Encre Nocturne
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 [SUJETS] CC n°62

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Phoenix
Piou grincheux accro au café
Phoenix

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MessageSujet: [SUJETS] CC n°62   Sam 12 Jan - 21:33

Bien le bonsoir !

Comme de coutume, voici le CC du samedi ! Quelques thèmes et un peu d'inspiration, une heure pour poster votre texte o/

Voici les thèmes du jour :

1 - Le veilleur de nuit
2 - Ainsi va la vie
3 - Temple de soleil
4 - Encore une danse

P'tit bonus musique :







Et je vous dit bonne écriture et que l'inspiration soit avec vous !


------------------------------------------------------------------------------------------------
Phoenix


Toujours la petite étincelle sera là !
"A single dream is more powerful than a thousand realities" J.R.R. Tolkien
"On ne peut pas attendre que l'inspiration vienne. Il faut courir derrière avec une massue." Jack London




*L'oiseau cramé s'approche de Invité et se demande si ce dernier bois du café... C'est TOUJOURS l'heure du café ! Et le café c'est la vie !
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Horadere
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Horadere

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MessageSujet: Re: [SUJETS] CC n°62   Sam 12 Jan - 22:21

J'ai pris les 4 premiers thémes. Attention au Trigger Warning.

[TW]Sommes-nous prêts à faire face à nos peurs ?:
 
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Seyek

Seyek

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MessageSujet: Re: [SUJETS] CC n°62   Sam 12 Jan - 22:37

Premier CC pour moi et j'arrive à être en retard septique :

Les corps se trémoussent déjà autour de moi : Les bras en l’air, les yeux fermés, canette de bière à la main. Un groupe de mecs se bousculent, se rentrent dedans. Je n’ai jamais compris pourquoi c’est marrant de se bousculer, de se pousser alors que les gens autour de toi, dansent, reprennent en cœur le morceau en vogue du moment. Mais laissons-les pour le moment, suivons Sophie... Après tout, c’est pour elle que je suis là.
Elle doit sûrement m’attendre au coin de la salle, entouré de deux ou trois gros lourds, analysant scrupuleusement sa morphologie féminine. Ce genre de type, il y en a tout le temps en soirée. Traquant, chassant leur proie, idéalement hors du troupeau pour être plus facile à pister. Elle devait sûrement parler avec l’un d’eux. Ça m’apprendra à arriver avec quinze minutes de retard ... Elle est peut-être partie danser avec ses potes ou partie fumer à l’arrière salle. Pourquoi attendre un mec comme moi ? Je ne suis pas un canon de beauté, ni un mec hyper musclé, ni même un garçon talentueux. Alors pourquoi ? Pourquoi m’avoir invité à venir à la soirée ? Avait-elle pitié de moi lorsqu’elle est venue parler à l’employé administratif du cinquième ? Avait-elle un besoin cuisant de cracher sur un mec banal devant toutes ces copines ?

Mais elle est là, dans sa magnifique robe. Mes yeux ne s’en détachent pas, analysant chacune de ses courbes et de ses coutures.

-Bonsoir, Math’ ! crie-t-elle

Je ne réponds pas tout de suite, il me faut reprendre mes esprits ! D’un effort surhumain, je lève mes yeux vers son visage -sourire angélique, yeux d’un bleu à tomber parterre- et lui crie à mon tour.

-Wow qu’est-ce qu’une beauté pareille fait ici ?

Voilà, encore une phrase qui aurait pu rester muette, couverte par le son des baffles. Quel con ...Mais elle sourit, rigolant même. Elle me tend sa main pour que je la suive et me tire jusqu’au bar.

-T’as déjà bu les cocktails d’ici ? Ils sont merveilleux !

Levant la main, elle commande deux verres. Elle le porte à ses lèvres sans l’once d’une hésitation et je l’imite. Je n’ai jamais vraiment bu d’alcool dans ma vie, préférant les softs. Est-ce par peur ou juste pour me rassurer. Est-ce que... Wow ! Mais c’est super bon ! Je bois d’une traite mon verre.

-Un autre ! Et je recommence. C’est ça le délire de l’alcool !

