Encre Nocturne
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 Chronochallenge n°130

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AuteurMessage
Tiunterof
Gardien grincheux de la CB
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Masculin Bélier Messages : 1849
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MessageSujet: Chronochallenge n°130   Sam 9 Juin 2018 - 21:28

Hop, on y va les enfants !

- Les royaumes du désert.

- Vie sans couleur.

- Prends moi mes larmes.

- Amis d'enfance.

- La maison hantée.

- Seul sous la glace.

- Lettre d'amour.

- Les êtres de fumée.
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Darkmichou

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Masculin Balance Messages : 70
Date d'inscription : 11/11/2017
Localisation : Nantes

MessageSujet: Re: Chronochallenge n°130   Sam 9 Juin 2018 - 22:13

Salut ! :la:
Un petit texte vite fait parce que pour une fois j'ai eu le temps de venir fier

Thème : Les êtres de fumée

_ _ _

Maintenant que j’habite à la ville, j’en vois plein des gens dans la fumée. Avant, y en avait pas beaucoup. Euuh un peu. Plus que trois doigts mais moins que deux mains. Maintenant, je peux même plus les compter…

Quand maman fait du feu dans la cheminée quand papa dit sacaille là-dedans en se frottant les bras, y a plein de fumée. J’aime bien la fumée. Ça fait des formes jolies et après il fait un peu chaud. Mais après je tousse et maman me dit de bouger de ses pattes et que je vais tomber malade. Mais les gens dans la fumée, eux elle leur dit pas qu’ils vont tomber malade alors que leur fumée à eux elle sent pas bon et elle me fait tousser aussi mais là maman me gronde pas, mais je tire sur son bras pour bouger quand même de là pour pas tomber malade. Eux ils toussent pas. Et avec leur fumée bah il fait pas chaud. Je crois qu’ils ont pas compris qu’il faut la mettre dans la cheminée pour qu’elle marche.

Un jour j’ai vu maman dans la fumée dans le jardin. J’ai demandé pourquoi elle a pas mis la fumée dans la cheminée et elle m’a dit va jouer dans ta chambre mais je voulais pas. J’ai demandé si elle va tomber malade et elle m’a dit non mon chou, tinquiète pas mais je tinquiétais quand même.

Maintenant maman elle va souvent dans la fumée dans le jardin même si sacaille pas et après ça sent pas bon et comme je veux pas tomber malade je joue dans ma chambre. J’espère qu’elle va pas tomber malade…


Dernière édition par Darkmichou le Sam 9 Juin 2018 - 22:31, édité 2 fois
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Ailée-Folie

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Féminin Taureau Messages : 310
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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°130   Sam 9 Juin 2018 - 22:26

QUE LES GENS TRES SENSIBLES AUX AMBIANCES SORDIDES SOIENT PREVENUS

Mon but pour ce CC est de répondre au thème "La maison hantée". J'ai choisi de tenter une description du lieu en question en essayant de rendre les sensations les plus prenantes possibles.
Bon... :rire: Je me suis faite avoir par le temps, j'avoue AHDE Du coup ce n'est pas fini. Genre pas du tout. Je le continuerais peut-être si ça vaut le coup :rire:


Bref, enjoy !

