Encre Nocturne
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 CC 2.71 (sujets)

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Flopostrophe
Créature du Nord à l'humour absurde
Flopostrophe

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Humeur : Le temps passe trop vite

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MessageSujet: CC 2.71 (sujets)   CC 2.71 (sujets) EmptyMer 13 Fév 2019 - 21:31

Coucou les Noctus ! Voilà le CC, un CC tout spécial puisqu'il s'agit d'un CC spécial Saint Valentin <3

Vous avez une heure top chrono pour écrire un texte de la forme de votre choix. Inspirez-vous de l’un ou de plusieurs des thèmes proposés ci-dessous, ça peut être une histoire d'amour mais si ce sujet ne vous inspire pas, alors éloignez-vous en, il n'y a pas de règle Wink Exceptionnellement, vous pouvez le faire seul ou à deux, selon votre bon vouloir ^^

3 thèmes :

1. Un regard rassurant
2. A deux nous sommes plus forts
3. S'enlacer

1 consigne :

4. Deux individus ont un deuxième rendez-vous amoureux ensemble.

2 musique :

5.
6.

Une image :

7. https://www.artmajeur.com/medias/standard/l/o/loic-le-phoque-fringant/artwork/9447799_dsc05229.jpg
(Titre Hommage à Alice de Loïc le phoque fringant (pseudonyme))

Bonne chance et bon amusement ! :vague:

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Hope if everybody runs, you choose to stay”  
One Republic - I Lived



Chasseresse de fautes  :superman:  Mon signe distinctif : §

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Titi

Titi

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MessageSujet: Re: CC 2.71 (sujets)   CC 2.71 (sujets) EmptyMer 13 Fév 2019 - 22:28

K et moi
Sujet sur le second rendez-vous (la consigne)
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Matin pâle sous brouillard. Même l'horloge semble tourner au ralenti. Alors pour briser la glace je sautille.
Une fois, deux fois, trois fois.
Matin pâle sous brouillard. Froid mordant qui semble te mordre le visage, qui me rappelle un ancien baiser...
C'est étrange ces petits temps morts. Il faut trois heures pour aller à Dijon et je le vis comme un silence, une respiration.
Le train arrive me cueillant, rêveur emporté dans la brume. Mon esprit semble loin, perdu dans les souvenirs.

D'abord, j'essaye de me rappeler ton visage.
Ca fait des jours que je le ressasse, comme si j'avais peur de le perdre, peur de l'oublier.
Alors sans m'en apercevoir je m'obstine à cartographier chaque de tes traits.
En premier tes yeux bruns rieurs, comme un miroir reflétant ton sourire, reflétant tes lèvres s'approchant des miennes…
Trop tôt pour repenser à cette chambre d'hôtel…

Ensuite, c'est ton bras que je ressens. Je ressens comme un picotement quand j'imagine ta main dans la mienne.
Pourquoi les souvenirs ne seraient que vision ? C'est étrange comme je me souviens plus de ta main trop froide, puis de ta voix, d'abord imaginée par des longues conversations par tchat, et qui se rapprochait de moi.
Comme une caresse à mon oreille, un mordillement...
Trop tôt pour repenser à cette chambre d'hôtel…
Et puis merde ! Pourquoi toujours retarder ce qui m'obsède ? J'ai peur, voilà !
La première fois était parfaite, la chance du débutant pourrait-on dire… Nous nous entendions si bien, comme en communion…
Je croyais lire un de ces romans à l'eau de rose, que l'on trouve dans la boutique dans la gare. Et puis non, c'était plus que ça !
Aucun livre ne m'a apporté un tel coup de poing dans le cœur, le genre à te faire perdre ton souffle et retrouver la foi.

Si bien que la deuxième fois, c'est encore pire.
Je pensais que te découvrir en réel serait terrifiant mais en fait je m'en foutais un peu.
Mais là j'ai peur parce que j'ai quelque chose à perdre. Que je me sois trompé, que je doive retomber…
Et c'est là que le train arrive… Je te revois enfin.

