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 Petit passage de WP à scruter [+18]

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Chaul

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Masculin Capricorne Messages : 88
Date d'inscription : 01/08/2017

MessageSujet: Petit passage de WP à scruter [+18]   Mer 14 Fév 2018 - 15:56



Yo, voici un passage de mon magnum opus WP que je soumets à votre oeil scrutateur dans l'espoir que vous y trouviez des qualités ou des défauts. Amicalement vôtre, l'humble et modeste auteur de WP (le magnum opus de ma vie).

Ce passage s'étend des pages 263 à 266.

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« BON MAIS D'ABORD UN PEU DE MEGA-BACKSTORY SUR MOI MEGAMIND OKI »

**

 C'était au collège. Un collège tout ce qu'il y a de plus normal, rempli de gens de collège, de profs de collège et de matériel de collège. Je dirais même que c'était foutrement un collège. Et moi, j'étais un vilain, un vrai de vrai. Enfin, je n'étais pas encore capable de me montrer cruel envers mes pairs. Cela était destiné à changer, lorsque je fis la rencontre d'un gamin plus vicieux encore que moi, un dénommé … Anny Wertzer.
 Cet enfant avec une bouille d'ange dans un corps de démon me poussa à commettre le péché le plus suprême et fatal … Nous étions alors en classe de littérature étrangère, et j'avais été placé par hasard à côté de lui. Je n'attendais rien d'une amitié entre nous, et mon opinion de lui était bien légère. Je me préparais à le bombarder de boules de gomme et de taillures de crayon quand, d'une seule parole, il me fit abandonner ces futiles distractions et changea ma vie.

« On va chier sur le bureau de la principale. J'adore mettre ma merde à la vue de tout le monde.
- Qu …
- On va manger des oignons, de l'ail, du choux rouge puis on déposera nos hot-dogs dans son bureau. On salira également quelques classes de notre caca.
- Putain non j'ai pas env- »

 Vingt heures, un jeudi. Nous étions en pleine infiltration dans les couloirs du collège qui menaient au lieu de notre futur méfait sucré. Anny m'avait ordonné la veille de manger du thon cuit pour me constiper et de préparer mon anus en l'élargissant avec un bâton de colle. Je n'avais rien fait de tout cela, car je tenais encore un peu à ma dignité. C'est donc très hésitant et au fait de l'humiliation à venir que je le suivais dans cette aventure improbable.
 Durant notre passage dans les conduits d'aération du bâtiment, je pouvais l'entendre murmurer des insanités telles que « elle va goûter à ma crème au chocolat » et « j'écarte la fesse gauche en premier ». Quelque chose ne tournait pas rond chez ce chum. Après un peu plus d'exploration nocturne, il était enfin temps de passer à l'action. Sauf que je n'avais vraiment pas envie de lâcher des crottes et des prout devant ce sauvage du caca. Je me mis donc en posture de lumbago soudain dans le but d'exprimer mon refus.

« Allons, soldat Megamind ! As-tu oublié la devise de notre ordre des prouteurs, inventée par notre maître lui-même, Monsieur Prout ?
- Songe à consulter un psy, espèce de dégé-
- Popopopo, on se calme. D'ailleurs, popopopo, c'est le bruit de moi quand je fais caca aux toilettes.
- Baka … Quelle est cette devise ?
- Le pet est un gaz sulfurique qui sort du trou chismatique et annonce avec fracas l'arrivée du général caca.
- Ouais mais même j'ai pas envie.
- Vous manquez de vision, Megamind ! Je vous pensais pourtant le parangon de la vertu merdienne, vous qui puez le fennec j'te casse la schneck j'te break ton neck tabernek.
- C'est juste mon parfum.
- Soit. Je vais montrer l'exemple. L'heure de se défroquer a sonné ! »

