Encre Nocturne
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 [SUJETS] CC 2.23 DUO

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AuteurMessage
Phoenix
Piou grincheux accro au café
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Féminin Gémeaux Messages : 1908
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MessageSujet: [SUJETS] CC 2.23 DUO   Mer 8 Aoû 2018 - 21:32

Bonsoir à tous !! CC en duo ce soir, le principe est simple :


  • --> Le premier membre du binôme a 30 minutes pour écrire la première partie du texte qu'il envoi ensuite à son camrade en MP
  • --> La deuxième membre a 30 minutes pour écrire la suite de ce texte !
  • --> Comme d'habitude, vous pouvez choisir un ou plusieurs sujets dans la liste ci-dessous :la:
  • --> Chacun des membres peut choisir un ou plusieurs thème et un ou plusieurs bonus (je met les bonus en double du coup ^^)
  • --> Le dernier membre du binôme post le texte ici et précise le binôme au début !! (vous n'êtes pas obligé de préciser l'endroit ou ce sépare les deux écrivains Wink)
  • --> /!\ POUR VOUS ÉCHANGER LES TEXTES, MERCI DE LE FAIRE PAR MP ET DE NE POSTER DANS LE SUJET QUE LE TEXTE COMPLET A LA FIN /!\
  • --> /!\ La team Modo rappel que l'utilisation des balises et avertissements reste de mise même lors des CC !! Merci donc d'en tenir compte et de mettre balises et avertissements sur vos textes si cela le nécessite ! /!\


Et le principal : écrivez et amusez vous :la:

SUJETS

1 - J'étais lui et il était moi
2 - Comme un instant d'éternité
3 - Encore une fois
4 - Soldat de poussière
5 - La solitude du bonsaï
6 - Enivrant parfum
7 - La croix et la bannière
8 - Poupée de chiffons

Bonus phrase (comme d'habitude, une phrase pour commencer ou terminer votre partie et passer à votre camarade ; le temps et les pronoms peuvent être changés à votre convenance) :

-Je regarde de chaque coté et je ne vois qu'eux...
-Il porte un dernier regard avant de tourner les talons...

Bonus image


Somewhere here by alexendreev - Deviantart


peaceful by fantuantaika - Deviantart


Bonus musique







Bonus lancé de dé :


Principe : je vous donne un site pour faire un lancé de dés virtuel et celui-ci déterminera la contrainte que vous devrais respecter pour votre partie du CC. Si une contrainte vous parée trop compliqué, refaite un lancer :p


Site : http://de.virtuworld.net/

Contraintes :

1 - Dommage vous ne pouvez pas utiliser la lettre i
2 - Votre CC est une lettre
3 - Ecrivez votre CC à la première personne
4 - Ecrivez votre CC en langage soutenu
5 - Vous devez utiliser (de manière correct AHDE) le mot herbe au moins 3 fois dans votre partie
6 - Ecrivez votre CC en vers

------------------------------------------------------------------------------------------------
Phoenix - Kemenyx


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K
Emmerdeur officiel
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Masculin Taureau Messages : 227
Date d'inscription : 13/11/2017

MessageSujet: Re: [SUJETS] CC 2.23 DUO   Mer 8 Aoû 2018 - 22:46

[-16] Pas d'avertissements particuliers


J'étais lui et il était moi
Contrainte 2 : le CC est une lettre

Très cher toi, ou très cher moi,

Commencer cette lettre autrement ne serait pas aussi amusant...
Quand je me suis rendue la toute première fois dans cet étrange endroit, aurais-je pu me douter que tu m'y attendais déjà ?...
Il n'y avait rien en ce lieu. Juste des hurlements, des douleurs sourdes et quelques gémissements...
Tout ce tumulte déguisant maladroitement blessures et besoin d'injures...
J'aurais pu passer mon chemin, mais le chant de ce monde est le mien !

Un autre toi, une autre moi ?... je m'y perds... sans doute n'ai-je pas les idées claires !

J'ai entendu le cri du monstre s'éveillant, et son écho en mon âme s'enivrant...

Un ennemi ou un ami ?
Une conclusion, une certitude ?

L'un de nous deux doit disparaître !
Cette idée m’obsède !

Un toi, un moi, deux K ?