Voilà tout ce qu’il avait ressenti. Tout ce qui l’avait marqué. Ce qui l’avait ému. Profondément. Au fond de moi, je savais une partie de cela, sans l’avoir vraiment réalisé. Je sais que je parviens à le rendre heureux tout comme il y parvient aisément à le faire avec moi. J’avais eu, maintenant que j’y pense, énormément de peur. Avant de se voir la première fois, j’avais peur de tout ficher en l’air. Être inintéressante. Laisser des blancs. Instaurer des malaises. Peur de ne pas lui plaire autant en vrai que par les nombreuses heures de discussion qu’il y avait eu par internet et par sms.
Et finalement, tout s’est bien passé. Si on considère qu’avoir des ampoules atroces au pied à la fin du week-end n’est qu’un détail. Un détail qui me fait rire maintenant quand j’y pense. Avoir voulu tous les deux fournir un gros effort sur la tenue, et prendre tous les deux des chaussures inadaptées.

La seconde fois, j’étais beaucoup plus détendue dans le train. Encore un léger stress cependant. J’avais encore dans la tête des souvenirs. Oldelaf et l’une de ses chansons tendre et romantique. Un atelier d’écriture à deux. Je n’aurais jamais songé écrire en duo avec quelqu’un qui, selon mes premières impressions, avait un humour plus tranché que le mien, plus corrosif. C’était amusant.

Arrivée à la gare, je me sentais plus apaisée, plus détendue encore. Son sourire bienveillant. Sa taille aussi grande que la douceur de son baiser pour me saluer.
A l’hôtel, dans le calme, bien loin des gilets jaunes. Les câlins sont des moments qu’il m’avait semblé avoir attendu toute ma vie. Des instants de pure douceur. De zénitude. Sans devoir culpabiliser d’être oisive. De ne rien faire. M’autoriser à lâcher prise et me détendre. Si certains évènements passées, marquant, avaient perturbé mon estime, ma confiance, il ne lui avait fallu pas longtemps pour faire sauter quelques interdits, quelques doutes. La peur irraisonnée d’un recommencement. Une histoire ou des fragments d’histoire douloureux, qui m’avaient tirée profondément vers le bas au fil des années. Il était temps que cette peur retourne au néant, dévoilant un petit nuage, sur lequel mon cœur allait envie pouvoir se poser.

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Si tu as un souci, n'hésite pas à me MP Wink

Hey, pssst, Invité , j'ai répertorié tous les textes que j'ai postés sur le forum ~ici~ Fais-y un tour si le coeur t'en dis :latourn:

Les mercredis, 21h30 environ (heure française), je lance le CC. Vous pouvez d'ailleurs m'envoyer vos suggestions par mp (ou discord).

CDF (Poésies, Chansons, Chamarrés) :la: , mon signe distinctif est ♫

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"Je leur rendrai ce grand service parce qu'on ne me l'a pas rendu à moi." (Philippe Labro - Les cornichons au chocolat)

"Ce n'est pas parce qu'on a les meilleurs intentions au monde, qu'on ne fait pas des dégâts." - https://youtu.be/pR3lqr7_KBY

-
Tous mes sens charmés
Hypnose et divins délices
J'aime les haïkus

Je te juge:
 


Dernière édition par Titi le Mer 13 Fév 2019 - 22:34, édité 1 fois
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http://je-seme-des-poemes.skyrock.com/3113348789-Index-des-poeme
Horadere

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MessageSujet: Re: CC 2.71 (sujets)   CC 2.71 (sujets) EmptyMer 13 Fév 2019 - 22:44

[Théme 1 et 3]

Le silence s'entendait dans la salle de classe.
Il avait la forme de plusieurs carcasses...
Métalliques qui restaient bien tous en place.
Pas une mouche ne volait dans leur espace.

Cependant quelque chose en haut , arriver
Des milliers de papyrus lévitaient
Et commençaient peu à peu à former
Leur professeur et déesse , Ayicoré

À peine arrivée , elle leur présenta
Le sujet qui tiendra sur tout le mois
L'amour selon Jean Pierre Yves de Detroit
Cela intéressée beaucoup R.E.A.H

Elle et ses collègues écoutèrent longuement.
Comment transmettre cet intime sentiment...
Comment entretenir ce buisson ardent...
Comment enlacer un possible amant...