 Anny expulsa sa bouillie compacte sur nos derniers tests corrigés, essuya le bout du canon et rechargea pour sans plus attendre faire feu à nouveau, et s'y remettre dès qu'il se serait torché avec plus de papier encore. Je ne sais pas si vous avez déjà lu ce passage dans Gargantua où il raconte à Grandgousier dans ce français que nous méritions toutes les sortes de torcheries qu'il employa pour calmer sa rondelle baveuse, en tout cas, c'était un peu ça qui se produisait devant moi.
 Puis sa merde se mit à parler dans le plus grand des calmes. Je ne m'attendais pas à une personnification aussi romanesque et vengeresse. Qu'est-ce que le destin d'Anny pouvait bien lui réserver ? J'allais l'apprendre à mes dépens, et garder dans mon cœur les leçons de cet enseignement pendant mes nombreuses années de grand vilainisme international.

« Tu vas mourir de te marier à la merde, dit la merde. »

 Anny fut écartelé et marié à sa propre merde de cul. Quinze ans durant, j'ai dû fuir d'un continent à l'autre pour échapper à cette poop assoiffée de vengeance. J'étais au Kazakhstan, puis je devais prendre un avion pour le Michigan parce que la merde m'avait géolocalisé avec la puce GPS de mon iPhone, mais un indic' m'apprenait que l'aéroport était truffé de pièges, donc je devenais un reclus au Sri Lanka, puis on me retrouvait deux ans plus tard en Côte d'Ivoire, où je tenais un grand service de trading illégal en toute impunité puisqu'en Côte d'Ivoire les autorités ivoirien, qu'à cela ne tienne, la merde triangulait à nouveau ma position avec l'aide du FBIBISDBISBI, donc je fuyais en Sibérie à bord d'un train, sous une identité X, dans un wagon de marchandises, où je faisais la connaissance d'un vieux clochard pourchassé lui aussi par sa merde, et nous nous allions afin de les semer au plus vite mais notre alliance prit fin au Brésil lorsque les négritos d'une plantation nous dénoncèrent aux merdes qui engagèrent alors des guerrilleros pour nous déloger, ce qui eut comme effet une augmentation graduelle de notre crainte des autres, et tout se finit en France, alors que de graves attentats avaient ému la population et poussé les forces de l'ordre à acheter masse de Robux pour améliorer la sécurité, ce qui était un cadre parfait pour forcer les merdes à se révéler, avant d'être emprisonnées pour terrorisme international, mais il nous fallut d'abord contacter les autorités et nous présenter comme des appâts, et, malheureusement, le clochard mourut lors de cette opération périlleuse, mais je parvins à survivre et à vous raconter cette histoire dont je garderai toujours un souvenir amer mais instructif.

**

« Trop super cool, dis-je, on peut reprendre notre combat maintenant ?
- Non, car j'ai une deuxième mega-backstory en réserve !
- Deux backstories d'un coup ?! Éructa Chemou. Tu casses tout le rythme du récit ! Une minute … Megamind a conscience d'être dans un bouquin … Et il fragmente l'action …
- Oui, continue Emmie. Le combat a déjà commencé. Il est train d'effacer nos existences … Il prévoit de raconter des centaines de backstories de merde pour ne pas nous laisser le temps d'initier le véritable combat !
- AHAH ! Vous avez tout compris à mon gigamastermind plan ! Honnêtement, je vous savais capable d'envisager correctement mon terrible keikaku !
- Le keikaku … Répète Henry. Nous sommes juste des pions … Dans son keikaku !!!
- Sur ce, mes très chers ennemis … Backstory time ! »

