Encre Nocturne
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 Réécritures

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Ouppo
Fou du roi
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Masculin Lion Messages : 443
Date d'inscription : 04/01/2016

MessageSujet: Réécritures   Lun 21 Mai 2018 - 1:00

Salut, j'ai réécris une partie de : "Le Grand Meaulnes" de Alain Fournier.

J'ai mis le texte original en spoiler si vous voulez comparer.

Spoiler:
 


Dimanche de novembre 189...

Il arriva chez nous dans notre ancienne maison, un des bâtiments du Cour Supérieur de Sante-Agathe.

Mon père était instituteur, ma mère aussi.
C'était une maison rouge, enlacée par les vignes et le temps, entourée de jardin et de prés.
Nous avions été balloté là par le hasard des mutations, une voiture de paysan nous avaient déposé ma mère et moi, devant la grille roussie par la pluie.
Maman, Millie, était entrée aussitôt, m'avait regardé, je l'avait regardé, m'avait regardé, avait regardé la poussière partout, m'avait regardé, avait soupiré.

Tout en m'expliquant son désespoir elle lustrait mon visage avec son mouchoir.

Fouit fouit fouit

Puis elle était rentrée.

Je portais un chapeau de paille qui faisait penser à l'été et j'avais attendu.

Les nuits se succédèrent et le quotidien s'installa.
Je me rappelle des visites dans la jardin, du champ qui dort à côté de l'école avec ses trois noyers et de celui qui bouleversa tout ça, dix ans après notre arrivé, Meaulnes.

J'avais quinze ans, l'automne songeait à l'hiver et c'était un dimanche. Millie attendait un chapeau. Elle en avait manqué la messe, moi, assis dans le choeur, je regardais, pour la voir entrer avec son couvre-chef neuf. Elle n'était pas venu.

Nos dimanche étaient ainsi, mon père assis sur la brume d'un étang avec une canne à pêche ; ma mère en train d'opérer un tissus dans sa chambre jusqu'à la nuit.
Elle était fière et craignait qu'une autre dame aussi fière, mais tout aussi pauvre ne vienne la surprendre, alors elle se cachait. Pendant ce temps, dans le salon, je soufflais du froid et lisant, jusqu'à qu'elle vint me demander comment lui allait son vêtement rabiboché.

Ce dimanche donc, un cortège de baptême défila, écrasant la route gelée de leurs semelles sonores, ne laissant plus personne vivant dans le bourg.

A mon retour, la grille était ouverte et quelqu'un cherchait à voir à travers les rideaux de la salle à manger. Une femme grise, coiffée de velours noir, au visage maigre
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Ouppo
Fou du roi
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Masculin Lion Messages : 443
Date d'inscription : 04/01/2016

MessageSujet: Re: Réécritures   Mar 22 Mai 2018 - 9:02

Le Chien des Baskervilles de Arthur Conan Doyles.

Spoiler:
 

Holmes s'était levé tard parce que c'est ce qu'il faisait quand il ne passait pas une nuit blanche. J'était assis à la table du salon et je regardais la canne oubliée par notre visiteur de la veille. C'était un solide bâton, aux belles nervures brillantes, terminé par une boule de taille agréable à prendre en main, en dessous une bague lisait "A M. James Mortimer, ses amis du C. C. H. -1884".
Cette canne pleine de force, digne, rassurante, vigoureuse, me semblait appartenir à un médecin "vieux jeu".

"Eh bien, Watson, mon cher Watson, souriait Holmes, que pouvez-vous me dire après examen approfondi de... la chose.
"Est-ce que vous avez des yeux derrière la tête ?
-Non ; mais j'ai une cafetière !
-Une cafetière ?
-Une cafetière !
-Une
-Cafetière !
-Et ?
-Elle brille et je peux vous voir dedans, Watson.
-Je pense, répondis-je, suivant la méthode de mon compagnon, que le docteur Mortimer est un médecin estimé pour recevoir un tel cadeau.
-Bien... très bien.
-Je pense également qu'il pratique à la campagne et rend visite à pied.
-Pourquoi ?
-Parce que cette canne est tellement usée que je ne la vois pas entre les mains d'un jeune médecin de ville.
-Parfaitement exact ! approuva Holmes.
-Et puis "Ses amis du C.C.H " je pense qu'il a dû soigné un chasseur de cette association et qu'on lui a offert ce... petit cadeau.
-Vous vous surpassez, Watson, vraiment, fit Holmes, tout en s'allumant une blonde. Vous êtes modeste dans vos livres, vous ne vous rendez pas assez grâce.Vous n'êtes peut-être pas lumineux par vous-même, mais vous êtes un excellent trou pour la canaliser.
Il existe des gens qui, sens avoir du génie, possèdent le talent pour le stimuler de la plus agréable manière."

