Encre Nocturne
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 Overstroming

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Alwine
Sage des Esprits Codeurs et Graphistes
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Féminin Scorpion Messages : 304
Date d'inscription : 25/05/2016

MessageSujet: Overstroming   Mer 28 Mar 2018 - 22:52

Hello hello !

Voici une nouvelle que j'ai écrite à l'occasion d'un appel à textes l'année dernière. N'ayant malheureusement eu aucun retour de la part de la maison d'édition (trop occupée), j'aimerai savoir ce que vous en pensez, s'il y a des mauvaises habitudes d'écriture (genre des adverbes trop souvent utilisés, des tournures de phrases bizarres, etc), des commentaires sur la construction du texte, les points positifs du texte, etc.

Tags : #TextesDAlwine #Nouvelle #Réaliste #Drame

(Je ne suis pas certaine que les tags soient les plus appropriés mais je ne connais pas la liste exhaustive)

Bonne lecture !







OVERSTROMING*

— Pour finir ce journal, un dernier mot à propos des négociations pour la COP28. D'après notre envoyé spécial, les accords entre les pays auraient tourné court suite à l'intervention du nouveau président de la République française, ouvertement climato-sceptique dans ces dernières déclarations. Les données fournies par la ministre de l’Environnement français lui ont permis de démontrer auprès des autres chefs d'État que le changement climatique n'était qu'une mascarade et que les hausses de température alarmantes signalés par l’organisme météorologique national résultaient d’une erreur dans les relevés, probablement du à un matériel défaillant. En effet, les températures sur le territoire français sont dans les normes de saison depuis deux ans. Convaincus par ses arguments, les États ont ainsi décidé qu’il était inutile de poursuivre les efforts définis par l’accord de Paris, ratifié il y a de cela une dizaine d’années. L'Allemagne a tenté de contrer les propos du président français avec des études indépendantes sans grand succès. C'est ainsi que ce clôt ce journal.

Et voici maintenant la météo avec Tineke.

Madame, Monsieur, bonsoir. L'évolution de la tempête, amorcée depuis vendredi, est loin d'être rassurante : en effet, celle-ci va être renforcée à partir de cette nuit par des courants venteux venant de la grande Bretagne pour frapper toute la façade de la mer du Nord, placé en alerte maximale depuis hier. La dépression à l'origine de la tempête continue d'arriver depuis les pays scandinaves et il est prévu qu'elle dure jusqu'au milieu de la semaine prochaine. Pour cette nuit, de fortes rafales de vent vont parcourir le littoral de la Zélande ainsi que de la Hollande Méridionale et Septentrionale. Flevoland, la Frise et Groningue sont également menacés. Météo Pays-Bas a prévu des rafales jusqu'à 150km/h sur les côtes de l'ouest, 130 au milieu des terres, et elles devraient remonter jusqu'à l'Allemagne et le Luxembourg. Le gouvernement Néerlandais recommande aux habitants de rester chez eux jusqu'à la fin de la tempête, notamment ceux près des marais salants. Bien que les digues tiennent le choc jusqu'à maintenant et soient soigneusement surveillées, il n'est pas impossible que la force du vent puisse faire déborder la mer et inonder une partie du pays. La plus grande prudence s'impose donc jusqu'à mercredi soir au moins, moment où le vent devrait progressivement retomber.


La sonnette retentit, sortant Erik des déprimantes nouvelles qui s'annonçaient. Il jeta un œil à l'extérieur : il ventait et pleuvait si fort que l’eau tambourinait contre les fenêtres comme si une horde de zombies tentait d’entrer dans la maison. Lorsqu'il ouvrit la porte, une silhouette dégoulinante se tenait face à lui. Seuls deux yeux marron sortaient de dessous la capuche, un soulagement visible dans le regard. Le jeune homme blond sourit et s’écarta pour la laisser entrer dans la maison.

— Sale temps, n'est-ce pas Marieke ?

— Tu m'en diras tant Erik, grogna son interlocutrice. Heureusement que j'ai pensé à prendre un change.

Elle secoua ses cheveux trempés, faisant voler des gouttes d'eau dans tous les sens. Erik prit son manteau pour le faire sécher près d'un radiateur pendant que la jeune femme vidait le liquide contenu dans ses chaussures à l'extérieur. Une fois sèche et vêtue de vêtements propres, Marieke se laissa tomber sur le canapé du salon avec un grognement de satisfaction.

— Ça fait du bien d'être enfin au chaud ! soupira-t-elle. La route était interminable avec ces trombes d'eau. Vivement que la tempête se dissipe. Alors, qu'as-tu prévu ce soir ?

— J'ai plusieurs nanars bien mauvais que des copains m'ont passés, dit Erik avec un sourire jusqu'aux oreilles, on va bien rigoler. Tu as ramené de quoi grignoter et boire ?

— Oui, j'ai tout ce qu'il faut pour nous faire monter la glycémie toute la nuit !

Marieke sortit de son sac à dos plusieurs sacs de pop-corn, des barres chocolatés et une énorme bouteille de soda qu'elle posa sur la table basse tandis que son ami s'occupait de lancer le premier nanar de la soirée.

Le film n’avait commencé que depuis quelques minutes lorsqu’un énorme bruit retentit au dehors, tel un arbre venant d'être déraciné. Surpris, les deux jeunes gens mirent le film en pause et écoutèrent d'une oreille tendue. Le vent soufflait plus fort que jamais, faisant craquer les arbres et projetant de violentes giclées de pluie contre les fenêtres de la maison. Pourtant, au travers du tumulte, se faisait entendre un grondement sourd encore plus fort que tout le reste. Marieke jeta un regard déconcerté à Erik avant de se ruer à ses côtés vers la porte d'entrée. Malgré les trombes d'eau qui tombaient du ciel et l'obscurité, les deux jeunes gens distinguèrent au loin une énorme forme noire en travers de la route.

— Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Un arbre ?

— Probablement, répondit Erik en plissant les yeux pour mieux voir. Je ne sais pas comment tu vas faire pour rentrer demain, il a l'air de barrer toute la route… mais il bouge !

Marieke avança sur le perron afin de disposer d’un meilleur champ de vision.

— Tu as raison, il flotte. Cela me semble être de mauvais augure avec toute cette pluie…

Ils n'eurent pas longtemps à attendre : le tronc d'arbre se mit à bouger de plus en plus vite dans leur direction. En passant sous un lampadaire, ils distinguèrent une vague d'eau scintiller sous la lumière. D’un gris presque noir, opaque et parsemée de mousse blanche, elle engloutissait tout sur son passage : arbres, route, maisons. Des alarmes retentissaient dans le lointain, indiquant que les digues avaient cédé. Des cris résonnèrent aux alentours, augmentant l'inquiétude chez les deux amis. Marieke voulut se précipiter vers son vélo pour le détacher et le ramener en sûreté à l'intérieur, mais son ami la retint. Il la poussa à l'intérieur de la maison avant de fermer la porte à double tour.

— Mon vélo ! s'écria la jeune femme en se débattant.

— C’est toi ou lui, rétorqua Erik avant de se mettre à calfeutrer la porte à l'aide de sacs plastiques qui se trouvaient dans l'entrée. Je te préfère toi.

Un instant déstabilisée, Marieke finit par venir l’aider à combler les interstices autour de la porte d'entrée avant de poursuivre sa tâche dans le salon. Elle enfonça une vieille couverture dans la fente entre une porte vitrée menant vers l’extérieur et le sol avant de pousser un cri d'horreur.

— Le jardin est complètement inondé !

L'air sombre, Erik la rejoignit et contempla ce qu'il en restait : l'eau avait déjà envahit la plupart des plates-bandes et l’élégant gravier blanc qui parsemait l'allée menant à la porte de la maison n'était plus qu'un souvenir. Le vélo que Marieke avait accroché aux barrières du jardin était toujours là, mais ses roues trempaient déjà dans l'eau noire qui brillait à la lumière des réverbères encore allumés. Certains d’entre eux commençaient à pencher dangereusement, cédant sous la puissance de l’eau. Boucher les interstices ne suffirait probablement pas pour protéger la maison contre l'inondation qui s'annonçait.

— Laisse tomber, on n'y arrivera pas à temps. Est-ce que tu te souviens des recommandations du gouvernement en cas d'inondation ? Tu as une meilleure mémoire que moi.

Marieke ferma les yeux et fronça les sourcils en tentant de se souvenir des indications.

— Tant que l'eau n'a pas dépassé vingt centimètres, nous pouvons encore partir d'ici en voiture. Sinon, il faut stocker les objets importants en hauteur et au sec, comme la trousse d'urgence, les papiers vitaux ou de la nourriture. Il faut aussi calfeutrer les interstices avec des sacs de sable et écouter les informations à la télévision ou à la radio pour se tenir au courant des mouvements des secours.

Elle rouvrit les yeux et lança un coup d'œil inquiet vers Erik. Ses parents avaient pris la voiture en partant durant la matinée et l’eau montait si vite qu’il était trop dangereux de partir à pied pour rejoindre la ville la plus proche. Quand aux sacs de sable, soigneusement rangés dans le cabanon du jardin, ils étaient déjà hors d’atteinte.

— Il nous faut donc mettre des provisions et les choses importantes en sécurité, lui dit son ami. Y a-t-il autre chose ?

— Si tu as une radio à piles, énuméra Marieke, prends-la pour que l'on puisse se tenir au courant de la situation. Je ne suis pas certaine que la 3G marche encore avec cette tempête, j’avais de grosses difficultés à me connecter tout à l’heure. Je vais m'occuper des provisions. Si tu trouves un réchaud portable ou quelque chose comme ça, cela pourrait nous aider à tenir le temps que les secours arrivent, surtout si l’inondation les empêche d’intervenir pendant plusieurs jours. Enfin, il faut couper l'électricité pour éviter les risques d'électrocution. Est-ce que tu peux faire tout ça ?

Erik hocha la tête d’un air entendu avant de se précipiter dans le salon tandis que Marieke prenait le chemin de la cuisine. Elle ouvrit tous les placards et fourra dans un sac tout ce qu'elle pouvait trouver de comestible et peu compliqué à cuisiner : fromage, beurre de cacahuète, jambon, hagelslag, boite de légumineuses, stroopwaffels et surtout plusieurs paquets de pain qui leur permettrait de confectionner des sandwichs. Elle rafla également quelques pots de nouilles instantanées et des boites de conserve en espérant que le réchaud suffisait pour les faire chauffer. Erik fit un rapide détour pour lui laisser une lampe torche et un sac de papiers importants à monter avant de disparaître dans la cave. Une casserole et une poêle rejoignirent le tout avant qu'elle ne se décide à monter les sacs qui pesaient déjà lourds. Il était temps : l'eau, faisant fi du calfeutrage de la porte, envahissait déjà le couloir de la maison. L’odeur était forte, similaire à un mélange d’algues et d’égouts. Marieke remonta le couloir en marchant à pas lents, grimaçant lorsque le liquide infiltra ses chaussettes. Elle passa à côté de la porte de la cave ouverte, par laquelle le flot commençait déjà à se déverser à l’intérieur goutte par goutte. Elle passa la tête à travers l'encadrement.

— Dépêche-toi Erik, l'eau a déjà commencé à s'infiltrer à l'intérieur de la maison !

— Oui, je fais au mieux, c'est le bazar ici. Mes parents n’ont jamais compris le sens du mot « rangement » dans la cave !

La jeune femme monta pesamment les marches raides de l'escalier et déposa sa charge sur le haut avant de redescendre. L'eau sale était partout à présent : dans le salon, le tapis blanc qui faisait la fierté de la mère d’Erik était à présent marron et les pieds du canapé avaient presque entièrement disparu dans le liquide opaque. Pataugeant jusqu'à l’entrée, Marieke récupéra des bottes en train de flotter dans l'entrée ainsi que leurs manteaux avant de se réfugier dans l’escalier. Ses chaussettes détrempées la faisaient glisser à chaque pas, aussi ne tenta-t-elle pas une dernière descente de peur de se casser la figure. Erik sortit enfin de la cave avec un réchaud poussiéreux et l'appela afin qu'elle puisse le monter au premier étage. Il récupéra également une bouteille de gaz qu'il avait aperçu sur l'étagère, une vieille radio et redescendit une dernière fois pour éteindre le panneau électrique. Un gros CLAC retentit et la maison fut plongée dans le noir. Effrayée durant une fraction de seconde, Marieke se dépêcha d'allumer sa lampe torche et fut rassurée de voir celle de son ami remonter de la cave. Erik observa d'un air crispé la mer qui avait envahit sa maison puis ils se dirigèrent rapidement vers l'escalier afin de se mettre en sécurité.

— Heureusement que Papa et Maman ne sont pas là, ils vont piquer une crise lorsqu'ils reviendront…

Marieke eut un rire étranglé et ôta ses chaussettes mouillées qui lui gelaient les pieds. Erik l'imita après avoir récupéré des serviettes dans la salle de bain puis ils s'installèrent près de leurs affaires, écoutant silencieusement la mer se déverser dans la maison et le vent souffler toujours aussi fort dehors. La porte craquait sous la pression de l’eau, mais elle résistait encore.

— Faisons l'inventaire de ce que nous avons pour voir s'il ne manque rien, proposa-t-il, n'arrivant pas à supporter de rester sans rien faire.

Malheureusement pour eux, les années passées dans la cave humide avait rendu le réchaud capricieux et ils mirent une dizaine de minutes à s’assurer qu'il fonctionnait correctement. La bouteille de gaz était pleine, ce qui leur assurait une relative autonomie pour les prochains repas. Lorsque la radio fut démarrée, elle émit un long grésillement avant de diffuser une chanson populaire, ce qui soulagea Erik. La qualité était bien moindre que celle qu’ils auraient pu espérer en écoutant via internet, mais cela suffirait. Marieke sortit son téléphone portable de sa poche pour pouvoir appeler les secours et avertir sa famille, mais il n’y avait aucune barre de signal, tout comme sur celui d’Erik. L’antenne la plus proche avait probablement cédé avec l’inondation.

Ils s’aperçurent également qu’ils n’avaient pas pensé à l’eau potable. Marieke avait bien une gourde à moitié remplie et la bouteille de soda dans son sac, mais il n’y avait rien d’autre. Ne pouvant pas se permettre de gaspiller au vu de la situation, ils terminèrent le contenu avant de les remplir au robinet et de les ranger avec leurs affaires. Puis l’attente commença.

Les heures qui suivirent furent difficiles pour les deux jeunes gens. Sans électricité et les lampes torches commençant à donner des signes de faiblesse, leurs esprits apeurés imaginaient de sombres menaces tapies dans l’obscurité. La porte d’entrée avait fini par céder, bien après que les fenêtres se soient brisées lorsque le niveau de l’eau avait atteint la moitié de l’escalier. Cela faisait déjà plusieurs dizaines de minutes qu’ils restaient aux aguets. En jetant un œil vers le rez-de-chaussée, Marieke avait vu des débris divers et variés flotter à l’intérieur de la maison. Cette vision lui avait serré le cœur.

Lorsque l’eau eut presque atteint le premier étage de la maison, Marieke et Erik durent se résoudre à monter jusqu’au grenier en emmenant leurs affaires avant de se retrouver coincés devant la porte fermée à clef.

— C’est pas vrai ! jura le jeune homme en frappant la porte de ses poings. Pourquoi a-t-elle été fermée à clef ? On n’y met jamais les pieds, c’est ridicule !

— Il n’y a pas moyen de récupérer la clef ?

— A moins que tu ne souhaites faire de la plongée en apnée jusque dans l’entrée, non.

Marieke soupira. La situation allait envenimer rapidement s’ils ne trouvaient pas une solution pour monter se réfugier dans le grenier. Elle prit quelques minutes pour réfléchir tandis qu’Erik donnait des coups d’épaule dans la porte dans l’espoir de faire sauter le verrou. C’est alors que sa main tomba sur une épingle à cheveux qui retenait une de ses mèches rebelles.

— Pousse-toi, dit-elle, je vais essayer de crocheter la serrure.

Marieke passa une bonne vingtaine de minutes à essayer de débloquer le verrou. La porte, vieille et rouillée sur les bords, refusait de se laisser faire et sa serrure était bien abîmée par le temps. Mais une écoute attentive permit à la jeune femme de la déverrouiller. Il était temps : l’eau commençait à attaquer les premières marches de l’escalier et son ami commençait à paniquer.

Erik poussa la porte du grenier qui claqua contre le mur et ils jetèrent leurs affaires sur le sol avant de la refermer. Juste en dessous du toit, la tempête se faisait davantage entendre, en dépit de l’isolation qui assourdissait les bruits. Les deux amis furent contents de pouvoir s’installer tranquillement sur une surface sèche et leur panique commença à refluer. Même si l’eau continuait de monter, il était peu vraisemblable qu’elle atteigne le grenier. Ils entreprirent d’explorer la pièce afin de l’aménager au mieux pour les prochaines heures… ou prochains jours. Marieke découvrit une vieille armoire remplie de vieux vêtements poussiéreux tandis qu’Erik trébucha sur un carton rempli d’objets fragiles. Soudain, le rayon de leurs lampes torches illumina une forme étrange qui n’avait rien à faire dans un grenier...

— Un bateau ! s’exclama Marieke, les yeux ronds. Qu’est-ce qu’il fait là ?

— C’est celui de Papy Peter, dit Erik d’un air incrédule. Je pensais que mes parents l’avaient fait enlever depuis longtemps pour pouvoir aménager le grenier !

— Papy Peter ?

— Il s’agit de mon grand père, expliqua Erik. Il a vécu l’inondation massive des Pays-Bas de 1963 pendant laquelle plusieurs membres de sa famille sont morts noyés, dont mon grand-oncle dont il était très proche, et il en est ressorti traumatisé. Comme il était menuisier, il a entrepris de construire un bateau dans le grenier afin de pouvoir survivre en cas de nouvelle inondation. Je me souviens de l’avoir observé quand j’étais petit pendant des heures à fabriquer les planches et à les monter ensemble.

— Pourquoi dans le grenier et pas dans la cave ? demanda Marieke en touchant le rebord du bateau.

Plutôt imposante, l’embarcation faisait tâche dans la pièce. Une épaisse couche de poussière l’avait recouvert, mais on pouvait encore voir la couleur blanche de sa coque. Lorsque la jeune femme braqua le faisceau de sa lampe à l’intérieur, elle découvrit avec surprise tout un matériel : seau pour écoper, des rames, des gilets de sauvetage et même une bouée blanche et rouge. Un mat était replié dans le fond du bateau, sa toile cirée impeccablement attachée.

— Parce qu’il aurait été inaccessible dès que la cave aurait pris l’eau. Ici, il est toujours possible de le sortir par le toit… oui, à ce que je vois, Papy Peter a apporté quelques améliorations à la toiture pour l’ouvrir en cas de problème.

Erik pointa sa lampe torche vers un des côtés du toit, où des attaches métalliques luisirent dans l’obscurité. Son grand-père avait bricolé un système permettant d’ouvrir une large portion du toit par lequel l’embarcation pouvait passer. Même si Marieke trouvait l’idée saugrenue (qui aurait conservé un bateau dans un grenier pendant autant d’années ?), elle bénissait la prévoyance du grand-père d’Erik aujourd’hui.