**

 Trêve de Pikifou passés au microondes, voici ce qui s'est passé, comment, pourquoi et surtout, où. Ce qui s'est passé : j'ai kidnappé une mineure. Comment : Avec un van, un trench coat, deux sucettes et mes couilles bien bleues. Pourquoi  Parce qu'à l'époque, malgré mon statut de vilain haï et respecté, je n'avais absolument aucun ami et je me sentais très seul. Où : dans mon repaire du mal, perdu dans les neiges éternelles de l'Antarctique, affectueusement nommé par mes larbins le Macho Facho. Ces p'tits gars font parfois preuve de tant d'inventivité dans la conception de nos plans maléfiques qu'il m'arrive de les prendre pour une vraie famille … Evidemment, je dois laisser une distance entre eux et moi, sinon, ils ne seraient plus les larbins et moi le chef. Je m'étais donc contenté le jour de la trouvaille de cette perle de dire que c'était pourri mais de l'accepter quand même. Mais revenons-en au kidnapping.
 Ma première conversation avec ma victime … Il faut que tout se passe à la perfection ! Si je veux qu'elle devienne une amie fidèle et fidélisée, il va falloir que j'y mette le paquet ! Je rentre dans sa cellule en arborant le plus grand des sourires d'enfoiré que ma mâchoire puisse supporter.

« Alors, comment vas-tu ma petite kidnappée ? Si je t'étale sur un gâteau, on pourra dire que ce gâteau est kid-nappé, ahah.
- Au secours, un violeur professionnel avec une tête bleue !
- Pardon ? Je ne suis que Megamind, ton mega-ami.
- Tu peux satisfaire tes pulsions de chair avec mon corps mais tu n'obtiendras jamais mon cœur.
- Mais je vais pas te violer. Je veux qu'on soit potes.
- On est où ?
- En Antarctique.
- Impossible, on est à moins d'un kilomètre de chez moi, j'en suis sûre ! On est où ?
- En Antarctique.
- Tu as un téléphone ?
- Oui.
-Donne-le, je vais appeler mes parents, comme ça, ils ne s'inquiéteront pas.
- Tu te crois dans le monde du dessin-animé, jeune fille ? Cette conversation ne sera pas entre mère et fille, mais entre kidnappée et policier, je le sais ! On ne peut pas bâtir une relation sérieuse et durable si tu la commences en me mentant.
- Oki, alors on sera amis.
- Vraiment ? Yes.
- Voilà ce que tu vas faire, ami : tu vas me faire des brownies végétariens. Me rapporter un écran plasma et un canapé bien confortable. Ainsi qu'une station de jeux-vidéos et toutes les commodités habituelles. Ensuite, tu me donneras les commandes d'accès des terminaux secrets de ta base. Finalement, tu me permettras de prendre le contrôle de ton armée de mini-sbires robotiques.
- Que … Tu n'es pas une simple lycéenne … Tu es mon pire rival dans le grand vilainisme international ! Le Mime War Villain !
- Oui. Mon opération de destruction totale de ton organisation vilainique arrive à son terme. Code rouge ! Nom de malédiction commune : Heavy Tanker Fashion ! »

 La lycéenne sous l'influence directe du Mime War Villain n'était qu'un pantin, littéralement, qu'il pouvait manier à sa guise. Si l'on considérait ma base comme un vaste réseau virtuel, elle serait un virus ayant pour mission d'infecter le plus de programme possible. Et la vermine venait tout juste de se répandre. Au moment où le Mime War Villain me parlait à travers son agent de contamination, mes mini-sbires tombaient peu à peu sous mon emprise et se ruaient vers la cellule pour me jarter ASAP de ma base à moi. Je ne comptais pas m'avouer vaincu si rapidement. Il me restait une option pour venir à bout de mon ennemi : remonter à la source du virus.
 Je pénétrais la chatte de la lycéenne avec mes longs doigts bleus filandreux. Le Mime War Villain se sentit profondément touché en lui-même et tous ses pantins lâchèrent simultanément des râles de plaisir décomplexés. D'un seul toucher vaginal, d'un seul, j'avais asservi celui qui se targuait de pouvoir asservir le monde entier. J'avais dominé le dominateur. Depuis ce jour, il s'est juré de me venir en aide chaque fois que j'aurais besoin de ses compétences d'annihilateur de civilisations, et je n'ai jamais regretté ma pédophilie victorieuse.