C'est sous le regard saphir , rassurant
De leur maitresse aux cheveux étincelants
Qu'ils simulèrent des rendez vous galants
Et ce , même après , lors du cours de chant

Cette attraction au sujet déborda
Car lorsque tout le monde est rentré chez soi
Quasiment toute l'école voulait cela
R.E.A.H elle voulait ressentir l'émoi

Elle commença alors à s'organiser
Afin de pouvoir tous les rencontrer
Tout au long de cette magnifique année
Elle ressentait beaucoup de liberté

Ca ressemblait un peu à de la chasse
Et elle ne voyait pas le temps qui passe
À tel point qu'elle fit une rencontre cocasse
Qui allait lui causer beaucoup de crasse


Dernière édition par Horadere le Mer 13 Fév 2019 - 22:46, édité 1 fois
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Ouppo
Fou du roi
Ouppo

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MessageSujet: Re: CC 2.71 (sujets)   CC 2.71 (sujets) EmptyMer 13 Fév 2019 - 22:45

S'enlacer :

Il était une fois, dans une ville de l'antique Grèce, un homme qui aimait les arts et était mécène d'un bon nombre de ses pratiquants. Cerdo était un riche politicien qui avait hérité de son rang et de sa fortune, il était peu sportif, maladif, ses gestes étaient toujours emprunt d'une réflexion, il semblait ne pouvoir se permettre quelque effort inconscient. Il approchait des trois décennies et n'en paraissait même pas deux, c'était ses yeux semblait-il qui donnait à son visage cet air d'enfant triste, sa démarche incertaine accentuait d'autant son allure d'adolescent.
Dans la cité son visage délicat avait souvent sût suscité beaucoup d'attrait, attrait dont le noble jouait car il n'était malgré tout plus un enfant même si il en avait gardé l'esprit malicieux.

Ce jour là cet homme rendait visite à celui qu'il appelait son ami, l'Aède, l'artiste qui ne donnait pas son nom, qui se consacrait uniquement à son art et qui ne sortait que peu. Ses performances étaient toutes des joyaux qui brillaient de leur rareté et personne n'était autorisé à le déranger sous peine de voir un ermite d'intérieur, à la barbe et aux cheveux hagards, vous crier après en vous ordonnant de sortir.

Lorsque Cerdo passa la porte tout était calme, la nuit était tombée depuis longtemps, sans bruit il ouvrit la porte de la chambre. Le poète dormait, son visage était propre et rasé de frais, des tablettes de cire remplies de mots gisaient par terre.

Le mécène se mit à sourire en regardant le tableau désordonné qu'était la chambre de l'artiste avant de se glisser toujours en souriant dans son lit. Le léger bruissement fit battre les paupières du dormeur, sans jamais les ouvrir, mais sa voix ensommeillée s'adressait au nouvel arrivant.

-Tu sais que je dois déclamer demain, murmura l'Aède.

-Je sais que tu n'arrive jamais à dormir la veille de tes grands jours, s'amusa Cerdo.

-Figure-toi que j'avais réussi juste à l'instant.

-Je te voyais bouger les yeux.

-Je dormais.

-Héhéhé.

La chaleur du corps frêle s'était rapprochée de celle du poète, une main s'était posée sur sa hanche et l'autre sur son épaule, sous couvert du bruissement des draps et des respirations du, pas si jeune que ça, noble, ses mains caressaient légèrement le corps légèrement froid de l'Aède.

-Hey, qu'est-ce que tu fais ? murmura le touché, surpris.

-Chut, laisse-toi faire.

-Tu fais toujours ça et je vais encore pas dormir, je vais être une épave demain matin encore.

-Comme toujours, tu seras très bien.

-On est bien juste ami ?

-Héhé.

La nuit continua doucement, ponctué de murmures occasionnels et des bruissement des draps, l'Aède toujours enlacé par Cerdo et le matin arriva alors que les deux révisaient le poème de l'artiste.


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Tifani
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Tifani

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MessageSujet: Re: CC 2.71 (sujets)   CC 2.71 (sujets) EmptyMer 13 Fév 2019 - 23:24

Légendaire retardataire pour vous servir! J'ai pris les trois premiers thèmes, et j'ai allégrement débordé... mais c'était plus une participation symbolique qu'autre chose, je voulais écrire cette scène depuis un moment! Désolé pour la longueur du coup!


J'étais persuadée que cette prison sous-marine verrait s'écouler mes derniers jours. C'était trop dur de garder espoir quand le temps s'écoulait impitoyablement, et que les rayons du soleil ne parvenaient même pas jusqu'au deuxième "sous-sol", si l'on pouvait dire. Les autres s'étaient résignés depuis longtemps, et tôt ou tard, je les avais rejoints, me contentant de fixer l'ampoule vacillante de ma cellule en attendant soit le sommeil, soit le repas qui me maintenait faiblement en vie. Dans mes rêves, je voyais souvent cette femme dont j'avais croisé le regard le jour de mon arrivée. Les autres ne s'étaient même pas donné la peine de bouger dans leur cellule, mais elle... j'avais été happée par son regard, et par la force que j'avais pu lire sur son visage. Peut-être que tout comme moi, elle était tout récemment arrivée. Ou peut-être que contrairement à bon nombre d'entre nous, vulgaires prisonniers politiques, elle avait vu bien pire que ces cellules nues. Comment savoir ce qui lui avait valu d'être enfermée elle-aussi?

