Encre Nocturne
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 Recueil de poèmes

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tchekta

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Masculin Capricorne Messages : 14
Date d'inscription : 09/05/2015

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MessageSujet: Recueil de poèmes    Recueil de poèmes  EmptyVen 8 Mar 2019 - 11:06

Certains sont publiés sur Scribay, pour information.

Poème #1

Le ciel, appesanti par les brumes d’automne,
Descendait dans les vallons oubliés,
Un astre frappa la lumière monotone,
Là où le voile s’était estompé,

Le jour s’enfuit derrière les piliers de pierre,
Transportant les souvenirs trépassés,
Des sonates, des hymnes et puis des prières,
Et les monts tremblaient du verbe incarné.


Le moulin de Fontvieille
Il y a à Fontvieille, un joli moulin bien bâti,
Tout de calcaire et de tuile construit,

L'écrivain Alphonse Daudet y passait naguère,
Vantait les mérites du meunier et de la boulangère,

Les lettres de son moulin étaient posées,
Posées sur une étagère à l'entrée,

Le vent, parfois, s'engouffrait par une de ces ouvertures,
Portant avec lui les senteurs d'Arles et de la côte d'azur,

Et la boulangère refermait la fenêtre d'un air un peu
inquiet,
Elle parlait, la voix toute basse, le coeur muet,

Que les insectes nous oppriment sur le globe!
Ils nous accablent, alors que le temps se dérobe,

Mon joug et mon travail n'est point aisé !
Je ne l'aime pas, et mon coeur est lesé,

Son mari la faisait taire avec la ruse et la persuasion,
Qui charmaient l'esprit par leur séduction,

Les beaux arbres verdissants couvraient le sol aride,
Dont les fractures et les infractuosités étaient des rides,

Insectes bruyants, les cigales sifflaient et chantonnaient,
C'était une chanson composée entre les vergers et les
oliveraies,

Tout le village à l'été dansait au pied de la colline,
Tournant en ronde et en valse enfantine,

Les sourires et les cheveux des belles blondes,
Resplendissaient telles des pierres profondes,

Il y a à Fontvieille, un joli moulin bien bâti,
Et l'on y passe le temps sans ennui.


Salines

Salines, le sel rose du grand Midi,
Vous respirez après que l'eau se soit évaporée,
Et le Soleil disperse l'écume de vos langues asséchées,
Le sol est creusé de crevasses innassouvies,

Doucement, on récolte le trésor minéral des terres,
Des terres de la Camargue et des étangs luxuriants,
Où foisonnent faune et flore magnificents,
Où la lumière dorée ne cesse de frapper votre visage amer,

Je suis plein de larmes salines, pluie sincère de mon coeur.


Ruines endormies

Je marchais sur les sentiers verts et fleuris,
Quand je parvenais à des ruines romaines,
Aqueduc ayant résisté aux assauts du temps qui fuit,
Et il soulevait sa face, secoué de poussière romaine,

Les flots qui le parcourait s'étaient envolés parmi les
nuages,
L'air, lourd de la mémoire du lieu, retombait avec gravité,
Hyacinthes et oliviers , enceintes et créneaux d'un autre
âge,
Se dressaient tels des épérons contre les cieux habités,

Je me recueillais au milieu de ces pierres avec mélancolie,
Observant les variations colorées de ce sanctuaire éternel,
Que la nuit dévorante se hâte ! Que le jour soupirant nous
envie !
La vive obscurité mêlait à l'émerveillement, un étrange
rituel,

Au bout de la construction rocheuse et grise,
Un paysage magnifique se déployait jusqu'à l'horizon,
Champs violacés, arbres secoués par la brise,
La nuit est le reflet de nos tumulteuses passions.