Je dépose mon verre sur le comptoir, prêt à m’en resservir un autre mais Sophie me stoppe : elle préfère aller danser maintenant. Qu’est ce que vous vous voulez que je dise, une beauté pareille, on ne lui refuse rien. Je la suis difficilement, jouant des coudes pour accéder au centre de la salle avec elle. Elle se retourne au niveau du baffle droit et commence à danser. Une danse de soirée, simple mais terriblement efficace. Je ne réfléchis pas et l’imite. On danse comme ça pendant une heure ou deux avant qu’un rapprochement émerge. Elle se colle à moi, tout sourire. C’est génial, punaise ! Mais on ne danse pas de façon si rapprochée longtemps, déjà nos corps retournent, comme guidés vers le bar. Elle commande la même chose, je fais pareil. Elle le boit, je fais pareil. Elle arrête après le troisième verre mais je continue. Faut que je sois au top si je veux passer la nuit avec. Faut que j’oublie le petit Mathieu du jour : Ici, l’alcool et moi, c’est le duo gagnant pour ramener Sophie dans un lit ! Encore un verre ?! Je vois flou, le monde tourne autour de moi. Je rigole à la blague du brun, je suis hilare quand le videur tape le binoclard. Les gens sautent pendant ce tremblement de terre. Je m’endors, je me réveille et je regarde vers Sophie, en train de roupiller dans l’alcool renversé sur le bar. Les gens se pressent sur moi et j’étouffe ! Je me lève et je tombe, Sophie se réveille et se penche vers moi. Elle m’aide à me relever mais je vois bien qu’elle fait la tête.

-Tu veux ... danse encore, bébé ?

Elle ne réagit pas mais se dirige vers la piste de danse. Elle prend son manteau ? Pourqu... J’arrive plus à penser, je ne vois que le dos de Sophie qui s’en va et je l’accompagne.
On est dehors, flash d’oxygène dans mes poumons. Mais le monde chancelle et je tombe encore une fois. Sophie est encore là et me relève, encore. Mais je retombe, encore, sans jamais me relever cette nuit-là...

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"Je ne te demande pas de voir au loin, mais juste de profiter du moment présent. C'est de toi que j'ai besoin, ici et maintenant."

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flocon
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MessageSujet: Re: [SUJETS] CC n°62   Sam 12 Jan - 22:45

Le veilleur de nuit

Ce sujet à déjà été beaucoup traité, il n'y a pas vraiment d'originalité la dessus.
Désolé d'être en retard mon ordi m'a laisser tomber encore de route j ai du passer sur la tablette:/

Les éguilles sur le cadran de l'horlage indique bientôt 21H. L'heure pour le gardien de nuit de prendre son poste. Encore quelques minutes à passer dans le vestiaire, avec ceux dont la journée de travail vient de se finir. Cest quelques instants, sont les seuls qu'ils ont en commum, eux qui ont pourtant le même métiers.Mais personne ne fait attention à lui, il est seul. Il ne fait pas parti du même univers, non lui il appartient au monde de la nit.
Il passe son temps à arpenter les allées vide du musée avec pour seule compagnie, les diverses toiles exposées. Voilà 40 ans qu'il déambule chaque soir dans ces salles lors de sa ronde. Il pourrait la faire les yeux fermés, mais ça serait contre production et contraire au réglement. Bien que rien ne le stipule clairement.

Il connait l'histoire et l'interprétaion faite par de grand critique, de chaque tableau. Peut être mieux que que ous ces guides qui se vantent à longueur de journée de savoir mieux que tout le monde, l'origie de tel ou tel chef d'oeuvre. Il faut reconnaître qu'il a eu le temps de les observer, nuit après nuit. C'est peut être ça d'ailleurs qui va le plus lui manquer, quand il posera definitivement son uniforme à la fin d'une longue nuit de surveillance.
Il reviendra certainement visiter le musée, en tant que simple visiteur. Mai même alors il sait qu'il ne pourra pas retrouver cette paux intérieure qu'il ressent en se perdant dans la comtemplation de ces oeuvres.

------------------------------------------------------------------------------------------------
Je suis un flocon de quoi je ne sais pas. D'avoine ou peut être de glace.
Je préfère le flocon de neige, magnifique mais fragile et avant tout éphémère.

* * * * *
* * * * *

Je suis un flocon de neige solitaire
Délaissé par mes pairs, abandonné
Dans une région où le soleil règne en maître
Sous ce ciel bleu infini qui n'a jamais vu l'hiver
Je vis en espérant voir le jour où virevolteront
dans ce ciel tristement bleu de doux cristaux de glace


*    *    *   *    *
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Tifani
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Tifani

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MessageSujet: Re: [SUJETS] CC n°62   Sam 12 Jan - 22:50

Hé bien, la première musique m'a bien inspirée! J'ai donc pris le thème 3, temple du soleil, avec les thèmes 2 et 4, ainsi va la vie et encore une danse comme supplément :p
Encore désolé du retaaaard!