Les deux amis, épuisés par toutes ces péripéties, décidèrent qu’ils avaient eu assez d’aventures pour la journée et qu’il était temps d’aller dormir. Ils aménagèrent le coin le moins encombré du grenier pour s’allonger, profitant d’un vieux matelas défraîchi pour ne pas s’abîmer le dos. Ils s’endormirent dès que leurs têtes frôlèrent leurs oreillers.

Lorsque Marieke ouvrit les yeux, le vent s’était légèrement apaisé au dehors. Une lumière grisâtre filtrait à travers les vasistas percés dans le toit, faisant surgir le bateau du grand-père d’Erik des ténèbres. La jeune femme se leva en prenant garde à ne pas réveiller Erik toujours endormi et alla jeter un œil à la montée des eaux dans la maison. Heureusement pour eux, le niveau de la mer avait cessé de monter durant la nuit. Un lit avait réussi à se frayer un chemin dans le couloir, tandis que des débris divers et variés étaient répandus un peu partout. L’odeur d’algues et d’égouts était épouvantable.

Marieke battit en retraite, rassurée de voir qu’ils ne mourraient pas noyés, et monta sur une table aux pieds branlants afin d’ouvrir un vasistas et voir l’étendue des dégâts à l’extérieur. La mer s’étendait à perte de vue et sa couleur grise se confondait presque avec l’horizon envahi de nuages. Des morceaux d’arbres, de toitures et de clôtures flottaient ça et là, poussés par la force du vent. Il pleuvait toujours autant. La jeune femme fit la grimace : comment les secours réussiraient-ils à venir les sortir d’ici ? Heureusement qu’elle avait mis de côté autant de provisions que possible, même si le stock restait limité. La question de l’eau était plus problématique, ils allaient devoir se rationner.

Son regard tomba sur une maison un peu plus loin, plus petite que celle où ils se trouvaient. Le rez-de-chaussée n’était plus qu’un souvenir et l’eau commençait à se déverser par la fenêtre du premier étage. Un drap blanc accroché à l’encadrement claquait dans le vent, indiquant la présence de personnes dans la maison. Marieke se gratta nerveusement la tête : étaient-ils en sécurité ? La pluie tombant toujours, elle n’était pas certaine que leur maison soit assez élevée pour échapper à l’inondation. C’est alors que la fenêtre s’ouvrit, laissant le passage à une jambe vêtue d’un jean au dehors. Elle tâta avec précaution la solidité de la gouttière qui devait se trouver juste en dessous puis une deuxième jambe la rejoignit. Le corps d’un homme vêtu d’un manteau imperméable bascula alors vers l’extérieur avant de se courber sous la pluie battante. Lentement, il commença à patauger dans l’eau pour atteindre le toit. Une autre tête passa à travers la fenêtre, le suivant du regard.

L’homme n’arriva jamais jusqu’à la toiture. Une violente rafale de vent le déséquilibra et le fit chuter dans l’eau glacée. Il disparut pendant quelques secondes avant de remonter à la surface plusieurs mètres plus loin, tentant désespérément de lutter contre le courant. C’est alors que, surgissant de nulle part, un énorme tas de branchages apparut et fut emporté vers lui à une vitesse folle. L’homme se les prit de plein fouet et coula à nouveau pour ne plus remonter. Son compagnon, qui venait de sortir par la fenêtre, gesticula et poussa des cris lorsqu’il disparut sous l’eau. Les branchages furent arrêtés par deux arbres encore debout et qui résistaient tant bien que mal à la puissance de l’inondation.

Immédiatement, la personne plongea alors dans l’eau et Marieke, le ventre noué par la tragédie qui se déroulait sous ses yeux, la vit s’approcher des branchages afin de retrouver son compagnon. C’est alors qu’elle se décida à bouger, son cerveau reprenant le pas sur sa panique. Ils avaient un bateau et un système pour le faire sortir. Autant s’en servir ! Elle se précipita alors sur Erik et le secoua comme un prunier.

— Erik, réveille-toi, il y a urgence !

— Quoiquoiquoi, balbutia-t-il en papillonnant des yeux.

— Un de tes voisins est tombé à l’eau et s’est fait assommer par des branches flottantes ! Il faut aller l’aider !

Aussitôt réveillé par la nouvelle, Erik se dépêcha de sortir du lit. Il était inquiet.

— Je veux bien, mais comment faire ?

— On va sortir le bateau de ton grand-père d’ici et y aller, dit Marieke.

Le jeune homme ouvrit de grands yeux.

— Mais je ne sais pas comment ouvrir le toit ! Le mécanisme doit être totalement rouillé depuis le temps, cela fait une éternité qu’il n’a pas été actionné.

Cependant, Marieke ne l’écoutait déjà plus. Elle s’était approchée du dispositif d’ouverture de la toiture pour l’étudier avec attention. Il s’agissait d’un mécanisme comportant une poulie et des poids permettant de soulever la partie du toit qui avait été arrangée, le tout actionné par un manche à tourner bloqué par une protection. Le danger qu’ils couraient en ouvrant était que la force du vent arrache le toit et rende la situation encore plus délicate. Cependant, la vie de deux hommes était menacée et il fallait agir. La jeune femme ôta la protection permettant d’actionner le dispositif puis banda ses muscles. Ses doigts moites glissèrent à plusieurs reprises sur le plastique. Voyant qu’elle n’y arrivait pas toute seule, Erik vint l’aider. Grinçant et récalcitrant, le mécanisme finit par coopérer et ils ouvrirent un trou d’un mètre environ, laissant ainsi entrer le froid et l’humidité dans le grenier.

Erik jeta un œil anxieux à la partie amovible du toit qui vibrait sous le vent. Ils l’avaient ouvert au maximum pour être certain de pouvoir sortir le bateau, mais il faudrait le refermer rapidement. Il jeta son imperméable à Marieke, qui l’enfila avant d’aller évaluer la distance entre le sol du grenier et la surface de l’eau. Elle fit la grimace.

— Il y a au moins deux mètres entre nous et l’eau…

La jeune femme jeta un coup d’œil aux voisins. L’homme qui avait plongé pour récupérer son compagnon avait réussi à le retrouver, mais le courant était trop fort pour qu’il puisse se mettre en sécurité. Il fallait se dépêcher et vite. Erik s’accroupit à côté d’elle et vit alors les voisins en difficulté.

— Sapristi, ce sont Koen et Fritz ! Que leur est-il arrivé ?

Marieke lui expliqua les événements dont elle avait été la spectatrice et son ami ne put s’empêcher de se ronger nerveusement les ongles. Koen et Fritz étaient deux voisins qui vivaient ensemble depuis aussi loin que remontait sa mémoire et qu’il connaissait depuis qu’il était tout petit. Erik ne se pardonnerait jamais s’il leur arrivait malheur alors qu’il avait la possibilité de les aider. Il accepta le plan que lui proposait son amie et ils se mirent au travail.

Heureusement pour eux, le grand-père d’Erik avait été prévoyant et ils trouvèrent tout ce dont ils avaient besoin pour amarrer le bateau au grenier une fois qu’il serait en bas. Une fois que tout fut installé, les deux amis se placèrent à la poupe.

— A trois, dit Erik. Un… deux… TROIS !

Bandant leurs muscles, ils poussèrent l’embarcation vers l’ouverture du toit. Leurs chaussures glissèrent sur le parquet avant de trouver une prise fixe. Centimètre par centimètre, le bateau glissa jusqu’à l’extérieur, jusqu’au moment où il bascula de lui-même à l’extérieur. SPLASH ! Les deux amis se précipitèrent vers l’ouverture, le cœur battant. Heureusement pour eux, il ne semblait pas être endommagé. Marieke descendit en premier, se laissant pendre par les bras au niveau de l’ouverture du toit, et sauta à l’intérieur de l’embarcation qui tangua sous son poids.

Quelques secondes plus tard, Erik la rejoignit de la même façon et défit la corde qui les amarrait à la maison. La jeune femme installa le moteur du bateau dans l’eau et commença à tirer pour le démarrer. Cependant, celui-ci ne s’alluma pas et la jeune femme constata avec effroi qu’il était entièrement vide. Erik empoigna alors les rames et se mit à pagayer avec énergie pour rejoindre Koen et Fritz à l’eau.

Au fur et à mesure qu’ils approchaient, la tête courbée sous la pluie battante, Marieke vit que Fritz, l’homme encore conscient, était à bout de forces. La tête hors de l’eau, il avait pris la position de la planche pour permettre à son compagnon de respirer tout en s’accrochant à un arbre pour ne pas dériver davantage. Une lueur d’espoir naquit dans ses yeux lorsqu’il les vit arriver près de lui. Marieke prit la place de son ami aux rames et manœuvra délicatement pour se positionner à quelques dizaines de centimètres tandis qu’Erik se penchait hors du bateau. Au bout d’un temps qui lui parut interminable, les deux hommes furent hissés à bord et Marieke sentit la boule d’angoisse au sein de son ventre se dissiper. Le corps de Koen était glacé et inanimé et les branchages avaient laissé des griffures sur ses mains et son visage. Erik et Fritz l’enveloppèrent dans une couverture en attendant de retourner à la maison.

Autant l’aller avait été rapide, autant le retour fut lent et pénible. Les éléments semblaient redoubler de force à chaque fois qu’ils parvenaient à gagner quelques mètres. Après une lutte éreintante contre le courant, Marieke réussit à attraper la corde qui pendait du grenier et amarra du mieux qu’elle put l’embarcation à la maison. Le retour dans le grenier fut également périlleux, puisque Koen était toujours inanimé. Erik dut improviser un système pour le hisser jusqu’en haut, ce qui ne se fit pas sans frayeur. Marieke crut rêver lorsqu’ils se retrouvèrent tous en sécurité à l’intérieur. Son ami referma le toit derrière eux.

— Est-ce qu’il va s’en sortir ? demanda Fritz avec inquiétude en frictionnant son compagnon avec une serviette. Il est glacé.

— Je ne sais pas, dit Marieke avec inquiétude en ramenant une autre serviette. Il faut le réchauffer le plus possible, il doit être tombé en hypothermie avec la température de l’eau. Je vais allumer le réchaud, cela l’aidera peut-être.

Erik la rejoignit lorsqu’il fut un peu plus sec. Ils mirent quelques minutes à placer correctement la bouteille de gaz et à allumer le réchaud. Une vague de chaleur bienfaisante les submergea, apportant un agréable réconfort après les terribles épreuves qu’ils venaient de passer. Ayant quelques connaissances en matière d’urgence, Marieke aida Fritz à dévêtir son compagnon et à le frictionner tandis qu’Erik s’occupait de faire chauffer de la soupe en boite pour leur remplir l’estomac.

Une fois que Koen fut soigné et placé sous une pile de couvertures destinées à le réchauffer, Fritz accepta de se sécher et de manger quelque chose avec ses sauveurs. Erik en profita pour allumer la radio, qui crachota quelques secondes avant de débiter la voix nasillarde d’un présentateur :

— … continue. Malgré les moyens mis à disposition par l’aide internationale depuis hier, les secours sont submergés par le nombre d’habitants en danger ou coincés dans leur maison. Des renforts devraient arriver d’ici demain. Il semblerait que la cause de cette inondation ne soit pas aussi naturelle que pouvaient le penser les météorologistes : en effet, les débris d’une digue ont été retrouvés il y a quelques heures, sur lesquels des traces d’explosifs ont été détectés.

Il s’interrompit et l’émission fut remplacée par de la musique durant plusieurs minutes.

— Excusez-moi pour cette interruption, reprit le présentateur. Nous venons d’apprendre à l’instant qu’un communiqué a été diffusé sur internet par le groupe militant Voor één groene wereld** revendiquant la responsabilité de cette inondation. D’après les premières recherches effectuées à leur sujet, il s’agirait d’un groupe d’éco-terroristes souhaitant montrer l’impact désastreux des activités humaines sur la planète et qui plaident une meilleure prise en compte du changement climatique...


— Comme si on avait besoin de ça, commenta Fritz d’un ton sarcastique. Si Koen meurt à cause d’eux, je ne leur pardonnerai jamais.

Marieke fit la moue. Elle était fermement convaincue des bienfaits de l’écologie et de protéger la planète dans l’intérêt des générations futures, mais elle n’était pas d’accord avec les écologistes radicaux qui n’arrivaient plus à se mettre à la place des autres et qui menaient des actions chocs parfois au détriment de ceux plus modérés.

Ils écoutèrent la fin du bulletin d’informations, qui répéta quelques consignes de sécurité ainsi que les localisations actuelles des secouristes, avant d’enchaîner sur une heure de musique. Erik fouilla dans les étagères poussiéreuses du grenier à la recherche d’un drap blanc leur permettant de signaler leur présence à l’intérieur de la maison, comme l’avait rappelé la radio. Il finit par mettre la main sur une taie d’oreiller jaunie, mais qui ferait l’affaire avec un morceau de ficelle. Marieke l’aida à la fixer bien en vue à un des vasistas, puis elle revint près de Koen, qui n’avait toujours pas ouvert les yeux. Elle lui prit la main et son visage prit un air préoccupé qui n’échappa pas à Fritz.

— Que se passe-t-il ?

— Il a arrêté de frissonner, mais sa peau est toujours glacée et je ne sens presque plus son pouls. J’ai bien peur que son hypothermie ne se soit aggravée. Si seulement nous avions un thermomètre, je pourrais vérifier sa température, mais celui de la trousse de secours n’a plus de pile…

Erik leva son téléphone portable vers la fenêtre, le seul qui possédait encore de la batterie.

— Je ne capte toujours pas de réseau avec cette tempête. Il va falloir que l’on sorte pour chercher du secours, surtout que nous n’avons pas assez d’eau pour nous tous.

— Il n’y a rien à des kilomètres à la ronde, fit remarquer Marieke. Je ne vois pas où nous pourrions aller et Koen est dans un état trop critique pour être déplacé.

Ils restèrent un instant silencieux, examinant les possibilités qu’ils avaient à leur disposition.

— Il y aurait peut-être un moyen, dit lentement Fritz. A quelques kilomètres d’ici se trouve une tour de radio. Je pense que ses émetteurs doivent être assez puissants pour que nous puissions contacter les secours.

— Bonne idée ! s’enthousiasma Marieke. Te souviens-tu de sa localisation ?

— Oui, elle n’est pas très loin de la gare. Cependant, j’ai bien peur que sa localisation soit compliquée puisque les routes ont disparu sous l’eau.

— Il devrait y avoir un plan dans un coin, dit Erik.

Le jeune homme se précipita sur un des sacs que la jeune femme avait monté avant l’inondation de la maison et se mit à fouiller énergiquement à l’intérieur, sortant des piles de livres et de papiers. Marieke et Fritz le regardèrent s’agiter sans savoir quoi faire pour l’aider.

— Je l’ai ! s’exclama soudain Erik en brandissant un épais papier plié. C’est la carte de la région, cela devrait nous aider à nous orienter.

— La route a disparue, répliqua Fritz d’un ton amer, comment comptes-tu t’orienter sans boussole ? Je parie que vos smartphones sont à plat donc vous ne pourrez pas compter dessus.

— Je vis ici depuis ma naissance et je pense que je réussirais à m’en sortir grâce aux toits des maisons ainsi qu’aux arbres encore debout. En revanche, ce qui me préoccupe davantage est la probable coupure de la tour de radio.

— Nous verrons bien sur place, dit Marieke d’un ton impatient. Sinon, nous naviguerons jusqu’à trouver une ville. Plus nous attendons, plus Koen a de chances d’y passer.

Erik et Fritz échangèrent un regard en chiens de faïence avant de se détourner. Le premier alla enfiler ses affaires encore mouillées de leur précédente expédition sous la pluie tandis que le second reprenait sa place auprès de son compagnon inerte. Marieke récupéra son sac à dos et y fourra sa gourde à moitié pleine ainsi qu’une boite remplie de sandwichs au beurre de cacahuète qui restaient du petit-déjeuner. Elle prit également la trousse de secours qu’ils avaient récupéré dans le bateau pour soigner les égratignures de Koen puis s’avança vers l’ouverture du toit.

— Prêt ? demanda-t-elle à son ami.

— Oui, répondit Erik d’un air sombre.

La pluie s’était calmée depuis leur dernière sortie, mais Marieke ne pouvait s’empêcher de regarder l’horizon avec inquiétude. Le vent continuait de souffler fortement et transformait les débris des maisons en de dangereux objets se mouvant à une vitesse affolante. Ils avaient levé les voiles pour aller plus vite, mais la jeune femme devait sans cesse batailler pour ne pas dériver, et le fait qu’Erik ne connaisse rien en navigation ne lui facilitait pas la tâche. Au bout d’un long moment, son ami poussa une exclamation de joie.

— Là bas !

La tour de transmission se dressait au milieu de l’eau. Très haute et surplombée d’une immense antenne striée de blanc et de rouge, elle était recouverte d’un revêtement imitant la brique. De petites fenêtres au rebord blanc étaient percées ça et là.

Une bourrasque de vent plus violente que les autres fit violemment tanguer le bateau, envoyant Erik qui s’était penché par-dessus le bastingage en arrière, et Marieke dut utiliser toute la force de ses muscles pour contrôler les voiles qui partaient dans tous les sens. Il leur fallut quelques minutes supplémentaires pour atteindre la base de la tour. Cependant, leur joie fut de courte durée : la porte d’entrée était à plusieurs mètres sous l’eau et la première fenêtre était trop haute pour y accéder facilement. Erik évalua la distance qu’ils auraient à escalader et fit la grimace.

— C’est plus haut que le grenier, mais il n’y a pas d’autre moyen de rentrer dans cette fichue tour. Quand il faut y aller, il faut y aller.

Marieke émit un drôle de bruit, comme si on venait d’écraser une souris. Au vu des conditions météorologiques catastrophiques, il lui semblait improbable qu’il réussisse à grimper facilement sur ces briques glissantes. Un coup de vent la rappela à l’ordre et elle batailla contre les bourrasques pour les maintenir près de la tour.

— Pas trop haut ? Il y a au moins trois mètres !

— Je vais y arriver, répéta Erik avant de saisir un cordage lové qui traînait au fond du bateau.

Il se dirigea vers le bord de l’embarcation le plus proche de la tour et se servit du rebord afin de pouvoir saisir des prises plus hautes. Penché au dessus de l’eau opaque, Erik était tellement concentré qu’il ne s’aperçut pas qu’il risquait de tomber s’il ne se dépêchait pas. L’élan qu’il prit pour monter éloigna le bateau de la tour et Marieke ne put que regarder avec inquiétude son ami s’accrocher à la tour. Il vacilla quelques secondes, luttant pour ne pas tomber avec les rafales de vent, puis commença à gravir la distance qui le séparait de la fenêtre. Lorsqu’elle revint au pied de la tour, son cœur s’arrêta de battre en voyant le pied d’Erik glisser sur les briques humides. Déséquilibré, le jeune homme tomba dans l’eau froide et disparut sous la surface. Il réapparut rapidement en crachant un jet d’eau et réussit à se cramponner à la tour pour ne pas se faire emporter par le courant. Le cœur battant à tout rompre, Marieke manœuvra le bateau pour le récupérer, mais ne fit aucun commentaire en voyant l’air déterminé de son ami. Ils n’avaient pas d’autre solution, il fallait arriver à monter. La seconde tentative fut la bonne et, après un ultime effort, Erik atteignit enfin le rebord de la fenêtre.