**

« Elle vous a plu, celle-là ? J'espère que oui, parce que la troisième sort du four !
- Stop ! Hurlé-je. Raconte-moi l'histoire de John Smith et Jamestown.
- Ah ? Euh … Bah John Smith, il a joué un rôle important de la première colonie, Jamestown, en …
- Vas-y raconte l'histoire. De John  Smith et Jamestown. A Jamestown. De John Smith.
- … En plus, il avait été esclave et ses maîtres …
- Vas-y, raconte l'histoire de John Smith. Et Jamestown. Raconte l'histoire, vas-y.
- Tu arrêtes de m'interrompre, vieillard pathétique ? Je reprends. La Virginia Company voulait tenter de fonder …
- John Smith, raconte, à Jamestown, raconte l'histoire. Raconte John Smith. Et Jamestown.
- Et donc la Plymouth Company s'est dit que …
- L'histoire de John Smith, raconte-la, à Jamestown. De John Smith. L'histoire de Jamestown.
- Au début, ils étaient cent, puis seulement cinquante, mais de nouveaux colons sont arrivés pour …
-James Smith à Johnston. Vas-y, Jamestown, raconte John Smith, vas-y, l'histoire. L'histoire de Jamestown à John Smith, vas-y.
- STOP ! J'ai compris la ruse. Tu essaies de m'empêcher de conter une autre backstory ? Très bien, alors, que les hostilités soient lancées ! Freddy, t'es Fready ?
- Chuis trop le Krueger Freddyyyyy, répondit l'intéressé.
- Attaque, soubrette souffreteuse !
- WP, retiens bien ça : le jeu du Je parmi tant de Je ne fait que débuter ! »



Dernière édition par Chaul le Mer 25 Avr 2018 - 9:06, édité 11 fois
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Chaul

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Masculin Capricorne Messages : 88
Date d'inscription : 01/08/2017

MessageSujet: Re: Petit passage de WP à scruter [+18]   Jeu 19 Avr 2018 - 21:46

Gros passage qui s'étend des pages 255 à 260. Le WP Crew est dans le monde des tableaux et à la surprise générale, il est rempli de tableaux !!!!! Comment nos chers héros vont-ils s'échapper de cet enfer pictural ? Et quels durs sacrifices devront-ils mener sur l'autel de la destinée pour rejoindre leur réelle réalité ?

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 Le peintre fou sort ses meilleures cartes de son deck. Putain, le con, j'ai oublié les miennes à la villa ! Mais ça va, je peux toujours le battre, tant que je garde en tête l'amour des cartes. Et que je reste fidèle au respect des femmes. D'ailleurs, très chères femmes, n'hésitez pas à me contacter, et sachez que mon cœur déborde d'amour, d'affection et d'attention pour toutes les filles dans ce vaste univers qui pensent qu'elles n'auront jamais la chance de connaître le grand amour. Mes donzelles, y a toujours un vieux papi qui pourra vous aimer !

« En garde, duelliste Weedplant ! Je tire ma carte piège spéciale : Abomination Grise ! Tant que tu n'auras pas tiré ta première carte, tes HP seront réduits de moitié et tu souffriras du statut : Poison Corrosif ! Te voilà donc en la possession de … 3000 HP ! Alors que j'en ai 6000 ! Ahahah !
- Weedplant, l'amour des cartes, putain, tu vas les aimer tes cartes ou merde ?! Gueule Henry en transe.
- Ouais bah une seconde, l'amour, c'est comme une pousse au soleil, ça sort pas de terre en mode « yo tout le monde c'est Gotaga ».
- Tu penses vraiment pouvoir me vaincre, duelliste Weedplant ? Aucun de mes visiteurs n'a pu me tenir tête jusqu'à présent. Ce serait étonnant qu'un vieillard burlesque avec ses remontrances de derrière les fagots arrête ma course sanglante contre l'humanité !
-Clos tes mandibules, commentateur espiègle, car je peux tout faire ! J'ai les mêmes pouvoirs que Doctor Who dans cette histoire de merde.
- Papa, on va se taper un méchant copyright, là.
- Bon, pareil que Doctor When alors. Ou Doctor Why. Putain, je sais plus ! »
   

