérer, toujours !" [K`]
"On peut toujours faire plus" M. C.

"
Lire le phoenix--------> Mes textes o/

Beta-lecture [DISPO - TEXTES COURTS UNIQUEMENTS]

*L'oiseau cramé s'approche de Invité et se demande si ce dernier est comestible... Le piaf enflammé a faim...
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Tifani

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Féminin Poissons Messages : 109
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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°97   Sam 13 Jan 2018 - 22:24

[-18] Peut être exagéré, mais évocation de mort, de massacre, de cannibalisme, et ambiance générale sombre/dérangeante.
Sujet: Fais nous peur

-----------------------------------------------------------------------

"Oh allons, qu'est-ce que tu attends?
- Vous êtes sûrs que c'est la bonne fille?
- Ridicule, ridicule! Tu abandonnes déjà, chérie?"

La jeune femme serra les dents, s'appuyant sur son immense bouclier pour se relever. Ses jambes tremblaient, lui criant de se reposer, et elle sentait la sueur couler dans son cou sous son armure. Pourtant, tant bien que mal, elle se remit debout, la respiration haletante, et cherchant vainement à suivre des yeux les ombres qui tournoyaient autour d'elle en ricanant.

"Pauvre chérie, elle est déjà fatiguée!
- Une fille? Tout ce que je vois moi c'est une loque!
- Montre nous ton vrai pouvoir, démon..."

Alors qu'elle s'apprêtait à répliquer sèchement, elle sentit un souffle dans son dos. Puisant dans les quelques forces qui lui restaient, elle fit tourner son bouclier sur le sol pour le mettre entre elle et l'ombre, et sentit son genou ployer sous le choc. Accrochée à son bouclier, elle devinait plus qu'elle ne voyait les doigts crochus de l'ombre repliés sur le bord de son bouclier, alors que cette dernière penchait son visage à quelques centimètres du sien.

"Tu vaux bien mieux que ça... va-t-on devoir te tuer pour que tu nous montre enfin ta vraie puissance?
- Encore une fois? Ce serait cliché!"

Une lueur de surprise passa dans le regard de la jeune fille devant les nouveaux ricanements des ombres, et elle ne remarqua pas les griffes de la créature s'étaient détachée de son bouclier, alors qu'elle était de retour pour comploter avec les autres

"Ooooh, elle n'avait pas compris? Pauvre pauvre petite fille.
- Tu n'es pas la seule à pouvoir revenir d'entre les morts, ma pauvre petite!
- Dis moi... Qu'est-ce que tu as fait des corps de tes petits amis? Tu les as mangés?"

Les tremblements qui agitaient les jambes de la jeune femme s'étaient désormais propagés à tout son corps, et son regard s'emplit d'une horreur infinie à les écouter parler. Ils étaient... C'étaient les responsables... Savaient-ils... ce qu'elle avait fait par la suite...? Connaissaient-ils sa légende, et les pas qui l'avaient menée jusqu'ici? Puis son regard s'abaissa, alors que des larmes de peine profonde coulaient sur ses joues. Tout le monde était mort... Et c'était peut être sa faute... mais c'était aussi la leur. A travers les larmes, ses pupilles brunes prirent un éclat rouge, alors que son regard se durcissait. Les ombres ricanèrent de plus belle devant son expression de rage, pouffant presque de joie et d'impatience.

"Oh, elle y est presque! Vas-y, ma chérie! Fais nous peur!"

Le bouclier rebondit dans la pièce, le bruit métallique résonnant dans la petite grotte. Mais alors qu'elles le suivaient des yeux, les ombres remarquèrent les fissures qui s'élargissaient au sol, partant de la silhouette en armure dont les poings serrés tremblaient sensiblement. Sans prévenir, elle poussa un hurlement de rage d'une telle puissance qu'il fit fuir les quelques animaux qui trainaient à la sortie du tunnel.