La jeune femme poussa un long soupir soulagé. Son ami cassa la vitre d’un coup de coude puis tourna l’espagnolette de l’intérieur pour pouvoir entrer. Pendant quelques longues minutes durant lesquelles Marieke continua de batailler contre les éléments, il fut hors de vue jusqu’à ce qu’une longue corde jaillisse de la fenêtre ouverte. Elle fendit les airs jusqu’à atteindre la surface de l’eau, à plusieurs mètres du bateau. Marieke dut diriger prudemment l’embarcation pour la récupérer puis accrocha la corde à la proue avant de s’occuper des voiles qui claquaient au vent. Une fois qu’elles furent abaissées et rangées, la jeune femme utilisa la corde pour se rapprocher de la tour et la fixa solidement à la proue une fois arrivée. Le bateau tanguait dangereusement, mais Marieke prit le temps de s’assurer que l’embarcation ne se retourne pas pendant leur absence. Erik passa alors la tête par la fenêtre.

— Qu’est-ce que tu attends ? hurla-t-il.

— J’assure nos arrières ! répondit la jeune femme avant de prendre son sac à dos.

Elle posa ses mains sur la brique et commença à escalader, s’aidant de la corde lorsqu’elle dérapait sur la pierre mouillée. Erik la regarda monter avec inquiétude et tendit le bras afin de l’aider à parcourir les derniers centimètres.

Marieke poussa un long soupir de soulagement lorsqu’elle arriva enfin à l’intérieur. Ses cheveux trempés lui collaient à la figure et elle avait l’impression d’être une rescapée de noyade tant son manteau dégoulinait de pluie sur le sol. Ils étaient arrivés sur une volée de marches abruptes qui menait jusqu’en haut de la tour. Erik avait sommairement enroulé la corde reliée au bateau autour de la rampe métallique et la jeune femme refit un nœud plus solide pour éviter qu’elle ne prenne la poudre d’escampette. Les deux amis prirent quelques minutes pour essorer leurs vêtements puis ils se mirent en route.

La montée fut rude pour leurs jambes déjà fatiguées par le voyage. Au début de l’ascension, Marieke avait machinalement retenu le nombre de marches gravies, mais elle avait cessé de compter à partir de la centaine. Les muscles de ses cuisses l’élançaient douloureusement. Après une nouvelle volée de marches, ils arrivèrent hors d’haleine sur le seuil d’une grande pièce circulaire faiblement éclairée par la lumière grisâtre de l’extérieur. Une grille de sécurité anciennement peinte en rouge les séparait de l’intérieur et grinça lorsqu’ils l’ouvrirent pour entrer. Des sièges élimés étaient disposés un peu partout devant de grands panneaux recouverts d’instruments. Sur les murs étaient affichés plusieurs feuilles de papier rappelant des instructions de base – ne pas manger ni boire dans la pièce, faire attention à bien refermer la grille de sécurité – ainsi que quelques posters de destinations paradisiaques.

Certains des instruments clignotaient encore, preuve que l’électricité n’avait pas été encore coupée. Assez volumineux, leur apparence laissait penser qu’ils étaient assez anciens et ils étaient bourrés de boutons et d’écrans dont la moitié était éteinte. Soulagée de voir que tout fonctionnait encore, Marieke s’approcha d’un appareil, mais elle ne comprenait rien aux abréviations inscrites. Heureusement, Erik avait intégré une association de radioamateurs à son entrée à la fac et connaissait quelques bases. Un récapitulatif jauni et écorné indiquant les étapes d’utilisation des appareils avait été accroché dans un coin de la pièce, ce qui allait leur faciliter la vie. Il fallait faire vite, car tout pouvait être coupé d’un moment à l’autre si l’isolation des câbles électriques lâchait.

Après avoir lu attentivement les consignes, Erik se dirigea vers une série d’appareils à droite et étudia les différents boutons présents. Il bascula un interrupteur, tripota plusieurs leviers puis appuya sur un bouton. Une petite lumière rouge apparut et Erik saisit un micro relié par un fil à l’appareil. Il commença à parler tandis que Marieke attendit en silence, le cœur battant.

— Ici Erik Janssens avec Marieke Huisman, en communication depuis la tour de transmission de Het Zeepe. Nous avons été bloqués suite à l’inondation d’hier et avons besoin de secours à l’adresse suivante : A van de Weijdeweg 10 4328 PT. Un de nos voisins est en situation d’hypothermie et son état s’aggrave d’heure en heure. Me recevez-vous ?

Le grésillement de la radio résonna dans la pièce vide. Il ne leur restait plus qu’à attendre.

* Overstroming : "inondation" en néerlandais

** Voor één groene wereld : "pour un monde vert" en néerlandais


:oeuf:

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Arwen
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MessageSujet: Re: Overstroming   Mer 28 Mar 2018 - 23:43

OVERSTROMING*

— Pour finir ce journal, un dernier mot à propos des négociations pour la COP28. D'après notre envoyé spécial, les accords entre les pays auraient tourné court suite à l'intervention du nouveau président de la République française, ouvertement climato-sceptique dans ces dernières déclarations. Les données fournies par la ministre de l’Environnement français lui ont permis de démontrer auprès des autres chefs d'état que le changement climatique n'était qu'une mascarade et que les hausses de température alarmantes signalés par l’organisme météorologique national résultaient d’une erreur dans les relevés, probablement du à un matériel défaillant. En effet, les températures sur le territoire français sont dans les normes de saison depuis deux ans. Convaincus par ses arguments, les États ont ainsi décidé qu’il était inutile de poursuivre les efforts définis par l’accord de Paris, ratifié il y a de cela une dizaine d’années. L'Allemagne a tenté de contrer les propos du président français avec des études indépendantes sans grand succès. C'est ainsi que ce clôt ce journal. Ici j'ai noté la répétition, et l'incise qui doit se trouver entre virgules.J'ai un peu de mal avec la dernière phrase du journal qui ne me paraît pas convaincante oralement.

Et voici maintenant la météo avec Tineke.

Madame, Monsieur, bonsoir. L'évolution de la tempête, amorcée depuis vendredi, est loin d'être rassurante : en effet, celle-ci va être renforcée à partir de cette nuit par des courants venteux venant de la grande Bretagne pour frapper toute la façade de la mer du Nord, placée en alerte maximale depuis hier. La dépression à l'origine de la tempête continue d'arriver depuis les pays scandinaves et il est prévu qu'elle dure jusqu'au milieu de la semaine prochaine. Pour cette nuit, de fortes rafales de vent vont parcourir le littoral de la Zelande ainsi que de la Hollande Méridionale et Septentrionale. Flevoland, la Frise et Groningue sont également menacés. Météo Pays Bas a prévu des rafales jusqu'à 150km/h sur les côtes de l'ouest, 130 au milieu des terres, et elles devraient remonter jusqu'à l'Allemagne et le Luxembourg. Le gouvernement Néerlandais recommande aux habitants de rester chez eux jusqu'à la fin de la tempête, notamment ceux près des marais salants. Bien que les digues tiennent le choc jusqu'à maintenant et soient soigneusement surveillées, il n'est pas impossible que la force du vent puisse faire déborder la mer et inonder une partie du pays. La plus grande prudence s'impose donc jusqu'à mercredi soir au moins, moment où le vent devrait progressivement retomber. Alors ici, j'enlèverais le "depuis", et remplacerait "être renforcée par se renforcer histoire d'éviter l'auxiliaire être qu'il faut supprimer quand on peut. Un peu plus loin c'est une virgule que j'enlèverais, c'est rare qu'on en ait véritablement besoin avant un "et"

La sonnette retentit, sortant Erik des déprimantes nouvelles (nouvelles déprimantes ?) qui s'annonçaient. Il jeta un œil à l'extérieur : il ventait et pleuvait si fort que l’eau tambourinait contre les fenêtres comme si une horde de zombies tentait d’entrer dans la maison. Lorsqu'il ouvrit la porte, une silhouette dégoulinante se tenait face à lui. Seuls deux yeux marron sortaient de dessous la capuche, un soulagement visible dans le regard. Le jeune homme blond sourit et s’écarta pour la laisser entrer dans la maison.

— Sale temps, n'est-ce pas Marieke ?

— Tu m'en diras tant Erik, grogna son interlocutrice. Heureusement que j'ai pensé à prendre un change.

Elle secoua ses cheveux trempés, faisant voler des gouttes d'eau dans tous les sens. Erik prit son manteau pour le faire sécher près d'un radiateur, pendant que la jeune femme vidait le liquide contenu dans ses chaussures à l'extérieur. Une fois sèche et vêtue de vêtements propres, Marieke se laissa tomber sur le canapé du salon avec un grognement de satisfaction.

— Ça fait du bien d'être enfin au chaud ! soupira-t-elle. La route était interminable avec ces trombes d'eau. Vivement que la tempête se dissipe. Alors, qu'as-tu prévu ce soir ?

— J'ai plusieurs nanars bien mauvais que des copains m'ont passés, dit Erik avec un sourire jusqu'aux oreilles, on va bien rigoler. Tu as ramené de quoi grignoter et boire ?

— Oui, j'ai tout ce qu'il faut pour nous faire monter la glycémie toute la nuit !

Marieke sortit de son sac à dos plusieurs sacs de pop-corn, des barres chocolatés et une énorme bouteille de soda qu'elle posa sur la table basse tandis que son ami s'occupait de lancer le premier nanar de la soirée.

Le film n’avait commencé que depuis quelques minutes lorsqu’un énorme bruit retentit au dehors, tel un arbre venant d'être déraciné. Surpris, les deux jeunes gens mirent le film en pause et écoutèrent d'une oreille tendue. Le vent soufflait plus fort que jamais, faisant craquer les arbres et projetant de violentes giclées de pluie contre les fenêtres de la maison. Pourtant, au travers du tumulte, se faisait entendre un grondement sourd encore Je mettrais une virgule et enlèverais le encoreplus fort que tout le reste. Marieke jeta un regard déconcerté à Erik avant de se ruer à ses côtés vers la porte d'entrée. Malgré les trombes d'eau qui tombaient du ciel et l'obscurité, les deux jeunes gens distinguèrent au loin une énorme forme noire en travers de la route.

— Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Un arbre ?

— Probablement, répondit Erik en plissant les yeux pour mieux voir. Je ne sais pas comment tu vas faire pour rentrer demain, il a l'air de barrer toute la route… mais il bouge !

Marieke avança sur le perron afin de disposer d’un meilleur champ de vision.

— Tu as raison, il flotte. Cela me semble être de mauvais augure avec toute cette pluie…

Ils n'eurent pas longtemps à attendre : le tronc d'arbre se mit à bouger de plus en plus vite dans leur direction. En passant sous un lampadaire, ils distinguèrent une vague d'eau scintiller sous la lumière. D’un gris presque noir, opaque et parsemée de mousse blanche, elle engloutissait tout sur son passage : arbres, route, maisons. Des alarmes retentissaient dans le lointain, indiquant que les digues avaient cédé. Des cris résonnèrent aux alentours, augmentant l'inquiétude chez les deux amis. Marieke voulut se précipiter vers son vélo pour le détacher et le ramener en sûreté à l'intérieur, mais son ami la retint. Il la poussa à l'intérieur de la maison avant de fermer la porte à double tour.

— Mon vélo ! s'écria la jeune femme en se débattant.

— C’est toi ou lui, rétorqua Erik avant de se mettre à calfeutrer la porte à l'aide de sacs plastiques qui se trouvaient dans l'entrée. Je te préfère toi.

Un instant déstabilisée, Marieke finit par venir l’aider à combler les interstices autour de la porte d'entrée avant de poursuivre sa tâche dans le salon. Elle enfonça une vieille couverture dans la fente entre une porte vitrée menant vers l’extérieur et le sol avant de pousser un cri d'horreur.

— Le jardin est complètement inondé !

L'air sombre, Erik la rejoignit et contempla ce qu'il en restait : l'eau avait déjà envahit la plupart des plates-bandes et l’élégant gravier blanc qui parsemait l'allée menant à la porte de la maison n'était plus qu'un souvenir. Le vélo que Marieke avait accroché aux barrières du jardin était toujours là, mais ses roues trempaient déjà dans l'eau noire tu as déjà utilisé l'expression un peu plus tôtqui brillait à la lumière des réverbères encore allumés. Certains d’entre eux commençaient à pencher dangereusement, cédant sous la puissance de l’eau. Boucher les interstices ne suffirait probablement pas pour protéger la maison contre l'inondation qui s'annonçait. Je changerais le "pour" par un à, et j'ai souligné la répétition. Sinon ça doit être le paragraphe qui fait peur. L'eau monte et "dévore" tous sur son passage. Pourtant tu décrit la scène sur le même ton que précédemment, on est spectateur et pas vraiment acteur. Je ne sais pas trop comment, mais je pense que tu peux renforcer cet aspect, montrer que rien ne peut arrêter l'eau, et que c'est critique une montée aussi rapide.

— Laisse tomber, on n'y arrivera pas à temps. Est-ce que tu te souviens des recommandations du gouvernement en cas d'inondation ? Tu as une meilleure mémoire que moi.

Marieke ferma les yeux et fronça les sourcils en tentant de se souvenir des indications.

— Tant que l'eau n'a pas dépassé vingt centimètres, nous pouvons encore partir d'ici en voiture. Sinon, il faut stocker les objets importants en hauteur et au sec, comme la trousse d'urgence, les papiers vitaux ou de la nourriture. Il faut aussi calfeutrer les interstices avec des sacs de sable et écouter les informations à la télévision ou à la radio pour se tenir au courant des mouvements des secours.

Elle rouvrit les yeux et lança un coup d'œil inquiet vers Erik. Ses parents avaient pris la voiture en partant durant la matinée et l’eau montait si vite qu’il était trop dangereux de partir à pied pour rejoindre la ville la plus proche. Quand aux sacs de sable, soigneusement rangés dans le cabanon du jardin, ils étaient déjà hors d’atteinte.

— Il nous faut donc mettre des provisions et les choses importantes en sécurité, lui dit son ami. Y a-t-il autre chose ?

— Si tu as une radio à piles, énuméra Marieke, prends-la pour que l'on puisse se tenir au courant de la situation. Je ne suis pas certaine que la 3G marche encore avec cette tempête, j’avais de grosses difficultés à me connecter tout à l’heure. Je vais m'occuper des provisions. Si tu trouves un réchaud portable ou quelque chose comme ça, cela pourrait nous aider à tenir le temps que les secours arrivent, surtout si l’inondation les empêche d’intervenir pendant plusieurs jours. Enfin, il faut couper l'électricité pour éviter les risques d'électrocution. Est-ce que tu peux faire tout ça ?Je les trouvent très peu inquiets ! ^^ Perso l'eau monte comme ça devant chez moi, je pète de trouille ! D'ailleurs, j'imaginais que si une digue cédait, l'eau grimperait plus vite que ça, en mode vague de tsunami presque ^^

Erik hocha la tête d’un air entendu avant de précipiter dans le salon tandis que Marieke prenait le chemin de la cuisine. Elle ouvrit tous les placards et fourra dans un sac tout ce qu'elle pouvait trouver de comestible et peu compliqué à cuisiner : fromage, beurre de cacahuète, jambon, hagelslag, boite de légumineuses, stroopwaffels et surtout, plusieurs paquets de pain qui leur permettrait de confectionner des sandwichs. Elle rafla également quelques pots de nouilles instantanées et des boites de conserve en espérant que le réchaud suffisait pour les faire chauffer. Erik fit un rapide détour pour lui laisser une lampe torche et un sac de papiers importants à monter avant de disparaître dans la cave. Une casserole et une poêle rejoignirent le tout avant qu'elle ne se décide à monter les sacs qui pesaient déjà lourds. Il était temps : l'eau, faisant fi du calfeutrage de la porte, envahissait déjà le couloir de la maison. L’odeur était forte, similaire à un mélange d’algues et d’égouts. Marieke remonta le couloir en marchant à pas lents, grimaçant lorsque le liquide infiltra ses chaussettes. Elle passa à côté de la porte de la cave ouverte, par laquelle le flot commençait déjà à se déverser à l’intérieur goutte par goutte. Elle passa la tête à travers l'encadrement.

— Dépêche-toi Erik, l'eau a déjà commencé à s'infiltrer à l'intérieur de la maison !

— Oui, je fais au mieux, c'est le bazar ici. Mes parents n’ont jamais compris le sens du mot « rangement » dans la cave !

La jeune femme monta pesamment les marches raides de l'escalier et déposa sa charge sur le haut avant de redescendre. L'eau sale était partout à présent : dans le salon, le tapis blanc qui faisait la fierté de la mère d’Erik était à présent marron et les pieds du canapé avaient presque entièrement disparu dans le liquide opaque. Pataugeant jusqu'à l’entrée, Marieke récupéra des bottes en train de flotter dans l'entrée ainsi que leurs manteaux avant de se réfugier dans l’escalier. Ses chaussettes détrempées la faisaient glisser à chaque pas, aussi ne tenta-t-elle pas une dernière descente de peur de se casser la figure. Erik sortit enfin de la cave avec un réchaud poussiéreux et l'appela afin qu'elle puisse le monter au premier étage. Il récupéra également une bouteille de gaz qu'il avait aperçu sur l'étagère, une vieille radio et redescendit une dernière fois pour éteindre le panneau électrique. Un gros CLAC retentit et la maison fut plongée dans le noir. Effrayée durant une fraction de secondes, Marieke se dépêcha d'allumer sa lampe torche et fut rassurée de voir celle de son ami remonter de la cave. Erik observa d'un air crispé la mer qui avait envahit sa maison puis ils se dirigèrent rapidement vers l'escalier afin de se mettre en sécurité.

— Heureusement que Papa et Maman ne sont pas là, ils vont piquer une crise lorsqu'ils reviendront…

Marieke eut un rire étranglé et ôta ses chaussettes mouillées qui lui gelaient les pieds. Erik l'imita après avoir récupéré des serviettes dans la salle de bain puis ils s'installèrent près de leurs affaires, écoutant silencieusement la mer se déverser dans la maison et le vent souffler toujours aussi fort dehors. La porte craquait sous la pression de l’eau, mais elle résistait encore.

— Faisons l'inventaire de ce que nous avons pour voir s'il ne manque rien, proposa-t-il, n'arrivant pas à supporter de rester sans rien faire.

Malheureusement pour eux, les années passées dans la cave humide avait rendu le réchaud capricieux et ils mirent une dizaine de minutes à s’assurer qu'il fonctionnait correctement. La bouteille de gaz était pleine, ce qui leur assurait une relative autonomie pour les prochains repas. Lorsque la radio fut démarrée, elle émit un long grésillement avant de diffuser une chanson populaire, ce qui soulagea Erik. La qualité était bien moindre que celle qu’ils auraient pu espérer en écoutant via internet, mais cela suffirait. Marieke sortit son téléphone portable de sa poche pour pouvoir appeler les secours et avertir sa famille, mais il n’y avait aucune barre de signal, tout comme sur celui d’Erik. L’antenne la plus proche avait probablement cédé avec l’inondation.J'ai un problème de crédibilité ici. J'ai déjà pointé le fait qu'ils ne sont pas vraiment effrayé, ça peut-être le cas s'ils ont reçus un entrainement particulier en cas d'inondation, au autre. Mais il me manque la visualisation de l'eau qui monte, de l'eau qui pénètre dans la maison. Les premières gouttes qui perlent le long du cadre de la porte, les deux jeunes gens à quatre pattes en essayant de bloquer le liquide ect...