 Aimer ce qu'on ne possède pas, c'est plus qu'irréel, c'est artistique. Il faut avoir l’œil d'un vrai bonimenteur et faire du gros bonimentage pour s'y essayer. L'amour ne s'obtient pas dans n'importe quelle condition. Je rassemble les éléments nécessaires. De la quiétude, tout autour de moi. La rudesse de mon corps malade, perclus de traumatismes. Les bases solides de notre connaissance, la prolongation courtoise de nos sentiments, l'exaltation palpitante de nos impalpables expressions. Un clair de lune, de la brume, des nuages lapidaires, une colline au saule mort et peu amène. Ça y est : le décor est posé !

 L'amour. L'amour. La carte. La fine tranche de la carte. Mon amour peut-il se poser sur cette tranche ?
 Un amour doit être sincère, peut être fort et durable. La carte a une sensibilité à l'amour : on lui dicte ses effets sur le joueur adverse, le moment où elle sera posée, son impact sur la partie. La partie de mon cœur que je pique comme un as pour mettre l'ennemi sur le carreau. Ou un truc comme ça. Merde, j'ai oublié le trèfle. Du coup, je vais repartir de trèfle vers autre chose.
 Trèfle. Trèfle vert. Une marque. Qu'est-ce qu'une marque ? Cela peut être une marque … D'affection. Retour à l'amour. J'avais anticipé cette transition à mort. Et ouais. Gros master plan.
 L'amour … L'amour que je porte à mes cartes. Mais l'amour, c'est aussi … Le sacrifice.
 Le sacrifice. Le lamantin qui se jette sur la torpille visant le paquebot italien. Le singe mangeant les puces de ses congénères. La larve du papillon posée sur la tige du cocotier. Tels sont ces sacrifices si familiers et pourtant si … Honnêtes.
 L'amour ? Le sacrifice.
 Le sacrifice ? La mort.
 La mort ? L'amore.
 L'amore ? L'amour.
 L'amour ? Le glamour ?
 Open dze eyes. L'amour est tel un bouton doré sur le sweatshirt de la vie.
 L'amour est si
doux
et douloureux
et douloureusement
décoloré.
 L'amour, c'est un peu comme :
un paquet de cartes bien coupé
une carte finement retournée
une carte posée à plat, comme l'on pose à plat quelque chose qui nous inquiète
des cartes s'associant, se combinant, s'augmentant
la carte unique, capable de faire basculer tout le jeu
 Oui, tel est l'amour contenu dans ces cartes.
Cartes.
Caractère.
Amour.
Rencontres.
Tope-la.
E-amour.
Salutations.
 Cartes, un mot de six lettres, oui, six lettres tout comme amours. Elles sont au pluriel, car l'amour ne s'applique pas une carte, mais à tout le deck, l'amour est uniforme, équitable, abondant. Yugi dirait : « J'aime mes cartes comme j'aime mes pays du tiers-monde : sous-développés ». Moi, je dirais : « J'ai tatoué LOVE sur mes phalanges et tu vas bientôt pouvoir te tatouer CARTES autour de ton trou du cul parce que je vais te ».
 C'est ça, l'amour dit simplement. L'amour, c'est, la chaleur.
L'amour est bon, les cartes sont bonnes.
 L'amour, c'est le cocon de chaleur des cartes. C'est se sentir flotter dans le geyser chaud.
L'amour a un goût sucré avec des notes de framboise.
 L'amour prend forme dans le désir. Le désir se cristallise. L'amour. Les cartes. La passion. Le sucre et le sel des relations. TENDANCE AMERE. La compatibilité. La complicité. La fiabilité. STABLES ECURIES. Une carte sans HIV. Point besoin d'édredon pour mon asticoton. J'entre dedans, je sens la chair de la carte qui pulse. TENTATION DE LA PENETRATION.
 Han oui. Han oui. L'amour des … Des cartes … HAAAAAAANW. Passer de longues soirées hivernales sous notre plaid, à boire un cocholat chaud et lire un roman de cent pages. Échanger nos salives avec tendres … Non, je peux pas te filer le HIV avec ma salive. Mais je te dis que non. Putain mais, je te force à rien, OK ? Ah, tu te casses ? Ben ouais, go, connasse. De toute façon, une carte qui se met dans un plaid, c'est ridicule, retourne chez ton père la carte et ta mère la carte, va. Espèce de carte de vœux va.
 Le divorce tragique de la carte. No more love. Statut : c'est compliqué.
 Maintenant, je suis seul et brisé. J'erre dans ce château de cartes écroulé tel le souverain déchu ayant perdu sa Reine de Cœur. Je ne peux plus ni écrire ni produire. Je suis amorphe, frappé de mutisme, superficiellement translucide. Voilà mon amour pour mes cartes. Ah et aussi, j'ai les cinq cartes nécessaires pour invoquer Exodia. Instawin enculé !