Auparavant, Holmes ne m'avait jamais parlé ainsi. Ces paroles me firent le plus grand plaisir, car, jusqu'alors, son indifférence aussi bien pour mon admiration que pour mes efforts pour vulgariser sa science m'avait vexé.
J'étais fier de me rapprocher de sa méthode au point de pouvoir mériter un de ses sourires approbateurs.

Holmes m’ôta la canne des mains et la palpa à son tour. Soudainement, il posa sa cigarette et se rapprocha de la fenêtre, loupe à la main.

"Intéressant, quoique élémentaire, fit-il, en retournant s'asseoir.
-Quoi ? Je ne crois pas avoir négligé de détails.
-Je crains mon cher Watson, que vous ne soyez une cafetière.
-Une cafetière ?
-Une cafetière.
-Une
-Cafetière.
-Cafetière ?
-Cafetière.
-Cafetière !
-Cafetière.
-Cafetière ! Cafetière !
-En effet, tout comme cette cafetière subtilement astiquée, vous me renvoyez une réalité déformée qui me permet de mieux décerner la vérité. Mais vous avez raison sur plusieurs points, c'est un médecin de campagne... et il marche... beaucoup...
-Je ne m'étais pas trompé !
-Oui, pour cela.
-Mais c'est tout ?
-Non, mais je pense que ce cadeau de bois dur viens plutôt d'un hôpital et que les initiales désigneraient donc, "Charing Cross Hospital".
-My gosh ! Ce que signifie... en anglais, la Croix... qui Charing... du Charing... de Charing... quelque chose d'un hôpital.
-Des probabilités sont en faveur de mon explication, Watson.
-Donc... il exerçait en ville avant d'aller se ressourcer au calme bucolique de la campagne printanière ?
-Il devait s'agir d'un médecin auxiliaire parti il y a cinq ans, ainsi nous voyons apparaître un garçon de trente ans, modeste, distrait, gentil et possesseur d'un chien.

Je souris, incrédule, tout en regardant Holmes se renverser sur la canapé et tenter de souffler quelques ronds de fumée qui lui retombait sur le visage et caressaient longuement tout son épiderme jusqu'à la courbure de ses oreilles. Je tendit une main vers la bibliothèque pour y trouver l'annuaire médical... plusieurs Mortimer... mais un seul correspondait.

"-Mortimer, James, M.R.C.S. [Member of royal college Surgeons.
(Membre du collège royal des chirurgiens.)], 1882 ; Grimpen, Dartmoor,
Devon. Interne de 1882 à 1884 à l'hôpital de Charing Cross. Lauréat du
prix Jackson pour une étude de pathologie comparée, intitulée : "L'hérédité
est-elle une maladie ?" Membre correspondant de la Société pathologique
suédoise. Auteur de "Quelques caprices de l'atavisme" (The Lancet, 1882),
"Les dragons le fléau du XIXè", "La pornographie infantile et la contre-culture"
"Progressons-nous ?" (Journal de Pathologie, 1883). "Médecin autorisé pour
les paroisses de Grimpen, Thornsley et High Barrow."
-Hé ! Watson, pas de société de chasse on dirait, fit Holmes avec un sourire narquois ; mes déductions se confirment. J'ai dit aimable et on ne fait de cadeaux qu'aux gens... aimable. Modeste, il se retire en campagne et distrait parce qu'il nous laisse sa canne au lieu de sa carte.
-Dans ce cas, repris-je. expliquez-moi pourquoi je vous offre des cadeaux ?
-Taisez-vous, Watson.
-Et le chien ?
-Le chien porte la canne, vous voyez là ce sont des marques de crocs d'épagneul !
-Vous avez fumé, Holmes.
-Taisez-vous, Watson.

Holmes s'était levé et marchait partout.

"Mais comment pouvez-vous affirmer une telle chose ?
-Parce qu'il sonne à la porte, Watson !
-Le chien ?
-Mais... mais oui, mais bien sûr, et il porte une cravate !
-Et un béret ? renchérir-je.
-Et un manteau de fourrure !
-Et il fume !
-Oh, ça oui ! Qu'est-ce qu'il fume !
-Je vais ouvrir la porte.
-Faites ça.