Je ris en pensant à ce que seras notre duel. Quand je t'aurais vaincu, toi l'immortel !
Mais oui, jouons, jouons !
Élevons-nous plus haut que nous, voyons si nous tiendrons toujours debout !
Je simule, tu simule... chacun piégé dans sa bulle.
Comme nos jeux peuvent-être vains... c'est pour cela que ça nous va si bien...

Dis-moi... si c'est mon sang qui venait à être répandu, penserais-tu avec regret à ton ennemi perdu ?

Répond-moi !
Qui es-tu ? Que veux-tu ?

Et pourquoi ai-je déjà perdu ?...

Monsieur K (l'original)

...

Très Cher K

Je suis ravi de constater que nous sommes d’accord sur un point. L’un de nous dois mourir. Je l’ai su quand tu m’as parlé la première fois, je l’ai su lorsque nous avons brûlé cette maison. Je l’ai su enfin quand nous nous sommes retrouvés à l’hôpital.

Je n’en peux définitivement plus de t’avoir dans ma tête, de t’avoir dans ma peau, de t’avoir dans mon cœur. Il n’y a rien de plus déroutant que de ne pas savoir si tes pensées sont les miennes ou inversement. Heureusement que nous ne sentons rien car nous transpirons de l’émotion de l’autre.

Je vais donc te tuer, te planter un couteau dans le cœur… Et après ? Car ton cœur est aussi le mien, qu’elle rage de ne pouvoir se séparer de celui qu’on ait : c’est pire que la séparation des siamois. C’est sans doute aussi pour ça que je réponds à ta lettre que tu as laissée sur le bureau, pour assouvir ma frustration.

Alors je vais te tuer par la pensée, me dire que tu n’as jamais existé. Il y a bien des gens qui croient des mensonges toutes leurs vies, dénis de maladie jusqu’au cimetière ou personne croyant que nous ne sommes qu’une seule et même personne parce que nous avons le malheur de ne partager qu’un seul corps.

Il faudra par la suite que je fasse disparaître ces lettres. Après tout, même s’il n’est pas interdit de se tuer soi-même, cela reste quand même une preuve. Je vais cependant attendre que tu la lises. Ah oui : j’oubliais que tu la connais avant même que je l’écrive. Tant pis, je continue quand même.

Je pourrais donc te nier, me lobotomiser de médicament et avoir une vie normale, avec une femme, des enfants, un emploi stable et même un paillasson avec écrit dessus « Sam Suffit. » Je ne sais pas pourquoi mais je vois plus le paillasson que le reste. Mais pour cela, il nous faudrait nous évader et j’aurais alors besoin de ton astuce.

Qu’importe K, d’une façon ou d’une autre je te tuerai. Je te ferai disparaître de ton plan d’existence et j’en pleurerai de rage.

De rage et d’amour.

Oui. Le mot est lancé, je suis effrayé car je suis amoureux. On dit qu’on se voit dans le regard de l’être aimé, mais dans le regard des autres je ne vois que toi. Est-ce du narcissisme que de s’aimer soi même quand on partage le même corps ?

J’aime la fragilité de son assurance et la stabilité ta folie démentielle. Le jour où la méchante ombre s’est abattue sur nous, tu étais là, trop faible encore. J’allais errant, de jour en jour quand tu m’as approché.

J’aimerai tellement t’emmener dans un manoir où nous conquérions le monde et ferons payer au centuple nos souffrance. Mais le monde est-il assez grand pour nous deux, nous en revenons au point de départ.

Après tout, je suis toi et tu es moi, bien que nous soyons séparés. Il n’y a rien en ce monde que douleurs et injures, si ce n’est ta présence. Si bien que si tu m’intimais de disparaître, je me jetterai nu dans le bain de vitriol que tu m’as préparé.

Ou alors c’est le monde autour de nous qui brûlera dans un feu ardent. Adieu les ombres, ne restera qu’une lumière où l’on pourra danser pour l’éternité. Ainsi aurions-nous déjà gagné et en même temps perdu…

K (L’unique)


Dernière édition par K le Mer 8 Aoû 2018 - 22:52, édité 2 fois
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Papagena

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MessageSujet: Re: [SUJETS] CC 2.23 DUO   Mer 8 Aoû 2018 - 22:50

[-16]  
avertissement:
 

----------------
Duo avec ALWINE

La bataille.