« Pas encore ! Je réplique avec ma carte sort : Barrière de l'Exode !
- Cette carte a jamais existé … Fait remarquer Chemou
- WP, ce mec triche comme un espèce de gros tricheur ! S'exclame Bob. Tu vas de ne tricher aussi ?
- Non. Je joue que fair-play. Je vais lancer ma technique spéciale … Destruction de deck ! »

 Je lui arrache ses cartes des mains, je les déchire en petits morceaux et je laisse le vent les emporter dans sa course.

« Hé mais … Disqualifié !
- Non. T'as rien pigé, bouffonne. Je t'ai vaincu. Je suis … Califié. »

 Et c'est ainsi que le peintre fou me reconnut comme son calife absolu et que ses dizaines de mondes peinturlurés furent placés sous  ma bannière. Fort de cette influence nouvelle, je m'attendais à ce qu'un grand vilain cherche à s'emparer de mes richesses par une fourberie particulièrement bien raisonnée. Il n'en fut rien. De longs mois passèrent sans que quiconque n'essaie de s'en prendre à mon califat. Pendant ce temps, ma fille fit plus ample connaissance avec ma sœur. Elle réussit à la sortir un peu de ces traumatismes d'avoir été enfilée comme un onahole par des aliens zigouilleurs. Chemou, Bob et Henry s'occupèrent de Roland comme s'il était leur fils adoptif, ils l'emmenèrent en balade dans les collines de marshmallow, le poussèrent sur la balançoire des stryges du destin surplombant le gouffre de la mort absolue, le catapultèrent au beau milieu d'un troupeau de trente-cornes en rut … Et Thomas ne donna pas de signe de vie. Le bougre me manque. Quand va-t-il donc revenir ? Quelles affaires urgentes le retiennent au pays ?
 En parlant de pays, il me reste encore un bout de mon califat à visiter : le pays type western.