Ils se tenaient à la frontière du monde. Ils avaient voyagé des mois entiers pour atteindre ce mystérieux temple, au cœur de ce massif montagneux où la morsure du froid rivalisait avec celle du soleil à de telles hauteurs. C'était ce dernier qui leur faisait face, sculpté sur cette porte massive qui semblait creusée à même la roche. Un soleil enflammé, dont les rayons criblaient la pierre de lignes, surplombait une inscription gravée comme unique indication.

"La culpabilité révélée au grand jour, clé du temple du soleil"

Cela faisait bientôt une heure que leur leader s'époumonait devant cette porte. Les autres ne le regardaient même plus faire, assis contre la paroi rocheuse. Ils étaient abattus à l'idée que la porte ne s'ouvre pas malgré tous leurs efforts. Et s'ils s'étaient trompés une nouvelle fois? S'ils avaient échoué à leur quête? S'ils ne rentraient pas avec l'artefact du soleil, cela signerait la fin pour leurs peuples respectifs... Seul leur jeune chef continuait avec l'énergie du désespoir d'interpeller la porte.

- J'ai brûlé vif tous les habitants de ce village! Ce n'est pas assez pour toi?

- Vous n'êtes pas le plus coupable.

- Qu'est-ce que ça signifie? Les jumeaux Harrenhill ont tué leurs parents abusifs, et Demis a accusé un autre prisonnier de ses crimes pour échapper à la peine de mort!

- Ils ne sont pas le plus coupable. Seul le coupable peut ouvrir cette porte.

- Saleté de porte enchantée à la noix!

Le chef frappa la porte de son pied avec fureur, avant de laisser échapper un souffle désespéré à son tour. Il fit les cent pas quelques secondes pour regagner son calme, mais au delà de la colère, c'était la panique qui semblait le gagner. Si beaucoup d'entre eux avaient été désignés par leur clan parce qu'ils n'y étaient plus les bienvenus, déjà rejetés par leur peuple respectif, lui avait été choisi par leur clan en tant que héros. Il ne pouvait se résoudre à abandonner sa famille, ses amis, et toutes ces personnes qui croyaient en lui.

- On a dû manquer quelque chose... Rasya, tu es sûre que tu n'as rien à confesser? Même un vol à la tirée! Peu importe! Le sortilège doit être cassé de toute manière...

La jeune femme détourna obstinément le regard, continuant à masser obstinément la marque noire qui s'enroulait autour de son poignet et remontait jusqu'à son avant-bras. Elle tressaillit lorsque le chef se laissa brutalement tomber à ses côtés pour s'assoir le long du mur. Ses yeux étaient brillants, et elle devinait sans mal qu'il luttait contre les larmes.

- Si on échoue ici, tous ceux que nous avons connu... tous ceux qui sont morts pour nous permettre d'arriver ici... Ils seront tous morts pour rien.

Rasya sentit son cœur battre plus fort, et les larmes lui monter aux yeux malgré ses efforts pour se concentrer sur la marque qui ornait son bras. Elle se releva lentement, comme si chaque geste lui coûtait un effort considérable, et se traîna jusqu'à se retrouver face à la porte. Elle resta quelques secondes immobiles, baissant les yeux devant le soleil de roche, avant de laisser échapper un souffle.

- Je suis coupable.

- Vous êtes coupable. Révélez votre culpabilité.

La jeune femme se crispa, puis sortit maladroitement le dessin qui lui avait donné courage ces longs mois d'aventure. Ses camarades comprirent presque instantanément que son récit concernait la jeune femme représentée à ses côtés, qu'ils avaient pu apercevoir, et dont elle murmurait le nom avant de se lancer à l'attaque systématiquement. Rasya inspira à fond, comme se résignant, puis reprit la parole d'une voix fragile.

Elle s'appelait Hemilio. Plus que mon amie, c'était ma seule famille. J'avais été pratiquement adoptée par elle lors de mon arrivée au village, et sa famille s'y était faite. Nous étions proches, et lors des fêtes du printemps, nous dansions jusqu'au lever du jour. Lorsque son regard fatigué croisait le mien, ou que mes pas devenaient plus hésitants mais croisaient son chemin, nous nous relancions comme survoltées, dans une dernière danse, comme nous avions désigné les précédentes. C'est elle qui m'avait appris à dessiner, encouragée. J'étais sa muse, et elle était la mienne. Ce dessin, c'était ma motivation. Elle avait fait la première moitié, et un jour, quand je m'estimerais prête, je devais faire la deuxième.