Son bouclier à la main, la jeune femme sortit du tunnel, visiblement à bout de forces. La teinte rouge de ses yeux commençait à s'effacer pour laisser place au brun familier, et les coupures sur sa joue avaient disparu. Elle s'avança dans la forêt sans un regard en arrière, ayant à peine conscience qu'elle laissait derrière elle des empreintes d'un rouge sombre. Un sourire sur son visage.
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K
Emmerdeur officiel
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Masculin Taureau Messages : 187
Date d'inscription : 13/11/2017

MessageSujet: Re: Chronochallenge n°97   Sam 13 Jan 2018 - 22:25

Avertissement préalable
Ce texte a été jugé par l'équipe de modération comme devant avoir une balise -16. L'auteur de ce texte - K - préfère rappeler qu'il écrit pour un public adulte et considère son lecteur comme une personne mature et seule responsable des éventuels dommages causés par ses écrits.
L'équipe lui a demandé de détailler les thèmes expliquant ce -16, ce qu'il ne peut se résoudre à faire, de peur de divulgâcher son texte. Il a donc inséré ses raisons sous une balise spoiler mais craint qu'une personne ne serait-ce qu'ouvrant cette balise ne serait pas la cible des récits proposés par ledit auteur.
Spoiler:
 

Spoiler:
 


Dernière édition par K le Sam 13 Jan 2018 - 23:05, édité 4 fois
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flocon
Fantôme floconneux de la CB
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Féminin Taureau Messages : 211
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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°97   Sam 13 Jan 2018 - 22:27

Ça y est, ça recommence. Le couvercle referme la boite, la lumière disparait. Ils mettront aussi certainement du scotch tout autour de la boite de manière à ce que je ne puisse pas sortir. Ils me condamnent au froid et à la solitude sans aucun remord. Pourtant je n'ai rien fait de mal. Rien qu'ils n'auraient fait eux-mêmes. Mais voilà je ne suis pas censé le faire alors on me rejette, me repousse.
Je ne suis pas censé faire quoi que ce soit, je dois rester assis sans bouger. Je ne dois pas même pas cligner des yeux. De toute façon je ne peux pas mes yeux sont cousu et je n’ai pas de paupières. Mais j’ai envie de parler, de m’exprimer.
Je vous vois parler en permanence entre vous devant moi. Parfois vous me prenais dans vos bras et vous me raconter votre vie, vos rêves et vos problèmes. Mais si je ne suis pas censé vous répondre pourquoi vous adresser à moi ?
Je n’arrive pas à rester impossible quand je vois bien que vous êtes triste. J’ai envie de vous aider, de vous rassurer en vous faisant un câlin. Seulement dès que j’ai ouvert la bouche et prononcer un mot, c’est l’hystérie. Vous vous mettez à paniquer. A crier et courir partout. On dirait que vous avez vu une énorme araignée. Et quand vous finissait par retrouver votre calme. Je me retrouve enfermé dans une vielle boite à chaussure que vous allez jeter n’importe où, priant pour que tout n’est était qu’un rêve et pour que je n’ai jamais existé.

------------------------------------------------------------------------------------------------
Je suis un flocon de quoi je ne sais pas. D'avoine ou peut être de glace.
Je préfère le flocon de neige, magnifique mais fragile et avant tout éphémère.

* * * * *
* * * * *

Je suis un flocon de neige solitaire
Délaissé par mes pairs, abandonné
Dans une région où le soleil règne en maître
Sous ce ciel bleu infini qui n'a jamais vu l'hiver
Je vis en espérant voir le jour où virevolteront
dans ce ciel tristement bleu de doux cristaux de glace


*    *    *   *    *
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La Lapine Cornue
Divine cerfette et ses lapins multicolores
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Humeur : Lapinesque. (ça veut dire paisible et joyeuse)

MessageSujet: Re: Chronochallenge n°97   Sam 13 Jan 2018 - 22:32

BON, j'ai continué mon chapitre de roman avec le thème "De l'or à la poussière".

Du coup vous allez rien comprendre, mais osef fou




Khoufou regarda le grand taureau blanc planter ses sabots dans le sable humide, contracter ses jarrets puissants.
Puis le premier fouet claqua dans l'air chaud, lançant des vibrations cruelles vers les créatures des dieux ; les monstrueuses bêtes s'arc-boutèrent dans leurs liens, baissèrent leurs encolures étincelantes en fixant le sol ; petit à petit, le sable se froissa sous le lourd traîneau derrière elles.

Centimètre par centimètre, les pierres de taille commencèrent à gravir les rampes de la pyramide. Dans le sillage de l'attelage s'élevaient des volutes de poussière dorée, mêlées aux effluves de sueur bestiale qui se dégageaient des créatures. Khoufou leva la tête, les yeux posés sur ces vrilles scintillantes, sur ces misérables grains de sable qui, sous la lumière du soleil redevenu blanc, évoquaient l'or de ses habits impériaux.
Cette pyramide toute entière, alors même qu'elle n'était qu'à moitié conçue, n'étaient faite que de pierre et de poussière, sale, sèche et rugueuse ; et pourtant, il désirait la recouvrir d'or et de marbre, afin que même les dieux puissent s'y mirer depuis leurs chars célestes. Afin que tout son peuple, jusqu'aux confins de l'Egypte, voie son éclat posé sur l'horizon et y reconnaisse, dans une fierté patriotique, le symbole de l'union de l'Empire, et le résultat du labeur de ses ouvriers et de ses artisans.