**

Dialogue introducteur de type Exposition Lourde

« Oh interlocuteur, ça va ?
- Ouais ?
- Ben non, ça va pas, on est dans un désert mortel où les températures maximales atteignent les cent degrés le jour et les seuls havres de paix dans cet océan de désolation se situent sous les dômes protecteurs de la Fédération des Dômes Utiles.
- Oki.
- Donc t'es un interlocuteur mort maintenant.
- Ah oki. »

Monde Western – 16 heures du matin – Dôme A-C514

 Tel l'homme humble et honnête à la spontanéité spirituelle traversant les étendues arides du lointain ouest, j'investis la ville déserte sur mon fier canasson, accompagné de mes pistoleros Bob et Chemou. Ma fille et Henry ne sont pas du voyage, ils ont eu le projet fou mais ambitieux de voler un train, au sens le plus littéral qui soit. Ils prévoient de soulever la locomotive et de stocker le train entier dans un hangar en Antarctique. Leur B-plot sera sans doute très intéressant, mais ce n'est pas ce qui retient notre attention présentement !
 Venu déposer mes largesses à ce morceau isolé de mon territoire qui n'a pas trouvé à redire à mon élection soudaine au rôle de souverain suprême, je suis pourtant accueilli de la manière la moins courtoise : les habitants reculent et se barricadent dans leurs masures bouffées par le sable. Aucun cri de joie, aucune liesse, aucun roulement de tambours, rien que le passage persistant d'un virevoltant. Regrettable. J'entre avec fracas dans le saloon. Tous les habitués et les types de passage se retournent en me lançant un regard noir. Mais je n'en ai que faire.
 Je passe entre les tables en me fichant bien des moues boudeuses de ces handicapés du coccyx. J'arrive au bar. Avec mon air le plus sombre disponible, je m'assois et appelle le barman. Je lui commande … Qu'est-ce que je lui commande, déjà ?

« Bob, une idée ?
- Un martini ?
- Un peu bourrin, non ?
- Une limonade ?
- Je suis pas si chétif, c'est moi le shérif.
- Un verre d'eau ?
- Je veux pas être vu comme un homme responsable et propre sur soi.
- Un whisky ?
- Trop cliché du cowboy solitaire.
- De la vodka ?
- On va me prendre pour un désespéré qui veut se saouler la gueule pour oublier son passé tourmenté.
- Une liqueur ?
- Point besoin de cette Malt Liquor.
- Un verre de lait ?
- S'il provient d'une cowgirl, je pourrais agréer tout de go, mais on ne sert pas ce genre de breuvage sucré ici.
- Un café ?
- Ils me verraient comme un représentant de la loi, de l'ordre et de la justice blasé par l'uniforme.
- Un thé?
- Je passerais pour un étranger mystérieux à la culture raffinée et au goût exquis … C'est d'accord, un jus de poires, barman !
- J'ai pas de jus de poires. D'ailleurs, j'ai pas de boissons. Dégagez d'ici.
- Et y a quoi à grailler ?
- For you the bullet. »

 Je ne comprends pas ! Comment peut-on être si mal accueilli sur ses propres terres ? Ces culs-de-jatte circoncis n'ont-ils aucune conception du respect dans leur culture ? Sont-ils au moins civilisés ?! Je vais activer le neurone SORRY dans leur tête, vous allez voir ! Oh que oui, Chemou va distribuer deux-trois patates dans l'assemblée de ces bouffonnes et moi, je vais tenir le barman par le col et lui éclater sa BOUILLE vite fait bien fait.
 Un second étranger de mon espèce fit son entrée dans le saloon. Contrairement à moi, il fut honorablement reçu par tous les voyous du coin, qui baissèrent leur chapeau sur son passage. Bien que son accueil surpasse le mien en terme de politesse, il n'en semblait pas enchanté, il s'en fichait, plutôt. Il se mit seul à une table et commanda un whisky que le barman s'empressa de lui servir. Ce connard gardait donc bien des boissons au fraîs. Les beautés sauvages du désert et les plus excellents mets furent réunis à sa table pour combler ses moindres attentes et il n'afficha aucune expression de satisfaction. Il était juste trop Cool et Hip pour se soucier des agissements de la plèbe.
 Mais moi, malgré la différence entre l'impolitesse des habitants et sa dignité de cowboy bourge, je n'allais lui témoigner aucun respect, ses dispositions n'étaient pas les miennes ! Ce jeune gars pensait sans doute que j'allais m'incliner et embrasser ses pompes funky allant à merveille avec sa veste super trop insouciante et légère et new generation ! La dégaine totalement hip et absolument rétro de ce véritable vachegarçon ne me perturbera point.