Ils s’aperçurent également qu’ils n’avaient pas pensé à l’eau potable. Marieke avait bien une gourde à moitié remplie et la bouteille de soda dans son sac, mais il n’y avait rien d’autre. Ne pouvant pas se permettre de gaspiller au vu de la situation, ils terminèrent le contenu avant de les remplir au robinet et de les ranger avec leurs affaires. Puis l’attente commença.

Les heures qui suivirent furent difficiles pour les deux jeunes gens. Sans électricité et les lampes torche commençant à donner des signes de faiblesse, leurs esprits apeurés imaginaient de sombres menaces tapies dans l’obscurité. La porte d’entrée avait fini par céder, bien après que les fenêtres se soient brisées lorsque le niveau de l’eau avait atteint la moitié de l’escalier. Cela faisait déjà plusieurs dizaines de minutes qu’ils restaient aux aguets. En jetant un œil vers le rez-de-chaussée, Marieke avait vu des débris divers et variés flotter à l’intérieur de la maison. Cette vision lui avait serré le cœur.

Lorsque l’eau eut presque atteint le premier étage de la maison, Marieke et Erik durent se résoudre à monter jusqu’au grenier en emmenant leurs affaires avant de se retrouver coincés devant la porte fermée à clef.

— C’est pas vrai ! jura le jeune homme en frappant la porte de ses poings. Pourquoi a-t-elle été fermée à clef ? On n’y met jamais les pieds, c’est ridicule !

— Il n’y a pas moyen de récupérer la clef ?

— A moins que tu ne souhaites faire de la plongée en apnée jusque dans l’entrée, non.

Marieke soupira. La situation allait envenimer rapidement s’ils ne trouvaient pas une solution pour monter se réfugier dans le grenier. Elle prit quelques minutes pour réfléchir tandis qu’Erik donnait des coups d’épaule dans la porte dans l’espoir de faire sauter le verrou. C’est alors que sa main tomba sur une épingle à cheveux qui retenait une de ses mèches rebelles.

— Pousse-toi, dit-elle, je vais essayer de crocheter la serrure.

Marieke passa une bonne vingtaine de minutes à essayer de débloquer le verrou. La porte, vieille et rouillée sur les bords, refusait de se laisser faire et sa serrure était bien abîmée par le temps. Mais une écoute attentive permit à la jeune femme de la déverrouiller. Il était temps : l’eau commençait à attaquer les premières marches de l’escalier et son ami commençait à paniquer.

Erik poussa la porte du grenier qui claqua contre le mur et ils jetèrent leurs affaires sur le sol avant de la refermer. Juste en dessous du toit, la tempête se faisait davantage entendre, en dépit de l’isolation qui assourdissait les bruits. Les deux amis furent contents de pouvoir s’installer tranquillement sur une surface sèche et leur panique commença à refluer. Même si l’eau continuait de monter, il était peu vraisemblable qu’elle atteigne le grenier. Ils entreprirent d’explorer la pièce afin de l’aménager au mieux pour les prochaines heures… ou prochains jours. Marieke découvrit une vieille armoire remplie de vieux vêtements poussiéreux tandis qu’Erik trébucha sur un carton rempli d’objets fragiles. Soudain, le rayon de leurs lampes torches illumina une forme étrange qui n’avait rien à faire dans un grenier...

— Un bateau ! s’exclama Marieke, les yeux ronds. Qu’est-ce qu’il fait là ?

— C’est celui de Papy Peter, dit Erik d’un air incrédule. Je pensais que mes parents l’avaient fait enlever depuis longtemps pour pouvoir aménager le grenier !

— Papy Peter ?

— Il s’agit de mon grand père, expliqua Erik. Il a vécu l’inondation massive des Pays Bas de 1963 pendant laquelle plusieurs membres de sa famille sont morts noyés, dont mon grand-oncle dont il était très proche, et il en est ressorti traumatisé. Comme il était menuisier, il a entrepris de construire un bateau dans le grenier afin de pouvoir survivre en cas de nouvelle inondation. Je me souviens de l’avoir observé quand j’étais petit pendant des heures à fabriquer les planches et à les monter ensemble.

— Pourquoi dans le grenier et pas dans la cave ? demanda Marieke en touchant le rebord du bateau.

Plutôt imposante, l’embarcation faisait tâche dans la pièce. Une épaisse couche de poussière l’avait recouvert, mais on pouvait encore voir la couleur blanche de sa coque. Lorsque la jeune femme braqua le faisceau de sa lampe à l’intérieur, elle découvrit avec surprise tout un matériel : seau pour écoper, des rames, des gilets de sauvetage et même une bouée blanche et rouge. Un mat était replié dans le fond du bateau, sa toile cirée impeccablement attachée.

— Parce qu’il aurait été inaccessible dès que la cave aurait pris l’eau. Ici, il est toujours possible de le sortir par le toit… oui, à ce que je vois, Papy Peter a apporté quelques améliorations à la toiture pour l’ouvrir en cas de problème.

Erik pointa sa lampe torche vers un des côtés du toit, où des attaches métalliques luisirent dans l’obscurité. Son grand-père avait bricolé un système permettant d’ouvrir une large portion du toit par lequel l’embarcation pouvait passer. Même si Marieke trouvait l’idée saugrenue (qui aurait conservé un bateau dans un grenier pendant autant d’années ?), elle bénissait la prévoyance du grand-père d’Erik aujourd’hui.

Les deux amis, épuisés par toutes ces péripéties, décidèrent qu’ils avaient eu assez d’aventures pour la journée et qu’il était temps d’aller dormir. Ils aménagèrent le coin le moins encombré du grenier pour s’allonger, profitant d’un vieux matelas défraîchi pour ne pas s’abîmer le dos. Ils s’endormirent dès que leurs têtes frôlèrent leurs oreillers.

Lorsque Marieke ouvrit les yeux, le vent s’était légèrement apaisé au dehors. Une lumière grisâtre filtrait à travers les vasistas percés dans le toit, faisant surgir le bateau du grand-père d’Erik des ténèbres. La jeune femme se leva en prenant garde à ne pas réveiller Erik toujours endormi et alla jeter un œil à la montée des eaux dans la maison. Heureusement pour eux, le niveau de la mer avait cessé de monter durant la nuit. Un lit avait réussi à se frayer un chemin dans le couloir, tandis que des débris divers et variés étaient répandus un peu partout. L’odeur d’algues et d’égouts était épouvantable.

Marieke battit en retraite, rassurée de voir qu’ils ne mourraient pas noyés, et monta sur une table aux pieds branlants afin d’ouvrir un vasistas et voir l’étendue des dégâts à l’extérieur. La mer s’étendait à perte de vue et sa couleur grise se confondait presque avec l’horizon envahi de nuages. Des morceaux d’arbres, de toitures et de clôtures flottaient ça et là, poussés par la force du vent. Il pleuvait toujours autant. La jeune femme fit la grimace : comment les secours réussiraient-ils à venir les sortir d’ici ? Heureusement qu’elle avait mis de côté autant de provisions que possible, même si le stock restait limité. La question de l’eau était plus problématique, ils allaient devoir se rationner. J'adore ce passage. Les descriptions sont vraiment bonnes, et l'histoire du grand-père d'Erik est excellente. Je vais peut-être mettre un bateau dans mon grenier maintenant ^^

Son regard tomba sur une maison un peu plus loin, plus petite que celle où ils se trouvaient. Le rez-de-chaussée n’était plus qu’un souvenir et l’eau commençait à se déverser par la fenêtre du premier étage. Un drap blanc accroché à l’encadrement claquait dans le vent, indiquant la présence de personnes dans la maison. Marieke se gratta nerveusement la tête : étaient-ils en sécurité ? La pluie tombant toujours, elle n’était pas certaine que leur maison soit assez élevée pour échapper à l’inondation. C’est alors que la fenêtre s’ouvrit, laissant le passage à une jambe vêtue d’un jean au dehors. Elle tâta avec précaution la solidité de la gouttière qui devait se trouver juste en dessous puis une deuxième jambe la rejoignit. Le corps d’un homme vêtu d’un manteau imperméable bascula alors vers l’extérieur avant de se courber sous la pluie battante. Lentement, il commença à patauger dans l’eau pour atteindre le toit. Une autre tête passa à travers la fenêtre, le suivant du regard.

L’homme n’arriva jamais jusqu’à la toiture. Une violente rafale de vent le déséquilibra et le fit chuter dans l’eau glacée. Il disparut pendant quelques secondes avant de remonter à la surface plusieurs mètres plus loin, tentant désespérément de lutter contre le courant. C’est alors que, surgissant de nulle part, un énorme tas de branchages apparut et fut emporté vers lui à une vitesse folle. L’homme se les prit de plein fouet et coula à nouveau pour ne plus remonter. Son compagnon, qui venait de sortir par la fenêtre, gesticula et poussa des cris lorsqu’il disparut sous l’eau. Les branchages furent arrêtés par deux arbres encore debout et qui résistaient tant bien que mal à la puissance de l’inondation.

Immédiatement, la personne plongea alors dans l’eau et Marieke, le ventre noué par la tragédie qui se déroulait sous ses yeux, la vit s’approcher des branchages afin de retrouver son compagnon. C’est alors qu’elle se décida à bouger, son cerveau reprenant le pas sur sa panique. Ils avaient un bateau et un système pour le faire sortir. Autant s’en servir ! Elle se précipita alors sur Erik et le secoua comme un prunier.

— Erik, réveilles toi, il y a urgence !

— Quoiquoiquoi, balbutia-t-il en papillonnant des yeux.

— Un de tes voisins est tombé à l’eau et s’est fait assommé par des branches flottantes ! Il faut aller l’aider !

Aussitôt réveillé par la nouvelle, Erik se dépêcha de sortir du lit. Il était inquiet.

— Je veux bien, mais comment faire ?

— On va sortir le bateau de ton grand-père d’ici et y aller, dit Marieke.

Le jeune homme ouvrit de grands yeux.

— Mais je ne sais pas comment ouvrir le toit ! Le mécanisme doit être totalement rouillé depuis le temps, cela fait une éternité qu’il n’a pas été actionné.

Cependant, Marieke ne l’écoutait déjà plus. Elle s’était approchée du dispositif d’ouverture de la toiture pour l’étudier avec attention. Il s’agissait d’un mécanisme comportant une poulie et des poids permettant de soulever la partie du toit qui avait été arrangée, le tout actionné par un manche à tourner bloqué par une protection. Le danger qu’ils couraient en ouvrant était que la force du vent arrache le toit et rende la situation encore plus délicate. Cependant, la vie de deux hommes était menacée et il fallait agir. La jeune femme ôta la protection permettant d’actionner le dispositif puis banda ses muscles. Ses doigts moites glissèrent à plusieurs reprises sur le plastique. Voyant qu’elle n’y arrivait pas toute seule, Erik vint l’aider. Grinçant et récalcitrant, le mécanisme finit par coopérer et ils ouvrirent un trou d’un mètre environ, laissant ainsi entrer le froid et l’humidité dans le grenier. Alors ici, j'ai souligne la répétition de cependant. Le vert, lui, montre le son "an". C'est un son réputé pour être moche à la lecture, et on dit qu'il faut s'en débarrasser, ou l'utiliser avec soin. La tu l'utilises énormément, notamment (je m'y met aussi) avec les participes présent. Bien qu'ils soient chouettes à utiliser pour décrire une action, il faut essayer de les remplacer par autre chose. Soit en tournant la phrase différemment, soit en utilisant "qui". Je les utilises beaucoup (trop) aussi, et on me le reproche chaque fois ;-)

Erik jeta un œil anxieux à la partie amovible du toit qui vibrait sous le vent. Ils l’avaient ouvert au maximum pour être certain de pouvoir sortir le bateau, mais il faudrait le refermer rapidement. Il jeta son imperméable à Marieke, qui l’enfila avant d’aller évaluer la distance entre le sol du grenier et la surface de l’eau. Elle fit la grimace.

— Il y a au moins deux mètres entre nous et l’eau…

La jeune femme jeta un coup d’œil aux voisins. L’homme qui avait plongé pour récupérer son compagnon avait réussi à le retrouver, mais le courant était trop fort pour qu’il puisse se mettre en sécurité. Il fallait se dépêcher et vite. Erik s’accroupit à côté d’elle et vit alors les voisins en difficulté.

— Sapristi, ce sont Koen et Fritz ! Que leur est-il arrivé ?

Marieke lui expliqua les événements dont elle avait été la spectatrice et son ami ne put s’empêcher de se ronger nerveusement les ongles. Koen et Fritz étaient deux voisins qui vivaient ensemble depuis aussi loin que remontait sa mémoire et qu’il connaissait depuis qu’il était tout petit. Erik ne se pardonnerait jamais s’il leur arrivait malheur alors qu’il avait la possibilité de les aider. Il accepta le plan que lui proposait son amie et ils se mirent au travail.

Heureusement pour eux, le grand-père d’Erik avait été prévoyant et ils trouvèrent tout ce dont ils avaient besoin pour amarrer le bateau au grenier une fois qu’il serait en bas. Une fois que tout fut installé, les deux amis se placèrent à la poupe.

— A trois, dit Erik. Un… deux… TROIS !

Bandant leurs muscles, ils poussèrent l’embarcation vers l’ouverture du toit. Leurs chaussures glissèrent sur le parquet avant de trouver une prise fixe. Centimètre par centimètre, le bateau glissa jusqu’à l’extérieur, jusqu’au moment où il bascula de lui-même à l’extérieur. SPLASH ! Les deux amis se précipitèrent vers l’ouverture, le cœur battant. Heureusement pour eux, il ne semblait pas être endommagé. Marieke descendit en premier, se laissant pendre par les bras au niveau de l’ouverture du toit, et sauta à l’intérieur de l’embarcation qui tangua sous son poids.

Quelques secondes plus tard, Erik la rejoignit de la même façon et défit la corde qui les amarrait à la maison. La jeune femme installa le moteur du bateau dans l’eau et commença à tirer pour le démarrer. Cependant, celui-ci ne s’alluma pas et la jeune femme constata avec effroi qu’il était entièrement vide. Erik empoigna alors les rames et se mit à pagayer avec énergie pour rejoindre Koen et Fritz à l’eau. à l'eau inutile me semble-t-il.

Au fur et à mesure qu’ils approchaient, la tête courbée sous la pluie battante, Marieke vit que Fritz, l’homme encore conscient, était à bout de forces. La tête hors de l’eau, il avait pris la position de la planche pour permettre à son compagnon de respirer tout en s’accrochant à un arbre pour ne pas dériver davantage. Une lueur d’espoir naquit dans ses yeux lorsqu’il les vit arriver près de lui. Marieke prit la place de son ami aux rames et manœuvra délicatement pour se positionner à quelques dizaines de centimètres tandis qu’Erik se penchait hors du bateau. Au bout d’un temps qui lui parut interminable, les deux hommes furent hissés à bord et Marieke sentit la boule d’angoisse au sein de son ventre se dissiper. Le corps de Koen était glacé et inanimé et les branchages avaient laissé des griffures sur ses mains et son visage. Erik et Fritz l’enveloppèrent dans une couverture en attendant de retourner à la maison.

Autant l’aller avait été rapide, autant le retour fut lent et pénible. Les éléments semblaient redoubler de force à chaque fois qu’ils parvenaient à gagner quelques mètres. Après une lutte éreintante contre le courant, Marieke réussit à attraper la corde qui pendait du grenier et amarra du mieux qu’elle put l’embarcation à la maison. Le retour dans le grenier fut également périlleux, puisque Koen était toujours inanimé. Erik dut improviser un système pour le hisser jusqu’en haut, ce qui ne se fit pas sans frayeur. Marieke crut rêver lorsqu’ils se retrouvèrent tous en sécurité à l’intérieur. Son ami referma le toit derrière eux.

— Est-ce qu’il va s’en sortir ? demanda Fritz avec inquiétude en frictionnant son compagnon avec une serviette. Il est glacé.

— Je ne sais pas, dit Marieke avec inquiétude en ramenant une autre serviette. Il faut le réchauffer le plus possible, il doit être tombé en hypothermie avec la température de l’eau. Je vais allumer le réchaud, cela l’aidera peut-être.

Erik la rejoignit lorsqu’il fut un peu plus sec. Ils mirent quelques minutes à placer correctement la bouteille de gaz et à allumer le réchaud. Une vague de chaleur bienfaisante les submergea, apportant un agréable réconfort après les terribles épreuves qu’ils venaient de passer. Ayant quelques connaissances en matière d’urgence, Marieke aida Fritz à dévêtir son compagnon et à le frictionner tandis qu’Erik s’occupait de faire chauffer de la soupe en boite pour leur remplir l’estomac.

Une fois que Koen fut soigné et placé sous une pile de couvertures destinées à le réchauffer, Fritz accepta de se sécher et de manger quelque chose avec ses sauveurs. Erik en profita pour allumer la radio, qui crachota quelques secondes avant de débiter la voix nasillarde d’un présentateur :

— … continue. Malgré les moyens mis à disposition par l’aide internationale depuis hier, les secours sont submergés par le nombre d’habitants en danger ou coincés dans leur maison. Des renforts devraient arriver d’ici demain. Il semblerait que la cause de cette inondation ne soit pas aussi naturelle que pouvaient le penser les météorologistes : en effet, les débris d’une digue ont été retrouvés il y a quelques heures, sur lesquels des traces d’explosifs ont été détectés.

Il s’interrompit et l’émission fut remplacée par de la musique durant plusieurs minutes.

— Excusez-moi pour cette interruption, reprit le présentateur. Nous venons d’apprendre à l’instant qu’un communiqué a été diffusé sur internet par le groupe militant Voor één groene wereld** revendiquant la responsabilité de cette inondation. D’après les premières recherches effectuées à leur sujet, il s’agirait d’un groupe d’éco-terroristes souhaitant montrer l’impact désastreux des activités humaines sur la planète et qui plaident une meilleure prise en compte du changement climatique...

— Comme si on avait besoin de ça, commenta Fritz d’un ton sarcastique. Si Koen meurt à cause d’eux, je ne leur pardonnerai jamais.

Marieke fit la moue. Elle était fermement convaincue des bienfaits de l’écologie et de protéger la planète dans l’intérêt des générations futures, mais elle n’était pas d’accord avec les écologistes radicaux qui n’arrivaient plus à se mettre à la place des autres et qui menaient des actions chocs parfois au détriment de ceux plus modérés. +1 ^^

Ils écoutèrent la fin du bulletin d’informations, qui répéta quelques consignes de sécurité ainsi que les localisations actuelles des secouristes, avant d’enchaîner sur une heure de musique. Erik fouilla dans les étagères poussiéreuses du grenier à la recherche d’un drap blanc leur permettant de signaler leur présence à l’intérieur de la maison, comme l’avait rappelé la radio. Il finit par mettre la main sur une taie d’oreiller jaunie, mais qui ferait l’affaire avec un morceau de ficelle. Marieke l’aida à la fixer bien en vue à un des vasistas, puis elle revint près de Koen, qui n’avait toujours pas ouvert les yeux. Elle lui prit la main et son visage prit un air préoccupé qui n’échappa pas à Fritz. Pas convaincu ici sur le fait que radio balance de la musique? je les aurait plutôt vu avoir un bulletin non stop lors d'une catastrophe aussi importante !