Une pyramide pour unir le pays ; une pyramide pour élever sa gloire au plus près des cieux.

Mais Khoufou savait aujourd'hui, au vu de ses milliers d'ouvriers dont le visage satisfait cachait des rumeurs sordides, au vu de son peuple agité de mauvaises pensées, que le monument était seulement en train de devenir le symbole de la démesure de Pharaon.
La pyramide d'or de Khoufou se muait déjà en poussière, au sein des esprits qui étaient en train de lui donner la vie.

Derrière le lourd attelage qui gravissait lentement les rampes de sable, imbibées d'eau par une cohorte d'ouvriers qui marchaient à l'avant, le jeune homme aperçut soudain, pour la seconde fois, une ombre haute et musculeuse, plus noire qu'Anubis. Elle semblait marcher, de son pas puissant, dans les traces laissées par le traîneau.
Laissant là son vizir qui déblatérait sans fin, laissant là les gardes en train de se désaltérer sous le soleil de plomb, Khoufou prit une inspiration et bondit.
Il traversa l'esplanade de sable en quelques pas, zigzagua entre des porteurs de pierres, contourna un chariot abandonné et tomba nez à nez avec l'ombre.

Tout là-haut, ses yeux cachés dans l'ombre des arcades sourcilières lançaient des éclats bleus et jaunes ; plus bas, deux canines ivoirine pointaient hors de sa gueule noire.
Khoufou le comprit trop tard, l'inconnu n'était pas vêtu de noir.

Il n'était pas vêtu tout court, et il n'était pas humain.

– Hé ! Crotte de chacal ! T'as semé ton escorte ? lança soudain une voix aigrelette sur sa gauche, au moment où un sourire carnassier se dévoilait sur les lèvres de son vis-à-vis.
– Apouit ? murmura Khoufou sans quitter le regard double – bleu et or – du colosse velu.
– Ouais, c'est moi, je me suis décidée pour une petite balade. Et au fait, il y a ton vizir qui panique à dix mèt…

Elle se tut lorsque, arrivée à sa hauteur, ses iris noisette rejoignirent également ceux de la créature.
– Anubis ! se mettait-on à hurler autour d'eux.
– Anubis est parmi nous !

Khoufou, qui passait sa vie dans la salle du trône et avait le nez précisément posé sur les peintures divines les plus précises de l'Empire, aurait pu objecter que le dieu qui les surplombait n'avait pas grand-chose en commun avec Anubis – hormis son pelage sombre qui miroitait sous le soleil, sa gueule dentelée et ses oreilles étranges, en forme de lyre. Mais il n'en fit rien, subjugué par la puissance de l'être qui les écrasait de son ombre ; il sentit Apouit se cramponner à son bras, et écouta son propre cœur battre et battre dans sa poitrine, battre si fort qu'il faillit lui briser les côtes.
Un grognement monta dans le torse de l'être divin ; paralysés, les deux jeunes gens tendirent l'oreille.

– Ils se trompent.
Autour d'eux se rassemblaient les hommes ruisselants de sueur, immobiles, silencieux.
– Pharaon parle à Anubis ! hurlait-on au loin.
– Anubis est ici !
– Anubis est descendu sur terre pour voir Pharaon !
Le regard souverain du dieu noir redescendit vers Khoufou, chargé d'un calme dangereux.
– Je ne suis pas un dieu. Toi, petit, avec tes parures précieuses, qui es-tu donc ?
– Pharaon, balbutia le jeune homme, au moment où Apouit répondait :
– Khoufou !
– Qui est Pharaon ?