Je regardais de chaque coté et je ne voyais qu'eux... nos ennemis. Quelques heures auparavant, ils étaient si nombreux que leur groupe disparaissait à l’horizon. A présent, seule une poignée d’entre eux restaient debout. Leurs armures, d’un beige clair à l’origine, s’étaient teintées d’un rouge sombre trahissant leur défaite imminente. Certains avaient encore leur casque cabossé sur la tête, d’autres étaient tête nue. Leurs yeux cernés nous fixaient avec une haine sans nom. Leur dégoût à notre vue était presque palpable, ainsi qu’une terrible peur qu’il s’efforçaient de cacher.

Cette frayeur, je ne la partageais pas. Non pas parce que j’étais dans le camp des gagnants jusqu’à présent, mais parce qu’ils ne pouvaient rien contre moi, contre nous. La chaleur était à notre avantage, nous qui ne ressentions ni la fatigue, ni la soif, ni la faim. Nous étions les guerriers ultimes, dignes protecteurs du Seigneur Tefei.

Soudain, je ressentis cette pression caractéristique au fond de moi, tandis que la voix du Seigneur Tefei résonnait dans mon crâne. “Exterminez ces rats jusqu’au dernier !” La puissance coula dans mon corps comme un torrent d’énergie. C’était l’heure de passer à l’attaque.

Prenant nos ennemis par surprise, je commençais à courir aussi vite que le vent. Prenant de l’élan, je sautais dans les airs afin de retomber au milieu de leur groupe, en écrasant un qui hurla de douleur. Son sang m’éclaboussa, mais je ne ressentis rien. Un de ses camarades poussa un hurlement de fureur avant de se précipiter vers moi, son sabre luisant au soleil. D’un geste vif, je fis voler sa lame dans les airs, qui vint se ficher dans le sol à plusieurs mètres de là. La peur envahit ses yeux lorsqu’il me vit m’approcher de lui.

- Non pitié, j’ai une femme et des enfants ! Si vous me tuez, je ne pourrais plus m’occuper d’eux.

Derrière moi, mes compagnons d’arme s’occupaient de nos ennemis sans aucune pitié. Mon adversaire reculait le plus vite possible tout en me suppliant de le laisser en vie. Ses mouvements nous amenèrent à l’écart, jusqu’à un tas de rochers poussiéreux derrière lequel un petit lézard vert se cacha à toute vitesse. Lorsque le dos de mon adversaire buta contre la pierre, ses yeux s’agrandirent de terreur avant de comprendre qu’il était perdu. Sa main plongea sous sa chemise derrière son armure cabossée et en ressortit un long chapelet en bois, dont certaines perles vernies avaient pris une teinte rouge.

Il se mit à prier à toute vitesse, se balançant d’avant en arrière comme pour se rassurer.

Le temps soudain s'arrêta et dans mon esprit torturé  la voix du grand seigneur se fit de nouveau entendre "écrase cet effroyable vermine, il n'est rien et nous sommes ceux qui vivrons".
Je regardais autour de moi. Mon bras c'était arrêté à deux centimètres de la nuque du pauvre vers en armure qui me faisait face. Son regard implorait la pitié, mais je n'en avait que faire..
Je relevais alors mon bras et trancha net.
La plaine regorgeait de cadavres ensanglantés, l'odeur de la mort planait autour de nous et les vestiges de la bataille seraient détruit par les flammes qui grandissaient peu à peu.
Le village au loin, faisait sonner les cloches de la défaite.

Quand le soldat se meurt, le clochet sonne l'heure,
tandis que l'orphelin, seul dans les cendres pleure.
Consumé par les flammes, l'homme tombe en poussière
Et les âmes qui hurlent, retrouvent enfin leurs pères.


Dernière édition par Papagena le Mer 8 Aoû 2018 - 22:55, édité 1 fois
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Tiunterof
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MessageSujet: Re: [SUJETS] CC 2.23 DUO   Mer 8 Aoû 2018 - 22:52

Hart et Tiun :

Poupée de chiffons

Il était une fois une grande reine appréciée de tous les courtisans de sa cour. La dame avait en sa possession tous les plus beaux apparats du pays. Chaque soir, elle avait pour habitude de revêtir une robe en dentelles aux couleurs du ciel.