La maison hantée

C’était en fin d’après-midi, je crois. Il faisait chaud et l’air lourd chargé d’orage ramenait à nos narines l’odeur de l’humus humide, des feuilles moisissantes et des champignons présents en telle quantité que nous ne pouvions pas les éviter tous. La route sur laquelle nous avancions depuis maintenant plusieurs heures s’était rétrécie jusqu’à devenir un étroit sentier, à peine plus qu’une coulée de bête sauvage, où nous nous trainions péniblement en tentant d’éviter les longues branches tombantes des maigres arbustes épineux qui nous entouraient. Comme tant de longs doigts avides, les épines dont ils étaient hérissés se glissaient à travers nos vêtements et nous égratignaient à chaque fois un peu plus.
Meurtrie, fatiguée, trempée par la sueur qui faisait adhérer mes cheveux à mon visage rouge, je suppliai qu’on fasse enfin une pause. Les autres étaient aussi épuisés que moi et plusieurs d’entre eux hochèrent la tête, une lueur de reconnaissance s’allumant au fond de leurs yeux creusés. Mais alors que tout le monde semblait prêt à abandonner pour aujourd’hui, le tintement d’une cloche résonna dans l’air vide. Proche. Tout le monde releva la tête et tous fouillèrent des yeux les profondeurs sombres du bois jusqu’à ce que l’un d’entre nous pointe du doigt une vague forme géométrique, à peine distinguable à cette heure entre chien et loup. Presque au même moment, un éclair déchira le ciel au-dessus de nous, éventrant les nuages sombres et révélant une masure plus proche qu’aucun d’entre nous n’aurait cru. Si on voulait se mettre à l’abri, cela semblait être idéal. Sans perdre plus de temps, nous nous mirent à courir sous les éléments désormais déchaînés jusqu’à ce qui semblait être notre salut.

Plus nous nous approchions et plus l’air se rafraîchissait, si bien qu’une fois arrivés devant le haut portail défoncé qui émergeait des congères, austère et droit comme un monolithe, frissonnions tous. Devant nous se dressait la plus lugubre construction qu’il m’ait été donné de voir. Une sorte de maison de campagne aux murs luisant d’humidité, au toit en si mauvais état qu’on aurait dit qu’une main géante en avait emporté des morceaux, et aux fenêtres ouvertes sur des rideaux élimés qui flottaient dans le vent devenu fou, comme tant de linceuls déchirés. A sa vue, une angoisse terrible me saisit les entrailles. Mais ce n’était pas pire qu’au dehors et je préférai suivre mon groupe plutôt que de rester seule à la proie des éléments.
Un grincement glaçant se fit entendre alors que la porte s’ouvrait à notre approche. Peut-être aurais-je dû faire demi-tour à cet instant...

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:serpent:

(Les oiseaux vaincront!)
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Titi

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Féminin Lion Messages : 811
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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°130   Sam 9 Juin 2018 - 22:28

Je crie mais le tonnerre étouffe mon souffle. Je pleure mais la pluie cache mes larmes. J’ai des aiguilles dans le coeur. Des éclats de verres, brisés. La douleur enfle, comme un abcès rempli de pus. Tout est noir et blanc. Parsemé de gris. La couleur s’est enfuie. Loin. Tellement loin, que je ne l’aperçois plus. Mes yeux l’ont perdue de vue. Ils cherchent la lumière à travers mon masque.

Pourquoi est-ce que je fais semblant d’être heureux déjà ? Même quand la peine m’arrache les yeux, personne ne la voit. Je cache la misère derrière un sourire. Un sourire faux, comme les gens qui m’entourent. Ils viennent, mais ils finissent toujours par partir. A jamais. Me laissant seul. J’ai l’impression d’être abandonné. S’ils ne sont pas capable de m’aider, alors qu’ils s’en aillent. Pas besoin de les guider, ils savent très bien le faire.

Un éclair vient m’aveugler. J’entends un craquement. Mon visage ? Je sens mon visage se craqueler. Non ! Il s’agit juste de ce masque. Ce sourire de façade va disparaître. Je ne parviendrai plus à cacher la douleur. Ils vont encore s’enfuir vers les autres gens. Ces gens plein d’espoir. Ces gens que j’envie. Ils sont naturels. Ils ne sont pas faux. Ce ne sont pas des acteurs. Ils sont resplendissants ! Ces gens sont des couleurs de l’arc-en-ciel. Ensemble ils redonnent à la vie son parfum, sa saveur, sa chaleur. Elle devient un bel oiseau, chantant le rêve, chantant l’amour, chantant les couleurs.