Sa voix grave apaisa un peu le cœur de Khoufou qui battait comme un fou, pompant la terreur au cœur de ses artères. Autour d'eux, une bulle de silence se formait ; les hommes reculaient, se prosternaient dans des rangs improvisés ; en tête, le vizir de Khoufou marmonnait des prières avec ferveur, ses yeux froids de serpent fixés sur l'être qui se tenait devant lui.
– C'est moi, répéta bêtement le garçon, alors qu'Apouit expliquait promptement :
– C'est l'empereur des deux Egyptes, et le porte-parole des dieux.
Emplie de détermination, sa voix ne tremblait pas.
Les yeux hagards de Khoufou passèrent un instant sur le visage de l'adolescente. Elle semblait emplie de déférence, mais aussi de confiance, envers cette créature descendue du ciel.
– Est-ce toi qui as ordonné ceci ? demanda celle-ci en levant les yeux vers la pyramide inachevée, et les enfants des dieux qui tractaient ses pierres.

Un grand froid figea l'âme de Khoufou. Le ka d'Horus, soudain, semblait avoir disparu. En cet instant, il ne restait plus rien de Pharaon en lui ; il n'était qu'un jeune homme terrifié par ce qu'il ne comprenait pas.
– Oui, répondit-il d'une voix mourante, conscient des brasiers de fureur qui s'allumaient dans les prunelles de la créature.
– Non ! le tança vertement Apouit en secouant son bras.
Sourcils froncés, elle leva le visage vers la bête.
– Ce n'est pas lui ! Il s'est fait endoctriné par le vizir et toutes ses sornettes de serpent !

------------------------------------------------------------------------------------------------
Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

***
Cap' d'aller lire ?

→ Venez fouiller dans mes écrits... Y'en a pour tous les goûts ! :corn2:

.[/center]
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Tiunterof
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Masculin Bélier Messages : 1849
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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°97   Sam 13 Jan 2018 - 22:32

De l'or à la poussière :

- Allez ! Dépêche !

Grimpant péniblement une pile de débris à l'équilibre précaire, une petite fille chétive soufflait avec effort.

- Oui, oui, j'arrive !

Ses cheveux blonds très court, et la crasse qui masquait ses traits la rendait difficile à distinguer d'un jeune façon, seule sa voix aiguë la trahissait. Cherchant attentivement des appuis stable, elle finit par rejoindre son amie.

- Pff... On pourrai pas prendre un chemin plus simple la prochaine fois ?

- On doit prendre raccourcis si on veut faire quoi que ce soit avant que la nuit tombe, donc grouille toi.

La deuxième fille, un peu plus grande mais toute aussi sale, se tourna alors vers le bâtiment éventré auquel les gravats qu’elles venaient de grimper donnaient accès. D’un pas décidé elle s’engagea dans la bâtisse décrépite, semblable à une large bouche édentée. Derrière elle, le petite blonde trottait de son pas de souris, suivant difficilement le rythme.

Elles furent bien vite englouties par la pénombre qui régnait. La plus grande se pencha sur la besace boursouflée qu’elle portait, écartant les boucles rousses emmêlées qui lui bouchaient la vue. Elle en retira un engin informe qu’elle pointa vers les ombres en appuyant sur un bouton.

Rien ne se produisit, aussi la rouquine entreprit de violenter la machine jusqu’à ce que celle-ci se mette à briller en poussant une série de plaintes rouillées. À nouveau l’ingénieure improvisée la pointa vers les ténèbres, cette fois-ci un ronronnement entrecoupé de hoquets se fit entendre et les ombres se dirigèrent vers la machine. Une fois la noirceur de la pièce enfermée, les deux jeunes filles purent y voir un peu plus clair.

- Wouaw, mais c’est méga grand en fait. S’extasia la petite blonde. Presque autant que le gros hangar de la semaine dernière.

- Ouaip, je suis sûre qu’on va trouver plein de trucs intéressants. Tu sens quelque chose, Flu ?

Fronçant ses sourcils clairs, la petite fille observa attentivement la pièce. Tournant lentement la tête comme si elle scannait l’endroit.

- Là-bas ! Piailla-t-elle en pointant son petit doigt sale vers un recoin. Y’a un machin qui chante.

En faisant bien garde à là où elles mettaient les pieds, les deux exploratrices se dirigèrent vers l’endroit qui venait d’être désigné. Le sol était jonché d’objets divers, de morceaux de ferrailles et de bouts de papiers qui tombaient en poussière, se perdant entre les poils poussiéreux d’une antique moquette. Elles finirent par arriver devant une machine à l’armature élégante, mais dont de nombreux morceaux manquaient.

La rouquine aspira quelques ombres qui traînaient avant de se pencher sur les entrailles de l’objet, elle sortit divers outils de sa besace et entreprit de la disséquer.

- Dis, Momo, tu pense qu’il servait à quoi ce truc ? Demanda Flu, observant le métal de près.