« Hé toi, vieil homme ! Que dis-tu d'une partie de poker avec moi ? »

 La croyance en cet événement est chez moi absente. Pense-t-il que je suis son esclave, son soumis, ce fan de « Combiboy Bonpop » n'a-t-il aucune vision restante dans ses yeux, ou bien l'un d'eux serait-il un faux comme dans l'oeuvre prophétique ? Très bien. Je vais jouer avec lui, et le délivrer de sa bêtise en lui prouvant que l'âge et l'attitude n'ont pas leur place dans les rudes compétitions du far western !

« J'accepta.
- Barman, amenez les revolvers, please.
- Les rev-
- Pour notre partie de roulette russe, gentleman.
- Roulette ru-
- Oui, où vous mettrez la vie de vos deux amis en jeu, auxquelles j'opposerais la mienne et celle du barman.
- Apprête-toi à savourer un donut aux spaghettis fait maison. »

 Bob se dévoue pour passer le premier. Face à lui, c'est le barman qui se propose à la barre. Le revolver est chargé, la sueur coule, les larmes aussi. Telle est la dure loi de ce monde implacable où une vie peut voler en éclats comme un verre éclaté sur le front d'une petite pute payée au rabais dans un bordel en fond de quartier. Le barman appuie sur la détente. Clic. Son crâne reste intact pour cette fois, mais la manche n'est pas terminée.
 Bob colle le canon sur sa tempe. Une goutte de sueur pendant à son menton remonte jusqu'à son front car telle est la dure loi de la gravité dans ce monde implacable où les vaches mangent de l'herbe sèche. Clic. Je commence à stresser aussi. Que se passerait-il si Bob devait morfler en fin de barillet ? Comment supporterais-je mentalement sa perte ? Lui que j'ai nourri, logé et apprécié pendant de si longues années ? Lui, à qui j'ai dévoilé ma backstory durant l'arc Villa de Henry ? Lui, qui fut un sidekick si compétent et attachant ?
 Le barman remet sa chance à l'épreuve. Bob ne le sait pas, mais cet homme est un professionnel, il a déjà participé à plus de cent parties de roulette russe. Ses cheveux grisonnants cachent les nombreux impacts de balles que son crâne a enduré au fil des manches ratées. La partie n'est pas perdue tant que tu ne meurs pas. Bob reprend le revolver en main. Il le pointe. Il appuie. Bang.

 Non.

 Impossible.

« Ahlala, c'est vraiment triste que toi, le barman, tu sois mort durant cette manche.
- Quoi ? Mais c'est toi que la balle vient de …
- Bah euh, non. Je suis pas d'accord. Donc c'est toi qui va passer l'arme à gauche.
- Mais … La roulette russe … Le revolver … La balle … Je … RARGAHAHAG ! Par quel pouvoir divin peux-tu refuser l'étreinte de la mort ?!
- Puis-je apaiser ma solitude … En étant encore plus seul … Les anges déchus fondant sur leur trône d'acier … 
- Et si moi, je suis pas d'accord avec ça ? Je peux sans doute annuler ton refus et rendre au destin sa vraie exécution !
- Non, ta thèse comporte une erreur : ton opinion est moins importante que la mienne. Tu n'as pas d'importance dans la balance car le vase a une anse.
- Ton antithèse ne fonctionne pas ! Tu voudrais me faire croire que mon opinion ne vaut rien ! AH ! Sache que je suis un membre de Senscritique depuis la création de la plateforme ! J'ai vingt followers et même que parfois, ils mettent des pouces bleus sur mes critiques de film et de BD.
- Bah non en fait hopla meurs. »

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