— Que se passe-t-il ?

— Il a arrêté de frissonner, mais sa peau est toujours glacée et je ne sens presque plus son pouls. J’ai bien peur que son hypothermie ne se soit aggravée. Si seulement nous avions un thermomètre, je pourrais vérifier sa température, mais celui de la trousse de secours n’a plus de pile…

Erik leva son téléphone portable vers la fenêtre, le seul qui possédait encore de la batterie.

— Je ne capte toujours pas de réseau avec cette tempête. Il va falloir que l’on sorte pour chercher du secours, surtout que nous n’avons pas assez d’eau pour nous tous.

— Il n’y a rien à des kilomètres à la ronde, fit remarquer Marieke. Je ne vois pas où nous pourrions aller et Koen est dans un état trop critique pour être déplacé.

Ils restèrent un instant silencieux, examinant les possibilités qu’ils avaient à leur disposition.

— Il y aurait peut-être un moyen, dit lentement Fritz. A quelques kilomètres d’ici se trouve une tour de radio. Je pense que ses émetteurs doivent être assez puissants pour que nous puissions contacter les secours.

— Bonne idée ! s’enthousiasma Marieke. Te souviens-tu de sa localisation ?

— Oui, elle n’est pas très loin de la gare. Cependant, j’ai bien peur que sa localisation soit compliquée puisque les routes ont disparu sous l’eau.

— Il devrait y avoir un plan dans un coin, dit Erik.

Le jeune homme se précipita sur un des sacs que la jeune femme avait monté avant l’inondation de la maison et se mit à fouiller énergiquement à l’intérieur, sortant des piles de livres et de papiers. Marieke et Fritz le regardèrent s’agiter sans savoir quoi faire pour l’aider.

— Je l’ai ! s’exclama soudain Erik en brandissant un épais papier plié. C’est la carte de la région, cela devrait nous aider à nous orienter.

— La route a disparue, répliqua Fritz d’un ton amer, comment comptes-tu t’orienter sans boussole ? Je parie que vos smartphones sont à plat donc vous ne pourrez pas compter dessus.

— Je vis ici depuis ma naissance et je pense que je réussirais à m’en sortir grâce aux toits des maisons ainsi qu’aux arbres encore debout. En revanche, ce qui me préoccupe davantage est la probable coupure de la tour de radio.

— Nous verrons bien sur place, dit Marieke d’un ton impatient. Sinon, nous naviguerons jusqu’à trouver une ville. Plus nous attendons, plus Koen a de chances d’y passer.

Erik et Fritz échangèrent un regard en chiens de faïence avant de se détourner. Le premier alla enfiler ses affaires encore mouillées de leur précédente expédition sous la pluie tandis que le second reprenait sa place auprès de son compagnon inerte. Marieke récupéra son sac à dos et y fourra sa gourde à moitié pleine ainsi qu’une boite remplie de sandwichs au beurre de cacahuète qui restaient du petit-déjeuner. Elle prit également la trousse de secours qu’ils avaient récupéré dans le bateau pour soigner les égratignures de Koen puis s’avança vers l’ouverture du toit.

— Prêt ? demanda-t-elle à son ami.

— Oui, répondit Erik d’un air sombre.

La pluie s’était calmée depuis leur dernière sortie, mais Marieke ne pouvait s’empêcher de regarder l’horizon avec inquiétude. Le vent continuait de souffler fortement et transformait les débris des maisons en de dangereux objets se mouvant à une vitesse affolante. Ils avaient levé les voiles pour aller plus vite, mais la jeune femme devait sans cesse batailler pour ne pas dériver, et le fait qu’Erik ne connaisse rien en navigation ne lui facilitait pas la tâche. Au bout d’un long moment, son ami poussa une exclamation de joie.

— Là bas !

La tour de transmission se dressait au milieu de l’eau. Très haute et surplombée d’une immense antenne striée de blanc et de rouge, elle était recouverte d’un revêtement imitant la brique. De petites fenêtres au rebord blanc étaient percées ça et là.

Une bourrasque de vent plus violente que les autres fit violemment tanguer le bateau, envoyant Erik qui s’était penché par-dessus le bastingage en arrière, et Marieke dut utiliser toute la force de ses muscles pour contrôler les voiles qui partaient dans tous les sens. Il leur fallut quelques minutes supplémentaires pour atteindre la base de la tour. Cependant, leur joie fut de courte durée : la porte d’entrée était à plusieurs mètres sous l’eau et la première fenêtre était trop haute pour y accéder facilement. Erik évalua la distance qu’ils auraient à escalader et fit la grimace.

— C’est plus haut que le grenier, mais il n’y a pas d’autre moyen de rentrer dans cette fichue tour. Quand il faut y aller, il faut y aller.

Marieke émit un drôle de bruit, comme si on venait d’écraser une souris. Au vu des conditions météorologiques catastrophiques, il lui semblait improbable qu’il réussisse à grimper facilement sur ces briques glissantes. Un coup de vent la rappela à l’ordre et elle batailla contre les bourrasques pour les maintenir près de la tour.

— Pas trop haut ? Il y a au moins trois mètres !

— Je vais y arriver, répéta Erik avant de saisir un cordage lové qui traînait au fond du bateau.

Il se dirigea vers le bord de l’embarcation le plus proche de la tour et se servit du rebord afin de pouvoir saisir des prises plus hautes. Penché au dessus de l’eau opaque, Erik était tellement concentré qu’il ne s’aperçut pas qu’il risquait de tomber s’il ne se dépêchait pas. L’élan qu’il prit pour monter éloigna le bateau de la tour et Marieke ne put que regarder avec inquiétude son ami s’accrocher à la tour. Il vacilla quelques secondes, luttant pour ne pas tomber avec les rafales de vent, puis commença à gravir la distance qui le séparait de la fenêtre. Lorsqu’elle revint au pied de la tour, son cœur s’arrêta de battre en voyant le pied d’Erik glisser sur les briques humides. Déséquilibré, le jeune homme tomba dans l’eau froide et disparut sous la surface. Il réapparut rapidement en crachant un jet d’eau et réussit à se cramponner à la tour pour ne pas se faire emporter par le courant. Le cœur battant à tout rompre, Marieke manœuvra le bateau pour le récupérer, mais ne fit aucun commentaire en voyant l’air déterminé de son ami. Ils n’avaient pas d’autre solution, il fallait arriver à monter. La seconde tentative fut la bonne et, après un ultime effort, Erik atteignit enfin le rebord de la fenêtre.

La jeune femme poussa un long soupir soulagé. Son ami cassa la vitre d’un coup de coude puis tourna l’espagnolette de l’intérieur pour pouvoir entrer. Pendant quelques longues minutes durant lesquelles Marieke continua de batailler contre les éléments, il fut hors de vue jusqu’à ce qu’une longue corde jaillisse de la fenêtre ouverte. Elle fendit les airs jusqu’à atteindre la surface de l’eau, à plusieurs mètres du bateau. Marieke dut diriger prudemment l’embarcation pour la récupérer puis accrocha la corde à la proue avant de s’occuper des voiles qui claquaient au vent. Une fois qu’elles furent abaissées et rangées, la jeune femme utilisa la corde pour se rapprocher de la tour et la fixa solidement à la proue une fois arrivée. Le bateau tanguait dangereusement, mais Marieke prit le temps de s’assurer que l’embarcation ne se retourne pas pendant leur absence. Erik passa alors la tête par la fenêtre.

— Qu’est-ce que tu attends ? hurla-t-il.

— J’assure nos arrières ! répondit la jeune femme avant de prendre son sac à dos.

Elle posa ses mains sur la brique et commença à escalader, s’aidant de la corde lorsqu’elle dérapait sur la pierre mouillée. Erik la regarda monter avec inquiétude et tendit le bras afin de l’aider à parcourir les derniers centimètres.

Marieke poussa un long soupir de soulagement lorsqu’elle arriva enfin à l’intérieur. Ses cheveux trempés lui collaient à la figure et elle avait l’impression d’être une rescapée de noyade tant son manteau dégoulinait de pluie sur le sol. Ils étaient arrivés sur une volée de marches abruptes qui menait jusqu’en haut de la tour. Erik avait sommairement enroulé la corde reliée au bateau autour de la rampe métallique et la jeune femme refit un nœud plus solide pour éviter qu’elle ne prenne la poudre d’escampette. Les deux amis prirent quelques minutes pour essorer leurs vêtements puis ils se mirent en route.

La montée fut rude pour leurs jambes déjà fatiguées par le voyage. Au début de l’ascension, Marieke avait machinalement retenu le nombre de marches gravies, mais elle avait cessé de compter à partir de la centaine. Les muscles de ses cuisses l’élançaient douloureusement. Après une nouvelle volée de marches, ils arrivèrent hors d’haleine sur le seuil d’une grande pièce circulaire faiblement éclairée par la lumière grisâtre de l’extérieur. Une grille de sécurité anciennement peinte en rouge les séparait de l’intérieur et grinça lorsqu’ils l’ouvrirent pour entrer. Des sièges élimés étaient disposés un peu partout devant de grands panneaux recouverts d’instruments. Sur les murs étaient affichés plusieurs feuilles de papier rappelant des instructions de base – ne pas manger ni boire dans la pièce, faire attention à bien refermer la grille de sécurité – ainsi que quelques posters de destinations paradisiaques.

Certains des instruments clignotaient encore, preuve que l’électricité n’avait pas été encore coupée. Assez volumineux, leur apparence laissait penser qu’ils étaient assez anciens et ils étaient bourrés de boutons et d’écrans dont la moitié était éteint. Soulagée de voir que tout fonctionnait encore, Marieke s’approcha d’un appareil, mais elle ne comprenait rien aux abréviations inscrites. Heureusement, Erik avait intégré une association de radioamateurs à son entrée à la fac et connaissait quelques bases. Un récapitulatif jauni et écorné indiquant les étapes d’utilisation des appareils avait été accroché dans un coin de la pièce, ce qui allait leur faciliter la vie. Il fallait faire vite, car tout pouvait être coupé d’un moment à l’autre si l’isolation des câbles électriques lâchait.

Après avoir lu attentivement les consignes, Erik se dirigea vers une série d’appareils à droite et étudia les différents boutons présents. Il bascula un interrupteur, tripota plusieurs leviers puis appuya sur un bouton. Une petite lumière rouge apparut et Erik saisit un micro relié par un fil à l’appareil. Il commença à parler tandis que Marieke attendit en silence, le cœur battant.

— Ici Erik Janssens avec Marieke Huisman, en communication depuis la tour de transmission de Het Zeepe. Nous avons été bloqués suite à l’inondation d’hier et avons besoin de secours à l’adresse suivante : A van de Weijdeweg 10 4328 PT. Un de nos voisins est en situation d’hypothermie et son état s’aggrave d’heure en heure. Me recevez-vous ?

Le grésillement de la radio résonna dans la pièce vide. Il ne leur restait plus qu’à attendre.




Alors : Déjà je tiens à dire que malgré mes remarques, c'est globalement très bien écrit. Je me suis rapidement pris au texte, les description sont très bonnes, c'est concis et clair.
J'aime beaucoup le sujet abordé, la question des terres gagnées sur la mer a encore plus d'impact avec la situation actuelle de l'augmentation du niveau de la mer. Y'a juste le fait de ne pas avoir une grosse vague quand la digue se casse qui me paraît bizarre ^^

Au niveau de l'écriture, y'a quelques répétitions que j'ai essayé d'annoter et l'utilisation trop fréquente du participe présent. Couplé au Cependant ect... ça donne quelque chose d'indigeste dans certains paragraphes. Personnellement ce n'est pas un truc qui me choque, mais c'est ce qui définit pour beaucoup un bon texte... En gros, si tu peux en supprimer quelques uns, tu ne sera que gagnante ^^

Attention a bien rendre ton texte réaliste, surtout dans la première moitié. L'eau monte, c'est super dangereux, et on doit mieux s'en rendre compte. Les deux protagonistes je les verrais plus angoissés que ça, a essayé plein de trucs pour empêcher l'eau de rentrer. Après c'est toi la chef, peut-être suis-je passé à côté d'infos ^^

En bref, c'est vraiment un texte que j'ai apprécié, tu as une jolie plume ! :D
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Alwine
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MessageSujet: Re: Overstroming   Jeu 29 Mar 2018 - 13:52

Salut Arwen, mille mercis pour ton commentaire ! Je ne m'attendais pas à en recevoir un si vite. Merci aussi pour son exhaustivité.

Concernant les répétitions et les petits défauts, je n'avais pas repéré ces problèmes. Je les rajoute à la liste des points auxquels il faut que je fasse attention durant la relecture.

Ensuite, quand au fait de la non-panique de l'eau qui monte, c'est tout simplement parce que l'histoire se passe aux Pays Bas. Les Néerlandais connaissent les dangers de l'inondation et sont formés depuis tous petits à agir en cas de problèmes (bien que j'ai du faire des recherches car je n'étais pas au courant, mais c'est peut-être parce que je suis fille d'expatriés et non native). Ils savent nager dans l'eau avec des vêtements, plonger sous des obstacles et sauver des gens en train de se noyer s'ils ont passé le diplôme. C'est pourquoi je me suis dis qu'ils seraient bien moins angoissés que s'il y avait une inondation similaire en France, où les habitants sont moins préparés. Après, j'ai aussi peut-être totalement foiré mon coup Merci aussi pour les petites incohérences relevées, notamment avec la musique en temps de catastrophe (mais pourquoi ai-je écris ça ? :rire: )

Bref, merci :D

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Arwen
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MessageSujet: Re: Overstroming   Jeu 29 Mar 2018 - 15:24

Avec plaisir !

Effectivement présenté comme ça c'est logique. Peut-être le suggérer en début de texte alors ?

Aha, ce sont les petits détails qu'on ne voient jamais :D
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Alwine
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MessageSujet: Re: Overstroming   Jeu 29 Mar 2018 - 16:09

Hm, tu veux dire préciser qu'ils savent nager/se débrouiller en cas de problème dans le texte ? J'ai précisé avec le journal télévisé le pays dans lequel l'histoire se passe et j'ai fais référence par le biais de Marieke aux instructions que le gouvernement donne réellement aux Néerlandais en cas d'inondation. Peut-être l'amener d'une autre manière du coup ?

Contente que tu ai aimé en tout cas ! J'ai souffert pour l'écrire, mais le résultat me plaît. J'essayerai d'écrire davantage de récits apo/post-apo dans l'avenir :)

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Arwen
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MessageSujet: Re: Overstroming   Jeu 29 Mar 2018 - 16:19

Effectivement je ne me rappelais plus de ces infos. Il faudrait un avis supplémentaire peut-être, mais suggérer qu'ils ont eu un "entraînement spécial" peut-être bénéfique. Néanmoins c'est vrai qu'on s'en doute en comprenant que ça se passe aux Pays-Bas ^^ Je ne sais pas du coup :p

Je te lirais ! J'ai bien aimé celui-ci :)
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Ouppo
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MessageSujet: Re: Overstroming   Lun 9 Avr 2018 - 16:54

Je viens commenter avec des avis personnels et des ressentis, ce que je dis n'est pas objectif. ^^'


[justify]— Pour finir ce journal, un dernier mot à propos des négociations pour la COP28. D'après notre envoyé spécial, les accords entre les pays auraient tourné court suite à l'intervention du nouveau président de la République française, ouvertement climato-sceptique dans ces dernières déclarations. Les données fournies par la ministre de l’Environnement français lui ont permis de démontrer auprès des autres chefs d'état que le changement climatique n'était qu'une mascarade et que les hausses de température alarmantes signalés par l’organisme météorologique national résultaient d’une erreur dans les relevés, probablement du à un matériel défaillant. En effet, les températures sur le territoire français sont dans les normes de saison depuis deux ans. Convaincus par ses arguments, les États ont ainsi décidé qu’il était inutile de poursuivre les efforts définis par l’accord de Paris, ratifié il y a de cela une dizaine d’années. L'Allemagne a tenté de contrer les propos du président français avec des études indépendantes sans grand succès. C'est ainsi que ce clôt ce journal.

Et voici maintenant la météo avec Tineke.

Madame, Monsieur, bonsoir. L'évolution de la tempête, amorcée depuis vendredi, est loin d'être rassurante : en effet, celle-ci va être renforcée à partir de cette nuit par des courants venteux venant de la grande Bretagne pour frapper toute la façade de la mer du Nord, placé en alerte maximale depuis hier. La dépression à l'origine de la tempête continue d'arriver depuis les pays scandinaves et il est prévu qu'elle dure jusqu'au milieu de la semaine prochaine. Pour cette nuit, de fortes rafales de vent vont parcourir le littoral de la Zelande ainsi que de la Hollande Méridionale et Septentrionale. Flevoland, la Frise et Groningue sont également menacés. Météo Pays Bas a prévu des rafales jusqu'à 150km/h sur les côtes de l'ouest, 130 au milieu des terres, et elles devraient remonter jusqu'à l'Allemagne et le Luxembourg. Le gouvernement Néerlandais recommande aux habitants de rester chez eux jusqu'à la fin de la tempête, notamment ceux près des marais salants. Bien que les digues tiennent le choc jusqu'à maintenant et soient soigneusement surveillées, il n'est pas impossible que la force du vent puisse faire déborder la mer et inonder une partie du pays. La plus grande prudence s'impose donc jusqu'à mercredi soir au moins, moment où le vent devrait progressivement retomber.


J'ai trouvé tout le texte en italique lent et long. C'est bien écrit, mais je trouve que leur longueurs est désagréable et introduit le texte assez lentement. Je suis plus fan de in medias res donc je ne suis pas objectif.


La sonnette retentit, sortant Erik des déprimantes nouvelles qui s'annonçaient. Il jeta un œil à l'extérieur : il ventait et pleuvait si fort que l’eau tambourinait contre les fenêtres comme si une horde de zombies tentait d’entrer dans la maison. Lorsqu'il ouvrit la porte, une silhouette dégoulinante se tenait face à lui. Seuls deux yeux marron sortaient de dessous la capuche, un soulagement visible dans le regard. Le jeune homme blond sourit et s’écarta pour la laisser entrer dans la maison.

Je trouve la deuxième phrase longuette. Le "il jeta un œil" n'est pas forcément utile puisque la deuxième partie de la phrase porte sur l'ouïe. Le "si fort" ne rajoute pas vraiment de punch à la phrase et l'allonge encore plus, tout en étant selon moi pas très élégant. On a une répétition de verbes en "ait" et deux "si" qui alourdi la phrase.

Le reste du paragraphe est très bien.  



— Sale temps, n'est-ce pas Marieke ?

— Tu m'en diras tant Erik, grogna son interlocutrice. Heureusement que j'ai pensé à prendre un change.

Ah. Dans les dialogues le "Comment ça va, Machin ?" "Très bien mon ami, Truc." Je trouve ça très très peu naturel, je suis plutôt sûr que tu ne dis pas ça tous les jours avec tes amis proches ou alors sur le ton de la blague.

Elle secoua ses cheveux trempés, faisant voler des gouttes d'eau dans tous les sens. Erik prit son manteau pour le faire sécher près d'un radiateur pendant que la jeune femme vidait le liquide contenu dans ses chaussures à l'extérieur. Une fois sèche et vêtue de vêtements propres, Marieke se laissa tomber sur le canapé du salon avec un grognement de satisfaction.