Dernière édition par tchekta le Ven 8 Mar 2019 - 11:22, édité 1 fois
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tchekta

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Masculin Capricorne Messages : 14
Date d'inscription : 09/05/2015

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MessageSujet: Re: Recueil de poèmes    Recueil de poèmes  EmptyVen 8 Mar 2019 - 11:08

Les avions folâtres, volant dans les cieux,
Les avions folâtres, volant dans les cieux,
Plongeaient tels des goélands de nacre dans l'abîme de la
mer,
Noire était la peur, rouge était le feu,
Leurs ailes évitaient les tirs silencieux fendant l'air,

Un élan de courage montait dans le ciel,
Le grand hymne de la nation, retentissait au loin, à
l'horizon,
Ils chantaient, les morts cette guerre, démentiels !
Le sang du désespoir coulait dans les rigoles du tréfonds,

Où était passée leur famille et leurs amis ?
Dans les ténèbres du soir, la Mort se tenait prête à faucher,
Où était passée la Beauté, elle nous trahit ?
Parmi les grands champs azurés qui se déroulaient à nos
pieds,

La vive lumière d'un été sans rides,
Resplendissait tel un vieux phare caché dans le brouillard,
Et les avions formaient un voile lucide,
Qui se riait des pilotes et arrêtait le regard,

Les volutes traçaient des lignes fuyantes,
S'amusant près du Soleil noir, s'échappant loin de la Terre,
Et la Lune, endormie, n'était plus qu'une fente,
Dont la lueur, faible et blanche, vacillait tel un éclair,

Et le bruit des balles sifflait dans le chaos,
Les pensées des hommes s'évanouissaient tels des espoirs
Envolés et délestés de leurs fardeaux,
Il n'y avait plus d'yeux pour voir, il n'y avait plus de foi
pour croire,

Leurs aieux criaient le nom de leurs batailles,
D'une voix forte, grande et qui emplissait le champ de
guerre,
Les aéronefs étaient pris en tenaille,
De ces murmures s'effaçant des souvenirs éphémères,

L'eau de l'océan semblait se changer en sang,
Abreuvée par les vies des combattants au moral d'acier,
Les astres bleutés laissaient place lentement,
À la grande lumière du jour épandue telle une trainée,

Ce fut le paroxysme de la terreur,
Le métal criait d'une voix aiguë, terrorisant l'âme,
Et l'issue n'était plus qu'une question d'heures,
Dans un dernier sursaut, les soldats pensaient à leurs
femmes,

Ô Terre anéantie et ensanglantée !
Combien de tes enfants te faudra t-il pour panser la plaie ?
Ils sont tous ensemble en train de s'entre-tuer,
De ce long souffle des âmes perdues dont ton coeur se
repaît !

Le silence domina sur le grand chaos,
Trève du massacre, épilogue certain de la guerre,
Aucun mot ne pouvait décrire le fléau,
Aucun bruit ne sortait des corps abandonnés là, faits de
chair,

Au loin à l'horizon, là où les lignes se confondent,
La paix semblait se lever parmi les esprits rescapés,
On sonnait du clairon et désormais le monde,
Pourrait vivre l'espoir d'une Terre pacifiée.


Mélancolie
Mélancolie, j'observe tes grandes hanches et tes cheveux
qui balancent,
Mélancolie, tu m'attire et je m'éprends de toi, amoureux de
ta tristesse,
Mélancolie, dans les moments difficiles, tu viens me trouver
et me réconforter,
Les étoiles soupirent de te voir ! Mélancolie ! Ton glaive
brille encore dans la nuit,
Les astres célestes, s'inclinent et ploient devant toi,
Mélancolie,
Le silence murmure ton nom : « Mélancolie », en vain, car
tu es insaisissable,
Personne ne te peux savoir où tu te trouves, et pourtant,
Mélancolie,
Ô douce Mélancolie, et pourtant tu es si proche de nous, tu
es si près,
Même la Mort doit abdiquer devant ta vigueur et ta
grandeur, Mélancolie,
La Beauté doit partager son trône avec toi, toi qui nous
rend mélancolique,
Quand je suis triste, et que tu me rappelles les souvenirs du
temps passé, Mélancolie,
Tu me rends joyeux et mélancolique, le fruit de ta vigne.


Crépuscule
Cruelle lumière qui paraît lorsque la vive noirceur
disparaît,
Râle ! Pousse des cris après celui qui t'a enfanté !
Et le voile dont tu étais paré, tombe doucement à ses pieds,
Pâle est ton indignation dans ton esprit, long est ton soupir
dans ton coeur et
Unique, tu luis scintillante, étoile s'approchant de nos têtes,
guidant notre pensée,
Sous la voûte qu'Atlas porte, les hommes se sont fatigués à
te voir,
Car leur vanité n'avait d'égal que leur puissant désespoir,
Une Puissance t'a fait, ta gloire désormais s'étend au
dessus des êtres sensés,
Las, je m'étends dans les champs, ferme mes paupières sur
mes yeux appesantis,
Et là, pour une dernière fois, j'entends flotter dans les airs
ton doux bruit.