Mais un jour, cette autre fille est arrivée au village. Elle était la fille d'un riche marchand. Elle était sublime, et lorsqu'elle dansait, tous les yeux étaient braqués sur elle. Celui d'Hemilio aussi. Elle passait tout son temps avec elle dès qu'elle était de passage dans notre petit village. Pendant ce temps, j'ai redoublé d'efforts pour achever ce dessin qui reposait inachevé depuis des années. Et un jour, satisfaite du résultat, j'ai couru lui en faire part, le sourire plus grand que la lune qui nous surplombait ce soir-là. Elle aussi avait une nouvelle à m'annoncer, et naïvement, je l'ai laissée commencer. C'est ce soir-là qu'elle m'a annoncé qu'elle et la marchande allaient se marier, et qu'elle partirait le matin même pour la suivre jusqu'à sa ville natale. J'ai souri malgré mon coeur déchiré, et sous mes félicitations attristées, elle en a oublié que j'avais le dessin froissé dans mon dos.

Cette nuit-là, j'ai commis l'irréparable. Je me suis réfugiée dans le temple du village, et j'ai prié. J'ai prié pour qu'elle et cette fille du diable ne se marient jamais. J'ai fait un pacte de sang avec le premier démon venu pour que mon souhait soit entendu. C'était égoïste, mais je voulais qu'elle revienne. Elle était ma seule famille, et je l'aimais plus que cette fille de marchand ne pourrait jamais le faire. Je voulais juste... mais... Quelques jours plus tard, j'ai appris la nouvelle. Leur cortège avait été attaqué sur le chemin par des bandits. Hemilio ne se marierait jamais avec cette fille de marchande. Mais elle ne rentrerait jamais danser à mes côtés non plus. Je voulais juste... Je savais que ce que je faisais était mal... Elle l'aimait. Mais je ne pouvais pas... Je ne pouvais pas la laisser partir...

Les larmes de Rasya coulaient le long de ses joues alors que sa mâchoire était tendue par la souffrance et la chagrin. Presque aussitôt, Demis vint la soutenir malgré la surprise et l'inquiétude qui teintait son regard. Leur guerrière la plus féroce, la seule femme de leur groupe qui s'était imposée comme leur plus fidèle atout dans les combats... la voir s'effondrer de la sorte les décontenançait presque autant que sa révélation. Mais contre toute attente, le silence fit place à un petit cliquetis, et la roche s'illumina. Une douce lumière ocre et rouge vint emplir les creux qui traçaient le soleil sur le mur.

- Vous êtes la plus coupable. Bienvenue à vous, héros déchus.

Et devant le petit groupe, la porte coulissa dans la roche, le grondement faisant soulever de la poussière des murs. Devant eux se trouvait un couloir empli de gravures en l'honneur du culte du soleil. Et au bout, ils le savaient, se trouvait l'artefact qui sauverait leur peuple.

------------------------------------------------------------------------------------------------
Je suis plus ou moins absente en ce moment, comme je l'explique ici! M'en voulez pas trop si je suis lente à répondre ou que j'oublie des choses, et n'hésitez pas à me rappeler à l'ordre si jamais, je ne mords pas Wink

Si vous voulez voir ce que j'ai écrit sur le forum, c'est ici! :)
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Flopostrophe
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MessageSujet: Re: [SUJETS] CC n°62   Sam 12 Jan - 22:51

Déso pour le retard  ^^'


Le veilleur de nuit


Je me réveillai à cause des cris de madame Laluna. J’allais me faire virer à m’endormir comme un gros paresseux sur ma chaise de bureau. Il me fallait un deuxième café. Mais d’abord, madame Laluna, qui n’avait apparemment pas envie de s’arrêter de pousser ces cris horribles… Comme si on la torturait dans son lit… Qu’on lui coupait orteil par orteil au couteau de cuisine… L’horreur. Il devait se passer des choses affreuses dans sa petite tête de mamie. Je m’aventurai donc dans le long couloir sombre de l’épaisse bâtisse. J’aperçus au fond, face à la porte menant aux toilettes, une frêle silhouette, debout, immobile. Un frisson me parcourut, mais je gardai mon sang froid, étant habitué à ce genre de rencontre.