Ah, je suis relou. Je le sens moi-même, mais la deuxième phrase est toujours trop lourde à mon goût. "Erik prit son manteau pour le faire sécher près d'un radiateur", c'est plusieurs mots de trop. Pour te donner une idée de comment j'aime, sans vouloir prétendre à quoi que ce soit, j'aurais écrit : "Erik mit son manteau à sécher près du radiateur". On a pas besoin de savoir qu'il y a plusieurs radiateurs dans la maison, juste "du" suffit, c'est la tournure qu'on utilise tous les jours, c'est plus fluide aussi.

Pour la deuxième partie de la phrase, "pendant que la jeune femme vidait le liquide contenu dans ses chaussures à l'extérieur." C'est trop long aussi, tu peux presque faire une phrase pour chaque partie.

Je pense que tu as utilisé "liquide" parce que tu avais dis "eau" plus tôt, mais ça se voit et ça sonne pas bien, c'est forcé. Puisque tu parlais d'eau dans ses cheveux et que tu as déjà évoqué la pluie, que dis-je la tempête, tu n'es pas obligé de préciser le contenu, normalement on peut faire le lien. Si tu veux que ça reste simple à comprendre qu'elle vide l'eau dans ses chaussures tu peux essayer une métaphore : "pendant que la jeune femme vidait ses piscines de pieds" ou "pendant ce temps la jeune femme vida ses chaussures".
Pas besoin non plus de préciser où elle les vident, on peut parfaitement laissé ça à l'imagination du lecteur.


— Ça fait du bien d'être enfin au chaud ! soupira-t-elle. La route était interminable avec ces trombes d'eau. Vivement que la tempête se dissipe. Alors, qu'as-tu prévu ce soir ?

— J'ai plusieurs nanars bien mauvais que des copains m'ont passés, dit Erik avec un sourire jusqu'aux oreilles, on va bien rigoler. Tu as ramené de quoi grignoter et boire ?

— Oui, j'ai tout ce qu'il faut pour nous faire monter la glycémie toute la nuit ! Jolie expression.

Marieke sortit de son sac à dos plusieurs sacs de pop-corn, des barres chocolatés et une énorme bouteille de soda qu'elle posa sur la table basse tandis que son ami s'occupait de lancer le premier nanar de la soirée.

On peut enlever "qu'elle posa" et remplacer par "sur" puisqu'il y a le verbe "sortit" plus tôt. Il y a répétition de "sac", remplace par "paquet" peut-être ? Rajoute des virgules aussi et des points même.

Le film n’avait commencé que depuis quelques minutes lorsqu’un énorme bruit retentit au dehors, tel un arbre venant d'être déraciné. Surpris, les deux jeunes gens mirent le film en pause et écoutèrent d'une oreille tendue. Le vent soufflait plus fort que jamais, faisant craquer les arbres et projetant de violentes giclées de pluie contre les fenêtres de la maison. Pourtant, au travers du tumulte, se faisait entendre un grondement sourd encore plus fort que tout le reste. Marieke jeta un regard déconcerté à Erik avant de se ruer à ses côtés vers la porte d'entrée. Malgré les trombes d'eau qui tombaient du ciel et l'obscurité, les deux jeunes gens distinguèrent au loin une énorme forme noire en travers de la route.

Tu pourrais enlever "mirent en pause et". Il y a une répétition avec la phrase du début pour "arbre". Ensuite, je sais pas, mais pour moi "giclée" c'est pas très impressionnant, même une violente giclée.

— Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Un arbre ?

— Probablement, répondit Erik en plissant les yeux pour mieux voir. Je ne sais pas comment tu vas faire pour rentrer demain, il a l'air de barrer toute la route… mais il bouge !

Marieke avança sur le perron afin de disposer d’un meilleur champ de vision.

— Tu as raison, il flotte. Cela me semble être de mauvais augure avec toute cette pluie…

Ils n'eurent pas longtemps à attendre : le tronc d'arbre se mit à bouger de plus en plus vite dans leur direction. En passant sous un lampadaire, ils distinguèrent une vague d'eau scintiller sous la lumière. D’un gris presque noir, opaque et parsemée de mousse blanche, elle engloutissait tout sur son passage : arbres, route, maisons. Des alarmes retentissaient dans le lointain, indiquant que les digues avaient cédé. Des cris résonnèrent aux alentours, augmentant l'inquiétude chez les deux amis. Marieke voulut se précipiter vers son vélo pour le détacher et le ramener en sûreté à l'intérieur, mais son ami la retint. Il la poussa à l'intérieur de la maison avant de fermer la porte à double tour.

C'est cool, j'arrive bien à visualiser la scène, c'est jolie. Après je râle encore sur une phrase trop longue et pas belle, à mon sens. "Marieke voulut se précipiter vers son vélo pour le détacher et le ramener en sûreté à l'intérieur, mais son ami la retint". Quant à "maison" je crois qu'il est pas utile.

— Mon vélo ! s'écria la jeune femme en se débattant.

— C’est toi ou lui, rétorqua Erik avant de se mettre à calfeutrer la porte à l'aide de sacs plastiques qui se trouvaient dans l'entrée. Je te préfère toi.

Y a vraiment des gens qui voient une crue qui engloutit des maisons et qui se disent : "Oh non. Mon vélo va être cassé. Je vais aller dehors pour le récupérer"

Un instant déstabilisée, Marieke finit par venir l’aider à combler les interstices autour de la porte d'entrée avant de poursuivre sa tâche dans le salon. Elle enfonça une vieille couverture dans la fente entre une porte vitrée menant vers l’extérieur et le sol avant de pousser un cri d'horreur.

— Le jardin est complètement inondé !

L'air sombre, Erik la rejoignit et contempla ce qu'il en restait : l'eau avait déjà envahit la plupart des plates-bandes et l’élégant gravier blanc qui parsemait l'allée menant à la porte de la maison n'était plus qu'un souvenir. Le vélo que Marieke avait accroché aux barrières du jardin était toujours là, mais ses roues trempaient déjà dans l'eau noire qui brillait à la lumière des réverbères encore allumés. Certains d’entre eux commençaient à pencher dangereusement, cédant sous la puissance de l’eau. Boucher les interstices ne suffirait probablement pas pour protéger la maison contre l'inondation qui s'annonçait.

— Laisse tomber, on n'y arrivera pas à temps. Est-ce que tu te souviens des recommandations du gouvernement en cas d'inondation ? Tu as une meilleure mémoire que moi.

Marieke ferma les yeux et fronça les sourcils en tentant de se souvenir des indications.

— Tant que l'eau n'a pas dépassé vingt centimètres, nous pouvons encore partir d'ici en voiture. Sinon, il faut stocker les objets importants en hauteur et au sec, comme la trousse d'urgence, les papiers vitaux ou de la nourriture. Il faut aussi calfeutrer les interstices avec des sacs de sable et écouter les informations à la télévision ou à la radio pour se tenir au courant des mouvements des secours.

Elle rouvrit les yeux et lança un coup d'œil inquiet vers Erik. Ses parents avaient pris la voiture en partant durant la matinée et l’eau montait si vite qu’il était trop dangereux de partir à pied pour rejoindre la ville la plus proche. Quand aux sacs de sable, soigneusement rangés dans le cabanon du jardin, ils étaient déjà hors d’atteinte.

— Il nous faut donc mettre des provisions et les choses importantes en sécurité, lui dit son ami. Y a-t-il autre chose ?

— Si tu as une radio à piles, énuméra Marieke, prends-la pour que l'on puisse se tenir au courant de la situation. Je ne suis pas certaine que la 3G marche encore avec cette tempête, j’avais de grosses difficultés à me connecter tout à l’heure. Je vais m'occuper des provisions. Si tu trouves un réchaud portable ou quelque chose comme ça, cela pourrait nous aider à tenir le temps que les secours arrivent, surtout si l’inondation les empêche d’intervenir pendant plusieurs jours. Enfin, il faut couper l'électricité pour éviter les risques d'électrocution. Est-ce que tu peux faire tout ça ?

Erik hocha la tête d’un air entendu avant de précipiter dans le salon tandis que Marieke prenait le chemin de la cuisine. Elle ouvrit tous les placards et fourra dans un sac tout ce qu'elle pouvait trouver de comestible et peu compliqué à cuisiner : fromage, beurre de cacahuète, jambon, hagelslag, boite de légumineuses, stroopwaffels et surtout plusieurs paquets de pain qui leur permettrait de confectionner des sandwichs. Elle rafla également quelques pots de nouilles instantanées et des boites de conserve en espérant que le réchaud suffisait pour les faire chauffer. Erik fit un rapide détour pour lui laisser une lampe torche et un sac de papiers importants à monter avant de disparaître dans la cave. Une casserole et une poêle rejoignirent le tout avant qu'elle ne se décide à monter les sacs qui pesaient déjà lourds. Il était temps : l'eau, faisant fi du calfeutrage de la porte, envahissait déjà le couloir de la maison. L’odeur était forte, similaire à un mélange d’algues et d’égouts. Marieke remonta le couloir en marchant à pas lents, grimaçant lorsque le liquide infiltra ses chaussettes. Elle passa à côté de la porte de la cave ouverte, par laquelle le flot commençait déjà à se déverser à l’intérieur goutte par goutte. Elle passa la tête à travers l'encadrement.

— Dépêche-toi Erik, l'eau a déjà commencé à s'infiltrer à l'intérieur de la maison !

— Oui, je fais au mieux, c'est le bazar ici. Mes parents n’ont jamais compris le sens du mot « rangement » dans la cave !

La jeune femme monta pesamment les marches raides de l'escalier et déposa sa charge sur le haut avant de redescendre. L'eau sale était partout à présent : dans le salon, le tapis blanc qui faisait la fierté de la mère d’Erik était à présent marron et les pieds du canapé avaient presque entièrement disparu dans le liquide opaque. Pataugeant jusqu'à l’entrée, Marieke récupéra des bottes en train de flotter dans l'entrée ainsi que leurs manteaux avant de se réfugier dans l’escalier. Ses chaussettes détrempées la faisaient glisser à chaque pas, aussi ne tenta-t-elle pas une dernière descente de peur de se casser la figure. Erik sortit enfin de la cave avec un réchaud poussiéreux et l'appela afin qu'elle puisse le monter au premier étage. Il récupéra également une bouteille de gaz qu'il avait aperçu sur l'étagère, une vieille radio et redescendit une dernière fois pour éteindre le panneau électrique. Un gros CLAC retentit et la maison fut plongée dans le noir. Effrayée durant une fraction de secondes, Marieke se dépêcha d'allumer sa lampe torche et fut rassurée de voir celle de son ami remonter de la cave. Erik observa d'un air crispé la mer qui avait envahit sa maison puis ils se dirigèrent rapidement vers l'escalier afin de se mettre en sécurité.

— Heureusement que Papa et Maman ne sont pas là, ils vont piquer une crise lorsqu'ils reviendront…

Marieke eut un rire étranglé et ôta ses chaussettes mouillées qui lui gelaient les pieds. Erik l'imita après avoir récupéré des serviettes dans la salle de bain puis ils s'installèrent près de leurs affaires, écoutant silencieusement la mer se déverser dans la maison et le vent souffler toujours aussi fort dehors. La porte craquait sous la pression de l’eau, mais elle résistait encore.

— Faisons l'inventaire de ce que nous avons pour voir s'il ne manque rien, proposa-t-il, n'arrivant pas à supporter de rester sans rien faire.

Malheureusement pour eux, les années passées dans la cave humide avait rendu le réchaud capricieux et ils mirent une dizaine de minutes à s’assurer qu'il fonctionnait correctement. La bouteille de gaz était pleine, ce qui leur assurait une relative autonomie pour les prochains repas. Lorsque la radio fut démarrée, elle émit un long grésillement avant de diffuser une chanson populaire, ce qui soulagea Erik. La qualité était bien moindre que celle qu’ils auraient pu espérer en écoutant via internet, mais cela suffirait. Marieke sortit son téléphone portable de sa poche pour pouvoir appeler les secours et avertir sa famille, mais il n’y avait aucune barre de signal, tout comme sur celui d’Erik. L’antenne la plus proche avait probablement cédé avec l’inondation.

Ils s’aperçurent également qu’ils n’avaient pas pensé à l’eau potable. Marieke avait bien une gourde à moitié remplie et la bouteille de soda dans son sac, mais il n’y avait rien d’autre. Ne pouvant pas se permettre de gaspiller au vu de la situation, ils terminèrent le contenu avant de les remplir au robinet et de les ranger avec leurs affaires. Puis l’attente commença.

Tu utilises deux fois "mais il n'y avait" ce qui ne fait pas une répétition dégoutante, mais sonne assez monotone.


Les heures qui suivirent furent difficiles pour les deux jeunes gens. Sans électricité et les lampes torche commençant à donner des signes de faiblesse, leurs esprits apeurés imaginaient de sombres menaces tapies dans l’obscurité. La porte d’entrée avait fini par céder, bien après que les fenêtres se soient brisées lorsque le niveau de l’eau avait atteint la moitié de l’escalier. Cela faisait déjà plusieurs dizaines de minutes qu’ils restaient aux aguets. En jetant un œil vers le rez-de-chaussée, Marieke avait vu des débris divers et variés flotter à l’intérieur de la maison. Cette vision lui avait serré le cœur.

Lorsque l’eau eut presque atteint le premier étage de la maison, Marieke et Erik durent se résoudre à monter jusqu’au grenier en emmenant leurs affaires avant de se retrouver coincés devant la porte fermée à clef. Tu peux enlever le "fermée à clef" puisque tu le redis dans la dialogue en dessous.

— C’est pas vrai ! jura le jeune homme en frappant la porte de ses poings. Pourquoi a-t-elle été fermée à clef ? On n’y met jamais les pieds, c’est ridicule !

— Il n’y a pas moyen de récupérer la clef ?

— A moins que tu ne souhaites faire de la plongée en apnée jusque dans l’entrée, non.

Marieke soupira. La situation allait envenimer rapidement s’ils ne trouvaient pas une solution pour monter se réfugier dans le grenier. Elle prit quelques minutes pour réfléchir tandis qu’Erik donnait des coups d’épaule dans la porte dans l’espoir de faire sauter le verrou. C’est alors que sa main tomba sur une épingle à cheveux qui retenait une de ses mèches rebelles.

— Pousse-toi, dit-elle, je vais essayer de crocheter la serrure.

Marieke passa une bonne vingtaine de minutes à essayer de débloquer le verrou. La porte, vieille et rouillée sur les bords, refusait de se laisser faire et sa serrure était bien abîmée par le temps. Mais une écoute attentive permit à la jeune femme de la déverrouiller. Il était temps : l’eau commençait à attaquer les premières marches de l’escalier et son ami commençait à paniquer.

Erik poussa la porte du grenier qui claqua contre le mur et ils jetèrent leurs affaires sur le sol avant de la refermer. Juste en dessous du toit, la tempête se faisait davantage entendre, en dépit de l’isolation qui assourdissait les bruits. Les deux amis furent contents de pouvoir s’installer tranquillement sur une surface sèche et leur panique commença à refluer. Même si l’eau continuait de monter, il était peu vraisemblable qu’elle atteigne le grenier. Ils entreprirent d’explorer la pièce afin de l’aménager au mieux pour les prochaines heures… ou prochains jours. Marieke découvrit une vieille armoire remplie de vieux vêtements poussiéreux tandis qu’Erik trébucha sur un carton rempli d’objets fragiles. Soudain, le rayon de leurs lampes torches illumina une forme étrange qui n’avait rien à faire dans un grenier...

— Un bateau ! s’exclama Marieke, les yeux ronds. Qu’est-ce qu’il fait là ?

— C’est celui de Papy Peter, dit Erik d’un air incrédule. Je pensais que mes parents l’avaient fait enlever depuis longtemps pour pouvoir aménager le grenier !

— Papy Peter ?

— Il s’agit de mon grand père, expliqua Erik. Il a vécu l’inondation massive des Pays Bas de 1963 pendant laquelle plusieurs membres de sa famille sont morts noyés, dont mon grand-oncle dont il était très proche, et il en est ressorti traumatisé. Comme il était menuisier, il a entrepris de construire un bateau dans le grenier afin de pouvoir survivre en cas de nouvelle inondation. Je me souviens de l’avoir observé quand j’étais petit pendant des heures à fabriquer les planches et à les monter ensemble.

— Pourquoi dans le grenier et pas dans la cave ? demanda Marieke en touchant le rebord du bateau.

Sérieusement ? Non. Personne ne peut se dire ça quand l'eau te monte jusqu'aux armoires. "Pourquoi pas la cave ?" "Parce que c'est fait pour être accessible en cas de crue comme je viens de le dire avant en fait".

Plutôt imposante, l’embarcation faisait tâche dans la pièce. Une épaisse couche de poussière l’avait recouvert, mais on pouvait encore voir la couleur blanche de sa coque. Lorsque la jeune femme braqua le faisceau de sa lampe à l’intérieur, elle découvrit avec surprise tout un matériel : seau pour écoper, des rames, des gilets de sauvetage et même une bouée blanche et rouge. Un mat était replié dans le fond du bateau, sa toile cirée impeccablement attachée.

— Parce qu’il aurait été inaccessible dès que la cave aurait pris l’eau. Ici, il est toujours possible de le sortir par le toit… oui, à ce que je vois, Papy Peter a apporté quelques améliorations à la toiture pour l’ouvrir en cas de problème.

Erik pointa sa lampe torche vers un des côtés du toit, où des attaches métalliques luisirent dans l’obscurité. Son grand-père avait bricolé un système permettant d’ouvrir une large portion du toit par lequel l’embarcation pouvait passer. Même si Marieke trouvait l’idée saugrenue (qui aurait conservé un bateau dans un grenier pendant autant d’années ?), elle bénissait la prévoyance du grand-père d’Erik aujourd’hui.

Les deux amis, épuisés par toutes ces péripéties, décidèrent qu’ils avaient eu assez d’aventures pour la journée et qu’il était temps d’aller dormir. Ils aménagèrent le coin le moins encombré du grenier pour s’allonger, profitant d’un vieux matelas défraîchi pour ne pas s’abîmer le dos. Ils s’endormirent dès que leurs têtes frôlèrent leurs oreillers.

Lorsque Marieke ouvrit les yeux, le vent s’était légèrement apaisé au dehors. Une lumière grisâtre filtrait à travers les vasistas percés dans le toit, faisant surgir le bateau du grand-père d’Erik des ténèbres. La jeune femme se leva en prenant garde à ne pas réveiller Erik toujours endormi et alla jeter un œil à la montée des eaux dans la maison. Heureusement pour eux, le niveau de la mer avait cessé de monter durant la nuit. Un lit avait réussi à se frayer un chemin dans le couloir, tandis que des débris divers et variés étaient répandus un peu partout. L’odeur d’algues et d’égouts était épouvantable.

Marieke battit en retraite, rassurée de voir qu’ils ne mourraient pas noyés, et monta sur une table aux pieds branlants afin d’ouvrir un vasistas et voir l’étendue des dégâts à l’extérieur. La mer s’étendait à perte de vue et sa couleur grise se confondait presque avec l’horizon envahi de nuages. Des morceaux d’arbres, de toitures et de clôtures flottaient ça et là, poussés par la force du vent. Il pleuvait toujours autant. La jeune femme fit la grimace : comment les secours réussiraient-ils à venir les sortir d’ici ? Heureusement qu’elle avait mis de côté autant de provisions que possible, même si le stock restait limité. La question de l’eau était plus problématique, ils allaient devoir se rationner.