Son mari, un homme fort n'ayant que faiblement cultivé son esprit tout au long de sa vie, aimait la nommer "Ma poupée" puisque celle-ci maniait les pots de maquillage et les ciseaux de manière très coquette. Changeant de coiffure presque quotidiennement et dépensant des fortunes pour rendre son visage plus coloré.

Un jour, une vieille femme, allégorie de ce que les gens du peuple se représentaient comme étant la laideur, interpella sa majesté et lui tint ces propos :

- Je vous prie de bien vouloir pardonner ma candeur et mon scepticisme, mais une question chatouille mon coeur depuis de longues années. Pourquoi donner tant d'investissement à ce qui n'est que l'enveloppe de vos formes corporelles ? Tout cet amas de chiffons ne vous rend pas plus belle, votre beauté naturelle réside dans votre visage même, et non pas sur les tissus qui recouvrent votre corps. Pourquoi ne pas user vos gages plus utilement que pour changer de robe chaque soir ? Quand un corps est beau, il le reste malgré la sobriété de son apparat. Ne le pensez-vous pas aussi ?

Contrairement à son mari, la reine se plaisait à s’entourer des plus beaux esprits, comme l’étaient les plus éclairés despotes de son temps, aussi avait elle de grandes réflexions quant aux choses de la vie et surtout celles de la sienne. Comprenant bien ce que lui disait la vieille femme, elle lui répondit comme on s’adresse à un égal.

-Ma Dame, il est vrai que certaines se cachent sous leurs apparats et ont en horreur les corps comme ils sont dans la nature. On leur apprend dès le plus jeune âge à se pomponner, s’habiller, on les affuble de bien jolis noms sans jamais complimenter ce qui se cache derrière leur joli visage. Nombreuses sont celles qui, à la santé de l’esprit préfèrent celle du corps simplement car on leur a enseigné que c’est par là que s’exprime leur valeur, et parce qu’en cela seulement on les juge.
Oui nous pouvons nous grimer, masquer qui nous sommes sous la poudre et le khôle, cacher nos coeurs que nous taisons sous de vastes fraises, pour autant ne peut-on pas envisager que certaines se plaisent simplement à jouer de leurs traits comme certains jouent d’une toile ? À manier les crèmes et les lotions comme certains le font de leurs peintures et de leurs pinceaux ? Ne peut-on concevoir que certaines ne se parent des plus beaux bijoux que car elles se passionnent pour leur éclat ou veulent rehausser le leur ? Et non pas seulement pour éblouir les autres car elles ne voient d’autres façons de se donner de l’importance ?
La beauté n’est pas qu’une question de superficialité, et si la chaire nue et sans artifice est belle, celle qui se couvre de couleur l’est tout autant. Si vraiment l’on pense que toutes les femmes sont déjà belles et devraient s’aimer, ne devrait-on pas laisser celles qui s’aiment d’autant plus dans leurs plus beaux atours s’épanouir comme elles le veulent ? Ce n’est pas parce que vous savez apprécier la beauté d’une fleur sauvage dans votre près que vous devriez fustiger vos voisins qui eux préfèrent défricher le leur pour y faire pousser des roses.
Quoi donc de mal à donner de l’importance à son enveloppe, du moment que l’on s’y plaît ? N’est-ce donc pas preuve de suffisance que de regarder de haut ceux qui aiment à regarder les miroirs plus que les livres, tant qu’ils y trouvent le bonheur dont chacun a besoin pour vivre ?

La reine retira l’un des somptueux joyaux qui décoraient sa chevelure et le glissa dans la tignasse grasse de la vieille femme.

-Si vous vous aimez la tête-nue, jetez le donc, mais si l’éclat des pierreries vous plaît, quel mal y a-t-il à l’arborer ? Je vous trouve belle dans votre éloquence et grande dans votre esprit, mais au final tout ce qui importe c’est que cela vous suffise. Chacun trouve sa beauté où il le veut et la mienne n’est pas là où est la votre.

Sans dire mot, la vieille femme se détourna. Une fois chez elle, elle réfléchit. Heureuse elle réalisa qu’à son âge encore elle avait à apprendre. Ôtant le joyaux de ses cheveux, elle le posa sur le rebord de la cheminée. Si elle ne le trouvait pas beau sur elle, elle le trouvait charmant ici, et après tout c’était très bien comme ça.
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Phoenix
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MessageSujet: Re: [SUJETS] CC 2.23 DUO   Mer 8 Aoû 2018 - 22:53

[-16]
avertissement:
 

Petite histoire de K et Phoenix
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L’Armée de Poussière (variation sur le Désert des Tartares) Drogo supportait stoïquement la chaleur. Deux ans déjà qu’il faisait ses rondes sur le fort Bastiani. Deux ans à voir quotidiennement ce paysage rocheux désolé. Son bonsaï, arbre chétif aux feuilles jaunies, était le seul être végétal qui survivait à l’horizon. Il était pourtant arrosé à heure fixe, par la force de l’habitude qu’avait adoptée Drogo. Dix heures, inspection des revues. L’après-midi, chemin de ronde, derrière lui les montagnes sèches avec au loin la chimérique ville qu’il avait quittée depuis si longtemps. Devant un espace dégagé, un absolu où plongeait le regard, un désert. Personne n’avait franchi ce passage depuis des années. Pourtant Drogo patiemment, plongeait son regard loin vers le Nord, dans une monotone contemplation. On aurait pu le prendre pour un fou. En un sens il l’était, ayant arrêté de réfléchir dans cette suspension éphémère de toute capacité réflective, remplacé par un protocole réglé au cordeau. Et malgré cet aspect mécanique, comme une savante horlogerie, il y avait un cœur qui battait sous la carapace du jeune lieutenant : il espérait. Il ne savait pas vraiment quoi mais il espérait. Et déjà cela était comme un grain de sable qui venait détraquer l’ensemble.

Vers 14h27, l’impensable se produisit : Drogo abandonna sa ronde pour fixer un point du diaporama, sorti sa paire de jumelle et le contempla pendant quelques minutes. Le lieutenant Simeonni, vieil homme bourru attaché à l’édifice comme une moule à son rocher, vint le voir l’air sévère pour lui signifier son mécontentement de son manquement au protocole. Lorsque son regard sévère croisa le regard de la sentinelle, il se retourna dans la direction souhaitée et fut à son tour saisi. La chaîne était comme bloqué : chaque personne arrivante s’immobilisait au même endroit pour contempler l’endroit insolite, se hasardait à émettre une supposition avant de se taire devant le regard sévère de Simeonni. Drogo était parti, comme titubant, en direction de l’appartement du Commandant Ortiz, vieil homme au regard doux, fort surpris de voir entrer le jeune lieutenant. « Ils arrivent, murmura-t-il. » Comme à contrecœur, le supérieur suivit cet officier vraiment trop remuant, jusqu’au moment où il arriva perplexe à l’endroit où se tenait le groupe de ses hommes. « C’est une armée, s’exclama-l’un. – Mais non, tu te fais des idées. Il n’y a que du sable à cet endroit. » Situation fort embarrassante. Ce fut Simeonni qui fut désigné pour aller voir, il emmena quelques hommes dont le jeune Angustinna, jeune homme rieur qui fut prêt à en découdre. On ouvrit alors la lourde porte en direction du Nord et laissa le groupe partir, non sans appréhension.

Drogo resta dans le fort. Tous les protocoles étaient perturbés alors il lui fut ordonné de garder un œil sur ces camarades qui allaient au-devant du danger. Il les suivis du regard, cheminant dans l’étendue désertique sous un soleil de plomb. Ils progressaient vite vers l’objectif, trop au goût de Drogo. Il ne savait pas ce qu’était ce qu’il avait vue mais il était certain que ce n’était pas une affabulation. Il connaissait le paysage par cœur et puis le doyen avait lui aussi vue quelque chose. Cela ne pouvait pas n’être rien. Quand les hommes ne furent plus que des petits points, fourmis grouillantes sur le sable chaud, il continua sa surveillance, jumelles sur les yeux. L’excitation, la chaleur et l’appréhension faisait perler quelques gouttes de sueur à son front. Sa respiration était plus saccadée et son cœur avait accéléré ses battements et le sang bourdonnait à ses tempes. Il aurait voulu les accompagner mais le commandant avait refusé, souhaitant qu’il continue à surveiller le danger au-delà duquel marchaient ses frères d’armes.

Drogo revit soudain les formes. Elles étaient là, tout autour de ses camarades. C’étaient des formes humanoïdes faites de sables et d’autres choses. Elles étaient vivantes et semblaient danser en rythme autour des soldats. Ceux-ci ne semblaient pas savoir comment réagir, tétanisé par cette apparition très soudaine. Elles étaient sortie du sable, avec lequel elles se confondaient parfaitement, comme par enchantement. Etaient-elles hostiles ou non ? La respiration de Drogo c’était coupé en même temps que celle de ces camarades, suspendu à ses jumelles. Comme lui comme pour ceux au front, le temps semblait avoir ralenti sa course, comme si il n’avait pas de prise sur ces mystérieuses créatures faites de sable qui avaient pris vie soudainement. De longues secondes s’écoulèrent, semblables à une éternité. Puis se fut l’apocalypse. Des armes sorties de nulle part. Du sang et des morts. Bientôt il ne resta plus rien du petit groupe de soldats dont les corps furent engloutis sous le sable chaud du désert. C’est comme si ils n’avaient jamais existés.

Drogo était sidéré depuis le chemin de ronde. La bouche grande ouvert, les mains moites, il n’avait pas compris. Tout était allé si vite. En un instant le désert avait avalé les soldats. Il n’y avait plus rien et le calme avait de nouveau repris sa place. Plus rien ne venait troubler l’horizon.

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MessageSujet: Re: [SUJETS] CC 2.23 DUO   Mer 8 Aoû 2018 - 22:55

[-15]
avertissement:
 

Texte de Phoenix et Monsieur K
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Je regarde mon reflet dans le miroir et je le vois. Il est là.
Il m'observe lui aussi, me dévisage sans émotion aucune.
Il me fait peur mais il me fascine. Il me ressemble mais pas tout à fait.
On dirait moi plus jeune mais aussi plus vieux. Je ne sait pas ce qu'il veut

Nous restons là comme cela à nous regarder pendant des heures. Nous faisons ça souvent, comme une sorte de rituel, un rendez-vous. Presque tout les matins lorsque moi je me lève et aussi lorsque je vais me coucher. Au début je pensais que c'était de la folie et puis je me suis rendu compte que j'en avait besoin. Il y avait quelque chose. Oui cette chose qui fait que l'on y revient toujours.

Il a quelque chose d'étrange finalement. Oui, il y a une différence.
Son visage, on dirait du sable. De tout petits grains les uns contre les autres.
Et puis ses habits, pareil à un uniforme. Et il est terne, passé, presque effacé.
Ses yeux sont gris. Ils manquent de vie. Perdu dans le néant.

Je sais que nous avons quelques chose en commun. Plus que cette ressemblance. Nous sommes liés, je le sais. Et pourtant j'ignore tout. Dois-je continuer à le regarder ? Dois-je tout arrêter ? Pour la première fois, je tend ma main vers toi. Elle se heurte au mur de verre, pareil à une frontière. Qui es-tu inconnu ? Nos mains sont si proches. Et pourtant si loin.

Je pose mon regard sur ta main qui vient épouser la mienne...
Est-ce ton désir de m'approcher, ou y es-tu simplement obligé ?
Obligé ? Par qui ? Pourquoi ?
Réponds-moi... parle-moi...
Tu es immobile, immuable, et je ne sais si ma folie ne m'invente une nouvelle fable...

Que se passerais-t-il donc si les doigts de cette main tendue se fermaient en un poing, et que je brisais cette barrière qui nous séparent encore, toi de la vie, moi de la mort ?

Je sers le poing, l'amertume au bord des lèvres, la crainte palpable.
Prendre le risque de te détruire dans ce besoin que j'ai de nous unir ?
J'en tremble et je pleure... tout ce temps passé à t'observer m'observer. A me dire que le vide dans ton regard aspire à la vie qui dans le mien danse et respire...

Reviendrais-tu en moi ?
J'ai... tellement besoin de toi...