- Je m’occupe de vous tout de suite après ! dis-je sur un ton se voulant le plus naturel possible, mais qui parut sûrement mal assuré.

J’entrai dans la chambre de madame Laluna et ouvrit l’interrupteur. Elle était assise, les yeux exorbités, les cheveux mouillés de sueur collant à son front et ses joues. Elle ne me regarda pas et continua à crier à la mort. Je vins poser ma main sur son épaule.

- Madame Laluna, ne vous inquiétez plus. Tout va bien. Vous allez réveiller tout le monde, vous savez…

Elle remplaça ses hurlements par des gémissements douloureux. Elle se balançait d’avant en arrière, les mains posées sur le haut de son crâne.

- Que se passe-t-il madame ? Vous voulez en parler ?

- Il ne sait pas…

- Oui, continuez… Qui ne sait pas ?

- Oui, il ne sait pas qu’il faut revenir…

- Ah bon… Vous voulez en dire plus ?

- La mort…

- Hein ? Qui ?

- Aidez-le, il doit savoir. Il faut crier pour lui !

Elle s’agitait sur son petit lit et devenait toute rouge.

-Calmez-vous madame, je peux l’aider votre pote, là. C’est qui qui doit revenir au juste ?

Je fis un petit bon de sursaut lorsqu’elle se remit à hurler de plus belle. « Insupportable, cette bonne femme, décidément… ». Je ne m’imaginais pas essayer de dialoguer encore avec elle. Je sortis donc de la chambre en refermant la porte afin d’étouffer un peu le bruit assourdissant et me dirigeai vers la silhouette, immobile au milieu de l’obscurité. Arrivé à sa hauteur, je découvris un visage figé, effrayé comme je n’en avais jamais vu. Je ne le connaissais pas, il devait être un nouveau arrivé dans le centre.

-Mon p’tit gars, que faites-vous debout ici à une heure si tardive ?

Il secoua légèrement la tête, sans prononcer un mot.

- Que se passe-t-il ? Vous avez peur des cris de la dame, c’est ça ?

Il hocha la tête et pointa un doigt tremblant dans la direction de la chambre en question.
Je continuai à essayer de le questionner.

- Par hasard, vous ne sauriez pas ce qui lui prend, à madame Laluna ?

Il me fit non de la tête et se frappa le front avec force. Je lui pris alors le bras pour l’empêcher de se faire du mal et gardai sa main glacée dans la mienne.

-Essayez de me dire si vous savez qui je peux aller trouver pour la faire taire…

- Je… Ne… Sais… Pas… dit-il en tremblotant, comme s’il mettait tous les efforts du monde pour articuler.

Les cris de madame Laluna redoublèrent de volume et le vieil homme recommença à se frapper la tête.

- Bon dieu, c’est pas possible, quelle nuit !

-Je ne veux… Veux pas qu’elle…

-Qu’elle quoi monsieur ?

- Souffre.

-Vous pensez que vous pourriez aller la voir, vous ? C’est pas vous qui devez revenir ? Elle parlait peut-être de vous, dans sa chambre…

-Je l’aime.

Il avait dit ces paroles clairement, comme s’il les avait répétées des centaines de fois dans sa tête avant de les annoncer. Je le pris par les épaules et le forçai à avancer vers la chambre.

-Allez mon p’tit monsieur, on va y aller ensemble alors.

Il arrêta rapidement de résister et se laissa guider mollement jusqu’à la porte. Lorsqu’on entra et que madame Laluna nous aperçut, elle arrêta net de pousser le moindre son. Je les observai un moment se fixer dans les yeux, leurs yeux d’hiboux effrayés… Il lui tendit la main et elle lui donna la sienne.

-Tu es mort ? Revient… dit-elle avec une voix cassée.

- Je suis là, articula-t-il alors, tout tremblotant.

- Tu étais mort… Aujourd’hui, tu ne m’as pas parlé… Tu étais mort à l’intérieur de toi…

- Je suis désolé, Caroline… il n’y avait plus de savon… Je ne voulais parler à personne aujourd’hui… Je… Je te parlerai tous les jours, promis, Caroline.

Je ne savais plus où me mettre entre ces deux énergumènes qui se regardaient amoureusement.
En fait, c’est ça que j’aimais dans mon métier de veilleur de nuit. Chaque nuit, des personnalités uniques me faisaient découvrir d’autres facettes de l’humanité. J’allai me servir un café, les laissant seuls profiter de leur bonheur de savoir l’autre vivant et non souffrant. Il fallait que je n'oublie pas d'aller chercher du nouveau savon dans la réserve avant la fin de mon service.