- Aucune idée. Lui parvint la voix étouffée de son amie.

La petite fille s’attarda sur les boutons qui couvraient une face de l’objet, à côté d’instructions effacées par le temps et l’humidité.

- C’était peut-être un super ordinateur qui commandait des super machines de guerre. Genre comme les gros robots dehors avec les canons tellement gros qu’on peut marcher dessus à deux.

Un grincement douloureux se fit entendre. La rouquine, dont seule le derrière sortait de la machine, pesta un instant avant de répondre.

- Je pense pas que personne aurait été assez bête pour mettre un pad de contrôle au troisième étage d’un immeuble comme les autres, et puis ça y ressemble pas du tout.

Flu tendit silencieusement un doigt gras et hésitant vers un des multiples interrupteurs, curieuse de savoir ce qu’il pourrait bien faire.

- Et avant que tu demande, non, t’as pas le droit de toucher au bouton, si ça se trouve c’est encore en marche et dangereux.

La blondinette ramena vers elle sa main indiscrète avec un soupire vexé.

- J’allais même pas toucher en plus…

- Raaaaah, j’ai trouvé le boîtier central mais j’ai pas du tout la place de l’ouvrir. Tu peux soulever la machine, Flu ?

Sans répondre, la petite fille posa la main sur le métal froid et usé. Des étincelles parcoururent sa surface pendant une fraction de seconde, puis l’objet s’éleva lentement avant de flotter à une trentaine de centimètres du sol. Momo cassa deux trois trucs de quelques coups de coudes vigoureux, avant d’enfin avoir la place de bricoler tranquillement.

- Ah, y’a un truc marqué qui est encore lisible.

- Ça dit quoi ?

- Minute, je lis. Alors… Bla bla bla, notice d’utilisation, bla bla bla, en cas de panne, bla bla bla, contacter le producteur… Ah, ce distributeur peut gérer n’importe quel produit selon sa configuration, pour plus d’informations… Bon bref. C’était un distributeur.

- Un distributeur à quoi ? Y’a rien dedans.

- On des dans les anciens quartiers aisés, ça devait être les locaux d’une grosse boîte. Du coup je pense que c’était un des derniers modèles qui sont sortit avant l’Extinction. Ils avaient un micro-système de rapprochement de phases. Du coup ça téléportait directement le produit choisis depuis un gros frigo.

- Ah ouais, c’est vraiment un truc compliqué pour pas grand-chose.

- Commander son café comme tout les anciens c’était pour les bouseux, ma pauvre. Je te rappel que c’était un âge d’or, ils foutaient des trucs high-tech absolument partout. Ça, quand ils ont commencé la guerre ça devait être quelque chose, avec leurs technologies de fou. Sans compter que même monsieur tout le monde avait ses augmentations cybernétiques ou génétiques, ça devait être un joyeux bordel dans les rues.

- Je vais pas critiquer. Répondit nonchalamment Flu en tapotant la machine en lévitation. Ça me dérange pas que mes ancêtres aient fait bidouillé avec leur ADN pour pouvoir joueur les super-héros ensuite. Ça me dérange encore moins que ce soit ressortit à ma génération.

- Veinarde. Grogna la rouquine entre ses dents. Moi j’aurais bien aimé pouvoi… Ah ça y est !

Un gros « clang » se fit entendre, puis Momo ressortit des entrailles de la bête, plus crasseuse que jamais. Elle tenait entre ses mains un gros cristal qui pulsait comme un cœur minéral.

- De l’Exocrium ! Il a l’air vachement pur en plus ! D’habitude c’est le premier truc que les gens ont volé après l’Extinction. Les gens devaient pas se douter qu’on pouvait en trouver dans un vulgaire distributeur.

Les deux gamines observèrent leur trouvaille avec des yeux brillants.

- Ça va nous rapporter une fortune. S’exclama Flu. À nous les repas chaud pour des mois.

- Ouaip. Mais tu te rend compte ? De l’Exocrium, tout droit venu des comptoirs extra-planétaires, je pensais jamais retomber sur de la matière extraterrestre dans ma vie. Ils recyclent tout pour faire des armes phasiques maintenant.

Les deux filles regardèrent en silence la roche brillante d’un bleu électrique.

- Tu crois qu’elles sont devenues quoi les colonies de mineurs qui ont récupéré ça ? Demanda Flu.

- Aucune idée...
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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°97   

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Chronochallenge n°97
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