Un grand fracas retentit ! Est-ce mon cœur qui explose ?
Mon poing serré me revient déchiqueté, et l'écarlate somptueux est venu joliment l'habiller.
Sur le plancher s’écrase et se brise la psyché... et le sable de ta peau vient s'y mélangé...

Un long silence, une rire d’aliénée qui s'éternise... puis le vide, en toi, en moi.
Tu n'es plus là...

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Phoenix - Kemenyx


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Dernière édition par Phoenix le Mer 8 Aoû 2018 - 23:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [SUJETS] CC 2.23 DUO   Mer 8 Aoû 2018 - 23:14

Déso du retard, c'est ma faute Embarassed

Texte de Titi et moi :)


Sujet 1 : J’étais lui, et il était moi


Je suis sur un petit nuage. Littéralement. Un petit nuage rose. Je marche dessus. c’est doux, moelleux. Arrivée devant un gros tas duveteux, je plonge ma main, en extrait un morceau, et le dirige vers ma bouche. Aussi agréable que de la barbe à papa. Je dois être en train de rêver. J’essaye de faire demi-tour, mais c’est impossible. Le chemin autrefois cotonneux, s’est transformé en une guimauve collante. Le rose sucré se change en gris foncé, plutôt inquiétant. Des éclairs m’éblouissent, le tonnerre gronde.
Je me réveille en sursaut. A-demi endormie, je tâtonne de la main jusqu’au coupable, un téléphone portable. Je parviens à ouvrir les yeux. C’est bien mon téléphone portable, mais je ne reconnais pas ce réveil. Dix heures du matin ? Dimanche ? Etrange. J’arrête ce réveil insupportable avant de me replonger dans mes pensées. Pourquoi aurais-je mis un réveil un dimanche ? C’est idiot ! Je ne mets jamais aucune alarme le dimanche pour justement me reposer. Bon, maintenant que je suis réveillée, je vais en profiter pour…
- Axelle ! Axelle ! Viens, tu vas être en retard.

Je reste figée sur place. Je m’appelle bien Axelle, mais cette voix m’est inconnue. En retard ? En retard pour quoi ? Je me lève, et cherche l’interrupteur, qui semble avoir changé de place. Je dois être dans un état lamentable. Est-ce que j’ai bu hier ? Je ne me souviens de rien. Enfin je le trouve. Je me retourne, et dois mettre ma main devant ma bouche pour m’empêcher de hurler. Ma chambre autrefois bleue, ornée de quelques posters tirés de séries télé est devenue noire. Quelle horreur ! Du noir partout. Même les personnes sur les posters. Noirs sont leurs vêtements. Noirs sont leurs colliers et bracelets à clous. Noir est le contour de leurs yeux. Noires sont leurs bouches, quand elles ne semblent pas rouge sang. Mais blanc est leur teint, comme poudré par de la farine. Dans un coin de la pièce, trône une sublime batterie. Que j’aurais aimé en avoir une comme celle-ci. Dans une grande housse, posée sur une chaise, je devine par sa forme qu’elle contient probablement une guitare. Perdu.  C’est une basse. Elle m’est étrangement familière. Des autocollants représentant des flammes bleues. Une tête de mort. Des lettres dorées. A.X.E.L.
Je réalise ce qu’il vient de se passer. Cette voix étrange ne m’appelait pas moi, mais un certain Axel, et à en juger par cette basse, que je reconnais, je me suis retrouvée chez le petit frère de ma meilleure amie. En refermant la housse, un détail m’interpelle. Mes mains. Elles me semblent plus bronzées qu’avant. Et mes ongles ont perdu de leur éclat. Pire. Ils sont rongés. En tirant la longue manche de mon t-shirt, noir et beaucoup trop large, je constate que mon bras aussi semble bronzé. Je dois rêver. J’espère que je rêve. Prise d’un doute, je cherche un miroir. Sans succès. Je prends alors le téléphone. Ne pouvant le déverrouiller, je tente de me regarder dans le reflet de celui-ci. Je ne peux pas en être certaine, mais je crois percevoir un visage qui n’est pas le mien.
- Axel ! Tu vas être en retard pour ta répétition. C’est ta sœur qui t’emmène en voiture ! Allez ! Dépêche-toi ! Prends ta basse et descends tout de suite !

