Encre Nocturne
Bonjour !

Il est conseillé de s'inscrire ou se connecter afin d'avoir accès à l'intégralité des messages du forum.


Entrez dans une dimension littéraire dont le territoire est infini et partagez vos écrits avec les autres internautes !
 
AccueilAccueil  ÉvènementsÉvènements  PublicationsPublications  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez
 

 CC 2.93 SUJET

Aller en bas 
AuteurMessage
Ippa
Reine des Ateliers à thèmes
Ippa

Féminin Poissons Messages : 617
Date d'inscription : 01/02/2015
Humeur : Cours plus vite que le Lapin Blanc

CC 2.93 SUJET Empty
MessageSujet: CC 2.93 SUJET   CC 2.93 SUJET EmptySam 11 Mai 2019 - 21:30

C'est le CC du samedi :)

Vous avez 1h pour écrire sur les thèmes suivants :

1 - Tout ce qui brille est d'Or
2- goutte à goutte
3- Marche à l'ombre
4- Plaisir et Caprice
5-CC 2.93 SUJET Tumblr_n8hafhW6en1s2wio8o1_1280

------------------------------------------------------------------------------------------------
Etonnante est cette lubie qu'ont les hommes d'appeler les choses par leur nom

Retrouvez mes écrits ici :)
Revenir en haut Aller en bas
Syta
Fondatrice et grande manitou du forum
Fondatrice et grande manitou du forum
Syta

Féminin Capricorne Messages : 1719
Date d'inscription : 17/07/2012
Localisation : En haut d'un arbre
Humeur : Poétique

CC 2.93 SUJET Empty
MessageSujet: Re: CC 2.93 SUJET   CC 2.93 SUJET EmptySam 11 Mai 2019 - 22:26

Sujet 13 : Cette marche à l'ombre brillante est d'Or.

J'avais pris peine de nuancer les couleurs des érables sur ma toile. Pour les rendre plus automnaux, peut-être ? Pour donner à leurs feuilles le côté pluriel de la fin du mois d'octobre. C'était ça. Chaque ton était l'incarnation de l'état de léthargie plus ou moins avancé dans lequel l'arbre se plongeait.

Un vent passa.

Plusieurs dizaines d'années déjà que je le vivais, mais le spectacle pénible de l'arrivée de l'hiver se répétait encore et me terrifiait toujours autant. Quel supplice de voir chaque année se dépérir ces phénix, ne serait-ce que pour quelques mois. Quoi de plus terrifiant que de voir leurs plumes se colorer, se putréfier, pour enfin vaciller dans un air glacé et morbide.

Je me sentais nue. Observée. Je n'avais pas froid, non. Mais sentir les arbres perdre leur ramures pour se muer dans un squelette malingre me plaçait dans un état de gêne insupportable. J'étais à découvert. Le toit touffu qui m'abritait toute l'année se mourrait.

Chaque petit trou dans cette couverture s'était soudainement agrandi et j'assistais impuissante à la petite mort d'une partie de moi.

La promenade hivernale était cynique. Elle avait au-delà de sa froideur imposée cet aspect voyeuriste. Chaque pas dans la neige paraissait syncopé et décalé en l'absence de mon ciel végétal.

Mon pinceau effleura quelques fois encore les feuilles couchées sur ma toile. J'accélérais le pas. Les pigments se déversaient toujours plus sur les traits qui composaient mes arbres factices. Sur le tableau au moins, l'hiver ne tomberait pas. Je rangeai le chevalet et me remis en route.

La robe chamarrée des érables écaillés dansait au rythme de mes pas, mue par les rayons du crépuscule qu'elle filtrait encore avec splendeur. À l'ombre des sycomores je foulais un sol ombragé, futur tapis bigarré. Je contemplai l'éclat de mon heure dorée.


Dernière édition par Syta le Dim 12 Mai 2019 - 12:23, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.encre-nocturne.com
philibert

philibert

Masculin Capricorne Messages : 133
Date d'inscription : 20/01/2019
Localisation : disséminé
Humeur : flou à lier

CC 2.93 SUJET Empty
MessageSujet: Re: CC 2.93 SUJET   CC 2.93 SUJET EmptySam 11 Mai 2019 - 22:28

Plus vite, plus vite, ça n'avance pas là-devant. J'ai encore une vingtaine d'allers et retours à faire avant la fin de la journée. Alors dépêchons, dépêchons. Allez, plus vite. Bon ok, je dépasse, voilà. Je trottine. Je me dépêche. Il fait chaud. Le soleil est un peu moins brûlant, mais il fait encore chaud. Nous croisons les autres qui rentrent. C'est beau cette coopération. Quel chantier ! Tous ces efforts dans la même entreprise. Un embranchement ici. Est-ce que je suis encore sur le bon chemin ? Oui, oui, ça va, je continue. On se rapproche, je le sens.

Ça y est, je reconnais l'emplacement. Il y a encore beaucoup de travail. Beaucoup à rapporter. Je cherche un morceau. Je fouille par-ci par-là. Voilà, je choisis celui-ci. Il est bien gros. Il sera utile ce gros morceau. J'assure ma prise, ok. Moi, quand je peux rendre service, je ne rechigne pas. Servir, toujours servir, telle est ma devise.