Je rêvais des ombres qui dansaient dans ses yeux quand tout bascula subitement. Je me réveillai en sursaut, grelottant, et très vite je pris conscience du manque d'oxygène. L'eau cascadait bruyamment de la ventilation, montant dangereusement et faisant s'échapper l'air par les quelques fissures du seul mur vitré de la cellule. C'est en regardant d'un air effaré ces fissures, le cerveau encore embrumé par le sommeil, que je réalisai la gravité de la situation. De l'autre côté de la vitre, tout semblait plongé sous l'eau. Et quelques secondes avant que la vitre n'explose sous la pression, je pus apercevoir une ombre immense se mouvoir au cœur de cette masse d'eau.
Je restai quelques secondes assommée par le tourbillon d'eau qui s'était engouffré dans la cellule. Quand je parvins à reprendre mes esprits, l'ombre avait disparu. Sans plus m'en soucier, je m'efforçai de sortir de la cellule pour chercher la surface et la bouffée d'air que j'angoissais de ne jamais retrouver dans cette immensité. Mais m'aidant des quelques prises que m'offrais le mur de la prison, je finis par atteindre la première plateforme qui n'étais pas encore immergée. Je restai quelques secondes à inspirer de grandes goulées d'air, ne m'interrompant que pour toussoter quand dans ma précipitation de l'eau s'était infiltrée dans mes poumons. Puis un grondement fit trembler toute la structure, et me rappelant ce que j'avais pu voir dans ma cellule, je me hissai sur la plateforme précipitamment.
Ce n'est qu'une fois la frayeur passée que je réalisai l'ampleur de la catastrophe. J'étais au rez-de-chaussée de la tour qui nous servait de prison. Toutes les cellules, installées dans les étages inférieurs, étaient plongées sous l'eau. Et j'avais beau regarder autour de moi ou scruter les profondeurs à la recherche d'une silhouette en quête d'oxygène, rien ne semblait troubler le fracas de l'eau et les grincements mécaniques de la structure. Quand l'eau commença à attaquer mes chevilles, je finis par me rendre à l'évidence, et tournai les talons vers l'escalier rouillé pour tenter de sortir de là. C'est là qu'un mouvement accrocha mon regard, sur une plateforme de l'autre côté de la tour. La femme qui avait hanté mes rêves se tenait là-haut, elle aussi trempée jusqu'aux os, et je sentis un rire agiter ma poitrine. Elle était vivante. Je n'étais pas seule.

Envahie par l'espoir, je m'empressai de monter les escaliers pour la suivre. Je ne pouvais pas atteindre sa plateforme, symétrique à la mienne, mais tôt ou tard, notre course folle nous mènerait toutes les deux à la sortie, j'en étais sûre. Et j'avais beau savoir que cela ne m'aiderait en rien, savoir que je n'étais pas la seule à errer dans ce labyrinthe me redonnait du courage. Très vite, je repérai ce vers quoi elle se dirigeait: un sas, menant à un bâtiment adjacent à la tour, qui servait sûrement d'ancre à la prison et de passage vers les bâtiments administratifs. Lorsque je rejoignis le passage, je fus soulagée de le voir ouvert de mon côté. Je m'apprêtais à le franchir, quand un cri attira mon attention. La jeune femme avait prononcé des mots dans une langue que je ne connaissais pas, mais que je savais m'être adressés. Je la regardai un instant sans comprendre, quand je vis la raison de sa panique. Le sas en acier renforcé, de son côté, était irrémédiablement fermé. Et alors que je sentais l'angoisse m'envahir, devinant l'eau monter en contrebas, mon regard se posa sur la cabine accrochée à la passerelle de mon côté. Et tout à coup, je me sentis envahie par une bouffée d'adrénaline.
Sans hésitation, je me mis à pianoter sur tous les boutons, et au bout de quelques secondes interminables, un grondement se fit entendre, alors que le sas se déplaçait enfin. J'étais gonflée d'orgueil quand elle m'adressa un sourire un peu tendu en se précipitant de l'autre côté, et je fis de même, suivant son parcours. Une dernière échelle nous séparait du bâtiment administratif, au vu des barrières de sécurité et des murs qui devenaient plus nets et lumineux. Mais alors qu'elle était déjà pratiquement au sommet, je laissai échapper un cri à mon tour. L'échelle de mon côté avait été brisée par la rouille en son centre, et menaçait de céder. J'étais paralysée par la peur, et je la suppliai du regard alors qu'elle se tenait au sommet. Elle me tendit la main, tentant de me convaincre de monter, mais je secouai obstinément la tête, sachant qu'une chute d'une telle hauteur me serait mortelle. Et au bout d'un long moment, elle finit par tourner les talons et disparaître.

L'eau commençait à arriver au loin, se rapprochant de moi, mais je la regardais faire sans réagir. Je me tenais contre le mur, les genoux repliés contre mon torse, et ma tête fixait obstinément le sol de la passerelle, et l'eau qui vrombissait quelques centimètres seulement sous mes pieds. Je n'arrivais pas à croire qu'elle m'ait abandonnée, finalement. Peut-être que j'aurais dû tenter cette ascension envers et contre tout, au risque de me tuer? Elle était sûrement loin à l'heure qu'il était, et j'avais beau savoir que je lui avais au moins sauvé la vie... j'avais un pincement au cœur à l'idée qu'elle ait renoncé à sauver la mienne.
J'étais persuadée que cette prison sous-marine verrait s'écouler mon dernier jour, quand un bruit mas et un mouvement dans le coin de mon œil me firent relever la tête. Je restai immobile, ne sachant comment réagir devant ce qui se trouvait être une corde, quand cette dernière fut agité d'un mouvement subit et vint m'agresser le visage, me faisant sursauter. Passé la peur, je relevai un regard presque offensé vers la voix qui me sommait probablement de me saisir de la corde, puis après une légère hésitation, j'obéis. Me souvenant vaguement de mes quelques notions d'escalade, je tentai tant bien que mal de l'utiliser pour enserrer ma taille. Presque sans attendre que je finisse, la jeune femme disparut de nouveau de ma vision, et se mit à me hisser par à-coups. Je me cramponnais de toutes mes forces, terrifiée à l'idée que la corde ne lâche, et paralysée par le vertige. Ce n'est qu'une fois sur le sol bétonné du bâtiment que je la relâchai, à genoux sur le sol.

Pendant ces quelques secondes à reprendre notre souffle à toutes les deux, je pus voir tout le système qu'elle avait mis en place pour pouvoir me hisser, l'ancre sur laquelle elle avait enroulée la corde pour trouver la force de me remonter sur une telle hauteur, et tout ce qu'elle avait mis en place pour s'assurer qu'elle supporterait mon poids. Et dire que j'avais pensé qu'elle m'avait abandonnée. J'étais impressionnée par le travail que ça représentait. Je tremblais encore comme une feuille, quand tout à coup elle vint vers moi et me releva sans ménagement. Il me fallut un moment pour réaliser qu'elle m'inspectait presque fébrilement, et qu'elle semblait profondément effrayée par l'idée que j'aie été blessée d'une quelconque manière.
Je la laissais faire sans vraiment réagir, encore un peu sous le choc, mais je finis par plonger mon regard dans le sien, épuisée mais toujours aussi fascinée par sa couleur. Elle marmonnait des mots que je ne comprenais pas, et ce ne fut que quand sa voix cessa de résonner à mes oreilles que je réalisai qu'elle s'était interrompue, et que mon regard avait fini par capter le sien. J'y vis une certaine inquiétude, mais son sourire, et toute son expression se voulait encourageante. Au fond de moi, je sentais le même soulagement que je devinais chez elle, et esquissant un sourire à mon tour, je la laissai m'enlacer et me prendre dans ses bras. Ma première étreinte depuis si longtemps que je ne m'en souvenais plus, avec pour la première fois, un espoir sans limites. Je remarquai à peine que mes pieds avaient quitté le sol, ma tête toujours contre son épaule, et mes bras toujours autour de son torse. Et alors qu'elle m'emportait loin de cette catastrophe et de ce chaos, j'avais toujours un léger sourire aux lèvres. J'étais persuadée que cette prison sous-marine verrait s'écouler mes derniers jours. Et j'étais heureuse d'avoir eu tort.

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