Son regard tomba sur une maison un peu plus loin, plus petite que celle où ils se trouvaient. Le rez-de-chaussée n’était plus qu’un souvenir et l’eau commençait à se déverser par la fenêtre du premier étage. Un drap blanc accroché à l’encadrement claquait dans le vent, indiquant la présence de personnes dans la maison. Marieke se gratta nerveusement la tête : étaient-ils en sécurité ? La pluie tombant toujours, elle n’était pas certaine que leur maison soit assez élevée pour échapper à l’inondation. C’est alors que la fenêtre s’ouvrit, laissant le passage à une jambe vêtue d’un jean au dehors. Elle tâta avec précaution la solidité de la gouttière qui devait se trouver juste en dessous puis une deuxième jambe la rejoignit. Le corps d’un homme vêtu d’un manteau imperméable bascula alors vers l’extérieur avant de se courber sous la pluie battante. Lentement, il commença à patauger dans l’eau pour atteindre le toit. Une autre tête passa à travers la fenêtre, le suivant du regard.

L’homme n’arriva jamais jusqu’à la toiture. Une violente rafale de vent le déséquilibra et le fit chuter dans l’eau glacée. Il disparut pendant quelques secondes avant de remonter à la surface plusieurs mètres plus loin, tentant désespérément de lutter contre le courant. C’est alors que, surgissant de nulle part, un énorme tas de branchages apparut et fut emporté vers lui à une vitesse folle. L’homme se les prit de plein fouet et coula à nouveau pour ne plus remonter. Son compagnon, qui venait de sortir par la fenêtre, gesticula et poussa des cris lorsqu’il disparut sous l’eau. Les branchages furent arrêtés par deux arbres encore debout et qui résistaient tant bien que mal à la puissance de l’inondation.

Immédiatement, la personne plongea alors dans l’eau et Marieke, le ventre noué par la tragédie qui se déroulait sous ses yeux, la vit s’approcher des branchages afin de retrouver son compagnon. C’est alors qu’elle se décida à bouger, son cerveau reprenant le pas sur sa panique. Ils avaient un bateau et un système pour le faire sortir. Autant s’en servir ! Elle se précipita alors sur Erik et le secoua comme un prunier.

— Erik, réveilles toi, il y a urgence !

— Quoiquoiquoi, balbutia-t-il en papillonnant des yeux.

— Un de tes voisins est tombé à l’eau et s’est fait assommé par des branches flottantes ! Il faut aller l’aider !

Aussitôt réveillé par la nouvelle, Erik se dépêcha de sortir du lit. Il était inquiet.

— Je veux bien, mais comment faire ?

— On va sortir le bateau de ton grand-père d’ici et y aller, dit Marieke.

Le jeune homme ouvrit de grands yeux.

— Mais je ne sais pas comment ouvrir le toit ! Le mécanisme doit être totalement rouillé depuis le temps, cela fait une éternité qu’il n’a pas été actionné.

Cependant, Marieke ne l’écoutait déjà plus. Elle s’était approchée du dispositif d’ouverture de la toiture pour l’étudier avec attention. Il s’agissait d’un mécanisme comportant une poulie et des poids permettant de soulever la partie du toit qui avait été arrangée, le tout actionné par un manche à tourner bloqué par une protection. Le danger qu’ils couraient en ouvrant était que la force du vent arrache le toit et rende la situation encore plus délicate. Cependant, la vie de deux hommes était menacée et il fallait agir. La jeune femme ôta la protection permettant d’actionner le dispositif puis banda ses muscles. Ses doigts moites glissèrent à plusieurs reprises sur le plastique. Voyant qu’elle n’y arrivait pas toute seule, Erik vint l’aider. Grinçant et récalcitrant, le mécanisme finit par coopérer et ils ouvrirent un trou d’un mètre environ, laissant ainsi entrer le froid et l’humidité dans le grenier.

Erik jeta un œil anxieux à la partie amovible du toit qui vibrait sous le vent. Ils l’avaient ouvert au maximum pour être certain de pouvoir sortir le bateau, mais il faudrait le refermer rapidement. Il jeta son imperméable à Marieke, qui l’enfila avant d’aller évaluer la distance entre le sol du grenier et la surface de l’eau. Elle fit la grimace.

— Il y a au moins deux mètres entre nous et l’eau…

La jeune femme jeta un coup d’œil aux voisins. L’homme qui avait plongé pour récupérer son compagnon avait réussi à le retrouver, mais le courant était trop fort pour qu’il puisse se mettre en sécurité. Il fallait se dépêcher et vite. Erik s’accroupit à côté d’elle et vit alors les voisins en difficulté.

— Sapristi, ce sont Koen et Fritz ! Que leur est-il arrivé ?

Marieke lui expliqua les événements dont elle avait été la spectatrice et son ami ne put s’empêcher de se ronger nerveusement les ongles. Koen et Fritz étaient deux voisins qui vivaient ensemble depuis aussi loin que remontait sa mémoire et qu’il connaissait depuis qu’il était tout petit. Erik ne se pardonnerait jamais s’il leur arrivait malheur alors qu’il avait la possibilité de les aider. Il accepta le plan que lui proposait son amie et ils se mirent au travail.

Heureusement pour eux, le grand-père d’Erik avait été prévoyant et ils trouvèrent tout ce dont ils avaient besoin pour amarrer le bateau au grenier une fois qu’il serait en bas. Une fois que tout fut installé, les deux amis se placèrent à la poupe.

— A trois, dit Erik. Un… deux… TROIS !

Bandant leurs muscles, ils poussèrent l’embarcation vers l’ouverture du toit. Leurs chaussures glissèrent sur le parquet avant de trouver une prise fixe. Centimètre par centimètre, le bateau glissa jusqu’à l’extérieur, jusqu’au moment où il bascula de lui-même à l’extérieur. SPLASH ! Les deux amis se précipitèrent vers l’ouverture, le cœur battant. Heureusement pour eux, il ne semblait pas être endommagé. Marieke descendit en premier, se laissant pendre par les bras au niveau de l’ouverture du toit, et sauta à l’intérieur de l’embarcation qui tangua sous son poids.

Quelques secondes plus tard, Erik la rejoignit de la même façon et défit la corde qui les amarrait à la maison. La jeune femme installa le moteur du bateau dans l’eau et commença à tirer pour le démarrer. Cependant, celui-ci ne s’alluma pas et la jeune femme constata avec effroi qu’il était entièrement vide. Erik empoigna alors les rames et se mit à pagayer avec énergie pour rejoindre Koen et Fritz à l’eau.

Au fur et à mesure qu’ils approchaient, la tête courbée sous la pluie battante, Marieke vit que Fritz, l’homme encore conscient, était à bout de forces. La tête hors de l’eau, il avait pris la position de la planche pour permettre à son compagnon de respirer tout en s’accrochant à un arbre pour ne pas dériver davantage. Une lueur d’espoir naquit dans ses yeux lorsqu’il les vit arriver près de lui. Marieke prit la place de son ami aux rames et manœuvra délicatement pour se positionner à quelques dizaines de centimètres tandis qu’Erik se penchait hors du bateau. Au bout d’un temps qui lui parut interminable, les deux hommes furent hissés à bord et Marieke sentit la boule d’angoisse au sein de son ventre se dissiper. Le corps de Koen était glacé et inanimé et les branchages avaient laissé des griffures sur ses mains et son visage. Erik et Fritz l’enveloppèrent dans une couverture en attendant de retourner à la maison.

Autant l’aller avait été rapide, autant le retour fut lent et pénible. Les éléments semblaient redoubler de force à chaque fois qu’ils parvenaient à gagner quelques mètres. Après une lutte éreintante contre le courant, Marieke réussit à attraper la corde qui pendait du grenier et amarra du mieux qu’elle put l’embarcation à la maison. Le retour dans le grenier fut également périlleux, puisque Koen était toujours inanimé. Erik dut improviser un système pour le hisser jusqu’en haut, ce qui ne se fit pas sans frayeur. Marieke crut rêver lorsqu’ils se retrouvèrent tous en sécurité à l’intérieur. Son ami referma le toit derrière eux.

— Est-ce qu’il va s’en sortir ? demanda Fritz avec inquiétude en frictionnant son compagnon avec une serviette. Il est glacé.

— Je ne sais pas, dit Marieke avec inquiétude Répétition. en ramenant une autre serviette. Il faut le réchauffer le plus possible, il doit être tombé en hypothermie avec la température de l’eau. Je vais allumer le réchaud, cela l’aidera peut-être.



Erik la rejoignit lorsqu’il fut un peu plus sec. Ils mirent quelques minutes à placer correctement la bouteille de gaz et à allumer le réchaud. Une vague de chaleur bienfaisante les submergea, apportant un agréable réconfort après les terribles épreuves qu’ils venaient de passer. Ayant quelques connaissances en matière d’urgence, Marieke aida Fritz à dévêtir son compagnon et à le frictionner tandis qu’Erik s’occupait de faire chauffer de la soupe en boite pour leur remplir l’estomac.

Une fois que Koen fut soigné et placé sous une pile de couvertures destinées à le réchauffer, Fritz accepta de se sécher et de manger quelque chose avec ses sauveurs. Erik en profita pour allumer la radio, qui crachota quelques secondes avant de débiter la voix nasillarde d’un présentateur :

— … continue. Malgré les moyens mis à disposition par l’aide internationale depuis hier, les secours sont submergés par le nombre d’habitants en danger ou coincés dans leur maison. Des renforts devraient arriver d’ici demain. Il semblerait que la cause de cette inondation ne soit pas aussi naturelle que pouvaient le penser les météorologistes : en effet, les débris d’une digue ont été retrouvés il y a quelques heures, sur lesquels des traces d’explosifs ont été détectés.

Il s’interrompit et l’émission fut remplacée par de la musique durant plusieurs minutes.

— Excusez-moi pour cette interruption, reprit le présentateur. Nous venons d’apprendre à l’instant qu’un communiqué a été diffusé sur internet par le groupe militant Voor één groene wereld** revendiquant la responsabilité de cette inondation. D’après les premières recherches effectuées à leur sujet, il s’agirait d’un groupe d’éco-terroristes souhaitant montrer l’impact désastreux des activités humaines sur la planète et qui plaident une meilleure prise en compte du changement climatique...


— Comme si on avait besoin de ça, commenta Fritz d’un ton sarcastique. Si Koen meurt à cause d’eux, je ne leur pardonnerai jamais.

Marieke fit la moue. Elle était fermement convaincue des bienfaits de l’écologie et de protéger la planète dans l’intérêt des générations futures, mais elle n’était pas d’accord avec les écologistes radicaux qui n’arrivaient plus à se mettre à la place des autres et qui menaient des actions chocs parfois au détriment de ceux plus modérés.

Ils écoutèrent la fin du bulletin d’informations, qui répéta quelques consignes de sécurité ainsi que les localisations actuelles des secouristes, avant d’enchaîner sur une heure de musique. Erik fouilla dans les étagères poussiéreuses du grenier à la recherche d’un drap blanc leur permettant de signaler leur présence à l’intérieur de la maison, comme l’avait rappelé la radio. Il finit par mettre la main sur une taie d’oreiller jaunie, mais qui ferait l’affaire avec un morceau de ficelle. Marieke l’aida à la fixer bien en vue à un des vasistas, puis elle revint près de Koen, qui n’avait toujours pas ouvert les yeux. Elle lui prit la main et son visage prit un air préoccupé qui n’échappa pas à Fritz.

— Que se passe-t-il ?

— Il a arrêté de frissonner, mais sa peau est toujours glacée et je ne sens presque plus son pouls. J’ai bien peur que son hypothermie ne se soit aggravée. Si seulement nous avions un thermomètre, je pourrais vérifier sa température, mais celui de la trousse de secours n’a plus de pile…

Erik leva son téléphone portable vers la fenêtre, le seul qui possédait encore de la batterie.

— Je ne capte toujours pas de réseau avec cette tempête. Il va falloir que l’on sorte pour chercher du secours, surtout que nous n’avons pas assez d’eau pour nous tous.

— Il n’y a rien à des kilomètres à la ronde, fit remarquer Marieke. Je ne vois pas où nous pourrions aller et Koen est dans un état trop critique pour être déplacé.

Ils restèrent un instant silencieux, examinant les possibilités qu’ils avaient à leur disposition.

— Il y aurait peut-être un moyen, dit lentement Fritz. A quelques kilomètres d’ici se trouve une tour de radio. Je pense que ses émetteurs doivent être assez puissants pour que nous puissions contacter les secours.

— Bonne idée ! s’enthousiasma Marieke. Te souviens-tu de sa localisation ?

— Oui, elle n’est pas très loin de la gare. Cependant, j’ai bien peur que sa localisation soit compliquée puisque les routes ont disparu sous l’eau.

— Il devrait y avoir un plan dans un coin, dit Erik.

Le jeune homme se précipita sur un des sacs que la jeune femme avait monté avant l’inondation de la maison et se mit à fouiller énergiquement à l’intérieur, sortant des piles de livres et de papiers. Marieke et Fritz le regardèrent s’agiter sans savoir quoi faire pour l’aider.

— Je l’ai ! s’exclama soudain Erik en brandissant un épais papier plié. C’est la carte de la région, cela devrait nous aider à nous orienter.

— La route a disparue, répliqua Fritz d’un ton amer, comment comptes-tu t’orienter sans boussole ? Je parie que vos smartphones sont à plat donc vous ne pourrez pas compter dessus.

— Je vis ici depuis ma naissance et je pense que je réussirais à m’en sortir grâce aux toits des maisons ainsi qu’aux arbres encore debout. En revanche, ce qui me préoccupe davantage est la probable coupure de la tour de radio.

— Nous verrons bien sur place, dit Marieke d’un ton impatient. Sinon, nous naviguerons jusqu’à trouver une ville. Plus nous attendons, plus Koen a de chances d’y passer.

Erik et Fritz échangèrent un regard en chiens de faïence avant de se détourner. Le premier alla enfiler ses affaires encore mouillées de leur précédente expédition sous la pluie tandis que le second reprenait sa place auprès de son compagnon inerte. Marieke récupéra son sac à dos et y fourra sa gourde à moitié pleine ainsi qu’une boite remplie de sandwichs au beurre de cacahuète qui restaient du petit-déjeuner. Elle prit également la trousse de secours qu’ils avaient récupéré dans le bateau pour soigner les égratignures de Koen puis s’avança vers l’ouverture du toit.

— Prêt ? demanda-t-elle à son ami.

— Oui, répondit Erik d’un air sombre.

La pluie s’était calmée depuis leur dernière sortie, mais Marieke ne pouvait s’empêcher de regarder l’horizon avec inquiétude. Le vent continuait de souffler fortement et transformait les débris des maisons en de dangereux objets se mouvant à une vitesse affolante. Ils avaient levé les voiles pour aller plus vite, mais la jeune femme devait sans cesse batailler pour ne pas dériver, et le fait qu’Erik ne connaisse rien en navigation ne lui facilitait pas la tâche. Au bout d’un long moment, son ami poussa une exclamation de joie.

— Là bas !

La tour de transmission se dressait au milieu de l’eau. Très haute et surplombée d’une immense antenne striée de blanc et de rouge, elle était recouverte d’un revêtement imitant la brique. De petites fenêtres au rebord blanc étaient percées ça et là.

Une bourrasque de vent plus violente que les autres fit violemment tanguer le bateau, envoyant Erik qui s’était penché par-dessus le bastingage en arrière, et Marieke dut utiliser toute la force de ses muscles pour contrôler les voiles qui partaient dans tous les sens. Il leur fallut quelques minutes supplémentaires pour atteindre la base de la tour. Cependant, leur joie fut de courte durée : la porte d’entrée était à plusieurs mètres sous l’eau et la première fenêtre était trop haute pour y accéder facilement. Erik évalua la distance qu’ils auraient à escalader et fit la grimace.

— C’est plus haut que le grenier, mais il n’y a pas d’autre moyen de rentrer dans cette fichue tour. Quand il faut y aller, il faut y aller.

Marieke émit un drôle de bruit, comme si on venait d’écraser une souris. Au vu des conditions météorologiques catastrophiques, il lui semblait improbable qu’il réussisse à grimper facilement sur ces briques glissantes. Un coup de vent la rappela à l’ordre et elle batailla contre les bourrasques pour les maintenir près de la tour.

— Pas trop haut ? Il y a au moins trois mètres !

— Je vais y arriver, répéta Erik avant de saisir un cordage lové qui traînait au fond du bateau.

Il se dirigea vers le bord de l’embarcation le plus proche de la tour et se servit du rebord afin de pouvoir saisir des prises plus hautes. Penché au dessus de l’eau opaque, Erik était tellement concentré qu’il ne s’aperçut pas qu’il risquait de tomber s’il ne se dépêchait pas. L’élan qu’il prit pour monter éloigna le bateau de la tour et Marieke ne put que regarder avec inquiétude son ami s’accrocher à la tour. Il vacilla quelques secondes, luttant pour ne pas tomber Répétition. avec les rafales de vent, puis commença à gravir la distance qui le séparait de la fenêtre. Lorsqu’elle revint au pied de la tour, son cœur s’arrêta de battre en voyant le pied d’Erik glisser sur les briques humides. Déséquilibré, le jeune homme tomba dans l’eau froide et disparut sous la surface. Il réapparut rapidement en crachant un jet d’eau et réussit à se cramponner à la tour pour ne pas se faire emporter par le courant. Le cœur battant à tout rompre, Marieke manœuvra le bateau pour le récupérer, mais ne fit aucun commentaire en voyant l’air déterminé de son ami. Ils n’avaient pas d’autre solution, il fallait arriver à monter. La seconde tentative fut la bonne et, après un ultime effort, Erik atteignit enfin le rebord de la fenêtre.

La jeune femme poussa un long soupir soulagé. Son ami cassa la vitre d’un coup de coude puis tourna l’espagnolette de l’intérieur pour pouvoir entrer. Pendant quelques longues minutes durant lesquelles Marieke continua de batailler contre les éléments, il fut hors de vue jusqu’à ce qu’une longue corde jaillisse de la fenêtre ouverte. Elle fendit les airs jusqu’à atteindre la surface de l’eau, à plusieurs mètres du bateau. Marieke dut diriger prudemment l’embarcation pour la récupérer puis accrocha la corde à la proue avant de s’occuper des voiles qui claquaient au vent. Une fois qu’elles furent abaissées et rangées, la jeune femme utilisa la corde Répétition avec corde.pour se rapprocher de la tour et la fixa solidement à la proue une fois arrivée. Le bateau tanguait dangereusement, mais Marieke prit le temps de s’assurer que l’embarcation ne se retourne pas pendant leur absence. Erik passa alors la tête par la fenêtre.

— Qu’est-ce que tu attends ? hurla-t-il.

— J’assure nos arrières ! répondit la jeune femme avant de prendre son sac à dos.

Elle posa ses mains sur la brique et commença à escalader, s’aidant de la corde lorsqu’elle dérapait sur la pierre mouillée. Erik la regarda monter avec inquiétude et tendit le bras afin de l’aider à parcourir les derniers centimètres.