Je crois bien que je suis dans de beaux draps. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, et je m’apprête à ruiner la réputation du frère de ma meilleure amie. Je me saisis de la housse, porte un dernier regard à la pièce avant de tourner les talons.


La mère d’Axel m’attend en bas avec une veste noire avec des pointes métalliques sur les manches et des chaussures immenses en mains.
-Je n’aime pas quand tu traines autant ! Clara t’attend depuis cinq minutes !
J’ose à peine la regarder en prenant les affaires qu’elle me tend. J’enfile en vitesse les chaussures et sors rejoindre mon amie, assise au volant de la voiture. Mon cœur bat à tout rompre. Comment ce phénomène a-t-il bien pu arriver ?! Dans quelle misère je me retrouve ?
-Ah quand même… Vivement que tu obtiennes ton permis.
Je la regarde alors dans les yeux, cherchant peut-être à ce qu’elle devine tout par elle-même rien qu’en se plongeant dans mon regard. Elle n’y voit que les yeux de son petit frère.
-Dis ça va pas ? T’es stressé ?
-Clara…
La voix qui sort de ma gorge m’étonne tellement que je sursaute légèrement. La voix d’Axel est apparemment en pleine mue car elle est entre le grave et l’aigu et forme des sons très laids.
-Quoi ? Je démarre ou y a quelque chose qui va pas ?
-Je... Je sais pas si…
Ma frayeur m’empêche d’avoir les idées claires. Je ne sais pas quoi faire. Soudain, le téléphone que j’avais emporté avec la basse se met à émettre une musique de métal assourdissante. Je reconnais alors sur l’écran mon propre numéro.
-C’est moi… je ne peux m’empêcher d’annoncer.
-Quoi ?
Je décroche et attends. Une voix timide et hésitante se fait entendre.
-Euh, Axelle ?
-Axel ? je réponds maladroitement.
-Oui, il se passe quoi bordel ?
Entendre ma propre voix au téléphone me fait l’effet d’un coup de poing dans le ventre.
-Tu es moi et je suis toi… je parviens à prononcer.
Clara me regarde comme si j’étais complètement dérangée.
-On fait quoi ?
-Il faut qu’on se rejoigne. Je ne veux pas que tu fasses n’importe quoi avec ma vie, et je ne suis pas à l’aise dans la tienne non plus.
Je me rends compte à quelle point cela me perturbe qu’un adolescent soit sous total contrôle de mon corps actuellement. Je suis soudain prise de vertige. Je panique doucement, ma respiration s’accélère, mes vêtements se trempent de sueurs…
Clara me prend la main.
-Elle est où Axelle ? Enfin, il est où ? Enfin je sais pas, dis-moi, qu’on y aille !

Clara conduit jusqu’au point de rendez-vous, devant la gare.
-Mon dieu.
Je me sens vaciller en me voyant. Il ne m’a pas mis de soutien-gorge et mes cheveux ne sont pas coiffés.
Nous nous observons, ne sachant que faire. Il me tend ses bras, je les saisis, et je sens soudain une petite pression dans le crâne. Et le monde devient noir, pour redevenir normal ensuite. A mon plus grand désarroi, je me trouve toujours dans le corps d’Axel, mais je ressens dorénavant la présence de son esprit dans le mien.
« Que s’est-il passé ? »
Ses mots avaient résonnés dans ma tête.
« Nous pouvons… C’est fou. Nous communiquons par la pensée. »

Nous étions coincés dans le corps de l’autre. A partir de maintenant, nous allions devoir collaborer pour vivre la vie de l’autre, le temps que l’on trouve une solution. Nous n’avions pas le choix. Clara restera la seule au courant, afin de ne pas devenir des objets d’expériences de laboratoires.
Nous avions beaucoup de choses à nous dire, et pourtant je n’en avais pas l’envie. Je suis lui et il est moi, mais je finirai bien par retrouver mon propre corps ou m’approprier celui-ci, celui d’un petit adolescent aux goûts différents des miens.

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“Chaque cerveau a son secret. Moi, c'est mon lit. Toi, c'est ton assiette. Mange avant de penser, ou tu penseras mal.”  - Timothée de Fombelle



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