Je sens autour de moi de la chaleur. C’est si doux. Si apaisant. Je me sens renaître. Ce câlin est unique. Il vient d’un ami cher qui ne m’abandonnera jamais. Qui sera toujours là pour moi, même lorsque mon coeur se gorge, et se gorgera à nouveau de goudron nauséabond. Je sens les débris disparaître. Je sens les aiguilles fondre. Je sens la couleur revenue. Regarde-moi. Embrasse-moi. Prends-moi mes larmes !

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Hey, pssst, Invité , j'ai répertorié tous les textes que j'ai postés sur le forum ~ici~ Fais-y un tour si le coeur t'en dis :latourn: (ce n'est pas à jour hélas)

Les mercredis, 21h30 environ (heure française), je lance le CC. Vous pouvez d'ailleurs m'envoyer vos suggestions par mp (ou discord).

CDF (Poésies, Chansons, Chamarrés) :la: , mon signe distinctif est ♫

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"Je leur rendrai ce grand service parce qu'on ne me l'a pas rendu à moi." (Philippe Labro - Les cornichons au chocolat)

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Tous mes sens charmés
Hypnose et divins délices
J'aime les haïkus
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http://je-seme-des-poemes.skyrock.com/3113348789-Index-des-poeme
Dragon Dae
Reine des dragons
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Féminin Sagittaire Messages : 270
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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°130   Sam 9 Juin 2018 - 22:43

Amis d'enfance - inspiré de la chanson Tu t'appelles Marguerite

Il y a une vérité universellement reconnue – et non, ce n'est pas au sujet d'un célibataire riche ou de la recherche d'une épouse. C'est au sujet de l'enfance. Tout le monde, en devenant adulte, s'accorde à dire que les amitiés d'enfance ne durent pas, ou très rarement. La grande majorité sont vouées à l'oubli. Combien de gens peuvent se vanter d'être encore en contact avec leurs amis d'enfance ? Pas moi, en tout cas. Mais je me souviens encore de ma meilleure amie – ma première meilleure amie, devrais-je dire.


Rose était ma voisine d'en face quand j'étais petite. Nous avions presque le même âge, à quelques mois près. En tout cas, nous étions dans la même classe – et Rose était la plus jolie. Personne n'en doutait, et certainement pas moi, non que j'en sois jalouse. Quoi qu'il en soit, nous avons été inséparables dès l'âge de sept ans. Nous avions toujours été amies – quoi de plus normal quand on grandit ensemble dans un petit village – mais c'est à cet âge que chacune a attribué à l'autre le titre de meilleure amie. Rose et moi avions prêté un serment, celui d'être amies pour toujours, et nous étions convaincues que ce serait vrai. Nous avions aussi établi un rituel : quelle que soit l'heure, aussi fatiguées que nous soyons, nous nous retrouvions dans les champs derrière le village pour regarder le coucher de soleil. L'une de nous faisait remarquer que le ciel était tout rosé, ce qui annonçait du beau temps pour le lendemain. L'autre répondait qu'il faudrait en profiter.


À douze ans, la puberté a frappé Rose d'un seul coup – accompagnée par un profond sentiment de révolte. Elle se révoltait contre tout, les projets de ses parents, les règles du collège, et surtout le comportement des garçons. Il faut dire que des courbes généreuses – peut-être trop généreuses – étaient apparues très vite – peut-être trop vite. D'un seul coup, ma meilleure amie était l'objet des attentions de tous les garçons du collège. Plusieurs l'ont d'ailleurs fait pleurer. Mais toujours, notre rituel était maintenu et nous regardions le soleil se coucher.


Mais la vie se moque bien des promesses de deux petites filles, et nous a forcées à rompre notre serment. L'été de nos quatorze ans, les parents de Rose ont déménagé à cinq cent kilomètres de notre petit village – et il a bien fallu qu'elle parte avec eux... Un soir, elle a fait sa valise pendant que nous nous promettions toutes sortes de bêtises. On riait pour ne pas montrer qu'on avait surtout envie de pleurer. Nos parents nous ont laissées regarder une dernière fois le soleil se coucher – et, même si c'était futile, même si on le savait, on a échangé les dialogues habituels.

« Regarde, m'a dit Rose en montrant l'horizon, le ciel est tout rosé. Il fera beau, demain.

- Il faudra en profiter, ai-je répondu en retenant un sanglot. »

Puis elle est partie, sans un mot de plus, sans un regard en arrière.


J'ai guetté son retour pendant des années. J'étais persuadée qu'elle viendrait pour les vacances, ou pour Noël, ou encore pour mon anniversaire. C'était le seul présent que j'ai demandé, de mes quatorze à mes dix-huit ans : voir Rose pour mon anniversaire. Elle ne venait jamais, bien sûr, mais je répétais à qui voulait l'entendre que ses parents avaient dû l'en empêcher. Et puis j'ai atteint la majorité, sachant très bien qu'elle-même l'avait atteinte six mois plus tôt et qu'elle n'avait pas besoin de l'aval de ses parents pour venir me voir. Terriblement blessée, je suis partie à mon tour, sans me retourner, pour faire mes études ailleurs.


Aujourd'hui, à 45 ans, de retour dans ma ville natale pour travailler dans une maison de retraite, j'ai tous ces souvenirs qui me reviennent en tête. J'écoute attentivement la directrice qui me parle des patients, quand quelqu'un frappe à la porte et interrompt la discussion.

« Entrez, dit-elle. »

La porte s'ouvre, et je me demande si je suis revenue en arrière ou si je rêve. Le temps a laissé sa marque sur son visage, mais impossible de s'y tromper, c'est bel et bien...

« Rose ? »

Que fait-elle ici ? À 45 ans, elle est bien trop jeune pour être en maison de retraite... À moins qu'elle n'y travaille comme moi ? Mais la directrice vient doucher mes espoirs.

« Madame Dupont ? Que puis-je faire pour vous ? »

Il n'y a que les résidents qu'elle appelle par leur nom de famille. Les employés comme moi, elle utilise leur prénom. Elle me l'a dit il n'y a pas quinze minutes.

Rose ne lui répond pas, elle me regarde avec curiosité.

« Vous me connaissez, madame ?

- J'ai tellement changé que ça ? C'est moi, Marie ! Ta meilleure amie d'enfance !

- Je suis désolée, j'ai perdu la mémoire, me dit-elle d'un ton désolé. »

La directrice intervient d'un ton ferme.

« Retournez dans votre chambre, s'il vous plaît, Madame Dupont. Je viendrai vous voir tout à l'heure avec Marie. »

Rose fait demi-tour et s'en va sans protester, et la directrice se tourne vers moi.

« Madame Dupont a été placée ici par ses enfants. La pauvre souffre de maladie d’Alzheimer, voyez-vous, et ils n'ont pas la possibilité de la prendre chez eux.

- Elle ne peut pas rester seule chez elle ?

- La maladie est à un stade trop avancé, malheureusement. L'autre jour, nous l'avons retrouvée en chemise de nuit au milieu du village. Elle avait oublié de s'habiller avant de sortir, et n'avait prévenu personne... »

J'explique à ma supérieure que j'ai grandi avec Rose, et en retour elle me raconte ce qu'elle sait de sa vie. Rose s'est mariée plusieurs fois et a trois enfants ; ceux-ci viennent la voir de temps en temps, mais plus elle perd la mémoire, moins elle reçoit de visites.


Les larmes aux yeux, je me rends dans la chambre 108, celle de Rose. Le hasard veut que cette chambre se trouve en face de celle réservée aux employés, et cette ironie me fait sourire. Rose m'attend assise sur son lit. Elle me demande, avec un regard vulnérable, si je la connais vraiment. Avec un sourire, je m'assois à côté d'elle et je lui prends les mains.

« On regardera le soleil se coucher, ce soir. Et si tu es trop fatiguée et que tu t'endors, je te dirai, 'Regarde, le ciel est tout rosé. Il fera beau demain, il faudra en profiter.' Mais tant que tu ne pars sans un mot, je vais te remémorer ton enfance. »
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MessageSujet: Re: Chronochallenge n°130   

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