Dernière édition par tchekta le Ven 8 Mar 2019 - 11:31, édité 1 fois
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tchekta

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Masculin Capricorne Messages : 14
Date d'inscription : 09/05/2015

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MessageSujet: Re: Recueil de poèmes    Recueil de poèmes  EmptyVen 8 Mar 2019 - 11:11

Silhouette effacée
Une silhouette, une ombre, gémissait dans l'abîme du soir,
Il était couché mais non point fatigué, il était parti vers un
monde meilleur,
Le sang coulait de sa tempe, d'une couleur noire,

Les avions, les planeurs et les obus de l'artillerie,
Passaient au-dessus de lui, mais il était dans un sommeil
profond,
Son uniforme bleu se confondait avec les volutes
d'aujourd'hui,

Rendu à jamais muet, il semblait fixer le ciel,
Les yeux profonds, enfoncés vers l'espace,
La où les soleils sont immuables et éternels,
Bien loin étaient les lampadaires voraces,

Amour perdu sur le champ de bataille,
Il souriait en pensant à sa douce amante,
Tout au loin on entendait la mitraille,
Qui battait la terre et l'air, telle une sirène dévorante.


Souviens toi
Soupirant après des siècles d'ennui,
Une nuée informe cachait Orion,
Une autre encore estompait l'horizon,
Là où je me dirigeais, la ligne obscure
Qui s'illumine à l'aube, Le noir azur,
Et les pins entonnaient un chant,
J'entendis leur voix faiblement,
Ils murmuraient une douce complainte,
Le premier en âge élevait sa crainte,
Le second pleurait un advenir sombre,
Et un autre s'effaçait parmi les ombres,
Ô Terre, tremble du verbe incarné !
Des paroles des silhouettes échinées,
Des paroles que je prononçais cet été !
Je m'allongeais sur un parterre de sagittées,
L'instant fébrile semblait me rajeunir,
Portant avec lui les rêves et les souvenirs,
Parurent à moi les collines de mon enfance,
Où le berceau maternel me fit une offense,
Les cités alpines, enchâssées dans un écrin,
Qui se tenaient face à l'aveugle destin,
Le pays où ne se couche pas la lueur,
Où la joie ne cède pas au malheur,
Je vit enfin l'amas de trainées et d'étoiles,
Qui brillaient sur la ténébreuse toile.
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tchekta

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Masculin Capricorne Messages : 14
Date d'inscription : 09/05/2015

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MessageSujet: Re: Recueil de poèmes    Recueil de poèmes  EmptyVen 8 Mar 2019 - 11:27

Je n'ai pas tout posté pour laisser le temps aux personnes intéressées de donner un avis sur ceux déjà présents.
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philibert

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Masculin Capricorne Messages : 142
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Humeur : flou à lier

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MessageSujet: Re: Recueil de poèmes    Recueil de poèmes  EmptyVen 8 Mar 2019 - 17:37

Hello Tchekta.
Merci pour tes poèmes inspirants, pour tes belles formules !

J'espère ne rien gâcher en me permettant de rebondir ça et là librement. Et me questionner.
C'est plus un hommage que du plagiat.

Comment peut-on avoir le cœur lésé quand le village danse en ronde et en valse enfantine ?

Qui pourra combler les crevasses inassouvies ?

Les larmes salines ne sont-elles pas un beaume qui répare l'amertume ?

Que le jour soupirant nous envie !

Un vieux phare caché dans le brouillard annonce l'espoir...
On sonne du clairon et désormais le monde
Pourra vivre cet espoir d'une Terre pacifiée.

Mélancolie... Amoureux de sa tristesse.
D'où vient sa vigueur ? Nostalgie...
Peut-on ressentir quelque chose dont on ne se souvient pas ?
Est-il possible de souffrir d'un manque inconnu ?

Cruelle lumière, râle ! Les hommes se sont fatigués à  te voir.

La mort est-elle douce qui permet au dormeur du val de songer à sa douce amante ? Éternellement.

Ô Terre, tremble du verbe incarné !
L'instant fébrile porte avec lui les rêves et les souvenirs...
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