Le docteur Mortimer était grand, mince, avec un long nez qui débordait de ses deux yeux de nuage étincelants derrière le métal d'or de ses lunettes. Il portait une redingote sombre et un pantalon frangé. Quoique jeune, son dos se voûtait, il marchait penché et son visage semblait triste et jovial.
Il se précipita vers Holmes avec joie :

"Mon précieux ! fit-il. Vous me l'avez retrouvé, oui ! Je pensais qu'il était perdu, oui ! Perdu pour toujours !
-Un cadeau ? interrogea Holmes.
-Oui, oui.
-De la part de l'hôpital de Charing Cross.
-D'un ami... il me l'a offert... à l'occasion d'un mariage, c'est mon cadeau de mariage... oui...
-Ah ! fit Holmes en secouant la tête.
-Quoi ? Qu'il y a-il ? Y a-il un problème ?
-Non, pas du tout. Un mariage donc ?
-Oui. Pour me marier j'ai quitté l'hôpital qui désirait me prendre en interne.
-Ah, j'était pas loin. Hein, Watson, vous avez faillit me devoir cinquante balles, hein... ne me regardez pas comme ça, Watson.
-Je vois, mais vous êtes bien Mr. Holmes, oui ?
-En effet et voici John Watson, docteur en cafetière de son état, diplômé de... arrêtez de me regardez, Watson, je vous dit.
-Oh, je suis content, oui. Je suis tellement heureux ! J'ai souvent entendu parler de vous. Vous m'intéressez vivement; monsieur Holmes, fit Mortiment en se rapprochant. J'ai rarement vu des bosses supra-orbitales comme les vôtres. Vous feriez une très belle pièce anthropologique. Je ne veux pas être cavalier mais votre crâne, je le veux."


Holmes montra une chaise à cet étrange visiteur.

"Vous êtes un enthousiaste, comme je sais l'être, dit-il. Je devine que vous fumez, allez-y."

L'homme sortit de sa poche du papier et du tabac, et roula entre ses doigts avec une dextérité qui laissait songeur. Ses doigts aussi agiles que longs étaient hypnotisant. Holmes demeurait silencieux, mais ses regards, obstinément fixés sur notre singulier compagnon, me prouvaient à quel point celui-ci l'intéressait.

"Je suppose que vous n'êtes pas venus que pour toucher mon... crâne...
-Non... bien que je me réjouisse de cet... examen... oh oui...


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Silenuse

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Masculin Balance Messages : 2232
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Humeur : pouet

MessageSujet: Re: Réécritures   Mer 23 Mai 2018 - 22:19

J'ai lu ta réécriture du passage du Grand Meaulnes...
Eh ben c'est assez cool. Je trouve que ça change par rapport à ce que tu écris d'habitude, on est ici plus en profondeur dans les sentiments, dans l'idée d'une certaine mélancolie.
Evidemment, c'est trop court ; évidemment, t'as encore mis des onomatopées qui servent à rien (AHDE), mais l'ensemble, l'atmosphère et les sentiments évoqués fonctionnent et j'ai eu du plaisir à te lire.
Donc je trouve que c'est une réussite.
Bravo.

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"Chanter des chansons chez patrick Sébastien , enfin j'avais trouve mon identité je croyais que j'étais spiderman mais en vrai j'étais un agneau qui nage, j'avais plus peur des loup et de la mort car je savais qu'au bout du compte on finirai tous chez patrick Sébastien"
Pierre, 21/04/2018




Ah oui, j'écris des trucs aussi
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Ragne

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Masculin Sagittaire Messages : 645
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MessageSujet: Re: Réécritures   Sam 26 Mai 2018 - 12:33

J'ai lu le premier texte.

C'est un exercice assez compliqué de réécrire un texte, il faut saisir son esprit avant de le décortiquer pour se l'approprier. Et je crois que tu as plutôt bien réussi.
Si je préfère encore la version original, mais, il y a un autre esprit dans ta narration, plus épuré, moins chagrine peut être. Tu prends le temps de te poser. Et je crois que c'est quelque chose que je n'avais jamais vu chez toi, alors que c'est vraiment un truc pour lequel ta plus est faite tant ton style est aérien.

Alors que dire.

Je cros que j'ai aimé
Continue :)
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MessageSujet: Re: Réécritures   

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