Marieke poussa un long soupir de soulagement lorsqu’elle arriva enfin à l’intérieur. Ses cheveux trempés lui collaient à la figure et elle avait l’impression d’être une rescapée de noyade tant son manteau dégoulinait de pluie sur le sol. Ils étaient arrivés sur une volée de marches abruptes qui menait jusqu’en haut de la tour. Erik avait sommairement enroulé la corde reliée au bateau autour de la rampe métallique et la jeune femme refit un nœud plus solide pour éviter qu’elle ne prenne la poudre d’escampette. Les deux amis prirent quelques minutes pour essorer leurs vêtements puis ils se mirent en route.

La montée fut rude pour leurs jambes déjà fatiguées par le voyage. Au début de l’ascension, Marieke avait machinalement retenu le nombre de marches gravies, mais elle avait cessé de compter à partir de la centaine. Les muscles de ses cuisses l’élançaient douloureusement. Après une nouvelle volée de marches, ils arrivèrent hors d’haleine sur le seuil d’une grande pièce circulaire faiblement éclairée par la lumière grisâtre de l’extérieur. Une grille de sécurité anciennement peinte en rouge les séparait de l’intérieur et grinça lorsqu’ils l’ouvrirent pour entrer. Des sièges élimés étaient disposés un peu partout devant de grands panneaux recouverts d’instruments. Sur les murs étaient affichés plusieurs feuilles de papier rappelant des instructions de base – ne pas manger ni boire dans la pièce, faire attention à bien refermer la grille de sécurité – ainsi que quelques posters de destinations paradisiaques.

Certains des instruments clignotaient encore, preuve que l’électricité n’avait pas été encore coupée. Assez volumineux, leur apparence laissait penser qu’ils étaient assez anciens et ils étaient bourrés de boutons et d’écrans dont la moitié était éteint. Soulagée de voir que tout fonctionnait encore, Marieke s’approcha d’un appareil, mais elle ne comprenait rien aux abréviations inscrites. Heureusement, Erik avait intégré une association de radioamateurs à son entrée à la fac et connaissait quelques bases. Un récapitulatif jauni et écorné indiquant les étapes d’utilisation des appareils avait été accroché dans un coin de la pièce, ce qui allait leur faciliter la vie. Il fallait faire vite, car tout pouvait être coupé d’un moment à l’autre si l’isolation des câbles électriques lâchait.

Après avoir lu attentivement les consignes, Erik se dirigea vers une série d’appareils à droite et étudia les différents boutons présents. Il bascula un interrupteur, tripota plusieurs leviers puis appuya sur un bouton. Une petite lumière rouge apparut et Erik saisit un micro relié par un fil à l’appareil. Il commença à parler tandis que Marieke attendit en silence, le cœur battant.

— Ici Erik Janssens avec Marieke Huisman, en communication depuis la tour de transmission de Het Zeepe. Nous avons été bloqués suite à l’inondation d’hier et avons besoin de secours à l’adresse suivante : A van de Weijdeweg 10 4328 PT. Un de nos voisins est en situation d’hypothermie et son état s’aggrave d’heure en heure. Me recevez-vous ?

Le grésillement de la radio résonna dans la pièce vide. Il ne leur restait plus qu’à attendre.




Voilà.

En conclusion, c'est pas un mauvais texte du tout. Y a quelque chose.

Mais j'ai pas aimé, personnellement. C'est long, plutôt monotone, les descriptions et les énumérations me saturent, tu utilises toujours les prénoms des personnages pour les désigner. Les enjeux et le scénario m'intéresse assez peu, sur la forme c'est long, je n'arrive pas à m'intéresser aux personnages, j'ai l'impression qu'ils n'ont pas de personnalité.

On dirait que tu t'es épuisé à écrire ça, il y a du mérite, ce n'est pas du tout mauvais, mais j'ai l'impression que c'était peut-être trop long pour que tu arrives à tenir un style élégant tout du long. En plus, la fin me donne vraiment l'impression que tu en avais marre et que tu as décidé de clore cette nouvelle trop longue.

Malgré tout y a des gens pour aimer j'ai l'impression donc ne fait pas trop de cas de mon avis d'excentrique.
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Alwine
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MessageSujet: Re: Overstroming   Lun 9 Avr 2018 - 20:50

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de lire et de donner ton avis, Ouppo :) Ce n'est pas grave si tu n'as pas aimé, ça arrive. Merci d'avoir relevé les phrases un peu longues et les répétitions, ce sont mes erreurs les plus fréquentes et j'en laisse toujours passer malgré mes corrections.

Quand au fait des descriptions longues, la répétition des prénoms, etc... je pense que c'est une question de goût. Pour les prénoms des personnages qui sont trop présents, j'ai testé diverses façons dans mes textes pour les désigner, mais je trouve ça plus simple de remettre les prénoms régulièrement pour bien savoir de qui on parle. J'ai souvent fais face à des problèmes dans ma phrase où "l'homme/la femme" pouvaient désigner plusieurs personnages. Quand aux descriptions, lis Salammbo de Flaubert et tu verras ce que sont de vraies longues descriptions :rire: J'en ai été traumatisée lorsque j'ai du le lire au lycée. Sinon, tu as tout à fais raison pour la platitude de mes personnages : c'est quelque chose que l'on m'a fait remarqué plusieurs fois dernièrement et que j'ai pour objectif de travailler dans les prochains mois.

Concernant le scénario, j'ai choisi de parler des périls qui menacent mon pays natal, le sujet de l'AT étant "Tous aux abris". Il fallait écrire ce qu'il se passait durant une catastrophe et ces dernières ne se passent pas toutes en 2 minutes. J'éditerais mon post pour l'ajouter. Mais je comprends que tu trouve ça mou et monotone.

Pour finir, tu as vu juste concernant le "On dirait que tu t'es épuisé à écrire ça". J'ai eu beaucoup de mal à pondre le premier jet et j'ai eu trop peu de temps pour faire une vraie bonne correction. Deux personnes l'ont relu, mais cela n'était pas suffisant. Je ferais mieux la prochaine fois ^^

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Ouppo
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MessageSujet: Re: Overstroming   Mer 11 Avr 2018 - 1:07

J'ai déjà lu de longues descriptions, mais merci de me dire qu'il existe plus long. Mon commentaire n'a heureusement pas dit que tes descriptions étaient les plus longues que j'ai jamais lu, j'ai lu des livres avec de grosses descriptions que j'ai apprécié.

Je suis désolé de le prendre mal, mais je n'aime pas du tout qu'on présume et qu'on me dise que "mais j'étais pas le seul" ou "lui aussi il fait comme ça".

Une catastrophe qui ne se passe pas en 2 minutes, un dîner de famille par exemple, n'a pas à être mou et monotone. Il peut être agité, intéressant, développer et faire de longues descriptions. La longueur d'une description en elle-même ne permet pas de dire si c'est bon ou non. Elle doit néanmoins s'inscrire dans un style et une narration approprié à ça.





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Alwine
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MessageSujet: Re: Overstroming   Mer 11 Avr 2018 - 13:32

Je suis désolée que tu prennes mal ma réponse, mais je commence aussi à mal prendre ton commentaire.

Je comprends que tu n'aimes pas mon texte et qu'il n'y a pas grand chose qui va. Cela ne me gêne pas, j'en prendrais compte pour mes prochains textes et je ferais attention. Cependant, je trouve que tu deviens assez indélicat et ça commence à me gêner. J'ai bien lu que mes descriptions t'ont gavé et j'ai sans doute été pénible de me justifier en parlant de Flaubert, mais il y a une différence entre dire qu'elles ne sont pas développées au bon endroit (et donc, que ça soit chiant à lire, ce que je comprends très bien) et dire qu'elles sont mauvaises tout court. On ne m'a jamais fait la réflexion que mes descriptions étaient pourries. Qu'elles ne soient pas au bon endroit ou pas assez étoffées, oui, mais pas nulles. Et je suis d'accord avec toi, les descriptions doivent être adaptées à la situation décrite et au contexte. Cela dit, lorsque j'ai écris cette nouvelle, je ne pensais pas être autant à côté de la plaque et aucune de mes bêta-lectrices ne m'a dit que les descriptions étaient atroces et que tout était à revoir.

Bref, merci d'être passé.

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MessageSujet: Re: Overstroming   Mer 11 Avr 2018 - 13:56

Ouppo, indélicat ? AHDE AHDE AHDE
Nooon...


T'inquiète Alwine, on va former le collectif des auteurs traumatisés par Ouppo. AHDE

PS. Je passe commenter ce texte ce soir (normalement) Wink

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Je sais ce que je suis. Et je sais ce que je ne suis pas.
:corn3:
Je suis un chaos de rêves et de couleurs,
je suis un Cerf divin chimérique,
je suis une lapine en chocolat aux larmes caramel.
Et toi, qui es-tu ?

Fais un pas vers moi, j'en ferai un vers toi. Et peut-être un jour serons-nous face à face...

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Cap' d'aller lire ?

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MessageSujet: Re: Overstroming   Mer 11 Avr 2018 - 16:19

Je n'ai heureusement, pas non plus dit que tes descriptions étaient mauvaises tout court pour tout le monde. Il y a des gens pour apprécier ce que tu fais, donc je ne peux pas dire tout simplement qu'elles sont mauvaises.

Mais je réagissais face à ta réponse.
@Alwine a écrit:

Quand au fait des descriptions longues, la répétition des prénoms, etc... je pense que c'est une question de goût.

Et bien non. Puisque j'aime les longues descriptions aussi quand elles sont bien placées.

De plus je trouve fort dommage que ton attitude ne corresponde pas à tes dires.

Spoiler:
 


Après avoir dit tout ça sur le sujet "Système de récompenses" je me suis permis de dire ce que je pensais de ton texte et que tu l'accepterais.

Là, tu me réponds en te justifiant qu'il y a pire ailleurs, tu me dis ensuite que "toutes les catastrophes ne se passent pas en 2 minutes". Certes, je ne l'ai pas non plus pointé, néanmoins tu trouves le moyen de justifier ma critique du monotone et du long en m'inventant un avis, en faisant de moins un ennemi de tout ce qui est long.

Effectivement, mon avis est le mien et n'engage personne d'autre, les problèmes que j'ai trouvé le sont pour moi. Tu n'as donc pas besoin de me redire que mon avis est biaisé et subjectif. C'est un avis personnel alors prend-le comme tel, ne va pas me justifier pourquoi ton texte est bon en fait et que c'est moi qui ne sait pas lire.

Ce que je n'ai pas aimé surtout c'est que tu me donnais des avis et des pensées, que tu mettais des mots dans ma bouche.

Tu as toi-même dit ne pas vouloir que des commentaires gentils, je ne t'ai pas donné un commentaire gentil.
@Alwine a écrit:

On ne m'a jamais fait la réflexion que mes descriptions étaient pourries. Qu'elles ne soient pas au bon endroit ou pas assez étoffées, oui, mais pas nulles. Et je suis d'accord avec toi, les descriptions doivent être adaptées à la situation décrite et au contexte. Cela dit, lorsque j'ai écris cette nouvelle, je ne pensais pas être autant à côté de la plaque et aucune de mes bêta-lectrices ne m'a dit que les descriptions étaient atroces et que tout était à revoir.

Et là tu continue à te justifier et à faire porter la responsabilité de la lecture sur moi. Je j'aime pas et heureusement que j'ai le droit de ne pas aimer. Mais si je n'aime pas ce n'est pas uniquement ma faute, d'accord ?

Je ne l'ai pas dit non plus, que tes descriptions étaient pourries, j'ai dit que je ne les aimaient pas, puisque j'en étais sûr, tu avais d'autres gens pour aimer.

En plus de Arwen bien sûr.

Quoi d'autres ?

Tu pensais pas être autant à côté de la plaque et t'as eu deux bêta pour aimer. T'en fais pas je le savais parfaitement. Je savais qu'il y aurait eu foule pour aimer ce texte, va sur Scribay ou un autre gros trucs, y aura foule pour aimer, à moins que tu y sois déjà. Réduis la taille de ton texte demande l'avis du forum entier, y aura foule pour aimer.

Et tu sais quoi ? L'avis général, l'avis de tous, je m'en fiche pas, mais ce n'est pas mon avis. Je savais que ton texte n'était pas mauvais, je savais qu'il recevrait de bons commentaires venant d'autre part et c'est pour ça que je me suis permis d'être franc, mais pas injuste.

Je ne suis pas qu'un troll qui vient pour te détruire, si j'avais aimé je l'aurais dit.

Je le savais déjà donc, sauf que tu me précises que personne ne t'as dit que c'était nul, blabla... Soit.

Je sais ce que tu fais.

Tu me dis que t'as des gens qui ont aimé.


Et tu conclue par :

@Alwine a écrit:
Bref, merci d'être passé.

Je vois.

Et bien voilà ma réponse, maintenant tu comprends peut-être mieux pourquoi je l'ai mal prit.

Et encore une histoire à rajouter à la légende de Ouppo le gentil connard qui a pas de tact.




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MessageSujet: Re: Overstroming   Mer 11 Avr 2018 - 19:14

@Corne : Pas la peine, je n'ai pas été traumatisée par Ouppo, je ne suis juste pas d'accord avec tout ce qu'il a dit. Pas de souci pour mon texte, mais pas besoin de faire une critique ligne par ligne, un avis général me suffira :)

@Ouppo : Merci pour ton message. Je pense que nous avons un problème de compréhension. Même si ce n'est pas agréable, je suis contente d'avoir un avis négatif et surtout avec des arguments. Je suis d'accord avec toi sur plusieurs points et je compte bien les améliorer. Merci de m'avoir remonté tous ces problèmes.

Cependant, je ne suis pas d'accord avec tout et je suis désolée que tu ai pris mes paroles pour de la justification alors que ce n'était pas le message que je voulais faire passer.

Contrairement à ce que mon comportement laisse croire, je n'attends pas que des avis positifs et comme dit et répété plus haut et dans mes précédents messages, je suis contente que tu m'as fais un avis négatif et détaillé et j'en tiendrais compte. Je pense juste que c'est humain de ressentir de la surprise de lire que, malgré le fait que"le texte n'était pas mauvais", tu dises que rien n'était intéressant (quand on dit dans le résumé de l'avis que c'est long, plutôt monotone, que les descriptions te saturent, que les enjeux, le scénario et les personnages ne t'intéressent pas, c'est qu'il n'y a rien qui te plaît dans le texte). J'ai essayé donc de répondre au mieux sans penser que tu pourrais mal le prendre.

Pour les descriptions notamment, j'en ai toujours lu des très courtes dans les textes que j'ai lu de toi et j'ai donc supposé que tu n'étais pas fana des longues descriptions, d'où ma réflexion. La manière dont tu en parlais m'a fait interprété ta phrase comme si elles n'avaient rien de valable. Excuses moi de m'être trompée.

Concernant ma précédente réponse, je n'ai pas du tout apprécié la manière dont tu m'as répondu parce que je l'ai interprété comme condescendante et comme si tu savais tout. Le fait que tu rajoutes que "yaura foule pour aimer" sur d'autres plateformes/avec des textes plus courts dans ton nouveau message renforce cette impression. Mais je me suis visiblement trompée donc je m'excuse d'avoir mal interprété, car c'est très difficile à repérer à l'écrit.

Voilà, j'espère avoir été assez claire. Je serais toujours à l'écoute de tes avis et de tes critiques même si cela est négatif parce qu'il n'y a que comme cela pour moi que l'on peut s'améliorer. Je me la bouclerai juste la prochaine fois si jamais j'ai quelque chose à répliquer.

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MessageSujet: Re: Overstroming   Mer 11 Avr 2018 - 19:39

D'accord.

Je suis content de m'être trompé finalement et d'avoir mal compris ce que tu disais.

Je suis désolé d'avoir été pédant.

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MessageSujet: Re: Overstroming   Mer 11 Avr 2018 - 20:50

COUCOU ME VOILA


C'est la fin de l'histoire ou non ? O_o Ils lancent l'appel à la mer (littéralement fou ) et puis voilà ? Ou bien tu as posté la suite (pas vu) ?


Tiens, mon petit google docs (j'ai mis des annotations par ci par là, mais pas des milliers, t'inquiète)

https://docs.google.com/document/d/1-nqSwM5j-aAuU0xw7MoEF4slNl3PrUaSeKJTWUpFcxo/edit?usp=sharing




Du coup, avis global :
→ Négatif :
-lorsque tu fais des descriptions, tu fais souvent des listings de détails qui ne sont pas forcément utiles. Par ex, dans cette nouvelle-ci, tout ce qui est objets, nourriture, etc. À chaque fois qu'ils emportent quelque chose, ce qui arrive souvent vu leur situation, on a la liste des objets et même des détails style "au beurre de cacahuètes" sur la nourriture. En fait, je trouve pas ça dérangeant à petite échelle, quand tu en mets une fois ou deux. Mais développer tout le temps des détails pareils, surtout dans une situation aussi paniquée, où ils se barrent vite avec ce qu'ils ont réussi à sauver à l'arrache, ça paraît trop et ça alourdit inutilement la narration. oui On peut décrire plus succintement pour voir la scène, sans pour autant connaître le goût de tel aliment ou la couleur de l'étiquette de tel bocal (je caricature).

-Aussi, j'ai noté l'absence de description des personnages (sauf au tout début, un miniscule indice sur les yeux de Marieke, ça fait du bien Wiii ), après c'est un choix de chacun. Mais quand il n'y en a vraiment vraiment pas, je trouve que ça manque, que le texte manque de... gras. Puis on a plus de mal à imaginer et donc à avoir de l'empathie avec les personnages (alors que l'empathie est cruciale dans ce genre de textes). Glisser des petits éléments par ci- par là pourrait être pas mal.

-Niveau scénario, c'était bizarre, en fait, tout du long je me demandais si la péripétie principale était l'inondation, ou en fait l'évasion en barque, ou en fait le sauvetage du voisin, ou en fait l'atteinte de la tour de radio... En fait je sais pas, c'est pas forcément négatif mais c'était une impression étrange, je manquais de repères par rapport au scénario. Peyt-être que le début et la fin n'étaient pas assez marqués comme temps forts (entre autres moments forts) ? JE SAIS PAS :(

- Les personnages n'ont pas l'air extrêmement caractérisés, ils sont pas plats, mais on ne connaît pas leurs caractères et c'est dommage. Après dans les dialogues ou autres, c'est possible de mettre des indices légers indiquant leur manière de penser, de réagir, de s'énerver ou de rester calme, etc. Là, aucun des deux ne s'est démarqué par rapport à l'autre (ou je n'ai pas tilté fou ). Mais ce n'est pas très dur à résoudre, ce problème, en déterminant les traits de caractère principaux de chaque perso, et en glissant des petites réactions par ci par là, ça viendra tout seul oui (s'inspirer de personnes de ton entourage est SUPER utile aussi ! ça rend tout de suite les personnages plus vivants, plus caractériels.)

Le positif : c'était sympa. :coffe:


Non en vrai, je suis un peu triste parce que j'adore les belles descriptions et que là pour le coup c'était surtout de l'action et de la réflexion. Mais tu mènes bien ton histoire et tes personnages. Le suspense et le stress peuvent encore être approfondis, devenir plus pesants, mais ça fait déjà de l'effet. :unjournormal:

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