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“Chaque cerveau a son secret. Moi, c'est mon lit. Toi, c'est ton assiette. Mange avant de penser, ou tu penseras mal.”  - Timothée de Fombelle



Chasseresse de fautes  :superman:  Mon signe distinctif : §


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Lame37

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MessageSujet: Re: [SUJETS] CC n°62   Sam 12 Jan - 23:27

Houlà du monde, je suis en retard. Ne me prenez pas en compte si vous voulez mais ayez de l'indulgence pour ce nouveau partage prétexte. Bonne lecture et bonne nuit. J'ai commencé à 22h15 et fait une heure quand même. J'ai pris les musiques.
PS : ce passage fait suite à ma participation du CC 2.60.

Bain de minuit (suite)
Spoiler:
 
Un moment Orya s'arrête dans l'eau et bouge ses cheveux. Son dos tourné vers Estéban elle lui montre bien sa marque comme une invitation. Plus un mot n'est échangé, il comprend et s'approche doucement. Elle ne fuit pas et se laisse toucher. Il effleure d'abord la cicatrice faite par son cousin. Seul un instant de folie a pus produire cela. Elle n'a pas mal sur le coup, mais le contact fait remonter quelques pleurs. Puis, Estéban lui passe ses bras par-dessus les épaules et le corps pour la ramener vers lui et l'enlacer. L'eau autour d'eux clapote doucement et frémit par moment. La fille fait un petit mouvement pour son "compagnon" desserre son câlin affectueux. Il s'exécute et elle se retourne alors vers lui. L'espace d'un instant leur regard se croisent. La Lune est haute illumine les jeunes gens. L'intimité les surprend, mais elle ose faire le premier pas.  Estéban ne s'y attendait pas, mais la laisse faire. Ils s’étreignent pendant ce moment privilégié. Quelques secondes passent et ils s'écartement tranquillement. Un mettre de distance est mis et Orya regarde son reflet pensant y voir une image trouble. Le garçon ne dit rien, il constate, le vent apporte une jolie mélodie. Devant ses yeux, des bulles apparaissent et une forme liquide sort de l'eau. C'est l'oeuvre de la fille qui veut savoir pourquoi l'image qu'elle voit n'est pas celle d'habitude.
La forme est une silhouette masculine qui "regarde" en premier lieux Orya puis Estéban avant de s'éclipser. Une voix s'élève dans le vide laissé : « Merci, tu as fait ton choix. Sœurette, désormais, tu pourra voir ton reflet sans crainte. Je ne serais plus présent de corps, mais pas d'esprit. N'oublie pas le passé, il te rendra plus forte. Estéb, je te confie ma sœur, sois digne d'elle. Soyez heureux tout les deux, je ne pouvez supporter que vous souffriez. L'un de nous devait s'en aller et il valait mieux que se soit moi. Merci et prenez soins de vous, au revoir. »
Et un lourd silence s'installe, Orya sanglote encore, mais cette fois Estéban est près d'elle et ensemble ils surmonteront la triste situation. Orya, Ayro, ils ne pouvaient pas partager le même corps éternellement et continuer d'échanger leur place. Elle était la nuit et lui, le jour, il fallait bien se décider qui était de trop. Plus rien ne sera comme avant, cependant, elle n'est plus seule, elle a toujours son père et maintenant Estéban est plus qu'un simple confident. La nuit est belle, la Lune est toujours très lumineuse, l'eau calme et le vent apaisé. Pas un bruit ne viendrai perturber cette scène. Le jeune homme tient tendrement la fille de ses pensées contre lui. C'est un instant magique éphémère, mais ils sont sont ensemble et c'est ça le plus important.

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Loup breton parmi les hommes, rêveur, écrivain en herbe et critique amateur... "Les rêves sont une porte vers l'imaginaire, l'espoir et où tout est possible..."

Si un jour d’aventure,
Tu te retrouves dos au mur.
Si tu deviens solitaire...
Eh ! Tu n’es pas seul sur terre,
Il y a notre groupe,
Rejoins la troupe.
Tu peux réécrire ton destin
Pour plus tard mourir serein...

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MessageSujet: Re: [SUJETS] CC n°62   

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[SUJETS] CC n°62
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