En route, j'ai du chemin à tracer pour le retour. Je ne traîne pas, je me dépêche. Attention, ici une bifurcation, je reste bien sur mon chemin, je prends à gauche. Allez, on avance là-devant. Je suis pressé. Laissez-moi passer. Des milliers de pas. Il faut être courageux. Il fait chaud. Ça devient lourd. Je trottine. Ma charge est aussi lourde que moi, alors j'ai hâte d'arriver et de pouvoir la déposer. Je cours, vite. Laissez passer. Servir, toujours servir, mais oh je suis fatigué. Il faut atteindre le but. Il le faut. Je trotte.

J'y suis presque. Petit à petit, morceau par morceau, goutte à goutte, et toutes ensemble nous y arriverons, c'est certain. Voilà, je suis tout proche maintenant. Encore contourner cette feuille, passer au-dessus de ces brindilles. C'est lourd, c'est vraiment lourd. Servir, toujours servir, jusqu'au bout. Ouf ça y est, je vais pouvoir déposer mon fardeau. Je suis arrivé à la fourmilière.


Dernière édition par philibert le Dim 12 Mai 2019 - 11:36, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://philibert.byethost7.com/
Ouppo
Fou du roi
Ouppo

Masculin Lion Messages : 544
Date d'inscription : 04/01/2016

CC 2.93 SUJET Empty
MessageSujet: Re: CC 2.93 SUJET   CC 2.93 SUJET EmptySam 11 Mai 2019 - 22:35

Thème 1 :

Très haut dans le ciel il existait une boule de lumière pure aux multiples branches et bourgeons, sa floraison offrait le spectacle magnifique de l'été et à sa fin des graines et des pétales en tombait. Ceux-ci nous bénissaient notre monde de lumière vivante qui germait et produisait d'autres arbres d'or.

L'Or du ciel devenait ainsi notre or terrestre, ceux qui mangeaient alors les fruits d'Or devenaient autant de chatoiements, réminiscences de se grandeur.

Jusqu'à présent notre histoire était heureuse, nous profitions de la lumière froide d'Or et son regard nous protégeait. Un jour pourtant, un oiseau aux ailes brûlantes se présenta à nous, il était immense mais considérable plus petit que Or.

-Ô, humain, toi qui travaille la terre et qui n'a rien. Es-tu heureux ?

-Oiseau aux ailes brûlantes, oui, je le suis.

-Ainsi, tu prétends pouvoir te satisfaire de cette vie sombre et froide ? Toi, qui n'a pas eu la chance d'avoir la bénédiction d'Or, ne souhaiterais-tu pas plus ?

-Ô, Oiseau aux brûlantes, soit tu dis vrai, je souhaiterais plus pour ma fatigue. Ces grottes sont froides, mes enfants ont souvent faim et nous devons nous serrer fort l'hiver pour ne pas geler.

-Ainsi, humain, tu sais parler vrai, tu seras récompensé. Approche-toi de moi. Sens-tu cette chaleur ? Je t'en fais don. Nourris-la.

L'homme se pencha, de plus en plus d'hommes et de femmes se penchèrent et tous reçurent le don du scintillement qui dévore. Ils se mirent à entretenir la lumière brûlante et lui donner une partie de leur nourriture, en échange ils avaient vaincus le froid. Les paysans et chasseurs commencèrent alors à se rassembler, bientôt le nord devint aussi un foyer pour eux, là où il n'y avait rien avant.

Enfin, l'Oiseau aux ailes brûlantes revint avec un terrible message.

-Ô, humains ! Vous êtes devenus plus grands, vous avez dépassés ce qui faisait ce que vous étiez. Donnez-moi les fruits et descendants de Or, brûlez la lumière froide et je vous apporterai la chaleur éternelle de mes ailes.

Ainsi, tous et toutes, les plus agiles et forts de cette communauté nouvelle se mirent en chasse. Arrachèrent les arbres anciens d'Or et offrirent au bec avide les animaux au sang chatoyant. Dans la terre, le liquide aux notes de tintillement abreuvèrent lentement l'humus.

Et lorsque que tout ce qui brille fut consumer il ne resta plus que tout ce qui brûle. L'Oiseau qui était maintenu devenu brasier alla percuter dans une grande déflagration de lumière éternelle le grand arbre Or. L'arbre et ses racines plantées dans l'obscurité se détachèrent en morceau de braises glacées. Mais de l'intérieur en sortit un homme plus beau que l'humanité entière, il était vêtu de nuit et de voiles et se posa lentement sur la terre.

Il était Or, aucun son ne sortait de sa bouche pour parler mais tous voulaient le comprendre et pour les milliers d'années il se mit à marcher de long en large. Certainement, une douce mélancolie semblait parfois l'envahir comme beaucoup l'ont décrit avant moi, car il ne parlait jamais et ses yeux étaient toujours voilés par sa gaze d'obscur, mais il voyait tout.

Il voyait que nous, les enfants de la nuit, qu'il aimait tant prospérions. Mais il comprit aussi que sa lumière tiède se désuait et comme tout inutile il disparaîtrait pour nous.

Mais pour le moment il est toujours là et si il ne réchauffe pas nos lits, il adoucit la chanson inarrêtable de la vie.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




CC 2.93 SUJET Empty
MessageSujet: Re: CC 2.93 SUJET   CC 2.93 SUJET Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
CC 2.93 SUJET
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Encre Nocturne :: Evénements :: Les chronochallenges-
Sauter vers: